Colloque Chantiers de la démocratie en Tunisie : Le journalisme à l épreuve de la liberté Organisé par le réseau Théophraste, avec le soutien de l Agence Universitaire de la Francophonie. Au CAPJC à Tunis du 19 au 21 novembre 2012
Un an après celui consacré au «Droit du public à une information de qualité», le colloque «le Journalisme à l épreuve de la liberté» s attachera à étudier les modes d appropriation de la liberté de la presse par les journalistes, en recourant notamment à une approche comparée en termes de pratiques professionnelles, de modes de régulation et d autorégulation. Trouver le juste équilibre entre liberté d expression et responsabilité à l égard de la société est le défi majeur auquel sont confrontés les journalistes dans cette période de libération de la parole et des consciences. C est pourquoi les enseignants et les chercheurs du réseau Théophraste (réseau francophone mondial des centres de formation au journalisme) souhaitent consacrer cette deuxième édition des «Chantiers de la démocratie en Tunisie» à l étude de cette question, clé s il en est,du passage réussi de la Tunisie vers la démocratie. Les progrès accomplis témoignent incontestablement d une vitalité inédite du débat politique et d un dynamisme remarquable dans le processus de changement démocratique engagé et auquel les médias, en dépit des tares avérées, ont sensiblement contribué. Mais, comme cela est assez commun dans les périodes de transition, les avancées réalisées en matière de liberté s accompagnent presque toujours de ratés parfois retentissants. L euphorie de la révolution passée, les espoirs d un vrai changement et de mise en place d un processus efficient et durable de démocratisation sont souvent lents, voire parfois incertains et cahoteux. Ce que certains imputent au manque de culture démocratique, ou encore aux tentatives de «forces occultes» qui tentent désespérément de saboter toute avancée démocratique. C est là sans doute où il faut voir les principaux défis de la période de transition que traverse la Tunisie. Une période qui, en dépit des promesses et de l espoir qu elle suscite, peut aussi se compliquer à cause des tentations de repli, et/ou tout simplement d un manque de culture démocratique induit par des décennies de dictature et de pouvoir autoritaire. Pourquoi les choses peuvent-elles être particulièrement difficiles pour les médias? Il faut rappeler à cet égard que de tout temps la presse a fait l objet des convoitises des pouvoirs, tous les pouvoirs. Considérée comme un allié important et incontournable pour conditionner l opinion publique, on a toujours cherché à la soumettre, l obliger ou la pervertir. Aussi, lorsqu on parle du rôle de la presse dans la promotion du débat public et de son influence sur le développement démocratique, l on doit s assurer
d abord qu elle dispose des moyens adéquats pour le faire. Particulièrement visée et contrôlée sous le règne des dictateurs, la presse peut aussi faire les frais de cette liberté un peu anarchique qui caractérise les périodes postrévolutionnaires comme la Tunisie en connaît. Les axes du colloque Le premier axe porte sur les questions de régulation et d autorégulation de la presse. Le paysage médiatique en Tunisie souffre actuellement d un certain flou juridique et déontologique et on a assisté à plusieurs reprises à des poursuites judiciaires contre des médias en vertu de certaines lois que l on croyait caduques. Alors que les nouvelles lois, supposées remplacer le code de la presse de 1975 (les lois 115 et 116), attendent toujours les décrets d application. Comment alors garantir un encadrement juridique adéquat pour une liberté effective de la presse dans une société en transition démocratique? Et comment assurer cet équilibre entre l effort de régulation et d autorégulation pour que la presse puisse jouer pleinement son rôle sans tomber ni sous le contrôle étatique et la censure ni dans l irresponsabilité et les écarts professionnels et déontologiques? Le deuxième axe porte sur la question de financement des médias (publics et privés) et qui menace aujourd hui surtout les jeunes médias nés dans l euphorie des lendemains de la révolution du 14 janvier 2011 dans leur indépendance voire dans leur survie. La réflexion portera donc sur l indépendance des médias, entre financement public et privé. Le troisième axe du colloque de novembre 2012, est plutôt d ordre pratique. Il permettra d engager la réflexion autour des questions de formation : Quelle formation pour les journalistes, notamment en période de transition? Quelles actions les membres du Réseau Théophraste pourraient entreprendre aussi bien au niveau de leurs programmes d enseignement académique que d actions ponctuelle de formation continue ou de recyclage- pour améliorer et renforcer les cursus de formation en journalisme, eu égard des nouveaux besoins en matière d investigation journalistique et de respect desrègles d éthique et de déontologie journalistique. Il faut rappeler que le colloque sera également l occasion de présenter les résultats deprojets de recherches communs engagés par des enseignantschercheurs au sein du réseau Théophraste et initiés lors du colloque de Tunis en novembre 2011.
Programme Lundi 19 novembre 2012 8H30 : Accueil et enregistrement 9H00 : Démarrage des travaux Discours d ouverture Monsieur Pascal GUENÉE, Président du Réseau Théophraste Monsieur TaoufikYACOUB, Directeur de l IPSI à Tunis Monsieur Abdelkrim HIZAOUI, Directeur général du CAPJC à Tunis 09H30 : Séance du matin La presse écrite en Tunisie face aux défis de sa fragilité financière. Mohamed GONTARA, IPSI, Tunisie Panorama des modes de financement public des médias en France Pascal GUENÉE, directeur de l Institut Pratique du Journalisme de l université Paris-Dauphine (IPJ), Paris (France) 11H00 : Pause café 11H30 : Reprise Le Financement des médias de service public, le cas de la Belgique Frédéric ANTOINE, Université catholique de Louvain (Belgique) Les problématiques induites et/ou liées au financement des médias Marie Jeanne RAZANAMANANA, Université d Antananarivo-Madagascar 13H00 : Déjeuner 14H30 : Reprise Le politique et les médias, entre libéralisme et intimidation Moez BEN MASSOUD, IPSI, Tunis Les journalistes tunisiens à l épreuve de la transition démocratique Hamida EL BOUR, IPSI, Tunisie 17H30 : Clôture des travaux de la journée
Mardi 19 novembre 9H00 : Table ronde Où en sont les médias tunisiens aujourd hui, entre les pressions politiques et l exigence de qualité? Réflexions de journalistes professionnels sur leurs pratiques professionnelles en temps de transition Chédia KHÉDIR (Télévision) Sana FARHAT (Le Temps Dar Essabah) Samira SAI (Radio Jeunes) Olfa BELHASSINE & Hédia BARAKAT (La Presse) 11H00 : Pause café 11H30 : Reprise des travaux Néjiba HAMROUNI, présidente du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) Mohamed Néjib OUERGHI, Directeur de la SNIP et représentant de l Association des directeurs de journaux 13H00 : Déjeuner 14H30 : Table ronde (suite) Mehdi BENCHELAH, Chef de bureau de l Unesco à Tunis Olivia GRÉ, représente de RSF à Tunis Ridha KÉFI, membre de l INRIC Alexandre DELVAUX, Coordinateur du Groupe des partenaires techniques et financiers en appui au secteur des médias tunisiens, Ambassade de Suisse 17H30 : Clôture des travaux
Mercredi 21 novembre 09H00 Régulation des médias : Un cadre juridique pour garantir l indépendance des médias Abdelkrim HIZAOUI, CAPJC Quelle régulation pour les médias tunisiens aux lendemains de la Révolution? Renaud de la BROSSE, Université Linné, Kalmar/Växjö, Suède Les journalistes tunisiens et l autorégulation : Les résultats d une enquête menée par : Marc-François BERNIER, Université d Ottawa Nouri LAJMI, IPSI, Tunis 10H30 : Pause café 11H00 : Echanges entre les membres du Réseau sur les perspectives de la formation en journalisme face aux mutations politiques, sociales et technologiques 13H30 : Déjeuner 14H30 Quelle régulation du paysage audiovisuel national face à l absence de régulation extra-territoriale arabe ou régionale Kalthoum SAÂFI HAMDA, Centre des Études Arabes et Orientales, La Sorbonne Nouvelle Paris III Médias et élections Claire SECAIL, Laboratoire Communication et Politique du CNRS (LCP) 17H00 : Clôture des travaux du colloque
Le réseau Théophraste Théophraste, réseau mondial d écoles de journalisme, souhaite représenter les valeurs d un modèle francophone de formation au journalisme. Non pas un modèle unique, comme un carcan qui s imposerait à tous, mais un ensemble de propositions pédagogiques variées, mises à la disposition de la communauté internationale. Cette diversité est le fruit de la richesse des échanges entre les membres de Théophraste qui, confrontés à des situations locales variées, affirment collectivement le rôle essentiel du journaliste dans la vie démocratique et dans le développement de l esprit de citoyenneté. Ce modèle va au-delà des seuls établissements enseignant en français. Car si le réseau réaffirme la valeur du français comme langue internationale, il considère que les modèles de formation proposés par ses membres sont un apport à la communauté de l enseignement supérieur dans son ensemble. Cette préoccupation est au cœur des travaux lors des colloques et des rencontres organisés par le réseau Théophraste : impact des technologies sur la pratique et l enseignement du journalisme, place de l éthique et de la déontologie dans les cursus, spécificité des métiers du journalisme et démarcation des autres secteurs de la communication Si, depuis 1994, Théophraste a pu ainsi se développer c est par son fonctionnement, qui repose sur l engagement personnel de ses membres, convaincus des valeurs portées par la charte du réseau. C est ce qui lui permet de promouvoir ses valeurs d échange et de solidarité, permettant à chaque établissement qui le compose de progresser par ses enrichissements mutuels. Enfin Théophraste a mis en place un processus de certification. En confrontant leur cursus à la grille établie par les experts du réseau, les établissements disposent d un outil leur permettant d évaluer leur formation au journalisme. Le réseau souhaite également que ce label puisse servir, à terme, d indicateur de qualité pour les étudiants et les bailleurs de fonds. Pascal GUENEE
Les membres du réseau Théophraste CESTI, Centre d Etude des Sciences et Techniques de l Information, Sénégal, Dakar. http://cesti.ucad.sn CRFJ, Centre Romand de Formation des Journalistes, Lausanne, Suisse. http://www.crfj.ch Cap JC, Centre Africain de Perfectionnement des Journalistes et Communicateurs, Tunis, Tunisie http://www.capjc.nat.tn/index.asp?pid=2 EJL, Ecole de Journalisme de Louvain, Louvain, Belgique. http://www.uclouvain.be/31033.html ESJ, Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, Lille, France. http://www.esj-lille.fr ESSTIC, Ecole Supérieure des Sciences et Techniques de l Information Yaounde, Cameroun. http://www.universite-yde2.org/index. php?id=46 FJCM, Université de Sofia - Faculté de journalisme et de communication de masse, Sofia, Bulgarie http://www.uni-sofia.bg/index.php/bul/ fakulteti/fakultet_po_zhurnalistika_i_ masova_komunikaciya FJSC, Bucarest, Roumanie http://jurnalism.unibuc.ro/ IHECS, Institut des Hautes Etudes des Communications Sociales, Bruxelles, Belgique. http://www.ihecs.be/ IJBA, Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine, Bordeaux, France. http://www.ijba.org/ IPJ, Institut Pratique du Journalisme de l université Paris-Dauphine, PSL Research University, Paris, France. http://www.ipj.eu IPSI, Institut de Presse et des Sciences de l Information, Tunis, Tunisie http://www.ipsi.rnu.tn ISIC, Institut Supérieur de l Information et de la Communication, Rabat, Maroc http://www.isic.ma Université Laval - Département Information- Communication, Montréal, Québec. http://www.com.ulaval.ca/ Université d Ottawa - Programme de baccalauréat - Journalisme, Ottawa, Canada. http://www.communication.uottawa.ca/fra/ progjour.html Faculté de Journalisme d Antanarivo, Madagascar http://www.refer.mg/edu/minesup/ antanana/lettres/journlsm/journlsm.htm Université de Moncton - Faculté des Arts (Programme Information-communication) http://www.umoncton.ca/repertoire/1er_ cycle/prog_arts_sc_soc_ba_maj_icom.htm