Méthodes de test des systèmes de chauffe eau solaires Etude comparative



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Revue des Energies RenouvelablesCICME 08 ousse (2008) 11-17 Méthodes de test des systèmes de chauffe eau solaires Etude comparative N. Abid 1, C. Kerkeni 1 et C. Bouden 2 1 Laboratoire d Énergétique et de Procédés Thermiques, Centre de Recherche des Technologies de l Energie, Route Touristique de liman, B. P. 95, 2050, Hammam Lif, Tunisie 2 Unité de Recherche Energétique des Bâtiments et Energie olaire, Ecole Nationale d Ingénieurs de Tunis, B. P. 37, Belvédère, 1002, Tunis, Tunisie Résumé - Connaître les performances et identifier les paramètres d un chauffe eau solaire s avère nécessaire pour améliorer sa qualité et par suite garantir à l utilisateur le confort dont il est habitué avec les autres types d énergies épuisables. Pour cette raison, on a besoin d une méthode de test fiable et reproductible et au même temps peu coûteuse du point de vue argent et temps. Dans ce qui suit, deux méthodes de test seront présentées à savoir la DT (IO/DI9459-5) et l Input-Output (IO/DI9459-2). Ce sont deux méthodes en boîte noire dont le test se passe à l extérieur sous des conditions climatiques réelles avec des profils de soutirages différents afin d approcher le maximum le fonctionnement réel. Mots clés: Chauffe eau solaire - Test en boîte noire - Identification des paramètres - Test dynamique - Input-Output. 1. INTRODUCTION On peut classer les méthodes de test en deux principales catégories, les tests du système par composant tel que la méthode CT (Component Testing ystem imulation), et les tests du système comme étant une boîte noire, ce qui permet d éviter la complexité de la modélisation de certains types de chauffe eau solaires et les mesures à faire à l intérieur du système. En effet, les résultats obtenus par la première approche ne sont pas toujours validés par l expérience. Le comportement global du système est diffèrent du comportement de chaque composant séparé. Malgré l existence de plusieurs normes qui décrivent les procédures de tests des systèmes solaires dans leur globalité, on distingue principalement deux méthodes, l une en régime stationnaire et l autre en régime dynamique. La première est appelée Input/Output ou aussi la CTG, la deuxième est la méthode DT (Dynamic system testing). Dans cette étude, nous allons présenter les avantages et les inconvénients de chaque méthode. 2. PRINCIPE ET PROCEDURE DE LA METHODE INPUT/ OUTPUT La méthode consiste à déterminer expérimentalement trois facteurs caractéristiques du système. Cette méthode, dite méthode de la boîte noire, nécessite la mesure de l éclairement solaire et la quantité d énergie au cours d une journée de test sous des conditions climatiques spécifiées par la norme. Nesrine_abid@yahoo.fr 11

12 N. Abid et al. Le modèle utilisé qui relie la puissance journalière Q à l éclairement solaire incident sur la surface d ouverture du capteur H, la température ambiante Ta ( C) et la température de l eau froide à l entrée du système est une simple fonction linéaire: ( Ta T0 ) a0 Q = a H H + at + a H : Capacité du système à capter le rayonnement solaire, a T : Pertes globales du système, a 0 : Correction du modèle lié à l existence ou non d une régulation. Afin de dégager ces trois coefficients qui déterminent le modèle, il est impératif de suivre la procédure de test suivante qui comporte essentiellement trois conditions: 1. Pour le pré-conditionnement, le système de stockage doit être remplie d eau à une température T 0 ( C) connue. 2. La durée de captage de l énergie solaire par le système est de douze heures, de 6 h à 18 h (temps solaire vrai). Durant cette période, l éclairement solaire doit être mesuré avec une vitesse du vent comprise entre 3 et 8 m/s. 3. Le soutirage à la fin de la journée doit être effectué à un débit constant de 600 l/heure avec une température d eau froide T 0 ( C). 3. POINT FAIBLE DE LA METHODE INPUT OUTPUT La procédure du test pour la méthode Input-Output n est pas vraiment compliquée, et les mesures ne sont pas nombreuses, mais son inconvénient est que la période de test risque d être longue, vu qu il faut essayer différentes conditions climatiques afin d obtenir une bonne corrélation. En effet, les coefficients de corrélation dépendent de la longueur du jour d après L. Kadi (1990), ceci justifie la non reproductibilité de cette méthode. Un autre point faible de la méthode est que le modèle linéaire ne prend pas en considération plusieurs facteurs physiques à l intérieur du système, tel que l inertie du système, mais ce fait est justifié par l important effet des autres paramètres extérieurs. D où sa validité est dépendante de la nature du système, du profil de soutirage, etc. L existence des formules analytiques des coefficients a H, a T, a 0, tels que ceux avancées par V. Belessiotis et al. (2001) pour le système thermosiphon ne montre pas la linéarité du modèle, mais aide à comprendre la signification physique de chaque terme car ces modèles sont établis sur la base de la stationnarité des conditions extérieurs, tel que la température de l eau froide à l entrée et le flux du rayonnement solaire. Cependant, ce genre de problème ne se pose pas pour la méthode DT car elle est en mode dynamique. 4. PRINCIPE ET PROCEDURE DE LA METHODE DT La méthode DT (Dynamic system testing) consiste à tester le système dans sa globalité en régime dynamique. L approche de la boîte noire fait qu on n effectue pas de mesures à l intérieur du ballon et du circuit du capteur. La figure 1 montre les entrées et les sorties du système. Il est à noter que la puissance délivrée par le capteur est une donnée interne et il n est pas nécessaire de la mesurer.

CICME 08: Méthodes de test des systèmes de chauffe eau solaires 13 Fig. 1: Test en boîte noire du système chauffe eau solaire Les variables à mesurer sont listées dans le tableau 1. Tableau 1: Variables à mesurer ymbole Unité Description t [s] Temps T CA [ C] Température de l air ambiant autour du capteur G t [W/m 2 ] Eclairement solaire sur le plan du capteur T A [ C] Température de l air ambiant autour du ballon T CW [ C] Température de l eau froide T [ C] Température de l eau soutirée C & [WK -1 ] Puissance calorifique soutirée P L [W] Puissance délivrée ν [ms -1 ] Vitesse de l air P [W] Puissance de l appoint aux Fig. 2: Procédure de la DT Le test à l extérieur mentionné dans la figure 2 comprend principalement quatre séquences différentes qui assurent des entrées non corrélées pour la détermination des paramètres:

14 N. Abid et al. sol, A : sept soutirages successives chaque deux heures à basse température, dont le volume dépend de la capacité du ballon. Cette séquence permettra à caractériser le système à rendement élevé. sol, B : cinq soutirages chaque deux heures à température élevée, dont le volume dépend de la température de l eau à la sortie du ballon afin de mettre en évidence les pertes de chaleur à bas rendement. store : capteur est couvert pour l identification des pertes par convection. aux : appoint en fonctionnement pour sa caractérisation. Les résultats du test sont injectés dans un programme, dont en sortie, on aura les paramètres caractéristiques du système donnés dans le tableau 2. Tableau 2: Paramètres du système Paramètres A c : urface effective du capteur U c : Coefficient effectif de perte dans le capteur C : Capacité thermique du ballon U : Coefficient de perte dans le ballon U v : Dépendance à la vitesse de l air f aux : Fraction du volume du ballon utilisant l appoint D L : Constante de mélange pour eau froide à l entrée c : Paramètre de stratification R : Résistance thermique de la charge côté de l échangeur t Durant les conditions climatiques du test e ( t ), les valeurs mesurées y ( t ) sont comparées aux valeurs déduites du modèle η ( t ) qui dépendent des paramètres p. Le résidu r ( t ) donne une idée sur la qualité des valeurs trouvées. Une procédure d optimisation est utilisée afin de trouver des valeurs de p plus adéquates. La figure 3 illustre la procédure du fitting dynamique sachant que le fitting F est défini comme étant l inversion du modèle. Fig. 3: Procédure du fitting dynamique

CICME 08: Méthodes de test des systèmes de chauffe eau solaires 15 5. LE PROGRAMME DE LA DT Le programme de calcul de la méthode DT représente l inconvénient majeur de cette méthode, en effet ce programme pris comme une boîte noire. Les informations dont nous disposons à savoir le modèle mathématique et les algorithmes de minimisation de l erreur et de résolution de l équation différentielle sont mentionnées par W. pirkl et J. Muschaweck (1992) et W. pirkl (1990). Le modèle mathématique utilisé consiste à suivre l évolution de l énergie cumulée dans le ballon du réservoir durant la journée de test. Ce modèle prend compte de l effet piston et formulé comme étant l équation différentielle partielle suivante (établie par pirkl et Muschaweck, 1992): T( t,h ) ( ) [ C = δ e h A C G t U C ( T TCA )] + δe ( h faux ) Paux + U ( T TA ) t Avec δe & T + C& + δe h ( X ) T a T T ( h )( T T ) + D C& CW L + bexp h h h ε h h x exp = ε cas : X > 0 t 0 sin on Et C = CW ( TCW, T ) ρw ( T ) V & Les termes à droite représentent respectivement le gain du capteur, la puissance de l appoint, les pertes dans le ballon, l effet piston, la diffusion de l eau froide et la convection entre les couches. La température T ( t,h ) est la limite des solutions de l équation qui suit pour ε 0 (ε modélise l épaisseur d une couche en considérant l hypothèse de l effet piston). En intégrant cette équation sur la hauteur du ballon on obtient une équation simple est plus facile à comprendre: Tmoy C = C& t ( T T ) + U ( T T ) + A G U ( T T ) cw h A moy C [ t c b ] Afin de dégager les paramètres de ce modèle, l algorithme de minimisation de l erreur utilisé est celui de Lovenberg-Marquardt. Pour la discrétisation et la résolution de l équation différentielle, on utilise la méthode Runge-Kutta. 6. POINT FAIBLE DE LA DT Le test de la méthode DT est de courte durée, mais il nécessite du matériel très précis et des fréquences de mesure importantes. Une erreur de mesure peut donner des résultats complètement faussés et le programme de fitting peut diverger. Le risque de divergence existe aussi pour les faibles débits. En effet, le pas de temps dans la procédure de résolution de l équation différentielle dépend du débit, un pas très petit justifie ce disfonctionnement.

16 N. Abid et al. Pour le problème de non reproductibilité de cette méthode, l introduction du modificateur de l angle d incidence donné par l équation d Ambrosetti et proposée par D.J. Naron (1998) peut être une solution qui permet d atténuer l effet des saisons. Généralement ce coefficient est exprimé par: K θ 2 ( τα ) = 1 tan g r Ainsi, le modèle devient: Tmoy C = C& t 1 [ τα t c b ] ( T T ) + U ( T T ) + A K( ) G U ( T T ) cw h A Le problème de conduction entre le ballon et le circuit de l appoint dont le modèle mathématique ne prend pas en compte est soulevé par D.J. Naron (1998) mais il ne parait pas comme étant un handicap pour la méthode, car ce phénomène physique est exprimé dans la fraction f aux. La même référence propose de réduire le nombre de paramètres de la DT et de combiner les pertes du ballon et celle du capteur en un seul indicateur. Cependant, avoir une idée sur chaque partie du système paraît intéressant pour analyser les dysfonctionnements des deux composants du système (capteur et ballon). Des études expérimentales ont montrés les limites de la méthode dans le cas des systèmes à circulation forcées et à échangeur extérieur et dans le cas des capteurs stockeurs, Ce fait s explique par un écart entre le système testé et celui modélisé dans le programme. moy 7. CONCLUION ET PERPECTIVE Choisir la méthode Input - Output ou la DT semble un faux problème car tout dépend des besoins et des moyens. La procédure de test de la DT est plus lourde mais demande moins de temps que celle de l Input - Output. La DT est très intéressante dans la mesure où elle offre la possibilité d analyser le comportement du système à travers ses paramètres et elle présente moins de problème de reproductibilité. D où le réel besoin d essayer de trouver des solutions aux problèmes soulevés. Les modifications apportées peuvent être au niveau des séquences de test soit au niveau du modèle ou aussi des algorithmes utilisés dans le programme d identification des paramètres. Une étude critique des hypothèses peut aboutir à montrer les limites du modèle mathématique et ainsi arriver à un modèle applicable à une gamme plus large de chauffe eau solaire. D autre part actuellement, d autres nouvelles techniques d identification des paramètres des systèmes dynamiques sont utilisées. Pour le calibrage des équations stochastiques on utilise la plupart du temps la technique de maximisation de la probabilité que les paramètres trouvés coïncident avec les valeurs théoriques d après N.R Kristensen et al. (2004). Ces nouvelles techniques sont appliquées surtout dans le domaine des finances C.O Eward (2006). Leur application dans le domaine de l énergie solaire représente une bonne ébauche pour l évaluation des performances des chauffes eau solaires. C

CICME 08: Méthodes de test des systèmes de chauffe eau solaires 17 NOMENCLATURE h : Hauteur adimensionnelle dans le ballon [0, 1] t : Temps (s) Indices C: capteur C W : Chaleur spécifique de l eau (kj/kg.k) : ballon ρ W : Densité de l eau (kg/l) A : ambiant V & : Débit de l eau à la sortie (l/min) aux : appoint a H, at et a 0 : Coefficients de corrélation du modèle de l Input-Output T 0 : Température initiale du ballon de stockage ( C) b : le bas du ballon h : le haut du ballon moy : moyenne REFERENCE [1] W. pirkl and J. Muschaweck, General Model for Testing olar Domestic Hot Water ystems, olar Energy Materials and olar Cells, Vol. 28, N 1, pp. 93-102, 1992. [2] W. pirkl, Dynamic olar Domestic Hot Water Testing, Transactions of the AME: Journal of olar Energy Engineering, Vol. 112, pp. 98-101, 1990. [3] IO 9459 (Part-5), olar Heating-Domestic Water Heating ystems: ystem Characterization by Means of Whole ystem Tests and Computer imulation, International tandards Organization, Geneva, witzerland. [4] N.R Kristensen, H. Madsen and -B. Jorgensen, A Method for ystematic Improvement of tochastic Grey-Box Models, Computers and Chemical Engineering, Vol. 28, pp. 1431-1449, 2004. [5] C.O. Ewald, The Malliavin Gradient Method for Calibration of tochastic Dynamical Models, Applied Mathematics and Computation, Vol. 175, N 2, pp. 1332-1352, 2006. [6] V. Belessiotis and E. Mathioulakis, Analytical Approach of Thermosyphon olar Domestic Hot Water ystem Performance, olar Energy, N 4, Vol. 72, pp. 307-315, 2002. [7] L. Kadi, B. Bourges and J. Adnot, The Input-Output Model for olar Water Heaters: Model Errors and Long Term Performance Estimate, Transactions of the AME: Journal of olar Energy Engineering, Vol. 112, pp. 161-168, 1990. [8] D.J. Naron and B. Van Der Ree, Bridging the Gap: Research and validation of the DT Performance Test Method for CEN and IO tandards, Progress and Preliminary Results, Proceedings of Euroun 98, eptember, 14-17, 1998.