Programme international d'assurance des mesures de doses pour le radiotraitement par K.H. Chadwick* Les rayonnements permettent de résoudre certains problèmes technologiques et le nombre de leurs applications dans la société moderne augmente à un taux d'environ 15% par an [1]. Ces applications vont de la préservation des denrées alimentaires à la reticulation des plastiques par irradiation; elles sont importantes tant pour les pays industrialisés que pour les pays en développement. Grâce aux rayonnements, on peut: Empêcher la germination des oignons et des pommes de terre; Détruire les insectes dans les céréales, les pois, les haricots, les lentilles et les aliments séchés; Détruire les micro-organismes avariants et pathogènes dans les aliments, par exemple la salmonelle dans le poulet; Prolonger la durée de conservation du poisson, des fruits et des légume frais; Stériliser une vaste gamme de produits médicaux; Pasteuriser ou stériliser les matériaux d'emballage de denrées alimentaires; Traiter les revêtements et les peintures à base de matières plastiques; Réticuler les matériaux d'isolation en plastique; Rendre les matières plastiques thermorétractables; Renforcer les fibres de caoutchouc pour la fabrication des pneus; Traiter les eaux usées et les effluents; et la liste est loin d'être complète. Les rayonnements gamma et X, très pénétrants, sont utilisés pour traiter des produits en vrac et les faisceaux d'électrons intenses et faiblement pénétrants sont utilisés pour le traitement des surfaces ou d'objets minces. Les doses vont de 10 Gy (1 krad) à 100 kgy (10 Mrad). L'utilisation correcte des rayonnements pour la préservation des denrées alimentaires et la stérilisation des produits médicaux affecte directement la santé de l'homme; en ce qui concerne le traitement des matières plastiques, etc., c'est la fiabilité du produit fini qui est en jeu. Les études préliminaires permettent d'établir une relation entre l'efficacité de chaque traitement et la dose, de sorte que, pour les applications industrielles on peut utiliser, pendant les essais d'homologation et l'exploitation, les mesures de doses comme une forme de contrôle de la qualité pour garantir la sûreté ou la fiabilité du produit irradié [2, 3]. En passant du stade de la recherche à celui des applications industrielles, on passe d'une situation où de petits échantillons sont traités dans des conditions soigneusement contrôlées, de sorte que la dose d'irradiation se répartit uniformément dans tout l'échantillon, à une situation dans laquelle des produits en vrac doivent être traités à l'échelle industrielle et où il est impossible de faire en sorte que toutes les parties du produit reçoivent la même dose. Dans une telle situation, on doit admettre que la dose ne soit pas répartie uniformément dans le produit et on doit pouvoir mesurer la répartition de la dose pour vérifier qu'elle ne dépasse pas la fourchette prescrite. Les grandes installations industrielles d'irradiation sont conçues de telle sorte que la répartition de la dose dans le produit soit aussi uniforme que possible. Dans les irradiateurs gamma, on fait passer des boîtes de produit devant une source de grande taille en forme de plaque. La surface de la boîte est ainsi irradiée de façon uniforme et la dose ne varie qu'à l'intérieur du produit. Habituellement, les boîtes sont irradiées des deux côtés afin d'améliorer l'uniformité de la répartition de la * M. Chadwick travaille à la Division de la biologie de la Commission des Communautés européennes; il est détaché auprès du Groupe de la biophysique des rayonnement à l'association Euratom-Ital Postbus 48, 6700AA Wageningen (Pays-Bas). AIEA BULLETIN, VOL.24, no 3 21
/ Faisceau \\ d'électrons à balayage. irradiation bilatérale et montre quelles sont les positions de la dose maximale et de la dose minimale [3]. Dans un irradiateur à faisceau d'électrons, le produit passe dans un sens seulement à travers le faisceau, qui le balaie rapidement perpendiculairement à l'axe du déplacement pour que la dose à la surface du produit soit uniformément répartie. La répartition de la dose varie en fonction de la profondeur, mais le cas est plus complexe que celui des irradiateurs gamma. La figure 2 illustre le passage du produit à travers un faisceau d'électrons à balayage et la figure 3 représente la répartition de la dose en fonction de la profondeur. Sens de déplacement du convoyeur Figure 2. Schéma du passage d'une boîte de produit à travers un faisceau d'électrons à balayage dans une irradiation unilatérale. dose en profondeur, mais comme il est impossible que la dose soit exactement la même dans l'ensemble du produit, il existe toujours des zones de dose maximale vers l'extérieur de la boîte et des zones de dose minimale dans le plan médian de la boîte. Dans l'irradiateur gamma de denrées alimentaires de Wageningen (Pays-Bas) par exemple, les conteneurs entrent dans la chambre d'irradiation par un labyrinthe et passent devant les deux côtés de la plaque source, de sorte qu'ils sont irradiés des deux côtés. La vitesse de passage du conteneur devant la plaque source détermine la dose reçue par le produit: plus la vitesse est élevée, plus la dose est faible. La figure 1 illustre la répartition de la dose pour une irradiation unilatérale et une -Epaisseur du produit Profondeur dans le produit Figure 3. Représentation de la répartition de la dose en profondeur dans un produit à la suite d'une irradiation unilatérale par faisceau d'électrons. On notera que les électrons ont un parcours déterminé et que l'épaisseur du produit est ajustée de façon qu'elle soit inférieure au parcours des électrons. Problèmes de dosimetric dans le radiotraitement On peut rencontrer des problèmes pour le contrôle de routine d'un procédé industriel d'irradiation car les conditions dans un grand irradiateur diffèrent considérablement de celles dans lesquelles le dosimètre a été étalonné. Ces différences peuvent entraîner des erreurs systématiques imprévues dans l'estimation des doses. Dans un irradiateur gamma, les dosimètres sont habituellement étalonnés à un débit de dose normalisé et fixe, à une température à peu près constante et en moins de quatre heures. Dans un irradiateur gamma industriel, l'accumulation de la dose se fait à des débits très variables, pendant plusieurs heures ou même plusieurs jours et dans des conditions telles que des écarts de température de 20 C ne sont pas rares. Dans un irradiateur à faisceau d'électrons, l'accumulation de la dose se fait à un débit très élevé, en quelques secondes. De nombreux matériaux subissent des changements mesurables lorsqu'ils sont exposés à des doses élevées de l'ordre de plusieurs kilograys et pourraient donc être utilisés en dosimetric. Cependant, nombre de ces changements radioinduits sont peu pratiques ou difficiles à mesurer, ou ne sont pas suffisamment stables pour que l'on puisse faire des estimations reproductibles de la dose. Bien que l'on puisse mesurer les changements les plus pratiques et les plus stables, les produits finaux dans tous les systèmes de mesure des doses élevées résultent de l'interaction entre des espèces induites initialement, qui sont instables et réagissent chimiquement. Les taux auxquels les espèces initiales sont formées et les taux auxquels les espèces instables agissent les unes sur les autres dépendent essentiellement des conditions dans lesquelles se trouvent les dosimètres - température, teneur en eau, présence d'oxygène, etc. Par conséquent, la différence des conditions au moment de l'étalonnage et pendant l'utilisation de routine peut provoquer des déviations systématiques de la réponse du dosimètre et entraîner des erreurs imprévues et difficilement détectables dans l'estimation des doses. L'un des facteurs qui influencent la réponse de la plupart des systèmes de mesure des doses élevées est la température pendant l'irradiation: la figure 4 montre comment la réponse de divers systèmes de dosimetric dépend de la température. Un autre de ces facteurs est la teneur en eau au moment de l'irradiation: la figure 5 illustre la modification de la réponse d'un dosimètre de perspex clair après un stockage avant irradiation de plusieurs mois à 0% et à 80 à 100% d'humidité relative. Elle illustre aussi l'effet d'un 22 AIEA BULLETIN, VOL.24, no 3
Assurances des doses d'irradiation traitement de 48 heures dans de l'eau à 80 C avant irradiation. La figure 6 montre dans quelle mesure la réponse d'un dosimètre de cellophane bleu dépend de l'humidité relative à 50 kgy. Ces exemples prouvent que des erreurs peuvent être faites dans la dosimetric de routine pendant l'irradiation industrielle du fait que les conditions d'étalonnage et d'utilisation des dosimètres sont différentes. Ces erreurs insoupçonnées peuvent être d'une importance capitale pour l'exploitant parce qu'elles risquent d'influer sur la fiabilité du produit irradié. Et ce qui est plus grave, c'est qu'une dosimetric précise permettant un contrôle de la qualité sans égal du radiotraitement sert aux Programme de comparaisons internationales L'accroissement du volume du commerce international de produits irradiés fait que les autorités qui évaluent la sûreté de ces produits doivent avoir la preuve concrète que le produit a reçu la dose correcte et que les mesures sont fiables. C'est pourquoi l'aiea a lancé en 1977 un programme de comparaisons internationales indépendantes des mesures de doses élevées Réponse relative 1.8 1.6 1.4 \ \ " \ 1.2 o diverses autorités réglementaires à homologuer des produits qui risquent d'affecter la santé du public. On considère que les produits médicaux sont stérilisés lorsqu'une unité seulement sur un million contient une spore bactérienne viable. Dans la pratique, il est impossible d'analyser les produits stérilisés par des techniques microbiologiques pour vérifier s'ils satisfont à cette exigence. En matière de conservation des denrées alimentaires, il n'est pas possible non plus de contrôler l'effet de l'irradiation: au moment où l'on procède au contrôle, les aliments ne sont plus conservés. Par conséquent, le contrôle de la qualité de ces traitements doit être basé sur l'assurance que le produit a reçu la dose correcte, et pour cela il faut pouvoir mesurer précisément la dose à l'intérieur du produit. 1.0 0.8 0.6 0.4 0.2 \ \ o ^O Cellophane bleu 50 kgy ^ Ô i i l 1 i i 0 20 40 60 80 100 Humidité relative {%) Figure 6. Réponse relative du dosimètre de cellophane bleu en fonction de l'humidité relative. La dose est de 50 kgy, le dosimètre est équilibré à 32% d'humidité relative. (Données tirées de la référence [ 14].) AIEA BULLETIN, VOL.24, no 3
Rapport moyen Dose estimée Dose nominale 1.1 1.0 0.9 Alanine Colorants radiochromes Chlorobenzène éthanol Sulfate cérique-céreux Figure 7. Rapport moyen entre la dose estimée et la dose nominale déterminé au cours des quatre études de comparaison pour les doses élevées et moyennes grâce aux quatre systèmes utilisés. (Pour 1977, on n'a pas tenu compte des vérifications de mesures faites par les laboratoires de dosimétrie.) pour le radiotraitement industriel. L'objectif ultime de l'agence est de fournir un service international d'assurance des mesures de doses. Dans le cadre du programme de comparaisons de l'agence, on a mis au point un ensemble de systèmes dosimétriques qui peuvent être utilisés «dans le produit» pendant le fonctionnement normal d'un irradiateur, parallèlement au système dosimétrique habituel de l'exploitant. L'objectif est de confirmer qu'aucune erreur imprévue n'affecte les mesures du système l'exploitant. Il convient de souligner que, bien qu'il n'existe pas d'étalon primaire pour la dosimétrie à des doses de l'ordre du kilogray, le programme de l'agence n'a pas pour objectif de fournir un tel étalon; on compte plutôt que c'est le Bureau international des poids et mesures qui prendra éventuellement cette initiative. Les systèmes dosimétriques mis au point dans le cadre du programme de l'agence seraient alors comparés à cet étalon. Par ailleurs, il n'est pas prévu de mettre en place un service d'étalonnage des dosimètres à l'intention des exploitants d'installations d'irradiation, ni de mettre au point un ou deux systèmes qui seraient ensuite utilisés par les exploitants d'installations dans le monde entier. 24 Sélection d'un dosimètre approprié Au début du programme de comparaisons, il a été décidé que les efforts porteraient essentiellement sur la mise au point de systèmes dosimétriques pour les irradiateurs gamma et X; les travaux sur les systèmes à faisceau d'électrons n'ont commencé que cette année. Les dosimètres étant acheminés par voie postale dans le monde entier, ils doivent avoir une bonne stabilité avant irradiation et une réponse très stable: il en résulte que plusieurs systèmes qui donnent entièrement satisfaction en utilisation normale ne conviennent pas pour le programme de comparaisons. Jusqu'à présent, quatre systèmes ont été testés mesure de la résonance électronique de spin de 1'alanine [4]; films à colorants radiochromes [5]; solutions de sulfate cériquecéreux [6] et chlorobenzène éthanol [7]. Pour commencer, on a procédé à des comparaisons préliminaires (1977) et à des comparaisons complètes (1978) en laboratoire [8]; en 1980, a été réalisée une étude pilote de comparaison des mesures de doses à l'intérieur des produits dans des irradiateurs industriels. Toutes ces études avaient été spécialement conçues pour prendre en compte des climats de caractéristiques très variées. Un cinquième système, qui fait appel à la lyoluminescence de la glutamine [9, 10], a été inclus AIEA BULLETIN, VOL.24, no 3
Assurances des doses d'irradiation dans une étude ultérieure, parce qu'il venait d'être mis au point pour utilisation pratique et parce qu'il fonctionnait de façon très satisfaisante entre 0,01 et 3kGy(let300krad). Cette étude a été entreprise en 1981 pour essayer de trouver les raisons d'une divergence persistante entre les résultats obtenus avec les dosimètres à l'alanine et à film à colorants radiochromes et les résultats obtenus avec les dosimètres au sulfate cérique-céreux et au chlorobenzène éthanol. Pendant les comparaisons et l'étude pilote, les quatre systèmes s'étaient révélés fiables et, avec quelques réserves, continuaient à être utilisés pour les comparaisons. Cependant, lorsqu'on a fait des comparaisons avec la dose nominale indiquée par les laboratoires ou les installations d'irradiation, il est apparu que les évaluations obtenues avec les dosimètres à l'alanine et à film à colorants radiochromes étaient toujours de 3 à 5% en dessous de la valeur nominale et I que les estimations faites avec les dosimètres au sulfate cérique-céreux et au chlorobenzène éthanol étaient de 6 à 10% au-dessus de la valeur nominale (figure 7). Signal lyoluminescent relatif 16 avec traitement à la chaleur sans traitement à la chaleur Au cours de l'étude faite en 1981, on a fait varier quatre facteurs dont on estimait qu'ils avaient probablement le plus d'influence sur la réponse des dosimètres. Ces facteurs étaient la dose, le débit de dose, la température d'irradiation et la température de stockage. Les variations des facteurs n'ont pas été communiquées aux laboratoires de dosimétrie, auxquels on a demandé de faire une estimation initiale de dose, compte tenu d'un ensemble de conditions de base. Des renseignements détaillés sur les variations des facteurs ont ensuite été communiqués pour chaque facteur, l'un après l'autre, aux laboratoires, qui ont corrigé au fur et à mesure leurs évaluations initiales. En procédant ainsi, on espérait découvrir la cause de la divergence entre les estimations de dose grâce à l'un ou à plusieurs des facteurs de correction. Malheureusement, tel n'a pas été le cas. Néanmoins, l'étude a révélé, en ce qui 1 concerne les films à colorants radiochromes, une instabilité à long terme due à la température et à l'humidité que l'on suspectait déjà, compte tenu d'un ou deux résultats obtenus pendant les comparaisons. Elle a montré aussi qu'il fallait continuer les recherches sur la stabilité aux fortes doses du dosimètre à lyoluminescence de la glutamine et que les dosimètres à l'alanine et au sulfate cérique-céreux donnaient des résultats constants et comparables, alors qu'avec le dosimètre au chlorobenzène éthanol les doses étaient régulièrement surestimées de 10%. Au cours des comparaisons préliminaires, trois systèmes dosimétriques ont fonctionné de façon fiable entre 0,01 et 3 kgy (1 et 300 krad), mais trois autres systèmes présentaient de sérieux inconvénients. Du fait de ces résultats, on n'a pas fait de comparaisons complètes pour les trois systèmes fiables (mesure de la résonance électronique de spin de l'alanine, films à colorants radiochromes et lyoluminescence de la glutamine) et les trois systèmes ont été utilisés en 1981 pour une étude pilote de mesure des doses à l'intérieur des produits dans des irradiateurs industriels. Au cours de cette étude pilote, le dosimètre à l'alanine a de nouveau donné des résultats constants et le dosimètre à la glutamine a bien fonctionné, bien que 25 Dose (kgy) Figure 8. Effet d'un traitement à la chaleur après irradiation de 115 C pendant cinq heures sur la relation doseréponse pour le dosimètre à lyoluminescence de la glutamine. (La figure est reprise de la référence [ 10].) dans un irradiateur il n'ait pas donné de résultats tout à fait constants. On a de nouveau remarqué l'instabilité à long terme due à la température et à l'humidité des films épais à colorants radiochromes. Programme de recherche coordonnée Parallèlement au programme de comparaisons, l'agence a lancé un programme de recherche coordonnée portant plus particulièrement sur les problèmes ci-après: Effet de paramètres du milieu ambiant (température, humidité, etc.) sur la stabilité et la précision des systèmes de mesure des doses élevées; Mise au point de systèmes dosimétriques nouveaux pour les services de comparaisons; Mise au point de systèmes pour la mesure des faisceaux d'électrons intenses. Le principal objectif du programme de recherche est d'enrichir la base de données pour la comparaison des systèmes dosimétriques. Plusieurs résultats inattendus ont été obtenus et la mise au point d'un système de dosimétrie à lyoluminescence a été stimulée par le programme. Ces recherches permettront d'améliorer non seulement les systèmes utilisés pour les comparaisons, mais aussi l'utilisation des dosimètres habituels. AIEA BULLETIN, VOL.24, no 3 25
formation des pigments habituels. Ces recherches sur les phénomènes qui se produisent dans un dosimètre entre l'irradiation et la lecture ont toujours permis d'adopter des améliorations considérables au fonctionnement des dosimètres [11]. Une autre étude a montré que bien que la réponse du dosimètre à l'alanine n'était pas affectée par une exposition normale à la lumière du jour pendant la manipulation pour la lecture, une exposition de quatre semaines provoquait une perte du.signal de 20%; une exposition de quatre semaines à une lumière ultraviolette intense provoquait une perte du signal de 75%. Ce qui est intéressant c'est que cette perte de 75% déterminée en mesurant la distance entre les pics sur le spectre de résonance électronique de spin des radicaux libres s'accompagne d'une modification très nette de la forme du spectre. En intégrant le spectre de la résonance électronique de spin pour déterminer le nombre total de radicaux libres, on a découvert que les rayons ultra- à violets n'en avaient fait disparaître que 30%, ce qui ' signifie que ces rayons convertissent un grand nombre des radicaux initiaux en une espèce secondaire. Par conséquent, même avec ce système, qui avait donné des résultats si constants pendant les comparaisons, l'effet produit par l'irradiation n'est pas entièrement stable, et il faut manipuler le système avec soin si l'on veut obtenir les résultats optimaux. Le programme de recherche coordonnée a donné un résultat important, à savoir la mise au point d'un traitement à la chaleur après irradiation et avant lecture des dosimètres à la glutamine. Ce traitement réduit l'effet de la température de stockage après irradiation sur la réponse du dosimètre [10]. On avait noté que le stockage des dosimètres à la glutamine pendant de longues périodes après irradiation ne provoquait pas d'affaiblissement du signal lyoluminescent, mais que celui-ci dépendait de la température et de l'humidité pendant le stockage. Un traitement à 115 C pendant cinq heures augmente considérablement la réponse du dosimètre tout en éliminant presque complètement les divers effets du stockage après irradiation. Cela apparaît dans la figure 8, qui montre l'augmentation relative de puissance du signal lyoluminescent à la suite du traitement à la chaleur. Malheureusement, le traitement à la chaleur, en augmentant la réponse du dosimètre, accroît aussi la sensibilité de la réponse à la température d'irradiation, comme le montre la figure 4. Les recherches ont aussi fait apparaître que, bien que les films à colorants radiochromes aient une réponse exceptionnellement stable aux débits de dose très élevés qui caractérisent les irradiateurs à faisceau d'électrons, aux débits de dose moins élevés des irradiateurs gamma, on peut détecter l'influence du débit de dose. Toutefois, cela ne se produit que lorsque le film a été équilibré à certaines valeurs d'humidité relative (figure 9). Les recherches ont aussi montré que la production de la couleur finale dans ce type de film était très complexe. Il est apparu que dans les films très secs se formaient des pigments différents, qui étaient stables jusqu'à ce que le film soit exposé à l'air humide, ce qui provoquait la Service international d'assurance des mesures de doses Lors de ces comparaisons, il est apparu que si plusieurs systèmes dosimétriques fonctionnaient de façon satisfaisante dans des conditions très difficiles, le système à l'alanine donnait des résultats constants et pouvait servir à mesurer toute la gamme des doses de 10 Gy à 100 kgy. Il a donc été conseillé à l'agence d'établir son service d'assurance des mesures de doses pour les irradiateurs gamma dans la gamme des doses de 10 Gy à 100 kgy en utilisant, pour la dosimétrie après transport des dosimètres, la mesure de la résonance à électronique de spin des radicaux libres produits dans * l'alanine. Pour commencer, l'agence mettra en place un service pilote pour évaluer les problèmes d'organisation que pose le fonctionnement d'un tel service et pour étudier le fonctionnement des systèmes de mesure des doses dans la pratique. Pour que le service acquière la réputation d'un service international entièrement indépendant et objectif, l'agence coordonnera la distribution et la collecte des dosimètres et rassemblera toutes les données. Le caractère confidentiel des renseignements sera préservé pour les exploitants d'installations d'irradiation en utilisant des dosimètres codés et l'exploitant pourra comparer ses estimations de doses avec celles de l'agence. On a proposé d'introduire un seuil d'enquête correspondant à une différence de plus de 10% entre l'estimation de dose de l'exploitant et celle de l'agence. Une différence de 10% impliquerait qu'il existe une divergence systématique entre les deux systèmes de mesure et qu'il faut procéder à une enquête. Dans un tel cas, l'agence pourrait renouveler les mesures à l'installation en utilisant un système de contrôle parallèlement au système normal. Si les résultats confirmaient que le système de l'exploitant ne fonctionne pas convenablement, l'agence pourrait proposer l'aide 26 AlEA BULLETIN, VOL.24, no 3
Assurances des doses d'irradiation d'un expert pour découvrir les causes des erreurs de dosimetric Une fois que le service aura été mis en place, l'étape suivante devra être d'élaborer, dans le cadre d'un programme de comparaisons, un système de dosimetric pour les irradiateurs à faisceau d'électrons. Il est probable que la mise au point d'un tel système sera techniquement plus complexe que dans le cas des irradiateurs gamma et X, mais l'expérience déjà acquise devrait faciliter la mise en place d'un service de comparaisons des mesures de dose pour les irradiateurs à faisceau d'électrons. Il se pourrait que le service international et indépendant d'assurance des mesures de doses de l'agence conduise les autorités sanitaires ou réglementaires à décider de n'homologuer des produits irradiés, notamment les produits sanitaires, que lorsqu'ils seront accompagnés de documents indiquant que la dosimetric de contrôle de la qualité est assurée par le service de l'agence. Certains penseront que cela est inutile et traduit un manque de confiance dans les services de dosimétrie nationaux, mais je ne crois pas qu'il en soit ainsi. Je sais que beaucoup d'exploitants d'installations d'irradiation sont capables de faire des mesures précises, mais je sais aussi qu'il est facile de faire des erreurs systématiques importantes sans s'en apercevoir. Je suis convaincu qu'un service indépendant d'assurance des mesures de doses ne peut que renforcer la confiance dans les produits irradiés, et le commerce de ces produits, bénéficiant ainsi à la fois aux consommateurs et à l'industrie du radiotraitement. Références [ 1 ] J. Silverman Current status of radiation processing Radiation Physics and Chemistry 14, 17-21 (1979). [2] K.H. Chadwick Radiation measurements and quality control Radiation Physics and Chemistry 14, 203-212 (1979). [3] Manual of food irradiation dosimetry Rapport technique 178, AIEA, Vienne (1977). [4] D.F. Regulla and U. Deffner Standardization in high-level photon dosimetry based on ESR transfer metrology In Biomedical dosimetry: physical aspects, instrumentation, calibration 391-404, AIEA, Vienne (1981). [5] W.L. McLaughlin, A. Miller, S. Fidau, K. Pejtersen and W. Batsberg Radiochromic plastic film for accurate measurement of radiation absorbed dose and dose distributions Radiation Physics and Chemistry 10, 119-127 (1977). [6] R.W. Matthews Potentiometric estimation of megarad dose with the ceric-cerous system Int. J. Appl. Radiât. Isot. 23, 179-185(1972). [7] G. Foldiak, Z. Horvath and V. Stenger Routine dosimetry for high-activity gamma-irradiation facilities In: Dosimetry in agriculture, industry, biology and medicine 367 381, AIEA, Vienne (1973). [8] High-dose measurements in industrial radiation processing. Rapport technique 205 AIEA, Vienne (1977). [9] K.V. Ettinger, J.R. Mallard, S. Srirath and A. Takavar Development of lyoluminescence dosimetry system for radiation processing of food In: Fodd preservation by irradiation 345-359, AIEA, Vienne (1978). [ 10] K.J. Puite A lyoluminescence dosimetry system useful for high-dose intercomparison studies Nucl. Inst. Meth. 175, 122-125(1980). [11] P. Gehringer, H. Eschweiler and E. Proksch Dose-rate and humidity effects on the y-radiation response of nylon-based radiochromic film dosimeters Int. J. Appl. Radiât. Isot. 31, 595-606(1980). [12] A. Miller and W.L. McLaughlin Evaluation of radiochromic-dye films and other plastic dose meters under radiation processing conditions In High-dose measurements in industrial radiation processing 119 138, AIEA, Vienne (1981). [13] R.D.H. Chu and M.T. Antoniades Use of eerie sulphate and perspex dosimeters for the calibration of irradiation facilities In: Radiosterilization of medical products 83 99, AIEA, Vienne (1975). [14] P. Gehringer, E. Proksch and H. Eschweiler The y-radiation response of blue cellophane films under controlled humidity conditions Int. J. Appl. Radiât. Isot. 33, 27-32 (1982). AIEA BULLETIN, VOL.24, no 3 27