AIDES POUR L ANALYSE D UNE ŒUVRE PICTURALE Objectifs Pour l enseignant, élaborer un dossier, un questionnaire pour une visite au musée afin de questionner une œuvre, de comparer plusieurs œuvres. Pour les élèves, travailler en autonomie devant une ou plusieurs œuvres du musée mais aussi avant et après la visite. Niveau Cette fiche convient à tous les niveaux au collège, dés lors qu elle est adaptée. D autres propositions plus simples existent et sont à votre disposition sur le site. Elle s adresse aussi aux élèves et enseignants de lycée dans le cadre des différents enseignements, comme par exemple en seconde, dans le cadre des enseignements d exploration. Matières Convient à toutes les matières dés lors qu elle est adaptée par l enseignant. Histoire des arts Elle peut servir de base pour faire travailler les élèves qui préparent l'épreuve obligatoire d'histoire des arts au Brevet (DNBC). Le questionnaire peut également s adresser à tous les niveaux, dans le cadre de l histoire des arts en collège et lycée. Utilisation L enseignant doit adapter, si besoin simplifier selon l objectif pédagogique cette fiche. Elle a pour but de montrer ce qui peut être envisagé au musée d art moderne. Les indications et les exemples d œuvres ne constituent pas une liste exhaustive. Une fiche récapitulant tous les tableaux par thèmes est disponible sur le site pour aider les enseignants à sélectionner les œuvres, les thématiques. Analyse d œuvre, questionnaire Page 1
Aides pour les enseignants et les élèves Le musée permet aux enseignants et aux élèves de venir travailler gratuitement 1 aux heures d ouverture. Ils peuvent également prendre rendez-vous avec le professeur relais 2 auprès du musée. en mission Ils peuvent venir travailler et effectuer des recherches à la bibliothèque du musée 3. Celle-ci propose divers services et peut accueillir (places limitées à 8 personnes) des élèves comme des enseignants : Aide à la recherche bibliographique dans les collections de la bibliothèque. Aide à la recherche bibliographique sur le catalogue informatisé des musées de Troyes. Réalisation de bibliographies à la demande Questions/ Réponses par mail 1 Voir horaires sur le site 2 Véronique DEMAITRE, Professeur d histoire-géographie. Voir coordonnées mail, jour de permanence, prise de rendezvous sur le site 3 Voir coordonnées et renseignements sur le site. Rendez-vous auprès de Marine Moramarco du Service Pôle muséal, 14, place Saint-Pierre, 10000 Troyes, 03.25.76.26.88, m.moramarco@ville-troyes.fr Analyse d œuvre, questionnaire Page 2
L ANALYSE D UNE ŒUVRE Elle peut se faire à partir de plusieurs critères dont : Formes : Techniques : catégories, types, genres, styles artistiques ; constituants, structure, composition, etc. matériaux, matériels, outils, supports, instruments ; méthodes et techniques corporelles, gestuelles, instrumentales, etc. Significations : message (émis, reçu, interprété) ; sens (usuel, général, particulier ; variations dans le temps et l espace) ; code, signe (signifiant/ signifié) ; réception, interprétation, décodage, décryptage, etc. Usages : fonction, emploi ; catégories de destinataires et d utilisateurs ; destination, utilisation, transformation, rejets, détournements, etc. Analyse d œuvre, questionnaire Page 3
PRESENTATION DE L ŒUVRE Informations sur l œuvre 4 : Nom de l artiste Titre Date Dimension, Support L œuvre dans le site culturel : Lieu, mise en valeur (permettre de s interroger sur la muséographie du lieu) Pourquoi est elle à votre avis dans cette salle? Pourquoi est-elle placée à cet endroit? L œuvre dans son contexte historique : Présentation de l artiste, de ce qu il a réalisé auparavant mais aussi après. A quel âge a-t-il réalisé cette œuvre? Est-il déjà connu? Pourquoi? Quand et où cette œuvre a- t- elle été réalisée? S est-il inspiré de son vécu? Présentation de la période historique à laquelle se rattache cette œuvre, Présentation du courant artistique à laquelle elle appartient ou se rattache ou encore se détache ou s agit-il d une œuvre qui vise à approfondir une tendance artistique ou à innover, à être en rupture? 4 Les élèves peuvent s aider des cartels placés à côté des œuvres. Analyse d œuvre, questionnaire Page 4
LA DESCRIPTION DE CE QUI EST VU OU DONNE A VOIR Le sujet représenté et le genre de l œuvre 5 : Peinture mythologique Peinture religieuse héros, dieux de l Antiquité, épisodes de la mythologie Tout ce qui aborde la religion. Quelques œuvres seulement: André Derain, Embarquement pour Cythère ; Les Bacchantes. André Beaudin, La nymphe et le berger d après Titien. André Mare avec Nu en forêt (Diane endormie). Ker-Xavier Roussel, Le jugement de Pâris. Certains peintres ont abordé cette thématique mais il s agit uniquement de représentation en lien avec le christianisme. A la différence des périodes historiques précédentes, il s agit ici d art sacré, c'est-à-dire ne répondant pas à une demande : G. Rouault, Christ aux outrages ou encore A. Derain, La Cène. Peinture historique Nature morte Evocation d un événement particulier qui s inscrit dans le passé et qui l illustre. fruits, fleurs, légumes, animaux morts, objets Plusieurs représentations de bâtiments religieux, André Mare, Maurice Marinot,, et notamment Notre Dame de Paris avec les peintures de Michel Kikoine, et d A. Marquet ; la cathédrale de Rouen de P. Dumont. Quelques œuvres : Roger de la Fresnaye, Jeanne d Arc et La conquête de l air ; Vuillard, Usines d armement (2 tableaux : Les tours, La forge de 1916-1917) ; R.Dufy, La fée électrique et Réception du général Baraguay d Hilliers par l Amiral Dundas, d après Constantin Guys. Beaucoup d œuvres dans de nombreux courants : André Derain, Dunoyer de Segonzac, Juan Gris, Henri Hayden, Roger de la Fresnaye, André Mare, Maurice Marinot, Jean Metzinger, Chaïm Soutine, Felix Vallotton, Louis Valtat 5 Ce tableau apporte quelques exemples sur ce qui est présent dans les collections du musée. Mais la liste est exhaustive ; vous pouvez consulter sur le site les listes complètes recensant les différentes thématiques et les œuvres correspondantes. Analyse d œuvre, questionnaire Page 5
Portrait 6 Autoportrait Portrait de groupe Beaucoup d œuvres de portraits dans la collection (BEAUDIN, COURBET, CARRIERE, COURBET, DEGAS, DENIS, DERAIN, ISAAC DOBRINSKY, DUFY, KARS, MARINOT, DUNOYER DE SEGONZAC, De La FRESNAYE, MOREAU.) ; Exemples d autoportraits : G. KARS, G.BOUCHE, M.MARINOT Des portraits de groupes : Marcel GROMAIRE, Le repas paysan, et La partie de carte ; mais aussi Maximilien Luce, Les terrassiers ; l énigmatique Deux hommes en pied d Edgard DEGAS Il faut également y inclure les nus, très présents dans la collection, comme celui de Raoul DUFY, Nu féminin (1930) et de nombreux d André DERAIN. Scène de genre vie quotidienne Beaucoup d œuvres, peintures essentiellement ; thème abordé avec le réalisme puis développé par les autres courants. Paysage 7 Peinture animalière Le site figuré occupe une place prépondérante dans l espace du tableau en présentant une vue d ensemble et en constituant le sujet principal. On peut y inclure aussi toutes les représentations du peintre dans son univers (Dufy, Buffet peignent leur atelier) Beaucoup d œuvres car c est un thème considéré avant le réalisme comme mineur dont se sont emparés les peintres. Les Réalistes, les Fauves, les néoimpressionnistes, les cubistes Beaucoup d œuvres et beaucoup d animaux : A. Derain, A. Mare, C. Soutine, de la Fresnaye, JJ. Moreau 6 Voir dossier PORTRAIT sur le site 7 Voir dossier PAYSAGES sur le site Analyse d œuvre, questionnaire Page 6
L œuvre peut être Figurative qui représente des éléments du monde visible C est l essentiel de la collection même si l on constate de plus en plus de liberté par rapport à ce monde visible. Abstraite qui ne représente rien d identifiable Quelques œuvres dans la donation Lévy comme avec Nicolas de Staël, Composition abstraite (1948). La collection s enrichit par des acquisitions et des donations qui font une part plus grande des œuvres abstraites dans le musée, comme par exemple : Chu Teh-Chun, Composition abstraite (1959) "La vague terrestre" Friedrich Stowasser, Friedensreich Hundertwasser Les formes peuvent être Réalistes Stylisées, épurées, simplifiées La collection présente toute l évolution de l art depuis le milieu du XIXe siècle jusqu à nos jours. Il peut donc y avoir aisément des comparaisons. La notion de forme réaliste doit cependant être prise avec prudence : les peintres de l art moderne ont voulu s affranchir des règles académiques. Cela apparait très vite avec Seurat puis les Fauves. A partir du tournant du siècle, les artistes prennent toutes les libertés. La tapisserie de Matisse présente une bonne approche de ce que peuvent être des formes stylisées. Les formes peuvent être respectées et reconnaissables mais schématisées, on le voit chez les Fauves mais aussi comme par exemple chez Henri Hayden, Nature morte avec personnage et Nature morte au violon. Géométriques Les collectionneurs Denise et Pierre Lévy ont rassemblé des œuvres cubistes qui nous permettent d aborder cette notion de formes géométriques autour de nombreux artistes. Analyse d œuvre, questionnaire Page 7
Le point de vue : C est la position du peintre dans l espace d où est vu le sujet. Elle peut être : Frontale la vision se situe sur un plan horizontal par rapport à l objet La plupart des œuvres En plongée l œil se situe au dessus du plan horizontal de l objet Maurice Marinot, vue prise d un cinquième. En contreplongée l œil se situe en dessous du plan horizontal de l objet Très peu au musée : Maurice Marinot, Maroc 1917 La place du spectateur par rapport à l œuvre : c est souvent très subjectif Comment circule le regard du spectateur à travers l œuvre? Dans quel sens? Certaines œuvres incitent l œil du spectateur à suivre un sens : Paysage de l Yonne de Balthus par exemple, ou encore Delaunay (les Coureurs) Celui-ci est il observateur ou bien peut-il pénétrer dans l œuvre? Certaines peintures semblent inviter le spectateur à entrer dans ce qu ils représentent. C est le cas de Latelier de Dufy. Doit-il s approcher ou s éloigner pour observer et comprendre ce qui est donné à voir? De nombreuses peintures permettent aux élèves d en faire l expérience : Vuillard, Intérieur ; Maximilien Luce, les Terrassiers ; Bouche, Analyse d œuvre, questionnaire Page 8
L ANALYSE PLASTIQUE DE L ŒUVRE La composition : C'est l'art de mettre «en ordre» les éléments d un tableau. Depuis la Renaissance, la composition, l ordre, les plans, la perspective obéissent à des règles très strictes. Mais les artistes, à partir du milieu du XIXème siècle cassent ou jouent avec ces règles. Les peintres à partir de la fin du XIXe siècle prennent de plus en plus de libertés par rapport aux règles établies à partir de la Renaissance. Les différents types de perspectives peuvent se cumuler dans un tableau, ou se contredire. La perspective Elle permet au peintre de donner l illusion de la profondeur (c est la 3ème dimension), dans une œuvre plate en 2 dimensions. Perspective linéaire A l aide de lignes fuyant vers un même point elle représente l'objet selon le point de vue d'un spectateur virtuel. c'est celle qui s'approche le plus de la réalité photographique. Exemples : L atelier de Bernard Buffet ou L atelier de Dufy Perspective naturelle En dessinant les objets de plus en plus petits, donnant ainsi une impression de profondeur Exemple : Voir Port de Collioure de Derain, 1907 : l impression de profondeur est donnée par les formes qui se recouvrent partiellement et par les dimensions des barques Perspective atmosphérique En se servant de dégradés Exemple : Hyde Park de Derain avec la dilution du bleu du ciel. Analyse d œuvre, questionnaire Page 9
Quelques notions L organisation du tableau Le peintre peut avoir choisi : un ordre symétrique, diagonal, linéaire (les éléments les uns à côté des autres). Exemple : L atelier de Bernard Buffet : un seul point de fuite (enfilade des portes) ; ici construction très classique. L organisation des plans Le peintre peut représenter des plans successifs, qui s'échelonnent pour donner une impression de profondeur. Le premier plan est celui qui est le plus près du spectateur alors que l arrière-plan est le plus lointain. Le violoniste et la paysanne au fichu jaune d André Mare où l on distingue bien dans cette œuvre post-cubiste les trois plans. Les lignes directrices d un tableau Le peintre peut représenter ce qu il montre selon des lignes dites de force: ce sont les lignes qui organisent le tableau. Elles peuvent être horizontales, verticales, diagonales. Cela peut aussi être des courbes. Pour les retrouvez, il faut observer les mouvements des sujets représentés et aussi (mais pas toujours) les lignes tracées par les décors. Big Ben d André Derain présente bien des lignes horizontales et verticales ; ce sont les rythmes des touches de peinture qui donne une impression de chaos. La ligne d horizon Elle correspond à la hauteur des yeux de celui qui regarde. Elle peut correspondre à la ligne qui sépare le ciel et la terre si celui qui regarde est sur un terrain plat. Dans son tableau Port de Collioure, A.Derain place la ligne d horizon très haute. Le point de fuite Les fuyantes Il correspond au point sur l horizon que va devoir fixer le peintre pour organiser son espace. Mais les peintres cassent les règles ou les réinterprètent. Dans le tableau d Edouard Vuillard, La forge, le point de fuite est nettement visible au fond à gauche. Ce sont les lignes obliques qui, en rejoignant le point de fuite, vont permettre de dire la profondeur. Analyse d œuvre, questionnaire Page 10
La ligne d horizon un géant voit beaucoup le sol. un homme de taille moyenne voit moins la terre et plus le ciel. un enfant voit peu la terre et plus le ciel. un bébé à quatre pattes ne voit presque rien du sol. Le point de fuite point de fuite Les fuyantes. Ainsi, pour dessiner une route ou un chemin, il suffira au peintre de tracer deux obliques en direction du point de fuite. Analyse d œuvre, questionnaire Page 11
Exemples à partir de quelques œuvres L espace représenté donne t-il une impression de profondeur? Lorsque l on observe le tableau de Bernard Buffet, L atelier, on observe que la construction est très classique et que le point de fuite situé sur la gauche dans l enfilade des portes accroît cette impression de profondeur. Peut-on repérer les lignes directrices? Paysage de neige dans le Jura (1866) de Gustave Courbet : Les grandes lignes pouvant figurer la perspective sont absentes. La seule clef de lecture est le chevreuil, qui lui seul permet de comprendre l ensemble de la composition. C est seulement après l avoir repéré que le spectateur peut en comprendre les proportions. Comment la perspective est elle représentée? Dans le tableau La Seine vue du quai des Grands Augustins, Albert Marquet ne cherche plus à respecter les techniques de la construction de la perspective. Installé en hauteur pour peindre il utilise deux points de fuite sur des lignes d horizons décalées. Y a-t-il plusieurs plans? Comment sont-ils représentés? On peut prendre l exemple du tableau de G. Seurat, La banlieue. On peut distinguer trois plans. De plus le peintre utilise à la fois les règles de la perspective naturelle et celles de la perspective atmosphérique. Analyse d œuvre, questionnaire Page 12
La couleur La qualification des couleurs Les couleurs primaires sont le rouge, le bleu et le jaune. De celles-ci découlent la qualification des couleurs : Les couleurs dites chaudes rouges, marrons, orange, rose et jaune. Les couleurs dites froides bleus, verts, marrons foncés violet. Tons locaux Le ton local c est la couleur propre des objets, en dehors de toute altération ou transformation due à la lumière. Les arbres sont verts, le ciel est bleu Contre ex : Paysage à la Ciotat de Emile-Othon Friesz 1907 = les couleurs sont irréelles et tendent à nous faire confondre les domaines de l eau, de la terre et du ciel. Pour son tableau Jeune créole, Paul Gauguin, supprime le modelé, le rendu du mouvement et la perspective. Il ne cherche pas à reproduire les couleurs de la nature mais les a choisit uniquement en fonction du rapport des unes avec les autres. Il emploie ainsi des couleurs vives. Les effets de lumière, de luminosité et les contrastes Le ton est la luminosité de la couleur ; on parle de tons clairs et tons foncés. les couleurs claires sur un fond sombre provoque un contraste lumineux ; Les couleurs vives à côté de couleurs ternes provoquent un contraste de couleur. Quelques exemples : Exemple : Big Ben de Derain les touches de peintures se juxtaposent sans se confondre ; pourtant on a l impression d une explosion de couleur et d un chaos. Lorsque l on passe d une couleur à l autre de façon subtile, imperceptible on parle de dégradé. Quelles sont les couleurs? froides? Chaudes? Couleurs chaudes : Intérieur de Vuillard (rose, rouge, beige) Couleurs froides : La gare d Auguste Chabaud Analyse d œuvre, questionnaire Page 13
Quelles sont les intensités de ces couleurs? Elles peuvent être très fortes : Chez les Fauves avec A.Derain, particulièrement Big Ben ; Kees Van Dongen avec Portrait de madame Claudine Voirol et surtout Le moulin de la Galette. Yvette de Chabaud qui représente une prostituée, présente des couleurs contrastées et violentes qui renforcent l impression de malaise face à cette femme qui apparait comme malade. Quelles sont les relations entre les couleurs (contrastes ou non, dégradés ) Le tableau, Les pêcheurs à la ligne de G. Seurat (1882-83) présente des effets de lumières, des ombres. Les tableaux d Eugène Carrière comme l enfant à l assiette, présente un véritable clair-obscur. Les couleurs ou la couleur est elle réaliste, symbolique (réelles ou sans rapport à la réalité vue) Voir le tableau Hyde Park d André Derain, 1906 : les couleurs y sont arbitraires «gazon de vermouth, arbres d azur» selon un critique 8. La couleur produit-elle des impressions de lumière? La lumière est-elle douce, violente, chaude, froide, nocturne, contrastée? Voir les fauves. Mais paradoxalement dans le tableau de Derain, Le port de Collioure, la zone du tableau qui apparait comme la plus lumineuse est celle qui est le moins recouverte de peinture. D où provient la lumière? Dans le tableau de Jean Metzinger, Paysage (1919-1921) la source lumineuse est unique et vient de la droite ; sont utilisées de fortes oppositions entre les ombres très sombres et une lumière très claire. Lumière naturelle : voir Jeune créole La source de luminosité est-elle visible dans l œuvre elle-même? Exemple : Les Tours de Vuillard, la lumière est apportée par les lampes qui éclairent et mettent en valeur les bras de la femme (munitionnette) qui travaille. 8 G. Duthuit (1949) cité dans le petit journal des grandes expositions, n 56 Analyse d œuvre, questionnaire Page 14
Le rendu ou dessin (trait) C est la façon dont sont représentés les différents éléments du tableau Les contours sont-ils ou non marqués, nets? Délimitent-ils les formes, des objets? Ainsi chez Gauguin comme on le voit dans le tableau Jeune créole les formes sont délimitées par un trait sombre et épais noir caractéristique du cloisonnisme chez ce peintre. Les formes les sujets sont-ils contigus avec une autre couleur? La facture ou touche (manière de poser la matière sur la toile) Les objets que peuvent utiliser les peintres : un crayon un pinceau un couteau ou une spatule une brosse ses doigts Les touches peuvent être des petits points, des traits, des tâches Cela peut être une touche dite fluide, c'est-à-dire quasiment invisible ou à l inverse une touche franche (très marquée). Un aplat est une surface de couleur uniforme et régulière. Un tableau en aplats est une combinaison de surfaces colorées. Le modelé : C est le rendu du relief, des formes, par le dessin. On le voit surtout dans les dessins (peu exposés au musée pour des raisons de conservation). Mais on peut en voir l exemple dans les tableaux de Roger de la Fresnaye, Nu debout et de Jean-Jacques Moreau, Nu féminin. Analyse d œuvre, questionnaire Page 15
Ainsi on pourra décrire la manière de poser la peinture ainsi : Par grands aplats Derain, Hyde Park Jeune créole de Paul Gauguin, 1891 : Grands aplats de couleurs En utilisant une peinture épaisse Par petits aplats En utilisant une peinture diluée Plusieurs exemples mais la peinture de G. Bouche est caractéristique de ce que peut être une peinture épaisse. En observant Autoportrait on y voit même des traces de doigts ainsi que les traces des outils (brosse, couteau) Derain, Port de Collioure Dufy avec l atelier ; R. Delaunay, Le football. Par petits points Seurat, la Banlieue, Maximilien Luce, Les terrassiers ; Jean Metzinger, Paysage néoimpressionniste Par petites touches Big Ben de Derain Analyse d œuvre, questionnaire Page 16
L interprétation (analyse ou sens de cette œuvre) Quel sens peut-on donner à ce qu a voulu faire cet artiste par rapport à l analyse plastique qui vient d être faite? Pourquoi l artiste a-t-il réalisé cette œuvre? Pour surprendre, témoigner, interroger, provoquer, dénoncer, s exprimer? Il peut y avoir des œuvres engagées politiquement ; c est le cas des œuvres de Maximilien Luce dont on a au musée une œuvre Les Terrassiers : elle témoigne de son soutien au monde ouvrier (la force du travail manuel visible dans les bras des deux hommes au premier plan) et de son inquiétude quant à la disparition de quartiers populaires remplacés par des immeubles bourgeois. Il peut y avoir aussi la volonté de rompre par rapport à des techniques picturales, de provoquer les spectateurs ; c est ce que font de nombreux peintres à partir du milieu du XIXe siècle. Les fauves poursuivent la révolution picturale entamée par les réalistes autour de G. Courbet et JF. Millet, puis par les impressionnistes et les néoimpressionnistes. Ils choquent car ils bouleversent à nouveau les règles en matière de couleurs. Au Salon d automne où sont exposées les œuvres de Derain, Matisse, Vlaminck, Vuillard, le critique Louis Vauxcelles, voyant une sculpture académique parmi les toiles, s écrie «Mais c est Donatello parmi les Fauves!». Camille Mauclair, autre critique d art, s insurge contre «le pot de peinture jeté à la face du public». L œuvre présentée peut être un «essai» que l artiste reprend par la suite : ainsi Les pêcheurs à la ligne de G. Seurat est un croqueton préparatoire à son tableau exposé aujourd hui à Chicago, Un dimanche à la grande Jatte. On peut ainsi rechercher dans ce petit tableau ce qui en est resté dans la version finale. Il en va de même pour La conquête de l air de Roger de la Fresnaye qui est une préparation à son œuvre du même nom exposée au Centre Pompidou. Le peintre peut vouloir également transmettre ses propres sentiments, la volonté d exprimer un malaise, un état dépressif. C est le cas de certaines toiles d Auguste Chabaud comme La gare ou Yvette qui contrastent totalement avec celles de ses paysages de Provence. Les deux premières témoignent de son état d esprit pendant son séjour à Analyse d œuvre, questionnaire Page 17
Paris alors que les autres dépeignent de douces atmosphères de son Sud natal Pourquoi dit-on de cette œuvre que c est une œuvre d art? Vos réactions par rapport à l œuvre : Prolongements : Pourquoi avez-vous choisi cette œuvre? Que ressentez-vous face à cette œuvre? Quels sentiments? Quels états d âme? Quelle est la première chose qui vous vient à l esprit lorsque vous regardez cette œuvre? Imaginez que vous êtes dans l œuvre : que ressentiriez-vous? Si des personnages sont présents que pourraient-ils dire? Recherchez une œuvre littéraire ou musicale qui pourrait illustrer cette œuvre visuelle. Exemples : La gare de Chabaud peut être mise en lien avec la Bête humaine de Zola. Le tableau, La forge, Usine de fabrication d armement de Vuillard peut illustrer la description que fait Emile Zola à propos des Halles de Paris dans Le Ventre de Paris : «La lumière la poussière entraient par toutes les baies, par toutes les raies les arrêtes minces des piliers et les figures géométriques des toitures» Analyse d œuvre, questionnaire Page 18