Violences conjugales Violence faite aux femmes (définition de l OMS) = tout acte de violence dirigé contre le sexe féminin et causant ou pouvant causer un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles, ou psychologiques. Y compris la menace de tel ou tel acte, la contrainte, la privation arbitraire de liberté que ce soit dans la vie publique ou privée. Donc toutes les violences faites aux femmes ne sont pas de la violence conjugale. La violence conjugale désigne des comportements violents et agressifs d une personne à l encontre d une autre dans le cadre d une relation de couple. Elle menace l intégrité physique et / ou psychique de la personne qui en est la victime. Il faut aussi entendre dans la violence conjugale le processus évolutif qui est mis en place au cours duquel un des partenaires exerce dans le cadre de cette relation privilégiée une domination (physique, psychique ou sexuelle) La violence conjugale est à distinguer de la violence familiale pour laquelle la violence est faite sur l ensemble de la famille. Ces violences peuvent se produire pendant la relation, pendant la rupture ou après la relation. Violence / agressivité : la violence a un but pour le sujet qui la produit. L agressivité vise l objet, l autre ; elle est plus élaborée que la violence Quelques chiffres : Tous les 3 jours une femme meure à la suite de violences conjugales. Dans 70% des cas le passage à l acte se produit sans prise d alcool au préalable. Manifestations de la violence conjugale : Violences - Verbales - Psychologiques - Economiques (empêcher l autre de travailler, contrôle constant sur toutes les dépenses de la maison, déposséder l autre de tous ses revenus) - Administratives - Physiques : généralement c est la violence la plus identifiable, la plus dénoncée et la plus sanctionnée pénalement. Elles sont vraiment inscrites dans un processus évolutif. Il existe une réelle mise en danger pouvant aller jusqu à la mort. - Sexuelles : dépossession du corps 1
Cycle de la violence conjugale 1- Tension de l agresseur Peur de la victime, elle va essayer de trouver des moyens pour éviter le passage à l acte. En général c est à ce moment là qu elle vient demander de l aide. 2- Agression de l auteur Colère, tristesse de la victime 3- Déni, transfert des responsabilités de l agresseur : l auteur justifie par des causes externes sont comportement. Il peut même s excuser car il a peur de perdre sa conjointe. Culpabilisation, responsabilité de la victime : la victime perd sa capacité d opposition au fur et à mesure. 4- Rémission, sursis amoureux de l agresseur : c est ce qu on appelle la lune de miel. Il tente d effacer les épisodes violents et faits tout pour se faire pardonner. Espoir de la victime qui croit à nouveau à une vie de couple harmonieuse. Au fil du temps les violences peuvent changer de forme, la fréquence peut augmenter. I. Les victimes de violences conjugales Fragilité des sujets victimes de violences conjugales : - isolement relationnel - difficulté à aborder le thème de la violence conjugale - peur + fatigue nerveuse - culpabilité + honte - perte d estime de soi - perte d identité Mécanismes de défense psychique : - Minimisation des faits - Banalisation de la violence - Déni (de la position de victime et d auteur) - Dissociation (particulièrement pour agressions sexuelles) - Evitement, inhibition En général les victimes de violence conjugale ont de grandes difficultés à se séparer : - responsabilité de lautre 2
- peur de se retrouver seule, d être incapable - le repli : soumission, renoncement Les 3 temps de la séparation : - espoir = «moi seule je peux le faire changer, il a besoin de moi» - fatalité = «ça ne changera jamais» - séparation = «il ne changera jamais» Comportement à adopter en tant que soignant : - être attentif : écouter dans le non jugement et le respect de la personne - ne pas nuire - tisser un lien de confiance - repérer et évaluer le danger - dire et croire : dire que la violence conjugale est un délit / crime puni par la loi - soutenir et accompagner : s engager dans la durée en respectant la temporalité de la victime. Informer des moyens concrets d aide, de suivi et de relais. - éviter de faussement la rassurer ou de banaliser - éviter de donner ses impressions et ressentis Orientation des sujets victimes de violences conjugales département de l Hérault : CIDFF : soutient psy, infos juridiques, accompagnement pro ADIAV : soutient psy, info sur les droits, orientation des victimes d infraction pénales Via voltaire : soutient psy Centre d hébergement spécialisé Agences départementales de la solidarité Maison de la justice et du droit Commissariat et brigade de gendarmerie II. Les sujets auteurs de violence conjugale - Impossibilité d engager d autres réponses que le comportement violent face à certains contextes (rupture, abandon, perte ) - Isolement relationnel - Mauvaise estime de soi - Difficulté à nommer, verbaliser, percevoir ressentir, souvent associées à une faible capacité d écoute - Réactivation de blessures et d expérience passées restées en souffrance. 3
Mécanismes de défense : - projection - déni : moyen d échapper à leur culpabilité - banalisation / minimisation Ce sont souvent des sujets vulnérables et fragiles. Ils ont des fragilités narcissiques. L angoisse e l abandon et / ou le besoin de contrôler l autre : cela représente les failles où peut s installer la violence (le contrôle de l autre vient suppléer le manque de contrôle interne) Comportement à adopter en tant que soignant : - ne pas réduire le sujet à son acte - évaluer globalement la situation de violences conjugales et du passage à) l acte - accompagner l auteur dans ses démarches de soins, sociales - se soutenir de la loi pour faire émerger une demande de soins - proposer un soin adapté pour l auteur dans un espace différencié de sa victime si possible Dispositifs de soins à l adresse des sujets auteurs dans le département de l Hérault : - secteur de psychiatrie - médecine de ville / psychiatrie libérale UCSA (Unité de Consultation et de Soins Ambulatoires) - Association via voltaire (prise en charge individuelle, groupes de parole), Montpellier, Lodève, Béziers III. Enfants, témoins et victimes Etre un enfant «exposé aux violences» dans le couple ne signifie pas nécessairement avoir assisté physiquement aux coups donnés par un parent à l autre parent. Cette formulation englobe une réalité bien plus large et diversifiée. Tout enfant est témoin à partir du moment ou il vit ou à vécu dans un foyer ou existe une forme de violence conjugale. Les conséquences sur les enfants sont variables en fonction du degré d exposition, de l âge et sexe de l enfant. Ils peuvent présenter des troubles du comportement et de la conduite (désintérêt ou surinvestissement scolaire, agressivité et violence sur les autres ou sur eux même, délinquance, idées suicidaires), psychosomatiques, psychologiques 4
Les violences conjugales accentuent : - Les frontières diffuses : système parental et conjugal enchevêtré - La parentification : l enfant / adolescent exerce un rôle qui n est pas le sien au sein de la famille (parent, ami, confident, soutient) - Banalisation de la violence comme conduite - Les conflits de loyauté : enfant / adolescent se sent coincé entre ses parents. Il ne se sent plus libre d exprimer sa loyauté envers un parent en présence de l autre. Il se sent déchiré et dans l obligation de choisir un camp. - L aliénation parentale : il affiche de façon chronique une ambivalence envers le parent rejeté, considéré cille complètement mauvais par opposition à l autre parent considéré comme complètement bon. 5