Le méthane (CH4) Polluants. Fiche détaillée Niveau. (A partir de la 2nd)

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Le méthane (C4) Polluants Fiche détaillée Niveau (A partir de la 2nd)

I. La molécule de Méthane C Le méthane est un hydrocarbure de la famille des alcanes de formule brute C4. C'est un gaz que l'on trouve à l'état naturel et qui est produit par des organismes vivants. Produit par ces organismes au cours des temps gélologiques, il constitue l essentiel du gaz naturel qui est exploité comme combustible fossile Sa masse moléculaire est de 16,0425 g mol-1 (C : 74,87%, : 25,13%) La durée de vie dans l atmosphère d une molécule de méthane est de l ordre de 10 ans II. Rôle du Méthane dans l atmosphère - Le méthane est un des principaux gaz à effet de serre, il joue notamment un rôle important dans l effet de serre additionnel, il est l un des principaux gaz précurseurs permettant la formation de l ozone troposphérique, et son oxydation dans l atmosphère contrôle en partie les teneurs en radicaux O qui sont les principaux oxydants des gaz dans la troposphère dans la stratosphère l oxydation du méthane contrôle en partie la teneur en vapeur d eau (l oxydation d une molécule de méthane conduit à la formation de deux molécules d eau), il limite aussi le pouvoir catalytique des atomes de chlore. III. Sources et puits de méthane atmosphérique III.I. Emissions de méthane Le méthane peut être produit par pyrolyse de la matière végétale lors des combustions ou résulter d émission de gaz naturel dans l atmosphère lors de son exploitation ou de son transport mais l essentiel des émissions est d origine biologique Le méthane se forme naturellement dans les zones en anaérobiose (absence d oxygène) où se décomposent des matières organiques. Ces matières organiques sont transformées en un gaz composite dans lequel se trouvent en proportion variable le méthane, le CO 2, le N3 et le 2S. Ces émissions interviennent dans les milieux naturels que sont les forêts inondées (tropicales ou boréales) mais aussi dans des milieux non naturels ou la matière organique se décompose en absence d oxygène comme les rizières, les lacs de barrages tropicaux, la panse des ruminants les décharges d ordures par exemple. La production de méthane, ou méthanogénèse, résulte de l action de bactéries spéci fiques : les bactéries méthanogènes. C'est un phénomène naturel qui assure la dégradation

des composés organiques jusqu au stade le plus réduit : le méthane. Trois grandes étapes se succèdent dans ce processus : (voir Figure 1) - une étape hydrolytique -une étape d acidogénèse -une étape de méthanogénèse La production de méthane dans un milieu est conditionnée d abord par la teneur en oxygène. Elle n intervient que pour des valeurs du potentiel redox comprises entre 75 et 300 mv. Les bactéries méthanogènes ne peuvent donc se développer dans les milieux anoxiques que sont les sédiments aquatiques ou les sols inondés. La production de méthane est aussi régulée par le p et la température qui in flue sur la croissance et l activité bactérienne. Figure 1 : Schéma des mécanismes de production du méthane dans les sols ou les écosystèmes méthanogènes en général Il y a lieu de faire une distinction entre la production de méthane, et son émission dans l atmosphère qui est régulée par les conditions de diffusion vers la surface; la traversée d une zone contenant de l oxygène se traduit en général par une forte réoxydation du méthane en gaz carbonique par des bactéries méthanotrophes.

Figure 2 : Schéma d un écosystème méthanogène ou les émissions des zones dépourvues d oxygène sont régulées par la réoxydation. Photo 1 : Les réservoirs artificiels, notamment en milieu tropical, émettent du méthane (et du gaz carbonique) suite a la décomposition, en l absence d oxygène de la biomasse submergée. La production de méthane est maximale un an après la mise en eau et ensuite décroît lentement. Robert Delmas Photo 2 : Les rizières, ici à Madagascar, sont une des principales sources de méthane d origine humain. Robert Delmas

III.II. Puits de méthane Le méthane disparaît de l atmosphère essentiellement par oxydation par les radicaux O dans la troposhère. Il s oxyde également dans la stratosphère. Il peut être également absorbé par les sols ou il est oxydé par les bactéries méthanotrophes. III.III. Bilan des sources et puits de méthane Sources de méthane Estimation Tg (C4).an 1 Incertitude (IPCC 1990) 110 100-200 Naturelles Zones inondées naturelles Tropical 66 Tempéré 5,4 Boréal 38 Termites 20 10-50 Océans 10 5-20 Eaux naturelles 5 1-25 ydrates de gaz 5 0-25 Total naturelles 150 Anthropiques Mines de charbon, gaz naturel 100 et industrie pétrolière 70-120 Rizières 60 20-150 Animaux domestiques 80 65-100 Excréments d animaux 25 10-20 Traitement des déchets 25 20-75 Décharges d ordures 30 20-70 Combustion de la biomasse 20 20-80 Total anthropiques 340 Total naturelles + anthropique 490 400-610 Puits de méthane Réactions C4 + O 440 390-490 Dépôt au sol 30 5-55 Oxydation dans la stratosphère 10 5-15 Augmentation annuelle 40 30-50 Total 520 430-610 1 Tg = 1012 g = 1 million de Tonnes Tableau 1 : Sources et puits du méthane atmosphérique

IV. Variation des concentrations de méthane Dans le passé la concentration de méthane a varié en liaison avec la température comme le montre la figure ci-dessous qui représente les variations des concentrations de méthane, et du gaz carbonique entre 0 et 650 000 ans obtenus par l analyse des bulles d air piégées dans les carottes de glace obtenue lors du forage réalisés à la station franco-itialienne du Dôme C dans l Antarctique. Aux périodes chaudes l extension des zones inondées (notamment boréales) et la température plus élevée qui stimule l activité bactérienne expliquent l augmentation du méthane IV.I. Variations des concentrations de méthane dans le passé Figure 3 : Variations de concentrations de méthane de gaz carbonique et du rapport isotopique d un isotope de l ydrogène (proportionnel à la température) dans les glaces du forage Epica au Dôme C IV.II. Variations actuelles des concentrations de méthane Depuis le début de l ère industrielle la concentration de méthane augmente dans l atmosphère. Elle est passée de 700 ppbv au début du 19 e siècle à 1750 ppbv aujourd hui en raison des très nombreuses sources d origine humaine qui sont apparues et qui désormais font plus que doubler les sources naturelles. Aujourd hui l augmentation de la concentration de méthane dans l atmosphère qui était très forte jusque dans les années 80, semble se ralentir progressivement, probablement en raison d une diminution des sources associées à une

variation du taux d oxydation du méthane sous l effet du changement climatique (vapeur d eau, couverture nuageuse, rayonnement UV) Figure 3 Variation de la concentration de méthane dans l atmosphère depuis les années 1980 et de son taux d augmentation. Depuis le début des années 1990 le taux d augmentation du méthane a sensiblement diminué. L origine de ce phénomène est encore mal élucidée. Il pourrait être du à une diminution relative de certaines sources et à une modification du pouvoir oxydant de l atmosphère. Ceci serait dû à une augmentation du taux de formation des radicaux O en réponse à la diminution de la couche d ozone stratosphérique, l augmentation subséquente du flux UV pouvant accroître le taux de formation de O. Une autre hypothèse est la diminution des concentrations de monoxyde de carbone (CO) dont l oxydation régule aussi le taux de radicaux O dans l atmosphère. Il ne s agit que d hypothèses qui montrent l interdépendance des phénomènes de la chimie atmosphérique.