MÉMENTO TECHNIQUE Irrigation. des espaces verts

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MÉMENTO TECHNIQUE Irrigation des espaces verts

MÉMENTO TECHNIQUE Irrigation des espaces verts Ce mémento a été réalisé par BRL Exploitation en association avec la commune de Bouillargues (Gard), dans le cadre de l appel à projets «économisons et préservons nos ressources en eau» lancé par l Etat, la Région Languedoc-Roussillon et l Agence de l eau Rhône-Méditerranée-Corse. / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts / 2010 // 1

SOMMAIRE Avant propos...p. 5 L arrosage des espaces verts pourquoi et comment?...p. 7 Le besoin en eau des plantes Le besoin en arrosage La quantité d eau consommée par les plantes Le sol : une réserve d eau pour la plante Le déclenchement des arrosages La fréquence et la dose unitaire d arrosage Le calcul du temps d arrosage Les fiches techniques Fiche 1...p. 11 Les besoins en eau en climat méditerranéen Caractéristiques du climat méditerranéen et caractérisation des besoins en arrosage. Fiche 2....p. 13 Les techniques d arrosage et leur principe Présentation de l irrigation par aspersion et de l irrigation localisée. Fiche 3....p. 15 L installation d arrosage Description d une installation : présentation du matériel, des caractéristiques de fonctionnement, de la maintenance et des moyens de contrôle des performances. Formulaires de calcul de la pluviométrie de l installation et de la maille. Fiche 4....p. 21 La mesure de l eau dans le sol Présentation de deux méthodes de mesure de l eau dans le sol : mesure d humidité et mesure tensiométrique. Fiche 5...p. 23 Le bilan hydrique : méthode d évaluation de la quantité d eau disponible Présentation du principe du bilan hydrique, accompagné d un exemple de calcul. Fiche 6...p. 27 Le coefficient cultural de quelques espèces végétales Liste d espèces végétales et de leur coefficient cultural. Cette liste permet de connaître et de comparer le besoin en eau de différentes espèces ornementales. Fiche 7...p. 31 Les économies et l optimisation de l eau : comment réduire les arrosages Présentation des méthodes et moyens existants pour réduire et optimiser les apports d eau. Fiche 8...p. 33 Les étapes du calcul de la durée d arrosage Rubrique récapitulative présentant la démarche de calcul dans son ensemble. / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts / 2010 // 3

Avant propos Un mémento pour mieux piloter les arrosages publics afin d économiser la ressource en eau BRL Exploitation s est investi depuis près de vingt années dans une politique de gestion raisonnée des ressources en eau à destination des exploitants agricoles, des industriels et des collectivités en Languedoc-Roussillon. Les actions ont porté en priorité sur la collaboration avec la profession agricole et ses organismes techniques pour optimiser les itinéraires d irrigation, favoriser l installation d équipements économes en eau et de mesure des quantités d eau apportées aux plantes. L enjeu consistait à réduire les consommations d eau par hectare, tout en préservant une production agricole de qualité et compétitive. Des actions de formations à l irrigation durable ont également été développées pour les Jeunes Agriculteurs et plus largement pour les techniciens des organisations de producteurs. Forte de cette expérience réussie, BRLE a souhaité mettre ce savoir-faire à disposition des collectivités pour les accompagner sur un enjeu à la fois sociétal et environnemental de gestion des espaces verts et d optimisation de leurs arrosages. C est pourquoi BRLE a décidé en 2007 de postuler à l appel à projets régional «économisons et préservons nos ressources en eau» lancé par l Etat, la Région Languedoc-Roussillon et l Agence de l eau Rhône Méditerranée Corse. Le projet proposé par BRLE a été réalisé en association avec la commune de Bouillargues dans le Gard. Il comprenait deux volets complémentaires : > la mise en place d un programme pilote sur le territoire de Bouillargues visant à limiter les ressources en eau mobilisées pour l irrigation des espaces verts municipaux de cette collectivité, > la réalisation d un guide de préconisations de bonnes pratiques pour accompagner les collectivités de la région dans leur démarche d optimisation de l arrosage de leurs propres parcs et jardins. Ce guide, présenté sous forme d un mémento composé de fiches techniques, fournit des éléments concrets d aide à la décision pour piloter les arrosages des espaces verts et concilier ainsi la préservation de l environnement et le verdissement des espaces publics. Il complète le dispositif d aide à une meilleure gestion de l irrigation proposé par BRL Exploitation sur le site du Groupe BRL : www.brl.fr. Ce dispositif offre notamment, une rubrique «conseils arrosage» où sont mises en ligne, chaque semaine durant la saison d irrigation, des informations pour mieux connaître les besoins des cultures et des espaces verts du Gard, de l Hérault et de l Aude, avec des indications sur les doses d arrosage optimales. L expérience pilote conduite à Bouillargues a permis de réaliser plus de 30 % d économies Bouillargues, 5 400 habitants, entretient une quinzaine d espaces verts communaux (terrains de sport, parcs arborés, nouveaux lotissements, parterres, ronds-points, ), comprenant près de 5 hectares de gazon et des centaines de mètres de linéaires d alignements, de taille et d importance variable. Comme la plupart des collectivités de la zone littorale du Languedoc-Roussillon, la commune dispose d apports naturels en eau faibles et variables. Les besoins en arrosage sont donc systématiques et leur gestion est fonction des apports climatiques. L expérience pilote organisée par BRL Exploitation en association avec la commune s est déroulée sur les campagnes d arrosage 2008 et 2009, avec une consommation moyenne annuelle de 50 000 m 3 pour les arrosages des espaces verts. / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts / 2010 // 5

L intervention s est appuyée sur une analyse de l évolution des consommations des espaces verts au cours des 20 dernières années, sur une série d entretiens et d observations avec les services municipaux, pour mieux caractériser les pratiques, ainsi que sur des mesures des performances du matériel disponible et sur un contrôle de l homogénéité de l arrosage. Le programme a permis la mise en place, avec les services concernés, d un véritable pilotage assisté de l arrosage public : > détection des excès et déficits d eau dans les sols (suivi tensiométrique et humidité), > ajustement des doses et des durées d arrosage, > prise en compte de la demande climatique (bilan hydrique) et calcul prévisionnel des besoins et des apports, > un conseil sur le choix des équipements et la stratégie de maintenance associée, > une formation du personnel municipal pour que les résultats obtenus soient durablement conservés. L objectif initial du projet était une économie de 10% de l eau consommée par l amélioration des pratiques d arrosage. Cette expérience, basée sur un transfert de connaissances et d'outils, simples d utilisation, à destination du service des espaces verts de Bouillargues, a permis au final une économie qui a largement dépassé les objectifs fixés pour atteindre plus de 30% des volumes habituellement consommés. C est ainsi près de 15 000 m 3 d économie d eau d arrosage qui ont été obtenus soit l équivalent de la consommation annuelle d un quartier de 300 habitants. Elle se poursuit désormais sans assistance des services de BRL Exploitation et est largement transposable à d autres collectivités régionales. Intérêt financier d une bonne gestion des irrigations et des équipements L optimisation des arrosages nécessite de procéder à des investissements de modernisation des réseaux en place. Dans tous les cas, le retour sur investissement est profitable à la collectivité, en plus de l intérêt écologique à moins consommer d eau pour les arrosages. La rentabilisation des coûts d investissement pour moderniser les installations d arrosage des espaces verts et rationaliser la distribution dépend du coût d approvisionnement de la ressource en eau : > 2 à 4 ans pour l eau potable > 5 à 8 ans pour l eau brute, dont le coût est inférieur à l eau potable. Exemple pour 100 m 2 de pelouse type stade : > Avec de l eau potable et une économie de 40 % des apports, le coût de l achat d eau est réduit de 120 à 72 /an. > Avec de l eau brute pour la même réduction de dose, le coût de l achat d eau baisse de 40 à 24 /an. L économie potentielle peut ainsi s établir, en ordre de grandeur, de 12 à 36 /an pour 100 m 2 selon l origine de l eau (brute ou potable). Pour 1 ha d espaces verts en pelouse, l économie annuelle potentielle est ainsi de 1 200 à 3 600. 6 // 2010 / / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts

L arrosage des espaces verts : pourquoi et comment? Le besoin en eau des plantes L eau est le principal constituant de la plante (supérieur à 80%). Elle est nécessaire à son fonctionnement : maintien en vie, développement et croissance. Elle permet la production de l énergie nécessaire à la plante par photosynthèse (utilisation de l énergie du soleil), et participe au transport d éléments nutritifs depuis les racines (phénomène d absorption) jusqu aux feuilles (phénomène de transpiration). Le besoin en arrosage Les étés sont généralement synonymes de manque d eau et de sécheresse. Les apports naturels (pluies et réserves accumulées dans le sol) sont alors insuffisants pour subvenir aux besoins des plantes (voir la fiche n 1 «Les besoins en eau en climat méditerranéen»). En situation de manque d eau, la plante est dite en stress hydrique. En fonction de son intensité, ce stress hydrique a plusieurs conséquences physiologiques : > une entrée en vie ralentie de la plante pour économiser ses ressources, > un dessèchement (aspect visuel), > une augmentation de la sensibilité aux agressions (parasites et maladies), > la mort prématurée de la plante. Un arrosage est donc nécessaire pour maintenir la plante en bonne santé. ATTENTION : Un excès d eau peut se traduire par des symptômes similaires à ceux du stress hydrique : limitation du développement racinaire, sensibilité aux maladies, dépérissement par asphyxie racinaire. >>> A RETENIR L eau est indispensable à la plante : lorsque les apports naturels sont insuffisants, des arrosages sont nécessaires. La quantité d eau consommée par les plantes La quantité d eau consommée par une plante est fonction : > de la transpiration des feuilles, > de l évaporation directe du sol. Le niveau de consommation varie selon : > des facteurs climatiques, > la plante (espèce, variété, stade de développement...). Les principaux éléments climatiques qui interfèrent sur la consommation sont : la durée d ensoleillement, la température, l humidité de l air et le brassage de l air. Ces critères climatiques sont synthétisés par une variable nommée EvapoTranspiration Potentielle (ETP). Elle est calculée à partir de paramètres mesurés sur les stations météorologiques. Le critère «plante» est pris en compte par un coefficient appelé coefficient cultural (Kc). Le Kc varie selon l espèce végétale et le niveau de développement de la plante (voir la fiche n 6 «Le coefficient cultural»). A partir de ces deux variables, on déduit la consommation quotidienne en eau pour une plante : Consommation (mm/jour) = ETP (mm/jour) x Kc (A savoir : 1 mm = 1 litre/m 2 ) >>> Par exemple En fonction de la période de l année, la consommation journalière varie : > de 1 à 7 litres pour un m 2 de gazon, > d une dizaine à une centaine de litres pour un arbre (elle dépend de l espèce et de la taille de l arbre). >>> A RETENIR La consommation en eau dépend du climat et de la plante. Elle se calcule de la manière suivante : Consommation en eau (mm/jour) = ETP (mm/jour) x Kc avec ETP : variable climatique, Kc : paramètre «plante» / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts / 2010 // 7

Le sol : une réserve d eau pour la plante La plante prélève l eau par les racines et de manière insignifiante par les feuilles, même en cas de fortes rosées. Le sol agit comme un réservoir qui est alimenté naturellement par : > les pluies, > les remontées capillaires (sol profond ou nappe superficielle). La capacité de ce «réservoir sol» est variable. Elle dépend : > de la texture du sol (% de sable, de limon et d argile), > du taux de matière organique, > du pourcentage de terre fine, > de la profondeur de sol exploitée par les racines. Ces différents paramètres permettent de définir la quantité d eau utilisable par la plante, on parle alors de Réserve Utile (RU). Pour la gestion des arrosages, on ne considère qu une fraction de la RU appelée Réserve Facilement Utilisable (RFU). Cette notion prend en compte la capacité de la plante à extraire l eau en plus de la capacité du sol à la retenir. En espace vert, la RFU varie couramment de 0,8 à 1,2 mm/cm de sol (0,8 à 1,2 litre/m 2 par cm de sol). Pour chaque espace vert, une détermination de la profondeur d enracinement est nécessaire pour calculer la RFU (sur la base de 1 mm/cm de sol) : > pour un gazon enraciné à 20 cm, la RFU estimée est de 20 mm, soit 20 litres/m 2, > pour des arbres bien implantés (plus d un mètre de racines), la RFU estimée est de 100 mm soit 100 litre/m 2. >>> A RETENIR Le sol est un réservoir variable en fonction de ses composantes et de la profondeur d enracinement. Ce réservoir est alimenté principalement par les pluies et peut être complété par des arrosages. La fraction utile de ce réservoir pour les plantes est appelée RFU. En pratique, la RFU est estimée à 1 mm (ou 1 litre/m 2 ) par cm de sol exploité par les racines. Le déclenchement des arrosages L arrosage doit être réalisé lorsque la plante ne trouve plus dans le sol l eau pour satisfaire ses besoins. Pour déterminer le moment où la RFU est vide (c'est-à-dire déterminer le jour de démarrage des irrigations ou de la reprise après un épisode pluvieux), il existe différentes approches : > par calcul avec la méthode prévisionnelle dite du bilan hydrique. La disponibilité est estimée par calcul en prenant en compte les entrées et les sorties d eau dans le sol. (Voir la fiche n 5 «Le bilan hydrique») > par mesure directe de l eau dans le sol ou dans la plante. Les paramètres mesurés permettent de déduire : - soit l état de la réserve (mesures de tensiométrie et d humidité). (Voir la fiche n 4 «La mesure de l eau dans le sol») - soit le niveau de stress de la plante (mesures de potentiel foliaire, de turgescence, de température de surface, de flux de sève ). Ces différents outils ne sont pas utilisés dans une gestion des arrosages au quotidien. >>> CONSEIL L association des deux méthodes (bilan hydrique et mesure directe) permet une meilleure précision dans le pilotage des arrosages. >>> CONSEIL Le déclenchement des arrosages seulement sur critères visuels (feuilles desséchées, jaunissement ) est à éviter car ces symptômes ne sont pas systématiquement liés à un manque d eau. >>> A RETENIR L arrosage est déclenché lorsque la RFU est vide. Pour déterminer ce moment, il existe deux méthodes : par calcul avec le bilan hydrique et par mesure. La fréquence et la dose unitaire d arrosage La fréquence et la dose unitaire d arrosage sont intimement liées. La gestion de ces deux paramètres doit permettre de couvrir le besoin en eau des végétaux. A titre d illustration, une augmentation des besoins peut être compensée : > soit en augmentant la fréquence et en conservant la même dose, > soit en augmentant la dose et en conservant la même fréquence, > soit en augmentant un peu les deux paramètres. Sur les espaces verts, il est recommandé d arroser quotidiennement. Cette fréquence permet de valoriser les pluies en favorisant au maximum le remplissage naturel du «réservoir sol». Cependant, la fréquentation des espaces verts (comme une manifestation sportive dans le stade) et les opérations d entretien (taille, tonte, traitement ) impliquent des aménagements des tours d arrosage. Une gestion raisonnée des doses par anticipation ou par compensation peut être prévue. >>> CONSEIL Pour une gestion journalière des arrosages, l utilisation de programmateurs d irrigation est quasi indispensable. Dans tous les cas, la dose unitaire apportée ne doit jamais excéder la capacité de stockage du sol, pour éviter les pertes par drainage. La dose unitaire d arrosage se calcule en mm : Dose unitaire (mm/jour) = Consommation des plantes (mm/jour) x nombre de jours entre 2 arrosages 8 // 2010 / / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts

Le calcul du temps d arrosage La dose page précédente se traduit d un point de vue pratique par un temps d arrosage. Ce temps d arrosage dépend des performances de l installation (pluviométrie). Dose unitaire d arrosage (mm/jour) x 60 Durée (min/jour) = Pluviométrie de l installation (mm/h) La pluviométrie d une installation traduit la quantité d eau apportée par unité de surface et par heure de fonctionnement (mm/h ou litre/m 2 /h). Le détail du calcul de la pluviométrie est présenté dans la fiche n 3 «L installation d arrosage». En pratique, la pluviométrie représente une valeur moyenne : il peut exister des zones recevant moins d eau (hétérogénéité d arrosage). Une augmentation de la dose est alors nécessaire pour assurer un apport minimum sur l ensemble de la surface arrosée. >>> A RETENIR Un arrosage se caractérise par sa fréquence et sa dose unitaire. La fréquence optimale est un arrosage par jour (en micro-irrigation, il peut y avoir plusieurs arrosages par jour). La dose unitaire se calcule de la manière suivante : Dose unitaire (mm) = Consommation des plantes (mm/jour) x nombre de jours entre 2 arrosages A partir de la dose unitaire, une durée d arrosage est calculée : Dose unitaire d arrosage (mm) x 60 Durée (min/jour) = Pluviométrie de l installation (mm/h) / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts / 2010 // 9

Les besoins en eau en climat méditerranéen Caractéristiques du climat La région Languedoc-Roussillon est dominée par un climat de type méditerranéen caractérisé de manière générale par : > des précipitations faibles et très hétérogènes en période estivale (mois de juin, juillet et août). Ces précipitations peuvent également être très variables géographiquement. > une ETP élevée (liée au nombre d heures d ensoleillement, à la présence de vent, à la faible humidité de l air ) en période estivale et très peu variable géographiquement. Précipitations estivales moyennes (de juin à août) : de 70 mm à 140 mm. ETP ou consommation estivale moyenne (de juin à août) : entre 500 et 550 mm. >>> A RETENIR En période estivale, les faibles pluies ne compensent pas la demande climatique (ETP), d où un besoin en arrosage pour satisfaire la consommation en eau de la majorité des plantes. Précipitations moyennes de quelques villes du Languedoc-Roussillon (données Météo France) Fiche 1 - Les besoins en eau en climat méditerranéen 175 mm 150 mm 125 mm 100 mm 75 mm 50 mm 25 mm 0 mm Janv Févr Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc CARCASSONNE (11) CASTELNAUDARY (11) LIMOUX (11) ST-JULIEN DE PEYROLAS (30) NIMES (30) VILLEVIEILLE (30) BEZIERS (34) MONTPELLIER (34) ETP moyenne de 3 villes du Languedoc-Roussillon (données Météo France) 250 mm 200 mm 150 mm 100 mm 50 mm 0 mm Janv Févr Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc CARCASSONNE (11) NIMES (30) MONTPELLIER (34) / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts / 2010 // 11

Fiche 1 Comparaison des besoins en arrosage sur 3 années (sèche, moyenne et humide) Cas d un gazon, enraciné à 20 cm (RFU de 20 mm) à Saint-Gilles (30) Le graphique présente : > le cumul des besoins en arrosage (en mm) sur l ensemble de l année sur l axe du bas. > le cumul journalier des précipitations (en mm) sur l axe du haut. Cumul des besoins en arrosage 800 mm 700 mm 600 mm 500 mm 400 mm 300 mm 200 mm 100 mm 0 mm Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre 0 mm 20 mm 40 mm 60 mm 80 mm 100 mm 120 mm 140 mm 160 mm 180 mm 200 mm Pluies journalières en mm Début des arrosages : avril Besoin d arrosage faible de mai à juillet Arrêt des arrosages en septembre Besoin total en arrosage de 335 mm Cumul des besoins en arrosage 800 mm 700 mm 600 mm 500 mm 400 mm 300 mm 200 mm 100 mm 0 mm Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre 0 mm 20 mm 40 mm 60 mm 80 mm 100 mm 120 mm 140 mm 160 mm 180 mm 200 mm Pluies journalières en mm Début des arrosages : avril Arrosages par à-coups en mai et juin Arrêt des arrosages en octobre Besoin total en arrosage de 500 mm Cumul des besoins en arrosage 800 mm 700 mm 600 mm 500 mm 400 mm 300 mm 200 mm 100 mm 0 mm Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre 0 mm 20 mm 40 mm 60 mm 80 mm 100 mm 120 mm 140 mm 160 mm 180 mm 200 mm Pluies journalières en mm Début des arrosages : mi-mars Arrosage continu Arrêt des arrosages en septembre Besoin total en arrosage de 740 mm >>> A RETENIR En fonction des années climatiques et notamment des précipitations, les besoins en arrosage sont variables. Pour chaque campagne, il faut : > mesurer les pluies localement - l installation d un pluviomètre à proximité des espaces verts est recommandée. > connaître l ETP, de préférence de l année - une mesure locale n est pas nécessaire : l ETP d une commune voisine peut convenir. 12 // 2010 / / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts

Les techniques d arrosage et leur principe Il existe deux techniques principales d arrosage en espace vert : l irrigation par aspersion et l irrigation localisée. L irrigation par aspersion Principe C est une technique qui imite l action de la pluie (voir schéma ci-dessous) : > l arrosage est homogène sur la surface arrosée (sous réserve d un bon réglage du matériel), > l arrosage est sous forme de pluie fine permettant une bonne infiltration, > l arrosage remplit le «réservoir-sol» de manière contrôlée. Pour imiter une pluie, l eau est envoyée sous pression à travers des asperseurs et retombe en fines gouttes sur le sol (la taille des gouttes peut varier en fonction du matériel). Asperseur Imitation de la pluie Asperseur Fiche 2 - Les techniques d arrosage et leur principe Remplissage homogène du «réservoir-sol» Type d aménagement adapté > les grandes surfaces type stades, golf, parc > les espaces verts aménagés avec des espèces végétales couvrantes. Intérêts de l aspersion : > une couverture totale de la surface à arroser, > une répartition homogène de l eau, > un nombre de distributeurs limité. Contraintes de l aspersion : > une baisse de la qualité de l arrosage, en condition ventée, en pression non stable. > un besoin élevé en pression, > un arrosage hors période de fréquentation des espaces verts. Type de matériel : canons, turbines, tuyères. Caractéristiques principales : > large gamme de débit et de portée, > besoin de forte pression de fonctionnement. Portée Débit Tuyère 1 à 6 m 0,5 à 20 l/min Turbine 4 à 30 m 2 à 300 l/min Canon 30 à 60 m 300 à 1200 l/min La diversité de matériels s adapte à de nombreuses configurations d espaces verts (taille et forme). Le matériel est détaillé dans la fiche n 3 : «L installation d arrosage». / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts / 2010 // 13

Fiche 2 L irrigation localisée Principe Cette technique consiste à humidifier une portion de sol, dans la zone racinaire d une plante. Il y a création d une zone humide (ou bulbe) par un apport d eau localisé (voir schéma ci-dessous). Ce bulbe est maintenu au cours du temps en ajustant les apports pour : > conserver une humidité suffisante par rapport à la consommation d eau de la plante, > éviter le drainage ou l asphyxie racinaire par excès d eau. rampe de goutte à goutte Les racines se développent principalement dans la zone humide artificiellement créée. Pour éviter les pertes par drainage, un fractionnement de la dose journalière est conseillé. Sol sableux Sol argilo-limoneux Type d aménagement adapté > les espaces de petite taille agrémentés de plantes individuelles, > les linéaires de haies et arbustifs, > les plantes isolées : arbres, arbuste Intérêts de l irrigation localisée : > un arrosage localisé permettant l occupation et la fréquentation de l espace vert par le public, > non sensible au vent, > un arrosage limitant le développement des mauvaises herbes, > pas de mouillage du feuillage. Contraintes de l irrigation localisée : > une variation de débit en fonction de la pression, > un besoin d une eau filtrée. Type de matériel : goutte à goutte, micro-diffuseurs Caractéristiques principales : > faible débit d arrosage (1 à 4 l/h), > faible portée d arrosage (micro-diffuseurs), > faible pression de fonctionnement. Portée Débit Goutte à goutte Nul 2 à 4 l/h Micro-asperseurs 1 à 4 m 15 à 130 l/h >>> REMARQUE Pour le goutte à goutte, il existe des distributeurs autorégulant qui permettent de conserver un débit régulier quelle que soit la pression. Le matériel est détaillé dans la fiche n 3 «L installation d arrosage». 14 // 2010 / / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts

L installation d arrosage Conception - Caractéristiques - Entretien Installation type Une installation type peut se décomposer en deux parties : > la partie amont : desserte en eau et matériels de gestion des arrosages (programmateurs, capteurs ), > la partie aval : les unités d arrosages. Compteur Circuit de l'eau Filtre Vannes Asperseurs Fiche 3 - L installation d arrosage Capteurs Circuit de l'information Programmateur Régulation de pression Goutte à goutte / Micro-asperseurs AMONT AVAL : postes d'arrosage Les différents équipements peuvent être classés en fonction de leur rôle : > les distributeurs d eau : 4 types d équipement existent, à choisir en fonction des objectifs et des contraintes d arrosages. (Voir le tableau «Facteur de décision»). > les vannes : elles contrôlent le commencement et la fin des arrosages. Elles peuvent être manuelles ou programmables. > le matériel «correcteur» (exemple : filtre, régulateur ) : ce type de matériel permet d améliorer le fonctionnement de l installation. > les automates ou programmateurs : ils permettent une automatisation des arrosages. Ce genre d appareil réduit la charge de travail des gestionnaires. > les capteurs : ils mesurent des données (de climat ou d humidité du sol) permettant aux automates ou aux programmateurs de déclencher et de calculer les apports en eau. Lors de la conception, plusieurs facteurs sont à prendre en compte pour choisir son matériel : > le type d espace vert, > l aspect desserte (pression et débit) et qualité de l eau, > les conditions du milieu : la topographie, l exposition au vent et le type de sol, > la fréquentation et le type d usagers de l espace vert : créneaux d arrosage, vandalisme L avis des gestionnaires est également important pour le choix des équipements. Pour éviter un parc matériel trop diversifié et faciliter l utilisation des équipements (exemple des programmateurs), des consignes sont nécessaires entre gestionnaires et concepteurs pour sélectionner les équipements (constructeur, marque et modèle). Pendant l exploitation (remplacement de matériel vétuste ou réparation), des consignes sont également nécessaires pour conserver un parc matériel homogène par espace vert et entre espaces verts. / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts / 2010 // 15

Facteurs de décision pour choisir les distributeurs d eau Type d équipement Besoin étude conception Facilité de pilotage Facilité d entretien Sensibilité au vent Sensibilité à la pente Sensibilité au vandalisme Tuyère Besoin faible Bonne Bonne Sensible Sensible Sensible Petite portée (5 x 5 à 10 x 10 mètres) Besoin moyen Bonne Bonne Sensible Peu sensible Sensible Moyenne portée (10 x 10 à 15 x 15 mètres) Besoin moyen Bonne Bonne Sensible Peu sensible Sensible Grande portée (> 15 x 15 mètres) Besoin moyen Bonne Bonne Sensible sensible sensible Canon Besoin élevé Bonne Très bonne Très sensible Très sensible Très peu sensible Goutte à goutte Besoin moyen Moyenne Moyenne Pas sensible Très peu sensible Peu sensible * MES : Matières En Suspension Critère défavorable Critère favorable Fiche 3 Sensibilité qualité eau (MES)* Tolérance variations pression Besoin en pression Besoin en débit Pluviométrie Qualité de répartition Efficience de l eau Faible moyenne 500 μ m Sensible Faible mini 1 bar Important 40-150 mm/h Moyenne Moyenne Moyenne < 400 μ m Sensible Moyen mini 2 bar Moyen 10-15 mm/h Bonne Bonne Moyenne < 400 μ m Sensible Moyen mini 3 bar Moyen 10-20 mm/h Bonne Bonne Moyenne < 400 μ m Sensible Elevé mini 5 bar Important 10-20 mm/h Moyenne Bonne Très faible < 2 mm sensible Elevé mini 5 bar Très important 15-30 mm/h Moyenne Moyenne Très forte 100 μ m Peu sensible (auto-reg) Faible mini 1 bar Faible 0,5-5 mm/h Très bonne Très bonne Turbines 16 // 2010 / / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts

Caractéristiques d une installation PRESSION DE FONCTIONNEMENT La pression et le débit sont directement liés : une variation de pression implique une modification du débit (cf. formule). Q = k x H avec H la pression, Q le débit et k une donnée en fonction du matériel Pour chaque installation, il existe une pression optimale de fonctionnement qui permet de réaliser un arrosage de qualité. Cette pression de fonctionnement doit être : > disponible au moment de l arrosage, > stable durant l arrosage. DÉBIT DE L INSTALLATION Le débit est un paramètre propre à chaque poste d arrosage. Il dépend : > du nombre de distributeurs, > du débit de chaque distributeur. C est une donnée constructeur : elle varie en fonction du type de distributeur (tuyère, turbine, goutte à goutte ) et du modèle. Le débit d une installation est proportionné en fonction de la surface à arroser pour optimiser les temps de fonctionnement. Fiche 3 - L installation d arrosage PLUVIOMÉTRIE DE L INSTALLATION (fiche de calcul à la fin de la rubrique) La pluviométrie définit la quantité d eau apportée par m 2 par heure. Chaque installation a une pluviométrie distincte. Elle est exprimée en litre/m 2 /h ou mm/h. Elle dépend : > du distributeur, > de la pression de fonctionnement, > de la répartition des distributeurs ou maille (voir la fiche de calcul page 20). L ensemble de ces paramètres est fixé à la conception. La pluviométrie est un élément intervenant dans le calcul du temps d arrosage (voir la fiche n 8 «Les étapes du calcul de la durée d arrosage»). >>> CONSEIL Lors de la réception d un nouvel espace vert et de son équipement : > faites un recensement du matériel, > récupérez les caractéristiques de l installation. En l absence de données, des mesures de terrain sont nécessaires. / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts / 2010 // 17

Fiche 3 Maintenance et entretien de l installation EN DÉBUT DE CAMPAGNE D ARROSAGE > nettoyage des installations : purge des réseaux et nettoyage des filtres. > vérification du matériel : changement des appareils défectueux, remplacement en cas de casses et de vol. > vérification des programmateurs : état des batteries et contrôle des programmations en mémoire et des vannes. > vérification des angles d arrosages et repositionnement des distributeurs. >>> CONSEIL Enregistrez les différentes opérations réalisées par espace vert (historique des entretiens, des réparations, des arrosages et de leur programmation ) pour optimiser la gestion et l organisation du travail. EN ROUTINE > contrôle de l installation (notamment sur les espaces verts sensibles) : vérification des réglages, contrôle du fonctionnement, contrôle des fuites, nettoyage de filtre > suivi des consommations : relevé d index de compteur pour analyser la consommation, détecter les fuites et les colmatages. EN FIN DE CAMPAGNE > mise hors gel de l installation : fermeture des vannes en amont et vidange des réseaux. > arrêt des programmations et retrait des batteries. Pour les installations de goutte-à-goutte, un nettoyage des gaines et des goutteurs peut être réalisé en fonction de la qualité de l eau : utilisation d une solution acide pour les problèmes de calcaire, d une solution chlorée pour la matière organique (exemple : les algues). Contrôle simple des performances MESURE DE LA PRESSION > Au niveau du compteur : Vérifier ponctuellement la pression disponible à l aide d un manomètre. En cas de problème manifeste de pression : contrôler la pompe ou contacter le gestionnaire du réseau. > Au niveau des distributeurs : Asperseur : mesurer la pression à l aide d un manomètre équipé d un raccord pour se mettre en sortie d asperseur (exemple : tube de Pitot). Ce type de mesure permet de contrôler l homogénéité de la pression sur son installation (Coefficient d uniformité de Christiansen). Goutte à goutte : mesurer la pression dans la gaine à l aide d un manomètre (prévoir une prise de pression dans la rampe). MESURE DE DÉBIT > Au niveau du compteur : Vérifier ponctuellement le débit appelé par l installation par un relevé d index sur le compteur. > Au niveau des distributeurs : Asperseur : en pratique, le débit par asperseur est difficilement mesurable. Cette donnée peut s obtenir par calcul, à partir de la mesure de pression et des données constructeur, par poste avec le compteur. Goutte à goutte : mesurer et comparer le débit de quelques goutteurs. Ce type de mesure permet de contrôler l homogénéité du débit sur son installation (Coefficient d uniformité de Keller et Karmeli). >>> CONSEIL Pour réaliser les mesures sur les distributeurs, renseignez-vous auprès de professionnels pour prendre connaissance des protocoles de mesure. CONTRÔLE À FAIRE EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT En cas de pression insuffisante ou de faible débit, vérifier : 1 - l absence de fuites ou de casses sur votre installation, 2 - l état de votre filtre si votre installation en est équipée, 3 - l état des distributeurs : en cas de bouchage ou colmatage, un nettoyage est nécessaire et la filtration est à revoir. Si le problème perdure, un diagnostic par un professionnel est conseillé. >>> CONSEIL Lors du remplacement d un matériel, choisissez un équipement aux caractéristiques techniques identiques pour assurer la continuité de performance de l installation. 18 // 2010 / / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts

Calcul de la pluviométrie de l installation Référence du poste d arrosage Nom de l espace vert Type de matériel Mesure du débit par poste d arrosage Date Index compteur (litre) Durée Débit Surface Pluviométrie Avant Après de l arrosage du poste arrosée du poste arrosage arrosage (heure) (litre/heure) (m 2 ) (mm/heure) Fiche 3 - L installation d arrosage Avec : Débit (l/h) = Index après arrosage (l) Index avant arrosage (l) Durée de l'arrosage (h) Surface arrosée : donnée connue ou à mesurer Pluviométrie (mm/h) = Débit de l installation (l/h) Surface arrosée (m 2 ) Contrôle du débit des distributeurs Date Débit Maille Pluviométrie distributeur (m 2 ) de l installation (litre/heure) (mm/heure) Avec : Débit distributeur : une donnée constructeur ou à mesurer Maille : donnée calculée (voir «Calcul de maille») Pluviométrie (mm/h) = Débit distributeur (l/h) Maille (m 2 ) / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts / 2010 // 19

Fiche 3 Calcul de la maille Situation 1 : exemple d un stade - asperseurs vue de dessus. I L I L Maille (m 2 /asperseur) = L(m) x l(m) avec L et l les distances entre asperseurs. m 2 = m x m Maillage rectangulaire Maillage triangulaire Situation 2 : exemple d un aménagement le long d une route. Maille (m 2 /asperseur) = L(m) x l(m) avec L = distance entre 2 goutteurs l = largeur de la haie. Haie m 2 = m x m Goutteurs Situation 3 : plante isolée. Maille (m 2 /asperseur) = Π x R 2 (m) nb de goutteur par plante avec Π xr 2 = surface projetée du feuillage R m 2 = Π x m 2 / Surface projetée 20 // 2010 / / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts

La mesure de l eau dans le sol Il existe deux types de mesure : > la mesure de l humidité volumique, > la mesure de la tension de l eau dans le sol. Ces mesures apportent une connaissance directe de l eau dans le sol et estiment l état de la réserve. Elles représentent un complément utile aux méthodes prévisionnelles (le bilan hydrique) permettant le recalage des modèles. (Voir la fiche n 5 «Le bilan hydrique») Il est également possible de piloter les arrosages grâce à ces outils en faisant des mesures régulières : > déclenchement et arrêt des arrosages, > ajustement des doses. Mesure de l humidité volumique Cette mesure estime le pourcentage d eau dans le sol. Elle comptabilise toute l eau présente dans le sol : > l eau «liée», correspondant à la fraction non utilisable par la plante, > l eau utile qui est contenue dans le «réservoir-sol» (RU). A partir de plusieurs mesures, il est possible : > d estimer la RFU, Consommation de la réserve du sol > de mesurer la quantité d eau à un instant donné. Fiche 4 - La mesure de l eau dans le sol ESTIMATION DE LA RFU La capacité du réservoir correspond à la différence entre : > la capacité au champ qui est le niveau haut de la RU On la détermine en mesurant l humidité du sol saturé en eau après ressuyage, c'est-à-dire après des épisodes pluvieux ayant apporté de forts cumuls ou en situation de sur-arrosage. > le niveau bas de la RFU On le détermine en mesurant l humidité du sol en situation de déficit, c'est-à-dire un sol asséché et non arrosé. - humidité sol + RFU Eau difficilement utilisable RU a b CALCUL DE LA RFU La RFU peut être approchée par calcul, sur la base des analyses de sols. Elle est équivalente au 2/3 de la RU. Eau liée non utilisable temps CRITIQUE DE LA MESURE D HUMIDITÉ La détermination de la RFU par mesure d humidité nécessite de la pratique et du temps : > l estimation de la RFU demande un traitement et une interprétation des valeurs mesurées. > les seuils a et b ne sont pas facilement identifiables. Une répétition des mesures est nécessaire pour s affranchir des imprécisions du matériel de mesure. > la démarche est à reproduire pour chaque espace vert, car la valeur de la RFU est propre à chaque sol. Elle doit être adaptée pour chaque espèce (profondeur de l enracinement). Mesure de la tension de l eau dans le sol Cette technique évalue la disponibilité de l eau dans le sol en mesurant la force avec laquelle le sol retient l eau (tension). Plus la tension est élevée (en valeur absolue), moins l eau est accessible pour la plante. Cette mesure permet de : > mesurer le besoin en arrosage, > détecter les excès d eau (engorgement). A partir des valeurs mesurées, il est possible de déduire directement des préconisations en matière d arrosage. GRILLE DE LECTURE DES VALEURS MESURÉES Valeur mesurée Signification Préconisations de manière générale 0 à 10 centibars Sol saturé Arrosage inutile 10 à 20 centibars Sol ressuyé Arrosage inutile 20 à 70 centibars Eau disponible Maintien des arrosages Au-delà de 70 Hors zone de Ressources insuffisantes : centibars confort hydrique arrosage nécessaire (le seuil dépend des espèces végétales) / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts / 2010 // 21

Fiche 4 CRITIQUE DE LA MESURE TENSIOMÉTRIQUE : La mesure ne renseigne pas sur la quantité d eau dans le sol, mais juste sur sa disponibilité pour les plantes. L interprétation immédiate des valeurs mesurées permet une prise de décision rapide : démarrage, arrêt ou maintien des arrosages. Positionnement des sondes pour le pilotage Le positionnement des sondes se raisonne selon deux aspects : > la distance par rapport aux distributeurs, > la profondeur : des sondes peuvent être placées : - dans la zone racinaire pour mesurer l eau disponible et piloter les arrosages, - sous la zone racinaire pour détecter les excès d eau par drainage. POSITIONNEMENT DES SONDES EN ASPERSION 1 - Choisir une zone représentative de l espace vert en termes de couverture végétale et de qualité de l arrosage. 2 - Placer les sondes à 1/3 de la portée des asperseurs. 3 - Enterrer les sondes en fonction de la profondeur d enracinement : - dans la zone racinaire, généralement à 10-15 cm de profondeur. - sous la zone racinaire. >>> CONSEIL Soyez précautionneux lors de l implantation des sondes. La création de chemins préférentiels pour l eau peut fausser les mesures. ATTENTION : mesures ponctuelles : vérifiez leur représentativité POSITIONNEMENT DES SONDES EN MICRO-IRRIGATION 1 - Placer les sondes à proximité du distributeur. 2 - Enterrer les sondes à plusieurs profondeurs : - dans la zone humide et dans la zone racinaire, - sous la zone humide. 1/3 de la portée Racines Sous les racines >>> REMARQUE Le couplage des mesures volumiques et tensiométriques facilite le calcul de la RFU 22 // 2010 / / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts

Objectif Déterminer quand et combien arroser. Démarche : réaliser un bilan en prenant en compte les apports et les pertes d eau au niveau du «réservoir sol». Quantité d eau disponible = Stock + Entrées (pluies + remontées capillaires + arrosage) Sorties (consommation + ruissellement + drainage) Données nécessaires Données Origine Réserve Facilement Utilisable Mesure terrain, (RFU) mesure laboratoire ou données moyennes Demande climatique (ETP) Valeurs moyennes ou service météorologique ou stations automatiques Coefficient cultural Kc Bibliographie ou la rubrique «Le coefficient cultural» Précipitations locales Pluviomètre ou service météorologique Réservoir du sol exploitable Estimation de la capacité du réservoir Estimation pratique : On considère en moyenne qu un sol peut fournir 1 litre/m2/cm de sol exploré par les racines, soit 1 mm/cm. RFU (litre/m2 ou mm) = Profondeur racinaire (cm) x 1 (mm/cm) Pour chaque espace vert, la profondeur racinaire est à mesurer par observation directe : réalisation d un profil de sol. Estimation laboratoire : A partir de la texture du sol (% de sable, de limon et d argile) analysée en laboratoire, il est possible de déterminer la valeur de la RU (utilisation du triangle des textures de Jamagne et Bretemieux). >>> Exemple : Pour un sol avec 49% de limon, 29% d argile et 22% de sables, la RU est égale à 1,8 mm/cm de sol. Estimation à partir de la mesure de l humidité du sol : voir la fiche n 4 «La mesure de l eau dans le sol» Détermination des composantes du bilan Pluies : on comptabilise l ensemble des précipitations (éventuellement la neige). La rosée n est pas comptabilisée, elle est négligeable. Remontée capillaire : de l eau remonte depuis la partie non exploitée par les racines (sol profond, nappes ). En l absence de nappe d eau souterraine, les remontées capillaires sont considérées comme nulles. Arrosages : maitrisés par le gestionnaire de l espace vert, ils viennent compléter les apports naturels. Consommation : elle est calculée à partir de la demande climatique ETP et du coefficient cultural Kc. Consommation en eau (mm/j) = ETP (mm/j) x Kc Dans certaines conditions, un coefficient de correction est appliqué à la consommation en fonction de l environnement de l espace vert (zone abritée, zone ventilée). En pratique, les gestionnaires d espaces verts appliquent d eux-mêmes des corrections en se basant sur l aspect visuel. / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts / 2010 // 23 Fiche 5 - Le bilan hydrique Le bilan hydrique : méthode d évaluation de la quantité d eau disponible

Fiche 5 Ruissellement : c est la perte d eau en surface par écoulement (fonction de l état de la surface du sol, de la pente du terrain et de l intensité des apports d eau) En pratique : pour prendre en compte le ruissellement, on applique un coefficient d efficacité pour les pluies en fonction de leur intensité (caractère orageux). >>> Exemple : - pour une pluie fine de 30 mm, le coefficient est de 100% : on comptabilise 30 mm efficaces. - pour un orage de 30 mm, on estime un coefficient de 50% : on comptabilise 15 mm efficaces. Drainage : c est la perte d eau en profondeur s il y a trop d eau dans le sol. En pratique : le drainage est difficilement mesurable surtout en espace vert où les sols sont plutôt bien drainés. Ce paramètre est pris en compte dans le bilan en limitant la capacité du réservoir : les apports en excès sont considérés comme perdus. En pratique le bilan peut se simplifier à : Quantité d eau disponible = Stock + Pluies + Arrosages Consommation avec l application d un coefficient d efficacité pour les pluies. Interprétation des valeurs du bilan hydrique Niveau de la RFU Réserve vide Entre 0 et la valeur de la RFU Réserve remplie Action Arroser ou augmenter la dose d arrosage Eau disponible dans le réservoir sol : arrosage non nécessaire Arrêt des arrosages >>> Exemple de bilan hydrique pour un gazon enraciné à 20 cm : Calcul de la capacité de la réserve : RFU = 20 cm x 1 mm/cm = 20 mm Récupération des données : > Quantité d eau dans la réserve en début de campagne : mesurer l eau dans le sol ou commencer le bilan après une grosse pluie efficace remplissant la réserve. > Pluie : utilisation d un pluviomètre sur site. > Kc : récupération dans une table de référence (voir la rubrique «Le coefficient cultural»). > ETP : données moyennes prévisionnelles (Météofrance) et mise à jour à partir de bulletin d irrigation. 24 // 2010 / / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts

Dose calculée ou relevée Calcul du bilan hydrique Date Pluies efficaces (mm) Coef. Cultural Kc ETP (mm/j) Consommation (mm/j) Entrée / Sortie eau dans réservoir sol (mm) Etat réservoir sol sans irrigation (mm) = Kc x ETP = Pluie - Kc x ETP = Réserve sol + (pluie - KC x ETP) niveau réservoir Arrosage (mm) Etat réservoir sol avec irrigation (mm) = Réservoir sol + (pluie - KC x ETP) + arrosage niveau réservoir 30/06/2009 Démarrage du calcul du bilan, réserve pleine 20,0 20,0 01/07/2009 0 0,8 5 0,8 x 5 = 4,0 0-4 = -4 20-4 = 16 16,0 0 20-4 + 0 = 16,0 16,0 02/07/2009 3 0,8 5 0,8 x 5 = 4,0 3-4 = -1 16-1 = 15 15,0 0 16-1 + 0 = 15,0 15,0 03/07/2009 0 0,8 5 0,8 x 5 = 4,0 0-4 = -4 15-4 = 11 11,0 0 15-4 + 0 = 11,0 11,0 04/07/2009 0 0,8 5 0,8 x 5 = 4,0 0-4 = -4 11-4 = 7 7,0 0 11-4 + 0 = 7,0 7,0 05/07/2009 0 0,8 5 0,8 x 5 = 4,0 0-4 = -4 7-4 = 3 3,0 0 7-4 + 0 = 3,0 3,0 06/07/2009 0 0,8 6 0,8 x 6 = 4,8 0-4,8 = -4,8 3-4 = -1 0,0 4,8 3-4,8 + 4,8 = 3,0 3,0 Données météorologiques et plantes Consommation calculée Eau disponible dans le sol sans arrosage Eau disponible dans le sol avec arrosage Bilan avec intégration d un épisode pluvieux 07/07/2009 3 0,8 6 0,8 x 6 = 4,8 0-4,8 = -4,8 3-4,8 = -1,8 0,0 4,8 3-4,8 + 4,8 = 3,0 3,0 08/07/2009 0 0,8 6 0,8 x 6 = 4,8 0-4,8 = -4,8 3-4,8 = -1,8 0,0 4,8 3-4,8 + 4,8 = 3,0 3,0 09/07/2009 0 0,8 6 0,8 x 5 = 4,0 0-4 = -4 3-4,0 = -1 0,0 4 3-4,0 + 4,0 = 3,0 3,0 10/07/2009 0 0,8 6 0,8 x 5 = 4,0 0-4 = -4 3-4,0 = -1 0,0 4 3-4,0 + 4,0 = 3,0 3,0 11/07/2009 30 0,8 6 0,8 x 2 = 1,6 30-1,6 = 28,4 0 + 30-1,6 = 28,4 20,0 0 0 + 30-1,6 = 28,4 20,0 12/07/2009 0 0,8 6 0,8 x 6 = 4,8 0-4,8 = -4,8 20-4,8 = 15,2 15,2 0 20-4,8 = 15,2 15,2 13/07/2009 0 0,8 6 0,8 x 6 = 4,8 0-4,8 = -4,8 15,2-4,8 = 10,4 10,4 0 15,2-4,8 = 10,4 10,4 Pluie remplissant la réserve du sol : arrêt des irrigations Plafonnement de la recharge à la valeur maxi de la RFU Fiche 5 - Le bilan hydrique / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts / 2010 // 25

Fiche 5 Représentation graphique : Sur ce graphique sont représentées des données du bilan hydrique réalisé page précédente : la variation de la quantité d eau dans le réservoir, les pluies et les arrosages. L illustration graphique permet de visualiser l évolution du stock d eau dans le sol et l action des pluies et des arrosages. 50 mm 0 mm Quantité de l'eau 45 mm 40 mm 35 mm 30 mm 25 mm 20 mm 15 mm 10 mm 5 mm Remplissage par les pluies : réservoir plein Arrêt des arrosages Réservoir vide : arrosage Reprise arrosage 10 mm 20 mm 30 mm 40 mm 50 mm Pluie et irrigation 0 mm 60 mm 1-juil 2-juil 3-juil 4-juil 5 -juil 6-juil 7-juil 8-juil 9-juil 10-juil 11-juil 12-juil 13-juil 14-juil 15-juil 16-juil 17-juil Pluies efficaces (mm) Arrosage Capacité maximum Niveau réservoir Bilan : Dans cet exemple, les arrosages sont réalisés : > lorsque le «réservoir sol» est vide, > de manière quotidienne, > à hauteur de la consommation des plantes : Dose d arrosage = Consommation journalière des plantes. Cette stratégie a permis de maintenir un niveau en eau faible et constant dans le réservoir. Le niveau maintenu est suffisant pour les plantes, et a permis un remplissage maximal du réservoir par la pluie. 26 // 2010 / / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts

Le coefficient cultural de quelques espèces végétales Cœfficient cultural ou Kc : cœfficient pondérant la consommation en eau en fonction de la plante. Gazons et graminées Kc Agrostis capillaris Agrostide capillaire 0,8 Agrostis palustris Agrostide rampante 0,8 Agrostis tenuis Agrostide commune 0,8 Cynodon spp. Chiendent 0,6 Festuca arundinacea Fétude élevée 0,8 Festuca glauca Fétuque bleue 0,2 Festuca pratensis Fétuque des près 0,8 Festuca rubra Fétuque rouge 0,8 Lolium multiflorum Lam. Ray-grass d'italie 0,8 Lolium perenne Ray-grass Anglais 0,8 Miscanthus sinensis Roseau de Chine, Eulalie 0,8 Paspalum vaginatum Paspale 0,6 Pennisetum clandestinum Kikuyu 0,6 Poa annua Pâturin annuel 0,8 Poa pratensis Paturin des près 0,8 Poa trivialis Paturin commun 0,8 Stenotaphrum secundatum Faux Kikuyu 0,6 Stipa tenuissima Cheveux d'ange 0,2 Zoysia japonica Zoysia du Japon 0,6 Fiche 6 - Le coefficient cultural de quelques espèces végétales Vivaces et plantes en forme de coussin Kc Agapanthe africanus Agapanthe 0,5 Armeria maritima Armérie maritime 0,5 Artemisia lanata Armoise laineuse 0,2 Asphodeline lutea Asphodèle jaune 0,2 Astericus maritimus Astérisque maritime 0,5 Ballota pseudodictamnus Ballote 0,1 Bulbinella frutescens «Hallmarck» 0,2 Centranthus ruber Valériane 0,1 Ceratostigma plumbaginoides Plumbago rampant 0,2 Cistus ladanifer 'sulcatus' Ciste ladanifère ou à gomme 0,2 Cistus maritima Ciste maritime 0,2 Convolvulus mauritanicus Liseron de Mauritanie 0,2 Dianthus corsicus Œillet de Corse 0,5 Erigeron karvinskianus Erigiron 0,2 Erysimum 'Bowles mauve' Giroglée vivace 0,2 Euphorbia myrsinites Euphorbe de Corse 0,2 Gaura lindheimeri 0,5 Geranium sanguineum Géranium sanguin 0,5 Iberis semperflorens Ibéris 0,5 Jacobinia (justicia) suberecta Jacobine légèrement dressée 0,5 Lavandula angustifolia Lavande 0,2 Lavandula dentata Lavande dentée ou anglaise 0,2 Lavandula x intermedia Lavandin 0,2 Lavatera maritima Lavatère maritime 0,2 Nepeta x faassenii Herbe à chat 0,2 Oenothera drumondii Oenothère à fleur jaune 0,2 Oenothera speciosa Oenothère à fleurs roses 0,2 Origanum Origan 0,5 Osteospermum ecklonis Dimorphotéca 0,2 Othonnopsis (Hertia) cheirifolia Othonne 0,2 Perovskia atriplicifolia "blue spire" Sauge d'afghanistan 0,5 Phyla nodiflora Verveine nodiflore 0,2 Rosmarinus Romarin 0,2 Salvia greggii Sauge arbustive 0,2 Salvia officinalis Sauge officinale 0,2 / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts / 2010 // 27

Fiche 6 Vivaces et plantes en forme de coussin (suite) Kc Santolina chamaecyparissus Santoline 0,2 Saponaria ocymoides Saponaire 0,2 Scabiosa cretica Scabieuse 0,5 Sedum spectabile Orpin d'automne 0,2 Senecio cineraria Cinéaire maritime 0,2 Senecio greyl 0,2 Teucrium cossonii 0,1 Teucrium x lucidrys 0,2 Thymus vulgaris Thym 0,5 Tulbaghia violacea Tulbaghia 0,5 Verbena bonariensis Verveine de Buenos Aires 0,1 Verbena venosa/rigida Verveine 0, Plantes grimpantes Kc Bignonia capreolata Bignone 0,5 Campsis radicans Bignone 0,2 Clematis armandii Clématite d'armand 0,5 Ipomea learii Ipomée 0,2 Jasminum mesnyi 0,2 Jasminum officinale Jasmin officinal 0,2 Lonicera japonica Chèvrefeuille du Japon 0,5 Macfadynea Griffe de chat 0,2 Plumbago capensis Plumbago du Cap 0,2 Rosa banksiae Rosier banks 0,2 Solanum jasminoïdes Solanum 0,5 Trachlospermum jasminoïdes Jasmin de Chine 0,5 Vitis vinifera Vigne 0,2 Wisteria sinensis Glycine 0,5 Plantes piquantes Kc Agave americana 0,2 Dasylirion glaucaphyllum Dasylire à feuilles glauques 0,1 Opuntia Figuier de Barbarie 0,1 Yucca gloriosa Yucca superbe 0,2 Yucca rostrata 0,2 Arbuste Kc Abelia grandiflora Abélia à grandes fleurs 0,5 Artemisia arborescens Armoise 0,1 AtripLex halimus Blanquette 0,1 Buxus sempervirens Buis commun 0,5 Choisya temata Oranger du Mexique 0,5 Cistus albidus Ciste cotonneux 0,2 Cistus monspeliensis Ciste de Montpellier 0,2 Cistus salviifolius Ciste à feuilles de Sauge 0,2 Cistus x pulvenulentus Ciste 0,2 Cistus x purpureus Ciste 0,2 Cistus x shanbergii Ciste 0,2 Convolvulus cneorum 0,2 Cotinus coggygria Arbres à perruque 0,2 Dorycnium hirsutum Dorycnie hirsute 0,2 Eleagnus ebbingei Chalef 0,2 Escallonia rubra var.macrantha Escallonia rouge 0,5 Euphorbia characias 'Wulfenii' Euphorbe 0,2 Hypericum hidcote Millepertuis arbustif 0,5 Jasminum mesnyi Jasmin primevère 0,2 Myrtus communis Myrte 0,2 Nerium oleander Laurier rose 0,2 Phlomis fructicosa Sauge de Jérusalem 0,2 Phlomis purpurea 0,2 Photinia fraseri "Red Robin" Photinia 0,5 Pistachia terebinthus Pistachier 0,2 28 // 2010 / / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts

Arbuste (suite) Kc Pistacia lentiscus Pistachier lentisque 0,1 Pittosporum tobira Pittospore 0,2 Punica granatum Grenadier à fleurs 0,2 Rhamnus alaternus Alaterne 0,2 Rosa chinansis mutabilis Rosier de Chine 0,2 Teucrium fruticans Germandrée 0,2 Viburnum tinus Laurier tin 0,5 Vitex agnus castus Gattilier 0,2 Fiche 6 Arbres Kc Acacia melanoxylon Mimosa 0,1 Acer campestre Erable Champêtre 0,5 Alnus cordata Aulne de Corse 0,5 Celtis Australis Micocoulier 0,2 Cercis siliquastrum Arbre de Judée 0,5 Crataegus monogyna Aubépine 0,5 Eleagnus angustifolia Olivier de Bohême 0,2 Fraxinus ornus Frêne à fleurs 0,5 Gleditschia triacanthos "inermis" Février d'amérique sans épine 0,2 Koelreuteria paniculata Savonnier 0,5 Laurus nobilis Laurier sauce 0,2 Ligustrum japonicum Troêne du Japon 0,5 Melia azedarach Melia 0,1 morus alba Murier Blanc 0,5 Olea europea Olivier 0,1 Pinus halepensis Pin d'alep 0,2 Pinus pinea Pin parasol ou pignon 0,2 Platanus acerifolia Platane 0,5 Populus alba Peuplier blanc 0,5 Pyrus callerryana "chanticleer" Poirier pyramidal 0,5 Quercus ilex Chêne vert 0,2 Schinus molle Faux poivrier 0,1 Sophora japonica Sophora 0,2 Tamarix ramosissima Tamaris d'été 0,1 Tamarix tetrandra Tamaris printanier et estival 0,1 Tilia tomentosa Tilleul argenté 0,5 Palmier Kc Chamaerops humilis Palmier 0,2 Trachycarpus fortunei Palmier de Chine 0,2 / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts / 2010 // 29

Les économies et l optimisation de l eau Comment réduire les arrosages L aménagement des espaces verts RÉFLEXION DE L ARROSAGE DÈS LA CONCEPTION En fonction de la configuration et de la composition végétale de l espace vert, les arrosages ne sont pas toujours optimums. Un sur-arrosage est parfois nécessaire pour compenser : > des déficiences de l installation : matériel mal adapté à la forme de l espace vert, perturbation des arrosages par le vent > les besoins plus élevés de certaines plantes. Pour les espaces verts mixtes (association de plusieurs espèces végétales), les arrosages sont en fonction de la plante ayant la consommation en eau la plus élevée, impliquant pour les autres espèces un sur-arrosage. Lors de la conception d un espace vert, il est possible d intégrer ces paramètres par une réflexion de : > la configuration de l espace vert (taille, forme et exposition), > l organisation des espèces végétales : les plantes doivent être associées en fonction de leur besoin en eau. DIMINUTION DES SURFACES VÉGÉTALISÉES La majorité des espaces verts sont des surfaces engazonnées : ce type d aménagement consomme de grosses quantités d eau. Une économie d eau peut être réalisée en développant : > des espaces verts avec des espèces végétales non couvrantes (diminution de la surface de gazon), > les espaces verts minéralisés : diminuer les surfaces végétales en choisissant des décorations minérales. Fiche 7 - Les économies et l optimisation de l eau Le choix des espèces végétales SÉLECTION DES PLANTES La consommation en eau est directement liée aux plantes qui composent l espace vert. Pour avoir une consommation minimale d eau, le choix des plantes doit se raisonner en fonction : > de leur besoin en eau : choisir des plantes à faible consommation (voir la fiche n 6 «Le coefficient cultural»), > de leur adaptation aux conditions climatiques locales (gel, amplitude thermique, vent ). UTILISATION DE LA FLORE LOCALE OU SPONTANÉE Pour orner les espaces verts, il est possible d utiliser des espèces locales poussant naturellement. Ces plantes sont adaptées aux conditions locales (climat, type de sol ). En utilisant cette flore pour composer les espaces verts, il est possible de réduire les volumes d eau utilisés pour l arrosage. Exemple des jardins secs de Marseille ou des prairies fleuries du secteur de Malbosc à Montpellier. L entretien des espaces verts ENTRETIEN DES PLANTES Les plantes perdent l eau par transpiration au niveau de leurs feuilles : plus les feuilles sont nombreuses, plus la plante consomme de l eau. Il est possible de diminuer la consommation en eau des plantes en limitant le nombre de feuilles. Pour réduire la surface évaporante, il faut : > une taille ou une tonte fréquente des végétaux, > pratiquer une fertilisation azotée raisonnée pour limiter la croissance des plantes. ENTRETIEN DU SOL Une partie de l eau du sol est perdue par évaporation. Cette perte est variable en fonction de la couverture du sol. Il est possible de réduire l évaporation par la mise en place d une couverture artificielle du sol. Exemple : bâche ou mulch organique (paillage, copeaux ). / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts / 2010 // 31

Fiche 7 LUTTE CONTRE LES MAUVAISES HERBES La présence d adventices (ou mauvaises herbes) entraine une compétition pour l eau avec les plantes ornementales. Cette compétition augmente les besoins globaux en eau de l espace vert. Une lutte contre les adventices est indispensable pour optimiser les arrosages. Elle nécessite : > une maîtrise de la fertilisation azotée et de l arrosage : un excès d azote ou d eau favorise le développement des mauvaises herbes, > une lutte chimique ou mécanique (la couverture du sol permet également une lutte contre les adventices). L amélioration de la réserve en eau des plantes AUGMENTATION DE LA CAPACITÉ DE STOCKAGE DU SOL L eau apportée par les arrosages est stockée en quantité variable par le sol. Il est possible d améliorer la capacité de stockage du sol par : > une décompaction et un travail du sol. Le travail du sol permet d augmenter la porosité et d augmenter la quantité d eau dans le sol. > un apport de matière organique qui améliore la structure du sol. Exemple : apport de compost. UN ENRACINEMENT DE QUALITÉ ET EN PROFONDEUR La Réserve Facilement Utilisable d une plante dépend de son enracinement : plus il est profond, plus la plante augmente sa réserve en eau. Pour favoriser un enracinement en profondeur, il faut : > réaliser une bonne implantation des végétaux lors de la création de l espace vert. Il est important d avoir un sol profond et de bonne qualité (apport de terre végétale). > provoquer un stress hydrique en début de saison (retardement ou espacement des arrosages), pour «forcer» la plante à faire des racines en profondeur pour trouver l eau. C. Corbier 32 // 2010 / / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts

Les étapes du calcul de la durée d arrosage 1 - Espèce végétale Kc : Voir la fiche n 6 «Le coefficient cultural» 2 - Estimation de la RFU du sol RFU = 1 (mm/cm) x Profondeur d enracinement (cm) 3 - Détermination de la consommation quotidienne ETP : > soit des données moyennes inter-annuelles, > soit des données de MétéoFrance ou d un bulletin d avertissement, > soit des données locales (station météorologique). Consommation (mm/j) = ETP (mm/j) x Kc Fiche 8 - Les étapes ducalcul de la durée d arrosage 4 - Détermination du besoin d arrosage (Voir la fiche n 5 «Le bilan hydrique») A la RFU du sol : a) On soustrait la consommation quotidienne. b) On ajoute les pluies éventuelles. On considère seulement les pluies efficaces et on plafonne la recharge du sol à la RFU. RFU (jour j+1) = RFU (jour j) - Consommation + Pluies Si la RFU est vide : déclenchement des arrosages Si la RFU n est pas vide : pas d arrosage. 5 - Calcul de la fréquence et de la dose unitaire d arrosage Cas de L ARROSAGE QUOTIDIEN (fréquence recommandée) Dose unitaire (mm/j) = consommation (mm/j) = ETP (mm/j) x Kc Cas de L ARROSAGE RECHARGEANT LA RFU (arrosage espacé) Un arrosage tous les : RFU (mm) ETP (mm/j) x Kc jours 6 - Calcul de la durée d arrosage Dose unitaire d arrosage (mm/jour) x 60 Durée (min/jour) = Pluviométrie de l installation (mm/h) jours 7 - Prise en compte des pluies En cas de pluies significatives (supérieures à 5 mm), recharger la RFU et reprendre le raisonnement au Point 4. >>> CONSEIL Actualisez le bilan au moins toutes les semaines. / MÉMENTO TECHNIQUE // Irrigation des espaces verts / 2010 // 33

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Guide

Le but d un arrosage est de compenser les pertes en eau d un espace vert, pour que les plantes n aient pas à souffrir de sécheresse. Le raisonnement se fait par étape : 1 ère étape : quelle quantité d eau est nécessaire? 2 ème étape : combien d eau au maximum peut stocker le sol? 3 ème étape : y a t il eu des pluies? 4 ème étape : compte tenu de la capacité de stockage du sol et des apports par les pluies, quel est le stock disponible, et combien de jours laisser entre deux arrosages? 5 ème étape : régler la durée d arrosage, en fonction du débit de l installation. Un espace vert ou une culture a besoin d eau : Pour les plantes, qui transpirent par des petits ouvertures à la surface des feuilles (les stomates) : la transpiration, en aspirant l eau par capillarité, fait circuler la sève dans toute la plante ; Pour le sol, qui évapore l eau qu il contient. Les deux mécanismes (évaporation et transpiration) forment l Evapo- Transpiration. L Evapo-Transpiration sera différente selon : La date : il ne fait pas la même température en avril qu en août, et les rayons du soleil ont plus de force en plein été qu à l automne (stade de la plante) ; Le lieu où l on se trouve : il ne règne pas partout au même moment les mêmes conditions météorologiques ; Les conditions météorologiques (temps ensoleillé, couvert ou pluvieux, temps chaud ou froid, vent) ; La plante (espèce, plante jeune ou adulte). L unité de l Evapo-Transpiration est le millimètre, comme pour la mesure des précipitations. 1 mm = 1 litre d eau par m 2. Certaines stations météo reliées à un ordinateur peuvent calculer quotidiennement l Evapo-Transpiration. On peut aussi utiliser les valeurs moyennes (statistiques Météo France ), qui correspondent à la consommation d un gazon bien exposé au soleil. Cette valeur moyenne doit être corrigée pour d autres types d espaces verts : Un massif de plantes annuelles perdra plus d eau qu un gazon : le sol est nu entre les plantes (plus d évaporation au niveau du sol), et ces plantes sont plus consommatrices d eau que le gazon ; Un massif d arbustes âgés de plusieurs années, couvrant bien le sol, aura des besoins en eau inférieurs à ceux d un gazon. Les tableaux suivants donnent des valeurs moyennes d évaporation par saison et par grand type d espaces verts. Ces valeurs sont valables pour une exposition normale, et pour une végétation en bon état, non stressée. Elles doivent être augmentées de 20 % en cas de site très exposé à la réverbération, au vent, et diminuées de 20 % en cas de situation abritée (massif à l ombre, présence de haie brise-vent ). Les données de base sont des moyennes calculées par Météo France sur la période 1993/2002.

Valeurs moyennes d Evapo-Transpiration par saison (1 mm/j = 1 l/m 2 /j) Tableau N 1 : Gazon (en l/m 2 /jour) Tableau N 2 : Massif d annuelles : consommation plus forte que pour un gazon (en l/m 2 /jour) Tableau N 3 : Massif d arbustes : consommation en eau moins forte que pour un gazon (en l/m 2 /jour) Comment lire les tableaux? Le tableau donne la consommation en eau d un espace vert (gazon, massif d annuelles, ou massif d arbustes). Les colonnes indiquent la période et les lignes la zone géographique. Le résultat est donné en litre par m 2 et par jour (ou en millimètre d eau par jour). Par exemple, on souhaite connaître la consommation en eau d un gazon à Arcachon, en juillet : On se réfère au tableau 1 (gazon), et on trouve l intersection entre la colonne «été» et la ligne «littoral côte». Le résultat est de 4,2 mm/jour. Cela signifie qu un gazon à Arcachon perdra 4,2 l d eau par m 2 tous les jours, au cours des mois de juin, juillet et août. Les espaces verts perdent de l eau continuellement, mais il n est pourtant pas nécessaire d arroser sans arrêt : le sol joue un rôle de réservoir d eau. Quand il pleut ou que l on arrose le sol que se passe t-il? Une partie de l eau ne pénètre pas du tout dans le sol et s écoule en surface : c est l eau de ruissellement ;

Une partie de l eau apportée est entraînée en profondeur : elle ne fait que passer, et n est pas prélevée par les plantes si la dose est suffisante : c est l eau de percolation ; Une partie est retenue par l argile et l humus et reste dans le sol. Cette partie est à la disposition des racines. On l appelle la réserve facilement utilisable (RFU). L eau de ruissellement et l eau de percolation ne servent pas à la végétation. On les retrouve dans les cours d eau ou les nappes de surface. Tant qu il y a de l eau dans la réserve facilement utilisable, les plantes s alimentent correctement pour compenser les pertes par transpiration. En revanche, dès que ce stock est consommé, la plante ne peut plus s alimenter : elle subit un stress hydrique. Arroser va consister à maintenir le réservoir d eau du sol à un niveau correct, en apportant de l eau à chaque fois que la réserve facilement utilisable est épuisée. Ainsi, un gazon en sol limoneux ne s arrose pas plus de deux fois par semaine en juillet. L eau est retenue dans le sol par l argile et l humus : plus un sol est argileux et riche en humus, plus il peut stocker d eau. Pour un sol sableux, la réserve facilement utilisable est d environ 35 l/m 2 (ou 35 mm) pour 1 m de profondeur. Pour un sol très argileux, la réserve facilement utilisable est de 90 l/m 2 (ou 90 mm) toujours pour 1 m de profondeur. Valeurs à retenir : 35 mm/m de profondeur pour les sols très sableux (littoral, sud Gironde) 70 mm/m de profondeur partout ailleurs en Gironde. Pour connaître la quantité d eau disponible pour la végétation, il faut raisonner sur la profondeur de sol exploré par les racines. Cette profondeur est : D environ 20 cm pour un massif de fleurissement ; D environ 40 cm pour une pelouse (profondeur d enracinement variable selon la hauteur de tonte) ; D environ 80 cm pour un arbuste, plus de 1 m pour les espèces à racines pivotantes. Cela signifie que la réserve facilement utilisable pour un gazon sur un sol non sableux est de : 40 cm de profondeur x 70 l/m 2 = 28 litres/m 2 (ou 28 mm) Pour un massif d annuelles sur un sol non sableux, la réserve facilement utilisable est de : 20 cm de profondeur x 70 l/m 2 = 14 litres/m 2 (ou 14 mm). La quantité d eau que doit apporter un arrosage est égale à la Réserve Facilement Utilisable (RFU). Attention : Arroser plus que la dose est inutile, puisque le sol ne pourra stocker l eau en excès : elle sera perdue (ruissellement en surface ou infiltration en profondeur), et ne profitera pas du tout à la végétation ; Par conséquent la dose d arrosage est toujours la même (on reconstitue le stock une fois que la réserve est épuisée).

Seule la fréquence varie : arrosages plus rapprochés en été, plus éloignés au printemps et à l automne ; Lorsqu il a plu, on retarde l arrosage, en rapportant la quantité de pluie (mesurée avec un pluviomètre) à l Evapo-Transpiration. Pour savoir quand cette Réserve Facilement Utilisable est épuisée, on rapproche capacité de stockage (RFU) et consommation (Evapo-Transpiration). Par exemple, l Evapo-Transpiration d un gazon dans la région de Libourne est de 4,2 l/m 2 /jour au cours du mois de juin (voir tableau N 1). La Réserve Facilement Utilisable est de 28 l/m 2. Cette réserve permet au gazon de «tenir» : 28 l/m 2 divisé par 4,2 l/m 2 /jour = 7 jours sans être arrosé. Il faut alors apporter une dose d irrigation de 28 l/m 2. S il pleut, il faut retarder l arrosage d une à deux journées, selon l importance des pluies (comparer les précipitations avec l Evapo-Transpiration). Il existe des appareils (les tensiomètres), qui mesurent la force de succion que les racines doivent exercer pour absorber l eau : moins il y a d eau dans le sol, plus la force à exercer est importante. Les tensiomètres sont donc des indicateurs intéressants du niveau de réserve d eau dans le sol, d autant plus si on peut les relier à un programmateur. Le calcul précédent nous renseigne sur la fréquence et la quantité d eau à apporter à la végétation. Mais combien de temps laisser l installation d arrosage en fonctionnement? Il faut d abord connaître l Intensité Pluviométrique (on dit aussi le Taux de Précipitation) de l installation, c est à dire la quantité d eau délivrée en 1 heure par m 2 arrosé. L unité utilisée par les constructeurs est le mm/heure (ce qui équivaut au litre par m 2 et par heure). Un moyen simple de contrôler l Intensité Pluviométrique est de disposer un pluviomètre sur l espace vert, et de faire fonctionner l installation pendant 10 minutes. Le relevé du pluviomètre permet de déduire l Intensité pluviométrique en l/m 2 /heure. Le temps de fonctionnement de l installation d arrosage sera donné par le calcul : Dose d arrosage souhaitée (en l/m 2 ) à diviser par l Intensité pluviométrique (en l/m 2 /heure, ou en litre par minute, pour plus de facilité). Dans l exemple précédent, la dose d irrigation souhaitée est de 28 l/m 2. En plaçant un pluviomètre au centre de la pelouse à arroser, et en faisant fonctionner l arroseur pendant 10 mn, le pluviomètre indique 4 mm. L Intensité Pluviométrique de l installation est de 4 mm/10 mn = 24 mm/60 mn = 24 mm/heure (ou 0,4 mm/minute = 0,4 l/m 2 /minute). Pour apporter effectivement 28 l/m 2, il faudra faire fonctionner l installation : 28 l/m 2 0,4 l/m 2 /min ~ 70 minutes = 1 heure et 10 minutes

Exemple de programme d irrigation (sans tenir compte des pluies), pour : Un gazon en conditions idéales de croissance, et sans aucun stress (pas de carence, alimentation en eau correcte) au centre de la Gironde. Un massif fleuri au centre de la Gironde Cette fiche de calcul doit être complétée pour chaque espace vert ou massif. L exemple (en italique sur la page ci-contre) prend les données pour l agglomération Bordelaise, au printemps. Le calcul doit être adapté en prenant les valeurs pour chaque saison et pour chaque situation. Evapo-Transpiration, en mm/jour, selon la période pour un gazon correctement alimenté en eau. Rappel : 1 mm = 1 l/m = 100 l/are = 10000 l/ha = 10 m /ha

Un choix judicieux d espèces et de variétés permet de réduire la consommation en eau. Les arbustes, dont les racines peuvent puiser l eau en profondeur peuvent se passer d irrigation une fois bien implantés (après la 3ème année), alors que pour obtenir un même effet de fleurissement, des plantes annuelles ont des besoins en eau supérieurs. Il faut essayer de regrouper sur un même aménagement des espèces ayant des besoins en eau équivalents, pour éviter de sur-arroser certaines espèces. Le vent, qui favorise le dessèchement, est ralenti par les haies brises vent. L efficacité se ressent sur 10 à 20 fois la hauteur de la haie : une haie haute de 5 m protège la largeur d un terrain de foot (et apporte du confort aux utilisateurs). Attention aux dates de réalisation des plantations : l idéal est à l automne, même pour les plantes en conteneur. Ne dit on pas : à la Ste Catherine (25 novembre), tout arbre prend racine? Cette époque de plantation laisse aux végétaux plantés le temps de reconstituer suffisamment de fines racines, surtout en profondeur (où la température du sol autorise encore l activité biologique, même en hiver). A partir du printemps, ces végétaux ont la capacité de puiser l eau dans le sol, contrairement à ceux qui viennent d être plantés et qui doivent d abord reconstruire leurs racines. Un arrosage plus fréquent est alors nécessaire. Lors de la plantation, il faut inciter les racines des arbres et arbustes à aller en profondeur : décompacter le sol, émietter le bord et le fond des fosses de plantation qui peuvent être lissés (surtout en sol argileux ou si le trou est réalisé à la tarière). Un terrain nu perd plus d eau par évaporation qu un terrain couvert. L utilisation d espèces couvre sol (nombreuses espèces arbustives ou vivaces, dont certaines ont une floraison estivale) au pied des arbres diminue l évaporation. La céanothe (lilas de Californie) a des besoins plutôt faibles en eau. Elle peut constituer un couvre sol intéressant (ici Céanothus thyrsiflorus repens ). Le paillage des plantations limite les pertes par évaporation. On peut utiliser des toiles plastiques tissées ou en polyéthylène noir ou encore préférer un paillage d écorces de pin compostées, un paillage à base de fibres végétales (toiles de jute, fibre de coco ), ou l épandage régulier de compost de déchets verts. On pourra s inspirer des principes de la gestion différenciée : tous les espaces verts n ont pas besoin du même niveau d entretien. Certains secteurs de la commune peuvent être conduits de manière plus extensive : tontes moins fréquentes, pas de traitements phytosanitaires, feuilles non ramassées, végétation spontanée A l inverse, d autres zones doivent être irréprochables, et la conduite doit être adaptée dans ce sens.

Les espaces les plus naturels ou les moins fréquentés peuvent tolérer une période de sécheresse et présenter, au plus fort de l été un aspect moins esthétique : ces secteurs n ont pas besoin d être arrosés. En ce qui concerne les gazons, il est préférable d arroser moins souvent, mais avec des doses plus fortes, correspondant à la Réserve Facilement Utilisable. Un arrosage trop fractionné (ou à l inverse un excès d arrosage) conduit les racines à rester en surface. Cela provoque ce que l on appelle le feutrage. Cette remontée des racines augmente la sensibilité à la sécheresse (moins de réserve facilement utilisable) et demande des arrosages plus fréquents (cercle vicieux). Il faut alors «défeutrer» (opération mécanique) pour redonner un aspect correct au gazon et espacer les arrosages. Une tonte courte et trop fréquente des gazons augmente les besoins en eau : la quantité de racine et la surface de feuilles s équilibrent. Une tonte courte (moins de 5 cm) restreint les racines dans les premiers centimètres de profondeur, et diminue la réserve facilement utilisable (moins de profondeur de sol = moins de stock). Il faut alors arroser plus fréquemment. A l inverse, une tonte plus longue favorisera un enracinement profond.

Le polyéthylène est à préférer au PVC : il est légèrement élastique, et n a pas tendance à casser comme le PVC. Il peut absorber une légère déformation du sol (moins de risques de fissuration des canalisations). Un trop faible diamètre, des coudes, des raccords de diamètre inférieur aux tuyaux provoquent des pertes de charge : l eau est freinée, et la pression aval chute, et elle est insuffisante pour que les arroseurs fonctionnent correctement. Pour réduire ces pertes de charge, il est préférable de «surdimensionner» les canalisations à la pose (faible surcoût). Les «robinets» et vannes de commande peuvent être plus ou moins sophistiqués : du classique robinet en laiton à la vanne à commande électrique munie de sécurités. Il est souhaitable de contrôler régulièrement l étanchéité des joints pour éviter les fuites. Les électrovannes s ouvrent et se ferment en réponse à une impulsion électrique basse tension (délivrée par un câble électrique ou par une pile). Cette impulsion peut être déclenchée manuellement (bouton arrêt/marche) ou par un programmateur ou une horloge. L ouverture des électrovannes peut aussi être asservie à : Un anémomètre, qui suspend les arrosages lorsque le vent est trop fort (mauvaise répartition de l eau sur la surface) ; Un pluviomètre, qui interrompt le programme lorsqu il a plu ; Un tensiomètre (appareil qui mesure l humidité du sol, et qui peut juger qu un arrosage n est pas nécessaire). Une eau sale et chargée gêne le fonctionnement des électrovannes : pas d ouverture ou fermeture incomplète. Un simple nettoyage peut y remédier, mais le mieux est de prévoir un filtre en amont, si les eaux sont potentiellement sales. Il existe de nombreux types d émetteurs d eau sur le marché. Il n existe pas de matériel universel. A chaque situation correspondra un type d émetteur.

Une installation d arrosage peut comporter les éléments suivants : Compteurs d eau (fortement recommandé). Il est recommandé de mettre en place des compteurs indépendants des autres usages (arrosage et vestiaire par exemple). Effectuer des relevés réguliers est le moyen le plus efficace pour gérer de manière économe une installation d arrosage : en relevant l index du compteur au début et à la fin d un arrosage, on peut vérifier les doses d eau réellement apportées et détecter les fuites.

En effet, l évolution de l index du compteur entre deux arrosages est signe d une fuite sur le réseau en aval du compteur. L idéal est de faire un relevé des compteurs tous les quinze jours et de tenir un tableau de bord. Les différences importantes doivent pouvoir être expliquées. Sinon, un événement anormal est à craindre. On pourra aussi comparer les relevés d une année sur l autre. Ce type de tableau est facile à exploiter avec un tableur Excel. Régulateur de pression Les caractéristiques des émetteurs (rayon d action, intensité pluviométrique) sont données par les constructeurs pour une pression bien précise. Si la pression est trop forte, le débit est également trop élevé : la dose apportée est supérieure aux besoins calculés, et on augmente les pertes par ruissellement. Une trop forte pression génère une mauvaise répartition de la pluviométrie : plus forte vers l extérieur, plus faible au centre. Enfin, cela peut endommager le matériel : joints détériorés, mécanisme déréglé. La pose d un régulateur de pression en tête de réseau, réglé sur la bonne pression permet de s affranchir de ce problème. En cas de pression trop faible dans le réseau d eau potable, il est plus difficile d installer un surpresseur. Dans le cas d une eau amenée par une pompe (forage, prélèvement en rivière ou dans un bassin), le choix de cette pompe devra tenir compte de la pression nécessaire. Exemple de fiches relevés compteur

Les fuites peuvent être visibles (robinet qui goutte, suintement ) ou invisibles (canalisation enterrée fissurée, raccord défectueux). Le suivi des compteurs d eau peut donner des indications. Si le réseau en aval du compteur ne comporte aucune fuite, l index ne doit pas évoluer entre deux arrosages. Les fuites de très faible importance ne sont pas toujours détectées par le suivi des compteurs. Attention aux tuyaux de surface en Tricoflex : surveiller les raccords (sources de fuite). Ce type de tuyaux est sensible aux ultra violets : il est conseillé de les ranger à l abri de la lumière entre deux utilisations. Le contrôle d homogénéité et de pluviométrie doit être fait régulièrement (2 à 3 fois en cours de saison) : un encrassement ou une usure des pièces peut modifier le débit et la répartition de l eau. Pour le réaliser, disposer de simples fonds de bouteilles plastique à plusieurs points de la surface arrosée. A la fin de l arrosage, les niveaux doivent être proches, et correspondre à la dose théoriquement apportée (voir calcul des apports). En hiver, les installations d arrosage ne fonctionnent pas. Il convient de prendre quelques précautions : Vidange des canalisations sensibles au gel (profondeur inférieure à 40 cm) ; Penser à équiper les canalisations de robinet de vidange ; Isolation des compteurs et des vannes ; Démontage et stockage hors gel du matériel mobile. A la remise en fonctionnement, il conviendra de purger les canalisations qui auront été vidangées.

Il est possible de réduire la consommation en eau avec peu de moyens financiers et avec des mesures immédiates, faciles à mettre en œuvre : 1-Optimisation et réglage de l installation Une première étape consiste à vérifier que l installation est correctement réglée et entretenue : Les filtres, s il y en a, sont-ils nettoyés? L arrosage est-il homogène? Si ce n est pas le cas, cela peut être dû soit à un défaut de maintenance (buses encrassées), soit à une mauvaise conception de l installation (buses rajoutées, pression ou débit inadaptés ) ; Les électrovannes fonctionnent-elles correctement? 2-Modification des comportements, prise de conscience de la part de tous les acteurs Recherche des fuites : Réglage et vérification régulière des appareils ; Relevés de compteurs et analyse des résultats ; Détection des anomalies (arroseurs non opérationnels, fuites, matériel hors service, vol et vandalisme ) par tout un chacun, et information rapide du responsable du réseau pour une réparation dans les meilleurs délais ; Raisonnement de la dose et de la fréquence (avec modification de la fréquence en fonction de la date et des conditions météorologiques) ; Suivi budgétaire de la consommation en eau par les responsables de l arrosage ; Motivation des agents techniques. A moyen terme, et avec plus de moyens financiers, le réseau d arrosage peut être amélioré : 1- Mise en place d un système de programmation et d ajustement aux besoins de l installation Un réseau d arrosage idéal devrait comporter, en plus des turbines ou autres arroseurs, les éléments suivants : Un compteur d eau en tête de réseau ; Des électrovannes commandées par un programmateur horaire ; Un détecteur de pluie qui suspend l arrosage en cas de précipitations. Le compteur d eau permet de suivre avec précision les consommations d eau, et de détecter les fuites. Cela suppose un relevé régulier des index des compteurs. Les électrovannes associées à un programmateur sont un outil essentiel de commande, beaucoup plus précis dans la conduite de l arrosage qu un simple robinet ou une vanne à commande manuelle. Attention : un programmateur n est efficace et intéressant pour les économies d eau uniquement si les consignes sont adaptées en cours de saison : arrosages plus éloignés au printemps et à l automne, plus rapprochés en été. Enfin, puisqu il est inutile d arroser quand il a plu, un simple détecteur de pluie doit être installé. Ces appareils d un coût modique (de 50 à 150 selon les modèles) agissent sur les programmateurs, en suspendant les arrosages. L usage de tensiomètres (qui mesurent l humidité du sol) peut remplacer les sondes pluviométriques, pour un coût équivalent. Dans les zones très ventées, il peut être intéressant d ajouter à l installation un anémomètre, qui stoppe l arrosage lorsque le vent est trop fort afin de garantir l homogénéité de l arrosage. 2-Changement de matériel Si l arrosage n est pas satisfaisant ou n est plus adapté à l espace vert (création de nouveaux massifs, plantations ) on peut y remédier en changeant les buses (cas le plus simple) ou en redessinant complètement le réseau. Dans ce second cas, les turbines et tuyères sont parfois récupérables (intéressant si elles sont identiques). Seules la disposition et le passage des canalisations changent. Il est préférable, avant toute intervention, d interroger un fournisseur de matériel d arrosage.

L amélioration ponctuelle d un réseau (simple pose d une vanne ou d un compteur par exemple) ne présente pas de difficulté technique majeure, et peut facilement être réalisée en régie par un agent bricoleur (raccords à compression, colles PVC relativement faciles d usage, vannes fonctionnant avec des piles ). 3-Changement de l origine de l eau L eau potable est très souvent utilisée pour l arrosage. Mais est-il réellement utile d employer pour des espaces verts une eau prélevée dans les nappes profondes, et ayant subi des traitements pour la rendre potable? Il est parfois possible, selon la configuration des lieux et la réglementation, d utiliser des eaux d autres origines : Réutilisation du drainage, avec stockage des eaux drainées dans un bassin ; Récupération des eaux de pluie en toiture des bâtiments, et stockage dans une citerne enterrée ; Forage dans les nappes non concernées par le Schéma d Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) Nappes profondes de Gironde ou classées non déficitaires dans celui-ci ; Pompage d eaux de surface (étang, fossé, rivière ). Un chapitre de ce guide traite de ce sujet.

Exemple de fiches Tous les espaces verts n ont pas les mêmes besoins d irrigation. Une première démarche consiste à répertorier et identifier, sur un plan, les différents espaces verts à arroser, en les classant selon leurs besoins en irrigation : Zones à besoins plutôt élevés Zones à besoins moyens Zones à faibles besoins Pour chaque zone, il faut ensuite indiquer l intensité pluviométrique apportée par le matériel (fonction du matériel et du réseau installé), déterminer la dose d irrigation (fonction de la réserve utile du sol), calculer une durée d irrigation (fonction de la pluviométrie et de la dose) et une fréquence prévisible d irrigation par période (fonction de l Evapo-Transpiration). Ce plan d irrigation sera un guide de référence tout au long de la saison, et permettra de déclencher à bon escient les arrosages. L arrosage de nuit ou tôt le matin est le meilleur : l évaporation de l eau à la surface du sol est limitée, les végétaux sont en pleine activité et les racines absorbent correctement l eau du sol. C est aussi le soir que le vent tombe et permet une répartition satisfaisante. Il est préférable, à dose d arrosage égale, d espacer les arrosages plutôt que de les fractionner. L humidité pénètre bien dans toute la profondeur du sol explorée par les racines. Cela évite que les racines actives ne se concentrent à la surface et que la végétation ne devienne plus sensible à un manque d eau. Pour le cas des pelouses, espacer les arrosages diminue la tendance au feutrage. Lors d un arrosage, l eau doit s infiltrer dans le sol régulièrement et doucement. Si on apporte l eau trop rapidement : Des flaques vont se former, et une croûte va se former. L aération du sol est diminuée et les végétaux souffrent ; Si le sol est en pente, l eau, qui ne peut s infiltrer, ruisselle et est perdue. La quantité d eau qu un sol peut absorber (on parle de vitesse de filtration) est de 25 l/m 2 /heure pour un sol sableux

et de seulement 12 l/m 2 /heure pour un sol plus argileux. Ces valeurs doivent être diminuées de moitié lorsque le sol est en pente. L intensité pluviométrique des turbines, tuyères et arroseurs doit être en accord avec la vitesse de filtration. Les constructeurs proposent des appareils adaptés à chaque type de situation. Les valeurs d Evapo-Transpiration utilisées ici sont des moyennes calculées par Météo France sur les 10 dernières années. Mais comme pour la température ou la pluie, l Evapo-Transpiration varie d un jour à l autre. S il pleut, connaître les précipitations (mesure simple avec un pluviomètre) permet de retarder l arrosage. De même, s il fait particulièrement couvert ou froid, l Evapo-Transpiration est diminuée et les arrosages sont décalés. A l inverse, s il fait particulièrement chaud et sec, on pourra rapprocher les arrosages.

L eau la plus facile à utiliser en arrosage est l eau potable : Un raccordement au réseau est quasiment toujours possible ; Elle est pratiquement toujours disponible ; Sa qualité est stable ; Elle est propre et colmate peu les arroseurs ; Elle est sans danger pour les habitants. Mais elle est chère (prix moyen de 2,6 /m 3 ), et son usage ponctionne les nappes profondes qui sont aujourd hui en danger de surexploitation. La potabilisation de l eau engendre la présence dans l eau de composés chimiques potentiellement nocifs pour les plantes. Par ailleurs, est il réellement utile de rendre potable de l eau à grand frais (et avec un coût pour l environnement) pour finalement l utiliser pour l arrosage? Selon les circonstances, il est généralement possible de se tourner vers d autres provenances d eau. L usage de l eau non potable est autorisé pour l arrosage des espaces verts, avec des exigences particulières si l eau provient d une station d épuration (normes bactériologiques sévères). Il convient toutefois de prendre les précautions suivantes : Interroger la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales ; Information du public (panneaux «eau non potable» ) ; Accès aux robinets et points de puisage condamnés pour le public (coffrets enterrés) ; Réseaux déconnectés du réseau d eau potable (pas de contamination possible du réseau) ; Arrosage par aspersion en dehors des heures de présence du public, et à plus de 100 m des habitations. Lorsque les ouvrages ou les sources n ont pas un débit suffisant pour faire fonctionner les installations d arrosage, un bassin tampon, qui va se reconstituer entre 2 séquences d arrosage, doit être créé. Chaque situation étant particulière, il faut avant toute action connaître : La géologie (affleurement des nappes profondes? Présence plus ou moins sûre de nappes en sous-sol?) ; L hydrographie ; La réglementation (protection de captage interdisant tout forage? possibilité de réaliser des bassins ). La Commission Locale de l Eau du SAGE Nappes profondes de Gironde, et plus particulièrement l Agence de Bassin Adour-Garonne, le Conseil Général de la Gironde, la Mission Interservices de l Eau (MISE) et le SMEGREG peuvent vous assister dans votre réflexion. Les volumes prélevés dans le milieu naturel (forage ou prélèvement de surface) doivent être obligatoirement déclarés à l Etat au titre de la loi sur l eau et à l Agence de l Eau Adour Garonne, qui peut, suivant les volumes effectivement prélevés demander le paiement d une redevance. Tout forage de plus de 10 m de profondeur doit, en application du code minier, être déclaré à la MISE. Tout prélèvement dans le milieu naturel (quel que soit l ouvrage : forage, prélèvement d eau de surface, captage de source ) de plus de 1000 m 3 /an doit faire l objet d une démarche d autorisation ou de déclaration (selon le lieu et les volumes en jeu), en application du code de l environnement. Les démarches sont à effectuer auprès de la Mission Interservices de l Eau (DDAF de Gironde, Cité administrative, BP 50, 33090 BORDEAUX Cedex Tél. 05 56 24 80 80). L eau de pluie a l avantage d être gratuite. Il pleut annuellement en Gironde environ 800 mm (= 800 l/m 2 imperméabilisé) : sur un bâtiment de 50 m x 50 m (gymnase), d une surface au sol de 2500 m 2, il tombe 2000 m 3 par an. Il faut distinguer deux types d eau de pluie : Les eaux captées en toiture de bâtiment ; Les eaux captées au sol. La récupération des eaux captées au sol est déconseillée pour l arrosage des plantations : risque de présence d hydrocarbures (fuites de réservoir, d huile moteur sur les chaussées) ou d herbicide (désherbage des trottoirs ). Il faut au minimum prévoir un séparateur à hydrocarbure/débourbeur avant le bassin de stockage, sauf si l eau est captée dans un parc.

Les eaux captées en toiture ne présentent pas de risque pour l arrosage. Il est relativement facile d intercepter le courant d eau et de stocker cette eau soit dans des bassins à ciel ouvert (étang dans un square, par exemple), ou bassin terrassé, fermé par un grillage de plus de 2 m de hauteur. Depuis peu, de nombreux fournisseurs proposent des cuves enterrées en béton, en plastique (polyéthylène), ou en acier avec des volumes pouvant aller jusqu à 100 m 3. L installation comporte : Un filtre grossier ou un décanteur, destiné à piéger les impuretés les plus importantes (feuilles, mousses ) avant le stockage dans la cuve ; Un trop plein raccordé généralement au réseau d évacuation des eaux pluviales ; Une pompe de reprise électrique. Les grands bassins représentent des investissements lourds, à intégrer dans des opérations de construction de grande envergure (construction d un gymnase, d un groupe scolaire ). Les citernes enterrées sont beaucoup plus abordables (13000 pour une cuve PVC alimentaire de 55 m 3 installée), et peuvent facilement être ajoutées à des constructions existantes. Réaliser un forage permet d utiliser l eau présente en sous-sol, directement, sans lui faire subir de traitement de potabilisation. Recourir à des forages est très conseillé dans le secteur Sud de la Gironde (sables des Landes), où il est possible de prélever dans les nappes de surfaces (qui ne sont pas concernées par le SAGE). Attention, selon le lieu et la géologie locale, réaliser un forage peut conduire à prélever de l eau dans les nappes profondes (visées par le SAGE). On consultera la Commission Locale de l Eau avant réalisation de tout ouvrage. Quel que soit le cas, le forage doit être muni d un compteur. Il est possible de prélever directement des eaux de surface dans les rivières et dans les lacs, ou dans les nappes d accompagnement. L eau prélevée en surface n est pas toujours de qualité parfaite : risque de pollution, contamination par des graines d adventices, algues La filtration doit être particulièrement soignée. Les installations doivent, pour éviter le vandalisme, le vol et par sécurité, être protégées par une clôture ou un ouvrage maçonné. Le pompage en cours d eau peut servir à alimenter en hiver une retenue d eau dont le volume sera utilisé en été. Dans ce cas, la pompe a des caractéristiques assez modestes (faible débit horaire ; pas de besoin de pression). Cette solution ménage en été les cours d eau dont le débit est momentanément faible. Les sources et fossés peuvent être dérivés vers un bassin tampon, et restituer le débit non utilisé pour éviter l assèchement complet.

Dans le cas d une dérivation de source, un bassin tampon d une capacité de quelques m 3 sera utilisé. S il s agit de fossés en eau uniquement en période pluvieuse, on utilisera un bassin de plus forte capacité pour garantir un volume utilisable en été. L eau nécessaire à l arrosage sera reprise à partir du bassin tampon. Une filtration devra être installée, ainsi que des sécurités «manque d eau» sur la pompe. Lorsque la topographie des lieux le permet, le drainage naturel ou artificiel des espaces verts peut être stocké avant d être réutilisé. Cette possibilité doit être prévue lors de la création de ces espaces : création d un réseau de drains, de fossés, d exutoires. Des précautions doivent être prises : Eviter de réutiliser l eau sur le même espace vert, pour ne pas disséminer les maladies ; Eviter un stockage trop prolongé de l eau (développement d algues dans des eaux potentiellement riches en azote). Par exemple, l eau collectée sous une pelouse de stade pourra sans danger être utilisée pour arroser les arbustes et massifs autour des vestiaires 42

L important est donc de: Les besoins en eau des gazons varient en fonction : De leur utilisation : sportive, espaces verts, végétalisation ; Du substrat utilisé : artificiel, sable, terre franche ; Des espèces utilisées et des variétés de chaque espèce. Il est possible de classer les espèces par leur tolérance à la sécheresse : Les variétés intéressantes pour leur tolérance à la sécheresse n offrent pas toujours un aspect agréable ou un comportement satisfaisant dans d autres conditions (froid, excès d humidité ). C est pourquoi il est préconisé d utiliser des mélanges de différentes espèces : 1) Choisir des espèces et des variétés dont le besoin en eau est limité. Votre semencier saura vous conseiller quant au choix des variétés en fonction des besoins en eau et de la nature du sol ; 2) Adapter la quantité d eau apportée aux espèces cultivées, d où le choix d un système d irrigation adapté. N.B : La nouvelle réglementation précise que l appellation gazon ne peut être obtenue que si la variété est inscrite au catalogue officiel français ou européen, après avoir subi des tests spécifiques gazons. Les types de matériel d irrigation adapté à l arrosage des gazons Football Seuls les terrains de catégorie 1 (accueillant des matchs de ligue 1) sont obligatoirement équipés d arrosage intégré. Cet équipement est simplement conseillé pour les autres catégories de terrain. Les systèmes d arrosage intégré utilisables sur des terrains de jeu sont de trois types : Les arroseurs escamotables d un diamètre au sol inférieur à 60 millimètres. Ils doivent être d un modèle agrée par la FFF. Ils ont en général une portée de 18 à 25 mètres ; Les arroseurs escamotables de grande portée (25 à 30 mètres) et présentant un diamètre au sol supérieur à 60 millimètres. Leur autorisation d emploi est soumise : - pour un arrosage périphérique (au minimum à 1,50 mètre de la ligne délimitant l aire de jeu) à l utilisation d un couvercle protégé et entouré par une plaque de gazon synthétique ; - pour un arrosage à l intérieur de l aire de jeu, à l utilisation d arroseurs exclusivement munis d un panier avec gazon naturel.

Les arroseurs non escamotables de très grande portée (35 à 45 mètres), peuvent être utilisés dans le cas de plaines de jeu ou de terrains ne pouvant recevoir d autre mode d installation. Ils devront être inaccessibles ou démontables. Les règles générales doivent être observées : Aucun composant apparent (regard, vanne, arroseur ) ne doit dépasser du sol ; Les arroseurs intégrés à l aire de jeu (obligatoirement escamotables) doivent être d un modèle homologué par la FFF ; Les travaux d installation d arrosage doivent être conformes au fascicule 35 du CCTG (aménagements paysagers, aires de sports et de loisirs de plein air) ; Les arroseurs, regards et vannes situés dans la zone périphérique à l aire de jeu doivent affleurer à la surface et être protégés par un gazon synthétique ; Le matériel d arrosage mobile (tuyaux, asperseurs ) ne doit pas être stocké près de l aire de jeu. Lors de l équipement en arrosage intégré d un terrain, un dossier technique doit être adressé au préalable à la Ligue Régionale de Football, qui donne un avis technique sur l équipement projeté. En l absence de ce dossier, le terrain n est pas homologué et ne peut accueillir de compétitions officielles. Les règlements portent sur les installations d arrosage, mais n apportent pas de précision sur les quantités d eau et le fractionnement de l irrigation. Rugby Pour les stades de rugby, les arroseurs escamotables ne sont pas autorisés sur l aire de jeu (risques de blessure des joueurs). Seul un arrosage à partir du bord du terrain (tuyères à 3,5 m des limites) est permis. Les systèmes mobiles (enrouleurs, sprinklers déplaçables) sont donc la réponse la plus pertinente (attention au réglage et au vent lors de l arrosage). Afin de limiter les pertes en eau par évaporation directe, il est conseillé d arroser, de préférence, le soir ou en fin de nuit. Le bon fonctionnement du matériel doit être vérifié régulièrement : pression, uniformité de l arrosage, état et verticalité des arroseurs, relève régulière des compteurs. En cas d utilisation de programmateurs d arrosage, la fréquence d arrosage doit être modifiée au cours de la saison, et en fonction de la météo. Il est conseillé de ne pas trop irriguer en été afin de stresser légèrement la végétation et de limiter le développement du pâturin annuel en hiver. Les terrains de sports ne seront que plus verts en hiver, en pleine période de jeu. Des tontes trop près du sol augmentent les besoins en eau d un gazon. Un gazon mal entretenu (mauvaise fertilisation, pas de défeutrage ou de décompactage) sera plus sensible au manque d eau. Economiser l eau passe donc aussi par un entretien correct du gazon. Arroser avec de l eau potable n est pas une nécessité! Surtout que cette eau, de qualité, coûte cher et risque de coûter de plus en plus cher

Certains pays méditerranéens, comme l Espagne, utilisent les réseaux d eau recyclée. En effet, si cette eau est disponible, son utilisation permet de limiter considérablement les coûts de l arrosage et de préserver les ressources naturelles en eau. De plus, les semenciers français ont pour objectif de sélectionner des variétés résistantes à la salinité et aux diverses charges rencontrées dans les eaux usées. Les principales espèces qui tolèrent bien les eaux usées sont : La Fétuque élevée ; La Fétuque rouge demi-traçante ; La Ray grass anglais (certaines variétés). L eau en excès peut, en tassant le sol, diminuer l aération du sol, et rendre le gazon plus fragile. En réaction, le gazon va concentrer ses racines vers la surface, en formant un feutrage. L eau en excès lessive les engrais (pollution des nappes et rivières par les nitrates) : la fertilité du sol doit être maintenue avec des doses de fertilisants supérieures. Enfin, des doses d arrosage trop élevées favorisent la pousse du gazon, augmentant les besoins de tontes. Trop d eau peut nuire à la santé des gazons! Quelles sont les conséquences possibles d un sur-arrosage? Apparition de maladies (propagation des organes de multiplication des champignons) ; Prolifération de certaines mauvaises herbes.

Ce cahier technique a été réalisé : - sous la maîtrise d ouvrage du Syndicat Mixte d Etudes pour la Gestion de la Ressource en Eau de la Gironde (SMEGREG), établissement public de coopération entre la Communauté Urbaine de Bordeaux et le Conseil Général de la Gironde ; - par ARRDHOR CRITT Horticole de Rochefort ; - pour le compte de la Commission Locale de l Eau du SAGE Nappes profondes de Gironde ; - avec le concours de l Agence de l eau Adour-Garonne. Dépôt légal : Février 2006 SMEGREG Droits de reproduction et de traduction réservés pour tous pays. Conception graphique et illustrations : Albatros Crédit photos : F.Vaillant, SMEGREG, Hunter, Rainbird, Gamm vert. Guide imprimé en France sur papier recyclé à partir de vieux papiers de récupération. Le recyclage génère de grandes économies d eau et d énergie.