La collation en maternelle / Encas dans les écoles Historique, avis des experts et conséquences négatives de la collation Dr Hélène Thibault Groupe de travail «La collation en maternelle/encas dans les écoles» Le 18/05/2010 à Bordeaux 1
Historique de la collation à l école 1954 : P. Mendès France distribution gratuite de lait à l école 1974 : Excédents laitiers subventions : règlements de la CEE 1983 et 1993 De nos jours enseignants : outil éducatif et social collation du matin : véritable institution dérive : distribution d autres aliments que le lait habitude prise pour l école et le collège 2
Collation et encas à l école : Situation en 2004 pour les enfants de primaire Enquête INCA Composition : aliments riches en sucres +++ et en graisse (biscuits, viennoiseries, confiseries ) Horaire : prises trop tardives pénalisent la consommation au déjeuner (légumes, féculents, produits laitiers et les fruits) Conséquences sur l équilibre alimentaire 3
Collation et encas à l école : Situation en 2004 pour les enfants de primaire Enquête INCA Fourni par les parents : individuel ou communautaire escalade (viennoiseries, friandises ) Fourni par l école : souci d égalité de variété et d apprentissage le meilleur (fruits) et le pire (charcuterie) 4
Les textes officiels et avis d experts d dans le cadre du PNNS 5
Les recommandations du PNNS En termes d alimentation : - Privilégier les fruits et les légumes Favoriser la consommation de produits céréaliers Diminuer la consommation d aliments gras et sucrés (garder pour occasions particulières) Éviter le grignotage Lutter contre la sédentarité et favoriser l activité physique 6
Les rythmes alimentaires Adultes Enfants 7
Circulaire MEN N 2001N 2001-118118 25-6-2001 2001 relative à la composition et la sécurité des repas servis en restauration scolaire «compte tenu de l augmentation de l incidence de l obésité, la ou les collations doivent viser à pallier des apports insuffisants (absence de petit-déjeuner à domicile par exemple), et non pas à augmenter l ingestion calorique au delà des apports nutritionnels recommandés» «la collation du matin doit être servie au plus tard deux heures avant le déjeuner». Circulaire MEN C. n n 2003-210 210 1-12-20032003 relative à la la santé des élèves : programme quinquennal de prévention et d éd éducation 8
Les avis des experts de la nutrition de l enfant l saisine par la DGS (PNNS) - Comité de Nutrition de la Société Française aise de Pédiatrie P Archives françaises aises de pédiatrie p - juillet 2003 9
Les avis des experts de la nutrition de l enfant l saisine par la DGS (PNNS) - janvier 2004 «La collation du matin à l école, de par sa composition, son horaire, son caractère systématique et indifférencié, n est pas justifiée et ne constitue pas une réponse adaptée à l absence de petit déjeuner.» 10
Synthèse des avis des 2 comités s d experts d sollicités s par le ministère de la santé 2003 2004 Le souci de pallier à l insuffisance des apports matinaux observés chez une minorité d enfants aboutit à : un déséquilibre de l alimentation une modification des rythmes alimentaires de la totalité des écoliers Cette prise alimentaire supplémentaire est à l origine d un excès calorique qui ne peut que favoriser l augmentation de la prévalence de l obésité La distribution de lait n est pas justifiée en primaire: il n existe pas d insuffisance d apports calcique dans cette tranche d âge, la collation à base de lait (surtout si il est entier) représentent une part trop importante de la ration calorique et lipidique journalière 11
La collation : une prise alimentaire non justifiée Les données scientifiques sur les besoins des enfants montrent que Les besoins en calcium sont couverts dans cette tranche d âge (3-11 ans) La majorité des enfants prennent un petit déjeuner (>90%) L obésité de l enfant est en augmentation 12
Note du ministre de l EN l mars 2004 sur la collation (1) «Aucun argument nutritionnel ne justifie la collation matinale de 10 heures qui aboutit à un déséquilibre de l alimentation et à une modification des rythmes alimentaires des enfants». «Cependant il peut être envisagé de proposer aux élèves une collation dès leur arrivée à l école maternelle ou élémentaire et, dans tous les cas, au minimum deux heures avant le déjeuner». 13
Note du ministre de l EN l mars 2004 sur la collation (2) Recommandations «Les horaires et la composition de la collation» privilégier l eau, les purs jus de fruits, le lait ou les produits laitiers ½ écrémés, le pain, les céréales non sucrées, éviter les produits à forte densité énergétique riches en sucre et matières grasses (biscuits, céréales sucrées, viennoiseries, sodas ) «Ce moment de collation proposera, chaque fois que possible, des dégustations de fruits qui peuvent également intervenir lors du déjeuner ou du goûter.» 14
Les guides du PNNS 15
Les guides du PNNS 16
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Dossier «Nutrition à l école», EduScol Février 2009 18
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Pourquoi est-il préférable rable de supprimer la collation à l école? 20
Conséquences négatives n : 1/ apport calorique + = Brique lait entier 20cl Biscuit 25g 130 kcal / 240 mg calcium 125 kcal / 17mg calcium 255 kcal 17 mg Calcium - Enfant de 4 ans : 20 % des ANC* (1290 kcal) 26 % des ANC en lipides Enfant de 6 ans : 15 % des ANC (1650 kcal) 20 % des ANC en lipides La collation de 10h = véritable repas supplémentaire *ANC : Apports Nutritionnels Conseillés 21
Subvention des laits scolaires (onilait ofival) 2000 2006 2006 Bio Brique 20cl Lait entier 0.14 0.13 0.16 Brique 20cl Lait ½ écrémé Non proposé 0.13 0.16 Lait entier (L) 0.24 0.19 0.34 Lait ½ écrémé (L) 0.18 0.15 0.26 Lait écrémé (L) 0.14 0.11 0.26 Subvention concerne uniquement fromages >45% de MG 22
Apports calorique d une d brique de lait 20cl Brique lait entier 20cl 130 kcal 63 kcal de lipides saturés 240 mg calcium Brique lait ½ écrémé 20cl 100 kcal 32 kcal de lipides saturés 240 mg calcium 23
Conséquences négatives n : 2/ rythmes alimentaires Naissance Diversification alimentaire Collation trop proche du repas de midi (1 h 30) : Trop loin du petit déjeuner Manque d appétit à midi Maternelle 1 à 2 Collations 6 à 8 tétées ou biberons 4 repas 5 ou 6 repas!! 9 mois - 1 an Effet néfaste sur le choix des aliments consommés 24 le midi
Conséquences négatives n : 3/ conséquences nutritionnelles Très peu d enfants ne prennent pas de petit déjeuner (< 4% en Aquitaine en 2005-2006) Repas supplémentaire pour 96% des enfants EXCES CALORIQUE SUR LA JOURNÉE Déséquilibre de la prise alimentaire du déjeuner (légumes, fruits, produits céréaliers et laitiers) 25
Conséquences négatives n : 4/ éducation nutritionnelle Prise de mauvaises habitudes dès la maternelle: Horaires de consommation (habitude de grignotage) Composition de la prise alimentaire (gras et sucré) N encourage pas la prise du petit déjeuner Primaire : encas dans les cartables Collège et Lycée : achats d aliments hors repas (foyers) et diminution du petit déjeuner 26
Justifications discutables : 1/ petit déjeuner d insuffisant Enquête INCA 1998-1999 : absence petit déjeuner 7 % des enfants de l école maternelle 11% en élémentaire 30 % des collégiens Raisons évoquées Manque d appétit le matin Manque de temps Parents pas toujours disponibles Transport scolaires lever trop précoce (rare) Problèmes économiques (rares) L existence d une collation à 10 heures rend moins nécessaire la prise du petit déjeuner Favorise mauvaises habitudes collèges lycées 27
Justifications discutables : 2/ le «coup de pompe» de 11h Le rythme idéal est de 3 repas + 1 goûter : intervalle entre chaque repas est de 3 à 4 h Les coups de pompe ne sont pas de vraies hypoglycémies ne surviennent pas si il y a eu prise de petit déjeuner Il est normal d avoir faim avant le repas suivant, et d éprouver un peu de fatigue après une matinée d école, surtout s il existe un manque de sommeil 28
Justifications discutables : 3/ couvrir les besoins en calcium D après les enquêtes et les experts de la nutrition de l enfant Les enfants de 4 à 9 ans ont des apports calciques supérieurs aux apports nutritionnels conseillés Chez les adolescents : parfois apports calciques insuffisants avis afssa «La distribution de lait n est pas justifiée : d une part, il n existe pas d insuffisance d apport calcique au sein de la population concernée par la collation du matin, d autre part, les collations à base de lait représentent une part trop importante de la ration calorique journalière» 29
Justifications discutables : 4/ La collation matinale est couplée à des activités s d éd éducation nutritionnelle (avis (avis afssa) L école = référence en terme de messages : or la collation suggère que le nombre de prises alimentaires doit être multiplié et qu il faut manger avant même que la sensation de faim ne soit ressentie ce qui peut entraîner une déstructuration des rythmes alimentaires et une apparition de troubles du comportement alimentaire, notamment le grignotage. la valeur de message de la collation liquide (lait, jus de fruit, boissons sucrées) est critiquable par la confusion des deux fonctions (alimentation et hydratation) et par le risque d aboutir à une désaffection pour l eau 30