Les Bassins Hydrauliques du Maroc 1. PRESENTATION



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Transcription:

1. PRESENTATION Les bassins côtiers méditerranéens s'étendent du bassin de l'oued Rhiss-Nekor à l est au bassin de l'oued Fnidek à l ouest et occupent une superficie de près 6.910 Km 2, leur altitude moyenne est de 550 m. La population globale dans ces bassins est de l'ordre de 1,4 Millions d'habitants, les ruraux représentent environ 54 % et sont concentrés surtout en zone de montagne. La région a un relief très accidenté constitué, d'ouest en Est, d'une succession de vallées et de montagnes. Elle est drainée par de nombreux cours d'eau qui, à leurs embouchures, forment des vallées étroites à l'exception de celles de Martil, de Rhiss-Nekor et de l'oued Laou qui sont relativement larges. Sur la base de considérations hydro-climatiques et afin de mieux préciser la distribution des ressources en eau, la zone est départagée en deux grandes unités hydrologiques homogènes : la zone Méditerranée Ouest d une superficie de 3330 Km 2, sous influence mixte, comprend la zone côtière de Fnideq à Oued El Had; elle est principalement drainée par les Oueds Smir, Martil, Amsa, Laou et El had, Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 119

la zone Méditerranée Est, au-delà de l Oued El Had d une superficie de 3580 Km 2, sous influence méditerranéenne, comprend les petits bassins versants côtiers méditerranéens des oueds Amter, Ouringa, Mesatasa, Boufrah, Badès et Bousicour et s étend aux bassins versants des Oueds Rhiss et Neckor près d Al Hoceima. La zone, soumise aux influences méditerranéenne au Nord, océanique à l'ouest, continentale à l'est, est caractérisée par un climat de transition qui présente une grande diversité allant du semi-aride à l humide : la chaîne rifaine qui s étend de Tétouan à Ketama en passant par Chefchaouen caractérisée par un climat semi humide ; les précipitations dépassent souvent 1000 mm et peuvent atteindre 1800 mm sur les hauts reliefs, la zone Est de Jebha à Al Hoceima, à climat semi aride, avec des précipitations qui ne dépassent pas 600 mm. Les précipitations nivales intéressent les altitudes au dessus de 1000 à 1500 m des hauts reliefs du Rif, où on enregistre 5 à 10 jours de neige par an. Sur les sommets de plus de 2000 m situés au centre de la chaîne du Rif, l enneigement dure de 1 à 3 mois selon les années. La fonte des neiges contribue au soutien des débits d étiage des oueds côtiers méditerranéens entre Tétouan et Oued Laou, ainsi qu à l alimentation des aquifères souterrains, notamment de la chaîne calcaire du Rif. Le long de la côte méditerranéenne, sous l effet de l influence continentale, le climat devient de plus en plus aride lorsqu on s éloigne vers l Est. En effet, les précipitations baissent de 634 mm à Oued Laou à seulement 337 mm à Jebha et 346 mm à Al Hociema. Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 120

Poste Nb. moyen de jours pluvieux Pluie max moyenne journalière (mm) Part de la pluie moyenne annuelle (%) Bab Taza 57 95 7 Tétouan 80 60 10 Koudiat Kourirène 50 75 12 Jebha 40 50 15 Targuist 46 45 11 Pluviométrie dans les bassins Côtiers Méditerranéens L'évaporation varie entre 1200 mm et 1900 mm. L'évaporation du mois de Janvier est la plus faible alors que le maximum est atteint en Juillet et Août. Ces deux mois totalisent près de 30 % de l'évaporation totale annuelle. La température moyenne varie entre 16 et 18 C avec un minimum en Janvier et un maximum en Août. La température minimum varie entre 1 C et 3 C. Les bassins versants méditerranéens connaissent une importante érosion des sols en raison de facteurs naturels (Relief, climat, géomorphologie, couvert végétal, etc.) et de facteurs liés à l'activité humaine (défrichement des forêts, surpâturage, inadéquation des pratiques culturales ). Les mesures de l'envasement et du transport solide permettent d'évaluer la dégradation spécifique à des valeurs variant de 900 à 3360 T/km²/an dans la région de Tétouan et de 2000 à 2400 T/km²/an dans la zone d Al Hoceima. Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 121

2. RESSOURCES EN EAU La région est caractérisée par d'importantes variabilités topographiques (Altitudes élevées pour les montagnes du Rif et basses au niveau des plaines côtières..), climatiques (Montagnes très arrosés et plaines orientales semi-arides) et géologiques (Nappes karstiques très importantes, zones étendues sans aquifères, plaines et vallées réduites), ce qui induit une disparité quant à la disponibilité et à l'abondance des ressources en eau particulièrement en ce qui concerne les ressources en eau souterraines. 2-1. Les eaux de surface L'importance des précipitations, l'imperméabilité des terrains de couverture et le caractère montagneux fait que le ruissellement est relativement important dans les bassins versants de la région et que les cours d'eau ont des régimes irréguliers caractérisés par un écoulement torrentiel en périodes de crues. Les apports mensuels maximums sont enregistrés sous forme de crues souvent violentes entre les mois de Décembre et Février. Les débits de crues peuvent atteindre des valeurs élevées et les étiages sont souvent nuls à l'exception des oueds drainant la dorsale calcaire qui continuent à s'alimenter en période estivale par les eaux de résurgence des sources. Oued Bassin Débit (m 3 /s) (km 2 ) Module Max. Min. Martil 1220 12,0 3350 0,2 Laou 915 14,0 2150 2,0 Amsa 125 1,0 590 0,0 Smir 75 0,7 154 0,0 Rhiss 800 1,3 950 0,0 Neckor 960 1,5 950 0,0 Débits des différents cours d eau Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 122

Les apports en eau annuels de la région connaissent de fortes variations selon les différentes zones du bassin. Évalué à 1685 Mm 3 en moyenne, le volume total des apports varie de 270 à 5150 Mm 3. Zone Méditerranéens Ouest Méditerranéens Est Apports (Mm 3 /an) Surface (km 2 ) Moyen Min. Maxi. Décennale sèche Décennale humide 3330 1455 225 4510 460 2865 3580 230 45 640 90 425 Total 6910 1685 270 5150 550 3290 Apports des principaux bassins 2-2. Les eaux souterraines Les formations géologiques de la zone sont essentiellement constituées par des faciès imperméables ou peu perméables. Seules la chaîne calcaire, les plaines, les vallées alluviales et quelques petits bassins isolés, bénéficient de l infiltration des eaux de pluie. Ces éléments font que les réservoirs d eau souterraine de la zone sont limités, à l exception des unités hydrogéologiques suivantes : la chaîne calcaire, Rhiss- Neckor, Martil-Allila et Oued Laou. La chaîne calcaire du Rif La chaîne calcaire du Rif constitue une des principales chaînes calcaires du Maroc, caractérisée par une porosité de fissures et par une karstification développée. Elle s étend sur une superficie d environ 1100 km 2, depuis la région de Sebta au Nord jusqu à celle d Al Hoceima à l Est. Elle est subdivisée en trois unités principales: le Haouz de Tétouan, la Dorsale calcaire et la chaîne des Bokoya. Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 123

La chaîne reçoit une pluviométrie moyenne variant entre 300 mm/an (massif des Bokoya à l Est) et 1100 mm/an (dorsale calcaire au centre). Les connaissances très limitées de la géométrie des unités constituant cette chaîne, font qu une évaluation précise des réserves en eau qu elles renferment n est pas possible à l état actuel. La recharge de la chaîne par l infiltration des eaux de pluie est évaluée à environ 270 Mm 3 /an, dont 53 Mm 3 sur le Haouz de Tétouan, 200 Mm 3 sur la dorsale calcaire et 15 Mm 3 sur la chaîne de Bokoya. Le drainage de la chaîne calcaire se fait par une multitude de sources, dont les principales sont citées ciaprès : Source Ras El Ma (Chefchaouène) Source de Ras El Ma: elle est située à l Est de la ville de Chefchaouen et constitue sa seule source d alimentation en eau potable. Son débit moyen est de 420 l/s. L eau de la source est également utilisée pour l irrigation de 600 ha de cultures maraîchères, Source Zerka : elle est située à environ 8 km au Sud-Est de la ville de Tétouan et draine un débit moyen d environ 300 l/s (1990-2001). L eau est utilisée pour l irrigation des parcelles situées dans la vallée de l oued Zerka (environ 500 ha), Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 124

Source Maggou : elle est située à environ 9 km au Nord -Est du centre Bab Taza. Le débit moyen de l oued Maggou, qui reçoit à la fois les écoulements de la source et le ruissellement superficiel, est de 440 l/s. L eau est utilisée pour l alimentation en eau du douar limitrophe et pour l irrigation de 200 ha environ, Source Danou : son débit varie entre 100 et 800 l/s, alimentant l oued Farda, affluent de l oued Laou, Sources Ghbalou et Deffagh : leur débit de crue dépasse 100 l/s. Ces sources sont intégralement utilisées pour l alimentation en eau potable rurale des petites agglomérations voisines de Tétouan, sources du versant Est du Jbel Moussa : sont captées pour l alimentation en eau potable de la ville de Sebta, avec un débit moyen d environ 100 l/s, Sources Cherafate : elle est située à 12 km de la ville de Bab Taza et draine le massif du Jbel Lechheb, avec un débit moyen de 105 l/s. L eau est utilisée pour l alimentation en eau et pour l irrigation de 200 ha. Le drainage de la chaîne se fait également par plusieurs cours d eau superficiels, dont les écoulements se poursuivent en aval au niveau des plaines alluviales qui jalonnent la côte méditerranéenne (Oued Laou, Bou Ahmed, et Amsa ). Les nappes alluviales de la côte méditerranéenne Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 125

La nappe Rhiss-Neckor Cette nappe est la plus importante des nappes alluviales de la zone méditerranéenne. De forme triangulaire, elle s étend sur une superficie d environ 100 Km2 entre la mer Méditerranée au Nord, le massif calcaire des Bokoya au Nord-Ouest, les vulcanites au nord-est, les cônes de déjection à l Est et par les flyschs schisto-gréseux imperméables au Sud-Est. Elle circule dans un remplissage quaternaire, constitué d alluvions hétérogènes, composé de galets, cailloutis, sable, limon, argile, etc. La nappe est libre ou captive selon les secteurs. Son substratum est constitué par des marnes schisteuses bleues et de quartzites primaires. L épaisseur des alluvions varierait entre 100 et 200 m à l amont et entre 300 et 400 m dans la moitié aval. Les niveaux piézométriques de la nappe connaissent une remontée quasi-générale pouvant atteindre par endroit 10 m pendant les 5 dernières années, soit une augmentation moyenne annuelle variant entre 0 et 0.5 m. Cette remontée a commencé depuis la réalisation du barrage M.B.A El Khattabi. Des périodes de baisse du niveau de la nappe sont enregistrées, elles coïncident avec des années de sécheresse et une diminution des lâchers du barrage. La salinité de l eau varie entre 2 et 5 g/l. Les zones de faible minéralisation correspondent aux axes d alimentation préférentiels situés le long des oueds Rhiss et Neckor. Les prélèvements sont évalués à environ 3 Mm 3 /an, répartis en 2 Mm 3 /an pour les pompages agricoles et 1 Mm 3 /an pour les pompages d eau potable. Le bilan de la nappe montre qu il y a un excédent d environ 1.7 Mm 3 /an, qui corrobore la tendance à la remontée des niveaux d eau enregistrés depuis 1998. Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 126

Nappe de l oued Laou La plaine de l'oued Laou qui renferme un aquifère considéré comme l un des plus importants du littoral méditerranéen, est située à environ 40 Km au Sud-Est de la ville de Tétouan et s'étend sur une superficie d environ 18 Km 2. Son importance réside dans la qualité et la quantité de ses ressources en eau, actuellement très peu exploitées. Elle est limitée au nord par les formations marneuses du Pliocène, à l est par la mer Méditerranée et du Sud -Est jusqu au Nord Ouest par des formations primaires. Les formations aquifères sont constituées par, d'une part, les alluvions sablo-graveleuses à ciment limoneux du Quaternaire récent, constituant la nappe supérieure et ayant pour toit des limons sableux avec graviers et d'autre part les sables et graviers libres et conglomérats à éléments calcaro-gréseux (probablement d age villafranchien) constituant l aquifère inférieur. Les deux formations aquifères sont séparées par des vases plastiques imperméables. Le substratum de l aquifère est constitué d argiles bleues du Pliocène inférieur. La profondeur de la nappe est généralement comprise entre 2 et 3 m et atteint à moins de 1 m dans la zone de merja et à plus de 4 m au niveau de la limite amont. L écoulement général de la nappe se fait du Sud Ouest vers le Nord Est, en direction de la mer. La productivité des ouvrages est importante, pouvant dépasser 50 l/s. Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 127

540 539 538 537 536 535 534 533 532 Oued Laou Cote de l'épaisseur des formations aquifères Epaisseur (en m) 110 100 90 80 70 60 50 40 30 20 10 531 0 1 2Km 530 520 521 522 523 524 525 526 527 528 529 530 Epaisseur de l'aquifère de l'oued Laou La cote de la surface piézomètrique de la nappe varie entre 8 m et le niveau général de la mer. L analyse des historiques piézomètriques montre des variations saisonnières du niveau de la nappe, de l ordre de 1 m d amplitude. Ce régime de fonctionnement témoigne du caractère alluvial de la nappe qui est soutenue par la percolation des eaux de surface. Les prélèvements au niveau de la nappe sont encore limités et ne dépassent guère 0.4 Mm 3 /an et sont destinés à l'alimentation du centre Oued Laou et pour assurer l'appoint de l'irrigation au niveau de la plaine. Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 128

Autres nappes alluviales de la côte méditerranéenne Plusieurs autres nappes alluviales, plus ou moins importantes, jalonnement la bordure méditerranéenne entre les villes de Tanger et d Al Hoceima. Les nappes les plus importantes sont Martil-Allila, Negro, Bou Ahmed. Ces nappes sont actuellement en équilibre. Les autres nappes sont d'une importance locale du fait qu'elles assurent l'alimentation en eau potable des centres limitrophes (Ksar Sghir, Targha, Azla, Jebha, Beni Boufferah.) mais ce rôle est à appeler à diminuer au fur et à mesure de l'augmentation des besoins en eau et de leur fragilité à une éventuelle surexploitation en raison des risques d'intrusion marine. Nappe Entrées (Mm 3 /an) Sorties (Mm 3 /an) Total des prélèvements (Mm 3 /an) Ressources supplémentaires mobilisables (Mm 3 /an) Rhiss-Neckor 17,0 15,5 3,0 6,0 Oued Laou 16,8 16,8 0,6 10,0 Martil-Allila > 29,5 > 31,3 7,8 1,5 Negro 2,1 2,1 0,7 0,9 3. QUALITE DES RESSOURCES EN EAU 3-1. Les sources de pollution Pollution Domestique Le volume d eau usée générée par la ville de Tétouan, principale grande ville de la région est estimé à 43 000 m 3 /j soit une charge organique de l ordre de 19 350 kg d O2/j Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 129

A côté de la grande ville, les rejets d eaux résiduaires domestiques des autres centres sont représentés comme suit : Al Hoceima: 5300 m 3 /j ; Chefchaouen: 3900 m 3 /j; Fnideq: 3580 m 3 /j; Mdiq: 2130 m 3 /j; Martil :2340 m 3 /j. Il est à noter que les stations d épuration de la région ne sont pas opérationnelles (Al Hoceima : hors service et Chefchaouen : non raccordée) ; celles des centres touristiques Ksar Errimal, Marina Smir, Kabila, Restinga et Holiday fonctionnent en période estivale seulement. La zone dispose également de deux stations expérimentales fonctionnelles une à Mdiq et une à Tétouan. Pollution industrielle A Tétouan, il s agit surtout des industries chimiques, parachimiques, mécaniques, métallurgiques électroniques et agroalimentaires. La charge de pollution industrielle est estimée à 1929 T de MO/an. eau 3-2. Impact de la pollution sur les ressources en Eau de surface Le diagnostic de l'état de la qualité des ressources en eau, permet de distinguer quatre zones différentes: Les oueds des bassins versants situés entre la ville de l'oued Laou et Al Hoceima avec des eaux de bonne qualité. Les oueds avec des eaux de bonne qualité, situés en général en amont des bassins versants et comprenant notamment, les cours d'eaux des oueds Martil, Fnidek et Bailème avant leur entrée en zone urbaine Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 130

en amont des rejets respectivement des villes de Tétouan, de Fnidek et du centre d'azla. Les zones où les eaux sont très polluées, situées en aval des rejets urbains et industriels. Il s'agit notamment de : - l'oued Martil à l'aval des rejets de la ville de Tétouan, - l'oued Fnidek à l'aval des rejets de la ville de Fnidek, - l'oued Bailème à l'aval des rejets du centre d'azla. Les zones proches des estuaires à salinité élevée (oued Laou, Targha, Rhiss, oued Martil et oued Smir). Eaux souterraines Les nappes de la région peuvent être subdivisées en deux catégories: Les nappes où les eaux sont généralement de bonne qualité et aptes à tous les usages: Negro, Emsa, Laou et Martil à l'amont des rejets des eaux usées de la ville de Tétouan, Les nappes où les eaux sont de qualité moyenne à mauvaise : Nappe de Martil dans sa frange côtière ayant une salinité élevée en raison de l'intrusion marine (10 g/l) ou à proximité de l'oued Martil du fait de la contamination par l'infiltration des eaux polluées de l'oued et la nappe de Neckor-Rhiss qui présente à l'aval un taux de salinité relativement élevé. Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 131

Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 132 Etat de qualité de la nappe de Rhis-Neckor

4. MOBILISATION ET UTILISATION DES RESSOURCES EN EAU 4-1. L effort de mobilisation L'effort de mobilisation des eaux de surface de la région est resté très modeste eu égard à ce qui a été fait pour d'autres régions. Les barrages Barrage M.B.A.Al Khattabi En effet, les performances hydrauliques des sites, la forte dégradation des sols qui engendre l'envasement précoce des barrages et les glissements de terrains sont autant de facteurs qui n'ont pas encouragé le développement de la mobilisation des eaux de surface à des coûts acceptables. Les principaux grands barrages qui régularisent les cours d'eau des bassins côtiers méditerranéens totalisent une capacité de stockage de près de 82 Mm 3 et permettent de régulariser actuellement près de 190 Mm 3 dont 140 Mm 3 exclusivement pour la production hydroélectrique (barrage Ali Thelat). Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 133

Barrage Mise en service Capacité (Mm 3 ) Volume régularisé (Mm 3 ) Ali Thelat 1935-140,0 E But Nakhla 1961 5,0 11,0 AEPI Smir 1991 43,0 17,0 AEPI M.B.A. Khattabi El 1981 24,0 19,0 AEPI,I Joumouâa 1992 6,5 2,5 AEPI Ajras 1969 3,0 - I TOTAL - 81,5 190 - Les eaux souterraines Aménagements hydrauliques existants Les prélèvements dans les nappes s'élèvent à plus de 70 Mm 3 /an et sont destinés principalement à l'aepi des villes et centres urbains et à l'irrigation des PMH. Ces ressources, qui sont exploitées soit à partir des nappes alluviales soit à partir des résurgences des sources au pied de la dorsale calcaire, constituent aussi une ressource stratégique pour l'alimentation en eau potable des populations rurales. La pression sur les nappes de la région est encore supportable mais risque de connaître une surexploitation si des mesures de gestion rationnelle et de protection ne sont pas mises en place. 4-2. Utilisation de l eau L eau potable L'alimentation en eau potable et industrielle des centres urbains totalise près de 56 Mm 3. Les villes de Chefchaouen et Oued Laou sont exclusivement alimentées à partir des eaux souterraines tandis que d'autres (Tétouan, Martil, Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 134

Mdi'q, Fnidek, Al Hoceima et Targuist ) sont principalement approvisionnées à partir des eaux de surface. En milieu rural, le taux global d'accès à l'eau potable est passé de 11% en 1994 à près de 46% en 2004. L irrigation L'irrigation bénéficie de près de 73 Mm 3. Les périmètres de la PMH moderne s étendent actuellement sur une superficie agricole totale de 7810 ha. On y distingue : Le périmètre de l oued Laou, développé à proximité de l embouchure de l oued sur une superficie agricole utile de 1400 ha, est d aménagement ancien datant des années quarante. L irrigation est assurée par un seuil de dérivation sur le cours aval de l oued Laou ; le barrage, actuellement complètement envasé d Ali Thelat n assure plus de régularisation des eaux. Le périmètre d Ajras, d une superficie de 695 ha et irrigué depuis 1975 par la retenue collinaire d Ajras, sera alimenté par les eaux du barrage Raouz qui sera mis en service cette année 2005. Le périmètre de Rhiss-Neckor de la plaine d Al Hoceima est aménagé sur une superficie de 5 715 ha. L alimentation en eau est assurée par les eaux dérivées de l oued Rhiss et les eaux régularisées par le barrage M.B.A El Khattabi sur l oued Neckor. Or devant l importance des apports solides (1 Mm 3 /an en moyenne), qui ont eu pour conséquence une réduction de la capacité du barrage à seulement 20 Mm 3, et le développement de la demande en eau potable de la ville d Al Hoceima ; l irrigation du périmètre ne pourra plus être assurée à terme par le barrage. Actuellement, seuls 6 Mm 3 sont annuellement lâchés pour les besoins de l irrigation du périmètre de Neckor. Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 135

L énergie hydroélectrique L énergie hydro-électrique est relativement peu développée dans les bassins côtiers méditerranéens au regard des potentialités en ressources en eau et des chutes naturelles existantes. La puissance hydro-électrique totale installée est de 16 MW au complexe de l oued Laou-Talembote. Le productible annuel moyen observé sur les trente dernières années est de 36 GWh/an. 5. DEVELOPPEMENT DES RESSOURCES EN EAU 5-1. La demande en eau La demande en eau globale dans la bassin devrait passer de 130 Mm 3 actuellement à plus de 150 Mm 3 à l horizon 2020. Usage Besoins en eau (Mm 3 ) 2004 2020 AEPI 56 78 Irrigation 73 73 Total 129 151 5-2. Aménagements hydrauliques projetés Les barrages Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 136

Eu égard au développement de la demande en eau potable, des projets d aménagement hydro- agricoles identifiés et des objectifs de lutte contre les inondations ; quatre projets de grands barrages ont été identifiés dans la zone : Les barrages Koudiat Guensoura et Amsa entrent en concurrence pour l alimentation en eau potable de Tétouan. Cependant, le barrage Koudiat Guensoura offre plusieurs avantages : à la taille envisagée (100 Mm 3 ), ce barrage régularise un important volume qui permet de s affranchir de la demande en eau potable supplémentaire de la ville de Tétouan et sa zone côtière bien au-delà de l horizon 2030 ; les apports au niveau de ce barrage sont beaucoup plus soutenus et dépassent de cinq à six fois ceux affichés au site du barrage Amsa ; ce qui offre une meilleure sécurisation des besoins en eau potable ; il contribuera à la protection contre les inondations de la plaine de Martil au droit de la ville de Tétouan. Le barrage Ifassyène : étudié pour l alimentation en eau potable de la ville d Al Hoceima et le soutien de l irrigation du périmètre de Rhiss-Nekor, ce barrage a peu de chance d être retenu, il sera comparé au dessalement de l eau de mer et à la désalinisation des eaux de la nappe de Rhiss-Nekor. Le barrage Moulay Bouchta : sa réalisation est nécessaire pour sécuriser l alimentation en eau potable de la ville de Chefchaouen. Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 137

Dans la zone entre oued Laou et oued Rhiss, les bassins versants sont de très modeste taille avec une géologie et une topographie défavorables et une demande en eau faible et dispersée ; les sites identifiés représentent des projets techniquement complexes et économiquement coûteux. Mais ils constituent les seules ressources sur lesquelles le versant Nord des montagnes du Rif peut asseoir son développement. Barrage Koudiet Guensoura Oued Apports (Mm 3 /an) Capacité (Mm 3 ) Volume régularisé (Mm 3 ) Mharjate 185 100 64 But AEPI Tétouan, PMH, protection contre les inondations Amsa Amsa 34 82 22 AEPI Tétouan Mly. My AEP 20 12 4 Bouchta Bouchta Chefchaouen AEPI Al Ifassyenne Rhiss 27 150 20 Hoceima, PMH Aménagements hydrauliques projetés Les eaux souterraines Les nappes de la chaîne calcaire du Rif Ces nappes sont contenues dans les différentes unités hydrogéologiques constituant la chaîne calcaire du Rif, s étendant entre la région de Tétouan (Haouz de Tétouan, dorsale calcaire) et celle d Al Hoceima (chaîne des Bokoya), sur une superficie de 1050 Km 2 située dans sa majorité dans la partie la plus arrosée de la zone. La recharge naturelle de cette chaîne est évaluée à environ 270 Mm 3 /an, alimente plusieurs dizaines de sources plus ou moins importantes. Elles sont exploitées pour Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 138

l alimentation en eau potable (Source Ras El Ma pour l AEP de la ville de Chefchaouen, Sources Yarghist et Torreta pour l AEP de la ville de Tétouan), ou utilisées par la population limitrophe pour satisfaire ses besoins domestiques ou pour l irrigation de quelques petits périmètres agricoles traditionnels (cas de la source Souyah, débit moyen variant entre 300 et 400 l/s, qui alimente un périmètre irrigué d environ 600 ha de superficie). Cependant, la mobilisation importante des ressources en eau de cette chaîne est difficilement envisageable dans l état actuel, pour les raisons suivantes : la connaissance encore limitée des différentes unités hydrogéologiques de la chaîne qui se traduit par la difficulté d identifier les zones de fortes productivités ; cette difficulté est due en premier lieu à l extrême complexité tectonique de la chaîne résultant de son compartimentage en plusieurs blocs calcaires d extension plus ou moins importante. Ce compartimentage est parfois responsable des faibles productivités au niveau des forages captants. En second lieu, il existe une incertitude sur l importance de l enracinement de la chaîne calcaire en profondeur empêchant toute évacuation des réserves permanentes situées sous le niveau des exutoires naturels (sources et cours d eau superficiels) de ce complexe aquifère ; les conséquences socio-économiques importantes, pouvant être engendrées des tarissements des sources par des pompages dans des forages d exploitation sans investigation approfondie au préalable permettant de maîtriser les implications éventuelles, la difficulté de réalisation de travaux de reconnaissance, liée à des problèmes d accès. Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 139

De part la nature géologique des unités qui la constituent et la pluviométrie qu'elle reçoit, la chaîne calcaire recèle un potentiel de ressources important mais jusqu'à présent insuffisamment investigué et évalué. La source Zarka au Sud de la ville de Tétouan l une des plus importantes sources de la dorsale calcaire Ceci est dû d'une part aux raisons évoquées ci-dessus et d'autre part à l'inexistence de besoins en eau importants justifiant un effort d'investigation approfondie. Un effort de reconnaissance serait impératif dans l'avenir pour évaluer le potentiel exploitable de cette chaîne sans porter préjudice ni aux utilisations actuelles ni aux différents équilibres hydrologiques. Les nappes alluviales de la cote méditerranéenne Nappes pouvant permettre de mobiliser des ressources en eau supplémentaires plus ou moins importantes Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 140

Ces nappes sont celles, Rhiss-Nekor, Oued Laou, Martil- Allila et Negro. Ces nappes alluviales des bassins côtiers méditerranéens renferment d importantes ressources en eau souterraine. Ces nappes sont soit en équilibre (Oued Laou, Martil-Allila et Negro), soit excédentaires (Rhiss- Nekor). La nappe Rhiss-Neckor est appelée à jouer un rôle de plus en plus important dans l'alimentation en eau de la ville d'al Hoceima et ce au fur et à mesure de la réduction de la capacité de régularisation du Barrage M.B.A El Khattabi par le phénomène d envasement. Le niveau d'exploitation de la nappe Oued Laou est actuellement en dèça de ses potentialités. Ces potentialités permettront, en plus de l'appoint d'irrigation de la plaine, de garantir pour un horizon lointain les besoins en eau potable du centre Oued Laou et des localités rurales limitrophes. Nappes d intérêt hydrogéologique limité Ces unités sont constituées par les nappes alluviales des bassins côtiers méditerranéens suivants: Smir, Amsa, Azla, Beni Boufrah et Bouhmed. Ces nappes sont caractérisées par de réserves totales et des pouvoirs de recharge naturelle limités ; leurs ressources mobilisables restent par conséquent limitées. Cependant, ces nappes dont la qualité des réserves d eau est généralement bonne à moyenne, peuvent jouer des rôles non négligeables pour la satisfaction des besoins en eau de petits projets : AEP rurale, alimentation de petits périmètres irrigués (de quelques dizaines d hectares), alimentation de petits projets touristiques, etc. Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 141

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5-3. Orientations stratégiques de développement des ressources en eau L'ensemble de la zone connaît un important développement économique et social engendrant une forte demande en eau. En plus des aménagements, présentés ci-dessus, nécessaires à la mobilisation de l eau à même de satisfaire une demande sans cesse croissante, des actions devraient être entreprises notamment pour la préservation des ressources et la protection contre les inondations. Préservation de la qualité de l'eau Pour les eaux de surface, les principales sources de pollution sont les rejets domestiques et industriels. C'est le cas des oued Lao et Martil. Pour l'oued Martil, qui est le cours d'eau le plus pollué du bassin, outre l'épuration des eaux usées domestiques prévue par le concessionnaire de l'assainissement liquide de Tétouan, un effort considérable doit être mené auprès des industrielles aux fins sensibiliser sur l'impact probable et les inciter à réduire les charges polluantes rejetées dans les cours d'eau. Pour ce qui est des eaux des retenues des barrages Nakhla et Smir, l'établissement des périmètres de protection tout autour des retenues de barrages permettra de préserver la qualité des eaux de ces barrages, notamment en cas de pollution accidentelle. Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 144

Protection contre les inondations La protection contre les inondations constitue l une des contraintes majeures de la gestion des ressources en eau au niveau des bassins côtiers méditerranéens. Inondation de la ville de Tétouan (décembre 2000) En effet, la forte irrégularité des régimes hydrologique s, la prédominanc e du relief montagneux et la nature des terrains de couverture souvent imperméables font que le ruissellement est important et que les cours d eau méditerranéens génèrent des crues importantes et violentes. Ces dernières engendrent parfois des inondations qui peuvent causer, des dommages importants et parfois des pertes humaines. L inventaire des sites présentant un risque d inondation a permis de recenser au niveau des bassins côtiers méditerranéens, 24 sites avec des degrés de risque variés. Une situation à risque résulte en fait d'une incompatibilité entre un niveau Degré d'urgence Nombre de sites Très élevé 3 Elevé 7 Moyen 11 Faible 3 Total 24 de vulnérabilité et un niveau d'aléa d inondation. Sans une stratégie s appuyant sur la maîtrise de la vulnérabilité et la réduction de l aléa naturel, il y aurait dans le futur une forte croissance du risque sans que les causes physiques Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 145

responsables du phénomène ne connaissent d aggravation significative. Cette croissance est directement liée à la pression d occupation du sol dans les zones inondables. Le plan d'action établi d'après les orientations du Plan National de Protection contre les inondations, s'articule autour des axes suivants : L'atténuation ou la réduction de l'aléa naturel par la mise en œuvre des mesures structurelles qui concourent à la protection des zones exposées. Il s'agit d'endiguement, d'élargissement ou de curage des cours d'eau pour la suppression des obstacles à l'écoulement. Parmi les mesures structurelles figure la réalisation de barrages dont celui de Koudiat Guensoura qui contribuera à la protection de la plaine du Martil contre les inondations. Une meilleure prévention à travers les actions permettant le contrôle de toutes les actions anthropiques pouvant étendre ou aggraver les impacts des inondations. Ces actions concernent les composantes suivantes: Le contrôle et la réglementation de l'occupation du sol au niveau des zones inondables et pour laquelle la délimitation du domaine publique constitue une condition préalable et nécessaire, L'amélioration de la prévision et de l'annonce des crues. Bassins Hydrauliques des Côtiers Méditerranéens 146