1 Rev. Dr. Jean A. RAVALITERA, Docteur en Théologie, Pasteur Synodal, Président de la FPMA VERS UNE REPARTITION DES TACHES TENANT COMPTE DES DIFFERENTS DONS SPIRITUELS DANS L'EGLISE PROTESTANTE MALGACHE EN FRANCE (FPMA). QUELQUES REMARQUES PSYCHO-SOCIOLOGIQUES EN GUISE D'INTRODUCTION Nous assistons actuellement à un relatif mais constant déclin sur le plan numérique des chrétiens engagés dans les Églises en Europe en général et en France en particulier. Selon la constatation de D. Hervieu-Léger : «Partout où la modernité avance et, avec elle, la démocratie politique, le développement technologique, l'urbanisation, l'industrialisation, l'importance sociale de la religion diminue, et avec elle, la présence des institutions religieuses dans la vie publique» 1. Un récent documentaire télévisé sur la chaîne France 2 fait état de dizaine de millier de lieux de culte mis en vente actuellement en France. Le rétrécissement du champ religieux à l'intérieur du champs social est provoque, en partie, selon les remarques de S. Gambarotto :«par la préférence actuelle des Français (et des occidentaux en général) pour une expérience spirituelle individuelle et privée tout en restant plurielle dans ses modalités» 2. Des théologiens protestants contemporains prônent la constitution d'une sorte de «christianisme non - religieux», autrement dit un «christianisme laïque». Ces théologiens remarquent l'avancée irrémédiable d'un «christianisme para-ecclésiastique» favorisant une multitude de «chrétiens sans Église» 3. Mais un tel phénomène ne fait qu apparaître une spiritualité sans solidarité avec les autres croyants et les Églises établies. Ce rapport entre le christianisme et le monde profane, que je remarque d'ailleurs en réfléchissant sur le problématique que vous avez posé, serait dû, selon D. Hervieu-Léger, au fait que «La conscience individuelle est le lieu central et exclusif de l'expérience chrétienne. Dans ce mouvement, la théologie s'ajuste aux présupposés de la pensée sécularisée moderne» 4. Faut-il rappeler encore que la raison d'être de l'église chrétienne (je parle de l'église en général) est d'annoncer l'évangile. Mais comment faire? 1 HERVIEU-LEGER, Danièle, «Permanence et devenir du religieux dans les sociétés européennes», Autres Temps, juin 1993, p. 33. 2 GAMBAROTTO, Sylvie, Pour une croissance de l Église locale. Démarches et enjeux, Lyon, Réveil Publications, 2001, p. 19. 3 DELTEIL, Gérard, KELLER, Paul, L Église disséminée,pris, Cerf, 1995, p. 226, 231ss. 4 HERVIEU-LEGER, Danièle, CHAMPION, Françoise, Vers un renouveau du Christianisme?, Paris, Cerf, 1986, p. 272.
2 Cette «Mission» de l'église est surtout dans sa présence dans la proclamation de l'évangile et dans le diaconat, c est-à-dire dans les œuvres qui touchent directement les gens dans la vie de tous les jours. Mais l'église reconnaît qu'elle est démunie devant la complication des sociétés humaines dans lesquelles elle doit œuvrer. Devant l'évolution de nos sociétés, aucune église ne peut prétendre capable de travailler seule. Il nous faut considérer au moins deux points qui nécessitent une certaine pluralité sans mener vers la prépondérance des particularités dans la mission. La langue. Tout le monde est supposé parler français en vivant en France, mais la maîtrise de la langue française n'est pas évidente pour tous. Et nombreux sont ceux qui trouvent du mal à s'épanouir à cause de cette barrière de la langue. La culture. Il y a beaucoup à dire à ce sujet. Je me limite à remarquer que l'intégration ne peut jamais combler entièrement le fossé entre une culture d'adoption et une culture de naissance. Nul ne peut se développer complètement sans ses propres repères culturels. Mais il n'est pas facile de prendre des responsabilités. Nous avons une expression en malagasy qui dit : «Ory hava-manana», difficile à traduire correctement. La signification est que souvent vos amis n'apprécient pas votre réussite et que l'on cherche par tous les moyens à vous dresser des obstacles pour vous obliger à douter de vous-mêmes. Au lieu de vous encourager dans votre réussite, on s'acharne d'une façon ou d'une autre contre vous pour parvenir finalement à vous décourager. Je ne pense pas que ce soit un comportement typiquement de chez nous. J'ai appris les mêmes en côtoyant des amis venus d'afrique, d'asie, et même d'europe. Quelle est la source de ce comportement? Ma première réponse est qu'il y a une angoisse dissimulée. Pris dans «les rouages d une gigantesque mécanique qui tourne de plus en plus vite pour faire produire et consommer un homme qu'elle force à n'être plus humain» 5, selon les termes de J. Gastambide, la réaction de défense de certaines personnes est cette forme d'agressivité. Le temps nous manque pour approfondir cette allégation. Nous y reviendrons peut-être une autre fois. Ma deuxième réponse est qu'il y a un manque de maturation spirituelle. Et je pense que nous avons beaucoup dévié de la foi que Jésus veut nous faire vivre. À force de vouloir être trop rationnels et techniques, nous avons perdu «l'esprit d'enfance» nécessaire pour accueillir l'évangile en basculant dans un «infantilisme religieux» que nous nous forgeons nous-mêmes 6. Pourtant, l'évangile cherche à rendre l'homme reconnaissant et réceptif comme un enfant tout en étant, en tant qu'adulte, un être dont la conscience, éclairée par la Parole vivante, apprend à reconnaître ce qui est vrai, juste et bon, bon pour lui-même et pour les autres. J. Gastambide écrit encore: «Un monde incroyant ne perçoit la véritable nature de l'évangile que par la qualité de l'amour dont les chrétiens témoignent, par la simplicité avec laquelle ils expriment la vérité qui commande leur vie. Il s'agit toujours de rendre manifeste l'amour du Christ pour les hommes et sa vérité» 7. 5 GASTAMBIDE, Jean, Parisien et Protestant Pour quoi?, Paris, Les Bergers et les Mages, 1967, p.58. 6 J utilise là les termes de Jean ANSALDI, in Prier aujourd hui. De l infantile à l esprit d enfance, Valleraugue, Chemin de Villeméjane n 1, 1991. 7 Op. cit., p. 92.
3 Je termine cette première partie introductive en vous citant cet extrait du message du Pasteur Jean-Arnold de Clermont, ancien Président de la Fédération Protestante de France, lors de l'ouverture de l'assemblée Générale de la FPF en 2007 à laquelle j'ai assisté. Il a dit : «On le sait, nous attachons la plus grande importance à une relation simplifiée et consolidée entre les associations cultuelles et les associations culturelles et sociales, nées de l'engagement de leurs membres et qu'elles comptent soutenir. Mais au-delà de cette question technique, c'est de la présence visible et constructive de nos Églises dans la société française qu'il est question. Nous l'avons dit plusieurs fois ; nous refusons la privatisation du religieux ; nous croyons que le défi de construire une société plus juste et plus humaine est tel que seul un débat public, ouvert à tous, permettra de définir les valeurs sur les quelles nous voulons construire notre avenir commun. Ce ne sont ni les replis identitaires, ni les exclusives qui permettront de répondre à ce défi. Nos Églises et Associations doivent en montrer la voie, et savoir s'associer à celles et ceux qui marchent dans cette même direction». La FPMA n'est pas comme un secte, ni comme une église dissidente de grandes Églises, parce qu'elle entretient des relations avec les Églises, non seulement en France, mais partout dans le monde dans le cadre des Associations d'églises dont elle fait partie (ANELF, FPF, KEK, LWF, WARC, CEVAA, COE). Toutefois, la tentation de paraître différentes des autres églises qui existent ici en France, à notre avis, la fait ressembler un peu à un oasis qui permet de se réfugier, face à la peur de l'inconnu. Elle est sécurisante parce qu on y rencontre et on y connaît quelque chose de «déjà vue». Et cela ne reste pas sans danger, surtout dans l'exercice de sa mission. Je vais parler aussi brièvement, si le temps me le permet, des faux témoignages et des faux appels que ses membres risquent de commettre. Depuis quelques années, la FPMA s'est dotée d'une «orientation théologique», développée dans des études suivies dans le cadre d'un «Projet d'église». Elle se veut être «Une Communion en mission pour la guérison et pour partager la vie en abondance». Pour conclure ce paragraphe sur les membres de la FPMA, nous allons faire une remarque à partir d'une comparaison avec ce qui se passe en Suisse, selon des enquêtes et analyses faites par des théologiens et sociologues. R.-J Campiche et ses collègues ont noté, proposant une typologie, quatre portraits permettant de repérer les attitudes à l'égard d'une institution ecclésiale. Ils ont écrit : «Le type du fidèle est membre de l'église pour l'amour de la cause commune. Pour l'église en tant qu'organisation normative, il incarne le type idéal du membre. Le type du fidèle/client ressent l'église comme une communauté de vie dans laquelle il partage avec d'autres des valeurs qui sont importantes pour lui ; d'un autre côté, il voit dans l'église une organisation dont les prestations sont assez intéressantes pour qu'il vaille la peine de ne pas renoncer à être membre. Le type de client groupe les membres dont la relation à l'église repose sur l'échange de prestation. Le membre nominal comprend le groupe de gens qui sont membres de l'église par tradition» 8. Ces quatre types de membres sont retrouvés dans la FPMA, cependant, il nous apparaît que ce sont surtout le deuxième et le dernier qui sont majoritaires et notre grand effort consiste à avoir plus de membres du type premier et du type second. 8 CAMPICHE, R.-J, Croire en Suisse (s), Lausanne, L Âge d Homme, 1992, p. 119-150. L enquête est menée, en 1988-1989, par une équipe composée de l auteur, de A. Dubach, C. Bovay, M. Kruegeller, P. Voli, sur la religion des Suisses.
4 Nous reconnaissons que l'église est humaine, et nous ne pouvons jamais prétendre à une perfection, cependant, les changements non négligeables remarqués ces dernières années nous donnent beaucoup d'espoir. Si la FPMA n'était pas encore une église en 1996, elle l'est devenue maintenant. Dans mon mémoire de maîtrise, j'ai relevé le système des valeurs véhicules du Christianisme à Madagascar : des valeurs sociales, entre autres la famille et le «fihavanana» notre valeur de référence ; des valeurs esthétiques comme la musique, entre autres la naissance du «Zafindraony», et la poésie ; des valeurs logiques dans lesquelles nous incluons le principe de raisonnement (exprimé dans la formule «manaraka ny onjany»), le principe d action qui suppose que le crédit accordé à une personne est en fonction de sa capacité de mettre en pratique ses dires et les vérités qu'elle a annoncées, la notion de vérité qui reste relative à un double point de vue : elle dépend des circonstances, et elle relève de l'approbation du groupe social', et cette vérité à dynamique social dans la logique culturelle malgache est exprimée dans le métaphore «Ny hisavasavana ny raviny dia mba hahitana ny fotony» ; des valeurs religieuses qui incluent les divinités (Razana, Zaňahary, Andriamanitra), l'enfant, et la bénédiction (Tsodrano). À la différence de ce qui se passe en Europe, le Christianisme est dans ses beaux jours à Madagascar. Aucune manifestation publique ne se fait sans l'intervention des Responsables des Églises. La célébration de la Fête nationale, nous le savons, est toujours précédée d'un culte des différentes confessions et souvent œcuménique pour les chrétiens. De nouvelles églises se forment depuis l'indépendance, et certaines églises dites «historiques» élargissent actuellement leurs lieux de culte. En ce qui concerne particulièrement les «grandes églises protestantes», remarquons cependant que la grande majorité des dirigeants de ces églises protestantes historiques viennent de la région centrale de Madagascar. Les gens venus des régions côtières restent encore relativement peu nombreux aux instances dirigeantes. Or, le centre de l île a été longtemps favorisé du point de vue développement économique, du temps de la Colonisation. Le protestantisme qui est majoritaire dans cette région est considéré souvent comme la «religion des aristocrates et des nantis» 9. 9 Il y a en malgache l expression «Fivavahan-kova» (qui veut dire littéralement la religion des notables, ou aussi la religion de l ethnie du centre), pour désigner le Protestantisme (surtout les Réformés). «Fivavahana» traduit en malgache «r eligion» ; «Hova» est à la fois l autre appellation que l on donne aux Merinas (un des 18 ethnies de Madagascar), mais aussi c est le terme employé pour désigner les hommes libres (deuxième caste après les nobles parmi les Merina), et des nobles descendants des anciens princes dans les autres régions du centre de l île (notamment chez les Betsileos, la grande ethnie du centre Sud de Madagascar).
ESQUISSES DE PROJETS SUR LE THEME EN GUISE DE CONCLUSION 5 Il n'est pas toujours recommandable de copier ce que font les autres sans tenir compte de la réalité contextuelle. Selon le philosophe C. Alexandre :«Tout projet suppose la mise en relation de la connaissance de la réalité avec l'envie d'aller ailleurs faire des projets demande un complément à la froideur de l'analyse, un courant chaud qui donne l'élan, arrache aux routines, ouvre au rêve, lance dans les aventures que la raison conseillerait parfois d'éviter» 10. Mais les idées d'ailleurs nous donnent quelques pistes de réflexion. Il est question de convertir la communauté pour qu'elle cesse de s'angoisser pur sa propre survie et la préservation de son passé idéalisé. Cette véritable conversion mène la communauté à focaliser toute son énergie sur l'appel du Christ à concrétiser de nouvelles formes de témoignage, y compris vers des groupes de personnes distancés de l'église qui ont aussi des attentes spirituelles même si pour eux, l'église ne leur sert que comme garantie de leur stabilité sociale et reste distante de leurs préoccupations quotidiennes. L'Église est appelée à mettre en valeur les dons qui lui permettront de surmonter les handicaps qui la freinent dans son élan. Savoir présenter ses activités et leur objectif est aujourd'hui indispensable à la crédibilité d'une organisation, fût-elle ecclésiale. Pour que les membres de la communauté acceptent de s'impliquer et de s'investir dans un type de responsabilité, il leur faut se sentir libres d'utiliser leur créativité et leur énergie de manière à la fois efficace, régulière et pour une durée limitée. Dans notre monde actuel marqué par l'anonymat induisant une perte de confiance et un fort sentiment d'impuissance, la reconnaissance personnalisée des dons ne peut que favoriser l'intégration de chacun dans une équipe conviviale et enthousiaste. Celle-ci doit veiller à ne pas constituer une élite, mais à stimuler tous les autres membres de la communauté, afin qu'eux aussi, en fonction de leurs charismes reconnus, soient appelés à contribuer à l édification de l'église. Il ne s'agit pas de remettre en question les institutions, mais à réorganiser les ministères en vue de redynamiser et revitaliser la vie de la Communauté et ses activités. Les Presbytériens américains proposent dans ce qu'ils appellent Redéveloppement de la communauté (Congregational Redevelopment) : «Le redéveloppement d'une communauté est la réorientation de son ministère à la lumière des modifications intervenues au niveau des besoins et des circonstances parmi ses membres, de la communauté qui doit être desservie, ou les deux. Le redéveloppement inclut un effort et une intention planifiés pour augmenter les capacités de la communauté en vue d'un ministère efficace là où elle se trouve» 11. Il est impératif de souligner que le rôle du Pasteur et du Conseil Presbytéral reste central dans le gouvernement spirituel et matériel de l'église, et celui-ci doit rester ordonné à la Parole de Dieu. La revitalisation et le développement ecclésial nécessitent une collaboration étroite entre le pasteur et les laïcs dont les charismes doivent être reconnus et utilisés. La dimension collégiale du Conseil Presbytéral est indispensable, mais pas seulement au niveau décisionnel car les responsables élus doivent s'impliquer dans un partenariat actif avec leur pasteur. Il faut bien définir la responsabilité pastorale qui est déterminante pour instaurer un climat de confiance parmi les membres engagés et susciter un élan vital au sein de la communauté. 10 ALEXANDRE Christian, Oser des Projets, Paris, Ed. de l Atelier/Ed. Ouvrières, 1996, p. 37, 91. 11 PRESBYTERIAN CHURCH IN USA (PCUS), A resource book for leaders doing training in Congregational Redevelopment, New York, Evangelism and Church development National Ministries Division, 1995, section I-A- Handout I-1.
6 Je ne saurai énumérer toutes les exigences concernant la fonction et les aptitudes du pasteur, mais je me contente d'en relever quelques unes que je pense les plus importantes. «L'Église et le ministère pastoral sont deux grandeurs corrélatives, que l'existence de l'église est liée à celle du ministère pastoral, et l'existence du ministère pastoral est liée à l'existence de l'église» 12. Voilà quelques points des exigences pour le ministère pastoral : Le pasteur doit avoir le souci de la globalité de sa communauté et apprendre à connaître les besoins spirituels des fidèles qu'il s'efforce de visiter régulièrement et auxquels il donne une nourriture spirituelle solide ; Il sera également préparé à évangéliser et à donner une parole adaptée à ceux qui ne connaissent pas le Christ et sont éloignés de l'église ; Pour apporter une parole théologique pertinente à tous, il sera doté d une formation solide et apte à communiquer de manière audible et compréhensible ; Possédant une claire perception des objectifs à atteindre, il saura conduire avec dynamisme l'ensemble des membres engagés vers la concrétisation des projets communs ; Il veillera à la bonne gestion de son emploi du temps personnel afin d'opérer avec un maximum d'efficacité au service de sa communauté sans négliger sa vie privée et ses activités extra-ecclésiales ; Représentant une figure spirituelle et morale de premier plan, il saura transmettre joie de vivre et espérance en Christ à sa communauté. Son équilibre psychologique doit lui permettre de gérer les tensions et conflits engendrés par le travail de groupe. Mais si le pasteur ressemble parfois à un chef d'orchestre, il doit s'efforcer à renoncer à ce que tout soit organisé autour et en fonction de lui et de sa personnalité. Ce qui n'est pas du tout facile quand il est totalement impliqué dans son ministère, toutefois il se sait humblement appelé au service d'une Église qui était là avant lui et devra continuer à vivre après son départ. Il saura également avec l'équipe presbytérale solenniser les moments importants de la vie communautaire et, particulièrement, ceux consacrés à la reconnaissance des différents ministères de l'église locale. Notons, par ailleurs, que les laïcs engagés s'essoufflent dans leur tâche à cause d'un temps de service souvent trop long. Il est donc vital d'associer aux talents de ceux qui sont impliqués dans la communauté depuis longtemps les idées et les compétences de nouveaux responsables acceptant de s'aventurer dans la vie ecclésiale. Que des laïcs deviennent diacres, conseillers presbytéraux, prédicateurs ou catéchètes, ils ont besoin d'une bonne information sur l'importance de leurs responsabilités, ainsi que d'une solide formation. La formation doit être pensée et organisée en utilisant toutes les ressources humaines et structurelles possibles. 12 BÜHLER, Pierre, BURKHALTER, Carmen (éd.), Qu est-ce qu un pasteur?, Genève, Labor et Fides, 1997, p. 23.
7 Il a été observé que les minorités ont souvent un comportement clanique à la fois pour se protéger, pour préserver leur identité ou encore pour maintenir un statut quelque peu élitiste. Mais lorsque tant de personnes attendent une parole d'espérance, éprouvent un besoin vital d'acceptation et d'appartenance, l'attitude de nos Églises ne ressemble-t-elle pas à de la frilosité, de la peur et de l'exclusivisme? Il est possible que l'appel à sortir vers les autres pour témoigner soit entendu et que le point faible se situe sur le plan de la méthode plus que sur celui de l'orientation générale. Mais il demeure évident que le critère fondamental n'est pas celui du nombre ni de la croissance à tout prix, mais la fidélité au message évangélique de la grâce et à la vocation de l'annonce de la Parole de Dieu. S. Gambarotto nous prévient à ce sujet : «Il ne faut pas se tromper de priorité et confondre l'église avec une sorte de libre-service destiné à satisfaire les besoins spirituels des consommateurs attirés par une vitrine plus alléchante que celle d à côté» 13. Le Christ doit rester le point central de focalisation et non la physionomie apparente de l'église. Rev. Dr Jean A. RAVALITERA Pasteur Synodal, Président de la FPMA 13 GAMBAROTTO, Sylvie, op.cit., p. 146.