Un projet pour la métropole nantaise

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1 2030 Un projet pour la métropole nantaise

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3 2030 Un projet pour la métropole nantaise ÉDITO 2-3 QUAND LA VILLE S OUVRE, UNE HISTOIRE EN MOUVEMENT 6-13 le PROJET 2030 pour LA MÉTROPOLE nantaise Deux années de préparation et d échanges, avec Ma Ville Demain remerciements 60

4 Le sens commun La prospective n est ni une science exacte ni une discipline académique. Certains parlent même d une «indiscipline» intellectuelle. Pendant plus de deux années entières, les habitants de la métropole nantaise ont ainsi été invités à participer à ce grand remue-méninge Ma Ville Demain afin d imaginer la métropole en C était le pari audacieux, initié en juin 2010 par Jean-Marc Ayrault alors maire de Nantes et président de Nantes Métropole et les maires de l agglomération, de mobiliser largement les citoyens de l agglomération dans une véritable co-construction d un avenir possible. Les préoccupations des habitants ont ainsi servi de fondation au projet de territoire. Gilles Retière, Président de Nantes Métropole Maire de Rezé La démarche prospective et participative ainsi animée par l Agence d urbanisme Auran fut durant ces deux années de coproduction, une attitude collective, un état d esprit partagé, une manière d être au service du «sens commun». C est l ADN nantais, notre marque de fabrique. Celle-ci, faisant le succès de la métropole nantaise depuis plus de vingt ans, nous a permis de mener à bien ce processus d élaboration particulièrement innovant. Notre identité, notre force est de savoir s associer, fédérer en ne se laissant jamais enfermer dans un réalisme de l acceptation du fait accompli, «de l adhésion à la surface du présent» comme dirait Edgar Morin. Tant de choses, tant d évolutions se passent de façon presque imperceptible, invisible, et qui doivent pourtant influencer notre vision du présent. Ainsi, la réflexion ne s est pas arrêtée aux seules compétences de la communauté urbaine mais a interrogé en profondeur la vie de la Cité, le vivre ensemble, les choix de développement, le rapport de la métropole au monde. Il ne s agissait ni d ouvrir un débat sur les politiques publiques, menées à court et moyen terme par Nantes Métropole et les communes, ni de doter la communauté urbaine d un plan d actions. Ces réflexions existent déjà, ainsi que les grands documents de planification (Programme Local de l Habitat, Plan de Déplacements Urbains, ). Ma Ville Demain s est attachée à cerner les contours d un modèle de société locale pour aujourd hui et pour demain : c est ce que propose le Projet >>> 2 Basse-Goulaine / Bouaye / Bouguenais / Brains / Carquefou / Couëron / Indre / La Chapelle-sur-Erdre / La Montagne / Le Pellerin / Les Sorinières / Mauves-sur-Loire / Nantes / Orvault /

5 La force de notre nouveau cap, adopté lors du Conseil communautaire du 14 décembre 2012, est sa cohérence dans la façon d appréhender la complexité et de manager la transition. Face à ce que nous pouvons appeler une crise globale de sens, notre projet de territoire est d abord une réponse partagée à partir d interrogations lucides d un monde qui cherche à se réinventer. Face aux désordres du monde et forte de ce travail collectif de créativité et d innovation sans précédent, la métropole nantaise a choisi d éclairer l avenir. Face aux défis énergétique et écologique, aux évolutions démographiques et de modes de vie, aux incertitudes économiques, notre Projet 2030, que vous découvrez ici, propose un nouveau cap pour une métropole à la fois attractive et agréable, ambitieuse et protectrice. Que ce cap ainsi fixé dans ce document référence continue de nous animer. Que chacune et chacun d entre nous s en emparent quel que soit son niveau d engagement et de responsabilité en confiance, au service de la métropole nantaise. Rezé / Saint-Aignan-de-Grand-Lieu / Saint-Herblain / Saint-Jean-de-Boiseau / Saint-Léger-les-Vignes / Sainte-Luce-sur-Loire / Saint-Sébastien-sur-Loire / Sautron / Thouaré-sur-Loire / Vertou >>> 3

6 Sautron Orvault La Chapelle sur Erdre Carquefou Thouaré sur Loire Mauves sur Loire Couëron Saint Herblain Nantes Sainte Luce sur Loire Le Pellerin Saint Jean de Boiseau Brains Indre La Montagne Bouguenais Rezé Saint Sébastien sur Loire Basse Goulaine Vertou Saint Léger les Vignes Bouaye Saint Aignan de Grand Lieu Les Sorinières AURAN Les 24 communes de Nantes Métropole >>> 4

7 Les grandes étapes de la démarche Le 25 juin 2010, le Conseil communautaire lance officiellement une démarche pour élaborer un nouveau projet pour la métropole nantaise, avec une ambition forte : faire participer de façon large les habitants et les forces vives du territoire. Sous l autorité des 24 maires de l agglomération, la conduite et la coordination de cette démarche sont confiées à l Agence d urbanisme de la région nantaise (Auran) : association créée en 1978, l Auran est un observatoire des territoires qui aborde de manière transversale les questions liées à l aménagement, l habitat, l économie, le développement durable, la démographie, etc. Son objectif est d accompagner ses adhérents, notamment les collectivités locales et les institutions publiques, dans leurs stratégies d aménagement et de développement du territoire. Le statut des agences d urbanisme prévoit qu elles participent à la préparation des projets de territoire. Le 10 décembre 2010, les maires de l agglomération lancent publiquement Ma Ville Demain, inventons la métropole nantaise de 2030 en invitant ceux qui le souhaitent à contribuer. Le 16 septembre 2011, les maires de Nantes Métropole présentent les 9 questions d avenir, point d appui aux débats sur l ensemble du territoire de l agglomération. Le 14 septembre 2012, au terme de deux ans d échanges et d analyses, l Agence d urbanisme de la région nantaise remet aux 24 maires son rapport d étape : elle présente, sur la base des contributions et d expertises, un socle commun et 3 visions pour 2030 afin d aider les élus de Nantes Métropole dans leur choix. Le 16 octobre 2012 est inaugurée une exposition pour rendre compte auprès des contributeurs et des habitants de l ensemble de la démarche. Le 14 décembre 2012, le Conseil communautaire adopte le projet de la métropole nantaise. Du lancement de la démarche le 10 décembre 2010, à l adoption du projet le 14 décembre 2012, plus de personnes ont participé et visiteurs se sont rendus à l exposition 3 visions pour >>> 5

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9 >>> Quand la ville s ouvre Une histoire en mouvement

10 Quand la ville s ouvre : Une histoire en mouvement «Ville de tous les possibles» pour André Breton, Nantes a toujours occupé une place à part dans la géographie mentale de la France. Sa position singulière, au débouché du plus grand fleuve du pays, son ouverture sur l océan, son statut de porte d entrée du royaume, l ont irriguée depuis le moyen-âge pour en faire une place d échanges, active et décomplexée, quelque peu détachée de son environnement immédiat. Ce lieu de rencontre et de brassage, fréquenté par de nombreux négociants étrangers, Espagnols ou Hollandais, «probablement la ville la plus européenne de France» selon l historien Alain Croix, a légué à la ville actuelle une bienveillance naturelle à l égard des nouveaux venus, des apports extérieurs. Il n y a pas d accent à Nantes, pas de sentiment de propriété de la ville. Il n y a pas les Nantais de souche et les autres, il n y a pas les gens du centre et ceux de la périphérie, il y a les gens qui aiment Nantes, qui s y sentent bien. On peut habiter Saint- Jean-de-Boiseau et travailler à Carquefou, aller au spectacle à Saint-Herblain ou faire ses courses à Orvault, peu importe. On partage le même univers, où l ouverture d esprit, la civilité, une certaine souplesse dans les rapports ne sont pas les moindres des vertus. Les trois âges de la ville Pour autant, faute d avoir bien négocié le tournant de la révolution industrielle, la ville s est repliée sur elle-même à la fin du XIX e siècle, jalouse de la montée en puissance de Saint-Nazaire, ce grand port maritime, qui lui prenait sa place à l entrée du pays. La localisation de la gare Sncf est le témoignage le plus manifeste de cet aveuglement des responsables de l époque, qui avaient décidé que la vie s arrêterait à Nantes, quitte à tourner le dos à l estuaire. Les difficultés que pose aujourd hui ce positionnement, à l est de la ville, et qui ont contraint le chemin de fer à s enterrer le long du fleuve pour filer vers Saint-Nazaire, montrent à quel point les décisions d un jour conditionnent la ville de demain. Durant toute la première partie du XX e siècle Nantes s est, en quelque sorte, rétractée, faisant payer à la Loire son ingratitude en la chassant du paysage par de grands travaux de comblement. La ville restait certes un centre de négoce, doté d industries navales et agro-alimentaire florissantes, mais perdait peu à peu son rôle de place portuaire de premier plan. Plus grave, la cité des Ducs, qui s était développée sans tenir grand compte de son voisinage, sinon comme réservoir de main d œuvre, qui avait négligé la formation de ses jeunes gens - l actuelle université ne sera créée qu en , perdait peu à peu son aura nationale, sans pour autant gagner une place de capitale régionale qu elle avait négligée, écartelée entre Bretagne et Vendée. Une ville hors-sol en quelque sorte. Le géographe Jacques Fache distingue trois âges de Nantes : la période qui précède 1965, marquée par «l héritage d un système qui a fait vivre et grandir la ville pendant deux bons siècles», une phase de transition, qui débute par l élévation de la ville au rang de «Métropole d équilibre» et se termine par la fermeture du dernier chantier naval en 1987, enfin la période actuelle, qui sonne le réveil spectaculaire de la ville et la constitution de la Métropole. Cette dernière période est celle du changement d échelle, de la réconciliation de Nantes avec son voisinage, de l inscription progressive de la ville dans un territoire plus large, qui fait aujourd hui de la Métropole nantaise l une des plus dynamiques, des plus innovantes et les plus courues de l Hexagone. Mais cette réconciliation avec le territoire n a pas été chose facile, en témoigne la mise en place de l intercommunalité, qui n a connu son véritable départ qu en 1992, avec la création du District de l agglomération nantaise. Ce changement d échelle s est traduit, dans le même temps, par un rapprochement avec Saint-Nazaire, un nouveau rapport à l estuaire et plus récemment par la constitution du réseau des grandes villes de l Ouest et la création de l espace métropolitain Loire-Bretagne. Schéma directeur d aménagement de l aire métropolitaine (1970). >>> 8

11 Un long chemin vers la coopération Certes, la vision de l agglomération existe depuis bien longtemps, mais sa mise en œuvre a été rendue difficile durant de longues décennies en raison du traumatisme causé en 1908 par la fusion avec Nantes des communes périphériques de Chantenay et de Doulon. Une première tentative a échoué en 1926 après la tenue de conférences intercommunales regroupant les communes de Nantes, Orvault, Rezé, Saint-Herblain et Saint-Sébastien-sur-Loire dans la cadre de réflexions sur ce qu on appelait à l époque «Le plan d Extension et d Embellissement» de l agglomération. Le projet n aboutira pas, mais certains principes de ce plan seront repris en 1948, notamment par crainte de fusions autoritaires de communes périphériques avec la ville-centre. Les essais ultérieurs de planification n auront pas plus de succès : ni le Plan Directeur du Groupement d Urbanisme (1961) ni le Schéma Directeur d Aménagement et d Urbanisme (1970) ne seront approuvés. Faute d accord politique, et en dépit du développement physique de l agglomération, que l Insee évalue à dix-neuf communes en 1975, les seules structures de coopération intercommunale seront longtemps les Syndicats intercommunaux à vocation unique (Sivu) qui vont fleurir du début des années 1970 à la fin des années On en comptera pas moins d une cinquantaine, de taille et de compétences diverses en Cet éclatement des structures de coopération intercommunale aura toutefois un mérite : celui de rapprocher les élus et les fonctionnaires territoriaux des différentes communes, leur permettra de discuter et de travailler ensemble. C est dans ce cadre que la conscience de l agglomération a commencé à véritablement émerger. Chacun pouvant, dès lors, mesurer que les intérêts de tous étaient désormais imbriqués au sein d une agglomération urbaine composée de quartiers, de communes inscrits dans un même ensemble, qui n avait pas attendu sa reconnaissance institutionnelle pour exister dans les faits. L organisation spatiale d une agglomération qui se densifie, où les frontières communales s effacent peu à peu sous une urbanisation continue, vont donner un rôle majeur à deux syndicats intercommunaux : le Syndicat intercommunal de la voierie rapide de l agglomération nantaise (Sivran), fondé en 1973 et le Syndicat Intercommunal des Transports Publics de l Agglomération Nantaise (Sitpan), créé en Ces deux syndicats poseront les bases de la politique de déplacement dans l agglomération en validant le scénario d un boulevard périphérique plutôt que la réalisation de pénétrantes rapides, et mettant sur pied un premier réseau de transports publics intercommunal. La Société d économie mixte des transports publics de l agglomération nantaise (Semitan), créée en 1979 ira même plus loin, en initiant la mise en service du premier tramway moderne. Cette accélération de la coopération, qui n a pas encore de véritable traduction institutionnelle, s inscrit dans la foulée des élections municipales de 1977, à l occasion desquelles les équipes ont été renouvelées, et qui, toutes tendances confondues, ressentent la nécessité de passer à la vitesse supérieure. Cette volonté politique se traduit en 1978 par la création de l Agence d urbanisme de l agglomération nantaise (Auran). Socle commun d études et de prospective, l agence a notamment pour objectif de jeter les bases d une structure unique, aux compétences élargies, et qui aboutira en 1982 à la création du Syndicat intercommunal à vocation multiple de l agglomération nantaise (Siman), dont le périmètre correspond alors à celui de l unité urbaine définie par l Insee, caractérisée par un bâti continu, soit dix-neuf communes. D entrée les élus manifestent leur volonté de construire une structure de poids en lui confiant, outre les six compétences obligatoires (urbanisme d agglomération et études générales, transports publics de voyageurs, voierie d agglomération, hébergement des gens du voyage, traitement des déchets, actions foncières), cinq compétences complémentaires (assainissement, incendie et sécurité, équipement d agglomération, environnement et développement économique). Ces compétences seront complétées au cours des années suivantes, à mesure que le cadre juridique transforme les compétences optionnelles en compétences obligatoires. L ouverture sur l estuaire L ouverture de Nantes à son aire urbaine se conjugue, dans le même temps, à l insertion dans une géographie plus large, celle de l estuaire de la Loire. Et un nouveau rapport avec Saint-Nazaire se dessine. C est dans un premier temps, en 1985, la création, à l initiative du Port Autonome, de l Association communautaire de l Estuaire de la Loire, qui regroupe la Région, le Département, les Villes de Nantes et Saint-Nazaire ainsi que les Chambres de commerce des deux villes et l Union maritime, afin d intégrer la stratégie du Port dans celle des grandes institutions de l estuaire. Cette structure évoluera à partir de 1989, à l initiative des maires de Nantes et de Saint-Nazaire, afin d animer la réflexion sur le repositionnement, dans une perspective globale, de la place de l estuaire, qui n est plus devenu au fil des ans qu un gros tuyau dévolu au transport fluvial mais dont l état se dégrade, comme en témoigne la remontée du bouchon vaseux à l amont de Nantes. L occasion est belle, également de réinventer un nouveau rapport avec Saint-Nazaire, le pôle industrialo-portuaire majeur de l estuaire. Le monde économique est, dans cette affaire, en première ligne. Les entreprises de Nantes et de Saint-Nazaire, qui vivent au quotidien la complémentarité entre le pôle nazairien et la place de services nantaise, ressentent la nécessité de faire front commun et créent en 1989, le Groupement interconsulaire de Loire-Atlantique (Gila), qui devient un outil commun aux deux chambres. Le monde politique n est pas en reste, et s appuyant sur la bonne entente entre les maires des deux villes, va encourager les complémentarités, multiplier les coopérations pour créer ce qui deviendra à terme la métropole Nantes Saint-Nazaire. Cette période, le début des années quatre-vingtdix, est capitale à plus d un titre. Elle marque un rapprochement des collectivités de toutes tendances, l établissement d une confiance réciproque qui ne se démentira plus. La Région des Pays de la Loire, le Département de Loire-Atlantique, les Villes de Nantes et de Saint-Nazaire, s accordent ainsi pour promouvoir de grands projets structurants, notamment dans le domaine de l enseignement supérieur, et pour >>> 9

12 Quand la ville s ouvre : Une histoire en mouvement Urbanisation en Urbanisation aujourd hui. encourager l implantation de grandes entreprises de services. Les élus, qui travaillent en bonne intelligence avec le monde économique et les services de l Etat, font preuve d une maturité qui va permettre à l agglomération nantaise et, plus largement, à l estuaire de la Loire, d ouvrir une nouvelle page de son histoire. Le renouveau culturel de l agglomération, porté par une structure, le Centre de Recherche et de Développement Culturel (CRDC), qui a fait ses armes dans les communes de la périphérie nantaise et à Saint-Nazaire, participe de ce renouveau. Nantes redevient peu à peu la ville de tous les possibles, mais cette fois l échelle a changé, c est une grande agglomération urbaine qui voit le jour, une métropole bipolaire même, qui entend s imposer comme centre de gravité urbain du quart Nord-Ouest de la France. La naissance de la Métropole La traduction institutionnelle de cette nouvelle géographie est officialisée le 1 er janvier 1992 par la création du District de l agglomération nantaise, doté de ressources propres, qui regroupe vingt, puis vingt-et-une communes. C est la grande époque du développement des transports collectifs, de l extension du réseau de tramway, du bouclage du périphérique, de l arrivée du TGV et plus généralement de réflexions approfondies sur l équilibre de l agglomération. L implantation de grands équipements n est plus pensée à l échelle communale, mais au niveau de l agglomération, de la nécessaire harmonisation entre le nord et le sud de la Loire et l est et l ouest. Entre 1995 et 1997, le District engage une démarche volontariste de structuration de l agglomération en adoptant le Projet 2005 et en intégrant la compétence d animation du développement économique ; parallèlement, la création du Comité consultatif d agglomération, préfiguration du Conseil de développement, offre à la société civile la possibilité d émettre des analyses et des propositions sur le devenir de l agglomération. Et c est tout naturellement qu au début des années 2000, dans le cadre des nouvelles dispositions légales sur l intercommunalité, que le District de Nantes, par la volonté de la quasi-totalité des élus, choisit de se transformer en Communauté urbaine, le plus haut degré de coopération entre les communes. Le périmètre s est encore élargi puisqu il englobe désormais vingt-quatre communes, du Pellerin à Mauvessur-Loire, de Saint-Léger-des-Vignes à la Chapelle-sur-Erdre. Si les élus sont désormais rompus au travail en commun, si la répartition des responsabilités est la plus harmonieuse possible entre la ville centre et les communes de la périphérie, il n en reste pas moins Le projet 2005 porté par le district de l agglomération nantaise en >>> 10

13 de grandes différences de culture entre les services des communes, ce qui pose des problèmes pratiques et risque d altérer l égalité de traitement des usagers en différents points de la Communauté urbaine. La toute nouvelle Communauté lance alors un grand chantier d harmonisation, en créant des pôles de proximité, transcendant les frontières communales, lesquels vont permettre de lisser la qualité des services publics sur l ensemble de son périmètre. Voierie, éclairage, déchets, transports sont désormais pensés, réalisés, entretenus avec la même philosophie, les mêmes moyens sur l ensemble de l agglomération. Un tarif unique de l eau est institué sur l ensemble de la Communauté urbaine, où pas moins de trente zones tarifaires existaient auparavant. Au fil des ans, le choix de ce haut degré de coopération, qui permet à la fois de voir plus loin et plus grand tout en garantissant, dans le détail, l attention portée aux habitants, emporte l adhésion de l ensemble des élus. Voir plus loin Voir plus loin et plus grand, c est aussi conforter la métropole Nantes Saint-Nazaire. Dans la foulée des deux conférences métropolitaines, organisées en 2005 et 2006 pour permettre aux élus et aux acteurs du territoire de réfléchir ensemble à leur avenir commun, deux évènements majeurs vont marquer l année 2007 : la première édition de la biennale Estuaire et la création du Schéma de cohérence territoriale (SCoT). Ces deux évènements, qui s inscrivent dans des registres apparemment étrangers l un à l autre : la culture et l aménagement, sont en fait complémentaires. En invitant les habitants à découvrir un espace méconnu et jusqu alors difficilement accessible, Estuaire ouvre de nouveaux horizons aux citadins en leur permettant de visualiser, de Couëron à Donges, de Cordemais à Saint-Brévin, la richesse et la diversité d un estuaire que certains urbanistes n hésitent pas à imaginer comme un immense parc métropolitain bordé de villages lacustres. Parallèlement à l élaboration du SCoT, qui regroupe dans un premier temps cinq structures intercommunales (désormais six avec le Pays de Blain) et permet de penser l avenir de ce vaste ensemble, en jetant les bases d un développement maîtrisé, poursuivant trois objectifs : favoriser le bien-être de la population, garantir le fonctionnement de l espace économique et protéger l environnement. Le risque commence en effet à pointer, en raison de la puissance d attraction de la Métropole, de voir le territoire confronté dans les années qui viennent à un développement incontrôlé, qui pourrait altérer la qualité de vie des habitants et dénaturer un espace dont chacun s accorde à louer la qualité. C est pour faire face à ce risque qu est engagée la transformation concomitante des anciens POS et Plans locaux d urbanisme pour les vingt-quatre communes de l agglomération, afin de traduire les orientations du SCoT dans la construction de la ville. «Il ne peut pas y avoir d un côté des communes ou des quartiers dynamiques et bien équipés, habités par les plus favorisés et de l autre des zones délaissées à l intérieur des villes ou dans le tissu périurbain où seraient assignés à résidence ou rejetés les ménages à revenus modestes ou moyens. Notre engagement commun pour l avenir est fondé sur la volonté d une solidarité renforcée entre les territoires et sur une volonté politique forte que la croissance et le développement profitent à tous et soient facteurs de réduction des inégalités territoriales, sociales et culturelles». C est en ces termes que le président de Nantes Métropole et le celui de la Carene (Communauté d agglomération de la région nazairienne) affirment en 2008, à Lavausur-Loire, leur volonté de renforcer leur coopération pour créer à terme une «Éco-métropole», un archipel urbain qui conjugue les avantages offerts par les deux pôles et conforte les nombreux atouts d un territoire intermédiaire que l histoire et la géographie ont préservé. Plusieurs chantiers sont ainsi ouverts, notamment dans les domaines de l enseignement supérieur, de l excellence économique, de l accessibilité et des déplacements métropolitains. La charte de développement et d aménagement de Nantes Métropole (2002). >>> 11

14 Quand la ville s ouvre : Une histoire en mouvement Les responsables vont même plus loin, ils dressent de nouvelles perspectives en insistant sur la nécessité de lancer de nouvelles coopérations avec les grandes villes de l ouest, notamment Rennes, Angers et Brest. Réseau : c est l un des maîtres mots de l élan politique donné en 2008 par les nouvelles équipes qui prennent en main les destinées de Nantes Métropole. Désormais, et c est l une des conséquences heureuses de l habitude qu ont pris les uns et les autres de travailler ensemble, on ne raisonne plus en termes de frontières communales ou intercommunales, départementales ou régionales mais en termes d intérêts communs et de logiques partagées. Des coopérations à géométrie variable se mettent en place, notamment avec les grandes villes de l Ouest. Nantes-Angers Opéra existe déjà, bientôt le Crédit municipal de Nantes installera une antenne à Angers. Nantes et Brest ont des intérêts communs en matière de recherche scientifique, d économie maritime, des rap pro - chements sont mis en œuvre. Mais c est sans doute avec Rennes que les choses vont le plus loin et le plus vite. Les deux agglomérations, qui entendent peser ensemble au plan national et international instituent dès 2009 une conférence permanente et ouvrent cinq grands chantiers. La coopération entre Rennais et Nantais au sein du pôle mondial de compétitivité «images et réseaux» est une belle illustration de ce rapprochement. Nantes apporte sa dynamique et son savoir-faire dans l édition logicielle et les systèmes d information, Rennes son expérience en télécommunications, audiovisuel et télévision. Et ce n est pas tout à fait un hasard si les deux premières cantines numériques qui voient le jour en France, hors Paris, sont situées l une à Rennes, l autre à Nantes. Au-delà des frontières, Nantes Métropole s inscrit également dans de nombreux réseaux internationaux, dans des registres aussi divers que les transports collectifs, les industries créatives ou la protection de l environnement. C est un enjeu capital pour une agglomération excentrée en l Europe, à l écart des flux naturels de circulation. Elle joue ainsi un rôle majeur, aux côtés de Manaus, Dakar et Durban, au sein du réseau Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), fer de lance des villes dans la lutte contre le réchauffement climatique. Nantes Métropole occupe par ailleurs une place de choix au sein du groupe Eurocités, réseau de cent quarante villes européennes de plus de habitants qui réfléchissent et expérimentent des solutions pour une approche durable du développement urbain. À tel point que la cité des Ducs a été élue pour accueillir à l automne 2012 l assemblée générale d Eurocités. Mais la plus belle réussite sur ce chapitre est sans contexte l élection de Nantes au titre de «Capitale verte de l Europe 2013». Cette élection salue le travail conduit depuis des années sur l agglomération en matière de protection des espaces naturels, de transports collectifs ou de réduction des émissions de gaz à effet de serre. La qualité de vie des citoyens est aussi un des critères de choix pour ce prix initié par la Communauté Européenne. Ce qui laisse à penser que cette qualité de vie est remarquable en Europe. Inventer la ville de demain Pour autant, les habitants du centre de Nantes et ceux de Saint-Aignan-de-Grand-Lieu, les employés de Sainte-Luce-sur-Loire ou d Indre, les étudiants de la Chantrerie ou du Petit Port n ont pas tous la même perception, forcément subjective, de cette qualité de vie dans l agglomération, qu ils fréquentent quotidiennement. Certains veulent préserver un cadre résidentiel champêtre tout en évitant les problèmes de circulation, d autres privilégient l accès aux services, qu ils soient commerciaux ou publics, d autres encore souhaitent vivre dans une ville animée, bien desservie au plan national et international. Tous ou presque s accordent pour bénéficier d un emploi plaisant dans un cadre agréable, préservant l environnement et la douceur de vie. Certes, mais ces souhaits sont parfois contradictoires, d autant que la dynamique démographique de l agglomération ne se dément pas et que la Métropole devrait compter cent mille habi- Le pôle métropolitain Nantes Saint-Nazaire. >>> 12

15 Le pôle métropolitain Loire-Bretagne. tants de plus au terme des vingt prochaines années, sous le double effet du solde naturel positif et de l attractivité de la Métropole. Comment faire pour préserver cette qualité de vie au cours des prochaines années sans étaler l agglomération plus que de raison, multiplier les coûts et les temps de transport? Comment encourager intelligemment l activité économique pour que chacun dispose d un emploi dans les années à venir, alors qu une partie des métiers de demain n existe pas encore? Bref, comment la géographie urbaine doit-elle évoluer pour que chacune et chacun, enfants et personnes âgées, étudiants et actifs, y trouve son compte et, au-delà, y cultive un art de vivre partagé? C est tout l enjeu de la réflexion conduite depuis deux ans dans le cadre de Ma ville demain, qui a mis à contribution citoyens et associations, experts de la prospective et responsables locaux. Cette démarche a montré la maturité des habitants pour la chose publique, l avenir de leur territoire et préfigure les coopérations qui pourront désormais soutenir la mise en œuvre du projet. Elle a mis en lumière un socle commun de valeurs, reposant sur une authentique culture collective, nourrie d un esprit d entraide, d une envie d échanges, d une soif d innovation et portée par la volonté de construire ensemble une ville durable et solidaire. Les habitants ont, dans le même temps, exprimé un profond attachement à leur quartier, leur commune et leur souhait de préserver un cadre de vie laissant une grande place à la nature et à l eau. Ils ont, en outre, manifesté leur attachement à la tradition d accueil et d ouverture au monde qui caractérise le territoire. Les élus disposent ainsi d une base de réflexion exceptionnelle pour esquisser la nouvelle cartographie de l agglomération nantaise, pour arbitrer entre les souhaits et les désirs des uns et des autres, pour résoudre au mieux les inévitables conflits d intérêts. Cette réflexion aura eu une vertu majeure, celle d associer concrètement les habitants à leur propre devenir, à faire émerger des questions, des enjeux insoupçonnés. Une démarche singulière, dans l esprit d ouverture qui est, en quelque sorte, la marque de fabrique de la culture locale et qui fait de Nantes Métropole une agglomération pionnière dans l élaboration de son propre futur. >>> 13

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17 >>> Le projet 2030 pour la métropole nantaise

18 PROJET 2030 La Métropole que nous voulons >> LA MÉTROPOLE Cent mille habitants supplémentaires au cours des vingt prochaines années, un nouveau rapport à l espace, une économie qui se transforme, des technologies qui bouleversent la vie quotidienne La Métropole ne sera plus en 2030 ce qu elle est aujourd hui. Portée par l augmentation naturelle de sa population, qui contribuera pour l essentiel à sa croissance, renforcée par l installation de nouveaux arrivants, de nouvelles activités, elle aura changé de costume pour endosser les habits d une grande agglomération urbaine du XXI e siècle. Elle n en restera pas moins un lieu de vie, de travail, un espace partagé, qui devra répondre en premier lieu aux besoins fondamentaux de ses habitants : disposer d un logement, d un emploi, offrir de bonnes conditions d éducation aux enfants, de formation aux jeunes gens, proposer un cadre de vie de qualité à tous. Quelle forme va prendre cette Métropole? Ville concentrique ou archipel? Va-t-elle gagner en hauteur pour économiser l espace ou poursuivre son expansion spatiale? Comment vivra-t-on ensemble demain? Comment s y déplacera-t-on? Quels seront les moteurs de son économie, comment battra le pouls de son activité? Dans quelle mesure le numérique modifiera-t-il les comportements, les usages, qui nous semblent naturels aujourd hui? Dans un univers en mutation accélérée, il est plus que jamais nécessaire de penser la ville de demain, de fixer un cap, pour ne pas être ballottés au gré des mouvements, parfois erratiques, d un monde qui se cherche. Il s agit de dresser les grandes lignes d un projet urbain connecté à son territoire dans toutes ses dimensions : locale, régionale, nationale et internationale. Il s agit, dans le même temps, de penser une cité à taille humaine, active, agréable à vivre pour toutes les générations, fonctionnelle, animée, qui soit économe en espace et en énergie, qui optimise ses ressources, en premier lieu l urbanisation existante, sans altérer cette alchimie singulière qui fait le plaisir de vivre dans la Métropole. Le pari d associer un maximum d acteurs à la démarche prospective Ma ville demain, ce défi consistant à «construire collectivement un nouveau projet» était aussi risqué qu ambitieux. Une véritable soif de participation et de partage s est manifestée à l occasion des débats et des appels à contributions. L émergence de cette «intelligence collective» est sans doute l une des grandes leçons de cette consultation. La ville ne s inventera plus demain sans la contribution des usagers, qui souhaitent être associés de plus près non seulement au choix des destinations finales d usage mais aussi à l action collective. Il faudra sans doute, à l avenir, imaginer de nouvelles formes de participation pour répondre à cette demande de partage qui traduit la maturité des pratiquants de l espace urbain. Certes, il a fallu trier, ordonner, fertiliser pour mettre en perspective les multiples contributions. Et si certaines préoccupations, comme la place de la nature dans la ville, font l unanimité, d autres, comme la question de la rationalisation de l espace, révèlent des tensions, des contradictions. Mais ce travail s est avéré extrêmement fécond et offre une base précieuse. «Aller vers l excellence internationale», «Miser sur l innovation et la créativité» ou «S appuyer sur les ressources locales et la citoyenneté», la question n était pas de choisir entre les trois visions qui se sont dégagées au fil de la démarche, mais d extraire la substantifique moelle de chacune, pour construire un projet partagé, cohérent et viable, qui réponde au plus près aux besoins et aux souhaits de ses habitants. C est ce choix qu exprime ce document. >>> 16

19 QUE NOUS VOULONS LA BONNE ÉCHELLE Une Métropole qui respire Un emploi pour tous et une économie innovante Une métropole apprenante Une mixité et une cohésion sociale renforcées Une nouvelle culture de la mobilité La forme de la ville >>> 17

20 PROJET 2030 : La Métropole que nous voulons La bonne échelle Les métropoles françaises ont pris une place grandissante dans le paysage hexagonal ces dernières années, renforçant une armature urbaine quelque peu déséquilibrée au regard des autres pays européens. Les grandes agglomérations urbaines se sont émancipées et ont créé de nouvelles centralités, mieux réparties sur le territoire. Leur rôle de moteur économique, leur capacité d innovation, leur rayonnement, en font désormais des lieux de concentration et de polarisation démographique. Cette nouvelle épaisseur leur confère une responsabilité particulière sur l ensemble de leur aire d influence dans la crise économique, écologique et sociale que nous traversons. L agglomération nantaise a conquis dans ce contexte une place incontestée dans le Grand Ouest, comme en témoigne sa remarquable attractivité, tout en préservant une qualité de vie à laquelle ses habitants sont profondément attachés. Elle doit aujourd hui penser son avenir en tenant compte d un double enjeu : conserver ses atouts d agglomération à taille humaine et assurer le rôle de locomotive qui lui revient à l échelle d un territoire beaucoup plus vaste, en premier lieu la Nantes Métropole n est pas seulement un périmètre de vingtquatre communes, c est un ensemble de quartiers, de communes, d espaces naturels qui s insèrent dans un territoire périurbain, de campagnes, de villes. Bretagne et les Pays de la Loire, afin de garantir sur le long terme le dynamisme et la prospérité de tous. Nantes Métropole n est pas seulement un périmètre de vingt-quatre communes, c est un ensemble de quartiers, de communes, d espaces naturels qui s insèrent dans un territoire périurbain, de campagnes, de villes avec qui il est nécessaire de travailler, de collaborer, pour répondre ensemble aux défis qui se profilent, qu il s agisse de l emploi, de la cohésion sociale ou de l environnement, mais aussi pour peser d un poids suffisant à l échelle hexagonale et européenne. Ces défis ne sont pas simples à relever puisqu il s agit de conjuguer les services quotidiens à la population et les grandes fonctions métropolitaines (infrastructures, établissements d enseignement supérieur, sièges sociaux des grands groupes, services de haut niveau pour les entreprises, rayonnement culturel ). Cela pose nécessairement la question de la gouvernance : on ne décide pas à la même échelle de la création d une bibliothèque de quartier et de l implantation d un grand équipement métropolitain. La gestion de la vie quotidienne et la réflexion stratégique ne s envisagent pas dans les mêmes termes. Toutes deux sont pourtant nécessaires. L échelle du quartier, du bourg, bien doté en commerces et en services, facilitant les rapports humains, restera vraisemblablement à terme, l échelle de base de la vie quotidienne. Une vie quotidienne simplifiée par la proximité des services publics et rythmée par les activités des associations, traduisant l engagement collectif et volontaire des uns et des autres, la capacité à détecter des besoins sociaux, à porter des initiatives. Le citoyen souhaitera, comme l a mis en lumière la démarche Ma ville demain influer plus directement sur les choix qui conditionneront l organisation de son existence. De ce point de vue, l échelle fondamentale du service public métropolitain, basée sur les pôles de proximité, semble pertinente. Mais l institution, aujourd hui assise sur le couple élu-technicien, devra à terme évoluer pour laisser une plus grande place au citoyen-usager. Cette coproduction des politiques publiques ne va pas de soi, même si la culture locale, «le jeu à la nantaise», fait de coopération et d intelligence collective, est un indéniable atout. La commune est le premier échelon vécu de la démocratie locale, l échelle métropolitaine est plus floue dans les esprits et les usagers ont l impression diffuse qu ils n ont pas la main sur les décisions importantes. Une nouvelle forme de participa- >>> 18

21 tion des citoyens-usagers est donc à inventer. Le dialogue citoyen doit être renforcé pour définir les politiques publiques métropolitaines. Dans cette perspective, la collectivité va devoir se pencher avec attention sur une fonction qui va prendre une importance croissante : l animation du territoire. C est l une des dimensions que la réforme territoriale en cours d élaboration devra prendre en compte, affirmant plus généralement le rôle central des Métropoles dans l architecture institutionnelle. À l échelle du bassin de vie la question de la gouvernance se pose en d autres termes, parce qu elle recouvre une géographie plus large et convoque des institutions différentes. Certaines questions, qu il s agisse de la coordination des transports, de la répartition des emplois et des logements, de l identité fluviale et maritime, se posent à l échelle de l aire urbaine, du département, voire de la région. Il s agit donc de créer les conditions d un dialogue fructueux avec les autres collectivités locales, le Conseil général et le Conseil régional, mais aussi avec les autres territoires, en premier lieu ceux qui bordent l agglomération, et en prenant appui sur les deux pôles métropolitains, La collectivité va devoir se pencher avec attention sur une fonction qui va prendre une importance croissante : l animation du territoire. Nantes Saint-Nazaire et Loire Bretagne. Les intérêts de tous sont en effet étroitement imbriqués et la géographie de la Métropole doit se dessiner en tenant compte du fait qu elle est le cœur d un vaste ensemble, qui doit être bien irrigué, accueillant et attentif aux préoccupations de territoires périurbains qui ont leur propre histoire, leur propre logique. Cette gouvernance peut et doit s inventer sur des périmètres à géométrie variable, qui ont tous leur pertinence, sur des champs différents. C est à l échelle de Nantes Saint-Nazaire que peuvent se résoudre certaines questions industrielles ou environnementales, mais les questions posées aux habitants de la seconde ou de la troisième couronne nantaise ne peuvent se traiter à cette seule échelle. Les problèmes sociaux, le nécessaire équilibre entre territoires ruraux et territoires urbains, doivent également être débattus à l échelle de la Loire-Atlantique. Le schéma des transports ou le développement économique s envisagent, quant à eux, au niveau régional. Enfin en matière d enseignement supérieur et de recherche, de tourisme ou de grands projets, il est nécessaire de débattre avec les grandes villes de l Ouest. Une forme de gouvernance à la carte est, à ces différentes échelles, peu à peu, entrée dans les mœurs. Il n est désormais plus besoin d habillage institutionnel pour travailler ensemble. C est un acquis, qui donne de la souplesse à tous, qu il est nécessaire de préserver. Et c est une chance pour l Ouest que de bénéficier d un socle culturel commun, qui permet de développer ce type de coopérations. >>> 19

22 PROJET 2030 : La Métropole que nous voulons La bonne échelle >>> Orientations 1. Favoriser l appropriation citoyenne de la dimension métropolitaine en créant des lieux pérennes d information et de discussion, en poursuivant les expériences de démocratie participative et en promouvant la co-construction des politiques publiques métropolitaines. 2. Approfondir la construction communautaire en respectant l identité et la diversité des communes dans la clarté des rôles de chacune des collectivités publiques, en particulier en matière d excellence économique et de solidarité. 3. Répondre à l échelle de Nantes Saint- Nazaire aux défis d équilibre urbains, environnementaux et économiques à l échelle de la métropole Nantes Saint- Nazaire. 4. S appuyer sur le pôle métropolitain Nantes Saint-Nazaire pour conforter les activités industrielles et portuaires, développer la fonction touristique et valoriser l estuaire. 5. Penser dorénavant les grands équilibres du développement en dialogue avec les territoires environnants de Loire- Atlantique et de Vendée. 6. Jouer pleinement son rôle de capitale régionale dans l animation du territoire en développant les dynamiques conjointes, avec en particulier les villes moyennes. 7. Prioriser les coopérations à l échelle du pôle métropolitain Loire Bretagne avec les grandes villes de l Ouest - Angers, Rennes, Brest, Saint-Nazaire - autour des grandes questions : des infrastructures, du tourisme, de l enseignement supérieur et de la recherche, et des coopérations spécifiques (les TIC et la recherche avec Rennes, le végétal avec Angers ). >>> 20

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24 PROJET 2030 La Métropole que nous voulons Une Métropole qui respire L élection de la Métropole au titre de «Capitale verte de l Europe» en 2013 ne salue pas seulement une politique exemplaire en matière de protection de l environnement, de déplacements ou de gestion des déchets, elle met en lumière les atouts préservés d un cadre naturel exceptionnel. L Histoire a en effet permis que l estuaire de la Loire ne soit pas urbanisé de façon anarchique et que se développent parallèlement deux agglomérations complémentaires à taille humaine, Nantes et Saint-Nazaire, aérées, préservant entre elles un poumon de verdure d une surface et d une qualité rare en Europe à cette échelle. Il est presque surprenant, en effet, qu une localisation aussi stratégique, au débouché de l un des plus grands fleuves du continent, située en bordure de l un des océans les plus fréquentés de la planète ne soit pas, en ce début de XXI e siècle, colonisée plus avant, quand l on sait l attirance des populations, des activités humaines, pour les rivages. Certains grands voyageurs considèrent même que ce «désert urbain» au regard de sites comparables sur le globe, situé face au soleil couchant, est une bénédiction historique qui n a pas encore été appréciée à sa juste valeur. Les habitants de l agglomération nantaise, installés au chaud, au creux du fleuve, protégés par cet estuaire mal connu, ont une conscience diffuse de cette chance, comme en témoigne la fréquence des allusions à la nature dans leur vision de la ville demain. Cette conscience a été opportunément rafraîchie par la manifestation Estuaire, laquelle a permis aux habitants de la métropole de découvrir ou de redécouvrir la richesse et la beauté du cadre naturel qui enveloppe les rives de Loire. Cet atout singulier, cet Plus personne ne se voile la face. Le changement climatique est en route, tout comme la raréfaction des énergies fossiles. immense réservoir de verdure, qui se conjugue avec une urbanisation douce sur l ensemble de la métropole, sera demain une ressource extrêmement précieuse dans un environnement appelé à changer, sous le double effet de l augmentation de la population et des nouvelles donnes climatiques et énergétiques. Plus personne, en effet, ne se voile la face. Le changement climatique, susceptible de faire grimper les températures du globe de 1,4 à 4 au cours du siècle, est en route, tout comme la raréfaction des énergies fossiles. Ce qui va conduire progressivement à une évolution des modes de vie, qui devront être plus économes en énergie et globalement plus sobres si chacun veut préserver un cadre de vie mis en danger par l illusion de profusion et d impunité environnementale qui ont marqué le dernier demi-siècle. Les pouvoirs publics jouent déjà, et vont jouer dans les prochaines années, un rôle essentiel dans la préservation de la biodiversité, menacée ici comme ailleurs, et de l environnement : avec les zonages Natura 2000, ZNIEFF, la réduction de l usage des pesticides, la création des forêts urbaines, les diagnostics biodiversité dans les exploitations agricoles, la restauration de cours d eau Déjà le projet de forêts urbaines est engagé, lequel consiste à maintenir et développer, à l échelle de l agglomération, des espaces boisés et bocagers contribuant à la diversité des milieux naturels et au développement local, en complément des coulées vertes déjà existantes. Ce projet s inscrit sur trois sites, constituant un ensemble de hectares, aux Le projet de forêts urbaines est engagé, en complément des coulées vertes déjà existantes. portes de la ville, sur le territoire de huit communes de l agglomération. Un conseil de la biodiversité est en place, qui planche notamment sur un parcours qui révèlera un véritable réseau écologique traversant Nantes d est en ouest. Du lac de Grand-Lieu à Brains, en passant par la vallée du Cens ou la Roche-Ballue à Bouguenais, des sentiers de Goulaine à ceux de Mauves-sur-Loire, des parcours permettent de découvrir cette diversité sur toute l étendue de la Métropole et au-delà. Mais chacun est bien conscient que l enjeu n est pas seulement scientifique, esthétique ou récréatif. Il ne s agit pas uniquement de préserver l environnement visible, mais de traiter les questions au fond, d intégrer cette préoccupation à toutes les questions d aménagement urbain, de gestion de la vie en commun. Les collectivités devront être exemplaires, en adoptant d une part des pratiques vertueuses dans le cadre de leurs politiques publiques (constructions économes, économie de l espace, recyclage accru des déchets ) et d autre part en concevant une réglementation qui aboutisse à la création d une ville plus sobre, en harmonie avec son environnement. Chacun est toutefois bien conscient que, dans ce registre, les leviers ne sont pas exclusivement locaux, loin s en faut. C est au niveau national, et plus encore à l échelle internationale que doivent être élaborées les réponses aux principales menaces qui pèsent sur l ensemble de la planète, en particulier le réchauffement climatique, qui pourrait à terme modifier l environnement de l estuaire. Les collectivités locales n en ont pas moins un devoir d anticipation sur ce chapitre. Nantes Métropole qui a piloté plusieurs groupes de travail à l occasion des sommets mondiaux sur le climat, a été en pointe dans ce registre, soulignant le >>> 22

25 fait que les concentrations urbaines jouaient un rôle central dans la lutte contre l émission de gaz à effet de serre et la préservation de la qualité de l environnement, dans toutes ses dimensions. Cela étant, les politiques publiques ne peuvent pas tout et sont vouées à l échec si l ensemble de la population ne s implique pas dans le processus. Certes la prise de conscience des grands enjeux environnementaux progresse régulièrement, mais elle doit aller de pair avec des changements notables de comportements, que ce soit en matière de déplacements, de traitement des déchets ou de consommation d énergie. La responsabilité collective convoque irrémédiablement la responsabilité individuelle et le terme de coresponsabilité prend ici tout son sens. Rien ne se fera de durable sans l adhésion des habitants de la Métropole, sans leur engagement personnel. La collectivité a, de son côté, un rôle d alerte, de prévention auprès des populations. C est notamment le cas pour la santé. La progression de l obésité est, par exemple, un problème qui doit interpeller les pouvoirs publics. Ce phénomène contemporain, qui questionne plusieurs champs l alimentation, le mode de vie, le rapport à la mobilité doit être une source de réflexion pour les fabriquants de la ville, les aménageurs, lesquels doivent l avoir présent à l esprit en concevant des espaces, des circulations douces encourageant le mouvement, la marche à pied, l usage de la bicyclette. Plus généralement la question des temps, de l accélération (transports, information ), de la désynchronisation des temps sociaux font peser des risques sur le vivre ensemble, facteur important d inégalités. S il est un domaine qui permet de concilier la plupart des préoccupations environnementales, La responsabilité collective convoque irrémédiablement la responsabilité individuelle. qui conjugue la préservation des espaces naturels en limitant les gaspillages, qui touche la question de la santé, c est bien le développement des circuits courts en agriculture. La Métropole comprend 62 % d espaces naturels dont la majorité est entretenue par l agriculture. Certes les agriculteurs ne sont pas en mesure de nourrir l ensemble de la population locale, mais la marge de progrès reste importante dans ce secteur. Pour conserver une agriculture variée, respectueuse de ses sols et viable économiquement, l agglomération nantaise doit continuer à encourager les changements de pratiques qui se sont fait jour ces dernières années. Changements de pratiques qui offrent le triple avantage de proposer des produits sains au consommateur, des produits disponibles localement, et qui permet aux agriculteurs d avoir une plus grande visibilité sur leur production. La ville est peut-être ici la solution de la campagne, tout comme la campagne peut être la solution de la ville. L agglomération a, dans ce domaine, une longue tradition avec les filières viticoles et maraîchères, qu il est capital de préserver, de réinventer. La prise en charge des friches agricoles, l installation de jeunes agriculteurs, doivent dans ce sens rester des priorités de la collectivité, en dépit des problèmes de modèle économique que cela pose. En deux mots, les filières locales doivent faire l objet d une grande attention, pour être préservées, sauvegardées. Le développement des circuits courts peut cohabiter sans dommage avec les canaux de distribution classiques et participer à la dynamisation d une institution millénaire qui revient en force : le marché. Simple, convivial, La ville est peut-être ici la solution de la campagne. générateur de lien social, le marché, qui anime et humanise l espace public, est le lieu idéal pour favoriser le lien entre consommateurs et producteurs régionaux. Les collectivités sont, par ailleurs, appelées à jouer un rôle moteur en développant les coopérations avec les agriculteurs locaux pour la restauration collective, notamment à destination des restaurants scolaires. N oublions pas non plus une demande sociale s inscrivant dans la même logique : celle de la création de jardins collaboratifs dans les quartiers. Ces jardins permettent aux habitants de cultiver et de consommer des aliments sains qu ils ont produits eux-mêmes, limitent leurs dépenses de nourriture et favorisent les liens sociaux. Pour toutes ces raisons, la collectivité doit être réceptive à ces demandes, et faire en sorte que les espaces nécessaires soient proposés dans les meilleures conditions. >>> 23

26 PROJET 2030 : La Métropole que nous voulons Une Métropole qui respire >>> Orientations 1. Engager la transition vers une ville postcarbone afin d anticiper les dérèglements climatiques et les risques futurs en prônant la sobriété dans l usage des ressources environnementales, humaines et financières. 2. Structurer le développement urbain autour de la trame verte et bleue, en renforçant la présence de la nature dans l agglomération et faire de la métropole un lieu de biodiversité. 3. Valoriser et mettre en réseaux les grands espaces naturels de l agglomération et la Loire et ses affluents comme socle patrimonial commun et lieux de vie. 4. Intégrer les enjeux de santé environnementale dans tous les projets urbains, prévenir et lutter contre les pollutions (air, bruit, ondes, eau ) 5. Renforcer les interventions en matière de réhabilitation énergétique des bâtiments et lutter contre la précarité énergétique des ménages défavorisés. 6. Soutenir les initiatives citoyennes de cogestion et donner les moyens de mesure et d action aux habitants (information, ressources, outils ) afin de favoriser les comportements respectueux de l environnement. 7. Développer une stratégie de production locale (biens et services, alimentation et énergie renouvelable). 8. Organiser les conditions de la production d énergies renouvelables pour l alimentation du territoire. >>> 24

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28 PROJET 2030 La Métropole que nous voulons Un emploi pour tous et une économie innovante La diversité du tissu économique de la Métropole est aujourd hui une force incontestable. L équilibre entre les bases productive, publique, sociale et résidentielle, est considéré par les économistes comme l une des clefs de la réussite nantaise. La Métropole a en effet réussi à conserver une industrie puissante (aéronautique, agroalimentaire) en dépit de la crise de la construction navale, à développer des secteurs de pointe à forte valeur ajoutée (numérique, santé, énergies renouvelables), à s imposer comme la capitale des services du quart nord-ouest de la France et à faire prospérer un solide tissu de commerces et de services de proximité. Cette diversité, qui mêle grandes entreprises et petites et moyennes unités, a permis d amortir les crises et a encouragé une créativité qui est aujourd hui l une des caractéristiques du territoire. Pour autant, dans une économie qui s internationalise chaque jour un peu plus, l agglomération souffre, aux yeux de certains, d un handicap : elle ne possède pas de filière phare, qui permettrait d identifier clairement le territoire, à l image de Lyon, Toulouse ou Bordeaux. Et au-delà de la reconnaissance du territoire - le marketing territorial ne fait pas l unanimité - cette absence de grande filière d excellence Cette diversité, qui mêle grandes entreprises et petites et moyennes unités, a permis d amortir les crises et a encouragé la créativité. pose un problème de fond à la Métropole : les entreprises sont trop petites et les centres de décision lui font défaut. La plupart des acteurs expriment ainsi la nécessité de pousser certaines filières d excellence pour leur permettre d atteindre une taille critique, leur donnant une visibilité suffisante au plan international. Cela passe par une politique de formation et de recherche volontaire et adaptée. Plusieurs de ces filières sont bien placées pour tirer la croissance du territoire, des matériaux composites aux biotechnologies, en passant par l éolien offshore. La Métropole doit, dans ce domaine, poursuivre sa collaboration avec la Région, à l image de ce qui est fait pour le pôle matériaux avec l IRT Jules Verne, les biotechnologies ou la santé avec le CHU. La mondialisation est certes une donnée à prendre en compte, mais il est une large part de l économie qui échappe aux échanges et aux flux internationaux, l activité proprement locale, par définition non délocalisable. L évolution de la pyramide des âges, le besoin grandissant de services à la personne, sont des données qu il faut prendre en compte pour stimuler la créativité sociale, inventer de nouveaux métiers, proposer de nouveaux services et donc de nouveaux emplois. Il est nécessaire de conforter les activités classiques, commerciales, artisanales, les services aux entreprises, de continuer à rapprocher l offre et la demande notamment dans les filières sous tension (les métiers de l agriculture, la propreté, la restauration, les travaux publics). Mais il existe d autres viviers d emplois qui s ouvrent depuis quelques années. Ils recouvrent notamment les énergies renouvelables, la valorisation des déchets, les écotechnologies Autant de secteurs sur lesquels la collectivité disposera de leviers permettant d encourager les entreprises et les réseaux innovants, que ce soit dans la constitution de boucles locales ou dans le cadre du grand chantier de la transition énergétique. La France est en retard, on le sait, dans ce domaine et les opportunités ne manquent pas, qu il s agisse des nouvelles techniques d isolation des bâtiments ou de l optimisation de ressources, grâce à la valorisation des déchets notamment. Des places sont à prendre, des expériences à encourager, des innovations à soutenir, en particulier dans le secteur de l économie sociale et solidaire. Les collectivités locales ont un rôle important à jouer, en ouvrant la commande publique aux entreprises innovantes, en travaillant l imbrication nature-ville, en intégrant la question du développement durable dans leurs projets urbains. La puissance publique a également un rôle à jouer dans l accompagnement d un mouve- >>> 26

29 ment qui s est fait jour au début des années 2000 au cœur de l agglomération, dans les friches industrielles des anciens chantiers navals, sur l île de Nantes. Un rôle délicat puisqu il s agit d accompagner les jeunes entreprises qui se sont progressivement installées sur le site, à la croisée des arts et du numérique, et qui inventent certains métiers de demain. Rôle délicat parce que la créativité ne se décrète pas, qu elle a besoin pour pouvoir s exprimer d une grande liberté, et qu elle se nourrit d expériences, de rencontres, par définition imprévues. L enjeu consiste donc à créer les conditions pour que les jeunes créateurs baignent dans un univers qui stimule leur imagination et leur permette de mettre en œuvre leurs projets, sans subir une trop grande pression économique. Il s agit d entretenir un bouillon de culture, mêlant artistes, étudiants, chercheurs, créateurs et inventeurs de tout poil, et qui donne déjà des résultats dans des domaines aussi inattendus que le design, la mode ou l édition numérique. Ces créations peuvent et doivent aboutir à l émergence ou au renouveau d activités industrielles comme l habillement ou l ameublement. L initiative a en effet pour objectif avoué de renouveler le tissu économique de la Métropole, de soutenir de nouveaux acteurs, d inventer et Renouveler le tissu économique de la Métropole, soutenir de nouveaux acteurs, inventer et expérimenter les métiers de demain. d expérimenter les métiers de demain. Le danger est que ce quartier devienne à terme une simple vitrine de la création nantaise, au voisinage des «Machines de l île» mais ne donne pas naissance aux industries créatives que chacun appelle de ses vœux. Une solution pourrait consister à doubler le dispositif d un système de repérage, de stimulation et d accompagnement des créateurs. Les évolutions sont rapides et difficilement prévisibles dans cet univers en effervescence permanente, mais c est un risque à prendre pour faire prospérer ce que l on considère désormais comme une filière à part entière. Une filière qui devra d ailleurs essaimer sur l ensemble de l agglomération, en raison du besoin de locaux spacieux qu expriment les créateurs, qui trouvent souvent leur bonheur dans les friches artisanales ou industrielles. Voilà qui nous amène à la question spatiale. Si chacun aspire à résider au plus près de son lieu de travail, il n y a pas de solution globale à la question de la répartition des emplois dans l agglomération. Les zones d activités, les sites industriels dédiés, qui préservent les habitants des conflits d usage restent la solution la plus pertinente. En revanche pour les activités individuelles, artisanales ou de services, la création de quartiers mixtes, associant habitat, activités associatives, commerces, ateliers et bureaux doit être encouragée. Une condition essentielle à cela : un accès à tous et pour tout le territoire au numérique. Mais l activité économique de la Métropole ne se réduit pas à son propre territoire. Elle rayonne sur l ensemble du Grand Ouest. La complémentarité des fonctions avec Saint-Nazaire est un fait acquis. La coopération avec Rennes, dans l enseignement supérieur et la recherche, est plus récente, mais des perspectives sont tracées dans d autres secteurs, notamment dans le numérique, tout comme elles le sont avec Angers pour le végétal. Tout cela est porté par une préoccupation centrale : l économie doit être au service de l emploi. Même si la Métropole est dynamique, la crise est là, le chômage aussi. >>> 27

30 PROJET 2030 : La Métropole que nous voulons Un emploi pour tous et une économie innovante >>> Orientations 1. Garantir l équilibre des bases de l économie métropolitaine (productive, publique, sociale et résidentielle) et son potentiel industriel. 2. développer une stratégie d excellence internationale autour du domaine de compétences reconnues de la métropole nantaise : le pôle santé biotechnologie, le numérique (informatique, robotique, logiciel, Internet) et les matériaux composites. 3. Favoriser le rapprochement entreprises/ recherche/enseignement, en particulier pour encourager toutes les innovations. 4. Structurer la filière des industries créatives et favoriser son essaimage dans la métropole. 5. Encourager la transition écologique à travers l accueil et le développement des entreprises de la filière Green Tech (renouvelables, etc.). 6. Soutenir le développement et la diversification de l activité portuaire à l échelle de Nantes Saint-Nazaire. 7. Développer la vocation touristique et culturelle de la métropole Nantes Saint-Nazaire. 8. Soutenir la création d entreprises dans tous les domaines, notamment par une ingénierie repérant les initiatives émergentes. 9. Favoriser le développement de l activité artisanale dans l agglomération, en particulier expérimenter de nouvelles formes d installation. 10. Faire de l agriculture une composante à part entière de l économie au cœur de la métropole. 11. Créer les conditions du développement d une économie circulaire (monnaie complémentaire, agriculture, commerces ) et promouvoir l économie sociale et solidaire. 12. Faire du cadre de vie (services aux salariés, petite enfance) un levier de l attractivité et du développement économique. >>> 28

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32 PROJET 2030 La Métropole que nous voulons Une Métropole apprenante Une partie des métiers de demain n existe pas encore. Quelques pistes sont certes esquissées, du côté du numérique et des emplois verts, mais les effets de la mondialisation, la rapidité des mutations technologiques, l évolution des modes de vie vont inévitablement ouvrir de nouveaux horizons, modifier le paysage actuel. Qui pensait, au tournant du siècle, que les «auxiliaires de vie» pour le maintien à domicile des personnes âgées allaient devenir un important vivier d emplois? Qui imaginait en 2005, que l université formerait des «community managers» chargés de générer du trafic sur les sites internet? Les métiers changent, le rapport au travail aussi. La féminisation progresse, fait bouger les lignes, bouscule certaines rigidités. La perspective d occuper le même poste tout au long de sa vie professionnelle s estompe peu à peu au profit d itinéraires composites, de parcours renouvelés. Les mentalités évoluent, une plus grande souplesse il est important d expérimenter, de tenter de nouvelles approches, pour préparer au mieux les générations montantes à s insérer dans le monde du travail. est requise et dans le même temps la précarisation gagne. Un fossé se creuse entre des jeunes gens exigeants et mal préparés au monde du travail et des employeurs qui cherchent des moutons à cinq pattes, bien formés dans des techniques nouvelles et dotés d une solide expérience. L enseignement et la formation professionnelle peinent à s adapter à cette nouvelle donne, d autant que dès les premières années d école une partie des enfants est laissée sur le bord du chemin. Aujourd hui 15 à 20 % des enfants ne maîtrisent pas correctement la lecture et l écriture au sortir du système scolaire. La question n est pas simple à résoudre à l échelle locale puisque la formation initiale reste du ressort de l État. À l autre extrémité de l échelle, Nantes accuse une faiblesse en matière d enseignement supérieur et de recherche. Le chantier est gigantesque, mais la question est essentielle. La jeunesse est par définition, la clef du futur. Il est bien sûr nécessaire d optimiser le système en place, mais il est aussi important d expérimenter, de tenter de nouvelles approches, pour préparer au mieux les générations montantes à s insérer dans le monde du travail. L éducation, qui garantit la transmission des valeurs, des savoirs, qui émancipe les individus, qui ouvre sur le monde, constitue un préalable, un investissement pour l avenir. Les efforts faits en direction de la petite enfance doivent, en premier lieu, être encouragés et poursuivis. Le développement des crèches, de l accueil périscolaire, qui permet aux enfants dont les parents travaillent de bénéficier d un encadrement formé et attentif avant et après l école, est une conquête qu il faut veiller à maintenir. Le tissu associatif, les accueils de loisirs, les associations sportives et culturelles, sont également des canaux importants pour favoriser l insertion des enfants et des adolescents dans la cité et pour les préparer à leur future vie d adultes. Il est impératif que tous les enfants aient accès à la culture, aux savoirs fondamentaux, à l apprentissage des langues étrangères. Les questions de garde d enfants ne doivent plus être pensées comme un seul service public de devoir. C est un investissement pour l avenir. C est la condition pour que les femmes puissent prendre toute leur place dans la cité. Une carence peutêtre? La faiblesse relative des structures d initiation au numérique. C est un apprentissage qui peut se faire en dehors de l école, et dont certains enfants ne bénéficient pas à la maison. Paradoxalement les ordinateurs partagés, les structures collectives où les adolescents ont accès à internet pour quelques centimes sont beaucoup plus présents dans les pays en voie de développement qu ils ne le sont chez nous. Il faut veiller à ce qu aucune fracture numérique ne vienne se conjuguer avec la fracture sociale. D autant que cet apprentissage réconcilie de façon ludique les jeunes utilisateurs avec l écrit. D une façon générale, une montée en compétence des générations qui arrivent est nécessaire, de façon à leur ouvrir l horizon, à leur donner un maximum d atouts pour construire leur avenir. En matière d insertion professionnelle l un des problèmes majeurs est le décalage entre la vision théorique du monde du travail proposée à l école et la réalité. Les passerelles entre les deux univers restent trop rares et trop étroites. Il est aujourd hui extrêmement difficile pour un jeune de parvenir à l autonomie quand les seules possibilités qui lui sont offertes pour accéder au monde du travail sont des stages non rémunérés, sans perspective d emploi. Le cloisonnement entre filières classiques et filières professionnelles participe aussi de cette étanchéité entre deux >>> 30

33 mondes et ne favorise pas l orientation vers les métiers manuels, qui ont pourtant de beaux jours devant eux. En 2030 il est vraisemblable que l on aura encore besoin de plombiers, de cuisiniers, de soudeurs ou d électroniciens. Des métiers manuels vont également apparaître, dans l artisanat, les savoir-faire locaux, la création de nouveaux objets, de nouveaux instruments, répondant aux exigences d une société plus préoccupée de qualité que de quantité. Paradoxalement, certains métiers de l industrie peinent aujourd hui à recruter, alors que le taux de chômage des jeunes est au plus haut. La perception du monde du travail joue pour beaucoup dans cette désaffection. Cette perception négative, souvent liée à une représentation datée des conditions de travail, à une image dégradée de certains métiers, est un obstacle à l insertion professionnelle de nombreux jeunes. Actualiser ces représentations, apprendre aux jeunes l intérêt d avoir un projet professionnel et leur permettre de le construire est l une des clefs de leur insertion. Cela d autant que certains métiers pourraient réapparaître dans une société plus sobre et plus attentive au gaspillage, notamment des métiers liés à l entretien de matériels utilisés quotidiennement. D autres filières professionnelles sont, par ailleurs, appelées à se renouveler, à se développer dans l univers des carrières sociales, des services à la population. Il y a là un chantier à ouvrir pour adapter l offre de formation aux demandes nouvelles qui se profilent. Nantes peut et doit devenir une grande place universitaire. Pour les jeunes gens qui suivent des filières classiques, l enseignement secondaire est réputé performant puisque la région affiche l un des taux les plus élevés de réussite au baccalauréat. Pour autant, Nantes accuse une faiblesse relative en matière d enseignement supérieur et de recherche. En dépit des efforts déployés ces dernières décennies l écart reste élevé avec les villes d importance comparable. La force de Nantes est la pluridisciplinarité. C est un atout important pour les formations de premier cycle, grâce à un choix très ouvert, qui ne cesse de s élargir, notamment dans l univers du numérique. Mais cela peut devenir une faiblesse en raison de l éclatement de l offre en second et troisième cycles. Des mutualisations sont à encourager dans ce domaine avec les villes universitaires voisines, en particulier Rennes et Angers, au niveau des masters, en mettant en place, par exemple, des cours partagés. Pour conforter la recherche, il est nécessaire de faire émerger des pôles phares, en s appuyant sur les filières nantaises les plus performantes, comme la santé, les matériaux, les technologies de l information et de la communication ou les métiers du lien social, afin de leur permettre d atteindre une masse critique et une visibilité suffisantes au niveau national et international. Le développement de passerelles entre les disciplines et de projets de recherches interdisciplinaires est nécessaire. Le socle est en place, Nantes peut et doit devenir une grande place universitaire. La formation continue doit devenir la norme. Enfin, et c est une priorité qui doit être affirmée : la formation continue doit devenir la norme. Dans l économie de la connaissance, la mise à niveau et l adaptation permanente deviennent essentielles. La Métropole doit pouvoir offrir à toutes celles et tous ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances, explorer un nouvel univers professionnel, à toutes celles et tous ceux qui par choix ou par contrainte, envisagent de s engager dans une nouvelle voie, la palette de formations la plus large possible. Cela d autant qu il faudra être prêt à exercer plusieurs métiers durant une vie professionnelle appelée à s allonger. Une nouvelle culture du travail va s imposer, qui ne sera pas seulement faite de savoir-faire, mais aussi de savoir-être et de savoir-devenir. La Métropole devra travailler, dans cette perspective, à l accompagnement plus poussé des parcours personnels avec l ensemble des partenaires institutionnels, en premier lieu la Région et le Département. >>> 31

34 PROJET 2030 : La Métropole que nous voulons Une Métropole apprenante >>> Orientations 1. Faire de Nantes une grande place universitaire en continuant à offrir des formations généralistes et en développant des filières d excellence reconnues en France et à l international, s inscrivant dans les réseaux internationaux de la connaissance (recherche, accueil d étudiants étrangers, mobilité). 2. Favoriser toutes les coopérations complémentaires nécessaires entre les universités du grand ouest en lien avec la région en prenant appui sur le pôle métropolitain Loire Bretagne pour créer des synergies permettant de rayonner. 3. Conforter la place de l université dans la ville à la fois pour assurer le bon fonctionnement et la bonne liaison des sites d enseignement supérieur et de recherche entre eux et pour offrir aux étudiants les meilleures conditions possibles de qualité de vie. 4. Soutenir toutes les initiatives qui permettent de renforcer les liens entre l enseignement supérieur et les acteurs au bénéfice du territoire métropolitain en termes économiques, sociaux et culturels. 5. Accompagner l insertion professionnelle des jeunes et la réinsertion à tous les âges. 6. Contribuer aux politiques de réussite éducative de la petite enfance à la formation professionnelle et à l enseignement supérieur, notamment de façon plus précise participer à la lutte contre le décrochage scolaire et proposer une expérimentation partenariale d un service universel de l orientation. 7. Soutenir les acteurs de la formation continue et les initiatives visant à garantir l accès aux savoirs à tous et tout au long de la vie (culture scientifique et technique, langues, les Humanités). 8. Favoriser les transferts de savoirs intergénérationnels. 9. Soutenir l organisation de formations offrant des débouchés professionnels locaux (artisanat ) 10. Favoriser l enseignement par alternance et l apprentissage. >>> 32

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36 PROJET 2030 : La Métropole que nous voulons Une mixité et une cohésion sociale renforcées La civilité des relations dans l agglomération, la souplesse des rapports humains, qu illustre assez bien le respect des automobilistes pour les piétons, sont des acquis que chacun souhaite préserver. Plus généralement, l attachement des habitants à leur territoire semble créer le sentiment d un destin collectif qui les rend particulièrement réceptifs aux valeurs de solidarité et de cohésion sociale. On parle même de solidarité joyeuse, faite de rencontres de voisinage, de convivialité et d entraide. Tout n est pas rose pour autant, et certains quartiers à forte proportion d habitat social restent perçus comme des univers à part. Il y a toujours les quartiers «bourgeois» et les «cités», la banlieue chic et les villes populaires, même si cette géographie évolue et n est pas aussi marquée que dans d autres agglomérations. Le travail sur l insertion du quartier Malakoff dans le tissu urbain, effectué dans la cadre du grand projet de ville, est dans ce sens une avancée notable. La grande consultation publique en cours sur Bellevue, qui s inscrit dans la logique d intelligence collective convoquée pour Nantes 2030, devrait également participer à l effacement des frontières mentales qui perdurent entre quartiers favorisés et quartiers plus déshérités. L attention de la collectivité à la mixité de l habitat dans toute l agglomération et notamment dans les quartiers en renouvellement, le Sillon de Bretagne à Saint-Herblain, le Château à Rezé ou Plaisance à Orvault, est capitale, puisqu elle influera durablement sur la cohésion sociale de demain. Ce n est pas seulement dans les cours d immeubles, dans les rues que se nouent les rapports sociaux, c est aussi dans les commerces, les écoles, les services publics. C est également dans les salles de spectacles, les cours de dessin ou de théâtre. La culture partagée est une donnée fondamentale de la cohésion sociale. Une ville sans ségrégation est une ville où chacun se sent bien dans son quartier mais où tous les quartiers sont ouverts et praticables par tous. Il ne faut pas sous-estimer la menace de rupture que représente le déséquilibre social. Rappelons, pour mémoire, que trente-cinq mille personnes vivent en 2012 sous le seuil de pauvreté dans la Métropole. Le risque de creusement des injustices, la paupérisation d une partie de la population sur fond de discours identitaires érigeant les communautés les unes contre les autres, est réel. Il est impératif de construire une ville pour tous, basée sur l intégration et l égalité et la question du lien social doit être envisagée avec la plus grande attention. Une ville sans ségrégation est une ville où chacun se sent bien dans son quartier mais où tous les quartiers sont ouverts et praticables par tous. La solution au problème n est pas simple parce que les déséquilibres sociaux changent de nature avec le temps. Ce ne sont plus nécessairement les familles nombreuses qui traversent les plus grandes difficultés, mais de plus en plus les jeunes adultes, les familles monoparentales. La proportion de femmes seules élevant plusieurs enfants ne cesse de grimper et nombreuses sont les En 2030 la proportion des plus de soixante ans passera de 19 % à 28 %, et la plupart des personnes âgées souhaitent, ce qui se comprend, rester chez elles. détresses silencieuses qui n apparaissent pas dans les statistiques. Les situations sont mouvantes, difficiles à appréhender, et les critères d attribution de logements sociaux ne répondent pas toujours à cette évolution de la sociologie. L accès au logement pour tous est l une des questions fondamentales sur laquelle la Métropole doit continuer, sans relâche, à se pencher. Il est un autre aspect de la solidarité qu il est nécessaire de prendre en compte, au regard des évolutions attendues de la démographie, c est la solidarité intergénérationnelle. En 2030 la proportion des plus de soixante ans passera de 19 % à 28 %, et la plupart des personnes âgées souhaitent, ce qui se comprend, rester chez elles. Cette donnée n est peut-être pas suffisamment intégrée aujourd hui. Faute de moyens, ces personnes âgées ne risquent-elles pas de se retrouver reléguées dans des quartiers périphériques, éloignées des commerces et des services de première nécessité, notamment les services médicaux? Et au-delà de la question sociale, l espace public ne va-t-il >>> 34

37 pas devoir être pensé en fonction des besoins de personnes moins autonomes, se déplaçant plus difficilement et plus sujettes aux stress urbains? De gros efforts ont été faits, notamment en direction des personnes handicapées, ils doivent être poursuivis. La collectivité doit concevoir ces espaces pour les personnes les plus fragiles (personnes âgées, handicapés, enfants), pour permettre à tous les usagers de se l approprier, le rendant ainsi plus convivial, plus sûr. Elle doit veiller à garantir l exercice de l autonomie, l intégration sociale, la participation à la vie de la cité. On peut également s interroger sur l actuelle conception «masculine» de l espace public, le plus souvent conçu par des hommes pour des hommes. Cette question est l un des aspects d un problème plus général, celui de prise en considération du genre dans la vie de la cité, à laquelle la Métropole doit être attentive, en relayant les politiques publiques dans tous les domaines de la vie et en prenant, dans son champ de compétences, toutes les initiatives utiles pour réduire les inégalités. La place des femmes est-elle suffisamment prise en compte dans l espace public? Ce n est pas certain, notamment en matière de sécurité et d ambiance urbaine, de transports, de lieux de partage et d échanges. La considération du genre dans la conception de l espace public doit être une règle et s inscrire dans les faits. Une grande attention doit également être portée à l accueil des nouveaux arrivants. Les canaux d intégration naturels que sont le voisinage, l école, les associations culturelles ou sportives ne sont pas toujours suffisants, et certains néo-nantais mettent parfois plusieurs années à se sentir chez eux dans la Métropole. Des initiatives ont été prises, comme le printemps des voisins, le pique-nique annuel au parc de Procé, qui doivent être encouragées dans toutes les communes de l agglomération. Si l on revient à la solidarité intergénérationnelle, il est des expériences positives qui peuvent se généraliser, comme celle des cantines partagées entre écoles maternelles et maisons de retraite, ou des logements collectifs partagés entre seniors et jeunes gens. Dans le même registre, l échange de bons procédés entre étudiants et personnes âgées doit être encouragé. Cet échange du gîte contre de menus services (notamment les courses) est non seulement profitable aux deux parties, mais il participe à la restauration d un lien social qui s est parfois distendu entre les générations. Il permet en outre d optimiser l occupation de l espace dans une agglomération où, comme partout ailleurs, le vieillissement de la population et le départ des enfants, pourrait entraîner la multiplication de grands logements sous-occupés. Il est un terrain qui commence à jouer un rôle important en matière de lien social, c est justement celui des réseaux sociaux. Enfin il est un terrain qui commence à jouer un rôle important en matière de lien social, c est justement celui des réseaux sociaux. Les étudiants sont évidemment les plus familiers de cet univers. Mais pas seulement. Déjà fleurissent sur internet des réseaux d accueil de nouveaux arrivants, pour leur faire découvrir la ville, organiser des sorties, des rencontres. Pourquoi ne pas imaginer, comme cela se pratique ici ou là, des ateliers numériques où les enfants apprendraient aux seniors à se familiariser avec ces outils, à en tirer tout le bénéfice que l on peut imaginer pour des personnes privées de mobilité. Le champ d investigation, les nouveaux usages qui se profilent, avec des tablettes adaptées à une utilisation très simple, intuitive, est énorme. Une entreprise nantaise s est d ailleurs spécialisée dans ces tablettes tactiles pour les seniors qui connectent les générations entre elles. L émergence de ces nouvelles technologies, de ces nouveaux réseaux, est une des voies à suivre pour conforter et améliorer les liens sociaux dans la Métropole. La qualité de ces liens, sous toutes leurs formes, doit rester une préoccupation centrale de la collectivité dans les années à venir. >>> 35

38 PROJET 2030 : La Métropole que nous voulons Une mixité et une cohésion sociale renforcées >>> Orientations 1. Offrir des logements pour tous, adaptés aux besoins spécifiques (personnes âgées, personnes handicapées, jeunes, étudiants, gens du voyage, ), avec une attention aux familles et aux ménages à revenus modestes. 2. Expérimenter et développer les formes d habitat qui concilient la volonté d intensification et l aspiration à l intimité dans son logement. 3. Soutenir toutes les innovations permettant de répondre aux grands enjeux énergétiques (amélioration du bâti ). 4. Encourager les formes d habitat prenant en compte l évolution des modes de vie (de type colocation intergénérationnelle). 5. Aménager la métropole avec le souci permanent de favoriser la rencontre et le lien social. 6. Penser la ville pour les plus fragiles au bénéfice de tous ; porter une attention particulière aux personnes en situation d isolement. 7. Renforcer l action volontariste engagée de longue date de l agglomération en direction du handicap. 8. Garantir aux plus modestes un socle commun de service public et de droits et faciliter l accès aux droits sociaux et aux services publics par des actions volontaristes de médiation et d accompagnement. 9. Lutter contre la fracture numérique et favoriser l usage des technologies de l information et de la communication par tous. 10. Accentuer la lutte contre toutes les formes de précarité par l ensemble des politiques publiques mais aussi en relais de toutes les initiatives émergentes des citoyens, des associations et des acteurs. 11. Accompagner le développement des emplois de services à la personne et soutenir la professionnalisation des actifs de tous les métiers de la filière sociale. 12. Favoriser le partage des cultures et la coexistence entre toutes les générations sur le territoire métropolitain. 13. Promouvoir l égalité hommes/femmes et soutenir toutes les initiatives dans tous les domaines de la vie. >>> 36

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40 PROJET 2030 : La Métropole que nous voulons Une nouvelle culture de la mobilité La question des déplacements reste l un des problèmes les plus difficiles à résoudre dans une agglomération en développement constant, dont l aire urbaine croît à un rythme soutenu. Nantes Métropole est aujourd hui l une des agglomérations françaises où le réseau de transports collectifs est le plus développé, où des solutions innovantes sont régulièrement mises en œuvre, à l image du vélo pliant dans le tramway, où les habitants prennent eux-mêmes des initiatives comme les pédibus, le covoiturage. La création régulière de nouveaux services, qu il s agisse des chronobus ou de tram-trains, le développement des pistes cyclables, la création de parkings relais sont des succès indéniables mais se heurtent à la croissance mécanique du volume des déplacements, qui exige toujours de nouveaux efforts, de nouvelles solutions pour éviter l embolie. La mobilité n en est pas moins un enjeu majeur pour certains territoires enclavés ou certaines populations. C est un facteur déterminant d autonomie et d accès à l emploi et aux loisirs. Il ne s agit pas de chasser l automobile de l agglomération, mais d en diminuer la place au profit des autres modes, afin de maintenir la fluidité de la circulation pour tous. L évolution des mœurs, aussi lente soit-elle, la prise de conscience des enjeux climatiques, une politique progressive mais déterminée de promotion des modes de déplacement doux, laissent à penser qu en 2030 les mentalités et les usages auront beaucoup évolué, qu une nouvelle culture du déplacement sera acquise. Pour encourager ces changements de comportements, il faut favoriser la combinaison des modes et des réseaux et Il est important d impulser une nouvelle culture d usage, une nouvelle culture du partage. accompagner les nouvelles pratiques de mobilité, en s appuyant sur l information, la sensibilisation et le conseil. Le stationnement, outil de régulation et facilitateur des changements de comportement, est un des premiers leviers de la culture de mobilité, pour favoriser les résidents, mieux accueillir les visiteurs. Le stationnement est intégré à une stratégie globale des déplacements mais doit être segmenté car il ne se pose pas de la même façon lorsque l on parle de parkings-relais, de stationnement autour de la gare, en centre-ville, dans les bourgs ou autour des ensembles de logement social. Plus généralement, il est important d impulser une nouvelle culture d usage, une nouvelle culture du partage. La location de vélos en libre-service, qu il s agisse du bicloo ou de formules à la carte, est une première avancée qu il convient de consolider, d étendre. La possibilité de louer désormais des vélos électriques ajoute une nouvelle carte au dispositif. L auto-partage, à l image du réseau «Marguerite», qui permet de disposer d une voiture à tout moment, sans L organisation du territoire doit désormais s effectuer prioritairement autour des pôles urbains existants. subir les charges et les inconvénients d un véhicule à demeure, s inscrit également dans cette logique. Ce type de services, qui se heurte encore à la culture de la propriété, de l usage individuel du moyen de transport, doit se développer dans les années qui viennent. De nouvelles techniques de paiement, plus souples, s appuyant sur des outils électroniques comme le téléphone portable, seront, à cet effet, des alliés précieux. L offre de déplacements doit s adapter en permanence à l évolution des modes de vie et des rythmes urbains. Il est également nécessaire de garantir le droit à la mobilité pour tous en travaillant à une grande équité dans la tarification sociale afin de permettre le développement de la mobilité pour les plus démunis. Plus globalement, la question de la mobilité reste liée à la forme de la ville, au type de développement de l agglomération. Comme le souligne le Plan de déplacements urbains (PDU) 2010/2015 : l organisation du territoire doit désormais s effectuer prioritairement autour des pôles urbains existants (les centres-villes des communes et les grands quartiers), là où se concentrent les principaux services. Et pour favoriser les déplacements de proximité, il convient de construire un espace public de qualité à l échelle du piéton et du cycliste tout en modérant la place de la voiture et sa vitesse là où la vie urbaine est intense. Ces zones dites «apaisées» donnent ainsi la priorité à la marche, au vélo et aux transports en commun. L organisation du territoire doit également prendre en compte les axes de transports collectifs, comme le prévoient les contrats d axes, qui font travailler de concert les autorités de transport et les responsables de l urbanisation pour concevoir une urbanisation cohérente et concertée autour des axes lourds de transport. Cela n a pas toujours été le cas par le passé et l expérience montre qu il est beaucoup plus difficile d aménager l espace lorsque les infrastructures sont en place. C est la raison pour laquelle, par exemple, un travail est effectué en amont dans le cadre de la réouverture de la ligne ferroviaire Nantes Châteaubriant. La >>> 38

41 Région Pays de la Loire et Nantes Métropole planchent ensemble pour desservir de la façon la plus fine possible les zones d emploi et les zones résidentielles en forte croissance sur le nord de l agglomération. Il est nécessaire, dans cette perspective, de promouvoir les déplacements courts à l intérieur de la Métropole. Le télétravail, les espaces de co-working et l e-administration sont des évolutions qui s inscrivent dans cette logique et permettent d envisager, dans des quartiers mixtes, la multiplication de liaisons douces. Le réseau de transports collectifs existant doit être optimisé, en travaillant sur les fréquences et l élargissement de la palette horaire. Son extension est également nécessaire pour desservir, par exemple, le nouveau CHU. Ces efforts de la collectivité doivent être consentis pour permettre à tous les usagers, en particulier les personnes à mobilité réduite, quel que soit leur lieu de résidence dans l agglomération, d avoir accès à tous les grands services de la Métropole. La question d un nouveau franchissement de la Loire à l ouest de l agglomération et à l intérieur du périphérique est également posée. Ces aménagements à l intérieur du périphérique ne règleront toutefois pas la question de la périurbanité, de ces milliers de voitures qui convergent chaque matin vers le cœur de l agglomération, provenant de la deuxième, voire de la troisième couronne nantaise. La question ne peut pas être résolue à la seule échelle de Nantes Métropole. Elle doit être envisagée à l échelle du bassin de vie et du département. Il s agit de travailler sur la complémentarité entre les modes de transport, avec les différentes autorités organisatrices, de développer les pôles d échanges, d encourager la diversité des solutions, à l image du couple vélo-train. Le bus peut s avérer plus efficace sur certaines liaisons telles Nantes/Saint-Philibert-de-Grand-Lieu, le train pour d autres, comme Nantes/Pornic. L agglomération nantaise a été pionnière en matière d intermodalité, elle doit poursuivre dans cette voie, et affiner le dispositif existant, en se penchant notamment sur l adaptation des réseaux aux différents moments de la journée. Ce n est pas seulement une affaire de tuyaux, c est aussi une affaire de flux, qu il faut parvenir à réguler de la façon la plus fine possible. La Métropole doit aussi veiller à la répartition des activités économiques sur l aire urbaine, de façon à aboutir à un meilleur équilibre du territoire entre habitat et emploi, certaines activités n ayant pas nécessairement vocation à être localisées en proximité immédiate de la ville-centre. Il s agit de travailler sur la complémentarité entre les modes de transport, avec les différentes autorités organisatrices, de développer les pôles d échanges, d encourager la diversité des solutions. L accessibilité nationale et internationale de la Métropole est, enfin, une question majeure. La situation de Nantes, à l Ouest de la France et à l extrême-ouest de l Europe, exige en effet que cette accessibilité soit optimisée pour assurer à l économie locale une bonne connexion avec les grands flux d échanges intra-européens. De ce point de vue de nombreux chantiers sont d ores et déjà ouverts : l accessibilité nationale sera simplifiée grâce à une nouvelle gare SNCF, dont la capacité sera notablement supérieure à l actuelle gare, en voie de saturation. La mise en service de cette gare-pont, qui assurera également une liaison urbaine entre le nord et le sud des voies ferrées, aura par ailleurs permis en 2030 de développer de nouvelles dessertes de proximité, innervant l ensemble de l agglomération et de l aire urbaine. L accessibilité internationale sera singulièrement améliorée avec la mise en service de l aéroport du Grand-ouest, qui connectera l Ouest aux grandes villes européennes en évitant les plates-formes parisiennes. Un autre chantier doit être ouvert : celui des liaisons maritimes. Le succès de la ligne Saint-Nazaire-Gijon est, dans ce registre, encourageant. Il ouvre des perspectives pour la desserte de toute la façade atlantique. Le transport maritime reste le mode de transport dominant sur la planète. Peu gourmand en énergie, il est d évidence une alternative sérieuse au transport routier, ferroviaire ou aérien pour les liaisons intra-européennes, qu il s agisse de fret ou de passagers. >>> 39

42 PROJET 2030 : La Métropole que nous voulons Une nouvelle culture de la mobilité >>> Orientations 1. Garantir pour tous la liberté de se déplacer, qui conditionne l accès à l autonomie, l emploi, la formation, la culture et aux loisirs. 2. Permettre un accès facilité au cœur d agglomération pour tous les habitants de l agglomération et au-delà. 3. Assurer la fluidité des déplacements sur tout le territoire, notamment en développant les axes de transport en commun entre les pôles de l agglomération et en développant l intermodalité, 4. Adapter l offre de transports aux évolutions des modes de vie (amplitude horaire, fréquence, gestion temporelle des flux) et sécuriser les modes de transports. 5. Avoir une politique volontariste pour la mobilité des publics les plus fragiles et les moins mobiles. 6. Anticiper les besoins liés au vieillissement de la population (offre de transports en commun, transports à la demande, covoiturage ). 7. Inciter les usagers à faire évoluer leur comportement de mobilité vers plus de sobriété en encourageant les pratiques alternatives (type Pédibus, partage...) et en expérimentant (espaces de télétravail et de co-working à disposition des entreprises et des particuliers). 8. Développer les moyens des technologies de l information et de la communication pour permettre aux usagers de faire les bons choix. 9. Soutenir, en lien avec la Région, le développement de l étoile ferroviaire métropolitaine et la réalisation de la ligne ferroviaire cadencée entre Nantes et Rennes. 10. Assurer la bonne connexion de la métropole avec le reste du monde (entreprises, jeunes en formation, touristes ). 11. Accroître l accessibilité internationale en développant les infrastructures aéroportuaires, ferroviaires et maritimes. 12. Favoriser le développement des navettes fluviales et des transports fluviaux de marcha ndises. 13. Envisager un nouveau franchissement de la Loire à l ouest et à l intérieur du périphérique. >>> 40

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44 PROJET 2030 : La Métropole que nous voulons La forme de la ville Tout le monde, ou presque, connaît la célèbre formule de Julien Gracq : «La forme d une ville change plus vite, on le sait, que le cœur d un mortel». Les érudits ajouteront que cette formule est, en fait, un habile détournement d un vers de Charles Baudelaire : «La forme d une ville change plus vite, hélas! que le cœur d un mortel». Cette nuance de regret ne change pas grand-chose à l affaire. La forme d une ville ne cesse de changer. Il n est, pour s en convaincre, que d effacer les ponts qui ont été construits sur la Loire depuis trente ans, ou d observer la façon dont la physionomie des centres-villes, des centres-bourgs a évolué ces vingt dernières années. L aspect de la métropole est donc irrémédiablement appelé à se modifier, non seulement dans sa proposition visuelle, mais aussi dans la configuration de ses espaces publics, de ses circulations, dans sa géographie même. On sait à quel point, par exemple, la création d une ligne de tramway modifie le paysage, le restructure, le réinvente. Pour autant, il semble bien que l ère des grands bouleversements, de nouveaux quartiers s élevant sur une table arasée, soit révolue. L aménagement de l île de Nantes, où les urbanistes ont été très attentifs au respect de l histoire de l île, sauvant un maximum de bâtiments existants, travaillant de façon très fine, montre que la ville sait désormais se reconstruire sur elle-même en respectant sa propre histoire. Ce travail de couture, cette transition douce, moins traumatisante, est d évidence une voie qui est appelée à être poursuivie. Mais si les urbanistes sont aujourd hui moins radicaux dans leurs choix qu ils ont pu l être par le passé, la question de la forme de l agglomération n en reste pas moins posée. Dans le projet 2005, rédigé en 1995, il s agissait de hiérarchiser (la ville-centre à développer, des choix à opérer La ville sait désormais se reconstruire sur elle-même en respectant sa propre histoire. pour développer des centralités économiques, culturelles ) et d éviter les continuités urbaines. Récemment l atelier des densités, l élaboration des actuels Plans locaux d urbanisme des vingtquatre communes de l agglomération, ont engagé des actions en faveur de la maîtrise de l étalement urbain, de l accélération de la construction de logements (dont du logement social), de la maîtrise des déplacements automobiles. Aujourd hui les enjeux portent sur l adaptation de la Métropole à l ère post-carbone, à la conception d une organisation logistique plus sobre, à une meilleure régulation des flux de déplacements, à une répartition plus fine de l habitat, des services et des activités économiques. Et les choix qui seront faits ne sont pas sans conséquences. Le fait d opter pour des quartiers mixtes dessinera nécessairement une nouvelle géographie des usages et des déplacements. Le mode de développement des communes métropolitaines, la place qui sera dévolue à l automobile, l attention qui sera portée aux espaces naturels, dans une agglomération peu dense au regard des villes d importance comparable, influeront aussi beaucoup sur la forme de la ville future. La question centrale qui se pose est celle d une utilisation plus rationnelle et plus subtile de l espace. Si chacun est aujourd hui convaincu des dangers de l étalement urbain, dévoreur d espace, gourmand en réseaux et en transports, consommateur de temps et émetteur de gaz à effet de serre, nombreux sont aussi ceux qui craignent de voir la ville gagner en hauteur, La densité urbaine est aussi synonyme de diversité, de qualité urbaine, de fonctions (emplois, nature, services, habitat, activité), de capacité à produire de l émotion, d épanouissement. au cœur de l agglomération comme dans la périphérie, qui craignent, en d autres termes, l entassement, la promiscuité. Une crainte infondée puisque la densité urbaine est aussi synonyme de diversité, de qualité urbaine, de fonctions (emplois, nature, services, habitat, activité), de capacité à produire de l émotion, d épanouissement. La densification doit être assumée et convertie en intensification pour conserver et améliorer la qualité de la vie «à la nantaise». Elle doit conserver, sublimer l âme des lieux et des quartiers. C est un critère d acceptabilité de la ville. Elle doit se conforter à l affirmation du caractère de chaque quartier, de chaque commune, en évitant la banalisation, synonyme d ennui. La qualité du travail effectué dans les centres-bourgs ces dernières années, montrant que la densification ne passe pas nécessairement par l empilement de logements, mais par une meilleure utilisation de l espace, par la confection d un tissu urbain habilement conçu, montre que des solutions existent, qu elles génèrent un cadre de vie plaisant, animé et respectueux de l intimité de chacun. Dans cette perspective il est important de prévoir une diversité de logements, qui favorise le brassage des générations, des milieux sociaux. L ingéniosité des architectes et des urbanistes doit, en priorité, s exercer à proximité des grands axes de transport collectifs, où une densification maîtrisée est impérative pour permettre au plus grand nombre de se loger et de se déplacer dans les meilleures conditions. La solution d une agglomération plus compacte, plus verticale, où la nature serait présente visuellement (toits ou murs végétalisés) >>> 42

45 pour rapprocher Nantes des grandes villes européennes ne semble pas la plus partagée. L idée d une agglomération plus horizontale et multipolaire, avec un cœur qui rassemble les grands services et les équipements majeurs et des centres-villes vivants et apaisés, est plus volontiers choisie. Il n en est pas moins nécessaire de muscler ce cœur, de lui donner le visage et la dimension du centre d une grande agglomération, en élargissant sa géographie et en respectant son histoire. Le choix d une métropole horizontale économe en espace exige une grande inventivité, puisqu elle suppose d optimiser les volumes et les espaces, d encourager une offre innovante et variée de petits collectifs et de maisons de ville, tout en respectant l histoire et la culture de chaque lieu. Optimiser le tissu urbain existant est une priorité à inscrire dans l histoire de la ville et de ses quartiers ; prendre en compte le patrimoine et les identités doit permettre de favoriser la création et l innovation architecturale en refusant la banalisation et la standardisation des paysages urbains. Cela suppose également la création de nouveaux types d espaces publics ou semi-publics - places, squares, parcs, jardins, espaces ludiques - qui permettent de concilier la vie intime et la vie collective et de cultiver de précieuses relations de voisinage au sein de chaque quartier, de chaque commune. Espaces publics ou semi-publics qui devront allier création contemporaine, valeur patrimoniale et offre de services. Elle implique enfin l aménagement de voies de circulation douce, favorisant la marche et le vélo, capables d innerver la ville sans la découper en tronçons infranchissables. La forme de la ville n est pas seulement dessinée par ses équipements, ses bâtiments, ses voies de circulation, elle l est aussi par ses espaces naturels et ses cours d eau. La consultation a, de ce point de vue, dégagé une vision largement partagée. Les espaces naturels, qui représentent aujourd hui 61 % de la surface de la Métropole, et participent de la qualité de vie de tous les habitants, doivent, selon les vœux de tous, conserver une place prépondérante à l avenir, et pas seulement à la périphérie de la ville. La verdure sous toutes ses formes doit rester présente dans le centre, dans les bourgs : parcs, jardins, rues ou places arborées. L ambiance urbaine proposée par les urbanistes est souvent perçue comme trop minérale. Elle doit gagner en humanité en associant commerces, équipements éducatifs, sportifs, sociaux, structures de santé. Longtemps ignorée, la place de l eau, et notamment les cent-dix kilomètres de rives de Loire que compte la Métropole, est ressentie comme essentielle dans une ville jadis considérée comme «La Venise de l Ouest». Le travail entamé dans ce domaine doit être poursuivi pour permettre un meilleur accès aux rives, créer de nouveaux cheminements, et replacer les cours d eau au centre de la géographie urbaine d une agglomération née au confluent de la Loire, de l Erdre et de la Sèvre. Pour autant, il ne faut pas méconnaître les conflits d usage qui peuvent se profiler. Tout le monde voudrait vivre au bord du fleuve, mais chacun aimerait également se déplacer sur les rives en toute liberté, tout en préservant leur faune et leur flore. Ce fleuve, trop longtemps considéré comme un simple rail de transport de marchandises, doit aussi reprendre toute sa place dans la cité. Il doit s animer, se repeupler, en s ouvrant à la circulation des bateaux de tout gabarit, de toute vocation. Il doit renouer avec sa tradition de plan d eau ouvert aux loisirs, comme le montrent le succès grandissant des régates qui se déroulent chaque année à Trentemoult et les La forme de la ville n est pas seulement dessinée par ses équipements, ses bâtiments, ses voies de circulation, elle l est aussi par ses espaces naturels et ses cours d eau. manifestations qui se multiplient sur le fleuve. Il doit aussi reprendre sa place de trait d union entre les hommes, entre les différents ports qui jalonnent son parcours. Stendhal prenait le vapeur à Nantes pour découvrir Saint-Nazaire, le jeune Jules Verne partait avec son frère sur un frêle esquif découvrir l estuaire. Cet usage naturel, dans tous les sens du terme, doit être encouragé grâce à la création de nouveaux pontons, de nouveaux accès, pourquoi pas de nouvelles liaisons régulières, desservant Couëron, le Pellerin ou Paimbœuf. Il y a là un véritable champ d investigation, qui offre le double avantage de réconcilier la ville avec la Loire et de réinventer un mode de transport doux, plaisant et peu coûteux en énergie. Cette nouvelle géographie, épousant de façon plus fine le site naturel sur lequel elle s est développée, respectant l histoire des lieux, les différentes phases de son urbanisation, doit se déployer en prenant en compte les grands équilibres qui rythment la vie et l activité de la Métropole. Il s agit d articuler urbanisme et transports pour assurer la fluidité des déplacements, mais aussi de travailler sur une répartition harmonieuse des activités économiques et de l habitat. >>> 43

46 PROJET 2030 : La Métropole que nous voulons La forme de la ville >>> Orientations 1. Prioriser dans le développement de l agglomération le renouvellement urbain en préservant les espaces naturels et en maîtrisant les espaces stratégiques d avenir. 2. Intensifier les centralités pour accueillir les nouveaux habitants en préservant l identité de chaque quartier et en améliorant le cadre de vie. 3. Organiser l agglomération autour de polarités et définir clairement leurs fonctions respectives (nouveau cœur d agglomération, ville-centre, centres bourgs, quartiers). Les relier en étant attentifs aux transports collectifs et aux déplacements doux. 4. Mixer dans chaque pôlarité et en proximité activités, services publics, habitat, commerces. Identifier et définir par ailleurs les grandes zones qui resteront spécialisées (commerciales, logistiques, industrielles ). 5. Apaiser les centres-villes et aménager les places, squares et parcs publics afin de garantir la qualité de vie et d animation dans les quartiers. 6. Intégrer le vert et le bleu dans tous les projets d aménagements urbains. 7. Impliquer les habitants dans la définition de cette stratégie urbaine et de sa mise en œuvre en particulier concernant l intensification. >>> 44

47 >>> 45

48

49 >>> préparation et d échanges avec Ma Ville Demain Deux années de

50 Deux années de préparation et d échanges, avec Ma Ville Demain En 1995, le District adoptait le Projet Conçu comme le «cahier des charges d une ambition partagée», son objectif était alors de «rassembler et de mobiliser autour de la dynamique d un projet élaboré collectivement ( ) face à quelques grands enjeux d avenir». Aujourd hui, face aux mutations du monde, aux questions climatiques et énergétiques, à la crise économique et sociale qui touche les territoires, la question est posée en des termes différents. L agglomération nantaise se trouve à une nouvelle étape de son histoire. La feuille de route fixée par le Projet 2005 et la mobilisation des institutions, communes, acteurs socio-économiques, associatifs, culturels a permis de faire de Nantes Métropole un lieu de vie favorable pour ses habitants et un territoire dynamique. Les acteurs locaux n en sont pas moins confrontés à des enjeux majeurs (éducation, protection des personnes, enjeux écologiques, raréfaction des moyens ). En 2010, pour engager un nouveau cycle de développement et rendre lisible le sens de l action collective, les 24 maires de l agglomération ont pris l initiative d un nouveau projet pour la métropole. Par la délibération du 25 juin 2010, le Conseil communautaire de Nantes Métropole a adopté les grands principes d une démarche ouverte, visant à partager collectivement une vision pour les 20 ans à venir. C est la démarche prospective et participative Ma Ville Demain, inventons la métropole nantaise de 2030 visant à définir et rendre accessibles à tous les grandes options pour lesquelles la métropole et ses partenaires doivent se mobiliser. Ma Ville Demain a été lancée en décembre 2010 et s est terminée en décembre 2012, par l adoption d un texte par le Conseil communautaire. Un cadre ouvert La démarche a reposé sur un cadre ouvert. La réflexion ne s est pas arrêtée aux seules compétences de la communauté urbaine mais a interrogé en profondeur la vie de la Cité, le vivre ensemble, les choix de développement, le rapport de la métropole au monde. Ma Ville Demain cherchait à cerner les contours d un modèle de société locale pour aujourd hui et pour demain. Autre principe fondamental : la participation de tous à la définition de ce nouveau projet pour la métropole. Pour renouveler l ambition collective, la réflexion s est engagée au-delà des schémas traditionnels, auprès des habitants, des forces économiques, sociales, associatives et culturelles, de tous les citoyens et acteurs désireux de faire progresser le territoire. Les communes et les instances de démocratie participatives existantes, au premier rang desquelles le Conseil de développement de Nantes Métropole, ont donc été les relais fondamentaux de la mobilisation et de la réflexion sur le devenir de l agglomération. Cette recherche, large de points de vue divers, a conduit l Auran à prendre en compte toutes les expressions, sans hiérarchiser entre les paroles spontanées ou argumentées, les contributions expertes ou sensibles, pour que chacun ait voix au chapitre. Cette manière de faire se justifiait pleinement à la fois pour laisser la créativité s exprimer et pour co-construire le projet. Aussi, par la durée de la démarche, comme par la multiplicité des moyens mis à disposition, chacun (citoyens, chefs d entreprises, agents du service public, associations, institutions, collectifs) a eu la possibilité de s exprimer, de se saisir de Ma Ville Demain pour faire entendre son point de vue. Pour la conduite de la démarche, le choix a été fait de ne pas surajouter de dispositifs, la métropole et les 24 communes étant déjà riches de lieux de débats et d expression. Sous l autorité de la Conférence des maires de l agglomération garante de l esprit de la démarche, l Agence d urbanisme, dont une des missions définies par le législateur dans le code de l urbanisme est la préparation des projets de territoire, s est mobilisée pour recueillir les contributions des habitants et des forces du territoire, en accompagnant, si cela était nécessaire, les réflexions. Aussi, sous la direction de T. Violland, directeur général de l Auran, une équipe-projet plurielle, (référents de l Agence, représentants de la direction générale mutualisée de Nantes Métropole et de la Ville de Nantes, prestataires) s est surtout attachée à proposer un cadre, avec un calendrier, des outils de participation, et à accompagner les multiples initiatives prises sur le territoire. La mobilisation des 24 communes de l agglomération, coordonnée au sein d un groupe des référents des communes, a été essentielle pour la dynamique et la réussite de la démarche, contribuant ainsi à repérer les envies et capter les points de vue. 1 2 >>> 48

51 décembre Temps contributif du Conseil Nantais pour la Citoyenneté des étrangers (CNCE) septembre Conférence de Virginie Raisson organisée par le Conseil de développement de Nantes Métropole et la revue Place Publique, en partenariat avec Ma Ville Demain septembre Présence d un mur d expression à la rentrée étudiante de l Université de Nantes et 18 septembre Présentation de la démarche Ma Ville Demain lors de la manifestation «Couëron en fête» octobre Temps contributif de l Office des Retraités et des Personnes Agées de Nantes (ORPAN). Au cœur de la conduite de cette démarche de projet de territoire, les principes de consensus et de respect se sont également incarnés pour faciliter une participation large et sereine. D une part, une instance composée d élus représentant la diversité politique de l agglomération, le groupe de suivi permanent, a été associée aux réflexions prospectives et aux débats. D autre part, une charte éthique du débat a été proposée dès le lancement public de la démarche, en décembre La richesse des suggestions et propositions recueillies a été permise par la diversité et la multiplicité des contributeurs, au premier rang 4 desquels deux groupes ont joué un rôle fondamental. Le Conseil de développement de Nantes Métropole a été un partenaire fondamental et un lieu de création de sens : il a fait de Ma Ville Demain le fil rouge de ses nombreux travaux pendant plus de deux ans et a remis aux élus de la métropole un rapport intitulé Ambitions Mutations Nantes 2030, présenté au Conseil communautaire du 19 octobre Le Groupe Témoin Prospectif, un atelier prospectif composé d une vingtaine de citoyens choisis pour leur parcours personnel, leur pratique du territoire et leur connaissance des habitants et des acteurs de l agglomération, a également produit une contribution au long cours en travaillant en cohérence : réuni durant une dizaine de séances organisées et animées de décembre 2011 à mai 2012 par le cabinet RCT-Réseau Conseil en Développement, son apport a été essentiel. Au total, Ma Ville Demain, inventons la métropole nantaise de 2030 s est présentée comme une proposition à réfléchir ensemble, lancée à tous, et se diffusant, par pollinisation, à l ensemble du territoire. Aussi, la transparence et la prise en compte réelle des points de vue, grâce aux multiples réunions, aux temps de restitution, à la publication des contributions sur le site internet plate-forme collaborative et maison commune de la démarche, ont été des moteurs essentiels dans la conduite et la coordination de la démarche. La méthode : rigueur prospective et participation citoyenne Ma Ville Demain n avait pas pour vocation de prédire l avenir, mais de contribuer à sa construction. Les 4 temps de la démarche ont visé à interroger le souhaitable pour définir, au terme de deux ans d échanges et de réflexions, une vision globale de la ville en La démarche a donc misé sur l imagination et la co-construction. Commencer par interroger les habitants sur les questions d avenir. Confronter et croiser à chaque étape les souhaits des habitants pour demain avec le réel, les tendances travaillées par les experts et les ruptures possibles, voilà l originalité de la démarche. L ensemble de ce travail aura permis d élaborer les éléments et des propositions qui ont servi de base à la construction par les élus d un Projet 2030, adopté par le Conseil communautaire du 14 décembre >>> 49

52 Deux années de préparation et d échanges, avec Ma Ville Demain 4 étapes pour ma ville demain Première étape (fin printemps 2011) : «La mise en mouvement» Dans la première étape de Ma Ville Demain, il s agissait d informer sur la démarche, d expliquer l intérêt de se projeter et de recueillir le regard de chacun sur le «territoire souhaité». Une interrogation large ouverte à l ensemble des habitants et acteurs intéressés au devenir du territoire : quelles sont les bonnes questions pour demain? Une consultation sur la ville idéale et les pistes pour y parvenir a été lancée, par le biais d un questionnaire, pour être à l écoute, sentir les mouvements du territoire et co-élaborer les termes du débat. Pour ce faire, un document à la fois ludique et sérieux - L Abcd ère, les premiers mots du débat - a été diffusé pour donner des repères à chacun tout au long de la réflexion. Documentguide de la démarche, vivant, non exhaustif, c était aussi un support destiné à être enrichi. Chacun a en effet été invité à réagir, par courrier ou par l envoi de messages sur le site internet pour compléter les définitions, proposer de nouveaux mots, proposer de nouvelles questions. Sur la base des réponses au questionnaire (5 000 retours), des contributions via L Abcd ère, mais aussi d une vingtaine d entretiens «visions d avenir» auprès d acteurs du territoire, de l ensemble des comptes-rendus des réunions publiques de présentation ainsi que des contributions de partenaires comme le Conseil de développement de Nantes Métropole ou une consultation de la Chambre de Commerce et d Industrie de Nantes Saint-Nazaire auprès des chefs d entreprise, ont été définies les questions d avenir. Ces remontées du territoire, scrutées également au regard des tendances locales et nationales, ont en effet permis de proposer 9 thèmes de réflexion grâce à la mobilisation de plus de personnes. 1. L économie à la nantaise dans la mondialisation : quelle stratégie? 2. Enjeux climatiques et énergétiques : jusqu où produire et consommer localement? 3. Se former, travailler : s épanouir demain? 4. Ville nature, dense ou intense? 5. Ville active et ville à vivre? 6. Une ville vraiment pour tous : où en seront les solidarités? 7. Vivre sa ville : en collectif ou en solo? 8. Du quartier au Grand Ouest : quelles bonnes échelles pour agir? 9. Quelle place pour les nouvelles initiatives, nouvelles idées, nouvelles pratiques? Deuxième étape (printemps - rentrée 2011) : «Le temps des idées» Organisés autour de ces neuf questions d avenir, les débats ont eu lieu dans toute l agglomération : plus d une centaine de rencontres, débats, ateliers, conférences ont été proposés, à l initiative des communes, des instances participatives, des institutions, des associations, des écoles et de nombreux habitants. Afin de donner la possibilité de participer en étant bien informé, l Agence d urbanisme a mis à disposition de tous les informations et repères nécessaires autour des 9 thématiques (enjeux, cartographies, chiffres clés, tendances ) sous la forme de 6 pages diffusées dans toutes les communes et téléchargeables. L Agence a animé un réseau pour multiplier les contacts et les sources, en travaillant notamment avec les municipalités, les instances de démocratie participative existantes (Conseil de quartiers, Conseils des jeunes, des sages, des personnes handicapées, des citoyens étrangers ) et d institutions (comme la Chambre de Commerce et d Industrie, l Union Sociale pour l Habitat, le Club Immobilier Nantes l Atlantique ). Ce sont plus de personnes qui ont participé au travers des temps de rencontres divers (réunions publiques, cafés citoyens, ateliers, conférences, venues d experts) ou au moyen d outils variés (des documents comme L Épisode 2, de la mise en mouvement au Temps des idées, un kit d animation ludique travaillé avec la Ville de Nantes, des photomontages sur des visions imaginaires de la métropole de demain pour susciter les réactions, de conseils méthodologiques pour une contributions prospective, un kit pédagogique, un kiosque sur l espace public relayant les initiatives de l ensemble de l agglomération ). De nombreux moments et des espaces pour multiplier les opportunités d engagement et de prise de parole. Troisième étape (1 er semestre 2012) : «Imaginer les possibles» Après le foisonnement des initiatives et le bouillonnement des idées, la troisième étape de la démarche a été consacrée à l analyse et au travail de mise en cohérence : l Auran, assistée par des prospectivistes, a analysé près de contributions recueillies. Ces souhaits, ces visions d avenir et toutes les propositions ont été croisés avec les travaux de l atelier prospectif, un groupe d une vingtaine de citoyens métropolitains constitué dans le cadre de Ma Ville Demain, et les schémas de développement construits par les experts de l agence d urbanisme. L ensemble a permis de révéler un socle commun et d écrire les trois visions pour 2030, au croisement du possible et du souhaité. Cette étape était aussi un temps pour que les écoles, du primaire aux grandes écoles, se saisissent de la réflexion sur la ville de demain. >>> 50

53 septembre événement SPOT «L appartement DD en 2030» novembre Atelier de travail dans le cadre de Bouguenais juin Manifestation des Audaces et Jeunes Talents (AJT). 4 Maquette en 3D réalisée par Clara (10 ans) et Zoé (10 ans). 5 1 er décembre Colloque organisé par Véolia «En 2030, Nantes Métropole performante et désirable?». 6 Photomontage réalisé par les personnes âgées des résidences l Océane et Les Hauts de Saint-Aignan, à Nantes >>> 51

54 Deux années de préparation et d échanges, avec Ma Ville Demain Quatrième étape (2 e semestre 2012) : «Le Choix du cap» Un rapport d étape a été remis officiellement par l Auran le 14 septembre 2012 à la Conférence des maires. Ce rapport présentait à la fois : - un rappel de la démarche et des actions entreprises, - une synthèse des contributions autour des 9 questions Ma Ville Demain, - une présentation des grands repères et tendances (locales, nationales et mondiales) qui permettent de comprendre notre territoire (mobilité, économie, démographie etc.), - un socle de valeurs communes identifiées à travers l analyse de l ensemble des contributions (cohésion sociale - proximité - ouverture au monde - créativité), - 3 propositions de visions pour 2030 (1/ Aller vers l excellence et l international - 2/ Miser sur l innovation et la créativité - 3/ S appuyer sur les ressources locales et la citoyenneté). > Les 3 visions À partir de l ensemble des matériaux de Ma Ville Demain, 3 visions pour l agglomération nantaise en 2030 ont été construites. Chacune mettait plus particulièrement en avant une des valeurs du socle commun (ouverture au monde, créativité et proximité) et décrivait ce que serait l agglomération dans 20 ans aussi bien sur la vie économique, la vie sociale, la forme de la ville, l organisation de ses mobilités etc. La cohésion sociale, quant à elle, pilier essentiel, était inhérente aux 3 visions. Elles étaient issues d une synthèse des points de vue des participants, croisées avec l expertise de l agence d urbanisme en matière de projections (démographiques, économiques, spatiales ) et avec le travail imaginatif de l atelier prospectif : il s agissait d illustrer la complexité des attentes des habitants et des évolutions de la ville et d éclairer sur les effets des choix d aujourd hui pour la métropole de demain. Aucune de ces visions ne constituait en tant que tel un projet pour la métropole nantaise de Elles étaient des propositions intégrant le fruit des échanges organisés pendant deux années sur l ensemble de l agglomération, et s articulant autour des potentiels du territoire. > Vision 1 : «Aller vers l excellence et l international» Forte d un tissu économique diversifié et équilibré, l agglomération nantaise décide de s appuyer sur ses secteurs porteurs pour passer un nouveau cap : le développement international et l excellence. La métropole développe ainsi une logique de filières, l intensité de ses activités lui permet de rayonner à l international au bénéfice de l ensemble des habitants. La métropole devient leader du Grand Ouest et «donne l impulsion». > Vision 2 : «Miser sur l innovation et la créativité» Nantes mise sur ses potentiels de créativité et d innovation : l agglomération nantaise devient «le lieu où il faut vivre / aller / travailler». S appuyant sur sa crédibilité et son expérience dans le domaine, le territoire nantais a, plus qu ailleurs, favorisé un état d esprit propice à l émergence (tous azimuts) et attire les talents (ou les potentiels) de demain. C est la métropole des possibles et de l expérimentation. > Vision 3 : «S appuyer sur les ressources locales et la citoyenneté» Face à la limitation des ressources à l échelle planétaire, la métropole nantaise décide de privilégier toutes les formes de production et d organisations locales au service des habitants (agriculture, artisanat, industries ) et à toutes les échelles (quartiers, pôles, métropole). Cette vision suppose une forte implication des citoyens pour la bonne marche de l ensemble, aussi bien dans la vie sociale que professionnelle. C est la métropole sobre, des proximités et de l utilité sociale de chacun. L ensemble de ces contenus a ensuite été présenté aux habitants dans une exposition organisée à la Cale 2 (Île de Nantes) du 15 octobre au 23 décembre 2012, attirant plus de visiteurs. Une exposition mobile et des réunions publiques ont également été proposées dans les communes de l agglomération. 1 >>> 52

55 2 1 Exposition 3 visions pour 2030 : espace des visions pour 2030 avec la projection d une vidéo-fiction. 2 Graff réalisé par le collectif «Plus de couleurs». 3 Exposition 3 visions pour 2030 : espace d accueil avec la «timeline», frise chronologique des événements Ma Ville Demain. 4 Exposition 3 visions pour 2030 : espace des contributions. 5 Exposition 3 visions pour 2030 : jeu de l urbaniste. 6 Exposition 3 visions pour 2030 : coucher de soleil sur la Cale 2. 7 Exposition 3 visions pour 2030 : vue globale >>> 53

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