Hongrie 1894 New York 1985. Danielle MASTELLA Gérard AURIFEILLE

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Transcription:

Hongrie 1894 New York 1985 Danielle MASTELLA Gérard AURIFEILLE

inclassable pionnier de la photographie André Kertész, photographe hongrois naturalisé américain, est un acteur important de la scène artistique parisienne durant l entre-deuxguerres. Il a contribué à faire de la photographie un moyen d expression à part entière. Kertész a rejeté au cours de trois-quarts de siècle de pratique, les conventions du pictorialisme du début du siècle. Il a refusé tous les formalismes et a résisté à la valorisation de la compétence purement technique mise en avant dans les années 1970. Il a fait de la photographie non pas le reflet du réel, mais la matrice de formes nouvelles. Il a ouvert ainsi la voie à la photographie contemporaine.

André Kertész à New York. 10 octobre 1977 Andre Kertesz in the New York Public Library, 1982 André Kertész, inclassable pionnier de la photographie «Ma photographie est vraiment un journal intime visuel ( ). C'est un outil, pour donner une expression à ma vie, pour décrire ma vie, tout comme des poètes ou des écrivains décrivent les expériences qu'ils ont vécues», déclarait Kertész dont la grande variété d'approches résiste à toute classification. «À la différence d'henri Cartier-Bresson qui le considérait comme le maître absolu, Kertész n'avait aucune idée a priori de ce que devait être une photographie, ni de style unique et reconnaissable, mais une démarche intuitive, sentimentale, à l'écoute d'un monde intérieur», confirme Michel Frizot.

inclassable pionnier de la photographie Kertész aimait se mettre en scène. Ses autoportraits où il se représente dans une variété de situation illustrent sa créativité et sa sensibilité Self portrait with Elizabeth Salamon 1921

inclassable pionnier de la photographie Autoportrait avec des amis à l'hôtel des terrasses] 1926

inclassable pionnier de la photographie kertesz_self_1927 Paris kertesz_self_1949 Long Island

inclassable pionnier de la photographie Autoportrait 1929

inclassable pionnier de la photographie Distorsion n 41, 1933 [avec autoportrait d André Kertész] [Distorsion de Carlo Rim] [André Kertész au second plan] 1929

inclassable pionnier de la photographie [Autoportrait] 1970 [Autoportrait sculpté et fleurs] 1970

inclassable pionnier de la photographie Polaroid 1981 Polaroid 1981

inclassable pionnier de la photographie André Kertész aura partagé sa vie entre trois pays Hongrie, France et USA et il est d usage de distinguer trois périodes distinctes de son œuvre photographique, même si nombre d éléments communs se retrouvent, dont son regard sur les êtres et les rues, les objets, les atmosphères : La génèse hongroise (1894 à 1925) Le succès parisien (1925-1936) Le désenchantement américain (1936-1985)

Retour ANDRÉ KERTÉSZ La genèse hongroise (1894-1924)

La genèse hongroise (1894-1924) C est en Hongrie, son pays natal qu il découvre la photographie de façon instinctive et passionnée. Ses débuts de photographe André Kertész est né le 2 juillet 1894 dans une famille de la bourgeoisie juive de Budapest. Il rêve très tôt de devenir photographe. Diplômé en 1912 de l Académie de commerce, il obtient un emploi à la Bourse de Budapest. Ses premiers gains seront consacrés à l achat d un appareil photographique, un ICA avec plaques format 4,5 x 6 cm. Garçon endormi 1912 Ce «Jeune homme dormant» de 1912 est presque invisible, comme les songes qui semblent l habiter. Kertész vient d acheter son premier appareil et la maîtrise de la composition frappe par sa force.

La genèse hongroise (1894-1924) Les sujets de cette époque sont, dans leur majorité, surtout son frère, sa famille, son environnement immédiat. Il commence aussi à photographier la vie quotidienne dans les villages, les scènes de rue, la campagne hongroise. Il confère à ces instants de la banalité quotidienne qu il nommera «de petits riens», une dimension poétique par la précision des lumières, les dégradés de gris, ce «poli de la surface» (selon Flaubert), toujours à la recherche de ses propres sentiments. Il déclare que «ce n est pas le sujet qui fait une photographie, mais le point de vue du photographe».

La genèse hongroise (1894-1924) Ondes ; [Plan d'eau] 1913 Neige d'avril [Homme marchant dans la neige] 1913

La genèse hongroise (1894-1924) Kertész ne se départira jamais de son intérêt pour les sujets «simples» : nature, badauds, animaux, maisons. Observateur attentif, il guette les ombres sur les lumières, les lignes ou les tâches qui brisent des équilibres trop parfaits, toujours à la recherche de ses propres sentiments. Boskay Ter [Homme marchant dans une rue de nuit] 1914 Une rue de nuit - Budapest 1914

La genèse hongroise (1894-1924) Ràkos Patak [Chevaux s'abreuvant sous un pont] 1914 Sziget Becse 1914

La genèse hongroise (1894-1924) Manifestation - 1916 Tendre toucher - Bilinski - 1915

La genèse hongroise (1894-1924) Petites oies ; [Fillette gardant des oisons 1918 Enfants tziganes 1917 La Lecture, Esztergom, 1915 Presque toutes ses images comportaient un trait commun : elles abordaient des thèmes présentant une certaine tendresse

La genèse hongroise (1894-1924) Témoignages de guerre En 1914, il sert dans l armée austrohongroise. Il photographie en amateur ses camarades de régiment, au front comme lors de sa convalescence après sa blessure. Il ne photographie pas de scènes de guerre ou d héroïsme, mais les humbles évènements répétitifs et anodins qui font la vie et la survie des tranchées. Il publie ses premières photographies dans un magazine, certaines sont reproduites en cartes postales. De nombreux négatifs de cette période ont été détruits pendant la révolution hongroise de 1919. Mobilisation [Hommes devant le bureau de recrutement] 1914

La genèse hongroise (1894-1924) Jeune militaire pliant ses habits 1915 Gologory ; [Quatre soldats hongrois sur des latrines naturelles] 1915

La genèse hongroise (1894-1924) Militaires dans les tranchées 1915 Militaires dans les tranchées 1915

La genèse hongroise (1894-1924) La lettre aux siens [Un soldat écrit une lettre sur un banc public] 1916 Zebegeny ; [Quatre hommes se lavant dans la rivière] 1915

La genèse hongroise (1894-1924) Gorz ; [Jeune militaire écrivant une lettre] 1915 En attendant le crépuscule avant de rejoindre le front 1915

La genèse hongroise (1894-1924 Deux soldats blessés 1918

La genèse hongroise (1894-1924 Départ des soldats turcs ; [Embarquement sur un bateau] 1918 Soldat et taureau 1917

La genèse hongroise (1894-1924 Sa Hongrie natale De 1918 à 1925, il reprend son emploi à la Bourse de commerce de Budapest et continue à photographier sa Hongrie natale. «Ma jeunesse en Hongrie est pleine de souvenirs doux et chauds». En 1919, le magazine L Art vivant écrit une défense de la photographie comme discipline artistique et se sert des œuvres de Kertész pour illustrer son propos. Barque sur un plan d eau - Duna Haraszti 1920

Les mains de ma mère 1919 André Kertész, La genèse hongroise (1894-1924) «Je n ai jamais juste pris des photos, dira-t-il plus tard, je m exprime moi-même par la photographie.» Les mains de ma mère 1919 Se décrivant comme «éternel amateur», il se révèle en fait virtuose dans tout ce qu il essaye

La genèse hongroise (1894-1924) Mon frère Eugène (Jenö) à Duna Haraszati 1919 Duna Haraszty ; [Le frère du photographe, nu sur un rocher, un plan d'eau en arrière plan] 1920

La genèse hongroise (1894-1924) Autoportrait avec mon frère 1919

La genèse hongroise (1894-1924) Le faune dansant, Hongrie, 1919

La genèse hongroise (1894-1924) Femme assise sous un arbre Braila - 23 Octobre 1918 Femme dans une ruelle 1918

La genèse hongroise (1894-1924) L entrée d un restaurant - Szarvas 1919 Une scène calme très typique à Tisza Szalka - Tisza Dimanche après-midi ; [Jeunes filles et enfants allongés dans l'herbe] 1919

La genèse hongroise (1894-1924) Ce nouveau réalisme qui, après la première guerre mondiale, portera le nom de «Nouvelle Objectivité» est comme un retour à l âge d or de la photographie. Le monde peut être fixé tel qu il est Circus (Le cirque), 1920

La genèse hongroise (1894-1924) Paysage hongrois ; [Puits à balancier au milieu de la plaine 1920 Budafok ; [Celliers] 1919

La genèse hongroise (1894-1924) Violoniste errant - Hongrie - 1921 Nourrir les canards en fin de journée - Tisza Szalka - 1924

La genèse hongroise (1894-1924) En Hongrie les pauvres gens dévorent les cadavres de boeufs qu'ils ont déterrés 1921 Madone villageoise [Femme allaitant son enfant] 1920

La genèse hongroise (1894-1924) Travaux des champs ;[Tri des épis de maïs] 1924 Le potager d'un paysan à Tisza Salka 1924 Abony, 23 juillet 1921 ; [Femme nue se cachant le visage

La genèse hongroise (1894-1924) Vue d'ensemble d'un village 1922 halage d'une péniche 1924

Retour André Kertész, La genèse hongroise (1894-1924) C'est cette célèbre image où le corps du nageur se noie dans un réseau de lignes éclatées par les rayons du soleil et les remous de la surface que l'aîné considère comme le point de départ de son oeuvre poétique, au sens plein du terme Nageur sous l'eau, Esztergom, 1917

Retour ANDRÉ KERTÉSZ Le succès parisien (1925-1936)

Le succès parisien (1925-1936) Profitant d une petite notoriété locale (il vient de recevoir le diplôme d honneur de la Société hongroise de photographie), André Kertész arrive à Paris en 1925, dans l espoir de devenir photographe professionnel. S ouvre alors le deuxième temps de sa carrière. C est là qu il change son prénom pour André, équivalent français de Andor. Place de la Concorde 1925

Le succès parisien (1925-1936) Montmartre Coupole de la basilique du Sacré-Cœur en arrière plan 1925

Le succès parisien (1925-1936) Quai de Bercy, Paris, 1925 Paris, Rue Vavin, 1925

Le succès parisien (1925-1936) Tour Eiffel 1925

Le succès parisien (1925-1936) Sous le pont 1925 Lecture sur les toits 1926

Le succès parisien (1925-1936) Paris, l'été un soir d'orage, 1925 Montmartre [Escaliers menant au Daisy bar la nuit] 1925

Le succès parisien (1925-1936) Rencontres littéraires et artistiques Il se lie aux artistes venus de l Est qui se retrouvent à Montparnasse, au café du Dôme, lieu de rendezvous de l avant-garde. Il fréquente les ateliers, rencontre de nombreuses personnalités littéraires et artistiques. Il réalise des portraits dont ceux de Mondrian, Léger, Chagall, Brancusi et Colette et devient très vite connu. Tihanyi, Café le Dôme 1925

Le succès parisien (1925-1936) Anne-Marie Merckel 1926 [Tristan Tzara] 1926 Marc Chagall F. Littmann 1926

Le succès parisien (1925-1936) Eisenstein 1930

Le succès parisien (1925-1936) Colette 1930 Piet Mondrian dans son atelier 1926

Le succès parisien (1925-1936) Mondrian, Pieter Cornelis (dit Piet) 1921 Chez Mondrian, Paris, 1926 «Je suis allé à son atelier et instinctivement j ai été tenté de capturer l'esprit de ses peintures» Retour

Le succès parisien (1925-1936) un objet peut être la représentation symbolique, l incarnation matérielle d un individu. L économie de formes des célèbres Lunettes et pipe de Mondrian et surtout la simplissime mais géniale Fourchette de 1928 vont définitivement inscrire Kertész dans le cercle avant-gardiste et surréaliste, même s il n y prétend pas. Les lunettes et la pipe de Mondrian 1926

Le succès parisien (1925-1936) L'atelier de Mondrian 1926 L'atelier de Léger et son assistant 1927

Le succès parisien (1925-1936) André Kertész réalise cette photographie peu de temps après son arrivée à Paris, en 1925. La danseuse Magda Förstner y prend la pose d'une sculpture réalisée par le compatriote du photographe, Etienne Boëthy. Le style Kertész, qui remet en question la perception du réel, est né Satiric Dancer, 1926

Le succès parisien (1925-1936) [Atelier d'artiste l'artiste et le modèle] 1930

Le succès parisien (1925-1936) Le poème d'ady 1927

Le succès parisien (1925-1936) Sur les quais 1926 [Têtes d'enfants sortant de la fenêtre d'une roulotte] 1926

Le succès parisien (1925-1936) La tour Eiffel vue depuis l'appartement de la rue de Vanves, la nuit 1926 [Bassin de Saturne] 1926

Le succès parisien (1925-1936) Pont Neuf [Homme pêchant depuis une barque] 1926

Le succès parisien (1925-1936) Joueurs de cartes 1926 Jeune garçon avec une baguette 1926

Le succès parisien (1925-1936) En 1926, il rencontre Brassaï, émigré hongrois comme lui, qu il initie aux techniques de la photographie de nuit. (La photographie de nuit est apparue après 1890 comme l une des possibilités nouvelles offertes par les plaques dites rapides, au gélatino-bromure d argent, qui donnaient accès aux lumières artificielles). Brassaï 1935

Le succès parisien (1925-1936) Notre Dame la nuit 1926 Square la nuit, Paris, 1926

Le succès parisien (1925-1936) Un petit square auprès de la gare Montparnasse la nuit 1927 Place Saint-Sulpice la nuit 1934

Le succès parisien (1925-1936) Pigalle, la nuit 1926

Le succès parisien (1925-1936) Regarder l'atmosphère, la réflexion. Pourquoi l ai-je fait de cette façon? Par instinct, je n'ai pas d'autre explication. Le sujet lui-même s est offert à moi et j'en ai profité Place de la Concorde - Paris, 1928

Le succès parisien (1925-1936) Reportages et expositions André Kertész avait fait un choix en Hongrie : contre le Pictorialisme ambiant qu il désapprouvait, il avait opté pour une photographie sans fard et sans apprêt, dont le support privilégié était le magazine, lieu de partage autant que médium mécanique et moderne. De 1925 à 1936, il travaille en indépendant pour divers magazines. C est avec Vu, le magazine créé par Lucien Vogel en 1928 et dont la stratégie médiatique consiste à diffuser l actualité culturelle par le canal de la photographie, que cette possibilité se fait jour. André Kertész sera l un des principaux collaborateurs de ce magazine d exception jusqu en 1936. Publicité dans la rue pour Vu 1928

Le succès parisien (1925-1936)

Le succès parisien (1925-1936) Jeune femme au volant d'une automobile de sport 1928

Le succès parisien (1925-1936) Miss France détail de l'oreille publié dans Vu 1930 Miss France ; détail de la bouche publié dans Vu 1930

Le succès parisien (1925-1936) VU, n 264, 5 avril 1933, double page 504-505

Le succès parisien (1925-1936) Brassaï à la tour Eiffel, coupure du magazine Vu

Le succès parisien (1925-1936) Madame Maurice Maeterlinck 1932 Manifestation d'étudiants 1927

Le succès parisien (1925-1936) Frédéric et Irène Joliot-Curie dans leur laboratoire 1932 [Le front populaire les grévistes des usines Renault] 1934

Le succès parisien (1925-1936) C est la même année qu il achète l un des premiers Leica importés en France. Ce petit appareil, léger et très maniable, correspond parfaitement à sa manière spontanée d aborder les scènes qu il remarque et les sensations éphémères qu il perçoit. C est l époque également où il réalise ses premières expositions, en particulier à la galerie d avant-garde dirigée par Jan Slivinsky «Au sacre du Printemps» à Paris en 1927. Ile de la Cité (Une des premières photographies que j'ai prise avec le leica) 1928

Le succès parisien (1925-1936) Plusieurs photographies sont publiées en 1928 dans la revue Bifur (premier magazine surréaliste créé par Pierre Lévy). [Mannequins dans la devanture d'un magasin] 1925 Bien qu il soit proche des dadaïstes et des surréalistes, André Kertész n appartient à aucun mouvement photographique. Détail tête d'un cheval de bois sculpté d'un carrousel 1929

Le succès parisien (1925-1936) La plaque de verre de cette vue des toits de Paris, a été cassée pendant le transport. Kertész décide néanmoins de tirer l'image telle quelle, jouant sur l'idée que le trou pourrait provenir d'une vitre brisée Assiette cassée, 1929

Le succès parisien (1925-1936) Le marché aux puces 1929 Le père Lambert; [Il manie sa baguette de sourcier] 1928

Le succès parisien (1925-1936) Montmartre 1927 Meudon - Paris - 1928

Le succès parisien (1925-1936) Vendeur de muguet à la sortie du métro 1928 Fête foraine, Paris, 1931

Le succès parisien (1925-1936) Chaises aux tuileries 1927

Le succès parisien (1925-1936) Marché aux animaux [Jeune garçon tenant un chiot dans ses bras] 1927 Ce jeune garçon pauvre qui tient un chien à peine né dans ses mains et penche sa joue vers lui (...) ne regarde rien. Il retient vers le dedans son amour et sa peur. «C est cela le regard» dit Roland Barthes. Au café 1928

Le succès parisien (1925-1936) Les binious de Pont-Aven 1929 Equilibristes à la fête foraine] 1929

Le succès parisien (1925-1936) Clock of the Académie Française, 1929 Le Pont des Arts (le Louvre à travers la vitre de l'horloge de l'institut), 1932

Le succès parisien (1925-1936) Sous la Tour Eiffel 1929

Le succès parisien (1925-1936) Carrefour 1930

Le succès parisien (1925-1936) Sculpture au marché aux puces 1930 Tour Eiffel 1930

Le succès parisien (1925-1936) Rue des ursins - 1931

Le succès parisien (1925-1936) Sécurité 1927

Le succès parisien (1925-1936) [Portrait satirique] 1930 Portrait déformé 1927

Le succès parisien (1925-1936) Champs moissonnés 1927

Le succès parisien (1925-1936) Ile-de-France [Paysage vallonné] 1928

Le succès parisien (1925-1936) [Vieille femme assise] 1930 [Vieille femme] 1930

Le succès parisien (1925-1936) Papillons posés sur un chardon 1930

Le succès parisien (1925-1936) En 1932, les épreuves du jeune photographe hongrois sont exposées à la galerie Julien Lévy de New York où se succèdent Chagall, Matisse, Mondrian et Picasso. En 1933, il réalise la célèbre série des Distorsions. L idée remonte à 1930 : pour le magazine Vu, il décide d aller faire des photos dans la salle des miroirs déformants de Luna Park, au bois de Boulogne. Suite à une demande d un propriétaire de magazine de charme (Le Sourire) de réaliser une série de nus féminins, il réalise une farandole de nus picassiens. Dans des miroirs déformants, les corps élastiques de femmes nues prennent des proportions extraordinaires. Distorsion n 68

Le succès parisien (1925-1936) Distorsion 1934 Distorsion n 150 1932

Le succès parisien (1925-1936) Distorsion n 165 1932 Distorsion N.6B 1933

Le succès parisien (1925-1936) Distorsion no. 172, 1933 Distorsion 49-1933

Le succès parisien (1925-1936) Distortion n 40, 1933 Distorsion n 117 1932

Le succès parisien (1925-1936) Distorsion n 82 Distorsion n 92

Le succès parisien (1925-1936) Distorsion n 161 1932 «Il suffisait d'un très léger mouvement du modèle pour que l'image se transforme de façon étonnante, passe du beau à l'horrible, et de l'épouvantable au rassurant, sans cesse» rapporte le photographe

Le succès parisien (1925-1936) Najinskaya, l autre modèles de Kertész Nadia Kasine, un des modèles des Distorsions allongé 1932 Najinskaya, un des modèles de Kertész, se serait écriée en voyant son corps ainsi déformé : «André, ce n est pas moi!» Ce à quoi le photographe rétorqua, en riant : «Oui, c est toi! Tu ne te reconnais pas! Mon appareil ne ment pas!»

Le succès parisien (1925-1936)

Le succès parisien (1925-1936) Il existe une certaine similitude entre les distorsions de Kertész et quelques oeuvres de Salvador Dali! MOMA, New-York, 1931 L'Enigme de Guillaume Tell, 1933

Le succès parisien (1925-1936) Les «Années Bonheur» Pierre Mac Orlan écrit en 1934, la préface de l album J aime Paris qui fait suite à d autres petits livres. Kertész est lancé. Elizabeth Saly est venue le rejoindre. Il l épouse en 1933 et, pour lui, Paris est synonyme de bonheur et d accomplissement, de liberté et de réussite. Mondrian et Colette, les danseuses, le Luxembourg, les toits et les lumières de Paris l enchantent. Partout, il découvre des anecdotes et des points de vue qu il fixe dans le rectangle du papier sans jamais verser dans les rigueurs démonstratives des écoles allemandes. Portrait de Pierre Mac Orlan [L'écrivain jouant de l'accordéon] 1927

Le succès parisien (1925-1936) Place de l'opéra à midi 1929 Au bon coin 1929

Le succès parisien (1925-1936) Arc de Triomphe de l'etoile 1929

Le succès parisien (1925-1936) Vue sur les toits 1936 Toits 1936

Le succès parisien (1925-1936) Quartier latin Mansarde 1936 [Cheminées] 1936

Le succès parisien (1925-1936) On sent dans toutes les images parisiennes, une volonté de construction graphique (référence au Bauhaus). S il recoure à la «vue d en-haut» ou «vue en plongée», l une des signatures de l avantgarde des années 20, ses méthodes lui viennent naturellement. Il n obéit pas aux règles et usages de l avant-garde. Pour lui la photographie n est pas un dessein professionnel correspondant à une demande, mais une proposition personnelle, authentique, émotive, qui fait de l appareil photographique, le transcripteur immédiat de ces percepts affectifs et instinctifs. Elizabeth et moi 1931

Le succès parisien (1925-1936) Pour Kertész la partie représente un concentré de la réalité qui en dit beaucoup plus que le tout. «Personne à ma connaissance n'était allé aussi loin dans le recadrage», explique Michel Frizot qui confronte un autoportrait de Kertész assis avec sa femme réalisé en 1931, avec les différents cadrages jusqu'à celui, magnifique, où n'apparaissent plus qu'une moitié du visage d'élisabeth et la main du photographe sur son épaule dans les années 1960. Elisabeth et moi

Le succès parisien (1925-1936) Quatre danseurs d'ida Rubinstein pendant une répétition du ballet tiré des Paysans de Schubert 1928

Retour André Kertész, Le succès parisien (1925-1936) Il manifeste un intérêt personnel pour les particularismes de l ombre, ce qui lui donnera une place de choix lors de l exposition de Stuttgart en 1929 lorsqu il présentera la célèbre Fourchette, application la plus éthérée de ce credo moderniste. [Etude avec une fourchette] 1928

Le succès parisien (1925-1936) Peintre d'ombre 1926

Le succès parisien (1925-1936) Chaises sur les contre-allées] 1929 [Une grille avec son ombre] 1933

Le succès parisien (1925-1936) Ombres 1931 Ombres 1931

Le succès parisien (1925-1936) Paris, Dubo Dubon Dubonnet, 1934

Le succès parisien (1925-1936) [Nature morte au violon] 1936 Nature morte au pigeon 1932

Le succès parisien (1925-1936) Le Studio de Kisling [Livres et masque mortuaire de Modigliani sur des étagères] 1932 [Le paysan, buste sculpté de Dalou] 1932

Le succès parisien (1925-1936) [Rondes d'enfants dans une cour d'école] 1933 [Ouvrier dans des installations électriques] 1936

Le succès parisien (1925-1936) Alice au pays des merveilles ou l'art d'avoir l'air d'écouter [Ecolière à sa table] 1936

Le succès parisien (1925-1936) Homme endormi sur un tas de briques] 1935 Tour Eiffel, Paris, 1933

Le succès parisien (1925-1936) Paysage de montagne 1933

Le succès parisien (1925-1936) Le pont au change 1932

Le succès parisien (1925-1936) Réflexions sur la douceur de vivre [Enfant assise sur un muret en pierre] 1933 Pureté brune et pureté blonde ; Deux fillettes se tenant par la main 1936

Retour ANDRÉ KERTÉSZ Le désenchantement américain (1936-1985)

Le désenchantement américain (1936-1985) En 1936, sa réputation établie et sans doute, l imminence du prochain conflit mondial, incitent Kertész à accepter un contrat aux Etats-Unis pour le compte de l agence Keystone, contrat qu il résiliera l année suivante. Son nouvel employeur, qu il traitera plus tard d escroc, cherche à utiliser son nom pour obtenir des commandes commerciales bien payées, mais sans intérêt et surtout, extrêmement rigides dans leur définition. Il se replie sur lui-même et décide de rentrer en Europe. La déclaration de guerre l en empêche. De 1937 à 1949, il collabore avec divers journaux. Comme il refuse d adapter son style et en raison de sa nationalité, ses reportages ne sont pas publiés. Oublié à Paris, incompris à New York, c est la rage au cœur qu il devient citoyen américain en 1944.

Le désenchantement américain (1936-1985) Il réalise quelques publications et contrats comme avec Condé Nast, éditeur de Vogue, de 1949 à 1962. Ce contrat lui assure la sécurité matérielle, mais suscite chez lui, une profonde tristesse face à l ennui de commandes convenues pour les revues de décoration du groupe. Pour lui-même, il réalise des natures mortes qui semblent répondre aux vues d intérieur chics qui constituent son quotidien professionnel. En 1952, il s installe sur la 5 ème Avenue. Il commence sur le thème de Washington Square, une série de photographies personnelles qu il poursuivra jusqu à sa mort et qui fera l objet d un livre en 1975.

Le désenchantement américain (1936-1985) En 1964, il expose au MoMa (Museum of Modern Art) de New York (ce musée avait été le premier musée américain a acheter une photographie de Kertész en 1941 à l occasion de l exposition Image of Freedom). Pourtant, l acquisition de ses premières œuvres par le MoMa se termine par une brouille retentissante, une de ses distorsions de nu ayant été recadrée pour qu on ne voie pas les poils pubiens.

Le désenchantement américain (1936-1985) Ventilateur [Bras s'extrayant d'un ventilateur d'un restaurant de la cinquième avenue] 1937 Etude de nu 1939

Le désenchantement américain (1936-1985) Poughkeepsie- New York - 1937 Rue sous le métro aérien 1937

Le désenchantement américain (1936-1985) [Homme regardant à travers une palissade] 1937 New York, Weehawken

Le désenchantement américain (1936-1985) Washington Square, New York, 1954 [Washington Square sous la neige] 1966

Le désenchantement américain (1936-1985) [La rue sous la neige] 1965 Beekman Terrace 1938

Le désenchantement américain (1936-1985) [Mur mitoyen d'une maison en cours de démolition] 1960 [Ombre de cheminées sur un immeuble] 1962

Le désenchantement américain (1936-1985) [Un homme dans une rue] 1953

Le désenchantement américain (1936-1985) Andre Kertesz, Disappearing act,1955

Le désenchantement américain (1936-1985) [Escalier, ombre et femme] 1951 New York, novembre 1962 ; [Promeneurs]

Le désenchantement américain (1936-1985) Peggy Guggenheim 1945

Le désenchantement américain (1936-1985) New York City, 19 avril 1938 New York - 1966

Le désenchantement américain (1936-1985) Flaque d'eau [reflet d'un gratte ciel] 1967 Park Avenue ; [Fontaine devant un immeuble à façade de verre] 1963

Le désenchantement américain (1936-1985) [Le Valiente dans le port de New York] 1963

Le désenchantement américain (1936-1985) [Toits et parc] 1959

Le désenchantement américain (1936-1985) Sans titre ; [Parc] 1946 Sans titre [Au pied du pont de Brooklyn, un jour de neige] 1947

Le désenchantement américain (1936-1985) Sans titre [Mac Dougal Alley, la nuit] 1962 Cheval blanc - New York - 1962

Le désenchantement américain (1936-1985) Créateur [Jeune femme modelant des sculptures en terre dans la rue] 1959 [Portraitiste au travail dans la rue] 1959

Le désenchantement américain (1936-1985) [Hommes adossés contre un mur] 1953

Le désenchantement américain (1936-1985) Isamu Noguchi 1945 [Isamu Noguchi dans son atelier] 1947

Le désenchantement américain (1936-1985) [Nature morte à l équerre] 1958

Le désenchantement américain (1936-1985) Oeil et lèvres 1970

Le désenchantement américain (1936-1985) Solitudes Il ne cessera de le répéter obsessionnellement jusqu à sa mort, ce voyage aux Etats-Unis sera maudit. Il part découvrir un monde nouveau en 1936, alors qu on lui proposait la nationalité française «pour raisons artistiques». Ce monde nouveau, il compte le photographier dans les moments infimes du quotidien, comme il le faisait à Paris, en flânant, en travaillant librement pour les journaux, en étant à la fois un photographe professionnel et un créateur. Il doit très vite déchanter. [Sablier à la fenêtre de l'appartement de Kertész] 1937

Le désenchantement américain (1936-1985) Il explore alors New York en accumulant les photographies de nuages emprisonnés dans les immeubles comme le Nuage égaré de 1937, un nuage qu il qualifie de «touchant» comme une sorte de projection de son désarroi personnel, l orthogonalité des buildings évoquant une liberté perdue, les traces dans la ville, les statues sous la neige, les toits hérissés de cheminées La mélancolie imprègne indéniablement toute l existence new-yorkaise d André Kertész. Le Nuage égaré, New York, 1937

Le désenchantement américain (1936-1985) [Gratte-ciel] 1937 [Nuages entre les immeubles] 1963

Le désenchantement américain (1936-1985) [Immeubles] 1962 [Immeuble]1970

[Homme repeignant les escaliers extérieurs d'un immeuble] 1949 André Kertész, Le désenchantement américain (1936-1985) Poughkeepsie- New York - 1937

Le désenchantement américain (1936-1985) [Pigeons sur une place] 1962 [Arbre sous la neige] 1965 Jusqu à la fin de sa vie, Kertész recherche les images de solitude, auxquelles il associe parfois des pigeons.

Retour André Kertész, Le désenchantement américain (1936-1985) Banc cassé 1962

Le désenchantement américain (1936-1985) Kertész n aimera jamais l Amérique, ses images n ont jamais été aussi tristes que celles prises à New York. Il n'est pas impossible que sa tulipe mélancolique corresponde à un petit soupir d'ennui et de regret de son cher et vieux Paris. Tulipe mélancolique New York, 1939

Le désenchantement américain (1936-1985) [Homme assis sous les arbres] 1955 [Femme lisant sur un toit] 1962

Le désenchantement américain (1936-1985) Clochard 1963 [Clochard lisant les journaux jetés dans une poubelle] 1959

Le désenchantement américain (1936-1985) Femme 1962 [Nature morte] 1963

Le désenchantement américain (1936-1985) Homme lisant assis sur un banc] 1963

Le désenchantement américain (1936-1985) New York, 1943

Le désenchantement américain (1936-1985) Chimneys, West 20th Street, 1943, Printed circa 1960

Le désenchantement américain (1936-1985) [Arbre en hiver devant une façade d'immeuble] 1962

Le désenchantement américain (1936-1985) Octobre 1944, Enfant lisant des bandes-dessinées dans une rue de New [Enfant jouant devant une palissade couverte d'affiches] 1959

Le désenchantement américain (1936-1985) La nostalgie de l émigré, le regret de la vie plutôt agréable à Paris, la frustration engendrée par l échec professionnel américain, l isolement dû à la langue, tous ces facteurs s additionnent pour le conduire à la dépression. «Je vis à New York, je travaille à New York, je photographie à New York, mais j aime Paris!»

Le désenchantement américain (1936-1985) Retours et renouveau, 1963-1985 Ayant pris sa retraite en 1961, Kertész renaît à la fois à la vie et à la photographie. Sollicité par la revue Camera pour un portfolio, il fait une sorte d inventaire de son oeuvre disponible, puis obtient en 1963, des expositions personnelles à la Biennale de photographie de Venise et à la Bibliothèque nationale de Paris, ce qui lui permet de séjourner dans cette ville qu il n a sentimentalement jamais quittée. Pont des Arts 1963

Le désenchantement américain (1936-1985) [Couple sur le Pont Royal] 1963 Un après-midi aux Tuileries [Un couple enlacé sur un banc] 1963

Le désenchantement américain (1936-1985) Les quais 1963

Le désenchantement américain (1936-1985) [Une péniche] 1963

Le désenchantement américain (1936-1985) Mon ami Brassaï, 1963

Le désenchantement américain (1936-1985) Cette période s inscrit dans un mouvement général de revalorisation de la photographie et des pratiques du passé. Elle a un effet vivifiant sur Kertész (il a alors 70 ans). L exposition itinérante «The Concerned Photographer» fait même de lui un pionnier du photojournalisme. Kertész continue sa quête permanente d images, aussi bien dans les villes qu il visite que de la fenêtre de son appartement.

Le désenchantement américain (1936-1985) [Pont sur un canal] 1963

Le désenchantement américain (1936-1985) [Sculpture de Bouddah dans un temple] 1968 [Hommes traversant une rue abrités sous leurs parapluies] 1968

Le désenchantement américain (1936-1985) [Insecte sur les pages d'un livre ancien] 1969

Le désenchantement américain (1936-1985) Le 1er janvier 1972, lors d un voyage à la Martinique, il capte, derrière une vitre dépolie, une silhouette évanescente et pensive qui semble être un reflet de luimême Cette vision nébuleuse du solitaire devant l infini maritime, dernière image de son ouvrage rétrospectif Soixante Ans de photographie, 1912-1972, est comme la conclusion toute provisoire de son activité. Martinique, 1971

Le désenchantement américain (1936-1985) [Bateaux sur le Lac Mohonk] 1971

Le désenchantement américain (1936-1985) [Washington square sous la neige] 1970 Sans titre, 1977

Le désenchantement américain (1936-1985) Smoke In Toronto, 1979

Le désenchantement américain (1936-1985) Le décès de son épouse Élisabeth en 1977, peu avant son exposition personnelle au Centre Georges Pompidou, l amène à s intéresser au Polaroid, qui va lui permettre une démarche plus introspective et où, comme toujours, l émotion détermine son activité photographique. Dans les 53 Polaroids regroupés dans le petit livre publié en 1981 «From my Window», dédié à Élisabeth, Kertész, toujours curieux de techniques nouvelles, capte en fait la lumière de ses souvenirs et les déformations de sa mémoire.

Le désenchantement américain (1936-1985) Retour vers une photographie créative L utilisation par Kertész du Polaroïd SX-70 est indissociable de la disparition d Elisabeth. Il débute ses travaux au polaroïd en 1979. C est l achat d un buste de verre qui l amène à élaborer, avec une énergie retrouvée, un certain nombre de compositions à partir de ce modèle installé sur le rebord de sa fenêtre. Ce buste lui rappelle irrésistiblement Elisabeth.

Le désenchantement américain (1936-1985)

Le désenchantement américain (1936-1985)

Le désenchantement américain (1936-1985)

Le désenchantement américain (1936-1985)

Le désenchantement américain (1936-1985)

Le désenchantement américain (1936-1985)

Le désenchantement américain (1936-1985)

Le désenchantement américain (1936-1985)

Le désenchantement américain (1936-1985)

Le désenchantement américain (1936-1985)

Le désenchantement américain (1936-1985) Pour certains clichés, le photographe secoue la feuille chaude à peine sortie de l'appareil pour que les formes et les couleurs se mélangent. Une lumière crépusculaire - jaune, orange, rouge - sature l'arrière-plan. estate_of_andre_kertesz_august_17_1981_2043_41

Le désenchantement américain (1936-1985) kertesz-from-my-windowrequiem-elisabeth-1979

Le désenchantement américain (1936-1985) En 1984, pour ses quatre-vingt-dix ans, il lui est demandé de refaire des distorsions de nus, mais le désir n y est plus. En revanche, Kertész a le bon goût d y apporter une ponctuation malicieuse et définitive, en l occurrence une distorsion de porte fermée. Il décède le 28 septembre 1985 à son domicile de New York. distortion_door_(1984)

ANDRÉ KERTÉSZ Conclusion

Conclusion Le ressort de son œuvre aura été de capturer l instant, tout en sachant qu au moment où on croit l avoir saisi, il est déjà parti. Pionnier dans un nouveau genre de photographies liées à l imaginaire plus qu au documentaire Kertész disait : «Je ne documente jamais, j interprète toujours avec mes images. C est la grande différence entre moi et beaucoup d autres ( ). J interprète ce que je ressens à un moment donné. Pas ce que je vois, mais ce que je ressens.» Pour cela, il n'hésitera pas à recadrer ses images, ne gardant que l'essentiel. C est sans doute à Henri Cartier-Bresson que Kertész doit son plus bel éloge : «Au déclic de l appareil de Kertész, je sens son cœur battre; une étincelle d Euclide surgit de son clin d œil, et tout cela, enfin, dans une admirable longévité de curiosité» (Janvier 1985).

Conclusion A l écart des écoles et des formalismes, André Kertész a poursuivi un parcours solitaire, souvent marqué par la difficulté. La reconnaissance internationale, aussi unanime que tardive, n a jamais modifié son point de vue : «J ai commencé à photographier instinctivement. Je n ai jamais essayé d imiter quelque peinture ou travail graphique que ce soit( )». Il a toujours considéré la photographie comme l instrument de nouvelles possibilités d écriture. Il a ouvert des voies, faisant le point à chaque étape par des livres et des expositions avant d aborder de nouvelles recherches. L originalité de Kertész tient à ce qu il a pu exprimer sa sensibilité, ses états d âme dans un contexte historique florissant. Il est l un des photographes majeurs du XXème siècle qui aura une influence déterminante sur toute une génération de photographes qui lui succèdera. La fourchette, le nageur d Esztergom, le Banc cassé ou L atelier de Mondrian comptent aujourd hui parmi les photographies les plus célèbres du XXème siècle.

Conclusion Elisabeth and I Self-portrait with Elisabeth. 1921

ANDRÉ KERTÉSZ Quelques repères d après jeudepaume.fr

quelques repères d après jeudepaume.fr 1894 Naissance le 2 juillet à Budapest d Andor Kertész. 1912 Premier appareil photographique. 1914 Enrôlé le 5 octobre dans l armée austro-hongroise. 1915 Grièvement blessé, il sera ensuite envoyé à l arrière du front. 1917 Publie ses premières photographies. 1919 Pratique constante de la photographie, avec la complicité de son jeune frère, Jenö. Rencontre Erzsébet Salamon qui deviendra sa femme en 1933. 1925 Kertész arrive à Paris le 8 octobre où il est enregistré à la préfecture de police en tant que «photo reporter». 1926 Il publie ses premières photographies dans des journaux allemands. Il rencontre Piet Mondrian. 1927 Première exposition personnelle à la galerie Au Sacre du Printemps, à Paris. 1928 Il achète son premier Leica et commence des reportages pour le magazine VU. Il participe à l exposition de l avant-garde photographique parisienne, le Salon de l Escalier. 1929 Il est présent aux expositions «Fotografie der Gegenwart» [Photographie Contemporaine], à Essen, et «Film und Foto», à Stuttgart. 1931 Commence à publier régulièrement dans Art et Médecine. 1933 Le 17 juin, il épouse Erzsébet Salamon, qui prend le nom d Élisabeth Kertész. Il publie son premier livre, Enfants.

quelques repères d après jeudepaume.fr 1934 Publication de Paris vu par André Kertész avec un texte de Pierre Mac Orlan. 1936 Élisabeth et André arrivent à New York le 15 octobre. 1937 Kertész travaille pour différents magazines. Première exposition personnelle à New York, aux PM Galleries. 1938 Il fait la maquette du livre de Robert Capa, Death in the Making. 1939-1941 Il rencontre des difficultés pour se procurer du matériel photographique, a des problèmes de santé et est freiné dans son activité du fait de sa nationalité. 1944 André et Élisabeth obtiennent la nationalité américaine. 1947 Il signe un contrat avec le magazine House & Garden, qui lui assurera un revenu régulier jusqu en 1961. 1952 Il s installe dans un appartement au 2 Fifth Avenue dominant Washington Square. 1959 Publication d un article sur Kertész dans Infinity, premier élément d une reconnaissance américaine et internationale. 1961 Il résilie son contrat avec House & Garden. 1962 Première exposition rétrospective à Long Island University, Brooklyn (New York). 1963 Parution d un article abondamment illustré dans Camera (Lucerne). Participation à la Biennale internationale de Photographie de Venise ; exposition personnelle à la Bibliothèque nationale à Paris. Il retrouve ses négatifs qui avaient été cachés pendant la guerre.

quelques repères d après jeudepaume.fr 1964 Grande exposition personnelle au MoMA de New York. 1967 Il est l un des six participants à l exposition itinérante «The Concerned Photographer». 1972 Publication de Soixante Ans de photographie 1912-1972. 1974 Publication de J aime Paris, Photographs since the Twenties. 1975 Publication de Washington Square. Invité d honneur des VIe Rencontres Internationales de la Photographie d Arles. 1976 Publication de Of New York et de Distorsions. 1977 Élisabeth décède le 21 octobre, peu avant l ouverture de son exposition rétrospective, organisée au Centre Pompidou, à Paris. Il crée, à New York, The André and Elizabeth Kertész Foundation. 1979 Travaux au Polaroid avec un appareil SX-70. 1981 Publication de From My Window, recueil de Polaroids en hommage à Élisabeth. 1982 Grand Prix national de la Photographie décerné par le ministère de la Culture à Paris. 1984 Il signe un acte de donation à l État français de ses négatifs, de ses archives et de sa correspondance (donation conservée aujourd hui à la Médiathèque de l architecture et du patrimoine, Paris). 1985 À l occasion d une exposition personnelle, il rend visite à son frère Jenö qui est hospitalisé, à Buenos-Aires. Peu après son retour, il décède le 28 septembre à New York. 2010 Rétrospective André Kertész, Jeu de Paume Paris

ANDRÉ KERTÉSZ Bibliographie succincte

bibliographie succincte En français : Kertész de Annie-Laure Wanaverbecq et Michel Frizot, Hazan, 2010 André Kertész, Danielle Sallenave : Actes Sud, Photo poche, 2007 André Kertész : la biographie d'une œuvre, Pierre Borhan, Seuil, 1994 André Kertész, Nöel Bourcier, Phaidon, 2001 L'odyssée d'une icône : Trois photographies d'andré Kertész, Anne de Mondenard, Actes Sud, 2006 André Kertész: Le photographe à l'œuvre, Evelyne Proriol, PUL Lyon,1997 André Kertész, textes Mac Orlan, Éditions D'Histoire et D'Art, 1934 André Kertész, Ma France, La Manufacture, 1990 André Kertész, Könemann, 1998 André Kertész, A ma fenêtre, Herscher, 1981 André Kertész, Distorsions, Chêne, 1976 André Kertész : Toulouse, du 1 au 31 avril 1979, Galerie municipale du Château d'eau André Kertész, made in USA, Éditions PC 2003 André Kertész, soixante ans de photographies. Nicole Dicrot, Chêne, 1972

bibliographie succincte En d autres langues : André Kertész A Lifetime of Perception, Harry N Abrams, 1982 André Kertész, On reading, W. W. Norton & Company, 2008 André Kertész - I Grandi Fotografi, Serie Argento.1983 André Kertész, Birds, New York : Mayflower Books, 1979 André Kertész, Landscapes, New York : Mayflower Books, 1979

ANDRÉ KERTÉSZ Vidéos

vidéos Ina : http://www.youtube.com/watch?v=_2ferkwuvf4 Jeu de Paume 2010 : http://www.youtube.com/watch?v=niot0dc7phy BBC 1983 en anglais (4 vidéos) : http://www.youtube.com/watch?v=10u_ei34kei&playnext=1&list=p L164F16788C844625&feature=results_video Vimeo : http://vimeo.com/46583369 La Croix : http://www.dailymotion.com/video/xf2s25_l-oeuvre-dekertesz-evoque-une-sor_creation

ANDRÉ KERTÉSZ Quelques mots d André Kertész

Quelques mots d André Kertész «Ma photographie est vraiment un journal intime visuel [...]. C est un outil, pour donner une expression à ma vie, pour décrire ma vie, tout comme des poètes ou des écrivains décrivent les expériences qu ils ont vécues. C était une façon de projeter les choses que j avais trouvées.» «Je ne documente jamais, j interprète toujours avec mes images. C est la grande différence entre moi et beaucoup d autres. [...] J interprète ce que je ressens à un moment donné. Pas ce que je vois, mais ce que je ressens.» «Une bonne photographie transmettra quelque chose non seulement à l œil, mais aussi à l intérieur. Les yeux ne sont jamais suffisants. Les yeux sont toujours entre l image et l âme [...] Je ne sors pas pour photographier. J ai toujours mon appareil avec moi et je m arrête pour photographier des choses qui me captivent. Souvent, je ne prends même pas une photo.»

Quelques mots d André Kertész «Je n ai jamais simplement "fait des photos". Je m exprime par la photographie» «Mon anglais est mauvais. Mon français est mauvais. La photographie est ma seule langue.» «On a dit que mes photos "semblent plutôt sortir d un rêve que de la réalité". Il y a une association inexplicable entre moi et ce que je vois.» «Je me considère toujours comme un amateur aujourd hui, et j espère que je le resterai jusqu à la fin de ma vie. Car je suis éternellement un débutant qui découvre le monde encore et encore.»

ANDRÉ KERTÉSZ Sources

sources http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/memsmn_fr http://www.universalis.fr/encyclopedie/andre-kertesz/ http://fr.wikipedia.org/wiki/andr%c3%a9_kert%c3%a9sz http://www.photoarago.fr/c.aspx?vp3=cms3&vf=gppo26_3_vform#/cms3&vf=gppo26_3_vform&erids= 2C6NU0OBY4CR:2C6NU0OBSIV4:2C6NU0OBM7C9:2C6NU0OO8VHB:2C6NU0O3KW60 http://www.lintermede.com/exposition-andre-kertesz-jeu-de-paume-retrospectivebiographie-parcours.php http://www.jeudepaume.org/index.php?idart=1187&lieu=1&page=article http://fluctuat.premiere.fr/diaporamas/andre-kertesz-la-photographie-pensive-3162808 http://www.google.fr/search?q=andr%c3%a9+kertesz+distorsions&hl=fr&sa=x&tbo=u&tbm= isch&source=univ&ei=crqpujkvd-g50qx2liggcg&ved=0ccwqsaq&biw=1366&bih=643 http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/csearchz.aspx?o=&total=500&fp=332336&e=2k1ktsgl600 NN&SID=2K1KTSGL600NN&New=T&Pic=122&SubE=2C6NU0TIY5EI André Kertész Photo poche André Kertész Télérama Album André Kertész document powerpoint de Jean-Paul Hennion

ANDRÉ KERTÉSZ Annexe

Retour André Kertész, Annexe Bauhaus_logo 1922

Retour André Kertész, Annexe ICA

Retour André Kertész, Annexe the Leica A of 1925-1936

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