Item 73 : Risques sanitaires liés à l'eau et à l'alimentation. Toxiinfections



Documents pareils
Surveillance des toxi-infections alimentaires collectives

L hygiène alimentaire en EPHAD

Surveillance des toxi infections alimentaires collectives

Micro-organismes et parasites des viandes : les connaître pour les maîtriser, de l éleveur au consommateur. Avant-propos

Les germes pathogènes dans l industrie agroalimentaire

SURVEILLANCE DES SALARIES MANIPULANT DES DENREES ALIMENTAIRES

Décrire l'ensemble des mesures de maîtrise et des mesures de surveillance dans des procédures ou modes opératoires portés à la connaissance de tous.

formations professionnelles fin 2014 / début 2015 hygiène alimentaire en restauration collective audit, conseil et formation professionnelle

Contexte réglementaire en hygiène alimentaire

Service Hygiène & Sécurité

HYGIENE EN RESTAURATION COLLECTIVE

SECURITE SANITAIRE ET RESTAURATION COLLECTIVE A CARACTERE SOCIAL

Dracunculose Association Française des Enseignants de Parasitologie et Mycologie (ANOFEL)

Guide des bonnes pratiques d hygiène de la distribution de produits alimentaires par les organismes caritatifs

Partie I Les constats actuels dans le secteur agroalimentaire

Formations 2014 SECURITE DES ALIMENTS

ème année - 3 ème Trim. - N 176

Contact SCD Nancy 1 : memoires@scd.uhp-nancy.fr

L hygiène en restauration collective. Formation aux ouvriers de l épicerie Sociale des Capucines Morgane DANIEL-diététicienne RSD

LES TOXI - INFECTIONS ALIMENTAIRES

Les toxi-infections alimentaires collectives : aspects cliniques et épidémiologiques

CATALOGUE DE FORMATION. Qualité Hygiène et Sécurité Alimentaire. Au service des professionnels des métiers de bouche sur tout le territoire national

LES INCONTOURNABLES DE L HYGIENE ALIMENTAIRE EN RESTAURANT SATELLITE

L hygiène en restauration

Hygiène alimentaire. Introduction

Restauration collective. quelques aspects réglementaires

L application des principes HACCP dans les entreprises alimentaires. Guide d application de la réglementation

Hygiène alimentaire en restauration collective

ALIMENTATION DE L IMMUNODEPRIME. I Rappel des risques liés à l alimentation de l immunodéprimé

Hygiène, sécurité et équilibre alimentaires dans les accueils collectifs de mineurs (ACM)

Hygiène alimentaire en restauration collective

Critères microbiologiques applicables aux denrées alimentaires Lignes directrices pour l interprétation

AVIS de l Agence nationale de sécurité sanitaire de l alimentation, de l environnement et du travail

Cinq clefs pour des aliments plus sûrs Manuel

Sensibilisation des opérateurs à l hygiène des aliments

Hygiène alimentaire. Réglementation. Restaurants et commerces alimentaires

GLOSSAIRE (NF : NORME FRANÇAISE. AFNOR : ASSOCIATION FRANÇAISE DE NORMALISATION) Achat : Actualisation du prix : Affermage : Allotissement :

DÉMARCHE HACCP RESTAURATION. Guide pour l analyse des dangers. Restauration commerciale Restauration collective à caractère social

FORMATION EN HYGIENE Etablissements médico-sociaux de PICARDIE 16 juin 2015 E.Baticle

Mairie de SAINT DIDIER SOUS RIVERIE Téléphone : Télécopie : MARCHE PUBLIC DE FOURNITURES COURANTES ET SERVICES

HACCP et sécurité sanitaire des aliments

Qui sont-ils? Pedro. Tamacha. 9 En quantité, Tamacha mange suffisamment, mais son alimentation n est pas satisfaisante en qualité.

Restauration Collective. Lycée Stanislas Jeudi 27 mars 2014

Quelques règles minima d hygiène à respecter pour la partie restauration de votre centre

Un outil unique pour faire découvrir aux tout-petits le plaisir de cuisiner!

SOMMAIRE LE MOT DU CAFA INTRODUCTION REFERENCES REGLEMENTAIRES CHAPITRE 1 : FONCTIONNEMENT DE L ETABLISSEMENT

LA QUALITE DE LA PRODUCTION

GRENADE / GARONNE 30 janvier Centrale de Restauration MARTEL Maryse LAFFONT, Diététicienne

Le système HACCP. Plan. Plan. Introduction :


Laboratoire Départemental d Analyses Premier semestre 2015 I T. mon Département, Ain

L information nutritionnelle sur les étiquettes des aliments

FORMATION OBLIGATOIRE A L HYGIENE ALIMENTAIRE

Hygiène alimentaire en restauration

La salubrité des aliments, c est important

GUIDE DES BONNES PRATIQUES D'HYGIENE EN RESTAURATION COLLECTIVE A CARACTERE SOCIAL U.P.R.M.

NOCOSPRAY CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES UN FONCTIONNEMENT TRÈS SIMPLE DE MULTIPLES OPTIONS PERMETTANT DE S ADAPTER À CHAQUE SITUATION

Auriol : le service public de la Restauration scolaire

Description de poste en vue d un recrutement Commis / Commise de cuisine. Description du poste

DANS LES CENTRES. «S approprier la méthode HACCP pour l appliquer à : des situations professionnelles, des situations pédagogiques»

Journée mondiale de la Santé 2015

EDITO. Vincent DESCOEUR Président du Conseil Général du Cantal Député du Cantal 1/188

Guide de bonnes pratiques d hygiène de la restauration collective de plein air des accueils collectifs de mineurs

Comment utilisons-nous notre argent?

Consommez moins de sodium pour réduire votre pression artérielle. Information sur le sodium alimentaire.

Marque déposée de GV RESTAURATION SERVICES SA

COMMUNE DE GRESY-SUR-AIX

Qualité. Sécurité Alimentaire

Les règles d hygiène en restauration

Edition Limitée CLASSIC 2. Spécial NOUVEL AN CHINOIS. recettes

CATALOGUE DE PRESTATIONS FORMATION ET CONSEILS

VENDREDI 11 MARS Bienvenue. à la Journée portes ouvertes à la Cuisine centrale de la Ville de Fort-de-France 11/03/11 1

RAPPORT AUDIT HYGIENE AVXX-0XX-XXX

Préparation de repas journaliers pour le service de portage à domicile

GUIDE. des bonnes pratiques d hygiène et de salubrité alimentaires

BMR/ BHR en EHPAD Prise en charge des résidents

Nutrition et santé : suivez le guide

Livret. d Hygiène. Restauration. Collective. Collèges et Lycées. Collectivité Territoriale de Corse

Hygiène alimentaire en restauration

Registre des dossiers et des mesures correctives du programme LCQ

Fiche pratique. Les règles d hygiène en restauration. Mai 2014

Infestation par Dipylidium caninum,

Circulaire relative à la composition des repas servis en restauration scolaire et à la sécurité des aliments

Signalement et gestion des infections respiratoires aiguës (IRA) et des gastroentérites aiguës (GEA) 19 juin 2014

Garantir la sécurité alimentaire en EHPAD

Résumé des modifications intervenues : simplification et clarification des actions descriptives

des produits alimentaires Industry Fact Sheet Septembre 2012

Le guide des bonnes pratiques d hygiène et la qualité alimentaire en restauration

«Cette action contribue au PNNS». À CHÂTEAU THIERRY

AVIS 1 / 21. Afssa Saisine n 2007-SA-0174 Saisine liée n 2006-SA Maisons-Alfort, le 13 mars 2008

Référentiel Officine

Programme d amélioration de la salubrité des aliments (PASA)

Prévenir la colonisation par Campylobacter chez les poulets de chair. Dr. Wael Abdelrahman Consultant technique, Probiotiques volailles

Parties communes et services

REPUBLIQUE TOGOLAISE. Travail Liberate Patria MINISTERE DE L AGRICULTURE, DE L ELEVAGE ET DE LA PECHE -PNIASA - PLAN D ACTION DU VOLET NUTRITION

formation - conseil eurofins formation La référence Hygiène, Qualité et SÉCURITÉ DES aliments Ensemble, développons les compétences de vos équipes!

- Ipsum GASTRONOMIE. GUEGUEN Philippe. JOSSERON Kevin. LAHRECHE Mazen. LIBERATORE Clélia. PINFERETTI Gilles. Octobre 2013 DHR 1 F

Élévation du niveau d'hygiène dans la restauration

Transcription:

Item 73 : Risques sanitaires liés à l'eau et à l'alimentation. Toxiinfections alimentaires Date de création du document 2008-2009

Table des matières 1 Principaux risques liés à la consommation d'eau ou d'aliments...1 2 Circonstances diagnostiques et principes de prévention d'une toxi-infection alimentaire...2 3 Toxi-infection alimentaire familiale ou collective (TIAC)...3 ENC : OBJECTIFS Préciser les principaux risques liés à la consommation d'eau ou d'aliments. Diagnostiquer une toxi-infection alimentaire et connaître les principes de prévention. Argumenter une conduite pratique devant une toxi-infection alimentaire familiale ou collective.

I PRINCIPAUX RISQUES LIÉS À LA CONSOMMATION D'EAU OU D'ALIMENTS Les infections intestinales (bactéries, virus, parasites) se transmettent : par l eau (sauf bouteilles d eau commercialisées encapsulées), y compris parfois accidentellement par les circuits d eau potable contrôlée ; par les aliments ; au cours des baignades (en piscine, en eau douce ou en mer, surtout s il y a immersion de la tête) ; et de façon interhumaine via les mains souillées par les fèces. La transmission interhumaine peut être réduite par des mesures d hygiène simples (lavage soigneux des mains avant de faire la cuisine, de passer à table et après être allé aux toilettes). Les aliments peuvent aussi être vecteurs de toxines, produites par des bactéries, responsables de tableaux digestifs, généralement brefs et bénins. Les autres risques liés à la consommation d eau ou d aliments sont beaucoup plus rares : diarrhée brève de mécanisme osmotique liée à l ingestion rapide de grandes quantités de polyols, contenus dans les aliments dits «sans sucre», peu digérés et peu absorbés dans l intestin grêle ; allergie liée à des allergènes alimentaires : diarrhée et/ou signes extradigestifs (urticaire, voire oedème de la face, bronchospasme, collapsus) survenant rapidement après ingestion des allergènes ; diarrhées et manifestations cutanées (érythème, bouffées vaso-motrices) histaminiques liées à l ingestion en grande quantité d aliments riches en histamine (thon avarié) ; tableau neurologique (notamment diplopie) et digestif (vomissements, diarrhée) après ingestion de toxine botulique (conserves artisanales) ; intoxication chimique par les molécules toxiques contenues dans certains champignons, à l origine de tableaux cliniques variés (muscarinique, phalloïdien, etc.) ; tableau digestif et neurologique (ciguatera) après ingestion de poissons tropicaux, crus ou cuits (les toxines résistent à la cuisson et la congélation), contaminés par des algues des coraux ; intoxication aiguë par les métaux lourds après ingestion d une boisson acide et/ou gazeuse ayant séjourné dans un récipient métallique de mauvaise qualité : vomissements et/ou diarrhée survenant en moins d une heure, résolutifs en quelques heures.

II CIRCONSTANCES DIAGNOSTIQUES ET PRINCIPES DE PRÉVENTION D'UNE TOXI-INFECTION ALIMENTAIRE A. Intoxications Certains aliments sont responsables d intoxications. Il s agit le plus souvent de tableaux digestifs de quelques heures (tableau 3.I), après incubation courte (1 à 16 heures), dus au transit intestinal de toxines produites par certaines bactéries (telles que Bacillus cereus (riz), Staphyloccus aureus (pâtisseries ou viandes manipulées) ou Clostridium perfringens (plats cuisinés)). Les coquillages peuvent contenir des toxines du plancton, thermorésistantes, responsables de malaises digestifs et/ou neurologiques brefs. (Recommandation : (1) Agence de la santé publique du Canada. Fiches techniques santé/sécurité (FTSS)- agents infectieux [en ligne]. ) (1) Recommandations concernant le terme clostridium perfringens. Tableau 3.I. Principaux risques dintoxication ou dinfection intestinale en fonction des aliments récemment ingérés B. Infections intestinales Les aliments les plus à risque de transmettre une infection intestinale (tableau 3.I) sont : les coquillages crus (virus, vibrios, salmonelles) ; certains poissons crus (anisakiase rare en France) ; les aliments à base d oeufs crus (Salmonella enteritidis) ; les produits laitiers au lait cru (salmonelles) ; la viande de boeuf insuffisamment cuite (rouge ou rosée à coeur, salmonelles, E. coli entéro-hémorragiques et Taenia saginata) ; les volailles insuffisamment cuites (chair rosée à coeur, Campylobacter, salmonelles) ; la viande de porc insuffisamment cuite (Yersinia, salmonelles).

Des aliments sains ou stérilisés par la cuisson peuvent être contaminés secondairement avant consommation au contact d aliments crus contaminés (contamination croisée) ou des mains sales de l homme (ceci expliquant la contamination des aliments par des pathogènes strictement humains tels que Salmonella typhi ou Shigella).

III TOXI-INFECTION ALIMENTAIRE FAMILIALE OU COLLECTIVE (TIAC) A. Définition Les diarrhées par toxi-infection familiale ou collective (restaurants, cantines, hôpitaux, maisons de retraite) se définissent par l apparition d au moins 2 cas groupés similaires d épisodes digestifs dont on peut rapporter la cause à une même origine alimentaire. B. Conduite pratique Toute Toxi-Infection Alimentaire familiale ou collective doit faire l objet d une déclaration à l autorité sanitaire départementale (Direction départementale des Affaires Sanitaires et Sociales (Direction départementale des Affaires Sanitaires et Sociales ) ou à la Direction Départementale des Services Vétérinaires (Direction Départementale des Services Vétérinaires). Cette déclaration est obligatoire d une part pour tout docteur en médecine qui en a constaté l existence, d autre part pour le principal occupant, chef de famille ou d établissement, des locaux où se trouvent les malades. La déclaration obligatoire permet de réaliser si nécessaire une enquête épidémiologique et vétérinaire destinée à identifier les aliments responsables et les facteurs favorisants afin de prendre des mesures spécifiques pour prévenir les récidives. Après investigation, les déclarations et les rapports d investigations sont transmis à la direction générale de l alimentation pour les TIAC déclarées aux DDSV et à l Institut de veille sanitaire (Institut de veille sanitaire) pour les TIAC déclarées aux DDASS. Une mise en commun et une synthèse de ces données est réalisée et publiée annuellement. Cette synthèse permet de surveiller les tendances évolutives des TIAC (en termes d incidence, d agents et d aliments en cause). C. Principales causes en France Les principales causes de TIAC déclarées en France sont les salmonelles (70 % des TIAC), Clostridium perfringens pour les plats en sauce et Staphyloccus aureus pour les préparations ayant nécessité des manipulations et des produits laitiers. D. Principes de prévention En restauration collective, les principales mesures préventives sont le respect des bonnes pratiques de transport, stockage et préparation des aliments, et le respect strict des chaînes du chaud et du froid.

En milieu familial, il est recommandé et conserver les produits sensibles (viandes, oeufs, poissons, etc.) dans le réfrigérateur et de les y placer rapidement après achat, de bien cuire les oeufs destinés aux personnes vulnérables (enfants, personnes âgées, femmes enceintes), de préparer les aliments à base d oeufs non cuits (mayonnaise, pâtisserie) le plus près possible de la consommation et de consommer les viandes hachées et les volailles cuites à coeur (absence de teinte rosée). Les règles d hygiène (lavage des mains à la sortie des toilettes, avant de préparer les repas) et les bonnes pratiques permettant d éviter les contaminations croisées au moment de la préparation des aliments (par exemple, ne pas utiliser le même couteau pour couper de la viande et les crudités, nettoyage des plans de travail) ou lors du stockage doivent être rappelées. (En savoir plus : (1) Les intoxications alimentaires (1e partie) [en ligne].) (1) Les intoxications alimentaires. (En savoir plus : (2) BUISSON Y., TEYSSOU R. Les toxi-infections alimentaires collectives [en ligne]. Revue Française des Laboratoires. Décembre 2002, Vol. 2002, Issue 381, p. 61-66. ) (2) Les toxi-infections alimentaires collectives. (Recommandation : (2) Centre de Coordination de Lutte contre les Infections Nosocomiales du Sud-Est. Conduite à tenir en cas de suspicion de toxi-infection alimentaire collective (TIAC) en établissement de santé [en ligne]. 2003/05) (2) Conduite à tenir en cas de suspicion de toxiinfection alimentaire collective.

IV ANNEXES EN SAVOIR PLUS (1) Les intoxications alimentaires (1e partie) [en ligne]. : http://www.caducee.net/dossierspecialises/nutrition/intoxicationalimentaire.asp#alimentaire (2) BUISSON Y., TEYSSOU R. Les toxi-infections alimentaires collectives [en ligne]. Revue Française des Laboratoires. Décembre 2002, Vol. 2002, Issue 381, p. 61-66. : http://www.sciencedirect.com/science?_ob=articleurl&_udi=b6vrf-47xmgn5-2g&_user=592857&_rdoc=1&_fmt=&_orig=search&_sort=d&view=c&_acct=c00003 0418&_version=1&_urlVersion=0&_userid=592857&md5=ad30f21b123a5f14a065ad6 f582eafd7 RECOMMANDATION (1) Agence de la santé publique du Canada. Fiches techniques santé/sécurité (FTSS)- agents infectieux [en ligne]. : http://www.phac-aspc.gc.ca/msdsftss/index-fra.php (2) Centre de Coordination de Lutte contre les Infections Nosocomiales du Sud-Est. Conduite à tenir en cas de suspicion de toxi-infection alimentaire collective (TIAC) en établissement de santé [en ligne]. 2003/05 : http://www.bdsp.ehesp.fr/base/scripts/showa.bs?bqref=285291 ABRÉVIATIONS DDASS : Direction départementale des Affaires Sanitaires et Sociales DDSV : Direction Départementale des Services Vétérinaires InVS : Institut de veille sanitaire TIAC : Toxi-Infection Alimentaire familiale ou collective