Numérisation pour les archives filmiques Complications diverses Scan Tests standards pour les scanners Il n existe pas de tests ou systèmes standard universels pour les scanners de films, il est donc difficile de déterminer exactement ce que fait le scanner lorsqu il capture les photogrammes. Cela contraste avec la technologie photochimique où la duplication, le développement et le support filmique sont soumis à des tests et contrôles fréquents et où les courbes de réponse des supports filmiques sont publiées par les fabricants. Cela diffère aussi de la numérisation professionnelle des images fixes où la chaîne complète, du scan à la copie, est soumise à la «correction de couleur» - colour management («la correction de couleur» s applique aussi aux images en noir et blanc). Pour les scanners de films, il est souvent difficile d obtenir des fabricants des informations relatives à la réponse aux valeurs de lumière, à la résolution, aux effets concrets des réglages, etc. Du fait que généralement l approche du cinéma numérique se base sur l avis de l opérateur, plutôt que sur sa conformité aux standards, cela peut sembler sans importance, mais cela peut conduire à un manque de rigueur. Les scanners de films ne capturent pas tout Ne pensez pas qu il est possible de mettre un film dans un scanner, appuyer sur un bouton et capturer une représentation numérique parfaite du film. Un scan 2K avec une profondeur de 10 bit peut donner une version d un film 35mm suffisante pour la présentation, mais pas un élément pour la préservation ou pour une restauration. Un scan 4K à 12bit (ou 16 bit) est beaucoup mieux, et peut capturer la plupart des informations de l image, mais seulement s il est bien réalisé. Un mauvais scan est toujours mauvais même à 4K (ou 16K), parce que scanner un film exige de l expérience. Scanner un film est un travail de spécialiste Scanner une copie parfaitement étalonnée et en bon état devrait requérir un effort minimum de préparation et scan, mais chacun des éléments suivants peut présenter des complications : les différents niveaux d exposition, les collures, les dommages, les entailles d étalonnage, les fenêtres non-standard, les pistes sonores. Les problèmes récurrents sont l instabilité des collures, une mauvaise réponse aux négatifs très denses, une latitude d exposition insuffisante d un plan à un autre d un élément non étalonné. Scanner un film est un processus qui exige du dévouement, de l expérience et une bonne compréhension des technologies photochimique et numérique. Les entreprises de numérisation sont souvent des entreprises de services pour la télévision Ne soyez pas surpris si l entreprise que vous utilisez pour scanner les films ne comprend pas quand vous leur dites de s attendre à ce que le cadre bouge et que l image ait du grain. Ils essaieront de faire en sorte que l image semble stable et lisse comme un image HDTV, parce que ceci représente la plupart des travaux qu on leur demande. Ils vous répondront «Ne vous inquiétez pas si on enlève du grain car on peut rajouter du grain après». Ne les laissez pas enlever du grain
dès le départ. Metadata Vous désiriez des metadata avec votre scan? Certains scanners capturent les metadata techniques liés au scanner et ses réglages comme faisant partie du scan, bien qu il n existe pas de standard pour ce type d informations. De nombreux scans ne le font pas, donc ne vous attendez pas à scanner de nouveau le mardi un film de la même façon que vous l avez scanné le lundi et à obtenir les mêmes résultats Après le scan Les programmes se forcent pour lire en temps réel Quel que soit le programme que vous utilisez pour lire vos scans HD/2K/4K, les systèmes rencontrent toujours (en 2012) des difficultés pour reproduire ces énormes quantités de données à 24 ips. Pour le faire, il est nécessaire d avoir des hardwares avec des configurations très spécifiques qui ne sont généralement pas communes aux départements d informatique. Soyez prêts à avoir une lecture ralentie quand vous actualisez les programmes ou dès que le disque dur est légèrement fragmenté. Les usagers de Mac ont l avantage Si votre institution n utilise pas les Mac, soyez prêts à être déçus de temps en temps en découvrant que le programme que vous recherchez n est conçu que pour les Mac. L industrie photographique et de nombreuses entreprises de services pour le cinéma et la télévision utilisent exclusivement des Mac, c est la raison pour laquelle certains programmes ne fonctionnent qu avec les Mac. Si vous ne spécifiez pas de préférence, la numérisation réalisée par le fournisseur sera probablement livrée sur des disques durs formatés pour Mac. L étalonnage est une tâche pour un personnel expérimenté De même que pour le scan, l adresse et l expérience sont essentielles pour réaliser un étalonnage technique (c est à dire configurer les niveaux à l intérieur de marges d erreurs et préparer l étalonnage final) à partir d un scan brut. Ne vous attendez pas (ou vos collègues) à pouvoir vous asseoir et produire une version étalonnée pour le cinéma parce que vous avez de bons yeux. C est difficile. Gestion de la couleur Comme pour le scan, quand on étalonne le résultat, il n y a pas de courbes standard, ni de paramètres facilement reproductibles. Les coloristes professionnels bricolent avec les réglages de l image jusqu à ce qu elle leur semble bien. Fichiers DPX Les entêtes des DPX dont fréquemment erronées DPX est un standard qui n est pas forcément suivi par tout le monde. L entête est capable d enregistrer une grande quantité d informations pour chaque fichier DPX, mais une grande partie de cette information peut ne pas être correctement
utilisée par le programme qui copie le fichier, ou pas du tout utilisée. Le plus courant est que le champ de l entête qui enregistre l espace de couleur du DPX (logarithmique, linéaire, CCIR 709, etc.) soit incorrect, ce qui signifie que les systèmes qui se basent sur ces informations pour la lecture ou le décodage puissent rencontrer des problèmes (voir point suivant). La différence entre logarithmique et linéaire Les scanners produisent généralement des fichiers DPX logarithmiques, qui sont conçus pour imiter la réponse d un film négatif. Les programmes ont parfois des tables de recherche (LUT) pour convertir la courbe de réponse en une courbe linéaire qui permet le visionnage avec des programmes informatiques ou la conversion en d autres formats. Ces LUT donnent souvent des résultats exécrables, et en général, elles ne sont pas utilisées par les coloristes de télévision ou de cinéma, qui préfèrent appliquer une courbe de correction ad hoc qui donne un résultat qui semble correct à leurs yeux. C est encore un cas où l industrie cinématographique favorise une approche empirique à une structure standardisée. Pour une archive filmique, où les courbes de réponse du film original sont probablement inconnues et où les réglages du scan dépendent de l œil de l opérateur, il n importe pas tellement que la sortie DPX soit logarithmique ou linéaire pourvu que le résultat final (ex. un DCP, qui a un espace de couleur totalement différent) paraisse correct. Le DPX monocanal n est pas toujours supporté Utiliser un DPX monocanal et monochrome aurait plus de sens qu un DPX RGB pour capturer un film en noir et blanc, puisqu il ne représenterait qu un tiers de la quantité de données, ce qui supposerait une économie très importante, spécialement lorsqu on scanne à 4K. Cependant, de nombreux systèmes ne supportent pas les DPX monocanaux car ils ne sont pas souvent utilisés par l industrie. A moins d être sûr que toutes les étapes du projet seront compatibles avec les DPX monocanaux, il est peut être plus sûr de garder les RGB et de subir les conséquences de travailler avec trois fois plus de données. Le stockage temporaire est facilement (toujours) sous-estimé Quand on travaille avec des films scannés, la capacité de stockage se remplit facilement, et en cas de retard dans le flux de travail (voir le point suivant), même des systèmes de stockage temporaires très généreux ne seront pas suffisants. Un système conçu pour la numérisation de films aura besoin de beaucoup plus d espace de stockage numérique que ce que vous n avez jamais pu imaginer. Faire quoi que ce soit avec les fichiers DPX demande beaucoup de temps Les systèmes informatiques ne sont pas correctement conçus pour gérer des dizaines de milliers de fichiers DPX. Même copier un film scanné en DPX d un disque dur à un autre peut prendre un jour entier. La gestion informatique standard des fichiers est conçue pour optimiser la capacité de stockage en fragmentant les fichiers et en les stockant dans les espaces disponibles d un disque dur, et la copie ou la réécriture continue de fichiers DPX sur un espace de stockage sans fragmenter provoquera des problèmes de rendement. Les flux de travail devraient tendre à minimiser les opérations de copie ou de mouvement, et lorsque cela est possible disposer d un réseau à très grande vitesse. Soyez préparé à ce que votre architecture informatique tombe fréquemment en panne à
cause de la tension. Audio Un processus séparé pour le son A la différence des équipements de télécinéma, peu de scanners sont capables de capturer la piste sonore en même temps que l image, et dans tous les cas, le son est capturé dans un fichier audio, séparé des fichiers DPX, il sera donc nécessaire de synchroniser pendant le processus, et pour cela vous aurez besoin d un programme capable de lire les fichiers DPX en temps réel. Il est facile de sousestimer le travail additionnel que suppose le traitement du son d un film. Négatifs son Il est possible d obtenir une image d excellente qualité à partir d un négatif image, mais ce n est pas le cas avec le son. Il existe des systèmes de capture du son capables de simuler l aspect visuel d une piste son optique positivée, mais ils ne sont pas majoritairement utilisés aujourd hui (en 2012). Les fournisseurs peuvent vous dire qu ils sont capables d enregistrer un son acceptable depuis un négatif son en appliquant des filtres de réduction de son. Ce n est pas vrai. Cadences Si le son est enregistré séparément de l image en utilisant un équipement de télécinéma (une méthode répandue), le son sera probablement enregistré à 25 ips. Les fichiers sonores acquis nécessiteront un rééchantillonnage à 24 ips. Les scans DPX sont indifférents à la vitesse, c est la raison pour laquelle lorsque vous utilisez un programme pour vérifier la synchronisation, la cadence du programme de lecture doit être établie à 24 ips, et non pas à 25 ips. Formats de sortie DCP Les DCP ont un format d image incorrect (1 : 1,89) pour de nombreux films d archive, c est pourquoi la plupart des films scannés doivent être réduits afin de tenir dans le récipient du DCP. Si vous réalisez vous-même les DCP en utilisant un des programmes de création de DCP existant, vous pouvez avoir besoin de réduire les fichiers DPX à l aide d un autre programme avant de créer le DCP. Jusqu à ce que (et à moins que) les cadences de films d archives pour DCP soient appliquées, il est assez compliqué de créer des DCP pour les films muets. Une des méthodes consiste à créer un DCP à 48 ips répétant chaque photogramme trois fois, ce qui permet de présenter le film à 16 ips. Cependant, certains systèmes de D-Cinema interprètent un DCP à 48 ips comme un film en 3D et appliquent systématiquement les réglages de couleurs erronés. Les projectionnistes peuvent ne pas savoir régler les couleurs manuellement. Formats pour d autres usages On suppose qu une fois numérisé, le film pourra être facilement utilisé pour d autres usages : BluRay, DVD, télévision, téléchargement, streaming. Cela peut être vrai, mais chaque type de sortie demandera un travail additionnel méticuleux, spécialement en ce qui concerne les formats d image et les cadences.
L industrie de la télévision n a pas de format de fichier standard pour la production de ses programmes, et les producteurs choisissent généralement le format que leurs monteurs ont l habitude d utiliser. Les archives peuvent trouver plus simple de n admettre qu un ou deux formats télévisuels professionnels sans laisser d autre option au producteur. Cadences La bonne nouvelle est que l ère de la cassette vidéo est révolue, il n est plus nécessaire de se préoccuper autant de la conversion des films à 25 ips ou 30 ips. La cadence des fichiers pour le téléchargement ou le streaming (Mpeg, Flash, etc.) peut être facilement établie à 24 ips, 16, 18 ou autre (bien que cela ne signifie pas nécessairement que les lecteurs reproduisent le film à la bonne cadence). De la même façon, la télévision travaille habituellement à 25 ips ou 30 ips pour la retransmission, mais d autres cadences plus lentes sont facilement gérables dans le processus de production télévisuelle. Cependant, les DVD demandent encore une version à 25 ou 30 ips. Commission technique de la FIAF 2012