Forum : API Affaires politiques internationales Sujet : La communauté internationale face à l'ébauche d'un Etat sunnite au Moyen-Orient Membre de L'état Major : Marie-Lou Bertin et Thomas Lindemann IntroductionL Islam est divisé en quatre courants reconnus par la déclaration de La Mecque en 2005. Ces quatre courants sont, premièrement le sunnisme qui rassemble plus de 85 % des musulmans du monde, puis le chiisme qui représente plus de 10 % des musulmans dont la majorité vit en Iran, en Irak, en Azerbaïdjan, au Bahreïn et au Liban. Ensuite il existe encore deux courants moins connus, le zaïdisme qui comprend environ 8 millions de croyants, et l ibadisme, avec environ cinq millions de fidèles. Nous allons nous intéresser plus au sunnisme et au chiisme. Ces courants trouvent leur origine dans les premiers temps de l'islam, lorsque Ali, le gendre du prophète Mohamed, a été assassiné en 661. La succession de celui-ci créa de nombreux conflits, divisant les musulmans en deux : d une part les sunnites qui voulaient une succession de califes qui soient à la fois chef religieux, politique et militaire de l Oumma (la communauté des musulmans) ; d'autre part les chiites qui voulaient une succession strictement religieuse, avec un imam descendant du prophète au lieu d un chef militaire. Les sunnites se trouvèrent dirigés par la dynastie des Omeyyades (avec Muawiya) à partir 661 et dont Damas fut la capitale, puis celle des Abbassides (avec AsSaffah) à partir de 750 et dont Bagdad fut la capitale, puis les Mongols au 13e siècle, et l'empire ottoman à partir du 14e siècle et jusqu'à sa disparition après la Première Guerre mondiale. Le Moyen-Orient, concept inventé par les Occidentaux, est l'héritier de cette longue histoire. Aujourd'hui, beaucoup de conflits dans le monde musulman sont engendrés par cette division religieuse entre sunnites et chiites. Répartition nationale sunnite/chiite au Moyen Orient
Le Moyen-Orient se morcela du fait des accords secrets signés, le 16 mai 1916, entre la France et la Grande-Bretagne (avec l'aval des Russes et des Italiens). On appelle ces accords, les accords Syke-Picot. Ils prévoyaient le partage du Proche-Orient en plusieurs zones d influence au profit de ces puissances. Puis, la division du Moyen-Orient devint un acte officiel avec le traité de Sèvres (1920) qui redessina les différentes frontières des pays composant le Moyen-Orient, le laissant comme nous le connaissons aujourd'hui. Ce traité ne dura qu un an, mais ses répercussions se font encore sentir aujourd'hui. Les différentes frontières établies arbitrairement par les Alliés, avec le traité de Sèvres, ne prenaient pas en compte la répartition des chiites et des sunnites, provoquant des querelles entre ces derniers. Les Etats sunnites étaient ancrés géographiquement depuis plus de 13 siècles au Moyen-Orient et même au-delà (Indonésie, Kazakhstan...), et ce traité ne prit pas en compte cela. Les frontières d aujourd hui sont encore les frontières héritière de l accord Sykes-Picot. Le résultat est qu'on trouve dans certains pays une population majoritairement sunnite avec un pouvoir dominé par les chiites, ou vice versa. Ce qui créa de grandes frustrations au sein des communautés sunnite ou chiite, et favorisa ces dix dernières années l'émergence de grands groupes terroristes au sein du Moyen-Orient, tel que l Etat Islamique, qui depuis quelques années revendiquent leurs idéologies religieuses de façon extrêmement violente, en ne laissant aucune chance à de possibles discussions. Mais alors peut on dire que tous les maux de cette région sont apparus lorsque les Européens se sont mis à tracer ces frontières sur une carte vierge? Que des frontières différentes auraient rendu plus stable le Moyen-Orient? Qu'elles auraient permis d'éviter dans cette région du monde toutes ces violences inhumaines? Ou alors, que les maux de cette région sont internes et indépendants de toutes ces influences extérieures? Comment alors préserver cette région et l'aider à sortir de ce cercle infernal?
Définition de mots clefs Etat sunnite : État qui a une population majoritairement sunnite Etat Islamique : mouvement djihadiste qui prétend devenir un Etat communauté internationale : L ensemble des Etats influents d un point de vue politique internationale. Il peut désigner : les Etats membre de l'onu, les Etats du Conseil de sécurité (5 Etats) et groupes tel le G8 ou G20. Moyen-Orient : carrefour des terres situées entre trois continents : l Afrique, l Asie et l Europe. L'Orient est un concept à la fois géographique et culturel inventé au 19e siècle par les Européens pour traduire leur représentation du monde arabo-musulman perçu alors comme fondamentalement différent de leur monde, celui que l'on allait appeler, par opposition, l'occident. On distingue le Proche Orient (la Méditerranée orientale), le Moyen Orient (centré sur la Mésopotamie) et l'extrême Orient (l'asie orientale), entités qui ne sont pas clairement définies. Histoire L'intervention américaine en Irak (2003) On pourrait dire que les conflits actuels ont commencé en 2003, lors de l intervention américaine en Irak pour renverser Saddam Hussein, dictateur qui appartenait à la minorité sunnite. L Irak est composé majoritairement de trois communautés : les Arabes sunnites, les Arabes chiites et les Kurdes. Les Américains, en renversant Saddam Hussein, détruisent l administration et l armée. Ils veulent instaurer dans ce pays des principes démocratiques. Des élections sont alors organisées, et le pouvoir passe alor entre les mins des chiites. Ces changements sont très appréciés par l Iran, qui est le grand pays chiite de la région, et qui s est toujours opposé au monde sunnite dans cette guerre de civilisations. Cette situation crée un paradoxe car, depuis la révolution iranienne de 1979, l Iran et les Etats-Unis sont en quelque sorte ennemis. Les nouvelles institutions créées en Irak exclus les sunnites du pouvoir. Les sunnites vont donc montrer une opposition frontale à ce nouveau gouvernement et aux Etats-Unis, et cette lutte se radicalise progressivement. On assiste alors, en Irak, à un sectarisme du pouvoir chiite qui ne veut pas partager le pouvoir avec les autres communautés. Cette situation intensifie davantage la haine des sunnites privés de tout pouvoir, et conduit à la création progressive de partis sunnites extrémistes qui développent une guérilla à la fois contre les chiites et la coalition menée par les États-Unis.
Le «printemps arabe» et ses prolongements en Syrie (2011-) A cela, s ajoute les révolutions arabes à partir de janvier 2011. Ce «printemps arabe» correspond à un mouvement de contestation populaire qui se produit dans de nombreux pays du monde arabe : Les manifestants exigent le départ des différents dictateurs et l instauration d une démocratie dans ces pays, mais aussi le partage des richesses, promesse de meilleures conditions de vie, de l'accès à l'emploi et à la dignité. Tous ces événements ont commencé le 17 décembre 2010 en Tunisie dans la ville de Sidi Bouzid. Cette révolution a conduit le dictateur tunisien Zine el-abidine Ben Ali à quitter le pouvoir le 14 janvier 2011. Puis ce mouvement révolutionnaire s est étendu à l'egypte. La révolution égyptienne provoque le départ du dictateur Hosni Moubarak à peine un mois plus tard. Plusieurs autres pays ont suivis ce mouvement qui n'a pourtant pas toujours abouti à une véritable transition démocratique. En Libye, par exemple, malgré l'intervention occidentale qui permet la chute du dictateur Khadafi, il s'ensuit une guerre civile larvée dont le pays n'est toujours pas sorti. En avril la révolution s étend à la Syrie, mais la terrible et très violente répression du régime de Bachar Al-Assad conduit à la mort de milliers de personne. La Syrie est à son tour entraînée dans la guerre civile. Pour contrer ce mouvement révolutionnaire, Bachar Al-Assad encourage l'émergence d une opposition djihadiste radicale en libérant les prisonniers issus de cette mouvance. Cette politique a permis au boucher de Damas responsable de la mort de 250 000 Syriens à ce jour, dont une majorité de civils, de la disparition dans les centres de torture de dizaine de milliers de prisonniers, et de l'exode de millions de réfugiés dont la présence déstabilise les pays limitrophes et désormais aussi l'europe d'apparaître comme un rempart à la folie des djihadistes. Elle a en effet permis le renforcement et la jonction des partis extrémistes de Syrie et d'irak, ce qui a donné naissance à l Etat Islamique. En 2014, cette mouvance née en Irak s empare de Mossoul, (sur le Tigris), l une des principales villes d Irak. L'EI s'empare aussi de Rakka, en Syrie (sur l Euphrate), et crée ainsi un axe trans-étatique possédant des moyens considérables, grâce à l'afflux de pétroles se trouvant dans ces zones là. Cet Etat auto-proclamé tient tête aux pays arabes de la région et aux Occidentaux. La Syrie est donc victime des violences de la terrible dictature de Bachar Al-Assad et de l Etat Islamique. La question des frontières Sykes-Picot. Ces deux noms sortis du passé ont récemment refait leur apparition. L Etat islamique est entré en guerre contre ces accords qui redessinaient les frontières du Moyen-Orient issu de la Première Guerre mondiale au profit des Britanniques et des Français et aux dépens des Arabes à qui avait été faite la fausse promesse de la création d'un Etat arabe unifié. Aujourd'hui, l Etat Islamique a pour but d établir un califat (c'est-à-dire un pouvoir politico-religieux dans la droite ligne de celui des califes qui ont succédé au prophète Mohamed à la tête d'un vaste empire arabo-musulman), à cheval sur l Irak et la Syrie et donc de "briser la frontière Sykes-Picot", ce qui fut fait très symboliquement le 10 juin 2014 en détruisant au bulldozer un mur de sable censé représenter la frontière entre la Syrie et l Irak, et surtout très concrètement avec la conquête de Mossoul en Irak et de Rakka en Syrie. Mais que sont les accords Sykes-Picot? Pour lutter contre l'empire ottoman, les Britanniques encouragèrent la révolte des tribus arabes du Proche-Orient en leur promettant un Etat indépendant... qui ne verra jamais le jour. En effet, les accords conclus le 16 mai 1916 entre la France et le Royaume-Uni étaient secrets pour ne pas révéler cette supercherie. Ils portent les noms du conseiller diplomatique britannique, Mark
Sykes, et du premier secrétaire français de l'ambassade à Londres, François-Georges Picot. Ils prévoient le découpage et le partage des provinces arabes de l Empire ottoman entre les deux grandes puissances coloniales. La France devait héritée de la Cilicie (située dans la Turquie actuelle), le littoral syrien, l actuel Liban et le nord de la Palestine. Et l Angleterre de la Mésopotamie (l est de l Irak actuel) et du Koweït. Pour le reste, les Occidentaux avaient tracé les frontières d un futur état arabe, qui lui-même aurait été divisé en deux zones d "influence", selon les termes du traité. découpage de la région selon les Accords Sykes-Picot Que restent-ils aujourd hui de ces accords? Ces accords n ont jamais put être réellement appliqués. Les accords de paix conclus à la fin de la Première Guerre mondiale, appliquèrent un autre découpage de la région dont le tracé diffère légèrement de celui prévu par Sykes-Picot. Mais toute cette haine est alimentée par la promesse non accomplies des Britanniques qui avaient promis aux peuples arabes de créer un grand et puissant royaume arabe indépendant. Au regard de ces engagements non tenus, ces accords ont sécrétés la colère de la population arabe. Aujourd hui, aux yeux des djihadistes, mais plus généralement d une grande partie de la population arabe, ces accords symbolisent la trahison des Occidentaux et l impérialisme européen. Quelles sont les conséquences de ces frontières dans cette région du monde? Les frontières du Moyen-Orient n ont été créées en grande partie que pour satisfaire les intérêts des Occidentaux et ne prenaient pas en compte les identités ethniques et religieuses des populations de la région... créant ainsi des minorités sunnites dans des pays dirigés par des gouvernements chiites, ou le contraire, des pays sunnites dans lesquels se trouvent un minorité de chiites mal intégrés. Prenons l exemple de l Irak, malgré le fait qu ils ne représentent que 20 % de la population, les sunnites irakiens ne se sont jamais considérés comme une minorité mais ne trouvent plus leur place dans cet Irak aux frontières qu ils estiment artificielles. Avec toutes les actions menés par l Etat Islamique, peut on parler de la fin des accord Sykes-Picot? La crise actuelle en Irak et en Syrie, laisse à penser que les frontières actuelles du MoyenOrient sont réellement menacées d éclatement. Une grande partie de la population arabe les considère comme artificielles. Il y a donc un risque réel de reconfiguration des Etats de la région dans les années à venir. Mais cela ne signifie pas nécessairement l éclatement des frontières actuelles. L EI est, pour l heure, le seul acteur de la région à promouvoir cette logique transfrontalière.
Enjeux géopolitiques Le Moyen-Orient concentre à lui seul 75% des réserves de pétrole et représente 22,7% de la production mondiale. Il approvisionne principalement les Etats-Unis, l Europe et l Asie. C est donc une priorité pour ces pays et les autres d aider au bon entendement des populations du Moyen-Orient pour éviter notamment que le prix du baril n augmente. D un point de vu économique, ce problème est donc mondial. La Syrie constitue un carrefour stratégique essentiel qui contrôle le passage de l Irak et de la Péninsule arabe vers la Méditerranée. Historiquement, Damas est le berceau du mouvement national arabe. Du coup, depuis la chute de l'empire ottoman la question syrienne a été au centre de tous les enjeux régionaux. Ainsi, le projet actuel de faire passer un pipeline à travers l'irak et la Syrie (voir carte ci-contre) est une menace pour la position dominante sur le marché du pétrole de l'arabie Saoudite et du Qatar qui ont ainsi financé les combattants les plus radicaux contre le pouvoir syrien. Le contrôle ou la neutralisation de la Syrie est donc un objectif prioritaire pour l Etat Islamique. Donc, la guerre qui se déroule en ce moment en Syrie ne concerne pas seulement l'avenir de la Syrie mais c est ici représente un enjeu géopolitique majeur pour tout le Proche-Orient. Les frontières redessinées en 1920 et découpant l Empire Ottoman en plusieurs Etats malgré le traité de Lausanne qui visait à davantage homogénéiser les territoires sunnites ou chiites sont aujourd'hui remises en cause par une population sunnite frustrée d'être sous représentée et prête à se jeter dans les bras de n'importe quel mouvement capable d'apporter une solution à ce problème politique majeur. L État Islamique Définition de l Etat Islamique L Etat islamique appelé aussi Daesh, est classée comme organisation militaire terroriste islamique par de nombreux Etats. Ce groupe terroriste souhaite imposer au monde leur idéologie religieuse, c est-à-dire, le salafisme djihadiste, à travers la force et la terreur. Leur but est de conquérir le monde et d y instaurer un califat. La création de cette organisation terroriste remonte à 2006 : dans le cadre de la lutte contre le pouvoir chiite et l'occupation américaine, cinq groupes terroristes, dont Al Qaida, se proclament «Etat islamique d Irak». La déstabilisation géopolitique de la région ont facilité les succès militaires de ce groupe terroriste, en Irak d'bord, en Syrie ensuite. En 2013, Al Qaida se sépare de l Etat Islamique, créant ainsi une rivalité entre ces deux groupes terroristes. Le 9 avril 2013, l Etat Islamique devient «Etat Islamique en Irak et au Levant» (Levant désigne le Proche-Orient : Irak, Turquie, Palestine, Syrie, Liban, Egypte etc.).
Développement récent de cette organisation Le 29 juin 2014, le groupe terroriste annonce l instauration du califat, sous le nom d Etat Islamique, et Abou Bark al-baghadi se proclame calife. Ils ont récemment fêté l anniversaire de la première année du califat. Ce nouveau califat a une influence certaine sur l ensemble du monde musulman, et plusieurs autres groupes djihadistes s allient à eux, tel que Boko Haram au Nigéria etc. Malgré les frappes militaires des pays étrangers, l Etat Islamique réussit en 2015 a prendre le contrôle de Ramadi en Irak et de Palmyre en Syrie. C est une grande avancée pour l Etat Islamique, qui contrôle désormais trois capitales provinciales à travers l Irak et la Syrie. Cette situation provoque de nouveaux mouvements de populations et aggrave encore un peu plus la crise des réfugiés qui contribue à déstabiliser l'union européenne. Pays et organisations concernés Le rôle de Etats-Unis Les Etats-Unis, en partie responsable des conflits actuels dans le Moyen Orient, montre une position très clair dans le conflit syrien. Ils soutiennent les partis les plus modérés de l opposition syrienne, dont l'armée syrienne libre et l'ypg (principale milice kurde syrienne). De plus les EtatsUnis épaulent la Coalition Nationale Syrienne, lancé fin 2012, et qui se veut la vitrine politique de l'opposition syrienne. Leur soutien est essentiellement diplomatique, leur financement est insuffisant, et la livraison d arme est faible. Malgré leur refus d intervenir militairement, Barak Obama a autorisé l envoi de forces spéciales au nord de la Syrie pour aider l opposition syrienne. Ils s opposent au régime de Bachar Al-Assad, le départ de Bachar el-assad représentant un préalable à tout accord. Mais l'apparition de l'etat islamique a fait passer la lutte contre le régime syrien au second plan par rapport à celle contre Daesh : en septembre 2014, les Etats-Unis ont monté une coalition qui se contente de bombarder les positions de l'ei, sans envoyer de troupes au sol (voir carte ci-contre). Cependant, une possible coopération avec le dictateur pour combattre Daesh, comme le propose la Russie, est toujours hors de question pour les Américains. Ces derniers insistent pour que le président syrien parte, et une fois son départ assuré, les forces de l opposition devront s allier ensuite avec les restes de l armée et poursuivre la lutte contre les extrémistes islamistes. Le départ de Bachar Al-Assad est donc primordial pour les Américains, mais les Etats-Unis n'ont pas de véritable alternative à son régime. Les Etats-Unis reçoivent le soutien de puissances occidentales, telle que la France par exemple.
Le rôle de la Russie La Russie a une position opposée à celle des Etats-Unis dans le conflit syrien. La Russie est le protecteur majeur du régime Bachar Al-Assad. Membre vecteur de l ONU, la Russie a déjà bloqué trois projets de résolutions hostiles à Damas et à son dictateur. De plus, Moscou ravitaille militairement et financièrement l armée syrienne, et l a Russie a commencé à bombarder en Syrie à partir de la fin du mois de septembre 2015, mais davantage les rebelles anti-assad que l'ei. Mais quelles sont les motivations de la Russie? Premièrement des motivations économiques : le régime Assad est le principal client de l industrie de défense. Puis des motivations militaires, avec le port de Tartous situé en Syrie, qui est la toute dernière base de la Russie en Méditerranée. Puis pour des raisons géopolitiques, la Russie a très mal vécu l intervention de L Otan en Libye, qui a fini par la chute du régime Kadhafi, et Poutine ne laissera pas ce scénario se répéter. Mais la Russie a la même position que les Etats-Unis face à l Etat Islamique et aux groupes extrémistes. Pour résoudre ce dernier problème, la Russie propose de coopérer avec le régime Bachar Al-Assad. La Russie affirme que seul Assad peut être considéré comme le dirigeant légitime de la Syrie, qu il n existe personne pour le remplacer. La Russie reçoit le soutien de la Chine. Le rôle de l'iran L'Iran est un allié précieux pour le régime de Bachar Al-Assad : il lui fournit un encadrement militaire et mobilise toutes les forces chiites de la région, des milices irakiennes au Hezbollah libanais, l'ensemble constituant un véritable corps expéditionnaire sans lequel le régime ne pourrait pas tenir. Le clan de Bachar Al-Assad appartient à la minorité alaouite, qui elle-même est une branche du chiisme. Ainsi, les Iraniens ont constitué un véritable «axe chiite» jusqu'à la Méditerranée, ce qui constitue une menace pour son principal adversaire, l'arabie Saoudite. Dans le même temps, l'iran soutient de la même façon le gouvernement irakien qui combat contre l'etat Islamique. Alors qu'un accord a été conclu en juin qui garantie que Téhéran ne se dotera pas de l'arme nucléaire, les Etats-Unis se trouve finalement avoir le même ennemi que l'iran, jusqu'ici son grand adversaire dans la région. Le rôle des Monarchies sunnites du Golfe L'Arabie Saoudite a vu dans la révolte syrienne le moyen d affaiblir l Iran, son principal ennemi, car l Arabie Saoudite est un pays sunnite alors que l Iran est un pays chiite, qui est aussi le principal allié du régime de Bachar Al-Assad. Ce pays ainsi que les autres monarchies du Golfe sont donc très opposés au régime de Bachar Al-Assad, et soutiennent les forces d opposition syrienne. Ils livrent aux brigades rebelles un soutien militaire, en leur envoyant des armes, et parallèlement un soutien économique en faisant de très nombreuses donations privées. Mais avec le temps, ces monarchies se sont mises à soutenir des groupes de plus en plus extrémistes, dont certains proches d'al Qaida. Pourtant, l Arabie Saoudite fait partie de la coalition internationale qui s est créée grâce aux Etats-Unis contre l Etat Islamique et ses groupes terroristes. L Arabie Saoudite et le Qatar ont donc une position très ambiguë dans ce conflit.
La Turquie La Turquie joue un rôle clé dans le conflit syrien, mais sa position est elle aussi très ambiguë. Opposée au régime syrien depuis le début de la guerre civile, elle soutient, comme l'arabie Saoudite et le Qatar, les rebelles, y compris les mouvements islamistes radicaux. La frontière avec la Syrie est de fait très perméable et laisse passer non seulement des armes pour la rébellion, mais aussi des combattants venus du monde entier, y compris d'europe, qui viennent de plus en plus grossir les rangs des djihadistes de Daesh. Surtout, elle voit d'un très mauvais oeil la lutte que mènent les Kurdes syriens contre l'etat islamique, car elle craint que les liens entre les Kurdes syriens et turcs de part et d'autre de la frontière ne favorisent les tendances sécessionnistes de sa propre population kurde. A l'été 2015, suite aux attentats perpétrés sur son sol très probablement par des cellules proches de l'ei, elle a lancé une offensive contre le PKK, c'est-à-dire le mouvement indépendantiste des Kurdes de Turquie, et beaucoup plus marginalement contre l'etat Islamique pour satisfaire son allié américain. La position de la France La France s est montrée très ferme dans son opposition absolue à l'idée d'un compromis avec le dictateur de Syrie Bachar Al-Assad pour anéantir l organisation terroriste. Pour autant, la France participe depuis le départ à la coalition qui bombarde l'ei en Irak et bombarde en Syrie depuis septembre dernier. Surtout, suite aux attentats qui ont eut lieu tout au long de cette année 2015, en particulier ceux du mois de janvier et dernièrement ceux qui ont eut lieu le 13 novembre 2015 à Paris revendiqué par Daesh, elle a fait de la lutte contre l Etat Islamique sa priorité. Dans ce contexte, le président Hollande non seulement se concerte avec le président des Etats-Unis, Barak Obama, mais a amorcé un rapprochement avec le président de Russie, Vladimir Poutine, pour établir une stratégie. L Etat Islamique est accusé par les Nations Unies, la Ligue Arabe, les Etats-Unis ainsi que l Europe de crimes contre l humanité, de crimes de guerre, de nettoyage ethnique et de génocide. La coalition internationale En août 2014, peu après l instauration du califat de l Etat Islamique, une coalition internationale formé de 22 pays se crée. Cette «coalition arabo-occidentale en Irak et en Syrie» est formée de pays américains tel que les EtatsUnis, le Canada, etc., de nombreux pays européens, de l Australie, et de pays du MoyenOrient tel que les Emirats Arabes Unis, le Qatar, l Arabie Saoudite, etc. L objectif de cette coalition est de contrer l expansion des djihadistes de l Etat Islamique. Les 22 pays se sont déjà retrouvés trois fois depuis août 2014 pour élaborer de nouvelles stratégies face à la croissance de l État Islamique. La stratégie internationale aujourd hui adopté consiste à : - mobiliser les tribus sunnites locales et déployer des unités de police dotées d un nouveau commandement, pour ainsi pouvoir être entraîner et équiper par des membres de la coalition. imposer un contrôle sur les milices chiites, pour éviter une guerre encore plus violente former l'armée irakienne mettre en place des aides pour la population affaiblir Daesh par tous les moyens (cautionné par l ONU)
Depuis août 2014, la coalition internationale a mené plus de 4000 raids aérien, pour un coût total de 2,11 milliards d euros, et forme environ 10000 soldats irakiens à se battre contre les djihadistes. Elle arme aussi les rebelles syriens. Pour l instant les frappes qui ont été menées n ont été qu'aériennes, et un grand débat s'est ouvert pour savoir si la coalition doit intervenir aussi au sol, c est-à-dire en envoyant des soldats directement en Syrie et en Irak. La coalition a subi de nombreuses critiques, surtout après la conquête par l Etat Islamique en 2015 des villes de Ramadi en Irak et de Palmyre en Syrie. Le chef du gouvernement irakien, qui montre un soutien modeste à l organisation internationale, a récemment affirmé qu il y avait «beaucoup de mots mais peu d action» et souligne la difficulté d obtenir des armes et des munitions. Mais les représentants de cette coalition ont affirmé que leur détermination était totale, et que c était un combat à long terme. Les conquêtes de Ramadi et Palmyre ne remettent pas en cause la stratégie globale de la coalition, stratégie dont on mesurera l'efficacité sur le long terme.
Implication de L ONU Face à l ébauche de l Etat Islamique, et des violences inhumaines dont ils sont responsables, les Nations Unies ont mis en place certaines résolutions pour affaiblir Daesh le plus possible. L ONU intensifie sa lutte contre l Etat Islamique. Mais que peut faire l ONU face à l Etat Islamique? Le 24 septembre 2014, l ONU a voté une résolution pour empêcher le financement, le regroupement et les déplacements des groupes djihadistes. Une résolution a était votée le 12 février 2015 dans le but de tarir le financement des groupes terroristes tels que l Etat Islamique. L ONU condamne formellement toutes contribution financière directe ou indirecte à cette organisation de la part d un pays, d'une entreprises, etc. L ONU cherche à affaiblir l Etat Islamique d un point de vue financier en rendant tout financement étranger impossible, en interdisant tout commerce avec cette organisation et en stoppant le commerce de biens culturels. Solutions envisageables Pour mettre fin à cette tragique situation, plusieurs types de solutions sont envisageables. Tout d abord la question des frontières : faut-il retracer de nouvelles frontières adaptées à la situation? C est-à-dire créer des États sunnites et des États chiites bien distincts et homogènes? Ou au contraire trouver des solutions pour sauvegarder des sociétés multi-éthniques et leur permettre de se développer en bon terme? Ensuite nous devons prendre en compte l émergence de l'etat Islamique : faut-il intervenir militairement plus fortement dans ces régions du monde pour essayer d y ré-instaurer l ordre? Faut-il envoyer des troupes au sol? Des négociations sont-elles possibles? Ces derniers temps, une possible collaboration avec Bachar el-assad a été évoquée pour affaiblir et détruire les troupes dhijadistes. Mais certains pays tels que la France ou les Etats-Unis s'y montrent incontestablement opposés. Est-ce qu'une collaboration avec le président de Syrie serait une solution pour mettre fin à l Etat Islamique? Le 5 août 1990, de nombreux pays musulmans, par delà le Moyen-Orient, ont adopté une déclaration islamique des droits de l'homme, adaptant ces derniers aux valeurs supposées de l Islam. Cette déclaration, associée avec la charia, est-elle compatible avec les préceptes des Nations Unies?
Votre travail Ces recherches ne sont là que pour apporter une vision globale du sujet. Vous devrez bien sur vous préparer personnellement. Voici quelques points à partir desquels il vous faudra travailler : - - - Rechercher la position de votre pays sur cette question ; identifier vos alliés naturels avec lesquels vous vous proposerez de travailler, et ensuite identifier les pays qui ont une position contraire à la vôtre ou qui ont une pensée qui diverge de la vôtre ; écrire une ébauche de résolution (quelques clauses) qui votre position politique sur le plan international, puis comparer la à celle de vos alliés et adversaires potentiels. Peut-être réussirez-vous à rassembler autour de votre projet de résolution et à faire voter celle-ci à l'assemblée générale ; N oubliez pas que Wikipedia est bien, mais élargissez vos recherches! Recherchez de préférence sur des sites tels que http://www.un.org/fr/index.html Info extra : envoyez nous un message par Facebook afin que l on crée un groupe pour se présenter. Sitographie : (conflit en syrie) http://www.lemonde.fr/proche-orient/video/2015/10/27/comprendre-la-situation-en-syrieen-5-minutes_4798012_3218.html (Puissance de L'état Islamique) http://www.lemonde.fr/proche-orient/video/2014/06/27/comprendre-la-montee-enpuissance-de-l-eiil-en-cinq-minutes_4446907_3218.html (Qui soutient qui?) http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/10/02/syrie-comprendre-qui-soutient-quien-deux-clics_4781545_4355770.html (carte hypothétique d un possible éclatement du Moyen-Orient) http://www.nytimes.com/interactive/2013/09/29/sunday-review/how-5-countries-couldbecome-14.html?ref=sunday (Différence entre sunnite et chiite) http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/06/20/au-fait-quelle-difference-entresunnites-et-chiites_4442319_4355770.html