Commission CI. Session d ouverture. Remarques d ouverture par le Président de la Commission CI



Documents pareils
ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L ÉDUCATION, LA SCIENCE ET LA CULTURE

La promotion de la pluralité linguistique dans l usage des nouvelles technologies de l information et de la communication

DECLARATION UNIVERSELLE DE L UNESCO

Commission Communication et information. 37 e session de la Conférence générale OUVERTURE. Jānis Kārkliņš, ADG/CI

Conférence mondiale sur les déterminants sociaux de la santé. Déclaration politique de Rio sur les déterminants sociaux de la santé

Réunion mondiale sur l Éducation pour tous UNESCO, Mascate, Oman mai 2014

Notre approche de développement local

Conseil d administration Genève, mars 2000 ESP. Relations de l OIT avec les institutions de Bretton Woods BUREAU INTERNATIONAL DU TRAVAIL

Cadre général du Forum sur les questions relatives aux minorités

POLITIQUE D ÉGALITÉ ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES

CHARLES DAN Candidat du Bénin pour le poste de Directeur général du Bureau international du Travail (BIT)

Publié en 2015 par l Organisation des Nations Unies pour l éducation, la science et la culture 7, place de Fontenoy, Paris 07 SP, France

Groupe de la Banque africaine de développement. ALLOCUTION D OUVERTURE DE M. OMAR KABBAJ Président du Groupe de la Banque africaine de développement

CONVENTION SUR LA PROTECTION ET LA PROMOTION DE LA DIVERSITÉ DES EXPRESSIONS CULTURELLES

Définition et exécution des mandats : analyse et recommandations aux fins de l examen des mandats

pas de santé sans ressources humaines

RÉUNION DES MINISTRES DE L'ALIMENTATION, DE L'AGRICULTURE ET DE LA PÊCHE DES PAYS MEMBRES DU CIHEAM 9ÈME DECLARATION FINALE

1-Thème du chantier : LE DEVELOPPEMENT DURABLE

Bonsoir, Mesdames et Messieurs,

Le fonds de dotation. Titre.

Qu est-ce que l adaptation au changement climatique?

Étapes suivantes du plan d action du Manitoba

Conclusions du Conseil sur la dimension stratégique du patrimoine culturel pour une Europe durable

Plan d Action de Ouagadougou contre la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, tel qu adopté par la Conférence

NATIONS UNIES. Déclaration des droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques

PAYS INVITE D'HONNEUR :LA FRANCE

Agenda 21 de la culture du Québec

Vers des sociétés du savoir inclusives

Secrétariat d Etat auprès du Premier Ministre chargé des Technologies Nouvelles

Cent huitième session. Rome, octobre 2011 FINANCEMENT DES ÉVALUATIONS - MISE EN ŒUVRE DES DÉCISIONS DU CONSEIL

Mesdames et Messieurs,

S engager pour la survie de l enfant: Une promesse renouvelée

LES DROITS CULTURELS. Déclaration de Fribourg

Assemblée générale. Nations Unies A/AC.105/772

Année internationale de la jeunesse. 12 août août asdf. Dialogue et compréhension mutuelle. Nations Unies

La culture : quatrième pilier du développement durable

TABLE RONDE DES MINISTRES AFRICAINS CHARGÉS DES TIC EN PRÉLUDE À LA 42 ÈME RÉUNION DE L ICANN. Hôtel Méridien Dakar, SENEGAL.

Charte. pour. de la coopération décentralisée. le développement durable

Dans ce nouveau siècle, aussi inégalitaire que le précédent mais aussi riche

utilisés en faveur d un relativisme culturel, allant à l encontre de l universalité des droits de l homme,

Nations Unies A/CONF.216/L.1* L avenir que nous voulons I. Notre vision commune * * Distr. limitée 19 juin 2012 Français Original : anglais

CADRE DECENNAL DE PROGRAMMATION CONCERNANT LES MODES DE CONSOMMATION ET DE PRODUCTION DURABLES (10YFP) RIO + 20 ADOPTE LE 10YFP

S engager à agir pour le développement durable dans une période de changement

E/CN.6/2010/CRP.9. Compte-rendu de l animateur de la réunion. Distr. limitée 11 mars 2010 Français Original : anglais

Charte du tourisme durable

CONSEIL DE COORDIN AT I O N DU PROGRAM M E DE L ONUSID A

Se former à l IIPE en planification & gestion de l éducation

la confiance dans l économie de l information

Le soutien financier des projets sur les budgets prévention des conflits et diplomatie préventive

BELGIQUE. Septième session de la Conférence des Etats Parties à la Convention relative aux Droits des Personnes handicapées

Musées et paysages culturels

Créateur d opportunités

Pourquoi la responsabilité sociétale est-elle importante?

Mot d ouverture de Mamadou Lamine N DONGO Lead Results Adviser Banque Africaine de Développement Coordonnateur de AfCoP

2) Qu est-ce que la cohésion sociale et l inclusion?

STRATÉGIE DU CONSEIL DE L EUROPE pour l égalité entre les femmes et les hommes

Expert(e) International(e) en santé publique Délégué(e) à la co-gestion de la composante «Appui à la demande de soins» Sénégal

Un atelier philo pour se reconnaitre hommes et femmes

Réponse à la consultation de la Commission européenne concernant le cadre juridique actuel régissant le droit fondamental à la protection des données

Cadre d action de Hyogo pour : Pour des nations et des collectivités résilientes face aux catastrophes

ECE/AC.21/SC/2014/3 EUDCE /1.6/SC12/3. Conseil économique et social

Nous sommes interrogés sur la nature de la crise que nous rencontrons

Volet thématique «Prévention des crises et consolidation de la paix»

Déclaration des Parlementaires africains sur les Objectifs du Millénaire pour le développement et l'ordre du jour du développement post 2015

Compétences, qualifications et anticipation des changements dans le secteur de l électricité en Europe

Projet éducatif vacances enfants et adolescents

Lettre de mission. Services de consultant pour une évaluation à mi-parcours de la Stratégie de l UIP

Les TIC (Technologies de l Information et de la Communication), une opportunité de développement de l entreprenariat "au féminin"

INVESTIR DANS LA DÉMOCRATIE LE PROGRAMME GLOBAL D APPUI AU CYCLE ÉLECTORAL DU PNUD

APPEL A LA RECONNAISSANCE DU PATRIMOINE CULTUREL IMMATÉRIEL EN BRETAGNE

Organisation de dispositifs pour tous les apprenants : la question de l'évaluation inclusive

DÉCLARATION SUR LES PROBLEMES ET ENJEUX FONCIERS EN AFRIQUE

La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones

Enquête exclusive CampusFrance - TNS Sofres Les étudiants étrangers en France : image et attractivité

au concept de «développement durable» Pour une éducation ouverte sur le monde

Les Principes fondamentaux

ÉTUDES SOCIALES : DE LA MATERNELLE À LA DOUZIÈME ANNÉE

PROGRAMMES DE BOURSES ET DE FORMATION DU HCDH

Couverture du risque maladie dans les pays en développement: qui doit payer? (Paris, 7 mai 2008)

Position de l ASTEE sur l innovation en matière de services d eau et de déchets

Organisation des Nations Unies pour le développement industriel

Women s Major Group/Groupe Majeur des Femmes. Dernière déclaration du grand groupe des femmes - 21 juillet 2014

PROJET D ETABLISSEMENT

SECTION : Politique NUMÉRO : P201 PAGES : 6 SERVICE ÉMETTEUR : Direction des Services aux étudiants

Bien vivre, dans les limites de notre planète

TITRE DU PROJET Construction d un complexe de santé pour le compte de l ONG Education Pour la Santé et la Promotion de l Emploi (EPSPE)

Sondage sur la volonté d améliorer la gouvernance

Les contributions des acteurs territoriaux à la promotion de la cohésion sociale et du développement durable aux niveaux local, national et mondial

Charte de la laïcité à l École Charte commentée

Déclaration de M. Philipp Hildebrand, Président de la Direction générale de la Banque nationale suisse

Déclaration et Programme d action de Beijing. Déclaration politique et textes issus de Beijing+5

La coopération universitaire Union Européenne Maghreb dans le cadre des programmes d éducation Tempus et Erasmus Mundus

Discours à la communauté d affaires française Montréal, 6 février 2014 Résidence du Consul général

Rapport du Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l homme

Normes de mise en œuvre des programmes et applications concrètes. En vigueur à compter du 1 er janvier 2014

FONDS D INVESTISSEMENT CLIMATIQUES

Visita ad limina Apostolorum dei Presuli della Conferenza Episcopale del Benin

La politique environnementale de Computershare

MASTER 1 MANAGEMENT PUBLIC ENVIRONNEMENTAL CONTENU DES ENSEIGNEMENTS

Transcription:

35 ème session de la Conférence Générale Commission CI Session d ouverture Remarques d ouverture par le Président de la Commission CI Mesdames, Messieurs, Buenas tardes, Bonjour, Good afternoon, Здравствуйте (Zdravstvuite), 下 午 好 (Xiàwǔ hǎo), ال خ ي رمس اء (Masa a al-khair), C est pour moi un honneur d ouvrir cette première session de la Commission CI, dont je vais présider les travaux. Je tenais à vous accueillir dans les six langues officielles de l UNESCO pour souligner l importance que j accorde à la diversité linguistique, et en conséquence à la diversité culturelle. Le respect de l esprit de la langue de chacun doit se trouver au cœur de la communication comme un moyen de favoriser les échanges et la compréhension de l autre. Si je n étais pas limité par des contraintes de temps, je ne me serais pas contenté des langues officielles, et aurais osé vous souhaiter la bienvenue dans au moins quelques unes des langues de chacun des cinq continents. Mais la richesse des sujets que nous avons à aborder pendant les jours à venir et le temps réduit dont on dispose m oblige à rester raisonnable et pertinent. * * * Mesdames, Messieurs, L information et le savoir ont toujours été au cœur du développement humain. On les retrouve dans le terme même choisi par les hommes pour s auto-désigner : homo sapiens. Aujourd hui, avec la prolifération des nouvelles technologies de l information et de la communication, l expansion d Internet, la multiplication des blogs et des wikis, et le développement de réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter, l information et les 1

savoir sont plus que jamais devenus de véritables déterminants de la transformation sociale. En tant que laboratoire d idées et organisme normatif, avec une approche interdisciplinaire et intersectorielle, l UNESCO est bien placée pour confronter les défis sans précédent des sociétés du savoir en construction. L action de l UNESCO dans le domaine de la communication et de l information se concentre autour de trois principales axes : (i) la promotion de la liberté d expression et de la liberté d information ; (ii) le développement de médias libres, indépendants et pluralistes; et (iii) la favorisation de l accès universel à l information et le développement d infostructures. La liberté d expression, inscrite à l article 19 de la Déclaration universelle des droits de l homme, et son corollaire la liberté d information, ont depuis longtemps été considérées comme des pierres angulaires de la stratégie de développement des médias de l UNESCO. Et pour cause : la liberté d expression est fondamentale pour défendre d autres droits et libertés. Sans elle, nous n aurions certainement pas accompli les progrès constatés depuis quelques décennies dans la lutte contre le racisme, l antisémitisme et l islamophobie, ainsi que contre toutes les formes de discrimination et d intolérance. Elle est une composante essentielle de la démocratie, renforçant la participation et la transparence. Enfin, la liberté d expression peut favoriser le dialogue et le règlement des conflits dans un esprit de compréhension. De ce fait, elle a un rôle important à jouer dans la promotion d une culture de paix et de respect mutuel. Médias, dialogue et compréhension mutuelle est d ailleurs le thème qui a été choisi pour la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse le 3 mai de cette année, à Doha. Cette célébration annuelle, qui est l une des actions de sensibilisation les plus visibles menées par l UNESCO dans ce domaine, a été marquée cette année par l adoption de la Déclaration de Doha, qui souligne le potentiel des médias dans l amélioration de la compréhension et du dialogue entre les cultures. Ce dialogue des civilisations est primordial pour construire une véritable culture de la paix. 2

Outre ses actions de sensibilisation, l UNESCO propose des services consultatifs aux gouvernements qui le souhaitent pour les aider à développer des cadres législatifs qui garantissent la liberté d expression et la responsabilité des médias dans ce sens. Etroitement liées à ces efforts : les activités de l UNESCO pour aider à la mise en place d une radiotélévision de service public, indépendante, à forte dimension éducative et culturelle. Compte tenu du rôle que peuvent jouer les médias dans la facilitation du dialogue, l UNESCO accorde une place toute particulière à l assistance aux médias dans les zones en situation de conflit ou post-conflit. Une stratégie globale en la matière a été développée depuis 2000. L UNESCO cherche maintenant à renforcer les initiatives qui favorisent les échanges et faciliter des projets communs entre les parties opposées lors de conflits, en temps que clé de voûte de la stabilisation, de la reconstruction et de la consolidation de la paix. * * * Le deuxième volet de l action de l UNESCO en matière de communication et d information vise le développement de médias libres, pluralistes, indépendants et je dirais aussi - responsables, notamment par le biais du renforcement des capacités des médias et des professionnels des médias. Dans ce domaine, je souhaiterais mettre l accent sur les Indicateurs de développement des médias élaborés par l UNESCO qui garantissent une approche holistique au développement des médias. En effet, ces indicateurs, approuvés par le Conseil intergouvernemental du Programme international pour le développement de la communication (PIDC), étudient tous les aspects du secteur des médias du cadre législatif au niveau de formation des journalistes, en passant par les capacités infrastructurelles. Ils constituent en tant que tel un outil de diagnostic précieux pour toutes les parties prenantes dans l identification des besoins de secteur des médias dans un pays donné. 3

L UNESCO a aussi bien pris conscience du fait que si l on veut pleinement tirer profit de la contribution que peuvent faire les médias à nos sociétés, il est essentiel d assurer des normes professionnelles et éthiques dans le journalisme. Dans la poursuite de cet objectif, l Organisation a mis l accent sur le renforcement des capacités institutionnelles, en particulier des centres de formation et d éducation au journalisme, afin de traiter le problème de l insuffisance des compétences des professionnels des médias à la racine. En consultation avec les universités, les organisations de formation des journalistes et le secteur de la presse, l UNESCO a développé un modèle de cursus de journalisme, qui a été traduit dans toutes les langues officielles de l ONU. A ce jour, pas moins de 48 institutions de formation au journalisme dans 38 pays en Asie, Afrique et Amérique latine ont accepté d adapter le modèle de cursus. En parallèle à cette initiative, l UNESCO a entrepris de développer des centres d excellence de formation au journalisme, en commençant par l Afrique, qui constitue comme vous le savez une priorité de cette Organisation. Des initiatives similaires sont prévues en Asie et en Amérique latine. Je suis heureux aussi de voir que l UNESCO continue à tenir compte de la nécessité que les médias reflètent la société dans son ensemble et donnent la parole aux minorités et aux groupes marginalisés, pour assurer un processus de développement inclusif. Les médias et centres multimédias communautaires que l Organisation développe un peu partout dans le monde ont un rôle crucial à jouer à cet égard. Non moins importants sont ses efforts en matière de formation à la maîtrise de l information et des médias, pour s assurer que tout le monde et surtout les populations traditionnellement exclues - puisse bénéficier des avantages de la société de l information. Enfin, l UNESCO a su se positionner au cœur des grands débats contemporains qui animent nos sociétés, notamment en ce qui concerne la lutte contre le changement climatique. A trois mois de la très attendue Conférence des Nations Unies sur le 4

Changement climatique à Copenhague en décembre, l UNESCO a organisé les 4 et 5 septembre une conférence internationale visant à renforcer le rôle de la radiotélévision dans la sensibilisation du public sur les défis liés au changement climatique. Une volonté politique de la part des gouvernements pour parvenir un accord commun est cruciale si l on veut réussir à atténuer les conséquences néfastes du changement climatique prévues dans le futur proche. * * * Le troisième et dernier axe d action de l UNESCO dans le champ de la communication et de l information est étroitement lié à la construction d une société de l information fondée sur l inclusion et l exploitation des technologies de l information et de la communication (TIC) comme levier pour la promotion des Objectifs du Millénaire pour le Développement. La convergence des médias et des TIC a commencé à la fin du 20 ème siècle et continue à être un des phénomènes les plus marquants du paysage médiatique global. Ses implications complexes se font ressentir au niveau de l infrastructure des communications, du cadre de régulation, des formes du journalisme, et des questions d éthique. Le défi qui se pose à l UNESCO est de s adapter à ces évolutions tant sur le plan conceptuel que sur le plan opérationnel. En tant qu un des facilitateurs principaux du Plan d action du Sommet mondial sur la société de l information (SMSI), l UNESCO s efforce de promouvoir une société de l information «à dimension humaine, inclusive, et privilégiant le développement». Il n y a aucun doute que les TIC peuvent contribuer de façon décisive à la poursuite des Objectifs du Millénaire pour le Développement en améliorant par exemple l accès aux informations sur de meilleures pratiques agricoles, la prévention du SIDA et d autres maladies contagieuses, ou encore la protection de l environnement. Les services basés sur les technologies de l information et de la communication tels que l éducation à 5

distance, la gouvernance en ligne, le commerce électronique ou la télémédecine ont déjà amélioré la qualité de vie d'un nombre incalculable de personnes dans le monde. Cependant, l UNESCO a bien compris que l accès inéquitable aux TIC la fameuse «fracture numérique» - comporte le risque de creuser au contraire de façon significative les inégalités et l exclusion. C est pour cette raison que l Organisation a fait de l accès universel aux ressources et aux services numériques une composante structurante de son action, notamment par le biais de son programme Information pour tous. Prenant en compte la nécessité de dépasser non seulement les disparités entre pays mais aussi celles existant au sein même des communautés, l UNESCO met l accent sur l accès des jeunes, des femmes, des personnes handicapées et des populations autochtones. Parmi les actions menées par l UNESCO dans ce sens, sa participation dans des coalitions dynamiques pour influencer les mécanismes de gouvernance d Internet selon le principe d «ouverture», notamment en promouvant le multilinguisme afin de garantir un accès à des contenus dans toutes les langues. L Organisation a également multiplié ses efforts pour assurer le droit d'accès en ligne à l information du domaine public. L augmentation exponentielle de l utilisation d Internet et les évolutions de la technologie ont ouvert une pléiade de possibilités pour la création, le partage et la préservation du savoir. L UNESCO a concentré son action sur la numérisation et la mise en réseau des bibliothèques et des archives, en tant qu éléments indispensables de toute stratégie visant à améliorer l accès à l information au plus grand nombre. Une initiative sur laquelle j aimerais attirer votre attention en particulier est le lancement en avril 2009 de la Bibliothèque numérique mondiale (www.wdl.org), crée en collaboration avec la bibliothèque du Congrès des Etats-Unis, qui met à disposition sur Internet, gratuitement et en 7 langues une documentation très riche en provenance de pays du monde entier. Le Programme Mémoire du monde, pour sa part, continue à jouer un rôle essentiel pour la conservation et la diffusion des collections d archives et de bibliothèque de valeur. 6

L UNESCO a su également utiliser les TIC pour améliorer la qualité et l impact des processus d enseignement et d apprentissage, en développant notamment des projets d éducation à distance, en créant une plateforme de formation libre, ou encore en promouvant l utilisation des TIC dans la formation des enseignants. Enfin, consciente de l importance de garantir l accès aux informations scientifiques essentielles, en particulier dans les pays en développement, l Organisation œuvre pour un renforcement de l accès libre à la recherche scientifique et pour une utilisation accrue de logiciels libres er de contenus ouverts, comme c est le cas dans plusieurs pays déjà. Enfin, à côté de ses efforts pour tirer le meilleur profit du potentiel des TIC, l UNESCO se penche également sur la question de savoir comment en réduire l impact négatif, en soutenant des projets axés sur le recyclage et le réemploi des déchets électroniques. * * * Avant de conclure, j aimerais attirer votre attention sur la nécessité de reconnaître la communication comme une composante à part entière du développement, plutôt qu un simple outil de relations publiques. L UNESCO est tout à fait exceptionnelle à cet égard dans la mesure où c est la seule agence des Nations Unies à avoir d un Secteur entièrement consacré à ce domaine. Malgré cela, c est avec une certaine déception que je constate chaque année la faible part du budget accordée par l UNESCO au Secteur de la Communication et de l Information. Il est important que nous sachions jouer de l avantage comparatif dont nous disposons et que nous accordions à ce Secteur un budget à la hauteur de la mission qui lui est confiée. Je vous encourage aussi vivement à renforcer votre soutien aux deux programmes extrabudgétaires de ce Secteur le Programme international pour le développement de la communication (PIDC) et le Programme Information pour tous (PIPT) dont les activités complètent de façon très salutaire celles du Programme régulier. Enfin, il est primordial que les problématiques liées à la communication et l information soient intégrées de façon systématique dans les plans de développement nationaux et les exercices de programmation commune menés par les équipes des pays des Nations Unies. 7

Mesdames, Messieurs, Je suis confiant que les jours qui nous attendent nous permettront de passer en revue le projet de Programme et de budget pour la Communication et de l Information pour le prochain biennium et nous assurer que les activités qui seront menées dans ce domaine reflèteront l UNESCO sous son meilleur jour. Je voudrais terminer cette élocution en vous invitant à faire de la communication un moyen incontournable pour construire la paix dans le monde, et établir un dialogue permanent qui promeuve les valeurs fondamentales de l homme, pour que de cette façon puisse renaître l espoir de vivre dans une société animée par le savoir, le respect, l harmonie et l amour parmi tous les peuples de notre planète. Je compte sur votre participation proactive pour donner lieu à des échanges riches et constructifs. Je vous souhaite à tous une excellente session. 8