Fiche mémo HISTOIRE DES ARTS 3 Auteur : Mathbernard PERIODE HISTORIQUE : XIXème siècle. PERIODE HISTORIQUE : XXIème siècle. DOMAINE ARTISTIQUE : Art du visuel. THEMATIQUE : Arts, ruptures, continuités. Œuvre étudiée : Sous la Grande Vague au large de Kanagawa Œuvre étudiée : Gyre Auteur : Katsushika HOKUSAI (1760-1849) Auteur : Chris JORDAN (1963 - ) Date de réalisation : 1831 Date de réalisation : 2009 Support de l'œuvre : Gravure sur bois Technique artistique : Estampe japonaise (ukiyo-e) Technique artistique : Photomontage numérique Dimensions : environ 25 cm 37 cm (format ōban) Dimensions : 244 cm 335 cm en 3 panneaux verticaux Lieu de conservation : Metropolitan Museum of Art (New-York - USA) mais d autres Lieu de conservation : - lieux de conservation pour d autres exemplaires existent. I- L œuvre d HOKUSAI. Description de l'œuvre Sous la Grande Vague au large de Kanagawa : Cette œuvre est une estampe de l artiste HOKUSAI, le plus célèbre des peintres et dessinateurs de sa génération au Japon. Elle est aussi appelée souvent simplement «La Grande Vague». Cette œuvre est une estampe yoko-e, c'est-à-dire des images en présentation «paysage», donc disposées horizontalement, au format ōban(*) ; elle mesure environ 25 cm de hauteur sur 37 cm de largeur. (*) Le format ōban est un des principaux formats de papier utilisés pour les estampes japonaises.
La Grande Vague appartient à une série intitulée Trente-six vues du Mont Fuji. Cette œuvre est la première de cette série qui en compte en réalité non pas 36 mais 46. Ces estampes représentent le mont Fuji selon différents points de vues et à des saisons différentes. Le paysage est composé de trois éléments : la mer agitée par la tempête ; trois bateaux ; une montagne. La composition comporte quatre plans : au premier plan, une vague s'amorce sur la droite ; au deuxième plan, une vague plus grande s'élève, écumante ; au troisième plan, une vague immense commence à déferler ; le mont sacré, le mont Fiji, n'apparaît qu'en arrière-plan, comme élément central et décoratif, il est légèrement excentré vers la droite, enneigé, il contraste avec un ciel d'horizon nuageux. S'élevant à 3 700 mètres, il paraît pourtant ici minuscule. Ce paysage marin de La Grande Vague a pour thème central la vague démesurée (du 3 ème plan) qui occupe la moitié gauche du tableau. Elle semble vouloir tout avaler sur son passage et notamment le mont Fuji que l'on voit en arrière plan. La grande vague, en cet instant, réalise une spirale parfaite dont le centre passe au centre du dessin. La vague s abat en forme de main destructrice. Beaucoup d éléments permettent aussi d y retrouver une image du Yin et du Yang dans toute leur complémentarité. L'«opposition complémentaire» du Yin et du Yang se traduit aussi au niveau des couleurs : le bleu de Prusse s'oppose ici au jaune rosé de l'arrière-plan, qui en est la couleur complémentaire. La symétrie de l'image est donc quasi parfaite, tant au niveau des formes que des couleurs. La scène représente également trois bateaux pris dans cette forte tempête. Les embarcations sont des Oshiokuri-bune, bateaux rapides qui servaient à transporter par mer du poisson des villages de pêcheurs vers les marchés aux poissons. Il y a huit rameurs par embarcation, cramponnés à leurs rames qu'ils ont pris le soin de relever. Deux passagers supplémentaires sont à l'avant de chaque bateau, ce qui représente un total de trente hommes. Les marins sont pris dans une forte tempête, peut-être un typhon, ils ont peu de chances d'en réchapper. La Grande Vague porte deux inscriptions. Sur la première, qui représente le titre de la série et du tableau, située en haut à gauche dans un cartouche rectangulaire est écrit : «Trente-six vues du mont Fuji / au large de Kanagawa / Sous la vague». Sur la seconde, qui représente la signature, située en haut à gauche de l'estampe, sur la gauche du cartouche, est écrit : «(peint) de la brosse de Hokusai changeant son nom en Iitsu». L œuvre et l art occidental : L art japonais est influencé par les arts occidentaux au travers de gravures venues principalement de Hollande. Dans La Grande Vague, le travail sur la profondeur spatiale et la perspective est à noter, avec le fort contraste entre l'arrière-plan et le premier plan : les deux grandes masses visuelles qui occupent l'espace, la violence de la grande vague qui s'oppose à la sérénité du fond vide. Les hommes, impuissants, se débattent entre les deux. Dans la peinture traditionnelle du Japon, et de l'extrême-orient de manière plus générale, la représentation de la perspective telle que nous l'entendons n'existait pas. Comme dans l'égypte antique, la taille des objets ou des personnages ne dépendait pas de leur proximité ou de leur éloignement, mais de leur importance dans le contexte du sujet. La perspective, utilisée dans les peintures occidentales était, au début du XVIII e siècle, connue des artistes japonais au travers des gravures sur cuivre occidentales. Hokusai se familiarisa avec la perspective occidentale dès les années 1790. Mais inversement, l art japonais a influencé l art occidental. Au milieu du XIX e siècle, l'art japonais arrive en Europe. La vision des artistes d'extrême-orient est totalement nouvelle et en rupture avec les conventions de la peinture occidentale de l'époque. Une mode est lancée, celle du japonisme. Sans doute le succès de La Grande Vague en Occident n'aurait-il pas été aussi fort, si le public occidental n'avait pas éprouvé un sentiment de familiarité avec l'œuvre : dans une certaine mesure en effet, c'est une peinture occidentale vue au travers d'yeux japonais. Ce n'est pas le moindre paradoxe que de voir que l'art de
Hokusai, après avoir lui-même été profondément influencé par l'art et les techniques venus d'occident, allait à son tour devenir la source du rajeunissement de la peinture occidentale, par l'intermédiaire de l'admiration que lui portaient les impressionnistes et les post-impressionnistes. La couleur dans l œuvre : HOKUSAI utilise le bleu de Prusse, appelé aussi «bleu de Berlin», pigment importé par les Hollandais en 1829 au Japon. Ce pigment qui est un ferrocyanure ferrique, est la nouvelle couleur à la mode au Japon au début des années 1830. C'est ce bleu qui fut utilisé pour La Grande Vague, couleur d'origine chimique bien différente du bleu délicat et fugace, issu de pigments naturels (indigo), qu'utilisaient auparavant les graveurs japonais. Le bleu d Prusse est plus intense et plus résistant. La série des dix premières estampes des Trente-six vues du mont Fuji, à laquelle appartient La Grande Vague, compte donc parmi les toutes premières estampes japonaises à avoir fait appel à ce bleu de Prusse. Pour les autres couleurs, pour colorier La Grande Vague, l'imprimeur a utilisé des pigments traditionnels dilués à l'eau. Le noir est à base d'encre de Chine, le jaune à base d'ocre jaune. Sens de lecture : Il faut remarquer que l'écriture japonaise de droite à gauche alors que l'écriture occidentale se lit de gauche à droite, ce qui implique que la lecture et la perception première de l'image n'est pas la même pour un Occidental et pour un Japonais. Pour s en rendre compte, il faut faire une symétrie de l image. pour un Occidental, au tout premier coup d'œil, les pêcheurs japonais se dirigent vers la droite de l'estampe. Ils sont rattrapés par la vague, qu'ils fuient, ou, peut-être, qu'ils n'ont pas vu venir ; pour un Japonais, les pêcheurs viennent de la droite de l'image et se dirigent vers la gauche, ils suivent le cheminement oriental traditionnel, Image inversée dans le sens de lecture «japonais». ils affrontent la vague et s y opposent. C'est dans le sens de lecture japonais, de droite à gauche, que l'image est la plus forte, rendant la menace de la vague plus apparente. II- L auteur HOKUSAI. Katsushika HOKUSAI, plus connu sous le simple nom d'hokusai, est un peintre, graveur, dessinateur et auteur d'écrits populaires japonais. HOKUSAI naît le 31 octobre 1760 à Edo, ancien nom de la ville de Tokyo. Né de parents inconnus, il est adopté vers l'âge de trois ou quatre ans par un artisan fabricant de miroirs pour la cour du Shogun. HOKUSAI, manifeste très tôt des aptitudes pour le dessin et de la curiosité pour la peinture En 1773-1774, il est en apprentissage dans un atelier de xylographie (*) et en 1775, il grave lui-même les six dernières feuilles d'un roman humoristique. En 1778, il intègre l'atelier du maître Katsukawa SHUNSHO, un peintre d'estampes ukiyo-e, spécialiste des portraits d'acteurs. C'est dans cet atelier qu HOKUSAI commence son travail d'artisan du dessin et de l'estampe aux revenus modestes. Après la mort de son maître, HOKUSAI quitte l atelier et connaît alors une période de grande pauvreté durant laquelle il étudie les techniques de différentes écoles artistiques. Il subit aussi l influence de l art occidental et découvre la perspective. HOKUSAI se marie vers 1785. Mais sa femme meurt en 1794 le laissant avec un jeune fils et deux fillettes. De 1796 à 1799 il produit un grand nombre d'albums et d estampes. C'est à Autoportrait D HOKUSAI.
la même époque qu'il adopte pour la première fois le nom de HOKUSAI et se donne même en 1800 le surnom de «Vieux Fou de dessin». (*) Xylographie : procédé de reproduction multiple d'une image sur un support plan, papier ou tissu, en utilisant la technique de la gravure sur bois. 1831 voit la parution d une de ses œuvres majeures, la série d estampes Trente-six vues du mont Fuji, qui lui vaut une reconnaissance mondiale. HOKUSAI change plusieurs fois de nom d'artiste au cours de sa longue carrière. Passionné de nature et d astronomie, il parcourt le Japon à la recherche de nouveaux paysages. Il perd une partie de son travail dans l incendie de son atelier en 1839. HOKUSAI meurt au matin du 10 mai 1849 à l âge de 89 ans et laisse derrière lui une œuvre qui comprend 30 000 dessins. III- La technique : l estampe. Pour réaliser La Grande Vague, Hokusai fait appel aux techniques habituelles : l estampe ukiyo-e. Une estampe est une image imprimée sur papier. Le tirage peut être en noir et blanc ou coloré, indépendant ou illustrant des livres. Une estampe est réalisée en trois grandes étapes : le dessinateur réalise un modèle que le graveur reproduit sur une plaque de bois puis l'imprimeur se charge de la dupliquer. Ukiyo-e désigne les «peintures» qui représentent avec légèreté les mœurs et les plaisirs contemporains du monde dans lequel vivaient les gens de l époque d Edo. Elles seront diffusées à une large population grâce aux techniques d'impression. Le dessin : Le dessinateur peint un motif ou une composition à l encre de chine sur un papier très fin. Ce dessin original sera détruit lors de l étape du report sur la planche de bois : la planche est encollée, et le dessin appliqué face sur le bois (la gravure se fait donc à l envers). La gravure : Le dessin est détouré d un trait continu à l aide d outils tranchants frappés avec un maillet. Le graveur a la liberté de traiter les détails des textures (chevelure, écailles, feuillages ) comme il le souhaite. Le bois est régulièrement humidifié pour ne pas se déformer. L impression : Elle s effectue sur du papier de fibre végétale dont la composition détermine la qualité. Le
papier en fibre de mûrier mêlé à de la colle végétale, très souple, absorbe bien les couleurs. L impression de base est réalisée à l encre ; les impressions polychromes sont obtenues avec une planche par couleur, laquelle planche ne porte en gravure que les parties concernées par cette couleur. Des encoches repères permettent de poser le papier toujours à la même place. Selon la tradition, La Grande Vague a été imprimée en huit passages : les contours du dessin et les surfaces teintées au bleu de Prusse, surfaces qui paraissent par contraste presque noires, puis le jaune léger des barques, le jaune du ciel, le dégradé gris clair du ciel et le gris des barques. Venaient ensuite les zones bleu clair, puis d'un bleu plus dense. Enfin l'estampe était achevée avec le noir du ciel et du pont d'une des barques. Lors de chaque opération, la crête des vagues, l'écume, les visages des marins, et les neiges du Fuji, restaient en réserve, ce qui leur confère le blanc éclatant du papier d'origine. Ainsi, avec trois pigments (noir, jaune et bleu), HOKUSAI réalise une image colorée et contrastée. Edition originale mais pas une œuvre unique : Cette façon de faire induit, pour toutes les estampes japonaises, qu'il n'y a pas d'«œuvre originale unique», mais une édition originale correspondant aux tirages effectués avant que l'usure du bois des diverses planches utilisées donne des traits moins nets et des repères de couleurs moins fiables, ce qui pouvait représenter de l'ordre de trois cents estampes. IV- L œuvre de Chris JORDAN. Description de l'œuvre Gyre : Pour réaliser son œuvre Gyre, Chris JORDAN s inspire de l œuvre d HOKUSAI mais la technique utilisée n est pas du tout la même. Tout d abord les dimensions de Gyre sont très différentes : elle mesure 244 cm sur 335 cm constituée en 3 panneaux verticaux. Ce qui en fait une œuvre beaucoup plus imposante. Dans la composition de Gyre de Chris JORDAN, on retrouve les mêmes éléments et la même disposition que dans La Grande Vague d HOKUSAI : les vagues, les bateaux, le mont Fuji mais les détails sont moins précis (malgré la taille). Cela est dû (2 ème différence avec l œuvre d HOKU- SAI) au fait que l œuvre de Chris JORDAN est un photomontage numérique. JORDAN a photographié des pièces de plastiques et les a assemblés par couleur. Gyre dans une exposition. Détails de l œuvre Gyre.
Autre point commun avec La Grande Vague, Gyre fait également partie d une série. Cette série s intitule Running the Numbers (la Course des Nombres) et chaque œuvre de cette série est basée sur une statistique de la société américaine ou mondiale alors que pour La Grande Vague, la série «honorait» le mont Fuji. Dans la série Running the Numbers, les thèmes et inspirations sont très variés. Certaines œuvres «copient» des œuvres existantes comme pour Gyre mais aussi Can-Seurat qui reproduit un tableau de Georges SEURAT ou Venus qui reproduit, lui, un tableau de BOTTICELLI. D autres œuvres de la série sont d inspiration plus libres. Mais ce sont toutes des photomontages illustrant une statistique. Barbie Dolls 2008 réalisée avec 32000 photos de poupées Barbie. L'œuvre Gyre et la statistique : Pour réaliser son œuvre Gyre, Chris JORDAN a utilisé 2,4 millions de pièces de plastiques qui ont toutes étaient récupérées dans la gyre de l océan Pacifique. Ce nombre n a pas été choisi au hasard (tout comme des les autres œuvres de la série), il représente le nombre de livres de plastiques supplémentaires qui viennent polluer les océans du monde chaque heure. Sachant qu une livre équivaut à 0,454 kg, il y a donc près de 1088 tonnes de déchets plastiques qui sont jeter dans les océans chaque heure! Les gyres sont des amas de déchets flottants. Ces immenses plaques de plastiques flottent sur les océans et sont parmi les problèmes environnementaux les plus importants crées par l homme, mais également ignorés par lui. Elles se situent au beau milieu d eaux internationales et en conséquence suscite peu d intérêt actuellement. La première plaque de déchets a été découverte dans le nord de l'océan Pacifique par le navigateur Charles MOORE en 1997. Constituée de deux zones, elle est d une taille équivalente au tiers des Etats-Unis
ou de six fois la France. Compte tenu de la nature des matériaux flottants elle n est pas observable par satellite, et difficilement observable de loin. Afin de sensibiliser le grand public, elle a été décrite comme le «7 ème continent de plastique». Cette image donne l impression qu il s agit d'un gigantesque amas compact : de sacs plastiques, bouteilles, filets et autres bidons... Mais ce phénomène ressemble plutôt à une «soupe de plastique» constituée de quelques macros déchets éparses, et surtout d'une myriade de petits fragments : une multitude de microplastiques d'un diamètre inférieur à 5 mm en suspension à la surface, ou jusqu'à 30 mètres de profondeur. Sachant qu il faut environ 400 à 450 ans pour que le plastique se dégrade, on peut mesurer l ampleur de la catastrophe!... Chris JORDAN tente à travers son œuvre d interpeller le spectateur en créant un conflit entre la beauté de l œuvre et la réalité dramatique des faits qu elle illustre. Il l amène à s interroger sur la consommation de masse (voire la surconsommation...) et la non durabilité de notre culture contemporaine (c est le règne du jetable) dont nous sommes tous complices... V- L auteur Chris JORDAN. Chris Jordan est né en 1963 à Seattle aux Etats-Unis dans une famille d artistes. Il fait une école de droit «pour toutes sortes de mauvaises raisons», dit-il, et travaille dix ans dans le domaine du droit, tout en dépensant tout son temps libre et son argent pour faire de la photographie. Après ces dix ans, il devient artiste photographe à plein temps. Chris JORDAN est un artiste engagé, qui vit encore à Seattle. Il est surtout connu pour ses grandes œuvres qui cherchent à faire comprendre aux Américains les enjeux du consumérisme occidental et notamment américain, en passant par des représentations des grands nombres, qui ne sont pas compréhensibles par le cerveau humain lorsque présentés par les statistiques pures. Ses photomontages sont monumentaux. De loin, ils semblent n être que des fresques anodines. On s avance en confiance pour apprécier le détail, comprendre. On repart effrayé. Chaque pièce est une expérience physique. Jordan dit lui-même : «La mondialisation, la surconsommation sont des phénomènes très complexes. Nous sommes dépassés par cette complexité. Notre cerveau n arrive pas à comprendre la valeur des nombres. J ai le sentiment d une apocalypse en mouvement. Aujourd hui,
nous ne ressentons pas assez. [...] Individuellement, nos comportements ont peu d impact. Collectivement, nous sommes extrêmement destructeurs. L image peut nous aider à appréhender la monstruosité des chiffres. En rendant les chiffres visuels, je veux faire comprendre ce qu est la consommation. Soit nous réalisons ce que nos comportements individuels impliquent. Soit nous mourrons en tant que civilisation.» Chris JORDAN est devenu photographe militant. Il tire le portrait de notre société : celle de l accumulation frénétique. Il arpente sites industriels et docks à la recherche de l image coup-de-poing qui illustrera la civilisation du déchet, face cachée de notre besoin maladif d objets. Les chiffres, abstraits, définitifs, envahissent nos journaux, nos discussions. Chris JORDAN en révèle la monstruosité. Il ne juge pas mais illustre. VI- D autres œuvres pointant du doigt la société de (sur)consommation. Supermarket Lady Duane HANSON sculpture 1969 Logorama H5 (François ALAUX, Ludovic HOUPLAIN, Hervé DE CRECY) court métrage d animation 2009 Just What is it that Makes Today s Home So Different, So Appealing? Richard HAMILTON collage 1956