LA CINÉMATHÈQUE DE CORSE CASA DI LUME PRÉSENTE LA CINÉMATHÈQUE ITINÉRANTE LE MERVEILLEUX VOYAGE CATALOGUE 2013
Pino Lecci 2
ÉDITORIAL En 2009 la Cinémathèque Régionale initie un programme de projections à travers villes et villages et invite le public insulaire à retrouver ou découvrir sur l écran des histoires, des lieux, des visages, des actualités dont le dénominateur commun est la Corse. Le succès rencontré durant ces quatre années, nous conduit naturellement à enrichir ce catalogue d une cinquième sélection d images numérisées. C est à un Merveilleux voyage que nous invite Claudine Lenoir avec un documentaire en couleurs qui nous conduit en 1956 sur les routes sinueuses du relief insulaire. Jusqu au bout du monde de François Villiers reprend en 1962 ce thème du road movie corse : Pierre Mondy accompagné d un gosse, accomplit un périple qui s apparente au conte en couleurs déjà présenté de Lucile Costa, L Enfant et le lamantin. Le reportage Thunderbolt nous fait découvrir en direct les combats aériens que les aviateurs basés en 1944 sur la côte orientale, après la libération de la Corse, ont engagés sur le territoire italien. Avec Domenica (1951), La Lézarde (1986), Santa (1999), Liberata (2006), Au cul du loup (2011), les décennies s égrènent et nous montrent une Corse qui se débat entre tradition et modernité. Les réalisateurs Maurice Cloche, Gérard Leca, Pierre Leccia, Philippe Carrese, Pierre Duculot, les acteurs Odile Versois, une génération de comédiens issus du terroir comme Guy Cimino, Orlando Furioso, Thierry de Peretti, vont prendre place, tel un générique, sur l écran de la toile géante du cinéma itinérant. Tel un fil conducteur, ils se déroulent et enrichissent les choix des programmations précédentes. 3
Osani UN CATALOGUE RICHE ET VARIÉ L univers de José Giovanni et son double destin, ses personnages, se retrouvent en filigrane dans des films adaptés de ses romans et qui prennent vie sur l écran: Les Aventuriers et La Loi du survivant (1967), Mon père (2001). Henri Graziani, après des débuts prometteurs sur le continent, Anatole (1961), Le Temps d apprendre à vivre (1962) aux côtés de Claude Berri, rejoint la Corse et la filme avec nostalgie. Une poésie frémissante émane de ces longs métrages : Le Fils (1972), Nous deux (1992) et Bona sera (1989) en témoignent. La musique tient une place prépondérante dans les films interprétés par Tino Rossi et José Luccioni. Colomba (1947) et Le Bout de la route (1949) d Emile Couzinet, Fièvres (1941) et L Île d amour (1943) nous offrent des voix exceptionnelles qui ont fait rêver des générations. Henri Tomasi, Roger Lucchesi, Félix Quilici et aujourd hui les groupes Caramusa, A Filetta, Canta u Populu Corsu, I Muvrini, A Cumpagnia ou Pierre Gambini pour ne citer qu eux ont composé des musiques qui accompagnent ce cinéma d hier et d aujourd hui qui nous parle de la Corse. Sans oublier les ciné-concerts enregistrés de L Île enchantée (1926), de Romanetti (1924) et d Amour et Vendetta (1923), trois films muets restaurés. Des films d entreprise nous présentent le monde du travail : le bois dans Chemin de traverses (1950), l eau et la terre avec les deux volets (1969 et 1982) du Renouveau agricole de la Corse, commandités par la Somivac (Société d Economie Mixte pour la mise en Valeur de la Corse), le pastoralisme dans Da la piaghja alla muntagna (1977) de Noëlle Vincensini. Le Parc Régional met en valeur la flore et la faune dans Corse sauvage (1969) Au romanesque de la vendetta et des bandits d honneur qui émanent de films comme Horace 62 ou Le Serment de l épée (1954), on peut préférer la présentation quasi ethnographique d une Corse profonde que le cargésien Ange Casta décrit dans sa Colomba (1968). Conquis par ce Merveilleux voyage, après En passant par la Corse, et Chez nous en France : La Corse, il ne vous reste qu à prendre rendez-vous avec nous. 4
LES NOUVELLES ENTRÉES DU CATALOGUE 2013 THUNDERBOLT USA. 1944 (sortie en 1947). Couleur. Reportage 40 min Réalisation...William Wyler et John Sturges Commentaire...James Stewart Production...Monogram pictures corporation Lieux de tournage...cote orientale (base d Alto, près de Folelli) Sujet : Le Lieutenant-Colonel William Wyler avec la collaboration du Capitaine John Sturges filme une unité de «Thunderbolt» américains dans le cadre de la fameuse «Opération Strangle» (étranglement) à laquelle participa le 57 ème groupe de chasse de l U.S. Air Force, fer de lance des missions d appuis aériens depuis les combats d Afrique du Nord. Les appareils étaient équipés de caméras automatiques derrière le pilote qui filmaient en direct les zones de combat. Le film relate la vie quotidienne de ces hommes qui avaient leur base en Corse sur la côte orientale. Une page d histoire qui fait suite à la libération de la Corse en septembre 1943. Témoin de l histoire, Thunderbolt est un reportage sans précédent, pris sur le vif, alors que la fiction, réalisée quelques années plus tard de l Odyssée du sous-marin Casabianca, constitue une hagiographie plus classique. «Pour gagner cette guerre, il nous faut d abord gagner une guerre psychologique chez nous» dira le général George C. Marshall, chef d Etat-Major de l armée, principal conseiller militaire de Roosevelt et il ajoutera : «Nous pensons que la solution ce sont des films qui expliqueront à nos soldats pourquoi nous combattons...». Le Général Marshall demande à Frank Capra de diriger 9 séries de films parmi lesquels figureront la célèbre série Pourquoi nous combattons, puis il ordonne en 1942 la création d un service spécifique de production de films parmi lesquels se trouvera Thunderbolt. LE MERVEILLEUX VOYAGE France. 1956. Couleur. Documentaire 20 min Réalisation...Claudine Lenoir Commentaire...Claudine Lenoir dit par Jean-Claude Michel Image...Arthur Raimondo Montage...Henri Antoine Musique...Daniel White Production...Les Films du Sagittaire Lieux de tournage...bastia Corte...Niolo Ajaccio Zonza Bavella Porto-Vecchio...Bonifacio Piana Porto Calvi Ile Rousse Saint Florent Patrimonio Sujet : Années soixante Bastia, le marché aux poissons, le vieux port, les quais où débarquent les voitures qui vont nous conduire dans ce merveilleux voyage. L avion, le train permettent aux corses de traverser le continent et l île. Les lieux choisis nous révèlent une Corse toujours fidèle à son image. Le tourisme et les constructions nouvelles n ont pas encore mité le paysage. 5
DOMENICA France. 1951. Noir et Blanc. Drame 1h37 Réalisation...Maurice Cloche Scénario et adaptation...jacques Deval et Maurice Cloche Image...Nicolas Hayer, Noël Martin Musique...Marceau Van Hoorbecke Production...Les Films Maurice Cloche Interprètes...Odile Versois, Jean-Pierre Kerien, Alain Quercy Lieux de tournage...corse du Sud : Propriano...Ajaccio Sainte Lucie de Tallano Sujet : Patrice un jeune étudiant venu en Corse pour y travailler au calme fait la connaissance d une fille du pays, Domenica. Il a l intention de l épouser, mais il découvre qu elle est mariée et qu elle fait de la contrebande. Giuseppe son mari se fait arrêter à sa place. La jeune femme réalise qu elle l aime. Elle décide de l attendre en lui restant fidèle. Patrice retournera seul à Paris. «Certains s étonnent que le père de Monsieur Vincent ait fait un film sur l amour et qui plus est sur l amour physique en ne craignant pas de créer une atmosphère de sensualité.ce n est pas un effet du hasard, mais bien ma volonté qui m a conduit à essayer dans le cadre du merveilleux et sauvage pays qu est la Corse de rendre la plus attirante et la plus séduisante possible une certaine aventure d amour provoquant grands et petits drames humains. J ai essayé d exposer simplement une partie des problèmes de la découverte de l amour sensuel par un adolescent et de la recherche d amour d une femme incomprise et insatisfaite par son mari. Et je crois que beaucoup penseront comme moi que ce sont là de bien graves et sérieux problèmes que l on n ose pas aborder bien en face à cause de tous les vieux tabous beaucoup plus dangereux pour la moralité qu une claire et franche vision des réalités. Je sais que l éducation sexuelle est dangereuse et délicate à établir, mais avec la vie d aujourd hui elle devient chaque jour plus indispensable. Nos enfants vivent, entendent et apprennent autour d eux et même chez eux trop de choses pour que nous ayons le courage de leur présenter la vie, non plus sous un jour faux et artificiel et de leur montrer l homme et la femme tels que Dieu les a créés. Il ne suffit pas de condamner, de déconseiller, d interdire, de proscrire mais il faut aussi enseigner, éduquer, expliquer. Quitte à me tromper, à commettre des erreurs parce que nous sommes au début des temps nouveaux, j ai choisi cette dernière voie.». Déjà au siècle dernier Guy de Maupassant avait écrit dans son livre Une vie des pages frémissantes associant la découverte de l amour physique à la beauté sauvage de la Corse. Avec Domenica, la Corse est à nouveau une île d amour. La beauté d Odile Versois sera appréciée des surréalistes. L histoire n est qu un prétexte. Les propos ambitieux et courageux de Maurice Cloche dans la France très conservatrice des années cinquante témoignent d une voie que le cinéma suédois reprendra quelques années plus tard et particulièrement Ingmar Bergman dans le film Monika, film qui fera fantasmer le jeune cinéphile François Truffaut. 6
JUSQU AU BOUT DU MONDE France, Italie. 1962. Noir et Blanc (Franscope). Comédie dramatique 1h27 Réalisation...François Villiers Scénario...Fabio Carpi, Nelo Risi...d après un roman inédit d Elio Vittorini Dialogues...Remo Forlami Musique...Georges Delerue et Georges Moustaki Image...Marc Champion Production...Les films Armorial : Simon Damiani, André Valio Interprètes...Pierre Mondy, Didi Perego et le petit Marietto Lieux de tournage...la Castagniccia Bastia Bonifacio Porto-Vecchio environs de Sartène Patrimonio Sujet : Un brave ouvrier du continent vient chercher en Corse son fils présumé. La mère vient de mourir, l enfant est âgé de neuf ans. Pierre et Pietro ne se connaissent pas. Pierre espère trouver l endroit rêvé pour accueillir ce fils et poursuivre seul son chemin. Sur les routes de Corse des liens se tissent entre l homme et l enfant. Le roman de Vittorini est transposé de la Sicile à la Corse. Entièrement tourné en Corse, le film explore la diversité des paysages insulaires. A l origine le film devait s intituler «Un endroit rêvé», Pierre Mondy et le petit Marietto qui incarnent les deux héros principaux traversent un monde rude à l image de la vie des deux protagonistes. L enfant est un orphelin, l homme un solitaire sans port d attache. Vision naturaliste de la Corse, on y découvre des scènes de vie agropastorale : l exploitation des forêts, la fabrication du brocciu, un habitat traditionnel en pierre, des paysages de forêt et maquis, de montagne et de côtes L aspect documentaire des scènes, la «vérité» qui s en dégage donne un ton plus «juste», plus vraisemblable au récit faisant de cet endroit rêvé une terre tangible. LA LEZARDE France. 1986. Couleur. Drame 1h30 Réalisation...Gérard Leca Scénario et dialogues...gérard Leca Image...Erwin Huppert Ingénieur du son...antoine Bonfanti Production...Ciné Qua Non, CCAS de Corse Interprètes...Sophie Ladmiral, Jean Pierre Lanfranchi,...Guy Cimino, Paul Ceccaldi Lieux de tournage...canton de Vico Paris Sujet : Un vieux berger corse fait son dernier périple dans le massif montagneux du canton de Vico où il a passé sa vie. Cet homme au caractère fort et rebelle, trouve la mort au soir d une tempête de neige, en tentant de ramener son troupeau de chèvres. Au même moment, d autres personnes proches de cet homme, s apprêtent à fêter Noël. Dans d autres lieux, dans d autres temps, malgré les distances, des personnages aux histoires liées.. Conçu dans les années quatre-vingt, ce film fait partie de ces nombreux témoignages qui essaient de magnifier le retour au pays et s intègre dans le mouvement culturel appelé Riacquistu. L intention est louable, mais le manque de moyens et la diffusion en 16mm en avait limité la portée. 7
Pierre Leccia, le réalisateur SANTA France. 1999. Couleur. Drame 30 min Réalisation...Pierre Leccia Scénario et dialogues...pierre Leccia Image...Jako Raybaut Musique...Thierry Cairoubi Production...Les films de Mai Interprètes...Véronique Volta, Jean-Claude Drouot, Elisabeth Kaza Lieux de tournage...sotta Cap Corse Corse, été 1931. Depuis deux générations, la famille Peraldi essaie vainement de s'approprier un champ d'oliviers appartenant à une famille de bergers, les Veronesi... Lassée par les querelles sanglantes et séculaires, Santa, la jeune veuve d'antoine Veronesi, s'oppose aux siens et propose ouvertement la paix au clan des Peraldi. LIBERATA 2005. France. Couleur. Fiction, Drame 1h36 Réalisation...Philippe Carrese Scénario...Philippe Carrese,...Dominique Lombardi et Frédéric Poggi Image...Marc Champion Musique...Olivier Stalla, Raphaël Imbert, Philippe Carrese Chanson originale...a Filetta Production Thierry Aflalou, Comic Strip production/ France 3 Corse/France 3 Méditerranée Interprètes... François Orsoni, Pierre Laurent Santelli, Philippe Ambrosin Lieux de tournage...haute Corse : Calenzana Balagne Sujet : Mars 1943, Toussaint revient dans son village natal de Balagne, en Haute-Corse, après cinq ans d exil. Au hameau, il retrouve Ottone, son frère, Graciosa, sa mère, et Liberata, son premier amour, désormais mariée à Paul- Antoine. Toussaint et Ottone vont stratégiquement se lier avec deux soldats italiens, installés dans ce hameau pour surveiller les agissements suspects de la population, afin de leur soutirer les informations nécessaires à l organisation des parachutages d argent et d armes sur la Balagne. Une réelle amitié va naître entre ces quatre hommes, prémices du retournement de situation et de l alliance franco-italienne qui a suivi le débarquement allié à Ajaccio en septembre de la même année. Le film utilise les langues originales parlées dans ce contexte historique, à savoir le corse, l'italien et le français, afin d aller au plus près de la véracité de l époque. Tournage en Corse en avril 2005, en Vidéo Haute Définition (HD CAM). Liberata eut une diffusion cinéma. C est au départ une fiction télé, dont les dialogues sont parlés majoritairement en langue corse. Ce choix ne répond pas uniquement à un parti pris formel, mais colle à une véracité historique et géographique essentielle à la démarche narrative et artistique du film l histoire se déroulant en 1943 dans un village isolé de Balagne. Ainsi, notre ambition est de coller au plus près la réalité linguistique et historique de l époque Une des caractéristiques intéressantes du début de l occupation italienne en Corse a été le refus de la part des Corses de parler la langue corse en présence d Italiens, afin que ceux-ci ne les comprennent pas, l italien étant une langue très proche du corse. 8
AU CUL DU LOUP Belgique / France. 2011. Couleur. Comédie 1h22 Réalisation...Pierre Duculot Scénario et dialogues...pierre Duculot Image...Hichame Alaouié Interprètes...Christelle Cornil, François Vincentelli,...Marijke Pinoy Lieux de tournage...haute Corse : Giussani Balagne Sujet : Christina, bientôt 30 ans, vit dans la région de Charleroi, avec Marco, son petit ami depuis bientôt dix ans. Marco travaille avec son père Gino, dans une pizzeria où Christina officie parfois comme serveuse, en attendant un boulot digne d intérêt. A la mort de sa grand-mère elle hérite d une maison en Corse... Laissons parler Pierre Duculot : «Tourner en Corse était une envie déjà ancienne. D abord, il y a la photogénie des lieux, l alliage précieux des décors et des lumières. Il y a le côté carte postale, qu on voit au premier abord, mais il y a aussi la rudesse d un pays qui en transcrit l âme : minéralité des roches, silhouette des montagnes, ciels toujours changeants et souvent menaçants. Ensuite, il y avait l envie d en donner une image loin des clichés, près des gens rencontrés au cours de mes multiples séjours. Il y a dans l île une tradition de l oralité, une aptitude à raconter les histoires, qui appelle le prolongement cinématographique. Enfin, c est une terre d émigration et d immigration, comme la région wallonne d où je viens ; la mise en parallèle m intéressait. Tourner en Corse a été étonnement simple : bon accueil, disponibilité des professionnels, empathie pour le projet la Régie corse notamment fut un modèle d efficacité et d organisation. J ai aussi été surpris par le nombre de comédiens très professionnels dans leur approche que j ai pu rencontrer pour le casting. Je ne voulais que des corses pour les rôles de corses. Nous les avons trouvés sans difficulté. Ils donnent sans doute ce supplément d âme au film, qui a contribué à son accueil très enthousiaste, partout ou il a été projeté dans le monde.» 9
PROGRAMMER LES NOUVEAUX FILMS AU REGARD DU CATALOGUE 2012 Au cul du loup de Pierre Duculot, est tourné en 2011 dans le Giussani, comme Sempre vivu de Robin Renucci. Deux réalisateurs, deux propos différents, utopie ou réalité? «Cette région me fascine, raconte Pierre Duculot, l été elle a cette image véhiculée par la télévision : son tourisme, ses traditions, son folklore des polyphonies corses et un présupposé terrorisme. Et l hiver, c est un endroit plus facile à vivre, il n y a pas grand monde : des petits vieux, les camionnettes du boulanger qui passent tous les trois jours, la difficulté de se déplacer, de faire venir un corps de métier quand on a une fuite d eau. Mais les habitants de ces villages perdus sont très attachants et solidaires entre eux. Je voulais aborder cette image plus proche de la Corse que je connais. Il est important de connaître une région pour bien la filmer». Robin Renucci transcende un parcours personnel : «A l origine il y a des rencontres internationales de théâtre en Corse que j ai initiées en 1998 pour développer la création et l imaginaire dans un village de montagne enclavé, progressivement déserté par ses habitants.dans ce film j ai souhaité continuer l aventure en donnant la parole aux habitants, en les filmant dans leur quotidien et dans leurs rêves, pour mettre en valeur leur sincérité, leurs coups de gueule et leur timbre de voix. Par le choix de la comédie «à l italienne» qui déplace la Corse un peu plus à l Est qu habituellement, j ai voulu distiller une humeur de «joyeux bordel». Une dimension baroque, proche de l Europe centrale, et tzigane». Témoin de l histoire, Thunderbolt est un reportage sans précédent, pris sur le vif, qui illustre le rôle de «porte-avions» en Méditerranée joué par la Corse en 1944. Il précède la fiction réalisée en 1951 de l Odyssée du sous-marin Casabianca avec en vedette celui qui la conduisit : le Commandant Lherminier. Aux côtés du Voyage de Daladier en Corse (actualités 1939), de courts métrages, L Âme de la Corse (1939), L Occupant (2008), le long métrage Liberata (2005) continue d affiner notre vision de ce que l île vécut durant la Seconde Guerre mondiale. Gabriel le Bomin en 2001 avec Le Puits s était attaché aux combattants de la guerre de 14/18. Santa (1999) et Domenica (1951) deux portraits de femme s ajoutent à ceux de Colomba (1947 et 1968) et de Manina la fille sans voile (1952). La libération de la femme pointe derrière ces films qui ont fait fantasmer les adolescents des années cinquante : austérité et nudité sont-ils antinomiques? Avec Domenica, la Corse est à nouveau une île d amour. La Lézarde (1987) de Gérard Leca, est cette fente qui déchire un mur, qui fait s écrouler une maison. En fait ce qui se lézarde dans cette histoire, c est d abord l autorité et l omnipuissance du père sur la famille. Elle raconte la saga d un père, un berger, né en 1912, dont la famille s est écartelée, a essaimé aux quatre vents. Ce long métrage réalisé et produit en Corse n a pas eu de diffusion nationale. Il s inscrit en plein Riacquistu aux côtés des films de Marie- Jeanne Tomasi : Ava Basta (1983), Dolce vendetta (1988), Dumé Maestrati : De l autre côté du miroir (1987), La Voie royale (1992), et Dominique Tiberi : Soleil de novembre (1990), Malavia (1986), L Impetrata (1990). Jean-Marc Raffaelli écrivait dans Nice Matin Corse du 4 juin 1987 en parlant de La Lézarde ces mots que l on pourrait appliquer aux autres films cités : «Lorsqu on a des moyens au compte-goutte, on a tendance «à tourner» à la maison, dans un cadre familier, entouré d amis. Mais cela n empêche pas l ouverture sur autre chose que les facettes ancestrales de l île». La langue corse, toujours présente dans ces fictions, prendra plus tard et, avec des moyens cette fois-ci, le rôle d un deus ex machina dans Liberata (2005). Entre le français et l italien, le parler corse nous fait prendre conscience de sa réalité culturelle au cours de la dernière guerre. 10
LES FILMS DU CATALOGUE 2012 A CACCIA 1961. Couleur. Naturaliste 17 min Réalisation...Edouard Luntz Image...Marc Champion Production...Les films Armorial : Simon Damiani, André Valio Lieux de tournage...corse Sélectionnée au premier festival des films réalisés en Corse (1963), cette ode à la nature, sobre et épurée, met en scène l animal, chasseur et chassé, l homme et le paysage minéral qui les enserre. L émotion poétique et esthétique ressentie par Edouard Luntz percute chaque image de cette chasse au sanglier, vision inspirée de la Corse. Le producteur, désireux de faire partager l amour profond pour son île natale, prendra part au tournage, veillant au bon déroulement des battues. Le regard du réalisateur capture les détails pour un court-métrage dépouillé et passionnant. Ce poème en images restera unique en son genre, il n en est que plus attachant. L ÂME DE LA CORSE 1939. Noir et blanc. Documentaire 17 min Réalisation...Henri Caurier Montage...Charlotte Versini Production...Office Cinématographique International Commentaire...Jacques Breteuil Musique...Fernand Audier - Chant : I Macchiaghjoli Lieux de tournage...ajaccio Bastia Bonifacio...Calvi Corte Evisa Marignana 1er Septembre 1939 : date dʼouverture prévue du 1er Festival de Cannes, mais... Hitler envahit la Pologne, la Seconde Guerre mondiale éclate Un court-métrage de Henri Caurier devait y être programmé, LʼÂme de la Corse, au titre hautement symbolique pour la France, répondant aux prétentions dʼannexion de Mussolini. Il montre, sous une apparente absence de propagande les sentiments profonds dʼattachement à la France qui animent alors les Corses. Guidé par Charlotte Versini, sa monteuse originaire dʼevisa, le réalisateur filme la vie quotidienne dʼune Corse profonde et rurale, attachée à ses valeurs traditionnelles et ses savoir-faire. Accompagné des voix du groupe I Macchiaghjoli, on retrouve dans ce film la plupart des figures emblématiques et traditionnelles telles que les tours génoises, les femmes en deuil, les bergers, la chasse ou la fabrication du pain et du brocciu. 11
AMOUR ET VENDETTA, ou la Fille du Lion 1923. Muet. Noir et blanc. Fiction 55 min Grand drame de la vie du maquis Adaptation et mise en scène...rené Norbert (Raoul Ottavi) Scénario...Jean Sartè (Antoine Perucca) Musique...spécialement écrite par E Voce di u Cumunu...et interprétée par A Cumpagnia Prises de vue...léon Batifol Production...Cinématographes Baudon Saint Lô-Paris Lieux de tournage...roccapina Sartène En Corse, dans la région de Sartène, un artiste peintre (continental en villégiature ), provoque une série de meurtres pour avoir osé aimer une fille du pays, mais aussi la fille d un redoutable bandit! : un drame de la jalousie qui pourtant se terminera bien! Entièrement filmé en extérieur, Amour et Vendetta prend souvent l allure d un western : amour, jalousie, poursuites, drames jalonnent les différents tableaux avec ses personnages en fuite, coupés de la société, aux caractères durs et violents ; l étranger qu il faut abattre ; puis enfin les femmes à l origine du combat cruel et fatal que se livrent les protagonistes. Ce film, restauré par les Archives du Film CNC à l initiative de la Cinémathèque Régionale de Corse a été projeté vendredi 17 juillet 1992 à Porto-Vecchio, en plein air, puis à l Auditorium du Louvre à Paris, accompagné d une création musicale originale spécialement écrite par E Voce di u Cumunu, interprétée par le groupe A Cumpagnia de Pigna, chanteurs et musiciens, hommes et femmes confondus (prise de son effectuée par Antoine Bonfanti). La composition puissante et omniprésente traduit avec une grande expressivité la fureur et les passions. Les instruments traditionnels (cetera, clavecin, violon, ciambela, orgues et percussions diverses) accompagnés des voies polyphoniques offrent un mélange séduisant de tradition et de modernité. ANATOLE 1961. Noir et blanc. Fiction 15 min Réalisation et scénario...henri Graziani Images...Henri Fabiani Production...la Grande Ourse, Jacky Tavano Interprétation...Mireille Maurin et Pierre Debauche Elle est demoiselle de magasin, il est représentant de machine à coudre, elle pleure ses amants enfuis, il grimace sa dérision pour cacher son mal de vivre. Irritant comme un robinet qui goutte, ce court opus d Henri Graziani porte bien son âge, sans date de péremption. Une petite pincée de nouvelle vague, «les femmes sont jolies quand il pleut dehors», un zeste d absurde, «Jérôme a horreur des yaourts», ce poil à gratter cinématographique reflète bien la personnalité de son auteur, Henri Graziani : singulier, libre des conventions et résolument metteur en scène. Sa rencontre avec Claude Berri, qui adorait Anatole scella entre eux une amitié et une estime réciproques. 12
AVA BASTA! 1983. Noir et blanc. Fiction 21 min Corse sous-titré français Réalisation et scénario...marie-jeanne Tomasi Ingénieurs du son...antoine et Francis Bonfanti Production...Ateliers du Sud et Centre méditerranéen...de la Création Cinématographique Interprétation...Agata Luciani Lieux de tournage...sartène Bonifacio Tourné en noir et blanc, ce cri cinématographique de Marie-Jeanne Tomasi résonne, emblème de la révolte qu elle mènera film après film, contre l un des carcans de la société corse, fait de rumeurs, de ouï-dire, chuchotements malfaisants qui mènent à leur perte d identité ses sujets les plus exposés : les femmes. Le propos, quoique parfaitement articulé par la caméra et l écriture de la réalisatrice, n est pas toujours facile à en entendre : ne renvoie t-il pas dans ces zones d ombres que beaucoup préféreraient ne jamais mettre en lumière, niant leur permanence depuis les fonds des âges jusqu à nos jours. LES AVENTURIERS 1967. Couleur. Film d aventures 1h47 Réalisation...Robert Enrico Scénario...Robert Enrico et José Giovanni...d après le roman de José Giovanni Les Aventuriers Dialogues...José Giovanni et Pierre Pellegri Musique...François de Roubaix Production...Stéphan Films / S.N.C. Interprétation...Lino Ventura, Alain Delon,...Joanna Shimkus, Serge Reggiani Un livre, deux films, l expérience n est pas banale, surtout lorsque l auteur de l ouvrage, le réalisateur de l un des films et le scénariste de l autre, se nomme José Giovanni et que l unité de temps est respectée, l année 1967. Il le confiera dans des mémoires en 2002 : «Le matin, je bossais sur le scénario de La Loi du survivant et l'après-midi sur celui d'enrico». Robert Enrico est séduit par l histoire de Manu et Roland, mais ne saisit pas le personnage féminin d Hélène. Il lui substitue une jeune femme plus «aventurière», une artiste qui emboite le pas des deux hommes pour une chasse au trésor, un avion englouti avec sa cargaison de diamants. La poursuite du rêve finit tragiquement. Dans cette écriture à deux mains, José Giovanni «importe» de nouveaux ressorts, Robert Enrico ajoute ses anecdotes, les deux écritures résonnent. Un film d aventures, un film d amitié, qu Alain Delon, Lino Ventura et Joanna Shimkus éclairent d une fraicheur pétillante, à laquelle les dialogues et l humour, le sens de la métaphore de José Giovanni donnent tout son piquant. Un film tous publics, petits et grands. 13
LE BANDIT D HONNEUR 1960. Noir et blanc. Comédie 27 min Réalisation...V. Penkovsky Scénario...une fantaisie de Raoul Figli Interprétation...Catherine Candida Musique...chantée par Carlo Ferrari Lieux de tournage...cannes Ajaccio région d Ajaccio Retoucher les caricatures et les clichés à grands traits d humour et de dérision, tout en s amusant, telle est l inspiration qui semble avoir animé Raoul Figli en ce début des années 60. Le bandit d honneur est l une des trois comédies que l on doit à cet auteur. Le spectateur se laisse emporter, sans arrière pensée ni second degré, dans l aventure d une jeune et jolie touriste ingénue qui brûle de rencontrer un authentique bandit d honneur. Le ténébreux lui vante les charmes de l île et chante romance avec la voix langoureuse de Carlo Ferrari quand intervient la maréchaussée Avec malice la jeune fille conclura l aventure : le carillon de son rire saluera la retraite des uniformes et la prétention rabattue des compères. Si le thème du bandit d honneur est marqué par son époque, la légèreté de l intrigue pourrait anticiper et illustrer, a posteriori, quelques anecdotes contemporaines dont s est emparé avec bonheur le dessin d humour. BONA SERA 1989. Couleur. Fiction 22 min Réalisation et scénario...henri Graziani Images...Michel Tomasi, Renaud Personnas Musique...Michel Raffaelli Son et mixage...antoine Bonfanti Mixage...Marie-Jeanne de Susini Production...Sinemassoci Interprétation...Michel Raffaelli, Bouchaieb Lieux de tournage...pietracorbara Elles sont là, dans les schistes du Cap Corse, ces solitudes qui s entrecroisent, n échangeant que ce Bona Sera qui évite à peine l indifférence. La vie de chacun est dans le souvenir, celui de la disparue, des siens restés au pays, dans la pierre que l on casse pour vivre ou que l on empile, «pour l idée». L immigration, la retraite la vieillesse, et toujours le bateau qui s éloigne. L image est belle, pure et dépouillée, le message, s il y a, est sobre. Originaire de Pietracorbara, Henri Graziani, après des études littéraires embrasse, après un passage au cours Simon, la carrière d acteur. A la fin des années cinquante, il glisse doucement vers le cinéma : écriture de scénarios (pour subsister), puis assistant, adaptateur et dialoguiste. Son premier court-métrage Anatole lui ouvre les portes d un bouillonnement cinématographique, Berri, Godard, Pialat. Il écrit le scénario du Fils, qu il ne réalisera pas, mais rentre en Corse où il participera à un autre bouillonnement, le riacquistu : la Corse devient alors l un des déterminants de son œuvre. 14
LE BOUT DE LA ROUTE 1949. Noir et blanc. Fiction dramatique 1h25 Réalisation...Emile Couzinet (d après l œuvre de Jean Giono) Musique...Vincent Scotto, interprétée par...l Orchestre des Concerts Lamoureux...dirigé par Henri Tomasi et José Luccioni. Interprétation...José Luccioni, France Descaut, Georges Galley Lieux de tournage...provence Moins de deux ans après Colomba, Emile Couzinet entreprend l adaptation d une pièce Jean Giono, Le bout de la route et tente de revivre la connivence cinématographique avec José Luccioni. Mais le Gave de Gavarnie (ou la Haute-Provence) n est pas la Corse, l errance - pour ne pas dire la désespérance - d un voyageur en robe de bure au bout de la route de sa vie n a pas la fougue passionnée de la vengeance à accomplir, aux brumes de la vie pastorale et rude de ces montagnards taiseux manque la fulgurance d un maquis insulaire. Le texte de Giono est exigeant et raboteux et le réalisateur peine à en explorer les subtilités. Restent de très beaux paysages, l ambiance singulière de cette petite communauté austère, une belle leçon d amour toute en retenue et la présence sombre de José Luccioni auxquelles la Méditerranée et la Corse font visiblement défaut. Le legato de sa voix est parfait, mais le cœur du ténor, malgré la composition de Vincent Scotto, ne parvient pas à atteindre l émotion lyrique attendue. CASABIANCA 1951. Noir et blanc. Film de guerre 1h24 Réalisation...Georges Péclet Scénario...d après le témoignage du Commandant l Herminier Adaptation...Jane Edith Saintenoy et Georges Péclet Musique...Marceau Van Hoorebecke, Anna Marly Conseiller technique de la Marine NationaleLieutenant de vaisseau De Victor Production...Société Croix du Sud 1950 Distribution...Astoria Films (Paris) Lieux de tournage...ajaccio Calcatoggio...région de Cargèse / Piana En novembre 1942, au moment où les troupes alliées se positionnent en Afrique du Nord, une armée d occupation forte de 100.000 hommes verrouille la Corse. Dès décembre 1942, le sous-marin Casabianca, qui avait réussi à s échapper de Toulon pour rejoindre Alger, déjoue le blocus de l île pour appuyer la Résistance des patriotes corses. Le bâtiment militaire, mené par le Cdt Jean L Herminier et son équipage de quatre vingt-cinq valeureux marins, effectue des missions clandestines de débarquement d hommes et de matériel, armes et radios, sur la côte ouest de la Corse. Le dernier voyage de cette épopée du Casabianca verra le débarquement du premier bataillon de choc à Ajaccio en liesse le 12 septembre 1943 : ces cent neuf hommes, renfort de l insurrection des patriotes, avaient trouvé place dans l étroit sous-marin. Casabianca relate ces épisodes de l odyssée du sous-marin, éclairant les dangers partagés avec courage par les hommes et les femmes, marins comme patriotes, la vie à bord, la solidarité devant le péril. Jean Vilar habite avec son talent le personnage du Commandant L Herminier. Tourné sur les lieux de débarquement, nourri des témoins directs de l action, -certains même jouant leur propre rôle-, Casabianca écrit une page glorieuse de la Libération. Cette mémoire historique collective s adresse à tous publics, une découverte pour les plus jeunes ou une souvenance pour les plus anciens. 15
CHEMIN DE TRAVERSES 1950. Noir et blanc. Documentaire 53 min Réalisation...André Pirié Production et distribution...section cinématographique...de la SNCF Lieux de tournage...ajaccio Col de la Vacca...Col de Verde Îles sanguinaires...piana Porto Propriano Zicavo Chemin de traverses est un reportage de commande, destiné à montrer au public le travail de fabrication des traverses de chemins de fer. En ce début des années 50, au lendemain de la guerre, l exploitation forestière et la fabrication des traverses de bois emploient près d un millier de personnes. Le film nous montre cette industrie, depuis les hauts des forêts de nos montagnes jusqu au quai d embarquement du port de Propriano. Malgré une introduction et un rappel historique ampoulés, émaillés d un humour convenu, tels que ce genre ne nous épargne pas, Chemin de traverses est un formidable documentaire sur la filière forestière de cette époque. Depuis des coupes de bois difficilement accessibles, les troncs rejoignent la scierie à l aide des bœufs, des mulets, de centaines de mètres de câble de téléphérique, de camions. Le travail est peu mécanisé, les hommes travaillent en équipes et vivent en forêts. Parvenus à la scierie, les bois sont équarris et débités avant d être empilés : des milliers de traverses sont prêtes à l embarquement. Le reportage est passionnant, témoin d une dynamique industrielle et d une ingénierie aujourd hui disparues. CHEZ NOUS EN FRANCE : LA CORSE 1937. Noir et Blanc. Reportage documentaire 26 min Réalisation...Jean-Claude Bernard Production...Les films Jean-Claude Bernard Images...Maurice Thery Chanson interprétée par Carlo Cotti Conçue et réalisée au format de la série Chez nous en France, cette promenade touristique dans la Corse des années 1930, «ile de beauté et de félicité» sous la voix de Carlo Cotti n a rien perdu de sa puissance documentaire. Appuyées par le commentaire avisé de Roger Leenhardt, dont on relativisera l emphase lyrique et les références convenues, les images d une grande qualité sillonnent les paysages d agaves, d oliviers de pins et de châtaigniers, la rudesse des villages de montagne et l originalité intacte des cités côtières. Les silhouettes légères des navires et des barques comme les visages souriants surpris par la caméra jalonnent cet itinéraire touristique, quelques décennies plus tard, d une curiosité teintée de nostalgie. Ce reportage éclaire pour nos yeux d aujourd hui la transformation profonde de «l Eternel corse» bercé par le cinématographe du siècle passé. 16
COLOMBA 1947. Noir et blanc. Drame 1h34 Réalisation...Emile Couzinet Scénario...d après la nouvelle de Prosper Mérimée Interprétation...José Luccioni, Catherine Damet,...Raphaël Patorni, Edouard Delmont Musique...Vincent Scotto et Henri Tomasi Lieux de tournage...bastia Calanches de Piana...Fozzano Nonza Propriano Sartène Vergio «La plus belle vedette du monde, La Corse!» Le générique de cette adaptation du roman de Prosper Mérimée, tournée à l été 1947 dans l île meurtrie de l après-guerre, livre la clef de ce Colomba. José Luccioni, originaire d Oletta, premier ténor de l opéra de Paris, est un des grands noms lyriques de l époque. Lorsqu il accepte la proposition d Emile Couzinet d interpréter Orso della Rebbia, sur une musique de Henri Tomasi et Vincent Scotto, le ténor populaire s engage pour peindre une image valorisée de sa Corse natale. Musique et chants monopolisent l attention et l émotion tandis que l intrigue se déroule posément, enchaînant rencontres, retrouvailles, guet-apens et dénouement. Le suspense ou la couleur locale n atteindront jamais en intensité les accents déchirants de José Luccioni célébrant «le chant du maquis de ma Corse si belle» ou, enlacé dans les haubans du navire le ramenant auprès de sa soeur Colomba, la «Méditerranée que le ciel a semé d or». On appréciera, dans cette version conventionnelle, la présence à l écran de Raphaël Patorni et les vues enchanteresses des villages et de la côte. COLOMBA 1968. Noir et blanc. Fiction dramatique 1h23 Réalisation...Ange Casta Scénario...d après la nouvelle de Prosper Mérimée Assistant...Jean-Pierre Alessandri Production...ORTF Montage...Monique Nana assistée d Andrée Davanture Lieux de tournage...speloncata Comme il le confiera lors d un entretien à la cinémathèque, Ange Casta, réalisateur à la télévision, a l intuition fulgurante, en suivant les obsèques de son père, que les visages minces et graves de cette génération d hommes et femmes disparaissent inexorablement. Il propose alors, pour la télévision, un tournage intégralement Corse. L accord avec la production se conclura sur une adaptation du texte de Prosper Mérimée, Colomba. Cette version rompt radicalement avec le ton mélodramatique connu de l héroïne de Mérimée. Ange Casta signe là le premier film parlé en langue corse, tourné à Speluncato avec la participation de villageois et d acteurs amateurs, avec la précision et la rigueur d un documentariste et le ressenti d un insulaire. Rien n est affecté dans ce film, ni la sobriété des dialogues, ni l émotion du vocero et des chants traditionnels collectés par Félix Quilici, ni la justesse des décors de Toni Casalonga. Le Colomba d Ange Casta est à la fois une mémoire irremplaçable de la Corse, une chronique intemporelle et un thriller moderne. 17
LA CORSE ET SES PAYSAGES 1912. Muet. Noir et blanc. Actualités Eclair 4 min Lieux de tournage...ajaccio Corte Un train de marchandises passe sur le pont construit par Gustave Eiffel : cʼest la ligne Corte-Ajaccio, lien entre la mer et lʼintérieur, témoin du Progrès parcourant une Corse à la sereine vie pastorale et aux paysages immuables. CORSE SAUVAGE, une Corse inconnue 1969. Couleur. Documentaire 43 min Réalisation...Olivier Lebrun et les frères Terrasse Montage...Yoba Grégoire Musique...Antoine Bona, interprétée par Pierre et Paulo Quilicci Production...Parc Naturel Régional de la Corse...avec le concours du Conseil général de la Corse Commentaire...Antoine Muracciole Lieux de tournage...corse Pendant des années, des passionnés de nature, les frères Terrasse, pharmaciens installés à Paris, filment et explorent les espaces sauvages de la Corse. Leurs images saisissantes, en particulier en matière d ornithologie, de rapaces, mais aussi de toute la faune sauvage de l île seront intégrées à un documentaire, agrémenté de vues de la flore et de la vie au fil des saisons. Corse Sauvage est destiné à promouvoir ce que l on appellerait aujourd hui la biodiversité et à conforter les décideurs institutionnels de la nécessité de protéger ce patrimoine naturel. Ce catalogue d images animées du règne animal, végétal et minéral, commentées par un conférencier, sera le vecteur de ce qui sera bientôt le Parc Naturel Régional de la Corse. Aujourd hui, ces commentaires accompagnent ces images. DA FASSI UNA SPULENDATA 1974. Noir et blanc. Documentaire 40 min Langue corse, sous-titrée Réalisation...Noëlle Vincensini, Jean-François Bertrand Musique...Traditionnels, Canta U Populu Corsu Montage...Andrée Davanture Production...Parc Régional Corse Lieux de tournage...cuttoli-curtichjatu Au début des années 70, le retour de Noëlle Vincensini dans son île natale est intimement lié au mouvement d alors, où nombre d artistes, d intellectuels et de créateurs - ne serait-ce que de leur propre vie -, amorcent une réappropriation culturelle de l identité insulaire. Filmer permet d enrayer la disparition d une réalité qui, déjà, s effrite sur la modernité. Dotée à la fois des outils de l ethnographe et de la sensibilité de son identité corse, Noëlle Vincensini signe avec Da fassi una spulendata son premier documentaire. Tourné avec la population de Cuttoli-Curtichjatu, bercé par le «Seri sera» de Canta u Populu Corsu, le film tamise la vie du village, les gestes de chacun au moment de la châtaigne. Fumées au dessus des «fucone», bien préparées pour le four, glissant dans la meule, fondant dans la bouche, elles sont le lien de ces femmes et de ces hommes auxquels le vieux raconte à la veillée «c était bien beau naguère, mais c est plus facile de vivre aujourd hui». Une phrase qui, à la lueur des images, retentit avec force dans notre 21 ème siècle. 18
DA LA PIAGHJA A LA MUNTAGNA 1977. Couleur. Documentaire 1h Réalisation...Noëlle Vincensini Co-production...Parc Naturel Régional de la Corse Lieux de tournage...ghisonaccia...plaine orientale Scarpageghje Ce film a obtenu le 1 er Prix du festival international du film de l écologie et de l environnement de Montpellier. La vie est rude pour cette famille de bergers de Ghisonaccia. Et pourtant que de sensibilités sans complaisance dans cette chronique de transhumance. Le courage de cette vie en montagne est liberté, les gestes quotidiens sont poésie. Quand le berger désigne en les nommant les sommets qui l entourent, l espace est infini, la blancheur crémeuse du brocciu que l on égoutte semble éternelle, les clochettes des brebis scandées par les sifflements des bergers ont arrêté le temps et cependant, en bas, à la plaine, au bord de la mer, l étau se resserre. Le développement du tourisme et les nouveaux modes de production ont sonné le glas d une vie où les hommes, les animaux et la nature communiaient au rythme du ciel et des saisons. Noëlle Vincensini, dont l engagement, depuis quarante ans, pour une Corse plus solidaire n a jamais failli, nous transmet avec ce film un travail remarquable. Da la piaghja a la muntagna est un documentaire qui, sur le fond, n a pas pris une ride. Bien au contraire, le contraste entre un littoral qui s étourdit sous les feux de l été et du tourisme et une montagne, creuset de l organisation ancestrale de notre identité, qui se meurt est d une pertinente actualité. DE L AUTRE CÔTÉ DU MIROIR 1987. Noir et blanc. Fiction 5 min Réalisation...Dominique Maestrati Image...Dumè Gambini Mixage...Antoine Bonfanti Production...Sinemassoci, FR3, Profilm,...soutien du Conseil Général de la Corse-du-Sud Lieux de tournage...ajaccio (St Antoine) Ce court opus, concentré allégorique, frappe le spectateur comme un coup de poing. Le passage De l autre côté du miroir a pour cadre les hauteurs d Ajaccio où «gitans, ordures, fous et morts» sont frappés du même mutisme, déni de mémoire et de reconnaissance. Ce film où nulle parole n est échangée résonne comme un cri. 19
DOLCE VENDETTA 1988. Couleur. Fiction 26 min Français et Corse sous-titré Réalisation et scénario...marie-jeanne Tomasi Interprétation...Florence Pazzottu, Marc Chiarelli Production...RN 7 et Sinemassoci Lieux de tournage...bonifacio Figari Depuis son premier film, tourné en 8 mm alors qu elle était étudiante à Aix, Chambre 2751, en 1978, Marie-Jeanne Tomasi a développé une écriture cinématographique singulière, où désir de faire du cinéma et exigence de sa grammaire ne s épuisent pas. A la loupe et au scalpel elle scrute et dissèque le lent mais inexorable dévoiement des valeurs et de l identité corses. Dolce vendetta accroche de plein fouet quelques clichés bien en vigueur, l homme à la chasse et au bar, la femme à la maison et à la cuisine, séparés par le silence, l indifférence ou le qu en-dira-t-on. En filigrane les falaises de Bonifacio et la mer ouvrent l ailleurs, l évasion, le rêve, thèmes chers à Marie-Jeanne Tomasi. La montée en puissance de l intrigue, jusqu à l indigeste dénouement, est servie par une rigueur de réalisation implacable. L ENFANT ET LE LAMANTIN 1962. Couleur. Fiction 20 min Réalisation...Lucile Costa Production...Roger Debelmas Musique...Jacques Istria Lieux de tournage...ajaccio Alta Rocca...Bastia région de Cargèse Piana Sur les traces d un mystérieux animal aquatique doté de pouvoirs magiques, un jeune garçon parcourt l île. Prétexte à nous faire cheminer dans des paysages magnifiques, au rythme des accords de la guitare de Jacques Istria, cette quête enfantine fait revivre la communion avec la nature d un quotidien rural. Dans la grotte lumineuse du rêve qu il poursuit, le jeune Dumè rencontrera les valeurs ancestrales de générosité et d hospitalité. La réalisatrice Lucile Costa, dite Minouche, est née en 1918 à Bastia. Des années 40 aux années 80, elle pratique, avec talent et passion, le métier de scripte : l imposante filmographie de Lucile Costa témoigne de l estime que lui portaient les plus grands du cinéma français. Attirée par la réalisation, elle écrit et tourne quelques courts-métrages de fiction. L Enfant et le lamantin est un conte tendre où la pureté de l enfance et les qualités de cœur des hommes et femmes simples n ont d égal que l amour du regard de Lucile Costa sur son île. 20
EN PASSANT... PAR LA CORSE 1969. Couleur. Documentaire 8 min Réalisation...Henri Antoine, Francette Marquis,...Arthur Raimondo Chanteurs et instrumentalistes...a Cirnea,...éditions le chant du Monde Commentaire et adaptation musicale...felix Quilici Lieux de tournage...bonifacio Corte Carte postale visuelle et sonore postée depuis l'île vers le continent, En passant par la Corse, brosse un portrait intemporel dʼune Corse de beauté, dʼhistoire et de traditions. FIÈVRES 1941. Noir et blanc. Fiction dramatique 1h36 Réalisation...Jean Delannoy Distribution...Films Minerva Scénario...Charles Méré Images...Paul Cotteret Musique originale...henri Goublier Chansons de...roger Lucchesi, Henri Bourtayre et Jean Feline Interprétation...Tino Rossi, Madeleine Sologne,...Jacqueline Delubac,...Ginette Leclerc et Jacques Louvigny Jean Delannoy, artisan cinéaste majeur rencontre, dans les périodes difficiles de l occupation, Tino Rossi, alors compagnon de Mireille Balin, sur le tournage de Macao. Le charme latin de l acteur ténor et sa puissance mélodramatique séduisent ce réalisateur très classique. Ce sera Fièvres, tourné vers Royan, alors en zone libre. Outre Tino Rossi, sa voix troublante mais également son jeu d acteur ici très maitrisé, la distribution nous offre la pure Madeleine Sologne, les ensorcelantes Jacqueline Delubac et Ginette Leclerc, le cocasse et très juste Jacques Louvigny. La rigueur de la réalisation, où chaque acteur prend son «solo» avec brio dans une construction impeccable est heureusement assouplie pour mettre en valeur les douces mélodies de Maria ou la gaité de la Ritournelle. Le film débute sur l Ave Maria de Schubert, par la voix de Tino Rossi, Maria sera le plus beau des rêves d amour du héros. Car hors la statue virginale qui deviendra le témoin de sa sérénité monacale, point de salut : la femme est perfide, trompeuse, menteuse et dangereuse tout à la fois. Le contraste entre cette démonstration rigoriste du propos et les émois du plus grand «latin lover» fait toute la chaleur et la lumière de ces Fièvres. Le film connut un succès mondial. La réputation du scénariste, Charles Méré, en fut affirmée. 21
LA FILLE DU CORSE 1907. Muet. Noir et blanc teinté. Drame 6 min Production...Pathé Frères Lieux de tournage...en studio Les thèmes de la vengeance, et de l honneur sont, à l aube du XX ème siècle, les favoris de l industrie cinématographique naissante. Ce court film La Fille du Corse ne déroge pas, quoiqu il soit pris quelques libertés d interprétation du thème. Ainsi le Mateo Falcone de Mérimée courtise une femme mariée Magda. Justice faite par le mari trompé, ce sera la fillette qui couvrira la fuite du meurtrier et défendra son père contre la police. Cette curiosité cinématographique, de par son âge, s étire en huit petits tableaux progressivement dramatiques, tels que la Corse les inspirait aux cinéastes. Un siècle après leurs sorties à Paris et à Lyon, accompagnées par la chanson Amour et haine, ces six minutes expriment parfaitement l imaginaire qui était attaché à la Corse. L autre intérêt de cette rareté est la restauration scrupuleuse de la copie. LE FILS 1972. Couleur. Drame policier 1h45 Réalisation...Pierre Granier Deferre Scénario et dialogues...henri Graziani Musique...Philippe Sarde Production...Bertrand Javal Distribution...SNC Interprétation...Yves Montand, Léa Massari,...Marcel Bozuffi, Frédéric de Pasquale Lieux de tournage...calvi Montemaggiore Depuis l écriture originelle du scénario par Henri Graziani, - la vérité corse par la confrontation entre deux frères corses ayant effectué des choix de vie radicalement différents -, passant par la lecture plus méditerranéenne des rapports entre mère et fils de Costa-Gavras, nous parvient cette réalisation d un genre plus conventionnel de Pierre Granier Deferre : «un caïd corse rentre au pays natal pour assister sa mère dans ses derniers jours et se fait traquer par des tueurs». Dans les décors naturels de Calvi et de Montemaggiore, dont les habitants figurent au générique, Ange détricote les fils de ses souvenirs, dans l ombre d un père mort dans de troublantes circonstances, en son absence. L intrigue esquisse les relations compliquées entre les frères, les non-dits familiaux ou villageois, éludant parfois quelques ressorts du suspense. Pierre Granier Deferre nous livre un polar à la mise en scène très classique et au rythme mesuré. Comment ne pas être séduit par les interprétations d Yves Montand (Ange), de son frère à l écran (Frédéric de Pasquale), du promoteur menaçant (Marcel Bozuffi) et de l éclatante Léa Massari. 22
FORZA BASTIA 78, ou l Île en fête 1978. Couleur. Documentaire reportage 26 min Réalisation...Jacques Tati et Sophie Tatischeff Image...Yves Agostini, Henri Clairon, Alain Pillet Musique...I Muvrini Lieux de tournage...bastia Furiani Avril 1978 : finale de la coupe d Europe de football. La rencontre prévue au stade de Furiani opposera le soir les joueurs du SECB à ceux d Eindhoven. Bastia et la Corse entière sont en effervescence : la victoire est à portée de main. Un seul et même élan anime les préparatifs de cette fête populaire, que suivent trois cameramen. Bastia se pare de blanc et bleu, drapeaux, bannières et banderoles emplissent les rues. Les supporters s apprêtent, la ville frémit aux sons des crécelles, des klaxons et de l hymne du club. La caméra traque avec humour l imagination débridée de cette liesse.l enthousiasme se diluera sous la pluie qui douchera le rêve, ce sera match nul et la défaite de Bastia. Jacques Tati range ses bobines de rushes. La version proposée de ce documentaire réalisé par Sophie Tatischeff est un montage des images tournées par son père, plus de vingt ans après, au terme de rencontres amicales avec La Corse et le Cinéma. Un financement CTC et France 3 Corse l a rendu possible.i Muvrini prête le chant U antra mattina qui balaie avec émotion les gradins vides comme le vent du matin, Michel Landi croque une affiche pleine d humour : le contraste saisissant de ce Forza Bastia 78, Tati père et fille. HORACE 62 1961. Noir et blanc. Drame 1h30 Réalisation et scénario...andré Versini Dialogues...René Fallet Musique...Jacques Istria, Paul Mauriat Production...Franco London Film, David Film Distribution...Consortium Pathé Interprétation...Charles Aznavour, Raymond Pellegrin,...Giovanna Ralli, Jean-Louis Trintignant Lieux de tournage...calcatoggio Paris Homme de théâtre, André Versini est venu à la réalisation en s inspiran très librement de la tragédie de Corneille, où l on voyait s opposer les Horace et les Curiace. Avec le prénom du héros, Horace, sous les traits de Charles Aznavour, la comparaison ne s arrête pas là : l homme ne pèse rien face à la raison de la famille corse. Le Paris du début des années 60, le piquant des dialogues de René Fallet, l anachronique règlement de comptes entre deux familles liées à des cercles de jeux et le suspense très théâtral sont servis par une magnifique image. Quelques vues de Calcatoggio et répliques en langue corse, une grand-tante authentique participent de ce thriller cornélien sur les pavés de Paris. Au terme d une traque nocturne, autour des Champs-Elysées et leurs insouciants badauds, harassante pour le spectateur, le petit matin blême se levant sur le duel quasi fratricide sur l esplanade du Trocadéro est une magistrale contribution du cinéma au théâtre. Le succès rencontré par ce film à l époque de sa sortie, sur l île comme au-delà, mérite de traverser encore quelques décennies. 23
L ÎLE D AMOUR 1943. Noir et blanc. Fiction dramatique 1h36 Réalisation...Maurice Cam Scénario... d après le roman de Saint Sorny, Bicchi Dialogues... Henri Jeanson (non crédité) Adaptation... Charles Exbrayat et Stéphane Pizzella Musique...partition symphonique de Henri Tomasi,...chansons de Roger Lucchesi et Louis Gasté,...Orchestre de Jo Bouilllon Production...Cyrnos Film / Hercule Mucchielli Interprétation...Tino Rossi, Josseline Gaël,...Edouard Delmont, Louvigny, Charpin, Lilia Vetti, Michel Vitold, Raphael Patorni Lieux de tournage...paris Nice Un promoteur immobilier et son architecte nourrissent le projet de transformer un village corse en station balnéaire, l indignation des habitants face à la spoliation de leur terre est véhémente, l escapade amoureuse entre Bicchi (Tino Rossi) et la nièce du promoteur (Josseline Gaël) se complique d une vendetta à l issue fatale. Délicieusement anachronique, ce film militant pour l environnement et contre la tyrannie du tourisme est piqueté de tous les clichés de l époque, le bandit d honneur, la pêche à la dynamite, l honneur bafoué de la femme, le légendaire farniente insulaire, le maquis impénétrable et même l ochju. «Peut-être le meilleur film de Tino Rossi» selon Jean Tulard, et pourtant on ne peut réduire L île d amour aux accords enjoués du «Joyeux Bandit» ou ceux, poignants, du lamentu : l écriture musicale spirituelle de Roger Lucchesi et le charme envoutant de Tino Rossi complètent à merveille l humour ravageur des dialogues de Jeanson (on lui doit déjà, à l époque, ceux d Hôtel du Nord), «je ne m emporte pas, je raisonne», dans ce pèle-mêle réjouissant. Irrésistible film d amour, cet amour que chante Bicchi à la blonde Xenia. Mais aussi pour cette Corse qui «n est pas à vendre à l encan», l amour tant du producteur, Hercule Mucchielli, que du réalisateur Maurice Cam(ugli) et bien sûr de Tino Rossi est éperdu, mais loin d être aveugle. Deux chansons en langue corse (non sous-titrée) nous font oublier que, occupation oblige, les extérieurs du film n ont pu être tournés dans l île, cette «terre où la passion berce les sentiments». 24
L ÎLE ENCHANTÉE 1926. Noir et blanc. Muet. Fiction dramatique 1h44 Réalisation et scénario...henry Roussel Images...Paul Portier, Maurice Velle Production...Lutèce Films Musique...film accompagné d une créatioen de Didier Benetti,...interprétée par l Orchestre Paris Classik...sous la direction de Bertrand Cervera Interprétation...Jacqueline Forzane, Gaston Jacquet,...Rolla Norman, Renée Héribel, Suzy Pierson Lieux de tournage...piana région d Evisa Ne serait-ce le format, muet, noir et blanc, avec ces dialogues qui s affichent en panneaux, cette Île enchantée est un film moderne. Tellement contemporain pour les thèmes qui y sont développés : l amour et la fidélité des Corses pour leur terre et leurs traditions, la défiance à l égard de l industrie (nous sommes en 1926, il s agit alors d industrie lourde, pour «libérer l homme en lui épargnant un dur labeur»), défiance nourrie par le cynisme et le mépris des bâtisseurs-destructeurs, «la tyrannie de l or», l ode poétique au paysage et à la nature, à sa lumière et à ses ombres, l exaltation des valeurs et de la noblesse des sentiments. Les conditions climatiques idéales de l automne 1926 en Corse, dans la région d Evisa et de Piana offrent à Henry Roussel le plateau rêvé pour un tournage qui s effectuera sans relâche et dans d excellentes conditions. Le savoir-faire des opérateurs, le sens artistique du réalisateur et le jeu des acteurs contribuent à une œuvre intacte. Henry Roussel nous livre tout aussi intensément la violence du progrès ou sa poésie, la force de la tradition, la souveraineté de la nature et l éther de l île, là est l enchantement de L Île enchantée. 25
L IMPETRATA 1990. Couleur. Fiction 11 min Langue corse non sous-titrée Réalisation et scénario...dominique Tiberi Son et mixage...antoine Bonfanti Interprétation...Jean-Baptiste Chiaroni,...Jo Fondacci, Danièle Maoudj Production...Stella Production et Sinemassoci,...soutien de l Assemblée de Corse Lieux de tournage...lentu Dans les années soixante-dix émerge un cinéma corse partie prenante d une culture vivante. Cette expression cinématographique de la société corse est le fruit de multiples productions, réalisations, en différents formats, distribuées par le biais de diverses associations de cinéma amateur au fil des mouvements culturels. Il faudra attendre 1981 pour voir cette créativité identitaire se structurer au sein de Sinemassoci. Dominique Tiberi, réalisatrice de L Impetrata en fut l une des éclaireuses. Sa filmographie, jusqu à aujourd hui, épouse les interrogations, les doutes et les espoirs de notre société. Cette courte fiction au rythme très théâtral, le temps d une journée, a les accents d une chronique du désespoir. Le héros a-t-il un autre choix, quand les portes se ferment autour de lui, que l horizon se rétrécit, que son libre arbitre est contesté par ceux «qui ont choisi»? LA LOI DU SURVIVANT 1967. Couleur. Film d aventures 1h40 Réalisation...José Giovanni Scénario et dialogues José Giovanni (d après son roman Les Aventuriers ) Images...Georges Barsky Ingénieur du son...antoine Bonfanti Montage...Anne-Marie Cottret Musique originale...françois de Roubaix Production...Vera Belmont Interprétation...Michel Constantin, Alexandra Stewart,...Jean Franval, Edwine Moatti,...Roger Blin, Albert Dagnan Lieux de tournage...ajaccio Corte Girolata Porto Du roman, Les Aventuriers écrit cinq années plus tôt, La Loi du survivant est l adaptation, par son auteur, la plus fidèle. Fidèle à la région, la Corse, où sont campées les aventures de Manu, devenu Stan, fidèle au personnage d Hélène, victime d une bande, fidèle au déroulement de l action littéraire. En confiant l amitié Manu-Rolland au scénario de Robert Enrico, José Giovanni a pu empreindre ce qui a été son premier film en tant que réalisateur d une gravité que les paysages de Corse subliment. Le tournage en automne, entre pluies et vent, migrant de village en village, de Porto à Girolata, comme ses héros traqués, est un souvenir fort dans l ouvrage de mémoires de José Giovanni. Pourtant, ce sera le seul et unique film que Giovanni tournera en Corse. La Loi du survivant augure d une création de plus de trente ans, celle d un auteur de série noire, de polar, peintre du milieu et des truands, où la Corse et les Corses sont en filigranes, et qui peu à peu distillera un regard perçant sur toute la société. 26
MAIS, TOI TU ES PIERRE! 1972. Couleur. Drame 1h20 Réalisation...Maurice Cloche Image...Daniel Banau,...Daniel Vogel assisté d Yves Agostini Musique...Guy Bonnet Production...Patricia films / Jean Claude Patrice Photographe de plateau...jean-louis Castelli Interprétation...Fred Ulysse Lieux de tournage...région du Valinco Célèbre auteur de Monsieur Vincent en 1947, qui lui valut un Oscar à Hollywood, réalisateur du paradoxalement scandaleux Domenica en 1951, Maurice Cloche cherche sa voie spirituelle en associant avec une ferveur enthousiaste le grand texte de la Bible, les décors bibliques de la Corse et le 7 ème Art. Aidé financièrement par son gendre, Emile Mocchi, inspiré par les belles images et l accueil chaleureux que lui offre la Corse, le réalisateur a tourné cette allégorie de l Evangile dans la région du Valinco. La précision documentaire des mises en scène de la vie quotidienne de ce début des années 1970, à la pêche, au village, à la vigne, la lumière des décors naturels et le phrasé dépouillé et théâtral des acteurs ne parviennent néanmoins pas à transmettre le souffle divin recherché par l auteur. Fred Ulysse, qui joue le rôle titre de Pierre, est originaire d Appriciani. MALAVIA 1986. Couleur. Fiction 33 min Langue corse sous titrée Réalisation et scénario...dominique Tiberi Ingénieur du son...antoine Bonfanti Production...Sinemassoci Interprétation...Catalina Albertini, Danielle Maoudj,...Anna Simonpoli, Toni Luciani Lieux de tournage...ventiseri Si Dominique Tiberi voit dans l activité cinématographique des années 70/80 «le besoin de réparer une culture en voie de disparition, vivante et pas seulement comme faisant partie du monde de l enfance», elle-même investit le genre en libératrice des drames intimes enfouis, avec l obsession de l entomologiste. Chaque plan de cette Malavia est fouillé, étiré jusqu à l extrême, comme pour mieux extirper toute la noirceur des personnages, également prisonniers de leur contexte et victimes d un destin implacable. La violence du propos n est tempérée d aucune concession, le romantisme n a pas sa place dans l œuvre intransigeante de Dominique Tiberi. 27
MANINA LA FILLE SANS VOILE 1952. Noir et blanc. Fiction d aventures 1h26 Réalisation...Willy Rozier Images...Michel Rocca, Charles Montel Production...Sport Films Chansons interprétées par...claude Robin, Irène Hilda et...maria Vincent Interprétation...Brigitte Bardot, Jean-François Calvé, Howard Vernon Lieux de tournage...bonifacio Lavezzi Un étudiant parisien, Gérard, apprend en cours que les fonds sous-marins des îles Lavezzi, un lieu où il avait passé des vacances et découvert une amphore, abriteraient une épave phénicienne et son trésor inestimable. Avec son associé Eric rencontré à Tanger, il revient à sa recherche. Sur Lavezzu, Manina, la fille du gardien de phare, a grandi Les ressorts du film d aventures, - une femme, une île, le trésor englouti, le découvreur naïf et le vil associé, l organisation de l équipée et ses épisodes burlesques - sembleraient banals, si Manina n était pas Brigitte Bardot et l île celle de Lavezzu, au large de Bonifacio. Le sportif Willy Rozier et l ingénieux opérateur Michel Rocca (voir Vestiges sous-marins) partagent une passion commune pour la nature, la mer et les voyages et pour le Bonifacien, les images sous-marines. Ils feront ensemble vingt et un films. Gambadant sur les blocs granitiques de Lavezzu, fendant l eau de plongeons impeccables, caressée par le soleil et le vent, l adolescente plastique de B.B. irradie l îlot désert, ses eaux claires et sa végétation rase, et les sépultures des marins de la Sémillante d une lumière onirique. Rêve d amour que les images sous-marines, véritablement documentaires, - les plongeurs sont suivis avec maestria par Rocca et sa caméra Cameflex montée par Rebikoff - prolongent en rêve de trésor dans le clair-obscur des dédales rocheux, refuges des mérous. Très «kitch», très «politiquement» incorrect pour l image de la femme Corse à l époque, Manina, fille sans voile est une friandise à déguster au premier degré, celui de la gourmandise. MON PÈRE 2001. Couleur. Fiction 1h50 Réalisation...José Giovanni Scénario et dialogues...josé Giovanni,...en collaboration avec Bertrand Tavernier...(d après le roman de José Giovanni,...Il avait dans le cœur des jardins introuvables) Musique originale...i Surghjenti Interprétation...Bruno Cremer, Vincent Lecoeur,...Rufus, François Perrot, Michèle Godet Lieux de tournage...paris C est avec ce dernier film de José Giovanni que s éclaire la personnalité de son auteur. Né en 1923 à Paris de parents corses, dont les fortunes et infortunes rythmeront son enfance, le jeune José s engage dans la guerre, la résistance dans le Mouvement Jeunesse et Montagne à Chamonix, et dans l action armée. Condamné à mort en 1948, gracié in extremis, il nourrira en prison une expression plurielle dont le Trou, un roman d évasion, sera le premier jalon. En 1956, il est libre. Les meilleurs réalisateurs puiseront dans ses romans. A l occasion de ces rencontres cinématographiques, José Giovanni plonge dans le 7 ème art avec un talent et un succès jamais démentis, sans jamais abandonner l écriture de ses débuts. La Corse et le Cinéma l ont lié indéfectiblement à Casa di Lume, la Cinémathèque itinérante le remet sur les routes de Corse, juste retour des choses. 28
NOUS DEUX 1992. Couleur. Fiction 1h30 Réalisation...Henri Graziani Scénario...Arlette Langman et Henri Graziani Images...Patrick Blossier Ingénieur du son...antoine Bonfanti Montage...Denise de Casabianca Musique...Michel Raffaelli Interprétation...Philippe Noiret, Monique Chaumette,...Serge Merlin, Guy Cimino, Patrick Fierry, Pierre Massimi Lieux de tournage...haute Corse : Pietracorbara Bastia «Nous Deux, c est mon père et ma mère, c est leur histoire d amour. J ai écrit Nous Deux il y a vingt-cinq ans.personne n en voulait.» confiait Henri Graziani en 1991, alors que la pellicule tournait. Le producteur, Claude Berri, avait donné l impulsion.pour cette fiction qui n en est pas une, le troisième personnage et non des moindres est la Corse, la Corse où rentrent Toussaint et Madeleine, à l heure de la retraite, la Corse qui n est naturellement pas celle de leurs souvenirs ou de leurs rêves, la Corse qui change, terre de vacances à la grande joie de Martin, leur fils.ce retour au pays décline les saisons, l été des éblouissements amoureux de la jeunesse sur les plages de l île, l hiver de la solitude au village, tissée des mille petits gestes de l amour et des échanges à demi mots, mais aussi l automne de la vie, infimes renoncements et nostalgie sans amertume. Vingt ans après Poil de Carotte, alors que leur amitié n a jamais failli, Henri Graziani se tourne vers Philippe Noiret et Monique Chaumette pour interpréter les deux passeurs de mémoire et d amour que sont Toussaint et Madeleine. L OCCUPANT 2008. Couleur. Fiction 14 min Réalisation et scénario...gabriel Le Bomin Production...Appia Productions et Tita Productions Interprétation...Sébastien Léonardi, Gio Iera,...Patrizia Poli, Kevin Lameta, Coco Orsoni Avec le soutien du Centre National du Cinéma, de la Collectivité Territoriale de Corse et de la Région P.A.C.A. Lieux de tournage...haute Corse Du jeune lycéen bastiais passionné de cinéma, passant par une école de cinéma italienne originale puis par l établissement cinématographique des armées, jusqu aux nombreuses distinctions qui ont salué ses long métrages (Les Fragments d Antonin et Insoupçonnable), l itinéraire de Gabriel le Bomin n a cessé de susciter l intérêt de la Cinémathèque Régionale. Corse 1942, le très jeune Pierre protège un déserteur italien, le ciment de leur amitié s élève bien au-dessus des bassesses de la guerre et de l occupation qui grondent autour d eux. Toute l adresse de l œuvre de Gabriel le Bomin se déploie à mettre en lumière les histoires individuelles dans les zones sombres de la grande Histoire. Quatorze minutes d émotion et de sensibilité. LE PUITS 2001. Guerre 20 min Réalisation et scénario...gabriel Le Bomin Image...Pierre Cottereau Interprétation...Pierre-Loup Rajot, Eric Bonnicato,...Richard Sammel, Jean-François Garreaud Lieux de tournage...haute Corse En 1916, sur le front de l Est, se rencontrent deux soldats. Autour du point d eau, le brancardier français et le soldat allemand, ignorant le fracas des obus, échangent l essentiel, leur humanité. Gabriel Le Bomin, au contact des images guerrières de l établissement cinématographique des armées, n a eu de cesse de chercher dans ses films l innocence de l homme. Le Puits, court-métrage remarqué, annonce avec brio le premier long-métrage de ce Bastiais, qui décrochera le César de la première œuvre, Les Fragments d Antonin. 29
LE RENOUVEAU AGRICOLE DE LA PLAINE ORIENTALE CORSE À L HEURE DE L EUROPE 1969. Couleur. Documentaire 38 min Réalisation et scénario...paul André Carlotti Commentaire...J.Viel (Somivac) Musique...Félix Quilici Production...SOMIVAC Lieux de tournage...plaine orientale Comme les films du Parc Régional (La Corse Sauvage), ce Renouveau agricole de la plaine orientale corse témoigne du rôle déterminant qu a joué le cinéma pour défendre des institutions régionales, en souligner la nécessité ou en expliquer l action. Il est à noter que dans les deux cas, ce sont des cinéastes amateurs totalement habités par leur sujet, qui est aussi leur profession, qui sont à l origine de ces films. Précieux documents aujourd hui. En 1957 est créée la Société pour la Mise en Valeur de la Corse, société d économie mixte agissant comme société d aménagement régional. Paul André Carlotti, chef de service, filme en amateur les grands chantiers de cette mise en valeur, et convainc l entreprise de réunir ces images sous la forme d un documentaire. Le creusement des barrages et des retenues d eau, l édification des digues et le percement des kilomètres de conduites d irrigation nous offrent aujourd hui des images d ingénierie remarquables. L organisation et la mise en œuvre de ces très grands chantiers sont relatées avec enthousiasme et sincérité. Monté à la maison sans matériel adéquat, sonorisé avec des amis, commenté simplement, Le Renouveau agricole de la plaine orientale corse à l heure de l Europe est un passionnant témoignage. LE RENOUVEAU AGRICOLE DE LA CORSE : CORSICA NOVA 1982. Couleur. Documentaire 43 min Réalisation...Jacques Hubinet Images...D après les repérages de Paul André Carlotti Commentaire...Jean Negroni Musique originale...jean Claude Aquaviva,...paghiella interprétée par A Manella Production...Les Films du Soleil (pour la SOMIVAC) Lieux de tournage...corse Destinée à être le levier de l agriculture et de l économie insulaire, la Somivac portera les espoirs de certains et le désespoir des autres, focalisant parfois une hostilité violente. Pour redresser son image et promouvoir ses réalisations, la société utilisera le film documentaire comme outil de propagande. Reprenant quelques vues du film de P.A. Carlotti (La plaine orientale corse à l heure de l Europe), tournant de nouvelles images pour décrire l évolution et valoriser l impact sur la vie agricole insulaire, Corsica Nova est doté d un commentaire plus élaboré, à visée nettement plus politique. Cette restitution, version 1982, d une page déterminante de l histoire de la Corse moderne, gagne à être programmée au regard du film précédent, réalisé en 1969. 30
RETOUR EN CORSE 1952. Noir et blanc. Documentaire 20 min Réalisation...Armand Chartier Production...Paul de Roubaix, Ministère de l Agriculture Musique...Daniel White, voix de Tony Rocca Lieux de tournage...ajaccio Aullène région de Sartène Retour en Corse adopte le point de vue d un homme de retour sur sa terre d origine posant le pied sur les quais d Ajaccio. On perçoit en même temps que lui, les odeurs, les sons, les souvenirs, l envahir au fil de ces retrouvailles. Un air de Tony Rocca l accompagne alors qu il déambule dans les rues ajacciennes : le marché, les jolies filles Puis on quitte avec lui la vie urbaine pour des paysages plus lointains, les montagnes de l Alta Rocca en compagnie des bergers, le bord de mer, etc. Pourtant, malgré la poésie des images et des propos du narrateur admirant chaque ruelle, contour et relief, constatant sans cesse que «rien n a changé», Retour en Corse se révèle beaucoup plus grave et profond que ce joyeux retour. Son discours est alors sans concessions et d une sévérité exemplaire, nous posant la question : «Pourquoi la Corse ne retient-elle pas ses enfants?». Les terres et les maisons abandonnées témoignent de l exil d une jeunesse prometteuse. Les images qui se succèdent alors donnent un éclairage historique aux diverses politiques entreprises depuis des années afin de trouver des solutions à cet état de fait. ROMANETTI, ou le Roi du maquis 1924. Muet. Noir et blanc teinté. Documentaire fiction 50 min Réalisation...Gennaro Dini Production...Films Gennaro Dini Musique...film accompagné d une création musicale de Caramusa Interprétation...Nina Orlove, Georges Gautier,René Poyen,...Fleur Deschamps et... Nonce Romanetti... Lieux de tournage...alata Ajaccio Calcatoggio golfe de Lava Lorsque Gennaro Dini, intrigué par le banditisme insulaire, entreprend en 1924, de porter à l écran la vie de Nonce Romanetti, le célèbre «Hors la Loi» tient le maquis depuis 1913. Le bandit est célèbre, héros auréolé d une légende qu il peaufine au gré de ses apparitions de grand seigneur du maquis, craint et admiré. Des personnages notoires se piquent de cette relation sulfureuse, ce dont Romanetti tire fierté. Aussi se prête il volontiers à la collaboration avec le réalisateur et son équipe. Au travers d anecdotes soigneusement sélectionnées, et à la tournure certainement suggérée par le héros lui-même, Gennaro Dini s attache à souligner, malgré la clandestinité, les qualités humaines et le savoir-vivre du personnage. Pour surprenante qu elle puisse paraître à l époque - filmer un bandit recherché dans son environnement -, cette opération de communication à la façon des années 20 n atteindra pas son terme : Romanetti fut abattu en 1926 et le film sortit discrètement la même année, dans un bruissement de polémiques. Si l intention documentariste de Gennaro Dini, destinée à rompre avec la caricature en vigueur, s est effacée au profit d un aspect romanesque, le film reste un témoignage sur la place du bandit d honneur tant dans l inconscient collectif insulaire que dans le regard du cinéma. La copie de Romanetti ou Le Roi du Maquis a été entièrement restaurée, offrant ainsi une qualité de projection quasiment identique à celle de la sortie du film. Selon le groupe musical Caramusa, ce film est une œuvre particulière, intéressante au niveau patrimonial comme philosophique car porteuse de symboliques qui nous interpellent encore dans la société insulaire d aujourd hui... Caramusa privilégie ici l instrumentarium ancien (cetera, pirula, pifana, cialamedda) afin de mieux retranscrire l ambiance agropastorale dans laquelle se déroule l action. Outre la création de quelques thèmes mélodiques traditionnels et originaux, c est surtout la réécriture harmonique du Lamentu di Romanetti qui permet alors de moduler, en déclinaisons instrumentales et chantées, les émotions propres aux divers personnages et à leur rôle. 31
SEMPRE VIVU 2007. Couleur. Fable. Corse, sous-titré 1h30 Réalisation...Robin Renucci Scénario...Robin Renucci et Jean-Bernard Pouy Image...Olivier Chambon Montage...Agnès Bruckert, Bénédicte Brunet Musique...Pierre Gambini, arrangements Bruno Coullais Production...Agora Films Interprétation...Angèle Massei, René Jauneau Lieux de tournage...giussani «Qui a dit que nous étions morts!?». En lançant ce projet unique, pour lequel chacun a posé sur le papier une bribe d histoire, nourrie ensuite par l atelier associatif et les échanges autour des Rencontres Théâtrales, Robin Renucci avait déjà la réponse : Sempre Vivu! La vitalité et la créativité, sont spontanément imbriquées dans cette truculente fable qui bouscule l image stéréotypée de la Corse. Loin de tout naturalisme, les clichés, - l étouffement, le carcan, la résignation, la Corse noire - sont démontés avec ce qu il faut d irrespect pour donner à voir une Corse colorée et vivace. Artistes et habitants jonglent avec les symboles, se racontent, se représentent, se réapproprient l acte collectif de création de cette aventure haute en couleurs. Un premier long métrage 100% corse pour l homme de théâtre qui a su démontrer avec brio la capacité commune de cette région de montagne à inventer le futur. Sempre Vivu, y compris pour le spectateur, reste une expérience singulière. LE SERMENT DE L ÉPÉE, ou La Vengeance des Frères Corses 1955. Noir et blanc. Film d aventures 1h20 Réalisation...Léo Fleider Scénario et adaptation...ariel Cortazzo...d après Les Frères Corses d Alexandre Dumas Production...Argentina Sono Film (Buenos Aires) Interprétation...Antonio Vilar, Tomas Blanco, Amalia Gade Une fois de plus, démonstration nous est faite que l œuvre d Alexandre Dumas et le cinéma déclenchent le même ressort, en deçà comme au delà de l Atlantique. La légende des Frères Corses, frères jumeaux prisonniers d une inexorable destinée, liée au serment d un père défunt, a séduit le réalisateur argentin. La vendetta qui oppose les Franchi et les Orlandi en ce début de XIX ème siècle inspire un film d aventures sur fond de paysage de pampas, où les chevauchées et les tourbillons de l intrigue tiennent du western. Le charme désuet de cette production qui ne sera adaptée en France qu en 1962 ne doit à la Corse que le souffle sulfureux de la vengeance et de la haine. Le roman, son dénouement, les multiples adaptations cinématographiques sont connues du public, et pourtant, le spectateur, une fois de plus, tremble pour les héros. Magie du cinéma, même de Série B. 32
LE SILENCE 2004. Couleur. Drame 1h40 Réalisation...Orso Miret Scénario...Orso Miret, Roger Bohbot, Agnès de Sacy Image...Olivier Chambon Montage...Agnès Bruckert, Bénédicte Brunet Musique...Reno Isaac Production...Sunday Morning Productions Interprétation...Mathieu Demy, Natacha Régnier,...Thierry de Peretti, Muriel Solvay, Angèle Massei Lieux de tournage...vallée d Asco Au cœur de la vallée d Asco, dont sa mère est originaire et dans lequel il a passé nombre de ses étés d enfance, Orso Miret impose Le Silence, son deuxième long métrage. Septembre est là, les vacances s achèvent, l équipe enchaine les battues, traquant le sanglier, la rivière est encore paisible et accueillante, la montagne est lumineuse. Pourtant cette atmosphère cristalline se trouble au fil des scènes, devient oppressante, le silence que chacun garde farouchement n est plus rompu que par l aboiement des chiens, le grondement de l eau et la brutalité de l averse de septembre. Orso Miret distille savamment l ambiguïté des personnages dans ce film inquiétant, qui nous renvoie à la violence ordinaire, paradoxalement aussi réprouvée qu entretenue et à notre impuissance tant individuelle que collective. La maestria de l image et l allure de la mise en scène offrent au spectateur une respiration libératrice. SOLEIL DE NOVEMBRE 1990. Couleur 13 min Réalisation et scénario...dominique Tiberi Images...Michel Tomasi, Jean Restom Nacer Musique...Antoine Bonfanti Mixage son...patrick Houdot Montage...Stella Productions et Sinemassoci Production...Patrick Houdot Interprétation...Saveria Ceccaldi, Ernest Centofanti,...Paul Orsoni, Danielle Maoudj Lieux de tournage...bastia Marseille D une rive à l autre, d une langue à l autre, la distance entre les êtres se creuse inexorablement dans ce court métrage très pudique de Dominique Tiberi. Lui est à Marseille, il fait carrière dans la banque, il parle français et renie la Corse, «je ne dis plus que je suis corse» Pourtant il l aime sa Corse à lui, elle, sa mère qui parle corse, qui retrouve les gestes vrais sur le bateau tandis que Marseille s éloigne. Un bras de mer les séparera, le quai du retour n est plus celui du départ, c est celui de la vie qui s éloigne. Par petites touches et au soleil de novembre. Prix du court métrage au 6 ème Festivale di U Filmu di e culture mediterranie de Bastia 1990 33
STONDE 1985. Couleur. Documentaire 45 min Réalisation...Noëlle Vincensini Son...Jacques Pibarot Montage...Andrée Davanture Lieux de tournage...lettu Maio Près de dix ans après Da fassi una spulendata et Da la piaghja a la muntagna, Noëlle Vincensini, termine une trilogie emblématique du riacquistu. Ces «Stonde» avec «ceux de Lettu Maio» égrènent les échos des fêtes d avant, quand elles duraient quatre jours, les mazurkas et les polkas qu on dansait à l aire à blé, l intimité avec la nature, avec la vie, avec la mort, tous ces instants où l on se raconte les instants d avant. «Un instant pour la vie, un instant pour la mort», chantonne la fillette en lançant son ballon sur le mur des souvenirs de cette petite communauté rurale, tandis que la veuve caresse le chevalet de la tombe de l époux. La Saint-Michel réunit le village et les yeux de chacun picotent devant les images palies d un temps enfui, images d instants. «La vie est cheval qui va» scandent les canzunetti. Comme dans ses deux précédents documentaires, Noëlle Vincensini avec Stonde saisit la vérité sans que la nostalgie ne trouble le propos. En mettant le point final à la peinture de la Corse qui lui est chère, la réalisatrice passe le témoin plutôt qu elle ne témoigne, avec respect et déférence pour tous ceux qu elle a porté à l écran. Un regard juste sur une perte d identité toujours aussi actuelle. LE TEMPS D APPRENDRE À VIVRE 1962. Noir et blanc. Fiction 15 min Réalisation et scénario...henri Graziani Images...André Villard Production...Fred Tavano et La Grande Ourse Interprétation...Roger Langman, Michèle Meritz et Claude Berri En deux films en tant que réalisateur, Henri Graziani, «a appris à filmer». Pour paraphraser le titre de cette courte fiction, formidable construction littéraire dans son écriture, scène théâtrale hérissée d arbres qui supportent les deux hommes et la femme. Trois comédiens, trois acteurs d une Histoire avec un grand H qui ne fait pas de cadeau : «- maintenant je saurais ; - maintenant c est trop tard». La présence d un jeune Claude Berri en ouvrier tourneur résistant place ce film dans une époque précise, mais les ravages de la peur et de la lâcheté se conjuguent à tous les temps. 34
LA VÉRITE SUR LA CORSE : SPADA 1931. Noir et blanc. Court métrage d actualité 18 min Réalisation...Harry Grey et Christiane Hubert Production et distribution...pathé Lieux de tournage...région d Ajaccio : Calcatoggio Dix ans après la fiction documentaire de Gennaro Dini à propos du bandit Romanetti, une équipe de la maison Pathé, et son camion sonore, se lance sur les traces de Spada. La curiosité et l engouement pour les hors-la-loi, hôtes du maquis, n ont pas fléchi dans l imaginaire du public. Condamné à mort par contumace en 1925, ponctuant son errance de crimes, le bandit Spada aspire à une forme de vérité historique sur mesure : ses joutes avec un ancien complice dans la presse insulaire et ce reportage cinématographique de Pathé-Journal en témoignent. Le «sensationnel» du reportage de Pathé tient dans les confidences de cet homme, enfin déniché, qu il ponctue d un «tout simplement» évocateur. Les paysages et les vues des villages ou d Ajaccio ajoutent à l intérêt documentaire. VESTIGES SOUS-MARINS 1953. Noir et blanc. Documentaire 26 min Réalisation...Willy Rozier Image...Michel Rocca Production...Sports Films Lieux de tournage...bastia Bonifacio Lavezzi Scandola Opérateur, réalisateur et producteur, Michel Rocca était né en 1911 à Bonifacio. Une semblable passion pour la nature de son île natale et pour le cinéma a entraîné ce grand professionnel de l image, inventeur et ingénieux, sollicité par Hollywood, vers les fonds marins. Un champion olympique de natation et cinéaste de renom, Willy Rozier, répond à l invite. Vestiges sous-marins ouvre la mer et sestrésors au public. L adaptation ingénieuse d une caméra, l Aquaflex permet la performance ; de nombreux documentaristes, dont Cousteau, s inscriront dans le sillage. Outre les tombants de Scandola et le dédale de blocs de Lavezzi, foisonnant de poissons, outre le témoignage sur les derniers pieds lourds et les premiers coups de palme d une activité devenue très technologique, Vestiges sous-marins nous donne à voir un littoral corse vivant avec la mer. A l orée de vignes et de terres cultivées, villes et villages enserrent leur port où pêche à la langouste et navigation de commerce se côtoient. Cette vision des sites littoraux majeurs de l île, voici un demi siècle, mérite toute notre attention. 35
LE VIEIL HOMME ET L ENFANT 1967. Noir et blanc. Fiction historique 1h23 Réalisation et scénario...claude Berri Adaptation et dialogues...claude Berri,...Gérard Brach Musique...Georges Delerue Image...Jean Penzer Production...Renn Productions,...Valoria Films Distribution...Valoria Films Interprétation...Michel Simon, Alain Cohen,...Luce Fabiole, Charles Denner Après un court métrage couronné d un Oscar (Le Poulet), Claude Berri confie à la sensibilité de la pellicule, pour son premier long métrage, un épisode de son enfance et la gratitude qu il conserve à ceux qui l ont, alors, aidé. Une peinture nostalgique et reconnaissante, sans pour autant se réconcilier avec l Histoire. Les parents, juifs, du très jeune Claude Langmann, placent le garçonnet à la campagne chez Pépé et Mémé, un couple débonnaire. Entre le vieil homme, Pépé, bouleversant Michel Simon, fort en gueule, pétainiste et antisémite, ancien de Verdun et l enfant, malicieux, se tissent une joyeuse connivence et une véritable affection. En s enthousiasmant pour ce scénario, difficile pour l époque et systématiquement refusé, endossant production et distribution, Hercule Mucchielli démontre encore la finesse de son flair légendaire, son goût pour la qualité. Claude Berri n a jamais oublié, en devenant l un des producteurs et réalisateurs majeurs du cinéma contemporain, cette amitié corse. LA VOIE ROYALE 1992. Couleur. Fiction 13 min Réalisation...Dumè Maestrati Image...Dumè Gambini Musique...Caramusa Production...Assemblée de Corse. RN 7 Prod,...Sinemassoci et DRAC Corse Dans cette brève chronique de la violence ordinaire, Dumè Maestrati nous heurte aux démons du racisme et de la xénophobie. La mixité s imposera au personnage central dans un rêve, «es-tu plus Corse que moi peut-être?», la rédemption et la renaissance auront le sourire solaire de Patrizia Poli. Echappe t-on à ses démons? Cette interrogation persiste en filigrane dans nombre des réalisations de cet auteur : ce besoin profond de comprendre, et non une coquetterie militante, sous-tendra les créations du riacquistu. Les années n ont pas encore apporté la réponse. 36
Remerciements Nous tenons à remercier les personnes, les communes, les institutions et les associations qui nous ont accueillis, ainsi que : La Collectivité Territoriale de Corse (CTC) Le Centre National du Cinéma et de l image animée (CNC) Les Archives Françaises du Film (CNC / AFF) Le Parc Régional de la Corse Le CCAS de Corse René Chateau et les films de La mémoire du cinéma français ; Jacques Hubinet et Les films du Soleil ; Costa Gavras (KG productions) ; Zazie Giovanni et ses enfants ; Alain Sarde ; La Société Nouvelle de Cinématographie (SNC) ; Stephan Films et Studio Canal ; Gérard Puyôou et Guilor productions ; Renn Productions / Pathé ; Cathy Rozier et Sports Films ; Les Editions Montparnasse ; Dominique Maestrati, Dominique Tiberi, Marie-Jeanne Tomasi et Sinemassoci ; Henri Graziani ; Fred Tavano ; Didier Benetti et Bertrand Cervera ; Le groupe Caramusa ; A Cumpagnia ; Philippe Carrese et Thierry Afflalou ; Pierre Duculot : Perspective films et Need productions ; les ayants-droit de Maurice Cloche ; Jean-Claude Patrice ; Orso Miret et Les films du losange ; Gerard Leca ; Ange Casta ; Marc Sandberg ; Robin Renucci et Agora films ; Gabriel Le Bomin ; Pierre Leccia et Serge Zeitoun ; Michel Landi.... et tous ceux qui nous ont apporté leur soutien dans cette entreprise. La Cinémathèque de Corse 37
LIEUX DE TOURNAGE DES FILMS DU CATALOGUE Ajaccio 1 L Âme de la Corse Le Bandit d honneur Casabianca La Corse et ses paysages De l autre côté du miroir Domenica L Enfant et le lamantin La Loi du survivant Le Merveilleux voyage Retour en Corse Romanetti La Vérité sur la Corse : Spada Alata 28 Romanetti Aleria 11 Le Renouveau agricole de la plaine orientale corse à l heure de l Europe Asco 30 Le Silence Aullène 27 Retour en Corse Bastia 2 Bonifacio 5 Jusqu au bout du monde L Âme de la Corse Le Merveilleux voyage L Enfant et le lamantin Forza Bastia 78 Le Merveilleux voyage Nous deux Soleil de novembre Vestiges sous-marins Jusqu au bout du monde L Âme de la Corse Ava Basta En passant par la Corse Dolce vendetta Manina, la fille sans voile Le Merveilleux voyage Vestiges sous-marins Calcatoggio 20 Casabianca Horace 62 Romanetti La Vérité sur la Corse : Spada Calenzana 39 Liberata Calvi 6 L Âme de la Corse Le Fils Le Merveilleux voyage Cargese 9 L Enfant et le lamantin 38
Castagniccia 35 Jusqu au bout du monde Corte 3 L Âme de la Corse La Corse et ses paysages En passant par la Corse La Loi du survivant Cuttoli 16 Da fassi una spulendata Evisa 21 L Âme de la Corse L Île enchantée Figari 17 Dolce vendetta Folelli 33 Thunderbolt Fozzano 42 Colomba (Emile Couzinet) Furiani 19 Forza Bastia 78 Ghisonaccia 10 Da la piaghja a la muntagna Girolata 23 La Loi du survivant Giussani 40 Au cul du loup Sempre vivu Golfe de Lava 29 Romanetti Ile Rousse 12 Le Merveilleux voyage Lavezzi 25 Manina, la fille sans voile Vestiges sous-marins Lento 44 L Impetrata Lettu Maio 31 Stonde Montemaggiore 18 Le Fils Nonza 14 Colomba (Couzinet) Patrimonio 36 Jusqu au bout du monde Le Merveilleux voyage Piana 8 Casabianca Chemins de traverse Colomba (Couzinet) L Enfant et le lamantin L Île enchantée Le Merveilleux voyage Pietracorbara 26 Bona Sera Nous deux Porto 22 Chemins de traverse La Loi du survivant Le Merveilleux voyage Porto-Vecchio 4 Jusqu au bout du monde Le Merveilleux voyage Propriano 13 Domenica Chemins de traverse Colomba (Couzinet) Sartène 7 Jusqu au bout du monde Amour et vendetta Ava basta Colomba (Couzinet) Retour en Corse Scandola 32 Vestiges sous-marins Sotta 38 Santa Speloncato 43 Colomba (Casta) Saint Florent 45 Le Merveilleux voyage Ste Lucie de Tallano 34 Domenica Ventiseri 24 Malavia Vergio 15 Colomba (Couzinet) Vico 37 La Lézarde Zicavo 47 Chemins de traverse Zonza / Bavella 46 Le Merveilleux voyage 39
LISTE DES FILMS (en rouge : les nouveaux films de la sélection 2013) Courts métrages A CACCIA. Edouard Luntz. 17 min...11 ÂME DE LA CORSE (L ). Henri Caurier. 17 min...11 ANATOLE. Henri Graziani. 15 min...12 AVA BASTA! Marie-Jeanne Tomasi. 21 min...13 BANDIT D HONNEUR (LE). V. Penkovsky. 27 min...14 BONA SERA. Henri Graziani. 22 min...14 CHEZ NOUS EN FRANCE : LA CORSE. Jean-Claude Bernard. 26 min...16 CORSE ET SES PAYSAGES (LA). Actualités Eclair. 4 min...18 CORSE SAUVAGE, une Corse inconnue. Olivier Lebrun et les frères Terrasse. 43 min...18 DA FASSI UNA SPULENDATA. Noëlle Vincensini, Jean-François Bertrand. 40 min...18 DE L AUTRE CÔTÉ DU MIROIR. Dominique Maestrati. 5 min...19 DOLCE VENDETTA. Marie-Jeanne Tomasi. 26 min...20 ENFANT ET LE LAMANTIN (L ). Lucile Costa. 20 min...20 EN PASSANT PAR LA CORSE. Henri Antoine, Francette Marquis, Arthur Raimondo. 8 min...21 FILLE DU CORSE (LA). Production Pathé Frères. 6 min...22 FORZA BASTIA 78 ou l Île en fête. Jacques Tati, Sophie Tatischeff. 26 min...23 IMPETRATA (L ). Dominique Tiberi. 11 min...26 MALAVIA. Dominique Tiberi. 33 min...27 MERVEILLEUX VOYAGE (LE). Claudine Lenoir. 20 min...5 OCCUPANT (L ). Gabriel Le Bomin. 14 min...29 PUITS (LE). Gabriel Le Bomin. 20 min...29 RENOUVEAU AGRICOLE DE LA PLAINE ORIENTALE CORSE À L HEURE DE L EUROPE (LE). Paul-André Carlotti. 38 min...30 RENOUVEAU AGRICOLE DE LA CORSE : CORSICA NOVA (LE). Jacques Hubinet. 43 min...30 RETOUR EN CORSE. Armand Chartier. 20 min...31 SANTA. Pierre Leccia. 30 min...8 SOLEIL DE NOVEMBRE. Dominique Tiberi. 13 min...33 STONDE. Noëlle Vincensini. 45 min...34 TEMPS D APPRENDRE À VIVRE (LE). Henri Graziani. 15 min...34 THUNDERBOLT. William Wyler et John Sturges. 40 min...5 VÉRITÉ SUR LA CORSE : SPADA (LA). Harry Grey et Christiane Hubert. 18 min...35 VESTIGES SOUS-MARINS. Willy Rozier. 26 min...35 VOIE ROYALE (LA). Dumè Maestrati. 13 min...36 40
Longs métrages AMOUR ET VENDETTA. René Norbert (Raoul Ottavi). 55 min...12 AU CUL DU LOUP. Pierre Duculot. 1h22...9 AVENTURIERS (LES). Robert Enrico. 1h47...13 BOUT DE LA ROUTE (LE). Emile Couzinet. 1h25...15 CASABIANCA. Georges Péclet. 1h24...15 CHEMIN DE TRAVERSES. André Pirié. 53 min...16 COLOMBA. Emile Couzinet. 1h34...17 COLOMBA. Ange Casta. 1h23...17 DA LA PIAGHJA A LA MUNTAGNA. Noëlle Vincensini. 1h...19 DOMENICA. Maurice Cloche. 1h37...6 FIÈVRES. Jean Delannoy. 1h36...21 FILS (LE). Pierre Granier Deferre. 1h45...22 HORACE 62. André Versini. 1h30...23 ÎLE D AMOUR (L ). Maurice Cam. 1h36...24 ÎLE ENCHANTÉE (L ). Henry Roussel. 1h44...25 JUSQU AU BOUT DU MONDE. François Villiers. 1h27...6 LÉZARDE (LA). Gérard Leca. 1h30...7 LIBERATA. Philippe Carrese. 1h36...8 LOI DU SURVIVANT (LA). José Giovanni. 1h40...26 MAIS, TOI TU ES PIERRE! Maurice Cloche. 1h20...27 MANINA LA FILLE SANS VOILE. Willy Rozier. 1h26...28 MON PÈRE. José Giovanni. 2001. 1h50...28 NOUS DEUX. Henri Graziani. 1h30...29 ROMANETTI ou le Roi du Maquis. Gennaro Dini. 50 min...31 SEMPRE VIVU. Robin Renucci. 1h30...32 SERMENT DE L ÉPÉE (LE). Léo Fleider. 1h45...32 SILENCE (LE). Orso Miret. 1h40...33 VIEIL HOMME ET L ENFANT (LE). Claude Berri. 1h26...36 41
LA BOUTIQUE DE LA CINÉMATHÈQUE Pour mieux connaître les liens qui unissent la Corse et le Cinéma, nous vous proposons : des Catalogues LE CINÉMA D HERCULE MUCCHIELLI Editions Alain Piazzola Juillet 2007 Cinémathèque de Corse LES 3 MASQUES THÉÂTRE MUSIQUE CINÉMA Editions Alain Piazzola Juillet 2010 Cinémathèque de Corse CORSE, TERRE D IMAGES PHOTOGRAPHIES DE CINÉMA, JEAN-LOUIS CASTELLI, 1956-1971 Editions Alain Piazzola Juillet 2005 Cinémathèque de Corse des Dvd PORTO-VECCHIO EN VRAC Chroniques du cinéma en région André Biancarelli 1h23 / Couleurs Accompagné à la guitare par Noël Valli et Michel Maestrati Juillet 2008 Cinémathèque de Corse CASABIANCA Georges Peclet 1h24 / Noir et blanc Janvier 2010 Cinémathèque de Corse 42
des Ouvrages LA CORSE ET LE CINÉMA : LE MUET première époque : 1897 / 1929 Jean-Pierre Mattei Editions Alain Piazzola / Cinémathèque de Corse 1996 LA CORSE, LES CORSES ET LE CINÉMA 50 ans de cinéma parlant 1929 / 1980 Jean-Pierre Mattei Editions Alain Piazzola / Cinémathèque de Corse 2008 NAPOLÉON ET LE CINÉMA Un siècle d images ouvrage collectif Editions Alain Piazzola / Cinémathèque de Corse 1998 LA CORSE AU REGARD DU FILM AMATEUR Porto-Vecchio et sa région Pascal Génot Editions Alain Piazzola / Cinémathèque de Corse 2003 LANDI, AFFICHES Cinéma, théâtre, festivals Jean-Claude Bey Editions d Assalit / Cinémathèque de Corse 1999 43
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