Pourquoi la simulation thermique est-elle incontournable pour gérer efficacement une salle informatique?



Documents pareils
DATA CENTER. Règles d'ingénierie du Data Center DATA CENTER

FRnOG, 25/01/2013. Marilyn, un datacenter vertical

Optimisation des performances de refroidissement d un rack à l aide de panneaux-caches

DEFINITION DU DATACENTER

Comment aborder l Optimisation énergétique de salles anciennes et hétérogènes?

Afrique du sud du 23 au 28 novembre 2011

Thermorégulateurs Easitemp 95 et 150 eau. La solution compacte & économique

Datacentre : concilier faisabilité, performance et éco-responsabilité

Enjeux énergétiques Datacenter et postes de travail

Audit type de datacenter réalisé par la société EduWatt

Outils de planification et gestion pour datacentres

ETUDE D EFFICACITE ENERGETIQUE. MICROSOFT Sites : Paris les Ulis - Issy les Moulineaux

EHDC. Système de refroidissement pour Data Center et armoires de serveur.

Sécurisation, état de l art et nouveaux enjeux des «Green» Data Centers

Résolution des problèmes de refroidissement provoqués par le déploiement de serveurs haute densité en dix étapes

COÛTS ET EFFICACITE ENERGETIQUE - ETUDE COMPARATIVE ENTRE TROIS CONCEPTS DE REFROIDISSEMENT POUR DATACENTERS

Data Centers Solutions intégrées

Emerson montre aux centres de données comment réduire ses coûts énergétiques

Audit 360. Votre Data Center peut-il vraiment répondre à vos objectifs? À quelles conditions? Avec quelles priorités? Pour quels budgets?

VENTILATION POUR LE CONFORT D ETE

Réduction de la consommation énergétique des datacenter : optimisation du conditionnement d air, influence de. l architecture

Le nouvel immeuble du groupe BEI : Climat interne et environnement

Energy Logic : Emerson Network Power. Feuille de route pour la réduction r de la consommation d'énergie dans le Centre de données

Les data centers. à l ère de la consolidation, de la virtualisation. l informatique verte

Présentation de la gestion des infrastructures de centres de données

FormaSciences 2014 «Les énergies du futur»

SOMMAIRE. 1. Architecture proposée. 2. Constituants de la solution. 3. Supervision DATA CENTER OPTION SERVICE

Urbanisation en datacenter (deuxième partie) Arnaud de Bermingham

Vers le Green Datacenter. du contrôle á la réduction des coûts l innovation au service de l environnement

Partie 1 : Synthèse des connaissances acquises... 3

Rittal l heure est venue...

Produits pour Datacenters. Séries RP. Solutions d habillages pour les applications IT

La Celle Saint-Cloud, ville fibrée

2.0. Ballon de stockage : Marque : Modèle : Capacité : L. Lien vers la documentation technique :

Assises Européennes du Bâtiment Basse Consommations. Frédéric ric FRUSTA. Président Directeur Général. ENERGIVIE 25 Juin 2010

1. Définition Quantité de données stockées La miniaturisation Les enjeux 4 LA MINIATURISATION ET SES CONSÉQUENCES 5

Data Center Condorcet, Paris Excellence technique et éco-efficacité.

Information Technique Derating en température du Sunny Boy et du Sunny Tripower

Serveur EMC/CX Solution de stockage hautes performances dotée d'une connectivité flexible

Infrastructure pour un datacenter haute densité

Travaux sur les systèmes de chauffage et d'eau chaude sanitaire

Le chauffe-eau thermodynamique à l horizon

Séparation air froid- air chaud. page 3. Organisation des câbles. page 9. Contrôle de l environnement. page 14

Datacenters. Les Solutions GMI-Databox.

Immeuble EXEMPLE Audit Technique mars 2004

Récapitulatif de l audit énergétique de la copropriété 1 relais de la Poste à RANTIGNY 25/11/13

ISOLER LA TOITURE INCLINÉE

solutions et confort d été Inertie thermique Logements Paris École de chimie Bibliothèque et archives municipales Montpellier p.

Dalle Activ Kerkstoel Activation du noyau de béton

Etude et amélioration du comportement thermique d une habitation

Chapitre 11 Bilans thermiques

Maison Modèle BIG BOX Altersmith

CRM. Registre d équilibrage et de mesure du débit, classe d étanchéité 0 ou 4.

Réfrigérateurs et congélateurs de laboratoire

L efficience énergétique...

QU EST-CE QU UN CHAUFFE-EAU THERMODYNAMIQUE?

VITODATA VITOCOM. bien plus que la chaleur. Télésurveillance et télégestion d installations de chauffage par Internet. Internet TeleControl

data center conception intégration maintenance en conditions opérationnelles

Systèmes de climatisation avec batterie à eau

L offre DualSun pour l eau chaude et le chauffage (SSC)

Datacenter nouvelle génération : SDMO sécurise l alimentation électrique du site

LA VIRTUALISATION. Etude de la virtualisation, ses concepts et ses apports dans les infrastructures informatiques. 18/01/2010.

Économie d énergie dans les centrales frigorifiques : La haute pression flottante

Retour d'expérience CC-IN2P3

RÉCUPÉRATEUR DE CHALEUR

TP DOMOTIQUE. 01 avril Objectifs : Etre capable : Découvrir quelques possibilités domotiques.

10 juin Pharmagest - Villers-Lès-Nancy. Inauguration DataCenter

virtualisation et consolidation des infrastructure: comment amèliorer la performance du SI

LE PLANCHER CHAUFFANT BASSE TEMPERATURE

ASHRAE Montréal STM Construction du centre de transport Stinson. 16 mars 2015

HEBERGEMENT DANS LE DATACENTER GDC2 DE VELIZY

Des systèmes de chauffage avec pompe à chaleur et accumulateur de chaleur pour les construction dans les zones de montagne.

LE W, UN ÎLOT VIVANT DANS LA VILLE

Unités de distribution d'alimentation (PDU) :

Colt Colocation Services Colt Technology Services Group Limited. Tous droits réservés.

Les Fondations Thermo-actives : Transformer une contrainte en en atout dans les constructions de type BBC, passif ou à énergie positive

Description du système. Pompe 1 : Pompe de régulation du retour sur le poêle.

armoires de fermentation

Le turbo met les gaz. Les turbines en équation

Film DATACENTER INTRODUCTION. 1 Depuis le début de l année 2009, la région de Chartres est le centre d une intense activité.

GUIDE D'INSTALLATION Lave-Vaisselle

Les pneus agricoles un investissement très important : Faites attention Soyez prudent!!

Rittal Data Center Efficiency

Solutions pour data centers Améliorez la fiabilité, maîtrisez les coûts et optimisez la durée de fonctionnement

Etanchéité à l air dans la construction bois. Marc DELORME Inter Forêt-Bois 42

La solution datacenter à vos mesures

Formation Bâtiment Durable :

Efficacité énergétique des logements à haute performance énergétique, HPE : Application au site de Béchar

Eau chaude sanitaire FICHE TECHNIQUE

Energies. D ambiance REFERENCES : ACTIONS MENEES : CONTACT : DESCRIPTION TECHNIQUE DES ACTIONS ENGAGEES : GAINS OU BENEFICES DEGAGES : renouvelables

HEBERGEMENT DANS LE DATACENTER GDC2 DE VELIZY

R. A. A. Bébian. Mimographie, ou essai d écriture mimique. París, 1825

Simplifier la gestion des données et réduire les coûts grâce à la virtualisation intelligente des fichiers

DIAGNOSTIC DE PERFORMANCE ENERGETIQUE TERTIAIRE

Profitez au mieux de votre logement économe en énergie. Bâtiment basse consommation. Ce qu il faut savoir et comment vous adapter

Le bac à graisses PRETRAITEMENT. Schéma de principe. Volume du bac à graisses. Pose

CAC, DAX ou DJ : lequel choisir?

de faible capacité (inférieure ou égale à 75 litres) doivent être certifiés et porter la marque NF électricité performance.

Transcription:

Exemple d application 6SigmaFM BNP Paribas Pourquoi la simulation thermique est-elle incontournable pour gérer efficacement une salle informatique? INTRODUCTION Cet exemple relate l histoire d un déploiement de nouveaux serveurs lames chez BNP Paribas. Elle montre que sans simulation numérique thermique il semblait impossible d ajouter les 36 serveurs en question. Grâce à la simulation, l impossible s est transformé en possible. Cette étude a été présentée par Roy Freedman (BNP Paribas) et David King (Future Facilities) lors d un séminaire à Londres le 30 Septembre 2010. CONFIGURATION DE LA SALLE La salle de BNP Paribas à Londres est hébergée chez un des acteurs majeurs de l hébergement. C est une salle récente, reposant sur le principe d allées froides et d allées chaudes avec un plancher technique. Elle a une superficie de 880 m² et accueille 270 baies refroidies par 14 armoires de climatisation. La salle au moment de sa conception a été dimensionnée pour une capacité totale de 950 kw. DES ÉCARTS SENSIBLES ENTRE LA CAPACITÉ PRÉVUE ET LA RÉALITÉ Lors des premières comparaisons simulations/mesures réalisées dans la salle, il apparaît que le débit d air mesuré à travers les dalles perforées est de 15 à 20 % inférieur à ce que l on obtient en simulation. Or la salle est nouvelle et des précautions ont été prises (mousse au niveau des trous, seuls les passages de câbles réseau peuvent constituer des fuites). Après exploration, il est mis en évidence que l essentiel de la différence de débit est dû aux trous passes-câbles, et que les balais retenus sont moins étanches qu annoncés dans leur spécification (70 à 120 l/s de perte par pénétration de câbles). Le modèle de simulation a donc été adapté pour prendre en compte cette réalité.

MESURER LE RISQUE THERMIQUE Le logiciel affiche l état de la salle à une date donnée et indique si des équipements sont : - en surchauffe (rouge l air entre dans des équipements à une température trop élevée pour garantir leur fiabilité) - en limite de surchauffe (orange - l air entre à une température moins de 5 C en dessous de la limite spécifiée par le fabricant) - sans risque au niveau refroidissement (vert) Lorsqu on regarde la salle de BNP Paribas, elle ne comporte pas de risque thermique important. Quelques baies sont en limite et l une d entre elles est critique, mais la mise en place de bandeaux obturants 1U dans les baies n est pas encore terminée. La salle avant le projet de déploiement abrite 413 kw soit moins de la moitié de la capacité totale. Les 36 serveurs lames à ajouter dans la salle dissipent un total de 108 W (dissipation de chaque serveur Blade IBM Centre E : 3kW). Le déploiement semble donc possible. EVALUER LA CAPACITÉ DE REFROIDISSEMENT RÉELLE DE LA SALLE Le logiciel 6Sigma calcule le débit passant par chacune des dalles perforées. La distribution de l air étant irrémédiablement inhomogène dans le plancher technique, l air ne ressort pas de la même manière au niveau de chacune des dalles perforées. En additionnant tous les débits traversant les dalles ouvertes et en transformant ces débits d air en capacité de refroidissement, le logiciel nous indique que la capacité de refroidissement au total au pied des baies est de 590 kw soit 62 % des 950 kw de départ. Les raisons de cet écart s expliquent par les fuites au niveau du plancher technique (-20 %), apports solaires par les baies vitrées que comporte la salle (40 kw tout au long de l année, la moitié de la capacité d une armoire de climatisation) etc. Triste constat : 38 % du froid produit ne sert pas à refroidir les équipements.

Répartition des capacités de refroidissement réelles de la salle par zones UN DÉPLOIEMENT BIEN PLUS COMPLIQUÉ QUE PRÉVU. Le personnel des équipes informatiques de BNP Paribas savent que, par le passé, des points chauds sont apparus dans la salle. On est sans doute en limite de refroidissement dans certaines parties de la salle. Pour les aider dans leur déploiement, ils vont faire appel à 6SigmaITM, module de la chaîne logicielle 6SigmaDC, spécialement dédié aux équipes informatiques. Le logiciel regarde les capacités disponibles dans chaque baie en terme de : - Refroidissement (c est le cas ci-dessous), mais aussi - Place (nombre de U contigus disponibles) - Puissance électrique - Ports réseau Cuivre et Fibre optique - Charge au sol (Poids) Dans la pratique, on déploierait les serveurs Blades uniformément dans la zone Servers. Mais lorsqu on regarde la salle de Londres, avant déploiement, on remarque que seulement 4 rangées de baies (en vert) offrent un potentiel de refroidissement suffisant pour accueillir 1 serveur Blade.

UN MANQUE DE CAPACITÉS DE REFROIDISSEMENT... TOTAL! Au bout du 13 e serveur Blade, nous sommes arrivés à saturation, plus aucune baie ne peut accueillir de nouveaux serveurs Blade IBM Centre E. Il reste 22 serveurs sans solution! COMMENT DÉPLOYER LES 36 SERVEURS BLADES? Les équipes de BNP Paribas ont deux options : Option 1 : Option 2 : - Les 38 % de froid produit sont quelque part dans la salle, mais pas au pied des baies - On déploie malgré tout les 36 serveurs de manière uniforme, dans la zone Serveur, espérant que les 38 % non disponibles au pied des baies seront récupérés par les Blades - Augmenter les capacités de refroidissement disponibles dans la zone Serveur - Comment? : en ouvrant les registres de certaines dalles perforées et en en bougeant d autres (solution Coût Zéro). La première option est hasardeuse. Elle n offre aucune garantie que les équipements ajoutés fonctionneront correctement. On explore donc l option 2 en cherchant à augmenter les capacités de refroidissement dans la zone Serveurs.

DES CAPACITÉS DE REFROIDISSEMENT RETROUVÉES L opération a consisté à retirer toutes les dalles en bout d allées dans la zone Serveurs (deux dalles n étaient pas utilisées pour refroidir directement des baies). Tous les registres de dalles sont ouverts dans cette zone. Des dalles perforées ont été déplacées dans la zone Serveurs, disposées au mieux en fonction des besoins de chaque baie. Avec ces changements, on observe une augmentation de 19 % de la capacité de refroidissement de la zone Serveur sans impact sur le reste de la salle. UN DÉPLOIEMENT POSSIBLE ET SANS RISQUE Il est désormais possible de déployer les 36 serveurs dans 7 travées de la salle. Tous les serveurs peuvent désormais être déployés et leur refroidissement est assuré. Il reste même du potentiel pour accueuillir de nouveaux équipements.

L INTÉRÊT D UTILISER LA SIMULATION THERMIQUE POUR GÉRER UNE SALLE INFORMATIQUE L exemple réel de BNP Paris montre que l on est passé d une situation où il n était pas possible de déployer de nombreux nouveaux serveurs fortement dissipatifs, dans une salle pourtant récente et bien urbanisée, à une situation où cela devient possible et sûr. Une approche trop macroscopique des aspects refroidissement font courir des risques de panne aux infrastructures. Au premier abord, la salle de BNP Paribas à Londres offrait une capacité de refroidissement globale suffisante pour accueillir les 36 serveurs Blades. A travers cet exemple, nous voyons que la simulation thermique permet de : Comprendre le comportement réel de la salle en comparant la simulation avec des mesures réelles (ex : fuites au niveau des passages de câbles) Identifier les problèmes potentiels avant qu ils n arrivent (pas assez de capacités de refroidissement dans la zone Serveurs) Montrer que des déploiements à venir peuvent engendrer des disfonctionnements dans la salle (pannes de serveurs s ils sont installés dans des zones où la capacité de refroidissement n est pas suffisante) Montrer que des actions simples et peu coûteuses peuvent être engagées dans l infrastructure existante pour éviter de sérieux désagréments (ex : déplacements/suppression de dalles perforées, équilibrage des registres). Avec 6SigmaFM, seul outil du marché de gestion capacitaire intégrant pleinement la dimension thermique grâce à la simulation, il est possible de repousser les limites de votre infrastructure. Nombre de salles informatiques rencontrent des points chauds alors qu elles ne sont qu à 65 % de la capacité pour laquelle elles ont été conçues. L approche articulée autour de la Salle Virtuelle permet de récupérer des capacités mal utilisées dans les data centers et de prolonger la durée de vie des infrastructures existantes. Ce n est que par une approche plus fine et scientifique, que l on pourra dépasser le constat de la société de recherche et de conseil Gartner : «Les Data centers atteignent rarement la capacité pour laquelle ils ont été initialement conçus». wattdesign Parc Orsay Université, 2 rue Jean Rostand 91893 ORSAY Cedex Tél. 01 69 85 24 30 Fax. 01 69 41 81 15 info@wattdesign.fr www.wattdesign.fr