Bilan du master au Cambodge, Université Royale de Phnom Penh, Décembre 2012, Michel Jambu, Brigitte Lucquin et Michel Waldschmidt 1) Bref historique du master : Le programme cambodgien a été créé en 2005 à l'initiative du CIMPA et à la demande et avec le soutien actif de l'unique mathématicien cambodgien universitaire à cette époque, Chan Roath. 2) Organisation des enseignements : - cours organisés sur 2 ans : 1 cours de master 1 une année et le cours de master 2 l'année suivante - entre 10 et 12 cours par année (cf. fichiers joints avec la liste des cours et des enseignants de la dernière promotion) de 45h de chacun (TD, TP et examen compris) durant 3 à 4 semaines (parfois 5) - mémoire en deuxième année encadré par un des enseignants du master - création de deux filières dès la rentrée 2012 : filière "mathématiques fondamentales" et filière "mathématiques appliquées" - modalités pour obtenir le master : 15 cours réussis + rédaction d'un mémoire encadré par l'un des enseignants du master - une salle propre au master vient dʼêtre accordée 3) Les enseignants : - enseignants d'horizons très variés : France - Marseille, Nice, Paris, Rouen-, US, Japon, Suède, Espagne, Philippines, Australie et maintenant Cambodge - les missions (pour les enseignants qui ne font pas partie du programme VLP de l'imu, de 3 à 4 missions par an) sont prises en charge de la manière suivante :. pour les Français : généralement, les universités françaises paient les voyages, le CIMPA le séjour. les Suédois, les Japonais et les Espagnols se financent à 100%. N.B. A noter que plusieurs universités (françaises en particulier) acceptent de comptabiliser les enseignements donnés au Cambodge dans le service statutaire des enseignants concernés, ce qui représente une contribution financière conséquente.
4) Les étudiants : - sélection des étudiants a l'entrée (examen écrit en algèbre et en analyse et un test d'anglais) - une vingtaine d'étudiants par promotion venant principalement du Cambodge (mais aussi 2 étudiants du Laos dans la dernière promotion) 5) Les résultats : Les résultats sont très significatifs quand on connait le système de formation cambodgien. Deux anciens étudiants du master sont rentrés au Cambodge, après lʼobtention dʼun PhD à lʼétranger, et enseignent actuellement à lʼurpp. Seam Ngonn est le premier ; il est rentré en 2011, après un PhD effectué à Pau. Il enseigne actuellement à l'urpp, en licence, mais également dans le master. Ou Phi Chang, qui a effectué son PhD à Shanghaï en 2012 (Data mining, master à Pune) vient juste de rentrer à l'urpp comme professeur. Il y a donc actuellement 2 PhD dans le département de mathématiques de lʼurpp. Dix étudiants préparent actuellement leur PhD à l'étranger - Pheikdei Mauk : Université de Nice, Maths Finance avec Diener soutenance juin 2013, Bourse EMMA (retour prévu en 2013) - Sok Lin : Paris, Codes avec Patrick Solé, Bourse Ambassade, soutenance prévue en 2013 (retour prévu en 2013?) - Chamroeun Vuthy : Toulouse, proba appliquées avec Xavier Bressaud, a commencé début septembre 2011 (Bourse AUF) (retour prévu en 2015?) - Hun Kanal : Caen, combinatoire avec Brigitte Vallée, a commencé début décembre 2011 (retour prévu en 2015?) Bourse AUF - Mongkolserey Lin : Bangkok, analyse, Master 2 à Mahidol en 2012, débute un PhD depuis septembre 2012 (retour prévu en 2015?) Bourse IMU - Chan Sony (prépare un PhD en Corée du Sud)(retour prévu en 2014-5) - Ham Karim et Mam Mareth sont partis en août 2012 en Suède pour préparer un PhD (retour prévu en 2015-2016?) Bourses ISP - Heng Sokly (Master à Nice 2010), possibilité de PhD à Montréal - Meach Simon : en 2 ème année de PhD en Russie, à lʼuniversité dʼétat de Voronesh (ondelettes) Tann Chantara doit aller à Bangkok en septembre 2012 (pour y préparer un master) (Phok Ponna, enseignant francophone à lʼitc, ne souhaite pas partir pour le moment, pour raisons familiales) Deux étudiants ont fait le Master 1 à Hanoi en 2010/2011 après celui de l'urpp : - Meas Len - est à Paris depuis septembre 2012 Fondation Sciences Math PGSM (master)
- Dy Chan Eng - va à l'assms (Abdus Salam School of Mathematical Sciences, Pakistan) en septembre 2012 (fin de master et début de PhD) Bourses sur fonds CDC Cinq étudiants ont eu le Master 2 en 2012 à l'urpp et sont à Manille depuis octobre 2012 pour compléter leur formation (voyages payés par le CIMPA, séjour payé par lʼimu et très partiellement par le CIMPA): - Veng Sotheara - Huot Sokleun (sera proposé pour une bourse Eiffel de l'insa de Rouen) - Kum Romdoh - Ol Say - Seak Narith Il convient d'ajouter Tor Kimsy qui étudie à Manhattan College USA (Hélène Tyler) depuis 2011 (bourse de lʼuniversité américaine). 6) Les difficultés : - niveau très faible de la licence et difficulté d'y intervenir - le master nʼest pas inséré dans le département à l'urpp mais dépend du bureau de la recherche, avec pour conséquences : Seam Ngonn nʼest pas rémunéré pour ses cours dans le master, le responsable local du master - actuellement Mam Mareth - est également bénévole (le salaire dʼun enseignant à lʼurpp est dʼenviron 150 USD et, pour information, le litre dʼessence coûte 1,2 USD) - difficulté de maintenir à jour le site web du master - étudiants presque tous salariés (quelque rares étudiants ont du mal à suivre le rythme et doivent abandonner) - difficulté pour trouver des financements pour les meilleurs étudiants qui souhaitent poursuivre leurs études à l'étranger (avec l'exemple de nos 5 étudiants à Manille cet été) 7) Le rôle du CIMPA - le CIMPA a été à l'initiative du projet, ce qui a permis à plusieurs organismes (IMU, ISP, universités françaises, japonaises et espagnoles, AUF, UNESCO, Ambassade, Fondation Toyota) de participer activement. LʼIMU doit équiper une salle informatique pour le département et le master de mathématiques à lʼurpp. LʼIMU confirme son engagement sur les 4 prochaines années permettant ainsi dʼattendre que la relève se fasse dans de bonnes conditions. Cette action de lʼimu est une conséquence de lʼengagement du CIMPA. Rappelons que le programme VLP de lʼimu a été créé en partie pour soutenir le master au Cambodge. Il sʼest ensuite ouvert à de nombreux autres pays en développement. Par ailleurs, l'urpp et le ministère de l'éducation du Cambodge ont accepté la mise en place de ce master parce que le CIMPA en était le porteur. Donc, la participation du CIMPA est et reste essentielle. - Le CIMPA a financé une partie des missions de quelques enseignants et nous souhaitons que cela continue jusqu'à la relève. La proposition chiffrée pour 2013 a
été envoyée au responsable scientifique régional du CIMPA (Christian Mauduit) ; le montant prévisionnel pour les missions en 2013 est de 5300 euros (3 séjours + 1 voyage). - le CIMPA a accordé 4600 USD pour la poursuite dʼétudes à Manille de 5 étudiants (3890 USD ont été déjà dépensés en 2012 en frais de voyage ; il reste donc 710 USD pour 2013). LʼIMU a versé 8000 USD. Conclusion Comme on peut le constater, malgré les difficultés, le bilan du travail accompli au Cambodge depuis 2005 est globalement très positif. La progression est importante, comme le montre la liste impressionnante d'étudiants en PhD. Le programme est donc en très bonne voie et la relève sur place semble maintenant être assurée d'ici à quelques années, avec trois retours prévisibles de PhD en 2012-3 et 5 ou 6 autres d'ici 2015-2016. Quand les jeunes cambodgiens seront effectivement de retour, ils feront progressivement des cours en licence d'un niveau normal et le master sera alors réellement un master. Par ailleurs, le nombre de jeunes titulaires dʼun PhD sera suffisant pour que des groupes de recherche puissent se créer. Il sera alors possible dʼenvisager des écoles CIMPA au Cambodge. On peut penser à lʼorganisation dʼune école SEAMS dans 2 à 3 ans, avec le concours du Laos et du Vietnam, et en relation avec UP qui reçoit 5 étudiants cambodgiens. Enfin signalons que ces derniers temps, nous avons manifesté un souhait de collaboration avec l'itc (proposition de cours de master pour les enseignants de l'itc, aide à l'élaboration de leur plaquette de licence de mathématiques appliquées,...). Plus généralement, nous souhaiterions étendre cette expérience à un réseau régional de masters avec le Laos (3 jeunes docteurs en maths de retour prochainement à NUOL), Danang (accord de coopération avec Nice), Myanmar et pourquoi pas Bangkok. D'autres collaborations sont envisageables (USTH...). N.B. Précisions complémentaires souhaitées par Claude Cibils concernant le point 3 : décharge dʼenseignement pour les universitaires français actuellement en poste. Pour lʼannée universitaire 2011-2012, les décharges dʼenseignement ont été les suivantes : - 60h équivalent TD (30h de cours et 15h de TD) pour lʼuniversité Pierre et Marie- Curie (Paris 6) - 60 h équivalent TD pour lʼinsa de Rouen - 45 h équivalent TD pour lʼuniversité de Nice - 0h pour lʼuniversité dʼaix-marseille 2 le point 4 : recrutement des étudiants. La procédure de recrutement des étudiants n'est pas «institutionnalisée». Nous avons procédé pour cette promotion différemment de la promotion précédente (rappel : une promotion tous les 2 ans).
Pour la précédente promotion, la sélection s'était faite après 4 semaines de 4 cours intensifs (suivis chacun d'un examen) durant un mois. Il y avait eu 17 reçus pour 44 candidats. Pour cette promotion, ne pouvant pas compter sur un financement pour 2 enseignants sur place pendant 4 semaines, la sélection sʼest faite «à distance» avec deux examens écrits, l'un en algèbre, l'autre en analyse (un programme détaillé de l'examen avait été envoyé aux candidats plusieurs semaines auparavant). Les deux sujets d'examen ont été envoyés à notre correspondant local qui a tout organisé sur place, y compris un examen complémentaire d'anglais. Nous avons ensuite (Michel Jambu et Brigitte Lucquin) corrigé les copies (scannées par notre correspondant local puis envoyées par mail) et renvoyé les résultats début septembre. Nous avons eu finalement 22 reçus (dont 2 femmes) pour 37 candidats (dont 4 femmes). Il semble que 21 (sur les 22) étudiants suivent actuellement régulièrement les cours.