QUALITÉ DE L EAU DE LABORATOIRE



Documents pareils
Matériel de laboratoire

Une production économique! Echangeur d ions TKA

Registre des dossiers et des mesures correctives du programme LCQ

Acides et bases. Acides et bases Page 1 sur 6

Bonnes Pratiques de Fabrication des médicaments à usage humain et vétérinaire

4. Conditionnement et conservation de l échantillon

5. Matériaux en contact avec l eau

arium advance EDI Désionisation électrochimique parfaitement fiable Avantages Description Applications ijust

SECTION II RELATIVE AU PRÉLEVEUR

Test d immunofluorescence (IF)

Isolement automatisé d ADN génomique à partir de culots de cellules sanguines à l aide de l appareil Tecan Freedom EVO -HSM Workstation

Construire un plan de nettoyage et de désinfection

Méthodes de laboratoire Évaluation de structures mycologiques par examen microscopique

Est-elle bonne à boire?

POLITIQUE ADMINISTRATIVE ET PROCÉDURE GESTION DES MATIÈRES DANGEREUSES

C. Magdo, Altis Semiconductor (Corbeil-Essonne) > NOTE D APPLICATION N 2

Pour améliorer la qualité Objectif esthétique pour l eau potable 1 mg/l

Registres de fermentation lente. Critères d inspection

Les Bonnes Pratiques Hygiéniques dans l Industrie Alimentaire

Liste de contrôle d auto-évaluation pour le niveau de confinement 1 pour les phytoravageurs

33-Dosage des composés phénoliques

Solutions pour le calibrage et l entretien Gamme complète d accessoires indispensables

SVE 222 & PCL-442. Fascicule de Travaux Pratiques

évaluation des risques professionnels

Demande chimique en oxygène

SERVICES DE SEQUENÇAGE

Calcaire ou eau agressive en AEP : comment y remédier?

Dénomination de l installation : Adresse du système de refroidissement :

AGRÉGATION DE SCIENCES DE LA VIE - SCIENCES DE LA TERRE ET DE L UNIVERS

Guide de rédaction d un protocole de recherche clinique à. l intention des chercheurs évoluant en recherche fondamentale

Rapport annuel de monitoring automatisé de la qualité de l eau

10. Instruments optiques et Microscopes Photomètre/Cuve

Dakar, Sénégal 5-9 Mars Dr Joël Keravec MSH/RPM Plus - Brésil et représentant le Globa

Documentation du système de management de la qualité

Périodiquement, nettoyer les surfaces de l unité pour les maintenir dans une condition sanitaire et ce, aussi souvent que nécessaire.

259 VOLUMETRIE ET TITRATION DOSAGE DU NaOH DANS LE DESTOP

SERIE OCDE LES PRINCIPES DE BONNES PRATIQUES DE LABORATOIRE ET LA VERIFICATION DU RESPECT DE CES PRINCIPES NUMÉRO 3 (RÉVISÉ)

Contact cutané. Contact avec les yeux. Inhalation. Ingestion.

La séparation membranaire : comment maintenir la performance des membranes?

Direction des risques biologiques, environnementaux et occupationnels Institut national de santé publique du Québec

Choisir et utiliser un détecteur de gaz pour le travail en espace clos.

PREPARATION (NETTOYAGE, DESINFECTION ET STERILISATION) D AIGUILLES MEDICALES, DE RACCORDS, DE ROBINETS ET D AIGUILLES CHIRURGICALES A SUTURE UNIMED

Critères pour les méthodes de quantification des résidus potentiellement allergéniques de protéines de collage dans le vin (OIV-Oeno )

PH Moins 1. IDENTIFICATION DE LA SUBSTANCE/DU MÉLANGE ET DE LA SOCIÉTÉ/ENTREPRISE. Postbus ZG Herpen Pays-Bas +31 (0)

Problèmes de qualité du lait? Causes possibles et mesures à prendre

Traitement de l eau par flux dynamique

LES DOUCHES ET LES BASSINS OCULAIRES D URGENCE

Laboratoire Eau de Paris. Analyses et Recherche

LD-P PRINCIPE ECHANTILLON. Coffret référence REVISION ANNUELLE Date. Date APPLICATION

TEST ELISA (ENZYME-LINKED IMMUNOSORBENT ASSEY)

Afssa Saisine n 2007-SA-0028

Décrets, arrêtés, circulaires

DÉTERMINATION DU POURCENTAGE EN ACIDE D UN VINAIGRE. Sommaire

Sommaire des documents de la base documentaire v /11/2013

RAPPORT D'ENQUÊTE SPÉCIALE DU PROTECTEUR DU CITOYEN: Gestion de la crise de listériose associée aux fromages québécois SOMMAIRE

Sensibilisation des opérateurs à l hygiène des aliments

1.2.1 Enlever et disposer, en tant que déchets de fientes de pigeon, tous les matériaux et les débris des surfaces situées dans la zone des travaux.

LABORATOIRES DE CHIMIE Techniques de dosage

NORME CODEX POUR LES SUCRES 1 CODEX STAN

I. Définitions et exigences

Indicateur d'unité Voyant Marche/Arrêt

Precor MD EC. CONCENTRÉ ÉMULSIFIABLE Empêche l'émergence des puces adultes à l intérieur des bâtiments

CODEX ŒNOLOGIQUE INTERNATIONAL. SUCRE DE RAISIN (MOUTS DE RAISIN CONCENTRES RECTIFIES) (Oeno 47/2000, Oeno 419A-2011, Oeno 419B-2012)

DIAPOSITIVE 1 Cette présentation a trait à la réglementation sur les thérapies cellulaires.

Réception du tissus documentation examens sérologiques inspection préparation façonnage

pour la détermination du COT dans l eau ultra pure être légèrement oxydées, certaines plus que d autres, les pharmacopées prescrivent

FEUILLET TECHNIQUE. Réactif VITROS Chemistry Products IgA

Lignes directrices pour l application d un système de management de la qualité dans les laboratoires d analyse des drogues

SECURITE SANITAIRE DES ALIMENTS

GUIDE DE LAVAGE, DÉSINFECTION ET SÉCHAGE DES PORCHERIES

β-galactosidase A.2.1) à 37 C, en tampon phosphate de sodium 0,1 mol/l ph 7 plus 2-mercaptoéthanol 1 mmol/l et MgCl 2 1 mmol/l (tampon P)

GUIDE D ENTRETIEN DE VOTRE SPA A L OXYGENE ACTIF

inspection, nettoyage et désinfection

Peroxyacide pour l'hygiène dans les industries agroalimentaires

ANNEXES AU REGLEMENT N 06/2010/CM/UEMOA

Mesure de conductivité on-line. Mesurer Surveiller Régler. Mesure de conductivité on-line. Eaux d égout communales et eaux usées industrielles

Décrire l'ensemble des mesures de maîtrise et des mesures de surveillance dans des procédures ou modes opératoires portés à la connaissance de tous.

L eau à l intérieur des bâtiments: aspects règlementaires

ANTICORPS POLYCLONAUX ANTI IMMUNOGLOBULINES

CATALOGUE DE PRESTATIONS FORMATION ET CONSEILS

Eau chaude sanitaire FICHE TECHNIQUE

Système d autorisation de mise en circulation de lots du CBER : vue d ensemble du processus actuel

SALLE DE BAIN, DOUCHE, PLAN DE TRAVAIL CUISINE, PISCINE... Collage et jointoiement. L Epoxy facile

Les piscines à usage collectif Règles sanitaires. à usage collectif

DÉCLARATIONS DU VENDEUR SUR L IMMEUBLE 1 INFORMATIONS GÉNÉRALES VENDEUR 2 / PAR VENDEUR 1 / PAR

pka D UN INDICATEUR COLORE

PORTAIL ICI ON RECYCLE! GUIDE DE L UTILISATEUR

Chapitre 7 Les solutions colorées

GESTION DE STOCK. July Hilde De Boeck

TECHNIQUES: Principes de la chromatographie

Annexe 4 Bonnes pratiques de fabrication des produits pharmaceutiques : Principes généraux 1

Les méthodes alternatives de surveillance de la qualité des eaux. Présentation du projet SWIFT-WFD

Classification des pièces. Toutes. Supérieur et de confinement. Intermédiaire, supérieur et de confinement.

Service de Biothérapies

TP n 1: Initiation au laboratoire

!"#$%&#'()&*+",#%)-"#.),%)/&*01%')2%1'&0.%3)

RAPID Salmonella/Gélose

A B C Eau Eau savonneuse Eau + détergent

SECTION 1- Identification de la substance/du mélange et de la société / entreprise

Fiable, sûr et économique Mesure de niveau par pression différentielle électronique avec cellules métalliques ou céramiques

Transcription:

QUALITÉ DE L EAU DE LABORATOIRE LABORATOIRE DE SANTÉ PUBLIQUE DU QUÉBEC COMITÉ D ASSURANCE QUALITÉ EN MICROBIOLOGIE OCTOBRE 2002

AUTEURS Stephen Lapierre, chimiste, RM (CCM) Laboratoire de santé publique du Québec de l Institut national de santé publique du Québec Luc Massicotte, microbiologiste, M.Sc. Laboratoire de santé publique du Québec de l Institut national de santé publique du Québec RÉVISEUR France Corbeil, chimiste, B.Sc. Laboratoire de santé publique du Québec de l Institut national de santé publique du Québec Pour plus de renseignements concernant le sujet de la présente publication, contacter le responsable du secteur de la Physico-chimie au Laboratoire de santé publique du Québec au (514) 457-2070. Ce document est disponible en version intégrale sur le site Web de l INSPQ : http://www.inspq.qc.ca Reproduction autorisée à des fins non commerciales à la condition d en mentionner la source. CONCEPTION GRAPHIQUE : MARIE PIER ROY DOCUMENT DÉPOSÉ À SANTÉCOM (HTTP://WWW.SANTECOM.QC.CA) COTE : INSPQ-2003-001 DÉPÔT LÉGAL 1 er TRIMESTRE 2003 BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU CANADA ISBN 2-550-40537-4 Institut national de santé publique du Québec(2002)

AVANT-PROPOS Dans le cadre d un programme de contrôle interne de la qualité en microbiologie, le responsable doit s assurer que l eau de laboratoire utilisée pour les diverses activités rencontrent les spécifications attendues. Le Comité d assurance qualité en microbiologie a jugé pertinent de fournir un document d information sur la qualité de l eau décrivant les lignes directrices à respecter concernant la norme la plus populaire en milieu hospitalier. Institut national de santé publique du Québec I

TABLE DES MATIÈRES LISTE DES TABLEAUX...II 1. INTRODUCTION...1 2. SPÉCIFICATIONS DES DIFFÉRENTS TYPES D EAU PURIFIÉE - NCCLS...2 2.1. Eau de type I NCCLS...2 2.2. Eau de type II NCCLS...3 2.3. Eau de type III NCCLS...3 3. ENTREPOSAGE DE L EAU PURIFIÉE...4 3.1. Eau de type I...4 3.2. Eau de type II et III...4 4. TYPE D EAU UTILISÉE SELON L APPLICATION...5 5. EAU DE LABORATOIRE COMMERCIALE...6 6. CONTRÔLE DE LA QUALITÉ...7 7. PRÉCAUTIONS ET POINTS IMPORTANTS À RESPECTER...8 8. RÉFÉRENCES...10 ANNEXE 1 CONDITIONS POUR L ANALYSE DES ÉCHANTILLONS D EAU AU LSPQ...11 ANNEXE 2 MODE D UTILISATION DU FORMULAIRE LSPQ-222...13 ANNEXE 3 EXEMPLE DE RAPPORT D ANALYSE...15 LISTE DES TABLEAUX TABLEAU 1 - Spécifications des différents types d eau purifiée - NCCLS...2 TABLEAU 2 - Type d eau utilisée selon l application...5 Institut national de santé publique du Québec II

1. INTRODUCTION L eau est le réactif le plus utilisé dans les laboratoires cliniques. Elle sert à tous les niveaux d analyses chimiques, biologiques et physiques. Il est important de connaître le type d eau utilisée car plusieurs analyses peuvent être affectées par sa qualité. Plusieurs agences ont établi des critères de préparation et de pureté pour l eau. La plus populaire est celle de l American Chemical Society (ACS), puisque le grade ACS sert encore aujourd hui de garantie de bonne qualité de réactif. Les autres normes utilisées sont celles de l United States Pharmacopeia (USP), du College of American Pathologists (CAP), de l American Society of Testing and Materials (ASTM) et du National Committee for Clinical Laboratory Standards (NCCLS). Ces diverses agences subdivisent habituellement leur qualité d eau purifiée en différents types d eau numérotés de I à III (IV pour l ASTM). Ce document d information sur la qualité de l eau en laboratoire est basé principalement sur la norme NCCLS puisqu elle est la plus répandue dans le domaine hospitalier. Cependant, vous pouvez consulter le «Guide de traitement de l eau en milieu hospitalier» (référence n 1) pour des renseignements supplémentaires concernant les autres normes (ex. ASTM). La classification de l eau repose principalement sur le choix des paramètres à respecter. Selon le NCCLS, les paramètres minimums à contrôler pour définir la qualité d eau acceptable pour un laboratoire clinique sont la résistivité, le ph, la concentration en silicate, le contenu microbien, les particules et les contaminants organiques. Les méthodes utilisées couramment pour obtenir la qualité d eau recherchée à partir de l eau potable sont les procédés de distillation, d osmose inverse et de désionisation. Institut national de santé publique du Québec 1

2. SPÉCIFICATIONS DES DIFFÉRENTS TYPES D EAU PURIFIÉE - NCCLS L organisme NCCLS catégorise l eau utilisée dans les procédures de laboratoire en trois classes. Cependant, pour des besoins spécifiques, il peut être nécessaire d ajouter aux paramètres standard du NCCLS d autres critères tels les pyrogènes (LAL), etc. Toutes ces classes sont détaillées dans le tableau 1. TABLEAU 1 - Spécifications des différents types d eau purifiée - NCCLS DESCRIPTION Conductivité à 25 C 1 (micromhos/cm, max.) Résistivité électrique à 25 C (mégohm.cm, min.) NCCLS I II III 0,1 1,0 10,0 10,0 1,0 0,1 Matières en suspension 2 Filtre 0,2 (µm) N/A 3 N/A 3 Silicate (mg/l) 0,05 0,1 1,0 Dénombrement de bactéries hétérotrophes (UFC/mL, max.) 10 1000 N/A 3 ph à 25 C N/A 3 N/A 3 5,0 8,0 Contaminants organiques 2 Source : Référence n 2 Charbon activé ou alambic ou osmose inverse 1 : La conductivité est l inverse de la résistivité électrique 2 : C est un procédé de purification non évalué par l utilisateur 3 : N/A = non applicable N/A 3 N/A 3 2.1. Eau de type I NCCLS En plus des procédés de purification de l eau mentionnés dans la section 1, l eau purifiée de type I doit être traitée au charbon actif et filtrée à l aide d un filtre de 0,2 µm dans le but d enlever les matières organiques dissoutes et les particules (bactéries et autres) de taille supérieure à 0,2 µm. Cette eau n est pas stérile et doit être utilisée immédiatement après sa production (i.e. prélever du système de production). Elle est utilisée pour effectuer des analyses hautement sensibles nécessitant un minimum d interférence (ex. cultures cellulaires, préparation d étalons, etc.). Institut national de santé publique du Québec 2

2.2. Eau de type II NCCLS Cette eau est de qualité inférieure à la précédente, préparée par des procédés similaires à ceux mentionnés dans la section 1. Cette eau peut servir aux analyses de routine ne nécessitant pas une eau de type I ou une eau ultra-pure. 2.3. Eau de type III NCCLS Ce type d eau peut être rencontré dans des centres hospitaliers ayant des réservoirs d eau purifiée alimentés par un alambic ou d autres systèmes (ex. résine, osmose inverse). Cette eau peut servir à alimenter des unités de purification d eau aux points d usage pour obtenir une qualité d eau purifiée supérieure. Elle peut aussi servir au rinçage et au lavage de la verrerie de laboratoire. Cependant, le dernier rinçage devrait être fait préférablement avec une eau de la même qualité que celle utilisée pour faire l analyse. Institut national de santé publique du Québec 3

3. 3.1. ENTREPOSAGE DE L EAU PURIFIÉE Eau de type I Ce type d eau purifiée ne peut être entreposé. Généralement, l eau doit être utilisée dans l heure suivant sa production parce qu elle se dégrade très rapidement. Il est très important d utiliser un contenant propre pour prélever ce type d eau et il doit être bien fermé. L air et la qualité du contenant agissent sur la qualité de l eau. 3.2. Eau de type II et III Les contenants utilisés pour l entreposage et la distribution de ces types d eau devraient être fabriqués de manière à protéger l eau d une contamination chimique ou microbiologique (ex. contenants en polypropylène). Le verre n est pas recommandé. Les contenants doivent être propres en tout temps et l eau doit être vidangée au complet à la fin de chaque jour de travail. Il est très important de ne pas mélanger de l eau fraîche avec de l eau résiduelle dans ces contenants. Institut national de santé publique du Québec 4

4. TYPE D EAU UTILISÉE SELON L APPLICATION Il appartient à l utilisateur d avoir recours à la qualité d eau purifiée nécessaire à ses besoins. Le tableau 2 présente les systèmes de purification relatifs aux applications de laboratoire. TABLEAU 2 - Type d eau utilisée selon l application APPLICATIONS Lavage et rinçage de verrerie Analyses chimiques UTILISATION Tous les laboratoires (type d eau : NCCLS III) Préparation d étalons, spectrophotométrie, spectroscopie, analyse des métaux lourds (type d eau : NCCLS I) Chromatographie liquide, spectroscopie d éléments en traces (type d eau : NCCLS I ou ASTM biomédical) * Préparation de milieux de culture, de réactifs et de colorants (type d eau : NCCLS II) Préparation de réactifs, essais enzymatiques, fluorescence directe quantitative (type d eau : NCCLS I) SYSTÈMES DE PURIFICATION Charbon, adoucisseur, filtres, osmose inverse, échangeur d ions Charbon, adoucisseur, filtres, osmose inverse, échangeur d ions Charbon, adoucisseur, filtres, osmose inverse, échangeur d ions Charbon, adoucisseur, filtres, osmose inverse, échangeur d ions Charbon, adoucisseur, filtres, osmose inverse, échangeur d ions Analyses biologiques Source : Référence n 1 Analyses chromosomiques, fertilisation in vitro/implantation de gamètes dans les trompes de Fallope (IVF/GIFT), antigènes d histocompatibilité (HLA) (type d eau : ASTM biomédical) * Cultures cellulaires et de tissus (type d eau : NCCLS I ou ASTM biomédical) Charbon, adoucisseur, filtres, osmose inverse, échangeur d ions Charbon, adoucisseur, filtres, osmose inverse, échangeur d ions, filtre pour pyrogènes * ASTM biomédical est une eau extrêmement pure. Pour plus d informations, consulter le «Guide de traitement de l eau en milieu hospitalier». Institut national de santé publique du Québec 5

5. EAU DE LABORATOIRE COMMERCIALE Le NCCLS recommande l achat d une eau dont les valeurs ont été déterminées au moment de la production pour la résistivité, le contenu microbien, les endotoxines et le contenu en silicates. Ces valeurs doivent figurer sur l étiquette ainsi que le numéro de lot et la date de péremption. De plus, il recommande de contrôler chaque nouveau lot reçu ainsi que les réactifs pour une utilisation optimale et d acheter des quantités convenables selon ses besoins. Institut national de santé publique du Québec 6

6. CONTRÔLE DE LA QUALITÉ Il importe de s assurer que les systèmes retenus et les montages appropriés aux applications recherchées répondent adéquatement aux besoins pour lesquels ils ont été conçus. La fiabilité des équipements dépend étroitement de la qualité de leur entretien. C est pourquoi, pour assurer la qualité de l eau fournie, le système de traitement de l eau doit être vérifié périodiquement. La tenue d un registre de fonctionnement permet de connaître l état actuel et les tendances du système. L eau devrait être contrôlée périodiquement à cause des variations saisonnières pouvant affecter la concentration des contaminants. De plus, elle doit être contrôlée si certaines composantes du système de production ou de distribution sont changées, si des problèmes pouvant être liés à l eau surviennent dans les analyses de laboratoire ou si les contrôles ne rencontrent pas les critères acceptables. La vérification de l eau purifiée doit être enregistrée à tous les jours lorsque le système est muni de lecteurs sur les unités de production. Initialement, les résultats d analyses bactériologiques et ceux des analyses hors circuit doivent être enregistrés à toutes les semaines pour connaître la régularité de la qualité de la production de l eau purifiée. Ultérieurement, ces analyses peuvent être effectuées à des intervalles plus espacés (saisonnier) si les résultats le justifient. Le LSPQ offre un service d analyses de la qualité de l eau purifiée à tous les laboratoires de biologie médicale de la province de Québec. Ces analyses offertes par le LSPQ ne sont pas gratuites. Ceux qui veulent se prévaloir de ce service peuvent contacter le responsable du secteur de la Physico-chimie. Les conditions pour le service d analyses des échantillons sont décrites à l annexe 1. Institut national de santé publique du Québec 7

7. PRÉCAUTIONS ET POINTS IMPORTANTS À RESPECTER a) Une eau de mauvaise qualité peut influencer grandement la préparation des milieux de culture. Une eau impure peut donner une couleur anormale, un ph inexact, des précipités atypiques, et être toxique pour les microorganismes. L utilisation d un tel milieu peut affecter les résultats comme par exemple ceux d un test de sensibilité aux antibiotiques. La préparation des réactifs et des colorants, la reconstitution de matériel lyophilisé, les techniques de dilution sont des procédures qui peuvent être affectées par l eau de laboratoire. L utilisation d une eau de mauvaise qualité peut influencer grandement les résultats obtenus. Par exemple, la présence de pyrogènes/endotoxines dans l eau peut affecter la croissance des cellules dans les épreuves de cultures cellulaires et de tissus ou encore affecter certaines techniques d immunofluorescence (ex. recherche de Legionella, sérologie). De plus, un taux élevé de contaminants organiques peut nuire à l interprétation de certaines analyses (ex. chromatographie liquide). Ce paramètre est vérifié généralement par l analyse du carbone organique total (COT). b) Plusieurs activités nécessitent l utilisation courante de la verrerie de laboratoire et par conséquent la qualité du lavage peut affecter grandement les analyses. C est un aspect qui est parfois négligé dans les activités de laboratoire. Le calcium, le magnésium, le fer ou le manganèse sont les principaux contaminants de l eau qui risquent d influencer le rendement d un bon lavage. Il est donc très important d utiliser de la verrerie propre sans traces de métaux ou autres. Le rinçage final avec une eau de bonne qualité est l étape la plus importante dans le processus de lavage de la verrerie. On doit s assurer en tout temps qu il n y a pas de résidus, de détergent ou d autres contaminants sur les parois de la verrerie lavée. Pour faciliter le lavage de la verrerie, on doit rincer toute la verrerie utilisée immédiatement après l usage pour éviter le séchage de résidus. Nous recommandons d effectuer un contrôle visuel de la verrerie lavée ainsi qu un contrôle chimique avec un indicateur de ph au bleu de bromothymol 0,04 %. Il suffit d ajouter quelques ml de bleu de bromothymol 0,04 % dans le contenant et observer si le colorant indicateur est inchangé. Un changement de couleur à jaune ou bleu foncé indique qu il peut y avoir des résidus acides ou alcalins respectivement. Institut national de santé publique du Québec 8

c) Il est très important de respecter les conditions d entreposage décrites précédemment pour l eau purifiée. La conservation pour de longues périodes est inacceptable car certaines caractéristiques peuvent changer rapidement (ex. résistivité, contenu microbien). Les contenants doivent être bien fermés pour éviter que l eau soit exposée à l air. Les contenants servant à l entreposage de l eau purifiée ne doivent être utilisés qu à cette fin et être très bien entretenus (incluant le robinet). Il est très important d éliminer l eau résiduelle des contenants avant de faire un nouveau remplissage. L eau résiduelle risque de contaminer l eau fraîche. Institut national de santé publique du Québec 9

8. RÉFÉRENCES 1. CHUM. 1997. Guide de traitement de l eau en milieu hospitalier. Centre hospitalier de l Université de Montréal. Montréal. Québec. 2. NCCLS. 1997. Preparation and testing of reagent water in the clinical laboratory : Approved guideline. Third Edition. C3-A3 : 17 (18). NCCLS. West Valley Road, Wayne, Pennsylvania, USA. 3. Kempf, J.L. and D.L. Sewell. 1992. Preparation and quality control of laboratory water. pp. 13.4.1-13.4.11. in H.S. Isenberg (ed.) Clinical microbiology procedures handbook. Vol. 2. American Society for Microbiology, Washington. D.C. Institut national de santé publique du Québec 10

ANNEXE 1 CONDITIONS POUR L ANALYSE DES ÉCHANTILLONS D EAU AU LSPQ Institut national de santé publique du Québec 11

ANNEXE 1 CONDITIONS POUR L ANALYSE DES ÉCHANTILLONS D EAU AU LSPQ Les contenants nécessaires aux prélèvements sont fournis par le Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ). Les requérants peuvent en faire la demande en communiquant avec le responsable de la Physico-chimie du LSPQ à l adresse suivante : Responsable de la Physico-chimie Laboratoire de santé publique du Québec 20045, chemin Sainte-Marie Sainte-Anne-de-Bellevue (Québec) H9X 3R5 Téléphone : (514) 457-2070 Télécopieur : (514) 457-6346 Le requérant s engage à utiliser les contenants fournis uniquement aux fins pour lesquelles ils ont été prévus et à défrayer les coûts d expédition. TROUSSE La trousse contient les contenants nécessaires aux analyses bactériologiques et chimiques requises. Les informations concernant le prélèvement et le formulaire de demande d analyse accompagne la trousse (voir le mode d utilisation du formulaire LSPQ-222 à l annexe 2). TRANSPORT L échantillon doit être acheminé (ex. courrier privé) le plus rapidement possible au LSPQ. Il ne doit pas s écouler plus de 30 heures entre le moment du prélèvement et la réception au LSPQ. Pour des raisons organisationnelles, les échantillons doivent nous parvenir au plus tard le mercredi à 12 h de chaque semaine. Durant le transport, tous les échantillons devraient être gardés au frais mais non congelés. ÉMISSION DU RAPPORT D ANALYSE Vous trouverez à l annexe 3 un exemple de rapport d analyse. La mention sur le rapport «ph et conductivité sont donnés à titre indicatif» est rapportée puisque l eau purifiée se dégrade à partir du moment qu elle est prélevée et ainsi affecter la lecture du ph et de la conductivité. Ces paramètres sont donc rapportés à titre indicatif. Institut national de santé publique du Québec 12

ANNEXE 2 MODE D UTILISATION DU FORMULAIRE LSPQ-222 Institut national de santé publique du Québec 13

ANNEXE 2 MODE D UTILISATION DU FORMULAIRE LSPQ-222 Ce formulaire est utilisé pour les demandes d analyses physico-chimiques. Chaque échantillon doit être accompagné de ce formulaire rempli à l aide d un stylo à bille. Le guide suivant vous aidera à le compléter. 1. Requérant # de commande Inscrire le nom de la personne devant recevoir le rapport et l adresse de l établissement. Entrer le # de commande s il s agit d un échantillon à facturer. 2. Nature du spécimen Cocher les cases «eau» et «laboratoire». 3. Analyse(s) demandée(s) Cocher «autres» et préciser NCCLS. 4. Site du prélèvement Inscrire l endroit où le prélèvement a été effectué (ex. adresse civique ou n de pièce, salle des machines, de laboratoire, etc.). 5. Prélèvement Inscrire la date et l heure du prélèvement. 6. N de référence Numéro auquel on peut se rapporter pour toute information additionnelle. Les quatre (4) étiquettes du formulaire doivent être apposées sur les contenants de l échantillonnage. 7. & 8. Cases réservées au LSPQ Pour toute information supplémentaire, n hésitez pas à communiquer avec le responsable du secteur de la Physico-chimie au LSPQ au (514) 457-2070. Institut national de santé publique du Québec 14

ANNEXE 3 EXEMPLE DE RAPPORT D ANALYSE Institut national de santé publique du Québec 15

ANNEXE 3 EXEMPLE DE RAPPORT D ANALYSE LSPQ Physico-chimie 20045, chemin Sainte-Marie, Sainte-Anne-de-Bellevue, Québec, H9X 3R5 Téléphone : (514) 457-2070 Télécopieur : (514) 457-6346 Rapport d analyse Client Institution : Laboratoire de santé publique du Québec Adresse : 20045, chemin Sainte-Marie Sainte-Anne-de-Bellevue (Québec) H9X 3R5 Requête # : 00Z543765 Requérant : Massicotte, Luc Spécimen Date de prélèvement : 2000/03/10 Date de réception : 2000/03/10 Votre référence : # PO-xxxx Numéro de laboratoire : ES050623 Nature du spécimen : Eau (Eau purifiée Labo. général) Autre numéro : XXX Analyse demandée : Eau NCCLS-II Site : Autre Précision sur le site : Résines milieux de culture Résultats CATIONS CONCENTRATIONS COMMENTAIRES Silice < 0,05 mg/l AUTRES CARACTÉRISTIQUES VALEURS COMMENTAIRES ph 6,22 Conductivité 0,85 µs/cm Carbone organique total (COT) 0,1233 mg/l BACTÉRIOLOGIE DE L EAU DÉCOMPTE COMMENTAIRES Compte total (35 C) < 1 Col./mL ph et conductivité sont donnés à titre indicatif Le(s) paramètres(s) analysé(s) rencontre(nt) la norme NCCLS-II. Statut du rapport Date d émission Rapport validé par Validé final 2000/03/13 Institut national de santé publique du Québec 16