TRAITEMENT DES LIXIVIATS PAR UN COUPLAGE DE PROCEDES



Documents pareils
L enfouissement des déchets ultimes

Calcaire ou eau agressive en AEP : comment y remédier?

Maximum Yield Technology. Maximum Yield Technolog technologie à rendement maximal

Ecoval : Solution économique et écologique pour le traitement de déchets

CM2E Colloque Martinique Energie Environnement. Production d électricité renouvelable : La méthanisation comme agent de régulation

Anne Vanasse, agr., Ph.D. Université Laval. Le chapitre 3. Les rédacteurs

Contexte : Objectif : Expérimentation :

Le bac à graisses PRETRAITEMENT. Schéma de principe. Volume du bac à graisses. Pose

LES AUTRES THÈMES BIOMÉTHANISATION

La séparation membranaire : comment maintenir la performance des membranes?

UTILISATION DES SÉDIMENTS VALORISÉS : exemple de la plate-forme expérimentale SOLINDUS pour le pré-traitement des produits de dragage

PROCÉDÉS DE SÉPARATION MEMBRANAIRE ET LEUR APPLICATION DANS L INDUSTRIE ALIMENTAIRE

Dispositifs de traitement des effluents phytosanitaires reconnus par le ministère en charge de l écologie

"COMMUNICATION SCIENTIFIQUE EXCEPTIONNELLE"

arium advance EDI Désionisation électrochimique parfaitement fiable Avantages Description Applications ijust

MISE EN DÉCHARGE. Une entreprise de Bayer et LANXESS

Étude des pré-traitements compacts basés uniquement sur le tamisage fin

PROPOSITION TECHNIQUE ET FINANCIERE

La technologie écologique rend la vie plus harmonieuse

Je dédie ce modeste travail :

Notice technique La filtration sur terre

Le ph, c est c compliqué! Gilbert Bilodeau, agr., M.Sc.

Protection de la ressource et Métiers de l Automobile. Intervention du 12 octobre 2009

EXTRAIT DU REGISTRE DES ARRETES DU PRESIDENT DE LA COMMUNAUTE URBAINE DE LYON

BIO-CEL MODULES IMMERGÉS POUR BRM

Exemple du SATESE MAGE 42

Les techniques alternatives dans la gestion des eaux pluviales. Jean Yves VIAU Directeur Opérationnel

LES CHAUFFERIES COLLECTIVES AU BOIS : QUELS POINTS DE VIGILANCE?

TECHNIQUES: Principes de la chromatographie

THEME 2. LE SPORT CHAP 1. MESURER LA MATIERE: LA MOLE

CODEX ŒNOLOGIQUE INTERNATIONAL. SUCRE DE RAISIN (MOUTS DE RAISIN CONCENTRES RECTIFIES) (Oeno 47/2000, Oeno 419A-2011, Oeno 419B-2012)

Puissant et écologique à la fois

La production de biogaz : La solution de valorisation énergétique des boues

Guide d entretien. de votre assainissement non collectif

STOCKAGE DES BOUES DE STATIONS D EPURATION URBAINES Bassin Artois Picardie

L injection de biométhane dans le réseau de gaz naturel

Le traitement mécano-biologique des déchets Important pour le Maroc? Casablanca, 23 Mars 2011

Filtre/Sécheurs émaillés

MEMOIRE TECHNIQUE & METHODOLOGIQUE

Le Plan Régional d Élimination des Déchets Dangereux. Comment mieux maîtriser production et gestion des déchets dangereux?

GUIDE D ENTRETIEN DE VOTRE SPA A L OXYGENE ACTIF

33-Dosage des composés phénoliques

Les rencontres de l Agence de l eau Clermont Ferrand 10 janvier TECHNIQUES D EPURATION Dispositifs agréés Abdel LAKEL, CSTB

MODE OPERATOIRE NORMALISE : Date d application :

Structure quantique cohérente et incohérente de l eau liquide

LA PLACE DU SECHAGE THERMIQUE DANS LE TRAITEMENT DES BOUES LES RETOURS D EXPERIENCE

Partie C1 «Déchets de boues et autres déchets organiques non dangereux produits en 2008»

Biogaz et méthanisation

Intitulé du stage. Initiation à l'environnement industriel Jeudi 15 et vendredi 16 septembre 2011

Potentiel de valorisation d un déchet en filière métallurgique

Notice explicative du formulaire CERFA n 12571*01 relatif au bordereau de suivi des déchets dangereux

La Plateforme GALA. Un projet régional structurant. avec le pôle Cancer-Bio-Santé pour la recherche et l'innovation en galénique CPER

T H È S E. Docteur. l Institut des Sciences et Industries du Vivant et de l Environnement (AgroParisTech) Camille SAGNE.

Centre d Enfouissement Technique Le Beaumont

Une production économique! Echangeur d ions TKA

Tiré à part de la rubrique L ENTREPRISE DU MOIS. de la revue L EAU, L INDUSTRIE, LES NUISANCES

TP n 1: Initiation au laboratoire

Dr E. CHEVRET UE Aperçu général sur l architecture et les fonctions cellulaires

Merci de retourner ce document complété par courrier, fax ou mail (Joindre un plan de situation des bâtiments)

FACTEURS INFLUENÇANT LA QUALITÉ DU CAFÉ-BOISSON 1 - CAFÉ 2 - TORRÉFACTION 3 - CONSERVATION 4 - EAU 5 - MOUTURE 6 - DOSAGE 7 - TYPE DE PRÉPARATION

1 ère partie : tous CAP sauf hôtellerie et alimentation CHIMIE ETRE CAPABLE DE. PROGRAMME - Atomes : structure, étude de quelques exemples.

PARTENAIRE VERS UNE GESTION DURABLE ET PERFORMANTE DE VOTRE ÉNERGIE PRODUCTION DE CHALEUR

Développement des saveurs. Contenu

Autorisation pour le négoce ou le courtage de déchets. Informations pour remplir le formulaire de demande

Préparations avant peinture. Solutions sans CrVI. Michel JANNIER (expert)

Biochimie I. Extraction et quantification de l hexokinase dans Saccharomyces cerevisiae 1. Assistants : Tatjana Schwabe Marcy Taylor Gisèle Dewhurst

Étape 1 : Balancer la chimie de l'eau

Comment? chez le particulier ou en collectivité

PROCÉDURE DE MISE EN FORME DES DONNÉES NÉCESSAIRES À L OUTIL D AIDE À LA GESTION DES MILIEUX LAGUNAIRES EUTROPHISÉS

BADORIS - Document de synthèse relatif à une barrière technique de sécurité (BTS)

Fiscalité environnementale

Déchèteries du SYELOM. Mode d emploi pour les professionnels

Le biogaz en France et en Allemagne Une comparaison. Journées méthanisation, 4 novembre 2014, Chambéry

LES EAUX USÉES. L évacuation des eaux usées. Les eaux vannes (EV) : eaux provenant des cuvettes de WC.

«Actualités réglementaires en radioprotection»

A N A L Y S E U R E N L I G N E D A G V D E S B I C A R B O N A T E S D E L A L C A L I N I T E

L échelle du ph est logarithmique, c està-dire

CONCASSAGE, CRIBLAGE DE MATERIAUX : ENREGISTREMENT ICPE, ARRETE DE PRESCRIPTIONS GENERALES ICPE L essentiel

Métallerie / Serrurerie

La Vinification en Alsace

Retours d expérience du SATESE 37

Le Centre industriel de regroupement, d entreposage et de stockage

eedd LA PLANETE N EST PAS UNE POUBELLE 1/7

CAHIER DES CHARGES. Etude de faisabilité : Version septembre Chaufferie bois. Agence de l'environnement et de la Maîtrise de l'energie

Fondation GoodPlanet Programme Action Carbone. Présentation des projets de compensation carbone

VAlorisation et Stockage du CO 2. Un projet global de management du dioxyde de carbone sur la zone de Fos Berre Gardanne - Beaucaire

TP N 3 La composition chimique du vivant


Comment concevoir son lit biologique

Défi Transition énergétique : ressources, société, environnement ENRS Projet Exploratoire PALEOSTOCK

CREATION DE FORAGE, PUITS, SONDAGE OU OUVRAGE SOUTERRAIN

1. IDENTIFICATION DE LA SUBSTANCE/PRÉPARATION ET DE LA SOCIÉTÉ/ENTREPRISE

Rotations dans la culture de pomme de terre : bilans humiques et logiciel de calcul

1. GES 5 : Production de céramiques pour l'électronique et de céramiques à fonctionnement thermique contenant du Ni

Chapitre 4 - Spectroscopie rotationnelle

Oxydation par voie Humide : Expérience de Toulouse

Besançon - jeudi 14 mai 2009

Avant de commencer à utiliser l oreillette, vous devez charger la pile entièrement.

«Cette action contribue au PNNS». À CHÂTEAU THIERRY

Utilisation historique de nanomatériaux en pneus et possibilités de nouveaux développements

Transcription:

TRAITEMENT DES LIXIVIATS PAR UN COUPLAGE DE PROCEDES 1. Contexte de l étude + Objectifs 2. Caractérisation des lixiviats 3. Performances du couplage de procédés 4. Conclusion générale Étude menée au STRI/LHC et cofinancée par la région PACA : Doctorant : Sébastien RENOU Responsable CEA : Sandrine POULAIN Directeur de thèse : Philippe MOULIN (LPPE UMR 6181) 1

Définition CONTEXTE DE L ETUDE Les lixiviats de centre de stockage, appelés "jus de décharge" sont des effluents liquides noirâtres qui résultent de la percolation des eaux au travers d un lit de déchets ménagers au sein des Centres de Stockage des Déchets Ultimes (CSDU). Quelques chiffres sur le stockage des déchets en France (chiffres ADEME, 2006) En 2004, 47 Mt de déchets ménagers et assimilés traités dont 22,1 Mt dans 318 CSDU (43% ordures ménagères!) 5,2 milliards en 2004 dont 2,1 milliards pour l enfouissement 2

Fonctionnement d un CSDU Site 1 Site 2 Site 3 50 m 3 /j Biogaz (vers torchère) Limitation actuelles du traitement - Fortes pression osmotiques - Colmatage organique important par les substances humiques LAGUNE - Volume important de concentrat ENJEU SCIENTIFIQUE Proposer et optimiser un couplage de procédés efficace pour l épuration des lixiviats 100 m 3 /j Osmose inverse 50 m 3 /j Milieu naturel Rejets conformes aux normes en vigueur 3

Caractérisation des lixiviats de l étude (Composition moyenne d octobre 2004 à décembre 2006) DCO «dure» : composés réfractaires de type acides humiques et fulviques Salinité importante : recirculation des concentrats, nature des déchets enfouis Lixiviats biologiquement stabilisés Prétraitement favorable par voie physico-chimique 4

Choix de la filière de traitement Pression osmotique Diminution de la salinité par précipitation des métaux et des carbonates Colmatage Elimination des dépôts minéraux de CaCO 3 Elimination de macromolécules organiques de type humique (Slater et al., 1983, 1985 ; Liao and Randtke, 1986 ; Kweon and Lawler, 2002, 2004) Génération d une phase précipitée de granulométrie élevée > 1 µm Précipitation chimique à la chaux Séparation solide/liquide OSMOSE INVERSE DECANTATION Filtration classique sur tambour rotatif sous vide à précouche de diatomée Retour d expérience CEA sur le traitement d effluents radioactifs 5

Traitement des lixiviats par un couplage de procédés PRETRAITEMENT OSMOSE INVERSE 6

ETAPE 1 : PRECIPITATION CHIMIQUE A LA CHAUX Décoloration du surnageant ~ 2 à 6 g.l -1 ~ 10 à 25 % ~ 20 à 40 % ~ 95 % ~ 75 à 95 % 3 g.l -1 6 g.l -1 9 g.l -1 Formation d une phase précipitée (CaCO3) Le prétraitement à la chaux entraîne : ~ 20 à 50 % ~ 75 à 85 % ~ 75 % - Une diminution de la salinité du lixiviat par décarbonatation de l effluent - Une élimination des macromolécules organiques (PM > 50 000 g.mol -1 ) type acide humique, selon un mécanisme de co-précipitation 7

ETAPE 2 : FILTRATION SUR TAMBOUR ROTATIF Principe de fonctionnement Gâteau de diatomée Effluent filtré et performances Lixiviat prétraité Boue pelletable et STABLE Flux de filtration élevés 8

Traitement des lixiviats par un couplage de procédés PRETRAITEMENT OSMOSE INVERSE 9

PERFORMANCES DE L OSMOSE INVERSE Volume de concentrat? (Lixiviat MC 06-1, J=10 L.h -1.m -2, 20 C, module spiralé Koch) 60 Pression transmembranaire, Ptm (bar) 50 40 30 20 Osmose Inverse sans prétraitement COUPLAGE 10 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 Facteur de Concentration Volumique Le couplage permet de concentrer le lixiviat 10 fois plus que par le procédé d Osmose Inverse seule 10

PERFORMANCES DE L OSMOSE INVERSE Osmose Inverse sans prétraitement Couplage de procédés développé au CEA Flux de filtration constant : 10 L.h -1.m - ², Pression maximale admissible : 55 bars, Température : 20 C 60 60 Pression transmembranaire, Ptm (Bar) 50 40 30 20 10 FCV=4 FCV=2 0 40 80 120 160 200 Volume de filtrat (L) Pression transmembranaire, Ptm (bar) 50 40 30 20 10 FCV=6 FCV=4 FCV=2 0 40 80 120 160 200 Volume de filtrat (L) Élimination totale du colmatage organique + minéral des membranes 11

PERFORMANCES DE L OSMOSE INVERSE Traitement? (Lixiviat MC 06-1, J=10 L.h -1.m -2, 20 C, module spiralé Koch) Excellentes performances d épuration : rejet conforme aux normes en vigueur, sauf pour l ammonium et le ph => Traitement complémentaire? 12

Précipitation chimique à la chaux CONCLUSION GENERALE Filtre à tambour rotatif Osmose Inverse Diminution de la salinité de 20 à 40 % : Précipitation des carbonates, Ca 2+,Mg 2+, et des métaux Elimination de 20 à 30 % de la DCO : co-précipitation des composés à haut poids moléculaire responsable du colmatage : les acides humiques Pression vide de 300 mbar Flux ~ 0,6 à 1 m 3.h -1.m -2 Siccité de la boue ~ 50 % Très faible production de boue sèche (< 1%) Boue sèche ~ 5 à 7 g.l -1 : STABLE ET INERTE Elimination des dépôts minéraux et organiques sur la membrane Forte diminution de la pression osmotique Efficacité = taux de conversion Pression de travail Coûts d exploitation Volume de concentrat Fréquence de lavage DEPOT DE BREVET EN FRANCE ET EN EUROPE 13

CONCLUSION GENERALE Concentrat Casier Lixiviat INDUSTRIEL 100 m 3 /j 50 m 3 /j 50 m 3 /j COUPLAGE DE PROCEDES OSMOSE INVERSE Perméat Casier Entreposage 100 m 3 /j Lixiviat 0,5 m 3 /j Prétraitement 99,5 m 3 /j 5 m 3 /j OSMOSE INVERSE 94,5 m 3 /j Perméat 14

TRAITEMENT DES LIXIVIATS PAR UN COUPLAGE DE PROCEDES Merci de votre attention Centres de Stockage de Déchets Ultimes 15

PRECIPITATION CHIMIQUE A LA CHAUX Impact sur la fraction organique Caractérisation par Chromatographie de Perméation sur Gel (C.P.G) Zone 1 : 9-10 min Zone 2 : 10-12 min Zone 3 : 12-16 min PM > 50 kda 50 kda > PM > 1 kda PM < 1 kda Abs. UV à 254nm (mau) 12 CM 06-3 brut 4,5 g/l (dose optimale) 4,5 g/l (dose optimale) 8 4 0 6 8 10 12 14 16 18 Abs. UV à 254nm (mau) 20 16 12 8 4 0 BF 06-4 brut g/l (dose optimale) 5 g/l (dose optimale) 6 8 10 12 14 16 18 Abs. UV à 254nm (mau) 12 8 4 0 PV 06-5 brut g/l (dose optimale) 6 g/l (dose optimale) 6 8 10 12 14 16 18-4 Temps (min) -4 Temps (min) -4 Temps (min) Elimination des composés à haut poids moléculaires ( > 50 kda) : les acides humiques 16

PRECIPITATION CHIMIQUE A LA CHAUX Impact sur la fraction organique Prises de vues au MEB du précipité (x 7000) Solution de NaHCO 3 Calcite pur : structure rhomboédrique cristaux < 1 µm Lixiviat CM 06-3 Calcite (DRX) : gros agglomérats granuleux de type «chou-fleur» grains ~ plusieurs µm La présence des composés organiques vient perturber la formation du CaCO 3. Selon la littérature, le mécanisme d élimination est du type co-précipitation (Randtke et al., 1982 ; Liao and Randtke, 1985, 1986) 17