Musée des Beaux-Arts et d'archéologie de Besançon Exposition LE RENAULT DE DOISNEAU 20 mai 15 août 2005 Contact : Céline Meyrieux 03 81 87 80 54 celine.meyrieux@besancon.fr
SOMMAIRE PRESENTATION DE L'EXPOSITION P. 3 ÉLEMENTS DE BIOGRAPHIE P. 5 AUTOUR DE L'EXPOSITION P. 8 INFORMATIONS PRATIQUES P. 9 VISUELS DISPONIBLES POUR LA PRESSE P. 10
PRESENTATION DE L'EXPOSITION Le musée des Beaux-Arts et d Archéologie poursuit son cycle d expositions consacré à la photographie au XXe siècle. Cette année, le musée rend hommage à l un des plus grands noms de la photographie, Robert Doisneau. C est une facette inexplorée qui sera proposée au public, une collection méconnue, rare voire inédite pour certains clichés. Une sélection d une centaine de photographies, pour la plupart en noir et blanc, témoignage de la vie d une grande entreprise d un temps révolu : l Usine Renault de Boulogne Billancourt sur l Ile Seguin. C est là qu il fit ses premiers pas, où sa carrière en tant que photographe s amorçait, où la photographie comme pratique créative, ne s imposait pas encore complètement à lui. Cette collection est un témoignage inestimable tant d un point de vue historique qu artistique. On assiste au passage d une conception assez formelle de la photographie d objets industriels, à une compréhension de l environnement humain dans lequel ils sont produits. De ces cinq années passées chez Renault, il laissera à la postérité une imagerie inoubliable exceptionnellement informative et émouvante. Doisneau, au sein de l usine, est mandaté pour une double tâche : d une part, archiver visuellement tout ce qui concerne la vie, les machines-outils modernes, les procédés de fabrication récents, les agencements et organisations d ateliers, les chaînes de montage; mais aussi les différents lieux et mouvements de la population ouvrière, cantine, vestiaires, sortie. Les photographies présentent la mise en évidence de la disproportion entre hommes et machines : «Au début, j étais assez timide devant ces caïds, ces seigneurs de l usine qu étaient les ouvriers [...]. Quand on est plongé pour la première fois dans une atmosphère d usine, il y a de quoi être impressionné : les machines énormes, les bruits des percussions, les sifflements, le côté dangereux. J avais le trac de déballer mon matériel». Et d autre part, réaliser des photographies publicitaires destinées à élargir le prestige de la marque Renault pour les brochures et les journaux. Toutes les photos sont alors exécutées avec les seules ressources de l usine, pas question d employer des modèles professionnels. Cette contrainte nécessite de développer l art de la mise en scène. Outre les photos publicitaires, Doisneau est régulièrement chargé de «couvrir» les concours d élégance, où luxe et insouciance sont à l honneur. Une mission aux allures «prestigieuses», qui l éloignait un temps de l usine et de ses ateliers :
«On nous disait : descendez au garage et demandez à machin de vous sortir le coach. Vous prendrez six dactylos de petite taille pour que la voiture ait l air plus grande et vous irez au bois. Alors on partait chercher cette automobile au garage des véhicules de service. C était l expédition au bois de Boulogne. Il fallait rentrer juste à temps pour que les filles puissent taper le courrier». Doisneau se perfectionne en photographie, en jouant avec les lumières et les perspectives pour produire des photographies très structurées : «La lumière c est la matière première avec laquelle on travaille, c est toute une philosophie. Il y a la lumière qui accuse. Qui accuse le grain. On ne voit pas la forme, on voit comment c est fait. Ou alors, il y a la lumière qui est douce, qui va dans le sens de la forme, qui caresse, qui est aimable. Qui donne l illusion d une sorte de lumière spirituelle. Merci mon Dieu d avoir fait cette journée». Cette période au sein de l entreprise Renault, marque les débuts d un photographe en devenir, mais c est son regard humaniste et chaleureux qui se dégage de chacune des images : «J ai appris ce que signifie la fraternité des travailleurs. J ai toujours éprouvé beaucoup de timidité à les photographier. Disons que par discrétion, je n ai pratiquement jamais fait de photos de proximité. J avais l impression de faire le gugusse au milieu d eux. Pourtant, ils m acceptaient volontiers. Toujours, ils ont montré le plus grand respect pour mon travail». Il se sentit vite à l étroit, il fut renvoyé en 1939, au motif indiscutable de «retards répétés». Ce fut un soulagement, car, l expliquait-il, les deux ingrédients essentiels de l activité du photographe, sont la «désobéissance et la curiosité». L'exposition est complétée par la projection du film de Sabine Azéma, "Bonjour, Monsieur Doisneau". L'actrice-réalisatrice s amuse à questionner Robert Doisneau en cinq chapitres où sont évoqués sa vie, son oeuvre, et des sujets aussi divers et importants que la lumière de Paris, les piliers de bar et la beauté des femmes. Commissariat de l exposition Claire Stoullig, directeur du musée des Beaux-Arts et d Archéologie de Besançon, Assistée d Emeline Bourdin Catalogue de l exposition Le Renault de Doisneau coédition musée des Beaux-Arts et d'archéologie de Besançon - Editions d art / SOMOGY, 96 p., 15
ELEMENTS DE BIOGRAPHIE 1912 14 avril : Robert Doisneau naît à Gentilly, banlieue sud de Paris où il vécut toute sa vie. D origine modeste, son père est couvreur. 1919 Sa mère meurt d une tuberculose, deux ans plus tard, son père se remarie. 1925 A l école Estienne, à Paris, il reçoit une formation de graveur lithographe, se passionne pour le graphisme et apprend les rudiments de la photographie. 1929 Ses premières photos sont réalisées avec l'appareil emprunté à son demi-frère Lucien. Avec son diplôme de graveur, il fait ses débuts en tant que dessinateur en publicité à l'atelier Uhlmann, et devient rapidement assistant du laboratoire de photo nouvellement créé, il comprend très tôt l'intérêt de l'image photographique. 1931 Assistant du sculpteur peintre photographe André Vigneau, il découvre le monde des arts et des lettres et s initie au «modernisme». 1932 Il acquiert son premier appareil photographique le Rolleiflex, et réalise un premier reportage pour le journal Excelsior, des photos du marché aux puces de Saint-Ouen. 1934 Embauché au service photo de Renault à Billancourt, il immortalise le lieu, en photographiant ateliers, voitures, pièces détachées, ainsi que des clichés publicitaires. Il épouse Pierrette Chaumaison dont il aura deux filles Annette et Francine. 1936 Au mois de mai, en pleine vague de grève déclenchée par le Front populaire, Doisneau s abstient de photographier les ouvriers, craignant que l on puisse se servir de ses photos à leur encontre. 1939 Licencié de Renault, au motif de «retards répétés», il rencontre Charles Rado, fondateur de l agence Rapho, et devient photographe-illustrateur indépendant. Une première commande lui est confiée, un reportage de la descente de la Haute Dordogne en canoë, malheureusement interrompu par la déclaration de guerre. 1940 En février, il est démobilisé pour maladie pulmonaire.
1942 Illustre un ouvrage de Maximilien Vox Les nouveaux destins de l intelligence française, sur le monde scientifique. Pendant les années noires où les commandes se font rares, il utilise ses talents de graphiste pour réaliser des faux papiers pour la Résistance. 1945 Rencontre Pierre Betz et commence une série de reportages pour la revue Le Point, rencontre Cartier-Bresson. Renault lui commande un reportage pour l ouvrage l Automobile de France. Il en réalisera un autre en 1950 et répondra par la suite à des commandes publicitaires pour la marque. 1946 Retour à l agence Rapho, ses photos sont alors publiées par des revues comme Life, Point de vue, Regards ou Picture Post. Rencontre Blaise Cendrars à Aix-en-Provence (projet du livre La banlieue de Paris). Voyage en Yougoslavie, reportage pour le magazine Regards. 1947 Première exposition collective à la Bibliothèque nationale. Il obtient le prix Kodak. 1949 En signant un contrat avec le magazine Vogue, il devient photographe de mode et de mondanités. 1950 Le magazine Life lui commande un reportage sur les amoureux de Paris. 1951 Exposition au musée d Art moderne de New York, avec Willy Ronis, Brassaï et Izis. 1956 Il reçoit le prix Niepce et photographie Raymond Queneau. 1960 Exposition au musée d Art moderne de Chicago. 1968 Voyage en URSS, pour La Vie ouvrière. Expositions à Paris, à la bibliothèque nationale, et à Marseille, au musée Cantini. 1971 Tour de France des musées régionaux avec Jacques Dubois et Roger Lecotté. 1973 François Porcile réalise un court-métrage intitulé Le Paris de Robert Doisneau. 1977 Exposition Six photographes en quête de banlieue, au centre Pompidou à Paris.
1978 Les passants qui passent, au musée d Art moderne de la Ville de Paris. 1979 Contrejour édite Trois secondes d éternité, un album qui contient 143 photos. 1983 Grand Prix national de la Photographie. 1984 Nouveaux paysages urbains, commande officielle de la DATAR. A l Institut Lumière de Lyon, exposition des photos réalisées sur le tournage du film Un dimanche à la campagne, de Bertrand Tavernier. 1985 Réalise des portraits de personnalités pour le magazine Femme. 1986 Prix Balzac 1986 1990 Un certain Robert Doisneau, exposition itinérante (Paris, Nancy, Bordeaux, Tours, Rome, Madrid,...). 1988 Première exposition des photographies réalisées chez Renault à la Grande Halle de la Villette. 1989 Les albums et autres ouvrages s enchaînent : À l imparfait de l objectif chez Belfond et Les Doigts pleins d encre chez Hoëbeke. 1990 Lettre à un aveugle sur des photographies de Robert Doisneau de Sylvain Roumette. 1992 Film réalisé par Sabine Azéma, Bonjour Monsieur Doisneau, pour fêter ses 80 ans. 1993 Film réalisé par P. Cazals, Doisneau des villes, Doisneau des champs. Question de lumières, conversation entre Doisneau et Henri Alekan. 1994 Robert Doisneau meurt le 1 er avril à Paris. Il est enterré auprès de sa femme Pierrette dans le petit village de Raizeux en Beauce, où ils s'étaient rencontrés. 1995 Rétrospective au musée Carnavalet de Paris (400 tirages présentés, dont 250 originaux ainsi que des planches contact et des pages de revues).
AUTOUR DE L'EXPOSITION Visites commentées gratuites : les dimanches 29 mai, 26 juin, 10 et 24 juillet et 7 août à 16h Conférences par Arno Gisinger, spécialiste de l'histoire de la photographie - Robert Doisneau : la photographie entre document et mise en scène le 19 mai à 10h30 - La photographie et le réalisme pictural le 20 mai à 10h30 Lectures par la Cie Mala Noche Samedi 11 juin et dimanche 3 juillet à 15h. Public scolaire - Visite commentée des expositions - Travail d'équipe : visites-ateliers. La visite-atelier s'inspire de la démarche de Doisneau : guidés par une plasticienne, de petites équipes s'activeront à la création d'un véhicule, identifiable ou imaginaire, sur papier grand format. Chaque participant sera en même temps photographe/portraitiste de ses coéquipiers appliqués la réalisation de l'œuvre commune. Les photos numériques pourront être récupérées sur CD. Contacts Public scolaire : Agnès Henry 03 81 87 80 66 Inscription obligatoire au 03 81 87 80 49 Jeune Public Stage de 3 jours pendant les vacances même contenu que pour les groupes scolaires Les 6,7 et 8 juillet de 9h30 à 11h30 - A partir de 6 ans Inscription obligatoire au 03 81 87 80 49-1,50 par séance Pour les autres groupes, réservations auprès de l'office de Tourisme de Besançon au 0 820 32 07 82
INFORMATIONS PRATIQUES ADRESSE ET HORAIRES Musée des Beaux-Arts et d'archéologie 1 place de la Révolution - 25 000 Besançon tél. 03 81 87 80 49 - Télécopie 03 81 87 80 64 musee-beaux-arts-archeologie@besancon.fr - http://www.besancon.fr Ouvert tous les jours sauf le mardi et le 1 er mai De 9h30 à 12h et de 14h à 18h, le samedi et le dimanche de 9h30 à 18h ACCES Depuis la gare SNCF : taxis ou bus direction Centre Ville. Le musée est 15mn à pied de la gare. A36-Lyon/Paris : sortie Besançon-Centre ; A36-Strasbourg : sortie Besançon RN 83 Strasbourg : toutes directions puis Centre Ville Suisse-Lausanne RN 57 : direction Centre Ville RN 73 Dijon et RN 273 Lyon : direction Centre Ville Parkings : marché, mairie. Pour autocars : Chamars ou Rivotte TARIFS Prix d'entrée Plein tarif : 5 - Tarif réduit : 2,50 (carte vermeil, membres d'association d'amis de Musées hors Besançon, villes jumelées, adhérents au réseau FRACAS/CEZAM sur présentation de leur carte, COS ville de Besançon, carte CTB, groupe à partir de 10 personnes) Entrée gratuite pour les jeunes de moins de 18 ans, et sur présentation de leur carte pour les étudiants, les groupes scolaires et leurs accompagnateurs, les demandeurs d'emploi et RMI, les handicapés, les Amis des Musées et des Bibliothèques de Besançon, les membres de l'icom et les familles nombreuses Tarif réduit pour tous le samedi Entrée gratuite pour tous les dimanches et jours fériés Billet valable au musée du Temps Animation (en plus de l'entrée) Tout public : 1,50 Groupe scolaire, sur réservation : 1,50 par élève Gratuit pour les écoles maternelles Pour les visites de groupes (hors scolaires) merci de prendre contact avec l'office de Tourisme de Besançon au 0 820 32 07 82
VISUELS DISPONIBLES POUR LA PRESSE 1. Robert Doisneau Celtaquatre près d'un arbre fruitier 1934 Fonds d'archives Renault Communication 2. Robert Doisneau Descente de Saint-Cloud en cabriolet 1935 Fonds d'archives Renault Communication 3. Robert Doisneau Frégate Amiral, reportage publicitaire 1954 Fonds d'archives Renault Communication PARTENAIRES Cette exposition a été réalisée par la Ville de Besançon, avec la collaboration de l'atelier Doisneau, Paris, et de Renault SAS. Elle bénéficie du soutien financier du ministère de la Culture et de la Communication/Drac Franche-Comté, du Fonds d'action et de Soutien pour l'intégration et la Lutte contre les Discriminations, de la Caisse d'allocations familiales du Doubs Cette exposition est parrainée par BNP PARIBAS réseau Est.