résidence #36 Usine Utopik 서 해근 Seo Hae Geun
Couverture F-35, 2014 Peinture à l eau sur papier journal, fils de laine rouge, colle 1500 x 1000 x 400 cm Ci-contre AH-64 Apache, 2012 Papier calque, acrylique, fils, colle 2000 x 1500 x 300 cm www.seohaegeun.net
EXPOSITION du 17.07 au 27.09 / 2015
Même rêve n 4, 2011 Huile sur toile 162 x 130 cm 서 해근 Seo Hae Geun Né en 1974 à Séoul (Corée du sud) Vit et travaille à Séoul Inspiré par son amour de la nature, doté d une incroyable virtuosité technique c est, notamment, un véritable maître de la découpe, du traitement et de l assemblage du papier de recyclage, son medium principal doublée d une infinie patience, Seo Hae Geun aurait pu, après son master en arts plastiques obtenu à l école des Beaux-arts de Séoul en 2000, persévérer, voire s enfermer dans une recherche purement artistique comme peintre ou sculpteur, mixant parfois dans la même œuvre les deux expressions : ainsi le bras en volume sorti d une image plane de Woody Woodpeacker, interpellant le spectateur, par exemple. C est une voie qu il n abandonne pas tout à fait. En témoignent certaine «corbeille de fruits», traitée dans un langage relativement académique et la tradition des «natures mortes» de l art occidental qu on a tous à l esprit du Caravage à Cézanne en passant par Chardin et autres artistes hollandais ou espagnols, qui lui offrent un champ d expérimentation plastique, ou tel meuble débordé par une jardinière de plantes aussi vivaces et foisonnantes que variées, symboles, pour l artiste, de la diversité des hommes (Same dream), ou encore ses «hologrammes» de pots de fleurs dont la réalisation en papier coloré imite à s y tromper les faisceaux lasers Dans une série intitulée Window, derrière les «encadrements» de fenêtres en volume, réalisés en papier traité de façon à être le simili parfait d un bois dense et patiné, apparaissent des paysages mentaux, oniriques ou réalistes, qui auraient pu être les pistes conceptuelles auxquelles l artiste pouvait appliquer son talent
Différents événements vont bouleverser ce parcours où les jeux de l imitation et du rêve étaient jusquelà traités avec un grand souci d esthétique et de beauté formelle, même s il y entrait des éléments de surprise. La disparition de son père, les années de service militaire où le jeune soldat est amené à prendre part à une opération entre Coréens du nord et du sud dans un climat de grande tension et aussi, lors d un premier voyage en Europe, la découverte de l art occidental à la Foire de Bâle ou la Tate Modern Gallery de Londres ainsi que... l exposition des derniers modèles d avions au Salon du Bourget, révèlent à l artiste certaines réalités du monde. Il est à la fois fasciné et horrifié par les engins de mort de plus en plus sophistiqués, fabriqués par les multinationales de l industrie de l armement des grandes puissances qui y engouffrent des sommes pharamineuses, et en vient progressivement à mettre son art au service d un engagement politique et pacifique Quelques années plus tôt, Seo Hae Geun avait réalisé ce qui pouvait passer pour les restes d une voiture (accidentée?), traduite par une grande dépouille blanchâtre, déchiquetée par endroits, translucide comme la chrysalide d un insecte. Il poursuit cette démarche qui l amène à la série The skins (= les peaux, les dépouilles). Prenant comme cibles les bombardiers et autres hélicoptères de guerre, il en reproduit l apparence extérieure dans la plus juste échelle, l échelle 1, en papier journal peint en noir, comme s il s agissait de la mue d un monstre, telle celle d un serpent malfaisant qui continue à errer, fortifié dans son nouveau corps et son pouvoir de destruction, intact sinon accru. Les avions de l artiste, disloqués et vides apparaissent dans des postures différentes : couchés au sol comme des scarabées géants renversés, épinglés sur un panneau comme les ailes ouvertes d un papillon sur le tableau d un collectionneur ou encore suspendus par des liens volontairement visibles et partie intégrante de la «sculpture» comme le sont les socles de celles d aujourd hui. Parfois la présence d une bande blanche interloque le spectateur : l artiste explique avec humour qu elle «recouvre une erreur». Cela lui sert aussi de signature Odile Crespy
F-15K, 2011 Crayon sur papier, fils, colle 1000 x 600 x 230 cm
Sans titre, 2011 Béton armé, planches de coffrage 400 x 400 x 600 cm F-15K, 2011 Crayon sur papier, fils, colle 1000 x 600 x 230 cm
AK-47, 2012 Crayon sur papier recyclé 86 x 25 x 6 cm
Tosca, 2011 Papier calque, colle 480 x 180 x 56 cm
Résidence du 2 JUIN AU 17 juillet 2015 Les succès de ses premières expositions dans les fondations ou musées de Corée ont valu à Seo Hae Geun la possibilité de venir en France pour une cinquième expérience «en résidence». A l Usine Utopik de Tessysur-Vire (Manche), son lieu d accueil, il complète sa série de «skins» en reproduisant l enveloppe, à l échelle réelle, du neuron, drone de combat réalisé par la société Dassault, un avatar français du bombardier furtif américain, le Northrop B2, monstre de technologie qui «absorbe» les ondes radar pour se rendre indétectable. Il s agit d une véritable «performance», exécutée sur une période de six semaines où l on a pu assister, fasciné par la minutie, la patience et la maîtrise de l artiste, aux différentes étapes de la réalisation en papier journal exclusivement, comme s il s agissait d une œuvre en perpétuelle mutation. A commencer par l une des premières où l artiste, tel un architecte sur un chantier de construction aéronautique, rapporte sur le sol ses relevés et prépare les emplacements des différents éléments découpés à partir de ses propres maquettes. En dernière phase, la «dépouille» du monstre volant est suspendue dans la grande salle d exposition dont la luminosité accentue le caractère obscur de l invention diabolique de l homme. O.C.
neuron, 2015 Travail en cours
Usine Utopik - les résidences - L Usine Utopik, dont le projet est porté par l association Art et Design en Normandie (ADN), a trouvé un site idéal dans les anciennes serres horticoles de Tessy- sur-vire. Le Centre de Création Contemporaine a pour mission de soutenir et de promouvoir les arts plastiques et l écriture contemporaine. Ce projet s intègre dans le programme culturel de la Région Basse-Normandie en devenant l un des relais culturels régionaux. Mises en place en 2010, les résidences d artistes plasticiens offrent un vaste espace de travail dans un cadre privilégié permettant aux artistes de réaliser un projet spécifique ou de poursuivre une recherche personnelle. Seo Hae Geun est le trente sixième artiste invité en résidence pendant 45 jours. L aide à la création et à la diffusion favorise l émergence de nouvelles pratiques artistiques. Donnant lieu à une exposition, le processus de création est restitué au public. Les résidences facilitent le développement local à travers un vaste programme d actions de sensibilisation et d initiation des publics (tables-rondes, lectures publiques, soirées thématiques, visites commentées, ateliers de pratique artistique). La création de l Artotek est une initiative supplémentaire vouée à rapprocher les publics des différentes expressions de la création contemporaine. Toutes ces actions créent une véritable dynamique culturelle, en plein coeur de la zone rurale et touristique de la vallée de la Vire. Lieu d échanges et de rencontres, l Usine Utopik met en place de nombreux projets culturels et artistiques. En 2012, un partenariat a été signé avec l institution coréenne With Artist Foundation située à Séoul. Cette opération vise à faciliter les échanges entre la France et la Corée du Sud. Ainsi, pour la quatrième année consécutive, un artiste coréen est invité à l Usine Utopik. Programmation : Usine Utopik Président : Daniel Crespy Directeur : Xavier Gonzalez Assistante culturelle : Marie-Blanche Pron Éditions Usine Utopik Conception graphique : Marie-Blanche Pron Photographies : Seo Hae Geun Imprimé par : lesgrandesimprimeries.com Catalogue édité à 1 000 exemplaires
USINE UTOPIK RELAIS CULTUREL REGIONAL CENTRE DE CREATION CONTEMPORAINE La Minoterie 50420 Tessy-sur-Vire Accès par l autoroute A84, sortie 39 Tessy-sur-Vire Accès par la D88, direction Pont-Farcy Entrée gratuite mercredi, samedi et dimanche 14h30 à 18h - sauf jours fériés 02 33 06 01 67 usineutopik@yahoo.fr www.usine-utopik.com