La chanson à Marseille, 1965-1990

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Transcription:

La chanson à Marseille, 1965-1990 Fin 1949, Robert-Trébor reprend "L'Alcazar" pour le rendre au music-hall; il y affiche les plus grands - Brel, Brassens, Gréco, Halliday débutant. 1965, il ferme les portes du vieux music-hall du cours Belsunce... qui tombera en ruines et sera démoli dix ans plus tard. 1948, Tony Raynaud, autre protagoniste essentiel de l'histoire de la chanson à Marseille, restaure le théâtre des "Variétés" (à deux pas de la Canebière). Il y invite Bécaud, Aznavour, Bourvil, Montand, Mariano, etc... Chevalier, Tino Rossi, Piaf, Fernandel, entre autres, y triomphent. 1957, la salle est transformée en cinéma; elle n'accueille plus la chanson que par épisodes. Décembre 1977, peu de temps après un concert de Joan-Pau Verdier et des groupes Planxty et Malicorne et deux derniers récitals d'anne Sylvestre et de Mouloudji, elle est démolie - seule sa façade est conservée - et remplacée par un complexe de salles de projection de films X. Des trois grands théâtres de l'époque, seul le "Gymnase" continuera, bien après 1968, à accueillir des programmes de music-hall. Grâce à Tony Raynaud, son directeur éclairé, Brel, Bécaud, Barbara, Brassens, Ferrat, Julien Clerc chantent sur la scène de la rue du Théâtre Français, en vedette de spectacles dont la première partie permet d'apprécier des artistes moins connus ou débutants. En 1965, Franck Fernandel fera ainsi ses débuts au même programme que son illustre père. ---------- (Pour illustrer cette période, un "Brel" : "Quand on a que l'amour" (1956), "Ne me quitte pas" (1959), "Les Flamandes" (1959), "Le plat pays" (1962)... un "Bécaud" : "Mes mains", "Les croix", "Quand tu danses", "La corrida"... ; un "Brassens" : "Chanson pour l'auvergnat", "Les sabots d'hélène", "Auprès de mon arbre", "Les trompettes de la renommée"... Et, pour Fernandel, "Félicie aussi", "Ne me dis plus tu", "Ignace", "Barnabé"...) ---------

Après 1968, de nouveaux "lieux" se créent, à Marseille comme partout en France. Celui qui jouera le rôle le plus durablement important dans le domaine de la chanson s'installe en 1970 dans une salle municipale de la rue Edouard-Vaillant, au quartier de Saint-Mauront. Il prendra le nom de "Théâtre Toursky", en hommage au poète, homme de radio et de télévision Axel Toursky. Richard Martin, un comédien et metteur en scène niçois, débarqué à Marseille en 1969 - après un séjour de neuf ans à Paris - veut y faire place à toutes les formes d'expression pourvu qu'elles soient de qualité. La chanson y aura la part belle durant quelque vingt ans. Reconstruit et agrandi à l'automne 1990, le "Toursky" se consacre ensuite essentiellement au théâtre et ne programme plus de chanson qu'accessoirement. L'artiste chansonnier qui a le plus marqué cette époque est Léo Ferré - dont Richard Martin a, en outre, créé trois grands textes : "La Méthode", "Alma Matrix" et "L'Opéra des rats". Programmé au "Toursky" dès le début de l'aventure, il lui est resté fidèle jusqu'à la fin. Son nom est lié à la grève de la faim spectaculaire de Richard en mars 1981; c'est Léo en personne qui vint la conclure en offrant à son ami Richard un récital inoubliable. C'est Léo encore qui fera l'ouverture du théâtre reconstruit le 30 octobre 1990. La rue qui conduit au théâtre s'appelle aujourd'hui "Passage Léo-Ferré". La bande à Martin n'a cessé, durant cette période, de faire venir et revenir des artistes de renom : Nougaro, Béart, Félix Leclerc, Moustaki, Caussimon,... qui ont ainsi connu à Marseille une audience accrue et renouvelée. Elle a également fidélisé un public fervent - quoique d'ampleur limitée selon les cas - autour de programmation dans lesquelles figuraient aussi d'éminents auteurs-compositeursinterprètes comme Giani Esposito, Pierre Barouh, Pierre Vassiliu, Herbert Pagani, Maxime Le Forestier, Julos Beaucarne, Jacques Douai, Jacques Bertin, Henri Dès, Eva, Henri Tachan, Pia Colombo, Yvan Dautin, Pierre Louki, Colette Magny, Eric Robrecht, Pascal Auberson, Jean Vasca, Michel Corringe, Bill Deraime, Gilbert Laffaille, Colette Renard, Isabelle Mayereau, Areski et Fontaine, Philippe Chatel,

Yves Duteil... et combien d'autres. Sans oublier des humoristes qui ne sont pas que des amuseurs : Devos, Haller, Bedos, Zouc, Metayer, les Jeannes, Pierre et Marc Jolivet, etc... (Pour illustrer la chanson au "Toursky", un "Ferré", bien sûr : "Marseille" ou "Richard")... ---------- Au "Gymnase", desservi théâtralement (après Antoine Bourseiller) par Marcel Maréchal (1975-1981), une formule de spectacle à 18h 30, inspirée du "Théâtre de la Ville" à Paris, est un moment proposée (en collaboration avec l'association "TEC-Mutualité"), ainsi que divers spectacles chantants en soirée. Les amateurs se souviennent du passage de gens comme Marti, Paco Ibanez, Francesca Solleville, Mont-Joià, Mama Béa, Graeme Allright, Claire, Dick Annegarn, Marén Berg, Gilles Servat, Ricet-Barrier, Bernard Lavilliers, Gilles Vigneault (avec en 1ère partie, Michel Buhler), le groupe chilien Quilapayun, Djamel Allam, Pia Colombo, Pauline Julien... (De cette époque du "Gymnase", l'illustration sonore pourrait être un "Dick Annegarn" ("Bruxelles", "Sacré géranium", "Petit éléphant"...) ou un "Vigneault" ("Les gens de mon pays", "La danse à Saint- Dilon...). "La Criée" est inaugurée le 22 mai 1981 sur le quai de Rive-Neuve. Lors de sa phase de "préfiguration", Marcel Maréchal a invité dans l'espace qu'occupera la petite salle "Audiberti" dans l'ancienne halle aux poissons le spectacle chantant de Bernard Meulien et Gérard Pierron consacré à Gaston Couté. Dans la grande salle "Louis Guilloux", la chanson se fera entendre en quelques rares occasions : la chronique retiendra les passages successifs de Serge Reggiani et d'anna Prucnal. Il arrive que l'opéra ouvre aussi ses portes à la chanson. Certains se souviennent de ce jour de 1958 où l'on s'écrasa pour entendre "Les Platters" chanter "Only You" et "My prayer"; mais peut-être ont-ils oublié que, dans une première partie où figurait l'orchestre d'henri Leca et Jacqueline Néro, un inconnu plein de

charme et de fantaisie poussait la romance d'un air détaché. Il s'appelait Pierre Perret et il "levait le torchon" en chantant "Moi, j'attends Adèle", "Louise", "Le Poulet", "Le Prince", "Si j't'envoie des fraises"... Le 12 février 1972, Charles Trénet y fit un triomphe en trente chansons. ----------- Mais les chanteurs des années 70 ont aussi besoin d'espaces plus grands. Il n'existe encore à Marseille nul auditorium, nulle salle de concerts de vaste dimension - il faudra attendre encore plus de vingt ans pour voir sortir de terre "Le Dôme" de Saint-Just. On utilise donc Vallier, une salle "terriblement polyvalente" (comme dirait Julos Beaucarne) qui, outre les matches de boxe, de hand, de basket, les meetings politiques et les messes de minuit, se met à recevoir les spectacles de rock et de "variétés" - du moins tant que les riverains ne se plaindront pas du bruit qui s'en dégage... Les grands offices rock, de James Brown à Johnny Halliday, y sont organisés. Ainsi que les liturgies post-soixante-huitardes proposées dans des genres différents par Maxime Le Forestier ou le Big Bazar de Michel Fugain. Le Père Duval y attirera 3.000 fidèles le 22 janvier 1974. Béranger et Charlebois y célèbreront le 20e anniversaire d'amnesty International. Les cérémonie "yé-yé" y feront florès : Clo-Clo, Mike Brant, Stone et Charden... Nougaro et Bécaud s'y produiront aussi faute de mieux. (Un "Le Forestier" ou un "Johnny" de l'époque feront l'affaire pour illustrer l'existence de ce lieu incommode mais alors nécessaire. Ou un des premiers succès du Big Bazar ("Chante"), qui, en mars 73, y fit l'effet d'une véritable découverte). --------- La nécessité de faire grand - les plateaux sont chers, il faut rentabiliser - obligent à se tourner quelquefois vers le "Grand Palais", en fait un des halls d'exposition de la Foire internationale de Marseille, propice aux concours hippiques et à "Holiday on ice", mais peu accueillant à la musique. On y verra la comédie musicale "Hair" et le show extraordinaire de Jerry Lewis.

Il y a enfin les chapiteaux. Ils commencent à faire leur apparition du côté du stade vélodrome ou de la plage de Bonneveine et de l'ancien "Drive-in" du boulevard Raymond-Teissère. Cinq à six mille spectateurs s'y pressent inconfortablement et au prix fort pour entendre Bernard Lavilliers, François Béranger, Maxime Le Forestier et Graeme Allwright (au profit de l'association "Partage avec les enfants du Tiers-Monde"), Jacques Higelin, Angelo Branduardi et quelques autres qui, en ces années 70, tiennent le haut du pavé. C'est sous l'un de ces chapiteaux, planté du côté du stade, que triomphera Yves Montand en novembre 1982 lors de ses derniers récitals marseillais. -------- Parallèlement, de petites salles comme l'éphémère "Café-Théâtre de Lenche créé par le réalisateur-metteur en scène Franck Andron, tentent de faire connaître des artistes - France Léa, Sara Alexander, entre autres - qui n'ont pas encore les faveurs du grand public. (Le temps des chapiteaux peut être illustrer d'une chanson de Bernard Lavilliers ("Betty", ou "N'appartiens jamais à personne", par exemple). En rappelant que Lavilliers vécut à Marseille et y ouvrit à la rentrée 74 le premier café-théâtre de la ville (75 promenade de la Plage), à l'enseigne de "La Grande Java". Une tentative qui tourna court, elle aussi). ----------- Et voici les années 80. De nouvelles évolutions ont transformé le paysage audiovisuel. De nouvelles évolutions ont transformé le paysage audio-visuel. L'éclosion des radios privées, bientôt suivie de celle des chaines de télévision (avec leurs "clips"), l'abandon par les firmes de disque de tout "produit" n'atteignant pas immédiatement une audience maximale, la pression des modes et des conformismes... tout cela fait des ravages dans le monde de la chanson vivante. Les salles traditionnelles de Marseille ont disparu : l'"alcazar", les "Variétés". Le "Gymnase" ne rouvrira (en 1986) qu'au théâtre et (un peu) à la danse. Avant de se transformer, le "Toursky" commence à mettre un bémol à ses activités chantantes.

Une tentative audacieuse (fin 1981) fait long feu à "La Patinoire" (aujourd'hui fermée), un ancien entrepôt du 158 chemin du Rouet. "Les Etoiles" (Rolando Farie et Luiz Antonio) l'inaugurent, suivis de Maxime Le Forestier et d'yves Duteil. Demeurent les chapiteaux : au stade (où Yves Montand donne ses derniers récitals marseillais en novembre 1982), à Saint-Just, à Bonneveine : ils accueillent les groupes musicaux français et étrangers en vogue et quelques monstres sacrés (Renaud, Barbara-Depardieu...) et leurs prestations à gros budget. ------- Aux artistes qui refusent le système du "show biz" ou qui ne peuvent, faute de moyens, s'y intégrer; aux vrais artisans de la chanson - et qui entendent le rester; à ceux qui vivent et travaillent à Marseille et dans la région et qui sont de toute façon écartés de ces circuits, s'offrent tout de même quelques possibilités. Il y a le Centre culturel du cours Julien (dépendant de la Fédération Léo- Lagrange), une salle à vocations multiples qui fait une place notable à la chanson. Elle accueillera notamment (en 1982) des concerts des "Rencontres musicales méditerranéennes" (lire plus loin). Devenu Espace Julien, le lieu, agrandi et renové, est voué depuis la fin des années 80, à toutes les variétés des musiques dites "actuelles". Il y a surtout "L'Escoutille" Escoutille", le seule théâtre permanent de la chanson, installé à l'automne 1983, à l'initiative du Crac (Centre de rencontres et d'animation par la chanson), dans l'ancien cinéma "Le Central", au 90 de la rue d'aubagne. C'est Françis Lalanne (seul avec sa guitare) qui inaugure amicalement la salle. On y entend à la suite les artistes invités des "Rescontres de la Mar" (lire plus loin); puis Jean-Louis Caillat, "Le Quatuor" - qui fait ainsi ses débuts triomphaux à Marseille), Michèle Bernard. Jusqu'à la fin des années 80, y seront programmés quelque deux cents chanteurs de styles et de sensibilités divers comme Jacques Bertin, Jean-Guy Coulange, Bernard Haillant, Julos Beaucarne, Jean Vasca, Pedro Aledo, Philippe Forcioli, Alexandre Révérend, Gilles Servat, Claude Maurane, Claude Semal, Christiane Stéfanski, Maurice Fanon, Romain Didier, Cuarteto

Cedron, Brenda Wooton, Môrice Benin, Jean-Michel Piton, Chanson plus bifluorée, Antoine Tomé, Michel Buhler, France Léa, etc... Les "régionaux" y ont eu la part belle : Robert Gaillot, Michel Barelier, Jacques Ducatel, Patrick Fishman, Lionel Salmon, Jean-Claude Berliocchi, Hakim Hamadouche, Francis Livon, Viviane Montagnon, Jean Duino, Denis Carnévali... (Pour illustrer la période "Escoutille", s'impose une chanson du "Quatuor" première manière). A noter que c'est sous l'égide du Crac, qu'a été organisée au printemps 1986, une grande célébration de "Cent ans de chanson à Marseille" avec réalisation par L'Atelier de création radiophonique Provence-Méditerranée d'une série de 60 émissions de radio proposées par Jacques Bonnadier, Max-Henri Cabridens et Jacques Bonnadier, présentation d'une exposition à la Foire de Marseille, récital de Nougaro trio à "La Criée. Un gala mémorable le 25 mars 86 a réuni enfin à l'opéra des artistes de toutes générations : Rellys, Jenny Hélia, Mireille Ponsard, Robert Ripa, Bernard Lavalette, Josy Andrieu, Franck Fernandel, Pierrette Bruno, Gérard Lartigau, Jan-Maria Carlotti, Denis Carnevali, Pedro Aledo, le groupe "Quartiers Nord". ------- N'oublions pas le théâtre du "Merlan", avenue Raimu, dans les quartiers nord de la ville. Renaud Mouillac y propose aussi de la chanson : Lalanne y fait ses débuts retentissants le 23 novembre 1979; s'y produisent, entre autres Henri Tachan, Steve Waring. Les Compagnons de la chanson y donnent l'un de leurs "adieux". On y voit aussi l'opérette, y compris l'opérette marseillaise : on doit à Mouillac une reprise fort réussie d'"un de la Canebière". Il faut enfin faire mention de la Maison de l'etranger, ouverte en 1978 avec comme triple vocation : l'accueil et l'orientation juridique et sociale des personnes immigrées, la documentation, l'activité culturelle et artistique. Sa salle de spectacle y est le lieu de découverte des musiques et des chants de la Méditerranée et du

monde entier : Angélique Ionatos, Giovanna Marini et ses compagnes s'y produisent, parmi d'autres, à plusieurs reprises. ------- Plus modestes mais ô combien importants pour permettre de fréquentes rencontres entre les artistes et le public, des lieux du style cabaret ou café-théâtre maintiennent alors leur activité, souvent au prix de grands efforts. Citons : - le cabaret du Centre culturel du cours Julien qu'anime Simone Fasano. Dans les années 90, cette animatrice culturelle également chanteuse, tentera un temps de faire entendre la chanson dans une petite salle de la rue Vian, l'"athanor". - le café-théâtre de la Plaine (actuellement "Maison hantée"). On y entend "Traine-Patin", "Trompette et Bourguignon", Sara Alexander, Philippe Forcioli, Claude Astier, Jean-Luc Juvin, Jean-Yves Luley... - la Maison pour tous de Bonneveine (structure Léo-Lagrange). Elle organise en son "Théâtre de poche" et à la chapelle du Roy d'espagne des récitals tels que ceux de Roger Marino (l'auteur de "La Confiture", dont les Frères Jacques firent le succès que l'on sait), de Charles Benichou (dans un programme Bobby Lapointe), de Jean Nehr (dans le répertoire Bruant), d'anne et Philippe (deux auteurs-compositeurs du cru), de Claire, d'isabelle Aulnoy... Il faut aussi mentionner le très éphémère café-théâtre Jérémie au Bd Vauban, la Maison pour tous d'endoume (ex cinéma Bompard et futur théâtre (B)ompard), la Maison pour tous Fissiaux aux Cinq-Avenues, le Chocolat théâtre, rue de la Croix, qui ne donne pas encore exclusivement dans le genre comique, "Verte Fontaine", place Thiars... --------- Dans le cadre des manifestations saisonnières, on n'a pas oublié : -le "Mai au Mini", organisé trois années durant (76-79) à l'initiative de Maurice Vinçon, alors directeur du "Mini-Théâtre" de la place Carli et faisant appel à toutes les disciplines du spectacle. Colette Magny, Maria Farandouri, Sara Alexander y représentèrent la chanson lors de la première édition.

-le "Théâtre aux étoiles", installé en plein air devant le palais du Pharo, accueille durant l'été de ces années 70 et 80 des artistes très aimés du public : Aznavour, Reggiani, Barbara, Nougaro, Johnny Halliday, Kassav, Lalanne, Hegelin, Paolo Conte, Bashung, etc... dans une programmation qui comprend aussi spectacles dramatiques et chorégraphiques. ------- Enfin, il faut souligner la place faite à Marseille aux musiques du monde. Dans ces années, elles ne bénéficient pas encore du label marketting de "World music" et n'ont, par conséquent, de succès qu'auprès d'un public curieux ou militant. On citera : - les "Rencontres musicales méditerranéennes", organisées en juillet 1977 à l'initiative de l'association Mont-Joia. On y entend (au parc Chanot, à la Maison de l'etranger, au Toursky, au Merlan) "Nass El Ghiwane" (Maroc), les chanteurs occitans du moment, le chanteur basque Imanol, les Musiciens de Djerba (Tunisie), Maria del Mar-Bonnet (Majorque), Ed Ora El Ballo (Italie), Djurdjura (Kabylie), etc... Elles se reproduiront en 1982. - La "Quinzaine grecque" de mars 78, notamment avec le récital de Maria Farandouri. - "Marseille-sur-Méditerranée" (mai-juin 82) où se produisent: Chjami Aghjalesi, Djamel Allam, Mont-Joia, Joan-Pau Verdier, Terea Rebull, Pedro Aledo et Silvia Malagugini, Maria Farandouri... - Les "Rescontres de la mar". Elles ont pour cadre L'Escoutille, qui accueille : Rosina et Martina de Peira (Ocitanie), Luigi Lai et Coco di Fonni (Sardaigne), Cinuçen Tanrikorur (Turquie), Khemais Ternane (Tunisie), les Musiciens du Nil (Egypte), Vicken (Arménie), Biljana (Yougopslavie), Mehdi Tamache (Algérie)... C'est dans ce contexte méditerranéen, qu'ont grandi "Les enfants des quartiers nord", qui, avec l'aide de leurs professeurs du collège Albert-Camus (parmi lesquels l'auteur-compositeur Daniel Beaume) ont écrit des chansons (juin 1982)

que récompenseront un diplôme "Loisirs Jeunes". Et c'est sur ce terreau de la mosaïque marseillaise - entretenu par des artistes comme Pedro Aledo, au coeur de toutes les rencontres et fusions, que prendront naissance les chanteurs et groupes qui triomphent en ce début des années 2000: Jo Corbeau, IAM, Massilia Sound System, Dupain, Lo Coro de la Plana,...etc... Ce que l'on pourait appeller aujourd'hui la nouvelle chanson marseillaise... (La mosaïque chansonnière marseillaise des années 80 peut être évoquée avec une des chansons des enfants des quartiers nord : "Chanson pour une marche" ou "Nous sommes les enfants des quartiers nord") Jacques Bonnadier