Le classement 2008 grandes écoles des Dossier coordonné par Gilles Lockhart et réalisé par Isabelle Hennebelle et Muriel Wolski, avec Camille Raynaud de Lage et Véra Vavilova. Le classement des écoles de commerce p. 116 Le classement des écoles d ingénieurs p. 120 Le classement des formations universitaires p. 123 La force des associations d anciens p. 124 L ingénieur-manager, profil vedette p. 130 Comment payer sa scolarité p. 134 Les écoles face au plagiat p. 136 GETTY IMAGES Bilan de notre enquête réalisée avec le cabinet Towers Perrin : les jeunes diplômés sont en position de force face aux recruteurs. Mais tout le monde ne peut pas tout négocier... Jusqu à «quel salaire êtes-vous prêts à aller pour me recruter?» Voilà ce que beaucoup d employeurs s entendent dire aujourd hui quand ils reçoivent de jeunes diplômés. Aux dents longues, cela va de soi. «Les recrues potentielles sont plus audacieuses qu il y a trois ans, même si l on n atteint pas la folle course aux salaires de la fin des années 90, quand les jeunes loups changeaient sans cesse d entreprise pour gagner plus», constate Philippe Angoustures, senior manager à Ineum Consulting. «Ils font jouer la concurrence, ils me disent : Telle société me donne tant, comment vous alignez-vous? De vrais marchands de tapis!...» sourit Stéphane Bennour, directeur général de Neos- SDI, une société de services en informatique spécialisée dans les produits Microsoft. Parfois, ce culot conquérant porte ses fruits. Dans d autres cas, il se heurte à la dure réalité du monde du travail et des grilles de salaires rigides. Revue de quelques exemples qui montrent toute la palette des négociations possibles. Pour Alexandre, diplômé en 2007 du master en management des systèmes d information de l IAE de Grenoble II, c est la mise en concurrence de deux recruteurs qui a payé. Faisant mentir la thèse selon laquelle on est mieux rétribué à Paris qu en province, il a snobé les 28 000 euros que Capgemini lui proposait dans la capitale pour sauter sur l offre de Caterpillar à Grenoble : 32000 euros de fixe assuré, et 34 000 euros possibles dès la première année selon les résultats. Mohamed Kahlal, lui, a parfaitement monnayé son diplôme d ingénieur de l Isep. A partir d une proposition de 33 000 euros complétés d un variable, il a obtenu un fixe de 36500 euros, auxquels s ajoutent de multiples primes de déplacement, son employeur australien comptant sur lui au Maroc où il est défrayé dans des hôtels Hilton! De son côté, Brice Bergos, issu de l Inseec, a mené sa barque comme un as du poker. Au départ, son futur employeur, une start-up de douze salariés, lui proposait un salaire de 32 000 euros composé à 55 % d un fixe et à 45 % d une part variable. A l arrivée, il a signé pour un fixe de 36 000 euros, revalorisable à 40000 euros au bout de six mois. «On a les salariés qu on mérite! s exclame Jean-François Veysset, viceprésident, chargé des affaires sociales de la CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises). Il faut savoir rémunérer les jeunes compétences à leur juste valeur, sinon elles ne resteront pas!» Mais tous les débutants ne sont pas logés à la même enseigne. «Le pouvoir de 110 111
Camille et Amaury : la vie (active) à deux I ls ont le même âge, 25 ans, le même diplôme, Sup de Co- Reims, une passion commune pour les voyages et un début de carrière comparable dans un grand groupe : Camille Boilot, la Vendéenne, est responsable des achats de PLV à l international pour trois marques d une division de L Oréal. Amaury Boilot, le Parisien qui a grandi dans la Loire, est auditeur senior au sein d Ernst & Young. La vie à deux? Ils en parlent d autant plus facilement qu ils se sont mariés après être tombés amoureux sur le campus : «Amaury fait de gros horaires et il lui arrive de partir à l étranger, c est un peu contradictoire avec l idée qu on se fait de la vie d un couple marié, reconnaît Camille, mais nous faisons en sorte de nous réserver des moments à deux (weekends en dehors de Paris, sport, concerts) même pendant les périodes très chargées.» «Nous nous sommes rencontrés rapidement car nous étions tous deux très investis dans la vie associative de Sup de Co-Reims, raconte Amaury. Les couples qui se forment à l école, ce n est pas forcément la norme, mais c est une constante. Nous avons notamment deux couples d amis qui se sont rencontrés à l école et dont le mariage est prévu pour cet été.» Camille Boilot travaille pour une division de L Oréal. Son mari, Amaury, pour Ernst & Young. Le classement 2008 négocier est plus important pour les profils techniques», indique Claude Monnier, DRH du site Monster.fr. Et de citer les profils qui ont le vent en poupe : «Les ingénieurs en énergie, en automatisme, dans le bâtiment, les professionnels de la supply chain (chaîne logistique), les spécialistes de l industrie du pétrole... Dans toutes ces spécialités, les débutants peuvent négocier leur première rémunération et voir ensuite leur salaire grimper de 20 % à chaque changement d entreprise.» Pour Pierre Lamblin, directeur du département études et recherche de l Apec (Association pour l emploi des cadres), «seuls 15 % des jeunes sont en mesure de négocier leur salaire au-delà de la fourchette proposée». Car le mode de fonctionnement des grandes entreprises, peu enclines à négocier tous les salaires d embauche un par un, est de se retrancher derrière leur sacro-sainte grille des salaires. Principe de base? A chaque école son salaire! «Chez McKinsey, on sait combien coûte un HEC, un Essec ou un diplômé de n importe quelle école de second rang, précise Axel Rückert, propriétaire du site www.grandesecoles.com. La marge de manœuvre du candidat est très limitée. Elle peut être de 5 %, rarement de 10 %. En tout cas, d une entreprise à l autre, dans une même branche, la cote d un diplômé est homogène.» «Je n ai pas eu le loisir de négocier, les rémunérations sont préétablies», confirme Perrine, jeune auditrice de 23 ans, embauchée en septembre 2007 par PricewaterhouseCoopers, son diplôme «La marge de manœuvre du candidat est très limitée. Elle peut être de 5 %, rarement de 10 %.» Axel Rückert, propriétaire du site www.grandesecoles.com. d Audencia-Nantes en poche. «La négociation n est pas toujours possible, d autant qu il y a un gros décalage entre ce que les jeunes diplômés ont envie de faire et la réalité du marché, ajoute Thibaut Gemignani, directeur général d Adenclassifieds, qui édite des sites comme cadremploi.fr ou keljob.com. 15 % des inscrits à notre base de données veulent travailler dans le domaine du marketing et de la communication. Or celui-ci ne représente que 3 % de nos offres... 20 % des ingénieurs postulent pour la filière études et recherche, qui ne dépasse pas 7 % des propositions. Et seulement 11 % se disent prêts à faire du commercial, quand ce secteur concentre 36 % des offres!» Autre facteur qui pénalise les débutants dans une éventuelle négociation de salaire : «Ils connaissent mal les métiers, ou en tout cas les noms des métiers, constate Philippe Kron, président et cofondateur du site iquesta, spécialisé dans le recrutement de jeunes diplômés. En marketing, par exemple, il y a des JÉRÔME CHATIN offres d emploi concernant deux postes très proches : chef de produit et category manager. Les premières suscitent beaucoup de candidatures, les secondes, très peu, parce que les candidats ne savent pas ce que c est. Idem pour le commerce électronique : dès que vous mettez marketing multimédia dans une annonce, les CV pleuvent! Mais Web marketing ou lancement de site de commerce en ligne ne séduisent personne, alors que toutes ces appellations recouvrent à peu près les mêmes métiers.» Tout comme les petits ruisseaux font les grandes rivières, certains se replient sur les menus avantages en nature pour obtenir une vraie différence. «Avec un marché de l emploi tendu comme il l est actuellement, les candidats sont en contact avec beaucoup de recruteurs, et ils ont parfaitement en tête toutes les composantes de la rémunération globale», remarque Amadou Ngom, PDG de la société de services informatiques Des systèmes et des hommes. Part variable, mutuelle santé et prévoyance, formation, Ticket-Restaurant, avantages du comité d entreprise... tout le «parasalarial» est passé au crible. «Un véritable benchmarking», résume Eric Bertier, associé de PwC chargé des ressources humaines. Tel ingénieur de l Esigelec a obtenu de son employeur, le Groupe Alten, le remboursement de son abonnement hebdomadaire SNCF entre Paris et Rouen. Tel autre, titulaire d un master finance et gestion bancaire, a obtenu la prise en charge de ses frais d inscription à une nouvelle formation et le prêt d ouvrages pour s y préparer. Autant de petits avantages appréciables, mais non essentiels. «On a parfois la sensation que les entreprises tentent de nous noyer, lorsqu elles détaillent avec tant de soin les composantes de la rémunération, déplore Sébastien, un Les nouvelles recrues choyées Salaires, recrutement, formation... Towers Perrin a scruté les tendances 2008 pour «L Expansion». Une année d exception Recrutement, salaires, progression de carrière : c est le grand amour entre les diplômés des grandes écoles et leurs managers. 86 % des entreprises interrogées par Towers Perrin pour L Expansion prévoient de recruter autant ou davantage de jeunes diplômés qu en 2007. Ces derniers sont 86 % à être considérés comme «fortement engagés dans l entreprise», contre 74 % en 2007. La progression de leurs salaires est en conséquence : la fourchette moyenne d augmentation ira de 2,8 à 10,4 % en 2008, contre 2,6 à 10 % l an dernier. Les métiers de la vente très demandés 2008 consacre aussi le retour de la conquête commerciale. En 2007, ce sont les métiers de la finance et du contrôle RENDEZ-VOUS de gestion (contrôleur de gestion, analyste de crédit junior, gestionnaire back-office junior) qui avaient recruté le plus grand nombre de jeunes diplômés. En 2008, place au développement! Les métiers de la vente et de la gestion de clientèle (attaché commercial, chargé d affaires, chargé de clientèle) seront en tête des embauches, devant ceux de la filière marketing-publicitécommunication externe (chef de produit, chargé d études marketing, chargé de communication). Coaching et suivi de carrière pour tout le monde Près de la moitié (45 %) des jeunes embauchés sont «suivis et coachés par un mentor qui n est pas leur responsable hiérarchique» et 70 % des entreprises du panel ont mis en place «un programme d intégration et une politique d évolution professionnelle spécifiques aux jeunes diplômés». Petits soins pour les hauts potentiels Les deux tiers des entreprises interrogées par Towers Perrin disposent d un programme de développement des hauts potentiels. Ces programmes ne sont pas réservés aux jeunes diplômés, mais les concernent dans 47 % des cas. Pour ces heureux bénéficiaires de la voie rapide interne, tout est plus facile : 100 % d entre eux peuvent «espérer accéder plus facilement à des postes à responsabilité», 92 % ont accès à des «formations spécifiques» et 83 % pourront prétendre à «une évolution de leur rémunération plus rapide». Il suffit juste d être dans le bon wagon. Le salon Carrières jeunes diplômés Le 12 juin au Cnit, à Paris la Défense Job Rencontres et «L Etudiant», deux filiales du Groupe Express- Roularta, associent leurs compétences en lançant un salon de recrutement, Carrières jeunes diplômés. La première édition réunira une quarantaine d entreprises de tous les secteurs prêtes à recruter les diplômés des grandes écoles de commerce et d ingénieurs de niveau bac + 5 ainsi que les lauréats d universités et d établissements de formation de niveau bac + 2-3. Les emplois proposés concernent les fonctions commerciales, financières, informatiques, télécoms, études, audit... Toutes les informations sur les entreprises présentes, les postes proposés et le programme des conférences sur : www.jobrencontres.fr ou www.letudiant.fr. 112 113
Comment les entreprises vous jaugent Les critères pour avoir un bon salaire de départ Quels sont les trois éléments que vous prenez particulièrement en compte pour rémunérer plus ou moins un jeune diplômé? Compétences 24 % Stage effectué dans l entreprise avant l embauche 20 % Potentiel, personnalité 20 % Contrat en alternance effectué dans l entreprise avant l embauche 14 % Stage effectué hors de l entreprise 11 % Contrat en alternance effectué hors de l entreprise 2 % Les critères pour obtenir une augmentation Quels éléments déterminent le niveau d augmentation de salaire du jeune diplômé? 74 % 7 % 19 % Principalement la performance appréciée par le manager Autre(s) élément(s) A la fois la performance appréciée et le rattrapage du différentiel créé par le diplôme Le CDI hégémonique pour les bac + 5 Proportion de CDI proposés aux jeunes diplômés Ecoles d ingénieurs, écoles de commerce (bac + 5 et plus) 100 % Doctorats 100 % Master 2 (bac + 5), universités 97 % IUP, maîtrise professionnelle et licence II 95 % Institut d administration des entreprises (IAE) 90 % BTS ou DUT (bac + 2) 86 % Les rémunérations 2008 par secteur Ecoles Ecoles Université Université d ingénieurs de commerce bac + 5 (master) bac + 2 (BTS et DUT) Banque, 46 000 42 500 39 500 24 000 assurance (+ 1,1%) (inchangé) (+ 2,8%) (+ 2,1%) Cabinets d audit, 41 500 41 500 42 000 NC juridiques et fiscaux (+ 0,7%) (+1,2%) (+ 4,8%) Hautes 39 000 38 500 37 000 22 500 technologies (+ 6,4%) (+ 5,2%) (+1,9%) (+1,8%) Industrie 42 500 41 500 39 500 23 500 et BTP (+1,4%) (+ 6%) (+ 0,8%) (+1,3%) Industrie 38 500 39 000 39 000 22 500 pharmaceutique ( 3,8 %) (+ 4,8%) (+ 4,8%) (+ 2,2%) Rémunération médiane avec un à deux ans d ancienneté, incluant le salaire de base et la rémunération variable individuelle. En pourcentage, la hausse ou la baisse par rapport à 2007. Source : L Expansion-Towers Perrin. En 2008, tous les secteurs d activité affichent des salaires en hausse quelle que soit la filière d entrée, à l exception de la pharmacie pour les ingénieurs et de la finance pour les commerciaux. L industrie augmente nettement les salaires des diplômés d écoles de commerce (+ 6 % dans le BTP). Petite révolution, l audit et le conseil (obligés de diversifier leurs recrutements), mais aussi l industrie pharmaceutique rémunèrent mieux les diplômés bac + 5 des universités que ceux qui viennent d écoles de commerce ou d ingénieurs. Le classement 2008 ancien de l Ecole supérieure des sciences commerciales d Angers (Essca). Or, au moment de changer d entreprise, le nerf de la guerre est pourtant bel et bien le salaire brut! Juste devant l intérêt du boulot! Les avantages, on les retrouvera toujours sous une autre forme.» «Les ingénieurs candidats à un poste chez nous ne posent pratiquement jamais de questions sur le restaurant d entreprise ou les jours de RTT, explique Sandrine Letrillard, DRH de Neurones, une SSII de 2 000 salariés, cotée à Paris depuis 2001. En revanche, ils se renseignent sur notre capacité à les former et à les certifier sur des applications ou des éditeurs de logiciels spécifiques. Et surtout, ils veulent savoir sur quelles missions ils vont travailler. Ils demandent souvent à rencontrer le client avant de signer leur contrat, ce qui n était pas le cas il y a deuxtrois ans.» «Les candidats accordent aussi de plus en plus d importance à l équilibre vie professionnelle-vie personnelle», ajoute Nathalie Rauhoff, responsable du recrutement du Crédit agricole. Un domaine où les petites et moyennes entreprises retrouvent des couleurs, elles qui ne peuvent pas s aligner sur les salaires des multinationales. Diplômée de l ESC-Troyes, Noémie Bruneau, 24 ans, a arrêté son choix de premier emploi sur Gravograph, une PME de 200 collaborateurs, spécialisée dans le marquage durable. «L idée de négocier mon salaire ne m a pas traversé l esprit, se souvient-elle. Ici, les missions sont variées, ouvertes. La société offre une vision globale du business, avec c est certain des possibilités d évolution.» «J ai obtenu un salaire d embauche de 50 000 euros. Je savais que le marché était juteux, mais pas à ce point!» Myriam, recrutée pour un poste de back-office au Luxembourg. Enfin, pour ceux qui veulent absolument avoir le beurre et l argent du beurre, il reste toujours la solution de s expatrier. Son diplôme de l Essca en poche, Damien Levesque n a eu «aucun mal à trouver un poste en Grande- Bretagne». A 24 ans, basé à Londres, il est spécialisé dans les fusions et acquisitions dans les télécommunications pour le compte d Orange. «Pour un salaire annuel de 45 000 euros, soit 30 % supérieur à ce que j aurais eu en France», précise-t-il. Myriam, récemment diplômée d un master finance, spécialité gestion de trésorerie, s est vu offrir d entrée de jeu un salaire de 35 000 euros au Luxembourg pour un poste de back-office. Elle n a même pas eu à forcer son talent pour obtenir 15 000 euros de plus. «Lors d entretiens des plus cordiaux, j ai obtenu tout en douceur 40000 euros, puis 50 000 euros de salaire d embauche, dit-elle, encore étonnée de la facilité de cette transaction. Je savais que le marché était juteux, mais pas à ce point!» Ce joli coup s est joué fin 2007 en quelques jours seulement. Qui dit mieux? Muriel Wolski 114
DR Ce que vous allez gagner à la L Essec n 1 ; Grenoble-EM monte S tabilité au sommet. L Essec, fringante centenaire depuis 2007, devance toujours HEC et l ESCP-EAP pour ce qui est de la rémunération maximale à trois ans : 54 000 euros, contre 52 000 euros. Ces trois écoles sont ex aequo avec l EM-Lyon dans le quarté de la rémunération maximale en sortie d école : 41 000 euros pour chacune. Vient ensuite le binôme Sciences Po-Paris et Edhec. Cette dernière, avec un salaire d embauche à 39 000 euros (fourchette haute) et une rémunération maximale de 49 000 euros à trois ans, réussit à se dégager du peloton des «trèsbonnes-écoles-juste-audessous-des-meilleures», qui comprend les classiques ESC-Reims, Rouen, Pierre Tapie, DG de l Essec. Nantes (Audencia), Angers (Essca), l INT Management et l ICN. A noter la progression de Grenoble-EM, qui, l an dernier, apparaissait dans le quatrième gruppetto des meilleurs salaires à l embauche et qui intègre désormais le troisième groupe, juste derrière l Edhec et Sciences Po, avec une rémunération maximale de 37 000 euros à l embauche et de 45 000 euros à trois ans. Nom de l école de commerce Coût annuel Date de Ecoles Nature Salaire de base à Salaire total avec du programme création de Effectifs Site Internet partenaires du partenariat l embauche en 2008 trois ans d ancienneté grandes écoles l association Minimum Maximum Minimum Maximum Ecole supérieure des sciences Une douzaine d étudiants concernés chaque année depuis 2000 économiques et commerciales 9 300 1923 8 700 essecnet.com ENPC, ENSPM par des cours communs en mathématiques, statistiques et finances, ainsi 36 000 41 000 48 000 54 000 (Essec) qu une formation technique sur le secteur de l énergie (pétrole et gaz). Hautes études Polytechnique, 11 étudiants de 3 e année en double diplôme HEC-Ensae. Master Analyse commerciales 8 100 1883 15 000 groupehec.asso.fr Ensae et politique économiques avec 5 écoles (ENPC, ENS, Ensae, Polytechnique, 36 000 41 000 48 000 52 000 (HEC) EHESS). Master Projet, innovation, conception avec l X. School of Management Centrale-Paris, 7 400 1871 10 000 Supélec European (ESCP-EAP) aaescp-eap.net Double scolarité octroyant le diplôme ESCP-EAP à des élèves ingénieurs et permettant aux étudiants de l ESCP-EAP d obtenir un master spécialisé. 36 000 41 000 48 000 52 000 Deux autres masters Recherche avec Polytechnique et les Mines. management de Lyon Ecole de (EM-Lyon) 8 100 1877 10 500 em-lyonalumni.com 6 écoles principales 4 accords de coaccréditation de mastères spécialisés avec Montpellier SupAgro, Centrale-Paris, Centrale-Lyon et Insa-Lyon. Deux accords d échange en dernière 36 000 41 000 47 800 50 000 année avec l ENSM-Saint-Etienne et Centrale-Lyon. Sciences Po Accords dispensant les élèves d une douzaine d écoles (Polytechnique, (Institut d études politiques de Paris) 5 150 1875 8 000 sciences-po.asso.fr Une douzaine Centrale, Ensta, Supélec ) des épreuves d admissibilité au master 35 000 39 000 47 000 51 000 de Sciences Po pour accéder directement à l oral de recrutement. Edhec Business School Inria, Partenariat sur la création d entreprise avec l Inria-Sophia-Antipolis 7 500 1947 13 293 planete.edhec.com Mines-Paris (10 étudiants par an) et mastère en gestion de l énergie avec 35 000 39 000 48 000 49 000 les Mines de Paris (20 étudiants). INT Campus commun avec Télécom SudParis (ex-télécom INT) : activités Management 1 080 1981 2 949 int-diplomes.org Télécom SudParis associatives, montages de projets, échanges de cours, coordination 32 000 37 000 46 000 48 000 des enseignants. Double diplôme avec Virginia Tech (Etats-Unis). Audencia-Nantes-Ecole Lancement en 2008 d un cursus double compétence ingénieur de management 7 200 1904 2 311 reseaudencia.com Centrale-Nantes avec Centrale-Nantes, l ENST, l Isep et d autres écoles, en partenariat 32 000 37 000 44 000 48 000 avec Accenture, Air France, BNP Paribas et Veolia. ESC-Rouen 7 550 1923 2 800 escrouen-alumni.net Esigelec Démarrage à la rentrée 2009 d un programme permettant aux 5 meilleurs étudiants de l Esigelec d obtenir un complément de formation 32 000 37 000 44 000 47 500 en management et le diplôme grandes écoles de l ESC-Rouen. Institut commercial de Nancy Double diplôme ICN-ingénieur civil des Mines, option maîtrise d ouvrage (ICN Business School) 7 000 1921 1 260 alumnicn.com ENSM-Nancy des systèmes informatiques. Alliance Artem réunissant l ICN, l ENSM-Nancy 32 000 37 000 41 400 46 600 et l ENS d art de Nancy dans des ateliers de formation transversale. Reims Management School Dispositif Entreprendre consistant à mener à bien un projet informatique (RMS) 7 930 1930 5 000 rms-network.com Isep ou électronique avec un donneur d ordres industriel. Une cinquantaine 32 000 37 000 43 500 46 500 d étudiants concernés (20 RMS, 30 Isep). Grenoble-Ecole de Management INPG, Collaboration depuis 1987 avec l INP-Grenoble aboutissant à la création, en 7 410 1984 7 800 mti-brothers.com ENST-Bretagne janvier 2007, d un diplôme d ingénieur en partenariat. Echange de 30 étudiants 32 000 37 000 43 000 45 000 par an avec l ENST-Bretagne. Autres accords avec l Eisti et l Esiea. Ecole supérieure libre des sciences commerciales appliquées 7 750 1954 5 800 anciens-eslsca.eu Non Non 32 000 37 000 39 000 42 000 (ESLSCA) Management School Bordeaux (BEM) 7 500 1882 1 835 alumni.bem.edu Enserb, Ensam-Bordeaux Cours communs avec les étudiants en dernière année de l Enserb. Enseignements croisés, ateliers et projet commun Team (40 étudiants concernés) 31 000 34 000 44 000 48 000 avec l Ensam-Bordeaux. Ecole supérieure des sciences Mastère spécialisé double compétence Management et technologies avec l Eséo. commerciales d Angers (Essca) 6 720 1911 1 500 anciens-essca.com Une dizaine Formation Entrepreneuriat avec l Efrei, l Eséo et l Ecole supérieure de Blois. 31 000 34 000 40 500 45 800 Master Ingénierie et management des projets et processus avec l Istia, etc. ESC-Lille 8 490 1960 2 500 diplomes.esc-lille.fr Centrale-Lille Rattachées depuis 1984, les deux écoles délivrent un diplôme commun d ingénieur-manager-entrepreneur ainsi qu un mastère spécialisé en création 31 000 34 000 41 000 43 000 d entreprise. 245 étudiants déjà concernés. Euromed-Marseille Ecole Centrale- Modules communs avec Centrale-Marseille. Double diplôme avec l Ecole de management 7 000 1905 3 400 aluminy.com Marseille, supérieure d ingénieurs de Luminy (Esil). Master spécialisé en management 31 000 34 000 40 000 42 000 Esil maritime international avec l Ecole nationale de la marine marchande. Toulouse Graduate School SupAéro, Binôme ingénieur-manager travaillant durant six à huit mois sur des projets of Management 7 910 1987 1 025 anciensesct.com Enseeiht proposés par des entreprises. Le partenariat concerne aussi 31 000 34 000 39 000 42 000 (ESC-Toulouse) l Icam-Toulouse, l Insa-Toulouse et l Ecole des mines d Albi-Carmaux (Emac). Ecole supérieure de commerce Partenariat en cours de finalisation avec l école d ingénieurs de Tours, et de management Tours-Poitiers 7 700 1998 1 786 escempro.com Polytech Tours Polytech, sur la problématique de la création d entreprise. 31 000 34 000 39 000 40 000 (Escem) IESEG School of Management ASSOCIATION D ANCIENS ÉLÈVES sortie d une école de commerce PARTENARIAT AVEC DES ÉCOLES D INGÉNIEURS 6 700 1978 2 500 anciens-ieseg.com Isen, Estit Modules communs depuis une dizaine d années avec les étudiants de l Isen et de l Ecole supérieure des techniques industrielles et des textiles (Estit) dans 31 000 34 000 37 000 38 000 le domaine de la création d entreprise. 116 117
Ce que vous allez gagner à la sortie d une école de commerce (suite) MÉTHODOLOGIE Nom de l école de commerce Coût annuel Date de Ecoles Nature Salaire de base à Salaire total avec du programme création de Effectifs Site Internet partenaires du partenariat l embauche en 2008 trois ans d ancienneté grandes écoles l association Minimum Maximum Minimum Maximum L es salaires publiés dans les tableaux des pages 116 à 123 proviennent de données collectées par le cabinet Towers Perrin pour L Expansion auprès de 78 sociétés, dont une vingtaine du CAC 40. Les principaux secteurs représentés sont la haute technologie (constructeurs informatiques, SSII...), la banque et l assurance, l industrie de biens d équipement et de consommation, le BTP, le conseil et l audit. En moyenne, les entreprises du panel ont recruté 729 personnes en France en 2007, dont 212 jeunes diplômés. Les niveaux de rémunération à l embauche concernent uniquement le salaire fixe ou salaire de base (incluant éventuellement un treizième mois). En revanche, les niveaux de rémunération totale à trois ans d ancienneté tiennent compte du bonus (part variable) versé par les entreprises. Dans tous les cas, il s agit des salaires bruts prévus en 2008. Les écoles sont classées d abord par salaire d embauche maximal (deuxième colonne des salaires), puis départagées par la rémunération maximale à trois ans (quatrième colonne des salaires). (1) Voir le détail des réponses des IEP d Aix-en-Provence, Lille, Strasbourg et Toulouse sur www.lexpansion.com. (2) L association des anciens de l EM-Normandie, créée en 2008, succède à l association des anciens de l ESC-Le Havre, qui date, elle, de 1901. Ceram Business Séminaires dédiés à la création d entreprise et au management de l innovation School 7 550 1966 2 100 ceramiens.com Mines d Alès, avec les Mines d Alès, de Paris et Polytech Sophia-Antipolis. Séminaires de 31 000 33 500 42 000 44 000 Mines de Paris management pour les ingénieurs. Institut d études politiques (1) (1) (1) (1) Ecole centrale Les IEP de province qui ont répondu à notre questionnaire n ont pas noué de province de Lille de partenariat, à l exception de l IEP-Lille, qui accueille des diplômés de la filière 31 000 33 500 40 500 43 000 (IEP Province) généraliste de l Ecole centrale de Lille. ESC- Montpellier 7 224 1897 4 800 diplomes-escm.org Non Non 31 000 33 500 38 000 41 500 Institut supérieur de gestion Esme, Formation en gestion pour les étudiants ingénieurs, suivie de séminaires (ISG) 7 500 1970 3 500 isg-alumni.com Sudria, d approfondissement le week-end pendant leur stage de six mois en entreprise. 31 000 33 500 38 500 41 000 Epita Ce qui leur permet finalement d être titulaires d un double diplôme. ESC- Double diplôme avec l Ecole des mines d Alès. Cours communs en management Clermont-Ferrand 6 160 1920 1 232 reseau-esc-clermont.org Mines d Alès et en marketing alimentaire avec l Institut français de mécanique avancée 31 000 33 500 38 000 40 000 d ingénieurs et l Ecole nationale des travaux agricoles. Ecole de management diplomes- Convention signée en janvier 2008 pour mettre en place deux mastères de Normandie 6 550 2008 (2) 1 700 emnormandie.com Ensicaen spécialisés en traitement décisionnel de l information et en prévention 31 000 33 500 37 500 40 000 (EM-Normandie) des risques et fiabilité des organisations. ESC-Rennes Formation d ingénieurs d affaires mise en place avec la technopole School of Business 7 400 1993 1 157 anciens-esc-rennes.fr Insa-Rennes Rennes-Atalante. Une vingtaine d étudiants travaillent en binôme. 31 000 33 500 36 000 38 500 Des projets de création d entreprise en découlent régulièrement. Institut supérieur de commerce 8 205 1964 2 400 aaeisc.com Centrale-Paris, Collaboration avec le laboratoire de génie industriel de Centrale-Paris. (ISC-Paris) Ensam Coopération en matière de gestion de production avec l Ensam. 31 000 33 500 35 500 38 000 Autres partenariats avec Télécom-Paris et l Estaca. Ecole supérieure de gestion Cours d informatique (par exemple de programmation en Visual Basic) donnés (ESG) 5 900 1981 5 250 esg-anciens.com ESGI par les intervenants de l ESGI dans le cadre des spécialisations en e-business 30 000 33 000 39 000 40 500 et management financier de l ESG. Inseec-Paris-Bordeaux Ensam- Par groupes de 30, les étudiants suivent les cours croisés 7 600 1982 7 029 adi-inseec.com Bordeaux concernant deux modules de chaque école. 30 000 33 000 37 000 40 000 Sup de Co-La Rochelle ASSOCIATION D ANCIENS ÉLÈVES PARTENARIAT AVEC DES ÉCOLES D INGÉNIEURS 6 950 1991 2 942 aasupdecolarochelle.fr EIGSI 20 étudiants de 3 e cycle suivent un cursus commun avec les élèves ingénieurs pour obtenir une double compétence industrielle et technique. Inversement, 30 000 33 000 36 500 39 500 les élèves de l EIGSI peuvent suivre des cours de management. Ecole de Management Insa de Quatre programmes concernant 75 élèves : master d ingénierie d affaires ; de Strasbourg 4 500 1922 5 700 anciens-iecs-net Strasbourg mastère spécialisé Facilities Management, et deux diplômes d université : 30 000 33 000 38 000 39 000 (ex-iecs-strasbourg) Ingénierie des projets innovants et Management des systèmes logistiques. Ifag 6 200 2003 1 000 ifag-alumni.com Non Non 30 000 33 000 38 000 39 000 ESC- Non Pau 7 500 1970 4 500 diplomes-escpau.fr Non 30 000 33 000 36 500 39 000 ESC-Dijon-Bourgogne Escdijon.eu/fr/ Ensbana Création d un mastère spécialisé en marketing 6 700 1992 1 200 diplomes/actualites.asp (université de l alimentation santé en activité 30 000 33 000 36 000 39 000 de Bourgogne) depuis la rentrée 2007 (une quinzaine d étudiants). ESC- reseau-anciens-esc- Formation au développement d affaires à l international dans le cadre Saint-Etienne 7 100 NC 2 000 saint-etienne.com Enise du mastère spécialisé Marketing et négociation d affaires avec l Ecole 30 000 33 000 36 000 38 000 nationale d ingénieurs de Saint-Etienne (Enise). 1995 2 198 ESC- Troyes 6 200 anciens-esc-troyes.org UT-Troyes et Compiègne 50 étudiants concernés par les mastères spécialisés Technologie de l information et Sport, management et ingénierie avec UT-Troyes. Mastère Business 30 000 33 000 35 000 37 000 des industries de biotechnologies avec l UT-Compiègne. ESC- Depuis 2004, un mastère spécialisé en ingénierie Amiens-Picardie 6 450 1992 1 500 anciens-escamiens.com Esiee des affaires internationales est proposé à une vingtaine d étudiants par an. 30 000 33 000 34 500 37 000 ESC- Isen, Mastères spécialisés Manageur des projets technologiques avec l Isen, Bretagne-Brest 6 400 1965 897 adesc.com ENSTB et Commerce international et marketing des produits alimentaires 30 000 33 000 33 500 35 500 avec l Esmisab. Formation à la création d entreprise avec l ENSTB. ESC-Chambéry-Savoie 6 690 1971 250 aae-esc-chambery.com Non Non 30 000 33 000 33 500 35 500 118 119
Ce que vous allez gagner à la sortie d une école d ingénieurs DR Salaires d embauche : le top 7 se détache Michel Mudry P armi les sept écoles sur lesquelles il faut miser pour commencer vite et fort une carrière d ingénieur, Polytechnique arrive en tête avec une rémunération à l embauche comprise entre 37 000 et 43 000 euros, talonnée par les Ponts et Chaussées, les Mines-Paris, Centrale-Paris, Supélec, SupAéro-Toulouse et l ENST. Vient ensuite un groupe de trois écoles (Ensae, ENSPM, Ensta) qui offrent un salaire de départ oscillant entre 34 000 et 41 000 euros. Derrière, le niveau chute : 25 écoles paient les novices entre 33 000 et 38 000 euros, puis la fourchette descend peu à peu dans la zone des 31 000 à 33 000 euros. «La tendance des prochaines années est à la hausse, estime Michel Mudry, délégué général de la Conférence des directeurs des écoles françaises d ingénieurs, en raison de la retraite des baby-boomeurs et du besoin croissant des groupes à l international.» Salaire de base à Salaire total avec l embauche en 2008 trois ans d ancienneté Minimum Maximum Minimum Maximum Ecole polytechnique 37 000 43 000 48 500 51 000 Ecole nationale des ponts et chaussées (ENPC) 36 100 42 000 47 000 52 000 Ecole nationale supérieure des mines de Paris 36 100 42 000 45 000 50 500 Ecole centrale de Paris (ECP) 36 100 42 000 45 000 49 000 Ecole supérieure d électricité Supélec 36 100 42 000 46 000 48 000 Ecole nationale supérieure de l aéronautique et de l espace (SupAéro-Toulouse) 36 100 42 000 45 000 46 000 Ecole nationale supérieure des télécommunications de Paris (ENST) 36 100 42 000 45 000 46 000 Ecole nationale de la statistique et de l administration économique (Ensae) 34 000 41 000 46 000 52 000 Ecole nationale supérieure du pétrole et des moteurs (ENSPM) 34 000 41 000 44 500 45 500 Ecole nationale supérieure de techniques avancées (Ensta) 34 000 41 000 43 000 44 000 Ecole spéciale des travaux publics, du bâtiment et de l industrie (ESTP) 33 000 38 000 47 000 48 000 Ecole supérieure de physique et de chimie industrielles (ESPCI) 33 000 38 000 43 500 46 000 Ecole centrale de Lille 33 000 38 000 43 000 45 000 Ecole nationale supérieure des arts et métiers (Ensam) 33 000 38 000 42 500 45 000 Ecole nationale supérieure des mines de Saint-Etienne (ENSM-Saint-Etienne) 33 000 38 000 44 000 45 000 Ecole nationale supérieure des télécommunications de Bretagne (ENST-Bretagne) 33 000 38 000 44 000 45 000 Ecole centrale de Lyon (ECL) 33 000 38 000 42 000 44 500 Ecole nationale supérieure d électrotechnique, d électronique, d informatique et d hydraulique de Toulouse (ENSEEIHT) 33 000 38 000 42 500 44 500 Ecole supérieure de physique, chimie, électronique de Lyon (CPE) - IPL 33 000 38 000 41 000 44 000 Ecole nationale supérieure d électrochimie et électrométallurgie de Grenoble (Enseeg) 33 000 38 000 41 500 43 500 Ecole nationale supérieure de chimie de Paris (ENSCP) 33 000 38 000 42 000 43 000 Ecole nationale supérieure d électronique, informatique et radiocommunications de Bordeaux (Enseir-Bordeaux) 33 000 38 000 41 500 43 000 Ecole nationale supérieure des mines de Nancy (ENSM-Nancy) 33 000 38 000 42 000 43 000 Ecole nationale supérieure d ingénieurs en mécanique et microtechnique (Ensimm) 33 000 38 000 41 000 43 000 Ecole nationale supérieure d électricité et mécanique de Nancy (Ensem) 33 000 38 000 41 500 42 500 Ecole supérieure d ingénieurs en électrotechnique et en électronique (Esiee) 33 000 38 000 41 000 42 500 Télécom SudParis 33 000 38 000 41 500 42 500 Université de technologie de Compiègne (UTC) 33 000 38 000 42 000 42 500 Ecole nationale supérieure d informatique et de mathématiques appliquées de Grenoble (Ensimag) 33 000 38 000 41 000 42 000 Ecole centrale de Nantes (ex-méca-nantes) 33 000 38 000 41 000 41 500 Salaire de base à Salaire total avec l embauche en 2008 trois ans d ancienneté Minimum Maximum Minimum Maximum Ecole nationale supérieure de géologie de Nancy (ENSG) 33 000 38 000 41 000 41 000 Ecole nationale supérieure des ingénieurs en arts chimiques et technologies (Ensiacet) 33 000 38 000 39 000 41 000 AgroParisTech 33 000 38 000 40 000 41 000 Institut national des sciences appliquées de Lyon (Insa-Lyon) 33 000 38 000 40 000 41 000 Ecole spéciale militaire (ESM-Saint-Cyr) 33 000 38 000 39 000 39 000 Ecole catholique d arts et métiers de Lyon (Ecam) - IPL 32 000 35 500 42 000 43 500 Ecole nationale supérieure d ingénieurs de Caen (ISMRA - Ensicaen) 32 000 35 500 40 000 41 500 Ecole nationale de la statistique et de l analyse de l information (Ensai) 32 000 35 500 38 000 40 000 Ecole nationale supérieure des techniques industrielles et des mines de Douai 32 000 35 500 39 000 40 000 Ecole pour l informatique et les techniques avancées (Epita) 32 000 35 500 39 500 40 000 Ecole nationale supérieure d informatique pour l industrie et l entreprise (IIE) 32 000 35 500 38 000 40 000 Institut national des sciences appliquées de Rennes (Insa-Rennes) 32 000 35 500 38 000 40 000 Institut national des sciences appliquées de Rouen (Insa-Rouen) 32 000 35 500 38 000 40 000 Ecole des mines de Nantes (EM-Nantes) 32 000 35 500 39 500 39 500 Ecole nationale supérieure d ingénieurs électriciens de Grenoble (Ensieg) 32 000 35 500 38 500 39 500 Ecole centrale d électronique (ECE) 32 000 35 500 38 000 39 000 Ecole nationale supérieure d agronomie et industries alimentaires (Ensaia) 32 000 35 500 38 000 39 000 Ecole nationale supérieure d électronique et de radioélectricité de Grenoble (Enserg) 32 000 35 500 38 000 39 000 Ecole nationale supérieure des techniques industrielles et des mines d Alès 32 000 35 500 37 000 39 000 Ecole supérieure des techniques aéronautiques et de construction automobile (Estaca) 32 000 35 500 38 500 39 000 Ecole supérieure d ingénieurs de Marseille (ESI-Marseille) 32 000 35 500 38 000 39 000 Ecole supérieure d ingénieurs en génie électrique de Rouen (Esigelec-Rouen) 32 000 35 500 39 000 39 000 EPF école d ingénieurs 32 000 35 500 39 000 39 000 Hautes études d ingénieurs (HEI) 32 000 35 500 38 000 39 000 Institut catholique des arts et métiers (Icam-Lille, Nantes, Toulouse) 32 000 35 500 39 000 39 000 Institut national des sciences appliquées de Strasbourg (Insa-Strasbourg) 32 000 35 500 37 500 39 000 Institut national des sciences appliquées de Toulouse (Insa-Toulouse) 32 000 35 500 37 500 39 000 Agro-Toulouse - Ecole nationale supérieure agronomique de Toulouse 32 000 35 500 37 500 38 500 Institut national polytechnique de Grenoble (INPG) 32 000 35 500 38 000 38 000 Institut supérieur d électronique de Paris (Isep) 32 000 35 500 37 000 38 000 Les Ponts et l Ensae, boosteurs de rémunérations A près trois ans d expérience professionnelle, la rémunération médiane maximale atteint 52 000 euros pour les diplômés de l Ecole nationale des ponts et chaussées (ENPC) et de l Ecole nationale de la statistique et de l administration économique (Ensae), devant les polytechniciens, qui, mieux payés à la sortie de l école, voient leur salaire progresser ensuite moins vite. Trois autres écoles affichent une belle progression de salaire au bout de trois ans. L Ecole catholique d arts et métiers de Lyon-IPL permet à ses diplômés d empocher une rémunération à trois ans de 43 500 euros quand leur salaire de départ n est que de 32 000 euros (fourchette basse). Même rattrapage à l Institut supérieur d électronique et du numérique (Isen) et à l Université de technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM) : leurs diplômés sont payés en moyenne 42 000 euros au bout de trois ans, contre seulement 31 500 euros en début de carrière (voir page suivante). 120 121
DR «avis d expert Pierre Aliphat, président de la commission formation de la Conférence des grandes écoles «Le BTP et l informatique sont des secteurs très tendus» S ur le marché du travail, les ingénieurs sont rois. Deux secteurs sont particulièrement tendus : l informatique et le BTP. Les entreprises déploient des trésors de créativité pour capter les ingénieurs. Elles les sollicitent un an avant la fin de leurs études, leur offrent des bourses d études, investissent les forums et colloques organisés par les écoles d ingénieurs et convertissent de plus en plus systématiquement les stages de fin d études en CDI. Elles mettent aussi sur pied des chaires d entreprise dans lesquelles interviennent leurs cadres. Ces derniers sont fréquemment sollicités par les bureaux des étudiants (BDE) pour apporter un soutien financier ou logistique aux manifestations sportives et associatives. Ils ont alors tout le loisir de tisser des liens et de repérer les bons éléments à recruter.» Ce que vous allez gagner à la sortie d une école d ingénieurs (suite) Salaire de base à Salaire total avec l embauche en 2008 trois ans d ancienneté Minimum Maximum Minimum Maximum Ecole nationale supérieure de chimie de Mulhouse (ENSCMU) 32 000 35 500 36 500 38 000 Ecole supérieure d ingénieurs en électrotechnique et en électronique d Amiens (Esiee-Amiens) 32 000 35 500 36 500 38 000 Ecole nationale supérieure de chimie de Lille (ENSCL) 32 000 35 500 37 000 37 000 Ecole nationale supérieure de l électronique et de ses applications (Ensea) 32 000 35 500 37 000 37 000 Ecole nationale supérieure des industries chimiques de Nancy (Ensic-Nancy) 32 000 35 500 37 000 37 000 Ecole supérieure d informatique de Paris (Supinfo-Paris) 32 000 35 500 37 000 37 000 Montpellier SupAgro 32 000 35 500 36 500 36 500 Institut supérieur d électronique et du numérique (Isen) 31 500 34 500 41 000 42 000 Université de technologie de Belfort- Montbéliard (UTBM) 31 500 34 500 40 000 42 000 Université de technologie de Troyes (UTT) 31 500 34 500 40 000 41 500 Ecole française d électronique et d informatique (Efrei) 31 500 34 500 38 000 40 000 Ecole nationale d ingénieurs de Metz (ENI-Metz) 31 500 34 500 37 000 40 000 Polytech Nantes 31 500 34 500 39 000 40 000 Centre d études supérieures des techniques industrielles (Cesti-Supméca) 31 500 34 500 39 000 39 500 Ecole nationale supérieure de chimie de Rennes (ENSCR) 31 500 34 500 37 000 39 000 Ecole nationale supérieure de chimie de Montpellier (ENSCM) 31 500 34 500 37 000 38 500 Ecole supérieure d agriculture d Angers (Groupe ESA) 31 500 34 500 36 000 38 500 Agrocampus- Rennes 31 500 34 500 37 000 38 000 Ecole supérieure d agriculture de Purpan (ESA-Purpan-Toulouse) 31 500 34 500 35 500 38 000 Ecole supérieure d électronique de l Ouest (Eséo) 31 500 34 500 35 500 38 000 Ecole supérieure d informatique et d électronique automatique (Esiea) 31 500 34 500 37 500 38 000 Ecole spéciale de mécanique et d électricité (Esme-Sudria) 31 500 34 500 37 000 37 500 Ecole supérieure d ingénieurs en informatique et génie des télécommunications (Esigetel) 31 500 34 500 36 000 36 000 Institut supérieur d agriculture Rhône-Alpes (Isara-Lyon) 31 500 34 500 36 000 36 000 Ecole d ingénieurs du Cesi (EI-Cesi) 31 000 33 000 37 000 39 000 Institut supérieur d agriculture de Lille (ISA-Lille) 31 000 33 000 37 500 39 000 Institut supérieur d informatique de modélisation et de leurs applications (Isima) 31 000 33 000 37 000 38 500 Polytech Lille 31 000 33 000 37 000 37 000 Institut polytechnique LaSalle-Beauvais 31 000 33 000 37 000 37 000 Universités, écoles d ingénieurs étrangères 31 000 33 000 37 000 37 000 122
Ce que vous allez gagner à la sortie de l université DOCTORAT Salaire de base à Salaire total avec l embauche en 2008 trois ans d ancienneté Minimum Maximum Minimum Maximum Sciences 36 000 40 000 42 000 43 000 Ingénierie, méthodes, process 36 000 40 000 42 000 43 000 Informatique 34 500 39 000 42 500 43 500 Médecine, pharmacie, vétérinaire 35 000 39 000 41 500 42 500 Electronique, génie électronique 34 500 38 500 42 000 43 000 Biologie, chimie 34 000 37 000 41 000 42 000 MASTER 2 (BAC + 5) Paris-Dauphine 34 500 37 500 44 000 46 000 Banque, finance, assurance 33 500 36 500 42 500 43 000 Informatique 31 500 36 500 41 000 42 000 Gestion 31 500 36 500 38 500 41 500 Economie 31 000 36 500 38 000 41 000 Droit 31 000 36 500 38 000 40 500 IAE-Paris 34 000 36 000 43 500 45 500 Ressources humaines 31 000 36 000 41 000 42 000 Statistiques, économétrie, mathématiques 31 000 36 000 40 000 41 000 Marketing 31 000 36 000 36 500 39 500 Physique-chimie 30 500 35 800 39 000 40 500 Comptabilité, contrôle de gestion 30 500 35 500 38 000 41 000 Commerce international 30 500 35 500 36 500 40 500 Communication 30 500 35 500 37 000 38 500 IAE province 32 000 35 000 39 500 42 000 DESCF (diplôme d études sup. comptables et fin.) 46 500 49 000 MASTER 1 (BAC + 4) Master 1 (ex-miage, MST, MSG) 29 000 35 000 35 000 37 000 IUP (instituts universitaires professionnalisés) 28 000 33 000 34 000 36 000 DCG (diplôme de comptabilité et de gestion) 41 000 42 500 LICENCE (BAC + 3) Licence 24 500 28 000 27 500 28 000 FILIÈRE SUPÉRIEURE COURTE BAC + 2 BTS informatique de gestion 22 500 26 500 26 500 28 000 DUT technique 21 500 26 500 25 500 26 500 DUT gestion 21 000 25 000 24 500 25 500 BTS assistant(e) de direction 22 000 24 500 25 000 26 000 BTS comptabilité, gestion 22 000 24 500 24 500 25 500 BTS force de vente 21 500 24 500 24 000 25 500 BTS électronique, électrotechnique 21 500 24 500 24 000 25 000 BTS mécanique, automatismes, productique 21 500 24 500 24 000 24 500 BTS commerce international 21 500 24 500 23 500 24 000 BTS action commerciale 21 000 24 000 23 500 24 500 BTS communication 21 000 23 000 22 500 23 500 Paris distance la province C omme les années précédentes, les titulaires d un master 2 de Paris-Dauphine sont plébiscités par les entreprises. Parmi les diplômés à bac + 5, ce sont eux qui peuvent prétendre au plus haut salaire d embauche : 37 500 euros par an dans la fourchette haute. Leur formation se valorise ensuite très bien puisqu ils sont payés en moyenne 46 000 euros au bout de trois ans (rémunération variable individuelle comprise). Les diplômés de l IAE de Paris font également leurs preuves dans les entreprises. Leur salaire, qui n est que de 36 000 euros à l embauche, grimpe à 45 500 euros au bout de trois ans. On s arrache aussi les comptables : après trois ans de carrière, le titulaire d un DESCF (bac + 5) peut gagner jusqu à 49 000 euros et celui d un DCG (bac + 4), 42 500 Quant au classement des universités entre elles, les plus prisées sont trois parisiennes : Paris IX-Dauphine, Paris I-Panthéon- Sorbonne et Paris II- Panthéon-Assas, avec des salaires à l embauche compris entre 36 000 et 37 500 dans la fourchette haute. Les diplômés bac + 5 des universités de province débutent plutôt autour de 33 000 euros. 123
La force discrète des réseaux d anciens Essentielles pour la levée de fonds ou la représentation des écoles à l international, les associations se professionnalisent pour offrir un service carrière pointu à leurs adhérents. Une brasserie chic, à deux pas de la tour Eiffel. Allure de dandy à la barbe rousse, Pierre Kosciusko-Morizet, 30 ans, président de Price- Minister.com, confie qu il travaille «activement» à son introduction en Bourse. Créée en juillet 2000 il a alors 23 ans, sa start-up d achatvente en ligne compte aujourd hui 180 personnes. «Je dois une partie de ma réussite à l association des diplômés», admet avec simplicité cet HEC-Entrepreneurs. C est un compliment car, les réseaux, il connaît : petit-fils d ambassadeur de France à l ONU puis à Washington, fils du maire de Sèvres, Pierre est aussi le frère de Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d Etat chargée de l Ecologie. «L association m a donné une visibilité très tôt», reconnaîtil. Un an après sa fondation, PriceMinister.com s est vu décerner le Mercure des entrepreneurs, dédié aux créateurs d entreprises prometteurs. Et l an dernier, le Mercure d honneur, jusque-là surtout Des décennies d expérience, des cotisants prestigieux Ecole Année de création de l association Nombre d adhérents ESCP-EAP 1871 10 000 Sciences Po 1875 8 000 EM Lyon 1877 10 500 HEC 1883 15 000 Essca 1911 1 500 Euromed Marseille 1905 3 400 Réseaudencia 1904 2 311 Essec Alumni 1923 8 700 Observations Des politiques (Jean-Pierre Raffarin, Michel Barnier) et un panel varié de grands patrons : Patricia Barbizet (PPR), Patrick Gounelle (Ernst & Young), Christophe de Margerie (Total), Marc Pandraud (Merrill Lynch). Le réseau politique par excellence (Pascal Lamy, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Alain Juppé...), puissant dans le business : Jean-Cyril Spinetta (Air France-KLM), Guillaume Pepy (SNCF), Laurence Parisot, Alain Minc... Présidé par Jean-Claude Michel (Norbert Dentressangle), ce réseau revendique 28 % de ses anciens en DG : Bernard Fornas (Cartier), Jean- Pascal Tricoire (Schneider Electric), Guillaume-Henri Touze (Barclays AM)... Incontournable à haut niveau dans tous les secteurs. Henri Proglio (Veolia), Baudouin Prot (BNP Paribas), Henri de Castries (Axa), Jean-Paul Agon (L Oréal), Louis Gallois (EADS), François-Henri Pinault Des PDG de grosses PME : Louis Le Duff (Brioche dorée), Thierry Guillemot (Mazda-France), et un panel de réussites éclectiques : Pascal Lescouzères (La Trocante), François Leclerc (Société générale). Peu de présidents, excepté Patrick Bousquet-Chavanne (Estée Lauder), mais une flopée de DG : WPP, Sodexho, Elior, IBM, Morgan Stanley Son club immobilier réunit chaque année plus de 1 000 acteurs du secteur. Une association régionale sans superstars, mais bourrée de dirigeants bien placés dans l industrie : Bruno Cathelinais (Bénéteau), Laurent Faboux (GlaxoSmithKline), Pierre Garnier (Peugeot-Pologne). Forte représentation de haut niveau dans le conseil et l audit : Accenture, KPMG, PricewaterhouseCoopers, Deloitte, Bain, et des cotisants de marque: Gilles Pélisson (Accor), Thierry Peugeot (PSA), Martin Vial (Europ Assistance). attribué à des grands patrons et à des ministres. Le tout lors de l événement mensuel «Les matins HEC», orchestré par Christophe Labarde, directeur de l association des diplômés de l école. «J ai levé au total 14 millions d euros, une bonne partie auprès d anciens HEC, pour certains rencontrés lors des réunions entreprendre de l école», se souvient Pierre Kosciusko-Morizet. Pour lui, «l association des diplômés est un accélérateur d affaires, une porte ouverte sur le réseau des anciens». Une grande porte quand ces anciens s appellent Henri Proglio (Veolia), Baudouin Prot (BNP Paribas), Henri de Castries (Axa) ou encore Jean- Paul Agon (L Oréal). «Les associations de diplômés n ont jamais été aussi puissantes», constate Laurent Renard, auteur de l ouvrage Le Guide des clubs, cercles et réseaux d influence (Village mondial). Les plus puissantes se professionnalisent. Celle d HEC salarie 18 personnes et gère un budget annuel de 2,6 millions d euros. Essec Alumni compte 15 permanents et affiche un budget de 3,2 millions d euros. Les plus dynamiques multiplient les événements qui donnent des possibilités d échanges de cartes de visite : petits déjeuners, conférences, dîners-débats, voyages d études... Elles JÉRÔME CHATIN Ancienne de l ESCP-EAP, Charlotte Laroche-Joubert, acheteuse au Bon Marché (à gauche), reste en contact avec Joëlle Planche-Ryan, du pôle carrières de l association de l école. refont leur site Internet avec des critères de qualité professionnelle. Car cette vitrine est devenue cruciale : expatriés, anciens étudiants étrangers retournés au pays... Le réseau est planétaire. Les meilleures travaillent dans une perspective de long terme. «Nous préparons les adhérents à évoluer tout au long de leur vie professionnelle», lance Joëlle Planche- Ryan, responsable du pôle carrières à l association des anciens de l ESCP-EAP et ex-chasseuse de têtes. De service de dépannage en cas de coup dur, l association se transforme en organisme de gestion prévisionnelle des compétences : «Il y a une quinzaine d années, les anciens nous contactaient pour retrouver du travail quand ils étaient au chômage. Aujourd hui, 60 % de ceux qui font appel à nous sont en poste et bien dans leur carrière. Mais, face à un monde du travail mouvant, ils veulent du conseil sur leur mobilité», explique Joëlle Planche-Ryan. «Nous aidons les cadres en repositionnement», confirme Manuelle Malot, directrice carrières et prospectives de l Edhec. Elle donne l exemple de ce directeur financier de 45 ans qui, après un parcours en or aux Etats-Unis, revient en France dans un moment difficile : divorce, chômage, déprime. Totalement perdu, il intègre alors le réseau Edhec, suit plusieurs séances de coaching, rejoint le club professionnel Finance. Quelques mois plus tard, le temps de se reconstruire, il retrouve un beau poste grâce aux contacts tissés avec les anciens. «L association des diplômés est un accélérateur d affaires, une porte ouverte sur le réseau des anciens.» Pierre Kosciusko-Morizet, président de PriceMinister.com Autre exemple, celui d Olivier Cornut, un ancien de Centrale- Paris. A 27 ans, il a pu tester la densité du réseau des centraliens lors de son projet de reconversion. En poste depuis trois ans à Pechiney-Alcan, il rêvait d autres horizons. «En trois mois, je suis devenu consultant en stratégie à Roland Berger Strategy Consultants : une transition impossible à réaliser si vite sans les conseils avisés des anciens de mon école. Pour y arriver, j ai pris l annuaire de Centrale, identifié une dizaine de consultants seniors et de managers, et je leur ai envoyé un courriel sur l adresse personnelle qui nous suit à vie.» En dépit d agendas chargés, tous ont répondu présent. «Ils m ont conseillé, donné des contacts utiles, souvent assortis d une invitation à déjeuner», raconte Olivier Cornut. Lequel s est senti si à l aise dans sa nouvelle profession qu il a créé son propre cabinet de conseil industriel, Cubik Partners. Il aide à son tour les plus jeunes, conformément aux valeurs de «soli- Charlotte suit les conseils de Joëlle C harlotte Laroche- Joubert, 26 ans, diplômée de l ESCP-EAP, n a brûlé aucune étape. «Je me suis inscrite à l association des anciens de l ESCP-EAP dès ma première année à l école. J en ai suivi toutes les sessions de formation : Comment réussir un entretien ; Quelles sont mes vraies motivations, etc. Ensuite, j ai décroché des stages chez Louis Vuitton et à L Oréal. En troisième année, j ai réalisé un bilan de compétences. J ai pu ainsi confirmer les secteurs et le type d entreprise qui me convenaient le mieux.» Avant même la sortie de l école, elle reçoit plusieurs offres d emploi. «Pour bien choisir, j ai demandé conseil à la responsable du pôle carrières de l association, Joëlle Planche-Ryan, qui est comme mon coach depuis le début de ma scolarité. J ai opté pour le poste de chef de projet événementiel au Bon Marché. Depuis septembre, je suis devenue acheteuse dans ce grand magasin. Et je continue à me former via l association des anciens. Récemment, j ai suivi un atelier d une journée sur le Myers Briggs Type Indicator, l un des indicateurs les plus utilisés pour identifier les préférences en matière de leadership et de communication de chaque individu.» 124 125
«Mehdi, planneur stratégique chez Jacques - Olivier L ors de ma dernière année à HEC, explique Mehdi Mejri, après deux stages en marketing et en conseil en stratégie, j ai découvert le métier qui me plaisait : planneur stratégique en agence de publicité. Tout le monde m a assuré que j étais trop jeune pour ce poste habituellement réservé à des seniors.» Eh bien, non. A 27 ans, il est aujourd hui planneur stratégique à l agence de communication Rouge. La filière qui l y a conduit a été très simple. «L association des anciens d HEC m a conseillé de rencontrer Jacques-Olivier Broner, le PDG de Rouge. Il m a d abord écouté puis évalué au cours d un déjeuner. Lors de notre deuxième rencontre, il m a présenté à la directrice du planning stratégique de Rouge, Laurence Malençon. J ai effectué un stage de cinq mois dans ce service, suivi de quatre mois en CDD comme chef de projet pour connaître le fonctionnement de tous les départements : relations presse, événementiel, Web, publicité et print. Et j ai été recruté en CDI le 1 er novembre dernier.» 126 Mehdi Mejri (à droite) a été recommandé par le réseau des anciens d HEC à Jacques-Olivier Broner, le PDG de Rouge. Il a ainsi obtenu, à 27 ans, un poste plutôt réservé aux seniors. La force discrète darité entre les adhérents», que souligne Christian Gury, responsable carrières et emploi de l association des centraliens. «Les associations d anciens sont un moyen d accès au marché caché», ajoute Laurent Acharian, 34 ans, un des responsables de la communication chez Pricewaterhouse- Coopers. Cet ancien de Sciences Po-Paris a profité d un autre point fort des associations, la détention d informations peu connues, partagées avec les adhérents. «Mon poste actuel étant une création, très peu de personnes étaient au courant de cette offre d emploi. J en ai entendu parler par la responsable carrières de l association Sciences Po : Françoise Benoît sait toujours où sont les uns et les autres et à quel stade de carrière ils sont!» Et les entreprises sont demandeuses de ce type de contacts. «Nous tissons des liens ciblés avec les services carrières des associations d anciens. Nous leur envoyons des offres d emploi dédiées», précise Sophie Arnould, responsable du recrutement à Accenture. La raison? «En plus des jeunes diplômés, nous avons besoin de recruter des profils plus seniors, ayant deux à six ans d expérience, une population que les réseaux d anciens savent toucher par essence.» Pour accroître encore leur impact, certaines structures fédèrent leurs annonces dédiées. Lancé en 2005 par les associations des anciens de «Les réseaux d anciens savent toucher les profils que nous recherchons, avec deux à six ans d expérience.» Sophie Arnould, responsable du recrutement à Accenture. l Ensae, Centrale, X et HEC, le site Manageurs.com abrite une quinzaine d associations de diplômés au total (l Essec, l ESCP-EAP et Sciences Po pourraient les rejoindre prochainement). «Sur Manageurs.com, j ai créé mon propre filtre de recherche, fondé sur le nom de l école, la tranche de salaires, l ancienneté et la zone géographique. Les offres étaient sérieuses et dédiées, un vrai gain de temps!» raconte Aurélia Dalbarade, une ancienne de l Ensae, aujourd hui «stratège taux» au département Treasury Financial Market de Dexia, et qui a trouvé l un de ses anciens jobs en passant par le site associatif. Erreur à ne pas commettre : croire que le tapis rouge se déroule automatiquement sous vos pas. «Les jeunes diplômés tapent beaucoup dans les annuaires d anciens, mais ils tapent mal, et avec un succès limité, remarque Philippe Kron, président cofondateur d iquesta, un site spécialisé dans le recrutement de JÉRÔME CHATIN
DR «ParisTech Alumni : l union fait la force François Glémet, président de la nouvelle association ParisTech Alumni. N ous pouvons être une caisse de résonance, le haut-parleur à l international de ParisTech, car nous sommes en lien avec les anciens sur toute la planète!» lance François Glémet, président de la toute nouvelle association Paristech Alumni. Créée le 21 janvier, cette structure réunit les 11 associations d ingénieurs diplômés des grandes écoles qui composent ParisTech, soit déjà 125 000 personnes avant qu HEC la rejoigne bientôt. A terme, son site Internet accueillera l annuaire et l agenda de chaque association membre : rencontres, ateliers, voyages d études Des services mis en commun Paristech Alumni ne diffuse pas pour l heure d offres d emploi, mais veut mettre en commun ses groupes professionnels, régionaux et 128 internationaux et certains de ses services. «L Ensae avait jusqu à présent un club finances. Nous allons le rebaptiser ParisTech Finance et le fédérer avec le club des Mines, des Ponts et Chaussées et des Télécoms», indique Fabrice Wilthien, trésorier de ParisTech Alumni et président de l association des anciens de l Ensae. De même, l association des ingénieurs Arts et Métiers compte 52 groupes à l international, contre seulement une douzaine pour les autres associations de ParisTech. «Idéalement, ils pourraient désormais donner un coup de main aux autres membres de ParisTech Alumni qui les contacteraient en Inde, en Chine ou ailleurs, comme ils le feraient pour un ancien de leur propre école», conclut François Glémet. La force discrète jeunes diplômés. Ils ont tendance à contacter systématiquement les présidents. Un PDG reçoit une cinquantaine de sollicitations par an de jeunes issus de la même école que lui... Quand on veut faire du contrôle de gestion, c est beaucoup plus malin d appeler un responsable du contrôle de gestion.» Offrir du service utile aux anciens n est pas sans arrière-pensées. Engagées dans une course à l international, les grandes écoles ont plus que jamais besoin d argent. A la manière des business schools américaines, elles font appel de façon croissante à la générosité des anciens diplômés. Véritable bras armé de l association et de l école pour lever des fonds, la fondation HEC a vu le jour en 1972. Mais c est seulement en 2004 qu elle a mis sur pied un programme de levée de fonds spécifique tourné vers les anciens. «Avant, on nous aurait ri au nez! Ce n était pas dans la culture française, mais ça change!» lance Jean- Marie Hennes, président de la fondation HEC. Depuis 2004, les ressources de cette structure augmentent chaque année. Surtout, elles sont générées pour moitié par les anciens élèves, l autre moitié étant apportée par les entreprises via les chaires et les partenariats. En 2007, la fondation a récolté 6 millions d euros, contre 3,5 en 2006. En 2008, elle espère atteindre les 9 millions. Dans un contexte de concurrence exacerbée des grandes écoles à l international, les anciens sont aussi de plus en plus sollicités «pour représenter la marque de l école dans le monde», explique Jean-Luc Placet, président d Essec Alumni. Outre l animation des diplômés expatriés sur place, l ancien est chargé de «séduire» de futurs étudiants. Il doit donner un coup «Des formations continues peuvent être proposées aux diplômés durant leur carrière.» Vincent Cotard, président de l association du Groupe ESC-Rouen. de main aux représentants de l école sur les salons de recrutement, participer à des conférences Le tout bénévolement, au nom de la nostalgie de la jeunesse envolée, de la recherche d identité, de la reconnaissance envers l établissement qui vous a tout appris... Pour que la force de frappe soit encore plus grande, nombre d associations marchent la main dans la main avec leur école. A Sciences Po-Paris, par exemple, «la synergie est aujourd hui une priorité absolue», assure Jean-Emmanuel Combes, président de l association des anciens de Sciences Po-Paris. Il y a un an, le Groupe ESC-Rouen a vu le jour avec deux membres fondateurs : la CCI de Rouen (jusque-là seule détentrice de l école) et l association des diplômés. «Autrefois, nous avions pour seule mission de nous occuper de nos 10 000 diplômés. Nous avons désormais un vrai rôle de gestionnaire et sommes partie prenante dans la stratégie du Groupe ESC- Rouen et du conseil d administration», se réjouit le président de l association, Vincent Cotard. Un exemple de travail en commun? «Après la formation initiale, des programmes de formation continue peuvent être proposés aux diplômés durant leur carrière. Or qui les connaît le mieux? L association des anciens!» Isabelle Hennebelle
L ingénieur manager, un hybride qui monte Les grandes écoles multiplient les partenariats afin de former ces nouveaux diplômés, dont la diversité des savoir-faire est très recherchée par les entreprises. «Vous voulez savoir quel bar diffuse le match qui vous intéresse? Rendezvous sur Allomatch.com», lance, tout sourires, Benoît Charles- Lavauzelle, 27 ans. Polytechnicien fou de sport, il a créé cette start-up il y a un an avec son associé, Fabrice Bernhard, 24 ans, qui lui aussi a porté le bicorne. A la voie royale de la haute administration ou au pont d or d un groupe international, les deux compères ont préféré le parcours du combattant de la création d entreprise. Inhabituel, pour des forts en thème, mais il est vrai qu ils ne sont pas vraiment des X à l ancienne. L un et l autre ont complété leur formation par un cursus pratique : HEC-Entrepreneurs pour Benoît, master en informatique de l Ecole polytechnique de Zurich pour Fabrice. Depuis quelques années, la double compétence est devenue tendance. Troquant blouse blanche de laboratoire contre chemise et bretelles façon Wall Street, les nouveaux ingénieurs managers font une percée dans la finance. Les voilà analystes développeurs de modélisation financière ou gérants de fonds. «Les banques recrutent désormais 15 % de nos 200 ingénieurs, contre 3 % en 2001. Elles apprécient leurs capacités à naviguer dans des modèles mathématiques complexes», constate Pierre Rolin, directeur de Télécom SudParis, qui inaugure actuellement, avec des enseignants de Télécom Ecole de management, une nouvelle formation en ingénierie des risques financiers. L ingénieur manager s est aussi taillé une place de choix dans des fonctions comme directeur du contrôle de gestion ou de l audit, ou manager en stratégie dans les grands cabinets de conseil. «Finalement, l ingénieur moderne réalise le vieux rêve de l homme pluridisciplinaire, le fameux Renaissance man des Benoît (physicien) et Hervé (Sup de Co), associés en affaires C est sur les bancs du mastère en e-business de Grenoble EM que Benoît Giroud, ingénieur en physique de l INP-Grenoble, et Hervé Gaucher, Sup de Co-Chambéry et MBA en Angleterre, se sont rencontrés. «Nous avons tout de suite travaillé ensemble sur un projet d entreprise destiné à aider les salariés dans leur mobilité.» En 2003, ils déposent les statuts d E-mobilia. Le réseau compte aujourd hui treize agences en France, une quarantaine de collaborateurs permanents, et génère un chiffre d affaires de 2 millions d euros. Agés respectivement de 30 et 33 ans, l ingénieur et le manager fonctionnent de façon complémentaire. Benoît Giroud gère les aspects financiers et administratifs. Hervé Gaucher se concentre sur les aspects managériaux et sur la communication. Benoît Giroud, l ingénieur, et Hervé Gaucher, le manager, forment un duo complémentaire. JÉRÔME CHATIN Américains», lance l érudit Thierry Grange, directeur de Grenoble Ecole de management, établissement qui travaille avec des écoles d ingénieurs depuis sa création, en 1984. «Nous aurons toujours besoin d ingénieurs au sens classique, mais nous recrutons de plus en plus d ingénieurs dotés de capacités commerciales, managériales et d innovation», résume Véronique Guillot-Pelpel, DRH du fabricant de câbles Nexans, qui emploie 22 000 personnes. Dans un tel groupe, les ingénieurs managers peuvent devenir coordinateurs grand compte, chargés de suivre un gros client à l échelle mondiale, ou encore directeurs de filiale ou de zone géographique. «Je dois être capable de me plonger dans la fabrication de câbles le matin tout en ayant une réunion avec un ministre l après-midi», résume Charles-Edouard Mellagui, ingénieur de l Ecole centrale de Paris et titulaire d un MBA de la London Business School, nommé directeur du développement Afrique de Nexans en septembre dernier. Pour satisfaire ce besoin des entreprises, les grandes écoles multiplient les partenariats. Un véritable métissage du commerce et de la science. «Plus les ingénieurs ont côtoyé tôt les futurs managers pendant leur scolarité, plus ils sont à l aise en entreprise», explique Pierre Rolin, de Télécom SudParis, un pionnier de la mixité. Depuis 1979, son école vit sur le même campus que Télécom Ecole de management. Pendant leurs trois ans de formation, «nos étudiants partagent des cours et des montages de projets, mais aussi la vie associative et sportive». Autre forme de rapprochement : le cursus complet en commun. L ESC-Lille et Centrale-Lille ont mis sur pied une formation d ingénieur manager entrepreneur qui commence juste après le bac et «Les banques recrutent désormais 15 % de nos 200 ingénieurs, contre 3 % en 2001.» Pierre Rolin, directeur de Télécom SudParis. conduit à un diplôme bac + 5 intitulé «ingénieur diplômé de l Ecole centrale de Lille en génie industriel et entrepreneurial». «Cinq promotions sont déjà lancées, et la première, de 40 étudiants, arrivera en juin sur le marché du travail», se réjouit Olivier Le Fournier, directeur général adjoint chargé des programmes entreprises à l ESC-Lille. Certaines écoles créent entre elles des passerelles, comme l Ensta et Sciences Po-Paris. «Nous avions déjà introduit 30 % de cours de formation générale dans notre cursus d ingénieur, ce qui est un maximum si l on veut conserver un équilibre», rappelle Rachel-Marie Pradeilles-Duval, directrice de la formation et de la recherche de l Ensta. Pour aller plus loin, dès septembre 2008, les élèves ingénieurs de cette école pourront intégrer Sciences Po- Paris en quatrième année, dans les cycles de masters, sans passer l épreuve écrite. Après une formation de deux ans, ils obtiendront le diplôme de l IEP de Paris, en plus de leur diplôme d ingénieur. Au chapitre des «coproductions», citons aussi le développement des mastères spécialisés. L Ecole de management de Normandie et l Ensicaen se sont ainsi associées en janvier pour proposer ceux de Traitement décisionnel de l information et de Prévention des risques et fiabilité des organisations. A Saint-Etienne, l Ecole nationale d ingénieurs et l ESC préparent le lance- Double compétence : les secteurs payants Banque En début de carrière, un analyste quantitatif diplômé de Centrale- Paris gagne entre 47 000 et 50 000 euros. S il est également diplômé du MIT (Massachusetts Institute of Technology de Boston), il commence à 50 000 euros. Sortant de la même école et avec six ans d expérience, un directeur des risques d une société de gestion touche 115 000 euros. S il est passé par le MIT, sa rémunération atteint 120 000 euros, plus le variable. Industrie Dans les achats, un ingénieur débutant type Ensam gagne de 34 000 à 35 000 euros. Avec un mastère de l Essec ou d HEC, c est de 38 000 à 40 000 euros. Avec cinq à sept ans d expérience, le même, devenu responsable des achats, gagnera de 55 000 à 65 000 euros, mais de 70 000 à 75 000 euros s il a le vernis d une grande école de commerce. BTP Un jeune chef de projet gagne entre 34 000 et 35 000 euros. S il a une formation d ingénieur Insam doublée d un MBA de l IAE-Paris, il percevra entre 1 000 et 2 000 euros de plus. Avec huit à dix ans d expérience, un chef de secteur sorti de l ESTP est rémunéré 60 000 euros. S il est aussi titulaire d un diplôme de l Essec, sa fiche de paie grimpe à 65 000 euros. Informatique Un ingénieur études et développement débutant, diplômé de la Miage (Méthodes informatiques appliquées à la gestion des entreprises) d Orléans est rémunéré 40 000 euros. 42 000 euros s il ajoute un master Conduite de projet informatique comme celui de Paris VIII. Avec une Miage, un chef de projet études et développement gagne 45 000 euros, et 48 000 euros avec en plus un DESS finance type IAE-Paris. Sources : Hays (industrie, informatique et BTP), Robert Half Banque et assurance (banque). Ces données sont des exemples. Les niveaux de rémunération varient suivant le poste, l entreprise et le profil du candidat. 130 131
«Patrick et Jean, une alliance au sommet E cole centrale- Audencia»... dès la station de tramway, le ton est donné. Situées à 200 mètres l une de l autre, les deux écoles ont mis sur pied en 2005 un mastère spécialisé, Marketing design et création (en partenariat avec l Ecole de design des Pays de la Loire). Centrale- Nantes est aussi le partenaire initial d Audencia pour le cursus double compétence qui commence à la rentrée 2008 avec une vingtaine d autres écoles d ingénieurs. «L objectif est de former des managers capables d accompagner les groupes industriels dans leur développement international et de favoriser l entrepreneuriat», explique Jean Charroin, directeur d Audencia Grande Ecole, initiateur et porteur du projet. «Un double diplôme va être délivré», ajoute Patrick Chedmail, directeur de Centrale- Nantes. Ce cursus a été établi en liaison avec cinq entreprises (Accenture, Air France, BNP Paribas, Valeo et Veolia), qui auront un droit de recrutement préférentiel sur les promotions. Concrètement, au lieu de faire leur cinquième année à Centrale, les ingénieurs passeront dixhuit mois à Audencia. Ils gagneront ainsi six mois de cours. Patrick Chedmail, directeur de Centrale-Nantes, et Jean Charroin, d Audencia Grande Ecole. Leur cursus, sanctionné par un double diplôme, formera des ingénieurs entrepreneurs. L ingénieur manager... ment en janvier 2009 d un mastère spécialisé Marketing et négociation d affaires à l international. Enfin, les écoles pratiquent les échanges. Depuis l an dernier, l EM-Lyon «troque» pour un an ses étudiants de dernière année de master contre ceux des Mines de Saint-Etienne, poursuivant ce qu elle a pratiqué avec Centrale-Lyon dès 1998. «Pour notre part, nous privilégions le rendezvous hebdomadaire», confie Stéphane Boiteux, directeur général d ICN Business School, qui a mis en place l alliance Artem avec les Mines de Nancy et l Ecole nationale supérieure d art de Nancy. Les élèves de deuxième année des trois écoles planchent tous ensemble les vendredis sur des problématiques et des cas d entreprise complexes, soit trois mille heures de formation en commun. D autres écoles, comme l Isep et Reims Management School, font travailler leurs étudiants ensemble sur le projet Entreprendre. Question salaire de début de carrière, suivant la taille et le profil de l entreprise, la double compétence peut représenter un plus de 5 à 15 %. «Elle n est pas un passeport pour des rémunérations mirobolantes», remarque Christian Degeilh, coordinateur national du recrutement d Altedia Son intérêt est plus large et doit être vu à long terme. «La double compétence m a permis de faire ce que j aime vraiment, explique Amandine Bretonnet, 26 ans, consultante en marketing à «Ces profils seront, le plus souvent, promus managers au bout de quatre à cinq ans au lieu de six.» Olivier Chatin, patron du cabinet Bearing Point en France. TNS Worldpanel. Je n aurais pas pu avoir ce job sans ma double formation», raconte cette ingénieure en agroalimentaire, diplômée de l Ecole nationale supérieure de biologie appliquée à la nutrition et titulaire d un mastère Etudes et décisions marketing de l ESC-Rouen. La double compétence permet ensuite une progression plus rapide. «Ces profils seront, le plus souvent, promus managers au bout de quatre à cinq ans au lieu de six», estime Olivier Chatin, patron du cabinet de conseil BearingPoint pour la France. Enfin, dans un monde du travail en proie à de profondes mutations, «la double compétence est cruciale pour préserver son employabilité», explique Robert Mahl, responsable de plusieurs mastères d informatique à l Ecole des mines. En partenariat avec HEC, son établissement vient de lancer un executive mastère de management des systèmes d information et des technologies pour les 35-40 ans qui ambitionnent le poste de directeur. Viser haut et y arriver vite, telle est la philosophie de l ingénieur manager nouveau. Isabelle Hennebelle JÉRÔME CHATIN 132
Frais d études : payer moins ou gagner plus Si le recrutement des grands établissements s est diversifié, les études y restent chères. Mais entre bourses, exonérations diverses et petits boulots, des solutions existent. «Fabrique à élite cherche étudiants motivés de milieu modeste.» C est le message envoyé aujourd hui par nombre de grandes écoles, soucieuses de diversifier leur recrutement. Mais le coût des études constitue encore une barrière à l entrée, même si la réalité est plus nuancée que la légende. «Cela fait longtemps que les business schools ne sont plus des repaires de fils à papa, relate Thierry Grange, le directeur de Grenoble-EM. Beaucoup de ces derniers, depuis dix-vingt ans, se sont tournés vers les études qui leur plaisaient, en évitant les concours. Notre population de base, c est le fils ou la fille de cadres qui bosse dur. Il y a aussi de plus en plus d étudiants de milieux modestes et de candidats issus de la diversité, pas forcément désargentés, qui sont moteurs, car ils ont beaucoup d ambition.» Pour ceux qui ne sont pas nés avec une cuillère d argent dans la bouche, les mauvaises surprises commencent dès la prépa. Le prix d inscription aux concours variant entre 75 et 150 euros selon les écoles, l addition atteint les quelque 1 300 euros si l étudiant en passe une dizaine. Conscientes de l impact de cette première ponction, certaines éco- JÉRÔME CHATIN les ont commencé à revoir leur politique de prix. L inscription aux quatre concours des ESC de Chambéry, La Rochelle, Saint-Etienne et Troyes ne coûte cette année que 100 euros au lieu de 70 par école auparavant. Idem pour ceux des ESC de Clermont, Dijon et Rennes. Une fois dans la place, on passe à la dépense supérieure : jusqu à 10 000 euros de frais de scolarité par an. Somme qui souvent n inclut même pas la cotisation au bureau des élèves jusqu à 100 euros ou l acquisition d un ordinateur portable muni de logiciels obligatoires, qui allège le portefeuille de 2 000 euros supplémentaires. Heureusement, il existe toute une batterie de solutions, qui vont de l aide d Etat au salariat de l étudiant au sein de l école. En fonction des revenus des parents, du nombre d enfants dans la famille, de l éloignement du lieu Prise par ses cours à l Inseec pendant la semaine et ses deux jobs le week-end, cette jeune femme de 23 ans, qui est aussi aidée financièrement par ses parents, a peu de répit. d études, le Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) distingue six échelons d attribution d aide, dont le plus haut, créé en janvier, donne droit à une bourse de 3 920 euros par an. Le statut de boursier d Etat exempte en outre des droits de scolarité dans certaines écoles, comme à Sciences Po-Paris, qui double par ailleurs la dotation de ses boursiers. Certaines écoles accordent, via leur fondation, des bourses au mérite plutôt généreuses : 3 600 euros à l Institut supérieur de commerce, 6 500 euros à Audencia- Nantes, le remboursement intégral des frais de scolarité et d hébergement à HEC, selon des critères qui prennent en compte le revenu, l excellence académique et l activité associative. Alain Wetie, boursier de la fondation de Reims Management School, a touché 4 500 euros en janvier, soit 80 % de ses frais de scolarité. «Faute de caution, je n avais pas obtenu d emprunt pour payer ma scolarité. Cette bourse m a littéralement sauvé», dit-il. Pour ceux qui ne remplissent pas les critères d aide officielle ou ceux pour lesquels elle ne suffit pas, la solution passe par le travail salarié. L apprentissage (travail en alternance dans une entreprise et à l école) est dur mais économique : l entreprise prend en charge les frais de scolarité et verse à l étudiant un salaire avoisinant le smic. Les Junior-Entreprise, associations présentes dans pratiquement toutes les grandes écoles, commercialisent les compétences des étudiants sous forme d études de marché, de diagnostics financiers, de business plans Gregor Einis, étudiant en master à l EM-Lyon, vient d empocher 1 500 euros pour une Alexandra, étudiante salariée, vit chez maman et travaille tout le temps A lexandra Tebbal, 23 ans, ne se souvient plus avoir eu un week-end libre depuis qu elle a commencé à travailler à Hippopotamus, en 2001. Depuis qu elle a osé, encouragée par ses parents, reprendre les études après son BTS commercial, il n a plus été question de loisirs ou même de trente-cinq heures. N étant pas éligible aux bourses du Crous pour des raisons familiales, elle n a d autre choix que travailler pour financer sa scolarité à l Inseec, soit 7 700 euros par an. Sa mère, secrétaire médicale, chez qui elle habite, et son père, travaillant dans le bâtiment, lui ont avancé 2 500 euros. Pour le reste, elle a dû se débrouiller seule. Aux dimanches comme serveuse (de 11 à 21 heures) à l Hippopotamus proche de l Opéra, à Paris se sont ajoutés les vendredis et samedis après-midi comme caissière à la Fnac-Etoile, pour un total de revenus de 650 euros par mois. «Mes deux employeurs adaptent mes heures de travail à mon emploi du temps scolaire, ce qui fait que, en dehors des cours, je travaille presque tout le temps.» «Les business schools ne sont plus des repaires de fils à papa. Il y a de plus en plus d étudiants de milieux modestes.» Thierry Grange, directeur de Grenoble-EM. étude de satisfaction de 130 pages réalisée pour le compte d une société de gastronomie : «C était un vrai travail d analyse et de synthèse, que je ne manquerai pas d évoquer lors de mes futurs entretiens d embauche», affirme cet étudiant de 26 ans, qui autofinance sa scolarité. L école des Hautes Etudes d ingénieurs emploie une dizaine d étudiants à des postes de surveillance, d assistance ou d accueil. Jean-Marc Idoux, son directeur, envisage une formule où les étudiants de dernière année seraient rémunérés par des entreprises comme teaching assistants sur des thématiques de recherche. Dounia Beuthner, en master de management du luxe à l ESG, travaille vingt heures par semaine au service pédagogique de l établissement : «Je suis chargée de l accueil des candidats, de la logistique, de la saisie des informations et du traitement des dossiers pour toutes les sessions des concours organisés à l école. En échange, je suis exemptée des frais de scolarité et cela me procure un revenu supplémentaire de 400 euros par mois ainsi qu une grande tranquillité d esprit.» Véra Vavilova 134 135
Haro sur les copies «copiées-collées» Pour endiguer la triche sur Internet, les grandes écoles cherchent le bon dosage entre prévention, formation, chartes éthiques, logiciels de détection de fraude... et sanctions. JÉRÔME CHATIN «Nos deux «petits malins» préfèrent ne pas témoigner à visage découvert. Vincent s est vu punir pour plagiat, Bertrand, lui, a été félicité par le jury... L e problème des grandes écoles, c est qu elles sont professionnalisantes ; on pense surtout à chercher un boulot et on y manque toujours de temps», explique Bertrand, 25 ans, un ancien de Reims Management School. Résultat : «On préfère passer un peu de temps à camoufler du plagiat plutôt que beaucoup de temps à faire des recherches», reconnaîtil. Il a ainsi paraphrasé 80 % de son mémoire de fin d études grâce à un rapport interministériel «pile dans la problématique». «Mon prof n était pas dupe, mais je maîtrisais le sujet à l oral : j ai eu la note maximale et les honneurs du jury!» raconte-t-il. Vincent, 27 ans, n a pas eu autant de chance à l IEP-Lille : «Pour un devoir en anglais sur la Grèce, j ai pompé sur quatre sites différents. Mais mon prof utilisait un logiciel de détection. Il a fait pression sur la direction et l on m a convoqué en conseil de discipline à l université Lille II, parce que l IEP en dépend. Il n y avait aucun membre de mon école pour me défendre.» Sanction : un an d exclusion avec sursis. «Une hypocrisie totale!» conclut-il. Mises en garde, sanctions, logiciels m o u - chards... L enseignement supérieur a déclaré la guerre au plagiat. Car le pillage des travaux d autrui, pratiqué par les étudiants dans les devoirs à domicile, s est mué en activité de masse avec Internet. Selon deux enquêtes réalisées en 2005 et 2007 par les sociétés Six Degrés et Le Sphinx développement, 78 % des étudiants déclarent avoir recours au «copier-coller» et près de trois travaux sur quatre (73,7 %) contiennent au moins un passage copié sur le Net. Nombre de grandes écoles, dépassées par l ampleur du phénomène, ont commencé par pratiquer la politique de l autruche. «En 2006, beaucoup d écoles et d enseignants niaient encore le problème», raconte Frédéric Agnès, cofondateur de la société de services Internet Six Degrés. Il a lancé en mai 2005 Compilatio.net, un moteur de recherche en ligne permettant de détecter le taux de plagiat dans une copie numérique. Aujourd hui, 80 établissements ou enseignants y sont abonnés. Depuis deux ans, une véritable traque des plagiats s est mise en place. Les écoles échangent leurs meilleures 136
Haro sur les copies pratiques, et les rares parmi elles à n avoir pas encore pris de mesures concrètes déclarent que c est «à l étude» ou «en cours». La plupart se dotent d un véritable corpus éthique, incluant charte à faire signer par les étudiants, cours d éthique et conférences de spécialistes des technologies de l information et de la communication (TIC). Les plus «éclairées» insistent pour mettre en avant la dimension pédagogique de leur lutte. Jacques Chaniol, directeur du programme grande école à l Escem Tours- Poitiers, récapitule sa stratégie en trois points : «Prévention (affiches, attestation de non-plagiat signée jointe aux travaux remis), formation (cours sur les outils et sur le traitement de l information) et, seulement en troisième position, sanctions (conseil de discipline).» A Euromed Marseille, on affirme aussi conduire la lutte de «manière positive». Il s agit «d apprendre aux élèves à respecter le travail d autrui. Nos étudiants de première année suivent par ailleurs un cours de méthodes de recherche», souligne Bernard Paranque, directeur des programmes. Dans l ensemble, c est toutefois un système majoritairement répressif qui est mis en œuvre : modification du règlement intérieur comportant des clauses prévoyant l expulsion, conseil de discipline, sanctions «exemplaires»... Certains professeurs vont jusqu à interdire le recours à Internet pour faire des recherches. Le tout étant sévèrement encadré par des logiciels de détection de fraude, tels Compilatio, Urkund, Turnitin autant de noms barbares devenus familiers dans les amphis. A lui seul, le cas de l ESC de Montpellier résume l histoire de la lutte antiplagiat. Depuis 2002, l école utilise le logiciel Urkund. Outre le 138 règlement intérieur, qui stipule l interdiction de plagier, une formation à Internet a été mise en place. Un professeur a été nommé responsable de la formation des enseignants dans ce domaine. Voilà trois ans, un cours «TIC et éthique» et une conférence annuelle sur le sujet sont venus renforcer ce travail. Et, depuis la rentrée 2007, le polycopié de chaque cours comporte un avertissement contre la fraude. «Notre devoir est d éduquer des managers socialement responsables», souligne Nassim Aissa Belbaly, directeur académique. Une préoccupation révélatrice de l évolution actuelle, consistant à réfléchir en profondeur sur les rapports avec l information numérique. «Les logiciels, c est un peu comme le radar sur la route, ils ne remplacent pas l éducation, ils ne constituent pas une solution à long terme», observe le directeur de l Edhec, Olivier Oger. «Les logiciels de détection sont des excuses. Il faudrait que les grandes écoles se remettent en cause et reconsidèrent le rôle de l enseignement destiné aux jeunes d aujourd hui», abonde Michelle Bergadaa, professeure à l université de Genève, animatrice d un site consacré à la lutte antiplagiat (http://responsable.unige.ch). «La solution, c est d apprendre Internet dès le collège, et de former les professeurs», souligne Alexandre Serres, enseignant-chercheur en sciences de l information et de la communication, coresponsable de l Unité régionale de formation à l information scientifique et technique de Rennes. Et de conclure : «On a besoin d une révolution en profondeur par rapport à ce média, pas seulement sur le plan technique car, là-dessus, le gouvernement est réactif. Il faut donner des clefs de compréhension. La culture de la connaissance du Web est plus forte ailleurs, au Canada, par exemple. La France a dix ans de retard sur ces questions!» Camille Raynaud de Lage Notre dossier continue JÉRÔME SUADEAU sur lexpansion.com Six experts des associations de diplômés de grandes écoles de commerce et d ingénieurs livrent sur notre site des conseils pratiques pour bien démarrer et optimiser sa vie professionnelle. CONSTRUIRE SON RÉSEAU Alain Nebout, directeur du département carrières, association des diplômés de HEC. PROJET PROFESSIONNEL Christian Gury, responsable carrières et emploi de l association des centraliens. HAUTS POTENTIELS Manuelle Malot, directrice carrières et prospectives de l Edhec. Quarante écoles de commerce figurant dans notre classement ont répondu à un questionnaire portant sur quatre thèmes. Les associations d anciens élèves : date de création, effectif, organisation, points forts, adhérents les plus haut placés dans le monde de l entreprise... Les partenariats avec les écoles d ingénieurs : noms des écoles partenaires, nature et RECRUTEMENT Olivier de Conihout, président de la commission carrières des anciens de l Ensae. SE PRÉSENTER EN 2 MIN. Joëlle Planche-Ryan, responsable du pôle carrières, association ESCP-EAP. CHOIX DU PREMIER JOB Daniel Chenain, directeur général d Essec Alumni et du service orientation et carrières. caractéristiques des cursus communs, nombre d étudiants, projets. Les frais de scolarité : montant des frais d inscription au concours, coût du programme grandes écoles, détail des systèmes d aide et des bourses internes. La lutte contre le plagiat : dispositif mis en place (pédagogie, sanctions, logiciels...) Retrouvez sur notre site Internet l intégralité des réponses de chaque école.