Christ dans le livre de Job Lorsque nous lisons la Parole de Dieu, il faut toujours y chercher le Seigneur Jésus (cf. Apoc. 19. 10b). Nous le rencontrerons à coup sûr à chaque page, même dans le livre de Job. Il est merveilleux de découvrir des caractéristiques du Seigneur Jésus dans ce livre écrit peut-être même avant ceux de Moïse. Je ne parlerai pas longuement de Job lui-même, mais je ferai plutôt ressortir dans ce livre quelques détails concernant le Seigneur Jésus. Plus précisément, j attirerai votre attention sur sept passages qui se rapportent d une façon ou d une autre à Christ. Selon certains, le livre de Job se situerait au temps des patriarches, entre Abraham et Moïse. Ce dernier pourrait bien en être l auteur. L âge de Job donné au dernier chapitre (Job 42. 16) et d autres considérations 1 permettraient d affirmer que le livre date de la même époque que celle des livres écrits par Moïse. Commençons d abord par résumer succinctement le livre. Résumé du livre de Job Les sept points suivants donnent un aperçu du livre de Job et en font ressortir les caractéristiques principales. 1. Le livre de Job raconte l histoire d un homme mis à l épreuve par Dieu. Job se laissera-t-il aller au découragement en présence de la puissance du mal ou saura-t-il affronter l adversité courageusement? L épreuve démontrera à Job que sa propre justice «Je suis plus juste que Dieu» (35. 2) ne fait pas le poids devant Dieu. D ailleurs, l homme ne peut pas en lui-même être juste devant Dieu (Rom. 3. 10). 2. Dans ce livre, Dieu sonde les cœurs et démontre leur véritable condition. Vers la fin du livre, Job constate son propre état et se voit dans la lumière de Dieu. À l instar de Job, nous sommes aussi éprouvés par Dieu. Sa discipline paternelle, pour notre bien (Rom. 8. 28), vise à nous rendre conformes à l image de son Fils bien-aimé. 3. Les leçons du livre de Job s appliquent à tous les hommes à travers les âges. La question du mal, en particulier, a préoccupé l homme avant la loi et sous la loi ; elle nous intéresse, nous qui sommes dans le temps de la grâce, de même que ceux qui vivront durant le millénium sur la terre. Pourquoi Dieu laisse-t-il le mal agir? Pourquoi permet-il les souffrances? Le livre ne répond pas à ces grandes questions. Cependant, Job est amené, par ses expériences, à se juger lui-même et à se fortifier dans la présence de Dieu. Nous verrons comment Job est même devenu un instrument utile pour Dieu. 1 Suite aux événements décrits dans ce livre, Job a vécu encore 140 années (ch. 42). Au début de son récit, Job avait déjà sept fils, lesquels étaient possiblement mariés, ayant des enfants. Job avait certainement l âge d un patriarche. Si l on réalise qu Abraham avait 175 ans lorsqu il est mort et qu Isaac en avait 180, Job a eu au moins cet âge lorsqu il mourra. Il est vraisemblable que Job ait vécu au moins le même nombre d années qu Abraham, et même un peu avant l époque de celui-ci, car beaucoup de détails dans le livre de Job nous montrent que les expériences décrites datent d une période pas très longtemps après le déluge. Note : pour l étude du livre de Job, voyez Job par G. André et «Le livre de Job» dans la série «Sondez les Écritures» volume 9, B&P, Valence, France. 1
4. Dieu se fait connaître en sa grandeur dans sa création et dans le contrôle qu il exerce sur toutes choses (Héb. 1. 2-3). En particulier, nous découvrons les voies de Dieu, c est-à-dire ce qu il se propose à l égard de ses créatures. Il est à l origine de tout, et il prend l initiative de poser des questions à Satan aux chapitres 1 et 2. 5. Nous voyons que Satan est un instrument, à son insu, pour accomplir les desseins que Dieu se propose dans sa grâce. Job ne s est pas occupé de Satan, contrairement à beaucoup de gens aujourd hui qui s occupent de Satan et de tout ce qu il fait. Or Satan n est seulement qu un instrument dans la main de Dieu, et doit être considéré comme tel. 6. L étude de la structure du livre de Job révèle sept parties. 1. Job 1. 1-12. Les premiers versets nous présentent un homme «parfait», semblable à Adam et Ève dans leur état d innocence avant la chute, vivant après celle-ci et aussi après le déluge. Satan se présente devant Dieu et le met au défi d éprouver Job, qui, selon Satan, servait Dieu purement pour ses propres intérêts. 1. Job 1. 13 à 2. 10. Job est éprouvé personnellement par Dieu de diverses façons. L Épître de Jacques nous enseigne que Dieu ne tente personne (Jacq. 1. 13-15), mais Il permet l épreuve qui affine le croyant, comme le feu affine l or afin de le purifier (vs. 3-12; cf. 1 Pi. 1. 7). Satan, lui, cherche à faire trébucher les croyants par des tentations. Dieu nous discipline pour notre profit, afin que nous participions à sa sainteté. III. IV. Job 2. 11 à 31. 40. Au cours de nombreux chapitres, la sagesse du monde se manifeste dans les propos des trois amis de Job. Leurs façons de réagir à l épreuve font appel à l expérience, à la tradition et à la logique. Selon eux, Job doit avoir commis un bien grand péché, peut-être inconsciemment, pour se trouver dans une telle situation. Job lui-même n était pas entièrement affranchi de cette philosophie. Job 32. 1 à 37. 24. Après que les paroles de sagesse humaine et celles de Job soient épuisées, entre en scène un autre homme, Élihu. Son nom veut dire : «Dieu c est lui» ou «C est Lui, mon Dieu». Il représente Dieu comme arbitre, ou médiateur, et explique les choses selon les pensées de Dieu. V. Job 38. 1 à 41. 25. Dans cette partie, Dieu répond à Job. Ce dernier reconnaît qu il est une créature de rien, qui n a rien à répliquer à l Éternel. VI. Job 42. 1-6. Job confesse qu il a parlé sans comprendre de choses trop merveilleuses pour lui. Il se repent donc dans la poussière et dans la cendre. VII. Job 42. 7-17. Job est restauré : l Éternel en parle comme de son serviteur et lui donne le double de tous ses biens précédents. Ainsi l état final de Job est d une qualité supérieure à son état d innocence avant l épreuve. Job mourut vieux et rassasié de jours. 7. Le livre de Job offre à tous les croyants des enseignements pratiques. Tous les êtres humains sont éprouvés et subissent des souffrances, semblables à celles décrites dans le livre. De plus, l histoire de Job n est pas sans nous rappeler l histoire de la nation d Israël éprouvée, mais qui sera bénie dans un jour futur. 2
Le message principal du livre de Job Malgré les malentendus et les manquements de ses amis, et malgré ses propres erreurs, vers la fin du livre, éclairé par Élihu et surtout instruit par Dieu lui-même, Job a compris le but que Dieu se proposait par le moyen des épreuves qu il lui imposait. En langage du Nouveau Testament, Job a compris «la fin du Seigneur». L Épître de Jacques fait une très belle référence à Job : «Voici nous disons bienheureux ceux qui endurent l épreuve avec patience. Vous avez entendu parler de la patience de Job, et vous avez vu la fin du Seigneur, savoir que le Seigneur est plein de compassion et miséricordieux» (Jac. 5. 11). Les croyants à qui Jacques s adresse, avaient probablement fait des expériences semblables à celles de Job, puisque l assemblée à Jérusalem avait été persécutée et plusieurs croyants avaient été dispersés en Judée et en Samarie (Act. 8. 1). Quant à nous aujourd hui, nous pouvons apprendre des leçons semblables que Job a apprises, telles que la compassion et la miséricorde du Seigneur à notre égard. Nous découvrons dans le livre des références au Seigneur Jésus. Considérons maintenant sept points en rapport avec Christ dans le livre de Job. (1) L holocauste et Christ Dans les premiers versets du livre de Job (1. 1-5), nous le voyons offrir des holocaustes car il craignait que ses fils aient péché. Job aurait dû offrir des sacrifices pour le péché, plus désignés pour les circonstances. Mais peut-être ignorait-il en quoi consistaient de tels sacrifices et connaissait-il seulement des holocaustes, comme Abel, Noé et les patriarches avaient offerts. Ceci pourrait suggérer que le livre de Job précède les livres de Moïse où l on trouve des sacrifices pour le péché. Néanmoins, cet holocauste avait le caractère d un sacrifice pour le péché. L holocauste fait référence à Christ qui s est offert comme victime volontaire à Dieu. Le terme signifie littéralement «ce qui monte vers Dieu». Au temps de Job, il n y avait pas de connaissances plus précises concernant les sacrifices, comme dans le livre du Lévitique. Dans le livre de Job, le mot «holocauste» décrit de façon générale un sacrifice offert à Dieu. Dans la Bible, l holocauste est l offrande la plus élevée à l Éternel, car elle représente Christ s offrant volontairement à Dieu comme sacrifice parfait, en odeur agréable. L Éternel reconnaît que son serviteur Job est le plus parfait et le plus droit parmi les hommes, craignant Dieu et se retirant du mal (2. 3). Toutefois, il ajoute dans ce même verset : «il reste ferme dans sa perfection». L holocauste offert par Job ne correspondait pas vraiment à sa vie pratique, car la perfection de Job n atteignait pas le standard de Dieu, la norme vue en Christ, car celui seul a glorifié Dieu dans sa vie; ensuite il s est donné en sacrifice à Dieu (Éph. 5. 2). Et par l offrande de lui-même, Christ a rendu parfaits à perpétuité ceux qu il a sanctifiés par l offrande de son corps (Héb. 10. 10-14). Job apprendra, par le moyen de l épreuve, la valeur de l holocauste et sa vie en sera transformée. Ses amis iront vers lui et offriront un holocauste pour eux (42. 8), car Job saura alors apprécier véritablement la valeur du sacrifice; ainsi, il priera pour ses amis et Dieu l aura pour agréable. Ce qui dans la vie de Job ne correspondait pas à l excellence de l holocauste, comme nous l avons mentionné plus haut, apparaît comme le fait de se croire plus juste que Dieu (35. 2). La colère d Élihu s enflamma contre Job parce qu il se justifiait lui-même plutôt que Dieu (32. 2). Nos vies de croyants correspondent-elles à l excellence de l Holocauste, du Seigneur Jésus lui- 3
même? Pour emprunter le langage de l apôtre Paul, marchons-nous d une manière digne de l appel dont nous avons été appelés, avec toute humilité et douceur, avec longanimité, nous supportant l un l autre dans l amour, nous appliquant à garder l unité de l Esprit par le lien de la paix (Éph. 4. 1-3)? Marchons-nous dans l amour, comme aussi le Christ nous a aimés et s est livré lui-même pour nous comme offrande et sacrifice à Dieu en parfum de bonne odeur (Éph. 5. 1-2)? C est la volonté de Dieu que nos vies soient en harmonie avec la personne excellente de son Fils bien-aimé. Celui qui offrait un holocauste posait sa main sur la tête de l holocauste, et s identifiait ainsi au sacrifice. D une façon semblable, nous avons cru au Seigneur Jésus et sommes vus par Dieu le Père comme rendus agréables dans le Bien-aimé (Éph. 1. 6). Quel privilège, quel défi! Puisque notre position devant Dieu est telle, il nous convient d honorer le Seigneur dans notre vie quotidienne. Nous serons alors véritablement la bonne odeur de Christ pour Dieu (2 Cor. 2. 15), à l image de Christ qui s est livré lui-même pour nous en parfum de bonne odeur (Éph. 5. 2). Christ, le parfait holocauste, se présente comme un objet pour notre foi : le Fils de Dieu dans sa personne (Matt. 3. 17 ; 17. 5) et dans son œuvre à la croix (Ps. 40 ; Héb. 10) a plu à Dieu qui l a haut élevé et lui a donné le nom au-dessus de tout nom (Phil. 2. 9). Il se présente aussi comme un exemple pour notre marche chrétienne : celui qui dit demeurer en lui, doit lui-même aussi marcher comme lui a marché (1 Jean 2. 6). Pour plaire à Dieu, Job devait marcher comme Christ marcherait sur terre plus tard ; Dieu lui-même a dû rendre Job conforme, pour ainsi dire, à ses pensées de l holocauste. À la fin seulement (ch. 42), Job répondra aux pensées de Dieu et deviendra un serviteur utile et agréable. Dieu doit aussi intervenir dans nos vies pour que nous puissions apprécier toujours plus son Fils, l holocauste parfait (voir p. ex. Gen. 22, Ex. 29 et Lév. 1) et pour que nous lui ressemblions davantage. (2) Christ comme médiateur Dans Job 9, nous trouvons la deuxième référence à Christ. Job souhaite qu il y ait un médiateur entre Dieu et lui : «Car Dieu n est pas homme, comme moi, pour que je lui réponde, pour que nous allions ensemble en jugement. Il n y a pas entre nous un arbitre [ou : médiateur] qui mettrait sa main sur nous deux.» (v. 32-33). Le livre nous fait voir Job en conflit avec Dieu. Job n avait pas péché, semble-t-il, mais Dieu l éprouvait, car Il avait vu quelque chose dans le cœur de Job que Satan ignorait. Or Élihu lui rappelle qu il avait dit «Je suis plus juste que Dieu» (35. 2), sans que l on sache si ces paroles avaient été prononcées avant ou durant l épreuve. Sans affirmer péremptoirement que Dieu était injuste, Job s élevait tout de même au-dessus de Dieu et cherchait à établir sa propre justice (cf. Rom. 10. 3). C est pour cette raison, vers la fin du livre, que Dieu permet à Job de se voir dans la lumière divine. Job comprend alors que Dieu est absolument juste, car il est amour et lumière dans son essence et sa nature (1 Jean 2. 29 ; 4. 16 ; 1. 5). Il avait compris qu il avait besoin d un médiateur pour traiter avec Dieu. En réalité, cette nécessité d un médiateur précède chez l homme sa compréhension de l holocauste. Job a donc reconnu son besoin d un médiateur pour se tenir devant Dieu. Mais nous savons que le Médiateur est venu plus tard dans la personne de l homme Christ Jésus (1 Tim. 2. 5)! Le médiateur est appelé à faciliter l accord entre deux parties et doit se montrer impartial. Le Seigneur Jésus-Christ l a été parfaitement. Il a trouvé, ou plutôt il a été, la solution aux exigences de sainteté et à l amour de Dieu envers sa créature déchue. Il a permis à la 4
créature de se réconcilier avec Dieu. «Christ a souffert une fois pour les péchés, le juste pour les injustes, afin qu il nous amenât à Dieu, ayant été mis à mort en chair, mais vivifié par l Esprit» (1 Pi. 3. 18). Pour Job et pour nous, Christ a pu jouer ce rôle de médiateur parce qu il était parfaitement Dieu (la Parole était Dieu : Jean 1. 1) et parfaitement homme (la Parole devint chair : Jean 1. 14). Paul ajoute que le mystère de la piété est grand : Dieu a été manifesté en chair (1 Tim. 3. 16). On peut distinguer dans la personne du Seigneur Jésus les traits de la parfaite humanité du Fils de l homme et de la parfaite divinité de Fils de Dieu, mais il s agit de la même personne : mystère insondable! Le Seigneur Jésus a réglé la grande question : «Comment l homme peut-il être juste devant Dieu?» (Job. 9. 2 ; 25. 4), en devenant le Médiateur et aussi l Holocauste. «Car Dieu est un, et le médiateur entre Dieu et les hommes est un, l homme Christ Jésus, qui s est donné lui-même en rançon pour tous, témoignage qui devait être rendu en son propre temps» (1 Tim. 2. 5-6). Je souligne l expression «l homme Christ Jésus» qui met l accent sur son humanité. Mais, il fallait qu il soit aussi Dieu pour répondre aux exigences de la justice et de l amour divins. Job avait constaté qu il n y avait pas de médiateur (9. 32-33). Plus tard, il est touchant de noter son désir, son besoin même, d avoir un tel médiateur : «Que n y a-t-il un arbitre pour l homme auprès de Dieu, et pour un fils d homme vis-à-vis de son ami!» (Job 16. 21). Tout être humain a besoin d un médiateur pour s approcher de Dieu, mais il lui faut d abord accepter cette vérité. Job a compris sa nécessité, comme un malade accepte de se faire traiter par un médecin, premier pas du processus de guérison. Job savait qu un tel médecin vivait en la personne de son Rédempteur. (3) Mon Rédempteur La troisième référence à Christ se trouve au chapitre 19. Ici, nous voyons que Job a fait un grand pas. Il dit : «Je sais que mon rédempteur est vivant...» (v. 25). Pouvez-vous prononcer de telles paroles? «Et moi, je sais que mon rédempteur est vivant, et que, le dernier, il sera debout sur la terre». Ce verset est très important, car il marque un véritable progrès par rapport à la compréhension de la médiation de Christ. Job peut dire qu il sait une chose : son Rédempteur est vivant! Non pas seulement le rédempteur, mais son Rédempteur est vivant. Une relation personnelle, et vitale, existe entre Job et le Rédempteur. De nombreuses personnes savent certaines choses au sujet de Dieu et connaissent la doctrine chrétienne presque par cœur, mais elles ne peuvent pas dire «mon rédempteur», parce qu elles n ont pas un tel lien intime et personnelle avec Dieu. Ce Rédempteur est aussi le Créateur et le Juge, comme nous le constatons souvent dans le livre de Job. Celui qui a créé toutes choses (Col. 1. 16) jugera plus tard la terre habitée (Act. 17. 31). Devant son Créateur, chaque être humain est responsable et devra rendre des comptes. L enfant, déjà, est imputable à Dieu, parce qu il est son Créateur : «Souviens-toi de ton Créateur dans les jours de ta jeunesse» (Eccl. 12. 1). Il ne faut pas attendre d être parvenu à notre vieillesse, ce sera trop tard. Il faut se souvenir de son Créateur durant sa jeunesse. Si les gens ne connaissent pas Dieu comme Créateur, ils ne le connaîtront pas non plus comme leur Rédempteur personnel. Ce Rédempteur est-il véritablement votre Rédempteur? Si oui, appréciez-vous la grandeur de sa personne et de son œuvre? 5
Nous trouvons un lien entre le Créateur et le Rédempteur dans l Apocalypse. La gloire, l honneur et la puissance sont rendus à celui qui a créé toutes choses (4. 11) ; les croyants l adoreront éternellement. Ensuite, au chapitre 5, nous voyons notre Rédempteur comme l Agneau au milieu du trône et sur le trône. Nous nous prosternerons également devant le Rédempteur. Nous concluons qu il est important de connaître le Seigneur Jésus comme Créateur afin de le connaître et de l apprécier comme Rédempteur. Les personnes qui ne le reconnaissent pas sous ces deux aspects devront lui faire face comme Juge. Jean 5. 27 mentionne que le Père a donné à Jésus l autorité de juger parce qu il est Fils de l homme. Dieu va donc juger toute la terre même ce vaste univers par un Homme. Quel privilège pour nous, qui croyons au Seigneur Jésus, de le connaître avec Job comme notre Rédempteur et de savoir qu il n y a maintenant aucune condamnation parce que nous sommes en Lui (Rom. 8. 1)! Explication du terme Goël «Rédempteur» traduit le terme hébreu Goël. Celui qui nécessitait un rédempteur faisait partie du peuple de Dieu et était devenu esclave à la suite d un endettement ou d autres circonstances fâcheuses. En hébreu, trois termes différents décrivent la rédemption ; en grec, il y en a deux. Le mot employé dans le livre de Job est Goël. Il est parfois traduit par «celui qui a le droit de rachat» et fait référence à un proche parent. Ainsi, le Seigneur Jésus a participé au sang et à la chair comme nous (voir Héb. 2. 14). Pour pouvoir nous racheter, la Parole est devenue chair et a habité au milieu de nous (Jean 1. 14). Et nous, comme Israël, nous étions sous l esclavage du péché et dans la misère morale, mais le Seigneur Jésus est devenu notre Rédempteur. Grand vainqueur sur Satan, le péché et la mort, Il est toujours vivant. Précédemment, nous avons vu le lien entre le Créateur et le Rédempteur, mais maintenant nous constatons aussi l existence d un lien précieux entre la vérité de la rédemption et celle de la résurrection. Apocalypse 1 nous introduit le Seigneur Jésus comme le juge futur, comme le parfait témoin de Dieu ainsi que comme celui qui a été ressuscité et qui vit maintenant et pour toujours. Sans la résurrection du Seigneur Jésus, la rédemption est impossible. Romains 4-6 et 1 Corinthiens 15 nous enseignent cette vérité. Nous remarquons donc que la rédemption ne s opère pas seulement par «la Parole devenue chair» (le Seigneur Jésus fait homme), mais par un Homme ressuscité. Il a ôté le péché par sa mort, ayant subi le jugement de Dieu à notre place. Dieu l a jugé et a condamné le péché en lui (2 Cor. 5. 21). Il l a retranché de la terre des vivants (Ésa. 53. 8), mais il l a aussi ressuscité (Act. 2. 24). Notre Rédempteur est donc vivant, ayant réglé la question du péché, et vit pour toujours. Il sera «debout sur la terre», ce qui suggère son règne futur et son autorité. Prophétiquement Job a proclamé la vérité de la résurrection de Christ et son règne à venir. Lorsqu il nous a rachetés, le Rédempteur a acquis tous les droits sur nous et ainsi nous pouvons le servir. Notre situation antérieure était sans issue, à l image d Israël s enfuyant d Égypte et faisant face à la mer Rouge, représentant une mort certaine si l armée du Pharaon les y poussait (cf. Exode 14). Or le Seigneur Jésus est mort pour nous afin que nous puissions, pour ainsi dire, entrer à sec dans la mer, figure de la mort. Lui est mort véritablement, nous sommes morts figurativement avec lui. Il a porté tous nos jugements et nous a délivrés de cet esclavage terrible du Pharaon, image de la puissance du péché et de celle de Satan. Le Seigneur Jésus est intervenu pour devenir notre Rédempteur et nous tirer de notre situation désespérée. Quelle précieuse expres- 6
sion : «mon Rédempteur est vivant»! Goël et les deux autres termes hébreux pour désigner un rédempteur font toujours référence à une situation pénible. Le Rédempteur est celui qui intervient pour nous tirer d une situation dont nous ne pouvons pas nous sortir nous-mêmes. Le Seigneur Jésus est même venu dans ce monde en se manifestant en chair pour nous racheter. (4) Christ comme la sagesse de Dieu Job 28 nous présente le Seigneur Jésus comme la sagesse de Dieu. Christ, holocauste parfait, médiateur et rédempteur, correspond à cette sagesse divine qui a trouvé une solution pour sauver l homme pécheur. Nous sommes plus ou moins familiers avec la pensée que le Seigneur Jésus est la sagesse de Dieu. Dans Proverbes 8, nous trouvons déjà la sagesse de Dieu personnifiée. Mais dans le Nouveau Testament (en 1 Cor. 1 et 2), nous rencontrons Christ comme Il est présentement comme Homme au ciel, comme étant la sagesse de Dieu et la puissance de Dieu. La sagesse de Dieu se manifeste dans le fait que le Christ Jésus nous a été fait sagesse de la part de Dieu (1 Cor. 1. 30), ce qui implique que toutes nos ressources sont en Lui. Selon sa compréhension des choses, Job constate que la sagesse ne se trouve pas sur cette terre : «Mais la sagesse où la trouvera-t-on, et où est le lieu de l intelligence? Aucun mortel n en connaît le prix et elle ne se trouve pas sur la terre des vivants» (Job 28. 12). Il a fallu que Dieu introduise Christ, en qui tous les trésors de la sagesse et de la connaissance sont cachés (Col. 2. 2). Maintenant, si j affirme que Christ est la sagesse de Dieu, est-ce que je connais cette sagesse personnellement? Jacques 3. 13 nous pose la question : «Qui est sage et intelligent parmi vous?» Comme nous l avons fait pour l holocauste, demandons-nous si nos vies de croyants correspondent à l excellence de la Sagesse, le Seigneur Jésus lui-même. Notre sagesse est-elle seulement selon les critères de ce monde ou selon Dieu? Jacques parle de «la sagesse d en haut» dans un sommaire de sept points : elle est (1) pure, (2) paisible, (3) modérée, (4) traitable, (5) pleine de miséricorde et de bons fruits, (6) sans partialité, et (7) sans hypocrisie (3. 17). Ainsi, nous trouvons toutes les ressources dont nous avons besoin dans le Seigneur Jésus venu du ciel et qui y est retourné. Par lui, d une part, Dieu a pu régler la question du péché et racheter l homme ; d autre part, il maintient par son Fils les justes exigences de sa sainteté qui ne peut tolérer le péché. Christ est donc le parfait médiateur selon la sagesse de Dieu. Nous pouvons découvrir cette sagesse divine, assis aux pieds du Seigneur, comme Marie dans les Évangiles. La sagesse divine consiste d abord en ceci : «Voici, la crainte du Seigneur, c est la sagesse, et se retirer du mal est l intelligence» (Job 28. 28). Job s était retiré du mal comme nous le constatons au chap. 1. C est quelque chose aussi à notre portée. Notre connaissance et intelligence peuvent être limitées, mais nous pouvons faire preuve de sagesse en nous retirant du mal par crainte du Seigneur et par un souci de respecter ses droits. Dans un tel chemin d obéissance, nous apprenons beaucoup du Seigneur Jésus qui s est retiré du mal en tout temps, mais qui est toujours demeuré «accessible» aux pécheurs. Lui, la sagesse de Dieu, il a révélé la sagesse de Dieu. (5) Christ : un messager et un interprète Au début du chapitre 32, après que Job a terminé de parler, Dieu introduit Élihu, le quatrième ami de Job. Dieu se sert d Élihu (nom qui signifie «Dieu avec lui»), pour régler le problème de Job. Élihu représente Dieu et introduit Job, pour ainsi dire, dans la présence de Dieu. De même, dans nos vies, la présence de Dieu règle toutes choses. En être conscient nous gardera dans un sentier de droiture. Si on oublie la présence de Dieu, la porte s ouvre au mal sous toutes ses 7
formes. Par contre, en marchant dans la conscience de la présence de Dieu avec nous, nous fermons la porte au mal. Christ nous montre en quoi consiste la droiture, comment il nous convient d agir devant Dieu. Ce rôle de Christ, nous le trouvons dans Job 33. 23 : «S il y a pour lui un messager, un interprète, un entre mille, pour montrer à l homme ce qui, pour lui, est la droiture». Le Seigneur Jésus est devenu ce messager en venant sur terre. Il a apporté le message de Dieu, étant Dieu lui-même. L Esprit du Seigneur était sur lui, parce qu il l avait oint pour annoncer de bonnes nouvelles (Luc 4. 18). Le mot hébreu pour messager s apparente à un autre mot traduit parfois par «œuvre». Dans la Parole, le Seigneur Jésus est vu comme le Chef-d œuvre de son Dieu. Il peut aussi véritablement interpréter la Bible, en montrant «les choses qui le regardent», comme nous le voyons dans Luc 24 lors de son entretien avec les deux disciples d Emmaüs. Nous avons, nous aussi, besoin d un tel interprète des Écritures afin d ouvrir les yeux de notre cœur (Éph. 1. 18) pour que nous saisissions les pensées de Dieu. Demandons au Seigneur de nous aider à comprendre lorsque nous lisons sa Parole. Nul n est semblable au Seigneur Jésus : il est «un entre mille». Il est vraiment unique, le seul capable de montrer à l homme en quoi consiste la droiture et quelles sont les pensées de Dieu. Ce messager, cet interprète fera d abord comprendre à l homme la nécessité de se repentir, de se juger dans la présence de Dieu. Job a dû apprendre ces choses et nous devons le faire aujourd hui. (6) Christ comme la rançon «Il lui fera grâce, et il dira : Délivre-le pour qu il ne descende pas dans la fosse : j ai trouvé une propitiation [ou : rançon]» (Job 33. 24). Le sixième point de notre étude est Christ comme la rançon. Le Fils de l homme est venu pour donner sa vie en rançon pour plusieurs (Matt. 20. 28 ; Marc 10. 48). Nous avons lu dans 1 Timothée 2. 5 qu il est le médiateur entre Dieu et les hommes, mais Paul y parle aussi de rançon au verset suivant : «l homme Christ Jésus, qui s est donné lui-même en rançon pour tous...» Non seulement s est-il offert à Dieu en offrande agréable, mais il a aussi dû payer de sa propre vie le prix de notre rachat. Dieu est maintenant rendu propice pour tous ceux qui se repentent et demandent pardon pour leurs péchés. Voilà pourquoi il est notre rédempteur. Puisqu il nous a achetés à prix, il possède maintenant tous les droits sur nous (1 Cor. 6. 19-20). (7) Le serviteur qui intercède À la fin du livre, nous trouvons Job comme le véritable serviteur qui intercède pour d autres, un type du Seigneur Jésus. C est notre septième et dernier point, car Job a appris sa leçon en se taisant dans la présence de Dieu. Il se voit maintenant à la lumière de Dieu et peut adresser ces paroles à l Éternel : «Je sais que tu peux tout, et qu aucun dessein n est trop difficile pour toi» (42. 2). Il ajoute au v. 6 : «C est pourquoi j ai horreur de moi, et je me repens dans la poussière et dans la cendre». Nous devons adopter cette position dans la présence de Dieu et nous prosterner comme le fit Abraham en Genèse 18. 2. Job se repent devant son Dieu, parce qu il connaît maintenant Dieu d une façon très personnelle : «Mon oreille avait entendu parler de toi, mais maintenant mon œil t a vu» (Job 42. 5). La seule position qu il nous convient de prendre devant Dieu en est une de repentance et d humiliation, d émerveillement devant sa grandeur et sa toutepuissance : «Je sais que tu peux tout» (v. 2). Job adopte la bonne attitude, qui est selon la sagesse de Dieu : «Écoute, je te prie, et je te parlerai ; je t interrogerai, et toi, instruis-moi.» (v. 4). Avant ce dernier chapitre, Job s était montré indocile parce qu il s était endurci envers Dieu. 8
Maintenant, toutes choses ont été jugées dans la présence de Dieu. Finalement, Job est devenu un instrument utile. Dieu veut que nous soyons des instruments utiles pour le Maître (2 Tim. 2. 21). Au moins à quatre reprises, Dieu parle de Job comme «mon serviteur». Nous le voyons ainsi à la fin de Job 42.7 et 8 : «mon serviteur Job priera pour vous». Voilà un serviteur de Dieu qui est maintenant un intercesseur! Job devient ainsi une image du Seigneur Jésus. Il peut prier pour ses amis difficiles. Après cela, Dieu rétablit Job : «Et l Éternel rétablit l ancien état de Job, quand il eut prié pour ses amis ; et l Éternel donna à Job le double de tout ce qu il avait eu.» (v. 10). De plus, «l Éternel bénit la fin de Job plus que son commencement» (v. 12). Dieu veut nous avoir dans la lumière de l holocauste, comme nous l avons vu au début, et là il peut nous bénir. Dans cette même lumière, nous sommes utiles quand nous prions pour d autres. Si nos vies ne sont pas conformes à l holocauste, Dieu ne prend pas plaisir en nous. Tous les croyants sont rendus agréables dans le bien-aimé devant Dieu : c est leur position. Mais Dieu veut que notre pratique (marche, condition) soit en accord avec cette position. C est pourquoi Job a dû parcourir ce long chemin jusqu à ce qu il puisse se tenir dans la présence de Dieu, ayant compris véritablement la signification de l holocauste, et être utile comme serviteur de Dieu. Un lien entre le premier et le dernier chapitre En terminant, nous suggérons un lien entre les chapitres 1 et 42 du livre de Job. Au début, Job ne comprend pas la véritable signification de l holocauste, et il devra apprendre cette leçon par le moyen de l épreuve. À la fin, une fois cette leçon apprise, Dieu peut se servir de Job pour être une bénédiction aux autres et pour représenter Christ. Dieu veut que vous et moi représentions Christ dans notre vie chrétienne. Pour cela, il faut le connaître comme le Médiateur, le Rédempteur, la Sagesse de Dieu, l Interprète, le Messager, la Rançon et le Serviteur qui intercède. Ce dernier aspect, celui du service d intercession comme étant un instrument du Seigneur, il nous est indispensable afin que notre foi ne défaille pas. Oui, nous devrions être aussi des intercesseurs, mais qui peut intercéder comme le Seigneur Jésus? Il prie et intercède continuellement pour les croyants. Malgré nos faiblesses, nous devrions aspirer à devenir de vrais serviteurs comme Job, que Dieu pouvait appeler : «mon serviteur». Combien Dieu aimerait appeler ainsi chacun de nous et nous employer pour servir ses intérêts! Que le Seigneur nous aide à présenter nos corps en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu, ce qui est notre service intelligent (Rom. 12. 1). Ce sera vivre comme un holocauste, mais en ayant toujours devant nous Christ, le véritable holocauste : «Christ nous a aimés et s est livré luimême pour nous, comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur» (Éph. 5. 2). Ainsi, il y aura une odeur agréable pour Dieu qui émanera de nos vies. Christ sera reproduit en nous et Dieu prendra plaisir de nous avoir ici dans ce monde. Alfred E. Bouter 9
L HOMME DU PAYS D UTS Se retirant du mal, cet homme craignait Dieu, Juste et droit, pour les siens véritable modèle. Dieu lui-même approuvait cette marche fidèle D un croyant vertueux. Bien certain qu éprouvé Job maudirait son Dieu, Satan va le frapper dans sa haine inhumaine : L Éternel le permet dans ses voies souveraines, Pour un but glorieux. Job, au sein du malheur, pourtant ne broncha pas, Atteint dans ses enfants, dans ses biens, dans son être. Accusé d un péché qu il ne pouvait admettre, Il lutta pas à pas. Ses amis se trompaient, voyant un châtiment. Devant le Tout-Puissant qui labourait son âme, Éclairant tout son cœur d une divine flamme, Il comprit son néant. Quel exemple pour nous : Job apaisé, soumis, Guéri de son orgueil, affranchi de lui-même, S abandonnant enfin aux soins du Dieu qui l aime, Priant pour ses amis! Courage, ô bien-aimés! Dieu veut briser nos cœurs ; Il poursuit dans notre âme un travail efficace, Préparant le fruit mûr que produira sa grâce Au sein de la douleur. P. Diedrichs 10
Cet article est distribué gratuitement et peut être reproduit sans modification pour la distribution gratuite. On peut se procurer un autre exemplaire de cette étude ou une liste de traités et d études, en communiquant avec l adresse suivante : «LES SAINTES ÉCRITURES» CP 677 Hawkesbury (Ont.) K6A 3C8 CANADA Adapté/imprimé le 11 septembre 2012-- Alfred E. Bouter Courriel : albouter@hawk.igs.net OU : alfredbouter@hotmail.com Internet : http://www.theholyscriptures.org/ Pour télécharger : http://www.theholyscriptures.org/alfredbouter/ 11