Z pair I = 0. Z impair I = entier

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Transcription:

La Résonance Magnétique Nucléaire La RMN est une spectroscopie de relaxation (=retour à l'état désexcité) ou résonance grâce à des ondes radio ( > 2 m). Elle permet de déterminer la structure des molécules organiques. I_ Particularités quantiques exploitées A. Spin nucléaire Les noyaux atomiques peuvent être caractérisés par leur spin (rotation). Le spin représente le fait que certains noyaux possèdent un champ magnétique autour d'eux, à la manière d'un aimant. Le type de champ magnétique est caractérisé par le nombre quantique de spin I. Pour obtenir le nombre de spin d'un atome : A pair Z pair I = 0 Ex : 6 12 C Z impair I = entier Ex : 1 2 A impair I = demi-entier Ex : 6 13 C I = demi-entier Ex : 1 1 Chaque noyau possède 2I + 1 différents états de spins, qui peuvent être considérés comme des niveaux d'énergie. Les états m I varient entre I et +I, par pas de 1. Les noyaux de nombre de spin 0 n'ont pas de champ magnétique, et ils ne peuvent donc pas être exploités en RMN. Le plus souvent, ce sont les noyaux de nombre demi-entier que l'on utilise car ils sont plus simples à analyser. Plus le nombre quantique est élevé, plus le champ magnétique du noyau est complexe. On utilise communément l'hydrogène 1 1, de nombre quantique I = 0,5, possédant donc deux états de spin +1/2 et 1/2. B. Champ magnétique extérieur Lorsque l'on soumet des noyaux qui ont un champ magnétique à un champ magnétique extérieur B 0, ils s'alignent à celui-ci en fonction de leur état de spin. Ces noyaux se retrouvent alors en rotation autour de l'axe du champ magnétique appliqué.

C. Moment magnétique nucléaire La rotation autour de l'axe du champ magnétique appliqué se fait selon un certain angle par rapport à celui-ci, de la manière d'un gyroscope. Son moment magnétique observera alors une rotation qui est définie par : est le rapport gyromagnétique, il est spécifique du noyau et donne la force de son champ magnétique. On utilise souvent 1 1 en RMN car son rapport est le plus élevé et c'est un atome qui est quasiment toujours présent. Remarque : 13C/ 1 = 1/4 D. Effet Zeeman Dans un champ magnétique extérieur nul, les états de spins ont des énergies très proches, et sont indissociables. On dit qu'ils sont dégénérés. Or ces différents états de spin n'ont pas la même énergie lorsqu'ils sont face à un champ magnétique. En effet, si le spin est orienté de manière parallèle au champ magnétique, il est plus stable en énergie, et c'est l'effet inverse pour un spin antiparallèle. Donc plus le champ magnétique extérieur est élevé, plus les états de spin auront des niveaux d'énergie différents. La sensibilité de la RMN augmente donc alors comme la force du champ magnétique extérieur B 0. E. États d'énergie Une transition est alors possible entre l'état +1/2 et 1/2. Cette transition peut être induite par l'absorption d'un photon de même énergie que la transition, qui sera indirectement mesurée par la RMN. L'énergie de la transition est fonction du champ magnétique extérieur et du moment magnétique nucléaire : D'où E = - h m I B 0 / 2

Ainsi pour un noyau d'hydrogène de nombre de spin 0,5 : E -1/2 = h B 0 / 4 E +1/2 = - h B 0 / 4 Ł E = h B 0 / 2 = h D'où la fréquence absorbée = B 0 / 2 F. Distribution de la population L'énergie séparant ces états de spin étant très faible, l'agitation thermique suffit à placer le noyau dans certains niveaux énergétiques. On peut alors calculer le nombre de noyaux dans chaque état de spin d'après la loi de Boltzmann : - E/kBT N état excité / N état stable = e Où k B est la constante de Boltzmann et vaut R / N A Par exemple, pour un échantillon d'atomes d'hydrogène soumis à un champ magnétique, le taux de noyaux se trouvant entre chaque état est de 0,9999, ce qui signifie qu'il y a presque autant de noyaux se trouvant dans chaque état de spin. Cette distribution a des conséquences importantes. En effet, lorsque l'on soumet les noyaux à un rayonnement électromagnétique de bonne fréquence, les noyaux effectueront des transitions, non seulement de l'état le plus stable vers l'état le moins stable, mais aussi l'inverse. La somme des absorptions et des émissions de photons sera alors nulle et inexploitable pour la RMN. On dit que la RMN est une spectroscopie peu sensible. G. Techniques de mesure Deux principales méthodes de mesure sont possibles : q En balayant plusieurs longueurs d'onde dans un champ magnétique constant. q En faisant varier le champ magnétique sous une longueur d'onde constante.. Interactions en milieu isotrope (=liquide) Lorsqu'on effectue une RMN en milieu isotrope, le signal mesuré dépend de plusieurs interactions : Effet Zeeman Effets d'écran électronique ( ) Interactions réelles Interaction de déplacement chimique ( ) Interaction résultante observable + Interaction de couplage scalaire (J) II_ Déplacement chimique

La transition d'énergie d'un atome par la RMN ne dépend donc pas uniquement de l'effet Zeeman ; en effet l'effet d'écran électronique modifie légèrement la fréquence d'excitation. L'effet d'écran électronique dépend de l'environnement chimique propre de l'atome dont on observe la résonance. Cet environnement va créer une variation dans le champ magnétique ressenti en faisant subir au noyau un champ magnétique local contraire au champ magnétique extérieur et relatif au champ magnétique externe : Où B ressenti = B 0 - B local = B 0 (1 - ) est la constante d'écran électronique du noyau. On définit alors le déplacement chimique : Remarque : la fréquence du spectromètre est donnée en fonction de sa puissance électromagnétique ; pour une puissance de 2,35 T, spectro = 100 Mz. A. Échelle relative Le déplacement chimique se compare à une échelle relative en à un composé de référence, le TMS (tetraméthylsilane) chimiquement inerte, dont les hydrogènes sont très blindés (= presque tous les composés ont un plus grand) et tous équivalents (=signal amplifié ). Remarque : deux atomes qui ont le même déplacement chimique sont dits chimiquement équivalents ou isochrones. B. Effet électronégatif La plus grande partie de la constante d'écran électronique est constituée de dia ; il représente la variation du déplacement chimique due à l'électronégativité des atomes liés. l Cas des halogènes :

L'électronégativité d'un halogène attire à lui les électrons environnants. perdant son électron, il est moins soumis à l'écran électronique ; on dit qu'il est déblindé. Son déplacement chimique augmente. F Ainsi plus les atomes liés à sont électronégatifs, plus son déplacement chimique est élevé. Remarque : L'effet électronégatif décroît avec la distance. I Br Cl C. Effets mésomères Ce sont des mise en commun d'orbitales permettant la circulation des électrons. Ainsi certains groupements ont tendance à être accepteurs, d'autre donneurs d'électrons. Ex : Le carbone est donneur d'électron, les sont blindés. O C 3 Groupement donneur O Le carbone est accepteur d'électron, les sont déblindés. O C 3 Groupement accepteur O De manière générale : q Les groupement accepteurs déblindent par mésomérie q Les groupements donneurs blindent par mésomérie D. Effets de courant des cycles aromatiques Les orbitales étant couplées à l'intérieur d'un cycle aromatique, les électrons s'y déplacent librement, à la manière d'un circuit électrique. Lorsque que l'on applique un champ magnétique, le courant circule et un champ magnétique induit apparaît le long du cycle.

Ce champ attire à lui les électrons, déblindant fortement les hydrogènes se trouvant dans l'axe du cycle. Le déplacement chimique observé se situera lors autour de 7 à 8 ppm. E. Anisotropie magnétique Dans le cas des doubles liaisons et triples liaisons, le déplacement chimique dépend d'effets magnétiques dus aux électrons se déplaçant à l'intérieur des orbitales. Pour un alcène, le champ magnétique est du côté des protons, on observe alors un déblindage important ; = 5 ppm. Pour un alcyne, le champ magnétique créé par les électrons s'oppose au champ magnétique externe, on observe alors un léger blindage ; = 2 ppm. III_ Couplage scalaire Les noyaux qui possèdent un spin, exercent l'un sur l'autre une légère influence magnétique. En effet, le champ ressenti par un des noyaux dépend de l'état de spin des autres noyaux. Cet effet est appelé le couplage scalaire (ou couplage spin-spin). Plusieurs états énergétiques sont alors possibles pour la molécule.

Ces états d'énergies permettent différentes transitions, qui sont alors observables sur le spectre RMN. En effet, plusieurs pics entourent la valeur du déplacement chimique d'un atome. La distance entre ces pics donne la valeur du couplage scalaire. Celui-ci est très faible (jusqu'à 20 z). J ab J ab a Remarque : Dans le cas de protons chimiquement équivalents, le couplage sera inobservable puisque les raies seront superposées (le signal intégrera par contre pour plus d'atomes = signal plus important). A. Atome couplé à plusieurs atomes équivalents Lorsqu'un atome est couplé à plusieurs atomes de spins équivalents, le nombre de configurations de spins possibles augmente. b Pics observés 2 J ab = J ac 1 1 a On remarque que les valeurs prises par les pics suivent le nombre d'états associés à un même pic. On observe qu'elles suivent les valeurs du binôme de Pascal : Configuration Valeurs des pics Multiplet A 1 Singulet AX 1 1 Doublet AX 2 1 2 1 Triplet AX 3 1 3 3 1 Quadruplet AX 4 1 4 6 4 1 Quintuplet AX 5 1 5 10 10 5 1 Sextuplet AX 6 1 6 15 20 15 6 1 Septuplet B. Atome couplé à plusieurs atomes non-équivalents

Lorsqu'un atome est couplé à plusieurs atomes de spins non-équivalents, les spectres se "multiplient". Pics observés 2 2 J ab > J ac J ac 1 1 J ab 1 1 J ab a 2 2 J ac 1 1 1 1 J ac > J ab C. Relation entre couplage et structure Imaginons un couplage vicinal 3 J C C. L'influence du champ magnétique de chaque proton l'un sur l'autre varie en fonction de leur distance (ici à peu près constante) et de l'angle entre eux, selon une relation scalaire. 3 J (z) 12 a 0 Ainsi, pour un angle de 90 entre les protons, le couplage devient nul. Cette méthode permet de déduire de manière très précise, la structure de la molécule. De la même manière, un couplage vicinal dans un alcène aura une valeur différente avec un couplage cis 3 J cis et un couplage trans 3 J trans. C D. Effet de toit C 3 J cis = 6 à 14 z 90 180 C ( ) C 3 J trans = 11 à 18 z

Lorsque deux atomes couplés entre eux ont des déplacements chimiques proches, le spectre observé se déforme. Plus le déplacement chimique est proche, et plus le spectre ressemble à celui qu'on obtiendrait si les atomes avaient le même déplacement chimique. a > b Effet de toit a Y b a = b a b a b a b