Les interventions sur enrobés routiers amiantés Plan de l intervention Introduction 1-Cartographie «amiante» des chaussées parisiennes 2-Techniques d intervention sur enrobés 3- Gestion des déchets 4- Moyens de prévention et de protection sur les chantiers 5- Les difficultés rencontrées sur nos chantiers Matinée de la prévention du 21/11/2014 S. FRANCON A. LEMEE- K. BAHRI 1
INTRODUCTION Sandrine FRANCON (service du patrimoine de voirie) 2
L amiante 2 groupes minéralogiques : des serpentines ou des amphiboles. Le chrysotile ou amiante blanc est la variété la plus courante, la seule du groupe des serpentines. Le groupe des amphiboles comprend cinq variétés : la crocidolite (amiante bleu), l amosite (amiante brun), la trémolite, l actinolite et l anthophyllite. Le chrysotile a été utilisée au cours de la période 1970-1995 pour renforcer la tenue à la fatigue des enrobés routiers. Ces enrobés dénommés «COMPOFLEX», «MEDIFLEX» ont principalement été mis en œuvre sur les chaussées pavées. Septembre 2013: Découverte lors des repérages amiante avant travaux, des fibres d actinolite dans des revêtements réputés non amianté. Des investigations en cours pour connaître l origine de cette fibre naturelle (non utilisée industriellement dans le domaine routier), montrent qu elles provient de certains granulats (étude BRGM en cours). 3
L amiante Le pourcentage de fer contenu dans les fibres actinolites leurs confère une couleur verte, avec un éclat vitreux. Les granulats de couleur verdâtre comme la Meilleraie ou les gabbros contiennent de l actinolite. 4
1- CARTOGRAPHIE AMIANTE DES CHAUSSEES PARISIENNES Sandrine FRANCON (service du patrimoine de voirie) 5
CONTEXTE Enrobés amiantés de type Compoflex utilisés à Paris en couche de roulement entre 78 et 94 : 836000m² concernés. Incorporation de fibres d amiante (résistance à la fatigue) Listing 2003 en ligne sur intraparis Présence d amiante naturelle dans certains granulats pour couche de roulement : Chrysotile vs actinolite => diagnostic systématique Mise en place d un SIG à la DVD début 2014 6 6
Mise en place d un SIG Outil sous Mapguide, utilisant les plans de voirie. Développement et mise à jour : Service du Patrimoine de Voirie Tracé des tapis Compoflex, implantation des points de sondage, scan des rapports d analyse COFRAC et des BSDA Outil partagé 7 7
Mise en place d un SIG 8 8
Mise en place d un SIG 9 9
Mise en place d un SIG http://pvp2.dvd.mdp/tapis-001 http://pvp2.dvd.mdp/map/tapis.htm 10 10
Mode opératoire des prélèvements de matériaux Formation des personnels (SS4) : opérateurs et encadrants Mode opératoire de carottage (sous section 4) présenté au médecin du travail, en CHSCT et transmis à la mission d inspection H et S Mesures d empoussièrement du mode opératoire lors du carottage de tapis amianté réalisée par le LEPI le 7 février 2014 => Niveau 1 (0 f/l) en META Fiche de suivi de l exposition des agents 11 11
2- PRINCIPALES TECHNIQUES D INTERVENTION SUR ENROBES Antoine LEMEE (service du patrimoine de voirie) Présentation de 07 processus 12
Processus : déconstruction totale de la chaussée à la pelle mécanique avec arrosage et brumisation f/l Étude Environnementale Mesures sur opérateurs f/l 100 10 5 Tombe-Issoire 18/10/2011 C=0 Cardinet 16/11/2011 C=0 Av du Maine 31/01/2013 C=0 Proudhon 15/07/2013 C=0,5 Av du Maine 31/01/2013 C<3,16 1) Arrosage de la chaussée avant intervention et à espace régulier. 2) La pelle est équipée d un brumisateur à fort débit au droit du godet et un opérateur arrose pendant la durée de l opération 3) Les camions sont équipés pour le transport en conteneur hermétique amiante (body-ben/big-bag). 13
Processus : Fraisage de la couche de roulement avec arrosage et brumisation f/l Etude environnementale Mesures sur opérateurs f/l 100 10 5 Proudhon 15/07/2013 C<3,89 14
Processus : décroutage de la chaussée à la pelle mécanique avec arrosage et brumisation f/l Étude Environnementale Mesures sur opérateurs f/l 100 10 5 T3 11/08/2014 C<1 Rue Dufour 6/08/2014 C<2 T3 11/08/2014 C=0 Rue Dufour 6/08/2014 C=0 1) Arrosage la chaussée avant intervention et à espace régulier. 2) La pelle est équipée d un brumisateur à fort débit au droit du godet et un opérateur arrose pendant la durée de l opération 3) Les camions sont équipés pour le transport en conteneur hermétique amiante (body-ben/big-bag). 15
Processus : Thermo-décapage f/l f/l Étude Environnementale Mesures sur opérateurs 100 10 5 Rue Bellot 5/06/2014 C=0 Rue Bellot 5/06/2014 C=0 1) Chauffage de l enrobé jusqu à la température de ramollissement (environ 40 C) 2) Retrait à la pelle de plaques d enrobé 3) Les camions devront être équipés pour le transport en conteneur hermétique amiante (bodyben/bigbag). 16
f/l Étude Environnementale Mesures sur opérateurs f/l 100 10 5 bd Bessières Bd Berthier 23/10/2013 24/10/2013 C=0 C=0 Bd Bessières 24/10/2013 C=0 1) Décapage à très haute pression 2) Aspiration à très haute dépression 17
Processus : Sciage de l enrobé à l humide pour la réalisation de tranchées f/l Etude environnementale Mesures sur opérateurs 100 Tombe Issoire 18/11/2011 C<35,02 Porte de Vanves 13/09/2012 C=15,54 Bessières 23/10/2013 C<28,8 10 5 Bessières 23/10/2013 C=0 18
Processus : Intervention sur pelades et nids de poule à l aide d un enrobeur-projeteur f/l f/l Exposition environnementale Mesures sur opérateurs 100 10 5 Dantzig 25/09/2014 C=0 Dantzig 25/09/2014 C=0 19
3- LA GESTION DES DECHETS Kamel BAHRI ( Bureau de Prévention des Risques Professionnels) 20
LA GESTION DES DECHETS L article L. 541-2 du code de l environnement rappelle les principes de responsabilité suivants : Tout producteur ou détenteur de déchets est tenu d'en assurer ou d'en faire assurer la gestion, Tout producteur ou détenteur de déchets est responsable de la gestion de ses déchets jusqu'à leur élimination ou valorisation finale même lorsque le déchet est transféré à des fins de traitement à un tiers, Tout producteur ou détenteur de déchets s'assure que la personne à qui il les remet est dûment autorisée à les prendre en charge. D un point de vue environnement on parle : -d amiante lié à des matériaux inertes ou ayant conservé leur intégrité, -des autres déchets d'amiante (poussières, débris, EPI, films plastiques, filtres ), -de déchets de terres amiantifères (non concerné à la Ville de Paris). conditionnés conformément au code de l environnement de manière à éviter l envol de fibres (double filmage ou big-bags doubles) pendant la manutention, le transport et le stockage, munis de l étiquetage réglementaire «a» et la mention «attention, contient de l amiante» ainsi que de l identification de l entreprise, correctement fermés, stockés hors zone de travail et dans une zone délimitée. FID+ SDA 21 21
4- MESURES ET MOYENS DE PREVENTION / DE PROTECTION SUR LES CHANTIERS DE DESAMIANTAGE Kamel BAHRI ( Bureau de Prévention des Risques Professionnels) 22
Point de départ : Repérage amiante avant travaux Evaluation des risques et mesurage des niveaux d empoussièrement Interventions sur enrobés en sous section 4 Travaux de retrait Sous section 3 Mode opératoire Formation du personnel (sous section 4) Moyens de protection collective Moyens de protection individuelle Moyens de décontamination Gestion des déchets Plan de retrait (30 jours avant ) Entreprise certifiée (1/07/2014) Formation du personnel (sous section 3) Moyens de protection collective Moyens de protection individuelle Moyens de décontamination Gestion des déchets 23 Un cadre juridique en matière de coordination à mettre en œuvre : Plan de Prévention CSPS 23
LE PRINCIPE GENERAL : AFIN DE LIMITER LA DISPERSION DES POUSSIÈRES, IL FAUT PRIVILÉGIER LE TRAVAIL À L HUMIDE! L emprise est assurée constamment fermées par des barrières Emprise assez large pour éloigner au maximum les usagers de la zone ( inclure zone de chargement des camions + zone de décontamination ) les barrières sont recouvertes de films de propreté pour éviter leur contamination Avaloirs d égouts et fils d eau au droit du chantier sont obstrués avant le démarrage du chantier par des boudins absorbants hydrophobe Le travail à l humide avec abattage des poussières, quelque soit le processus mis en œuvre nécessite de l eau (+ alimentation des installations) 24 24
Un bungalow incluant une unité mobile autonome de décontamination (système de filtration des eaux) comprenant 3/5 SAS est présent sur le chantier. 25 25
Des mesures d empoussièrement environnemental et/ou professionnel sur opérateurs 26 26
Pour la déconstruction totale, généralement des pelles équipées d un brumisateur sur le bras à proximité du godet sont utilisées. Arrosage de la chaussée avant intervention et à espace régulier. La pelle est équipée d un brumisateur à fort débit au droit du godet 27 27
Pour le renouvellement de la couche de roulement, des raboteuses (avec aspiration, aspersion sur les tapis) La chaussée est arrosée au préalable et à espace régulier. La vitesse d avancement de la fraiseuse est limitée pour réduire les émissions de fibres. Le tambour de la fraiseuse est obligatoirement fermé et le débit d eau en débit maximum. Le convoyeur est en mode tunnel et les fraisâts y sont humidifiés par arrosage et/ou brumisés au droit de la chute dans le camion. La cabine est à air filtré avec filtre THE. Présence de jupes latérales et tapis convoyeur capoté 28 28
Pour les pavés ce sont des hydro-décapeuses qui sont privilégiées avec système d aspiration 29 29
Pour la réalisation de tranchées, utiliser le sciage d enrobés Humidification en permanence de la zone de travail par arrosage. Utilisation uniquement de scies à sol à eau avec disque diamant et à vitesse lente. Un complément permanent d arrosage est assuré soit par un brumisateur fixé sur la scie soit par un opérateur. 30 30
Prévoir des balayeuses aspiratrices avec des filtres très haute efficacité 31 31
Des EPI: Chaussure de sécurité ou bottes décontaminables avec sur-chaussures à usage unique, Combinaison jetable de type 5 étanche aux particules avec capuche correctement fermée (l:cou, chevilles, poignets). Les coutures sont recouvertes ou soudées, Gants étanches, Appareil respiratoire filtrant à ventilation assistée TM3P permettant une vision panoramique (FPA- 60), Lunette ajustée ou visière intégrale, Casque anti-bruit. Les documents de sécurité pour informer les opérateurs, assurer la traçabilité des expositions et le suivi du chantier. 32 32
5- LES DIFFICULTES RENCONTREES SUR NOS CHANTIERS Sandrine FRANCON (service du patrimoine de voirie) Kamel BAHRI ( Bureau de Prévention des Risques Professionnels) 33
1- La problématique de la fiabilité des prélèvements de matériaux et des résultats d analyses réalisées par les laboratoires COFRAC 2- La présence d actinolite d origine naturelle provenant des granulats (forme? caractère asbestiforme ou non?) 3- Les coûts des travaux, délais et contraintes du chantier 4- Les différences d interprétation entre les travaux à faire en sous-section 3 ou en sous-section 4 (et la frontière entre les deux sections) 5- Le manque d innovations techniques des entreprises 6- Les opérations de réception des travaux et des supports 7- Le décalage entre les prescriptions réglementaires, la pratique des entreprises et les exigences des organismes de contrôle 8- Les formations amiantes (SS3 vs SS4) 34