Abstract : Mots clefs : Résistance thermique de contact ; Modèles prédictifs. 1 Introduction



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Étude comparative et validation de modèles prédictifs de résistance thermique de contact dans le cas solide-liquide avec prise en compte de la tension superficielle Saannibe Ciryle SOME a, Didier DELAUNAY a, Vincent GAUDEFROY b a. Laboratoire de Thermocinétique de l École Polytechnique de l Université de Nantes, UMR CNRS 6607 Rue Christian Pauc, BP 50609 44306 Nantes cedex, France b. UNAM Institut Français des Sciences et Technologies des Transports, de l Aménagement et des Réseaux (IFSTTAR), Route de Bouaye, BP 4129, 44344 Bouguenais Résumé : Les modèles prédictifs de résistances thermiques de contact (RT C) aux interfaces solides-liquides sont rares bien que l étude des transferts thermiques dans ce type de contacts soit d un intérêt majeur dans de nombreuses applications : contact polymère fondu et surface métallique lors de la mise en forme de composites, contact bitume-granulat lors de la fabrication d enrobé bitumineux. Dans cette étude, nous comparons deux modèles de RT C pour des contacts solides-liquides en mettant en évidence l influence des paramètres de mouillage ainsi que la structure topographique de l interface solide-liquide. Ces modèles ont été confrontés aux résultats expérimentaux obtenus par mesure de RT C entre un granulat rugueux et du bitume liquide pour différentes températures de contact correspondant aux conditions d élaboration d enrobé bitumineux. Les résultats obtenus montrent un bon accord entre les prédictions et les résultats expérimentaux obtenus. Abstract : Predictive models for thermal contact resistance (TCR) at solid-liquid interfaces are scarce, although the study of heat transfer in the solid-liquid contact is of great interest in many applications : contact between molten polymer and metal surface during composite molding, contact between bitumen and aggregate in asphalt mix production. In this study, two TCR models for solid-liquid contact are compared and the influence of the wetting parameters and the contact interface topography are highlighted. These models were compared with experimental results obtained by measuring the TCR at liquid bitumen an aggregate interface for different contact temperatures corresponding to asphalt mix manufacturing conditions. The results show a good agreement between predictions and experimental results. Mots clefs : Résistance thermique de contact ; Modèles prédictifs 1 Introduction La caractérisation des transferts thermiques aux interfaces constitue un challenge dans de nombreuses applications : moulage de composites, collage bitume-granulat dans les procédés de fabrication d enrobés bitumineux... Depuis les années 1940, plusieurs études théoriques et expérimentales ont été menées grâce aux progrès réalisés dans les traitements des signaux. Ceci a conduit à un nombre important d études portant essentiellement sur les contacts solides-solides. Les contacts solides-liquides, contrairement à ces derniers, ont été peu étudiés particulièrement en ce qui concerne la prédiction de RT C. Pour ces contacts, outre la difficulté de la description de la topographie de la surface solide, il faut tenir compte des effets viscoélastiques et de la mouillabilité du liquide. L objectif de cette étude est de comparer des modèles prédictifs [1], [2] avec des résultats expérimentaux sur granulat rugueux avec du bitume liquide utilisés dans la fabrication des enrobés bitumineux en prenant en compte les 1

paramètres de mouillage. Cet article présente les modèles de topographie de surface utilisés dans ces modèles prédictifs et introduit les paramètres de mouillage. Les propriétés thermiques et de mouillage et les paramètres de rugosité de surface sont présentés ainsi que le dispositif expérimental de RT C mis au point. Enfin, une comparaison des modèles avec les résultats expérimentaux a été effectuée. 2 Description de la topographie de l interface solide-liquide La topographie de l interface solide-liquide dépend principalement de celle du solide et de la mouillabilité du liquide. À cause de la complexité des surfaces rugueuses, on utilise souvent des descripteurs statistiques obtenus par mesures profilométriques. Sur un profil réel de surface, les aspérités ont des hauteurs et des profondeurs différentes. Lorsqu un liquide est en contact avec un tel profil de surface il est difficile de pouvoir définir une profondeur de pénétration de façon adéquate. D où la nécessité de modifier le profil initial pour obtenir une base commune pour toutes les aspérités, ce qui permet de définir convenablement une profondeur de pénétration et par suite d estimer les RT C. Deux procédures de modification de profil pour les contacts solides-liquides ont été présentées dans les références [1],[2]. 2.1 Premier modèle de description du profil de surface Dans ce modèle [1], le profil réel de surface (fig. 1(a)) est modélisé par une succession d aspérités de forme conique comme indiqué sur la fig. 1(b). L espacement moyen entre les pics est par hypothèse égal au pas des mesures effectuées par le profilomètre. Toutes les aspérités du nouveau profil ont la même hauteur σ (écart-type de la distribution des hauteurs du profil initial). Chaque aspérité forme un angle φ avec le plan moyen. Lorsque le liquide est mis en contact avec la surface rugueuse, il pénètre dans les microcavités jusqu à une profondeur x (fig. 1(c)) correspondant à un état d équilibre. L estimation du taux réel de contact (S = A s /A a ) (pour une aspérité) à partir de cet état d équilibre permet d estimer à la résistance de constriction. S = A s = πx (2b s x cot(φ)) 1 + cot 2 (φ) (1) A a πb s b 2 s + σ 2 La résistance de constriction utilisée par l auteur [1] dans ce modèle s écrit : R c = σ λ s S (2) Lorsque la profondeur de pénétration x (fig. 1(c)) est connue, la résistance peut alors être déterminée. (a) Profil réel (b) Profil modélisé (c) Mouillage des aspérités Figure 1 Premier modèle du profil de surface Cette modélisation du profil de surface par une série d aspérités coniques est une simplification qui permet de déterminer le taux réel S et de valider le modèle. En toute rigueur, il faudrait considérer une distribution statistique des aspérités pour calculer S. Une autre faiblesse de ce modèle est le choix arbitraire du pas d échantillonnage du profil qui est pris égal au diamètre des aspérités. 2.2 Second modèle de description du profil de surface Il consiste à modifier le profile réel de surface (fig. 2(a)) de façon à obtenir un nouveau profil dans lequel toutes les vallées sont ramenées au niveau du plan moyen y = 0 (fig. 2(b)) [2]. Dans ce profil, le nombre de pics est conservé. La nouvelle distribution des hauteurs d aspérités s écrit φ B (y) : φ B (y) = 2 σ B 2π exp ( y2 2σ 2 B ) (3) 2

Les rugosités arithmétiques R a et quadratiques R q demeurent représentatifs aux valeurs mesurées par le profilomètre. L écart-type σ B, la pente moyenne du profil m n, le diamètre moyen 2b s sont recalculés pour le nouveau profil à partir des mesures effectuées sur le profil initial. L espacement moyen entre aspérités R sm dans ce modèle est mesuré par le profilomètre. Le diamètre d une aspérité est supposé égal à R sm. Le taux réel de contact S pour ce modèle s écrit : S = < r + y Y s > < b s > = Y m n φ B (y)dy R sm = 1 2 σ B [ ( π 2σB exp Y 2 ) ( ) ] Y 2 2π 2σB 2 Y.erfc (4) σ B 2 Où Y = Y (T ) est l épaisseur de lame d air emprisonnée dans les cavités des aspérités, déterminer à partir des mesures de tension superficielle et d angle de contact à chaque température de contact (voir partie 2.3). La constriction thermique dans ce second modèle est donnée par l éq. 5 [3] : R c = (1 S ) 1.5 2λ s n s < r s > (5) Où n s et < r s > représentent la densité et le rayon moyen des microcontacts. L utilisation de ce modèle nécessite de prendre en compte les paramètres de mouillage. (a) Profil initial (b) Nouveau du profil (c) Mouillage des aspérités Figure 2 Deuxième modèle du profil de surface 2.3 Estimation de l épaisseur de lame d air Dans les contacts solides-liquides les paramètres de mouillage permettent de caractériser le comportement mécanique de l interface. La pénétration du liquide dans une cavité (voir fig. 3) dépend des tensions superficielles γ l et de l angle de contact solide-liquide θ. Ces paramètres de mouillage permet de déterminer la profondeur de pénétration x (ou Y selon le modèle) à partir de l équation d état des gaz parfaits appliquée à l air piégé dans les cavités des aspérités avant et après le contact : (P a + P γ ) v c T c = P 0v 0 T 0 (6) T c et T 0 sont respectivement les températures de contact et initiale et v c et v 0 les volumes d air 2γl sin(θ+φ) emprisonné avant et après le contact dans les cavités supposées de forme conique. P γ = b s x cot(φ) est la pression capillaire due à la tension superficielle. La température de contact T c est approchée par la relation suivante : T c = Tsbs+Tlbl b s+b l où b est l effusivité thermique. L intégration de l éq. 6 fournit la profondeur de pénétration x ou l épaisseur de lame d air Y. (a) surface lisse (b) surface rugueuse Figure 3 Étalement d un liquide 3

2.4 Comparaison des méthodes et stratégie adoptée pour cette étude Dans le premier modèle les aspérités sont identiques. Ils sont donc simultanément mouillés jusqu à la même profondeur lors du contact avec le liquide, contrairement au second modèle. À l exception de la conductivité harmonique (λ s ), tous les autres paramètres caractérisant l interface sont modifiés suivant le modèle utilisé. Le choix du diamètre des aspérités en rapport avec l intervalle d échantillonnage des mesures profilométriques est arbitraire dans le premier modèle par contre dans le second modèle, le diamètre des aspérités coniques est égal à l espacement moyen entre pics (R sm ). De plus, dans le premier modèle le taux réel de contact représente le rapport des surfaces des parois de l aspérité conique (A s /A a ) tandis que dans le second modèle c est simplement le rapport des rayons des sections droites de la partie mouillée sur la section droite de l aspérité (r s /b s ). La dernière différence entre ces modèles est l utilisation de deux modèles de constriction thermique différents. Pour utiliser le premier modèle nous prendrons en compte la distribution Gaussienne des hauteurs d aspérités, la densité d aspérités et les paramètres de mouillage. Pour utiliser le second modèle nous prendrons en compte les paramètres de mouillage. 3 Caractérisation des matériaux Les rugosités de surface du granulat ont été mesurées grâce à un profilomètre laser (ST IL CHR 150 N) avec une résolution 5 µm et un pas d échantillonnage de 10 µm. Les mesures fournissent R a = 75 µm, R q = 91.8 µm, R sm = 210 µm, σ = 91.8 µm. Les conductivités thermiques, les chaleurs spécifiques et les masses volumiques des matériaux ont été mesurées et les valeurs fournies dans le tab. 1. Les paramètres de mouillage ont été également mesurés. Quatre liquides de référence (eau, ethylene-glycol, glycerol et diiodomethane) ont été utilisés pour caractériser l énergie de surface du granulat. Les méthodes de la goutte pendante et de la goutte posée ont été utilisées pour déterminer respectivement les tensions superficielles et les angles de contact. L angle de contact θ(t ) mesuré pour différentes températures de contact est approximé par la relation θ(t ) = 68.09 exp( 0.02 T ). Propriété λ (W m 1 K 1 ) Cp (Jkg 1 K 1 ) ρ (kg.m 3 ) γ mnm 1 (λ = at + b) (Cp = at + b) (ρ = at + b) (γ = at + b) a b a b a b a b Bitume 0 0.199 4.059 1758-0.36 1087-0.064 37.48 Substrat 0 2.590 1.396 628-0.035 2671 0 52.29 Table 1 Propriétés des matériaux 4 Étude expérimentale de la résistance thermique de contact Le dispositif mis au point (fig. 4(a)) permet de mettre en contact un granulat avec du bitume tous deux initialement préchauffés à des températures différentes. Les températures du granulat varient de 30 C à 150 C et celles du bitume de 120 C à 160 C. La pression apparente appliquée est de 0.5 MPa et la pression réelle estimée à l interface est de 0.39 MPa. Des thermocouples placés à différentes profondeurs dans le granulat permettent d enregistrer les températures au cours du contact. À partir des températures mesurées on détermine la RT C par la résolution du problème de conduction par méthode inverse. Les détails de la formulation du problème ainsi que de la méthode de résolution sont présentées dans la référence [4]. Les résultats expérimentaux sont représentés sur la fig. 4(b). La notation BiGj a été adoptée pour designer un bitume (B) de température i et un granulat (G) de température j. La fig. 4(b), montre que l augmentation de la température du granulat ou du bitume entraîne une diminution de RTC. La valeur maximale de la RT C est obtenue pour B120G30. Dans ce cas, le bitume est très visqueux et ne pénètre presque pas dans les rugosités du granulat. Pour les basses températures de contact (au dessous de 80 C), P γ = 0. Les faibles valeurs de RT C sont obtenues pour B160G150. Dans ce dernier cas, le bitume est très liquide et s étale plus facilement à la surface et dans les cavités des aspérités de la surface du granulat. 4

21ème Congrès Français de Mécanique Bordeaux, 26 au 30 août 2013 1.0 x 1 0-2 8.0 x 1 0-3 6.0 x 1 0-3 4.0 x 1 0-3 2.0 x 1 0-3 B 8 0 G 3 0 B 1 2 0 G 3 0 B 1 2 0 G 7 0 B 1 6 0 G 7 0 B 1 6 0 G 1 1 0 B 1 6 0 G 1 3 0 B 1 6 0 G 1 5 0 0.0 5 1 0 1 5 2 0 T e m p s (s ) (a) Vue schématique du dispositif de mesure de la RTC (b) RTCs déterminées à partir des mesures pour différentes températures de granulat et de bitume 5 Validation des modèles Figure 4 Dispositif de mesure et résultats de RT C Afin de comparer les résultats expérimentaux à ceux des modèles, les RT Cs ont été prise à 10 secondes après le contact. Au bout de 10 s les effets viscoélastiques du contact deviennent négligeables et on peut considérer que la RTC est établie. L épaisseur de lame d air Y permet de déterminer la résistance interstitielle R f par la relation R f = Y λ f n s et par suite la RT C en considérant une association en parallèle de la résistance interstitielle et la résistance de constriction. RT C = R f R c R f + R c (7) λ f est la conductivité thermique du fluide interstitiel. Les résultats des modèles et de l expérimentation sont représentés sur la fig. 5. Ces résultats montrent un bon accord entre les modèles d une part et entre les modèles et l expérience d autre part. Pour les températures de contact élevées, les modèles prédisent avec précision la RT C. Pour les basses températures de contact, le bitume présente un comportement viscoélastique plus importants qui constituent la limite de validité du premier modèle. Les écarts entre les deux modèles diminuent de 20 % aux basses températures de contact à 6 % pour les températures de contact élevées. Ces écarts restent néanmoins faibles comparés à ce que l on peut rencontrer dans certains modèles prédictifs de RT C pour les contacts solides-solides [3]. 1.0 x 1 0-2 8.0 x 1 0-3 6.0 x 1 0-3 4.0 x 1 0-3 2.0 x 1 0-3 0.0 Figure 5 Comparaison entre les modèles et les résultats expérimentaux 6 Analyse des résultats des modèles Les modèles permettent de déduire les évolutions des taux réels de contact S et les épaisseurs équivalentes de la lame d air piégé dans les rugosités du substrat (fig. 6(a) et fig. 6(b) respectivement). On constate que lorsque la température de contact augmente, le taux réel de contact augmente et inversement l épaisseur de lame d air diminue. Le contact est donc meilleur ce qui justifie les faibles 5

21ème Congrès Français de Mécanique Bordeaux, 26 au 30 août 2013 valeurs de la RT C obtenues sur la fig. 5. L augmentation de la température conduit à un bitume moins visqueux et de faible tension superficielle permettant un bon mouillage de la surface solide. Les différences observées sur les valeurs des taux réels de contact (r s /b s ) et (A s /A a ) proviennent du fait qu ils sont estimés différemment conformément à chaque modèle. En effet le (r s /b s ) n est pas exactement le rapport de la surface mouillée sur la surface apparente(a s /A a ). Compte tenu du bon accord obtenu entre les résultats des deux modèles, nous utilisons uniquement le premier modèle pour étudier la contribution des composantes interstitielles et de constriction à la RT C. De plus, pour faciliter l interprétation des résultats, nous représentons les résultats en termes de conductance. Ainsi la conductance totale (1/RT C) est la somme de la conductance interstitielle (1/R f ) et de la conductance de constriction (1/R c ) (fig. 6(c)). La fig. 6(c) montre que pour les basses températures de contact, la conductance (1/T CR) est principalement due à la composante interstitielle, ce qui prévisible compte tenu des faibles valeurs des taux réel de contact. Lorsque la température de contact augmente la conductance de constriction augmente rapidement à cause de l augmentation du nombre de points de contact alors que la conductance interstitielle augmente faiblement. 1 0 0 8 0 6 0 4 0 2 0 0 (a) Évolution du taux réel As/Aa ou r s/b s 1 6 0 1 4 0 1 2 0 1 0 0 8 0 6 0 4 0 2 0 (b) Évolution de l épaisseur d air piégé dans les rugosités 2 0 0 0 1 5 0 0 1 0 0 0 5 0 0 0 (c) Évolution des conductances Figure 6 Résultats des modèles 7 Conclusion Deux modèles de prédiction des résistances de constriction ont été comparés dans cette étude puis enrichis pour prédire la RT C pour les contacts solides-liquides. Nous avons pris en compte la résistance interstitielle dans les modèles d origine. Nous avons amélioré le premier modèle en prenant compte de la densité des points de contact et en utilisant l espacement moyen entre les aspérités comme diamètre des aspérités pour éliminer le caractère arbitraire du pas d échantillonnage utilisé dans le modèle initial. Dans le second modèle, nous avons présenté les relations permettant d estimer l épaisseur de lame d air Y en prenant en compte les paramètres de mouillage (tension superficielle et l angle de contact). La comparaison entre les résultats de ces modèles qui ont été améliorés et des résultats expérimentaux obtenus en mettant en contact un granulat rugueux avec du bitume montre un bon accord. Le meilleur des modèle (modèle 2) approche l expérience à moins de 11 % quelque soit la température. Références [1] Prasher, R.S 2001 Surface Chemistry and Characteristics Based Model for the Thermal Contact Resistance of Fluidic Interstitial Thermal Interface Materials. AMSE Journal of Heat Transfer 123 969-975. [2] Hamasaiid, A., Dargusch M.S., Loulou, T., Dour, G. 2011 A predictive model for the thermal contact resistance at liquid-solid interfaces : Analytical developments and validation. Int. J. of Thermal Sciences 50 1445-1459. [3] Cooper, M.G., Mikic, B., Yovanovich, M.M. 1969 Thermal contact conductance. Int. J. Heat Mass Transfer 12 279-300. [4] Somé, S. C., Gaudefroy, V., Delaunay, D. 2012 Estimation of bonding quality between bitumen and aggregate under asphalt mixture manufacturing condition by thermal contact resistance measurement. Int. J. Heat Mass Transfer 55 6854-6863. 6