11 LE RÉCIT DE LA PASSION EN JEAN 18-19 INTRODUCTION La Passion de Jésus, toujours relue à la lumière de la résurrection, fut pour les premiers disciples l'événement fondateur et originaire de leur foi. Deux chapitres d'une quarantaine de versets chacun, sont consacrés par Jean au récit de la Passion. Nulle part ailleurs, Jean n'est si proche des Synoptiques. Ce fait singulier s'explique sans doute par l'antiquité et la fermeté dans l'eglise des traditions de la Passion. Néanmoins, le récit de la Passion dans Saint Jean présente les traits d'une vigoureuse originalité. Dans son récit, la Passion elle-même est irradiée de la Gloire qui transparaissait en Jésus dès le début de son ministère public. Sa mort, due à l hostilité des Juifs, est présentée comme le retour au Père et le lieu de l'achèvement de la Révélation. 1 STRUCTURE DU RECIT JOHANNIQUE DE LA PASSION S appuyant sur les indices de lieu ainsi que sur les verbes de mouvement on peut mettre en évidence une structure concentrique en cinq parties : A Introduction : la confrontation dans le jardin (18,1-11). B Interrogatoire devant Hanne (18,12-27). C Procès devant Pilate au prétoire (18,28-19,16a). B Exécution et mort de Jésus au Golgotha (19,16b-37). A Épilogue : mise au tombeau dans un jardin (19,38-42). Dans cette composition, comme le montre sa position centrale, mais aussi sa longueur, la comparution devant Pilate constitue le point culminant du récit johannique de la Passion. 2 COMPARAISON AVEC LE RECIT DES SYNOPTIQUES Le récit de la passion est, dans l Évangile de Jean, celui qui présente le plus d affinités avec ceux des Synoptiques. Il conserve, en gros, le même enchaînement que celui des Synoptiques. Cependant, Jean fait œuvre originale et on peut relever un certain nombre de différences entre lui et les Synoptiques. Cette originalité se retrouve à deux niveaux : d'une part, l'absence de certains éléments, et d'autre part, des ajouts qui lui sont propres ou des éléments de la tradition commune qu'il a retravaillés et remaniés. Mais voyons d abord le schéma commun du déroulement de la Passion. 21 Le contenu des récits de la Passion dans les Synoptiques Les récits de la Passion s organisent dans les quatre évangiles, selon un schéma unique, témoin d une très antique tradition, en dépit de nombreuses variations de détails. Deux suites d événements se laissent reconnaître, la première se subdivisant en deux épisodes et la seconde en trois épisodes. 211 Les préludes Dans la tradition synoptique, les préludes se divisent en deux cycles : 1- Le cycle du complot : Décision de mettre à mort Jésus : Mc 14,1-2 // Mt 26,1-5 // Lc 22,1-2 Onction à Béthanie : Mc 14,3-9 // Mt 26,6-13 Complot : Mc 14,10-11 // Mt 26,14-16 // Lc 22,3-6 2- Le cycle du repas : Préparation : Mc 14,12-16 // Mt 26,17-19 // Lc 22,7-13 Annonce de la trahison : Mc 14,17-21 // Mt 26,20-25 // Lc 22,14 Cène : Mc 14,22-25 // Mt 26,26-29 // Lc 22,15-20 89
212 La Passion elle-même Elle comprend trois cycles : 1- Le cycle du jardin : Sortie et annonce du reniement de Pierre : Mc 14,26-31 // Mt 26,30-35 // Lc 22,39 Agonie à Gethsémani : Mc 14,32-42 // Mt 26,36-46 // Lc 22,40-46 Arrestation de Jésus et fuite des disciples : Mc 14,43-52 // Mt 26,47-56 // Lc 22,47-53 Jean ignore la seconde scène et retravaille la scène de l arrestation de Jésus. 2- Le cycle du procès : Mc 14,53-15,20 // Mt 26,57-27,26 // Lc 22,54-23,25. - Le procès juif connaît un dédoublement chez Mc et Mt. Il comprend une séance de nuit avec l interrogatoire de Jésus (Mc 14,53-65 et //) et le reniement de Pierre (Mc 14,66-72) et une séance de jour (Mc 15,1 // Mt 27,1-2) se terminant par le transfert de Jésus chez Pilate. - Le procès romain a pour moments principaux l interrogatoire de Jésus (Mc 15,2-5 et //), la libération de Barabbas (Mc 15,6-15) et la scène d outrages (Mc 15,16-20 et //). Jean ignore le procès juif et développe longuement le procès romain. 3- Le cycle de la mort : Mc 15,21-47 // Mt 27,27-66 // Lc 23,26-56. Crucifixion, mort, ensevelissement. 22 L'absence de certains éléments plus ou moins importants des Synoptiques Des passages rapportés par les synoptiques n apparaissent pas chez Jean : - L'institution eucharistique (Mc 14,22-25 et //), - L agonie de Jésus à Gethsémani (Mc 14,32-42 et //), - Le procès devant le Sanhédrin (Mc 14,55-64 et //), Des détails ou points particuliers sont absents de la rédaction johannique : - Le baiser de Judas et la fuite des disciples (Mc14,44.50-52 et //), - Les humiliations de Jésus, injures et moqueries (Mc 14,65 ; 15,16-20 et //), - Les injures des passants (Mc 15,29-32 et //), - Le cri de désespoir (Mc 15,34 et //), - Les prodiges symboliques au moment de la mort de Jésus, ténèbres et voile du Temple déchiré (Mc 15,33.38 et //). Ce qui est commun à tous ces éléments, c'est qu'ils présentent pratiquement tous la passion négativement, sous un jour sombre. 23 Des éléments qui sont propres à Jean On peut tout d'abord relever des ajouts propres à Jean : - Le récit du lavement des pieds (13). - La comparution de Jésus devant Hanne (18,19-25). - La présence de Marie et la lance au côté (19,25-27.31-37). - Les dernières paroles de Jésus en croix (19,28.30). - L'intervention de Nicodème (19,39-40). On retrouve ensuite des passages communs aux synoptiques mais traités et présentés de manière très personnelle par Jean. On trouve ainsi des différences notables révélant le travail de rédaction théologique de Jean. Jean retravaille ces éléments et y imprime sa marque, en particulier en ajoutant des dialogues dans les différents récits : - Le chapitre 18,1-12 intitulé souvent l arrestation de Jésus, avec la reprise trois fois de l expression c est moi, met au contraire en évidence la majesté de Jésus. - Le procès romain décrit par Jean est beaucoup plus long que celui rapporté par les Synoptiques (18,29-38). 90
- La discussion des juifs avec Pilate à propos de l inscription sur la croix et le partage de la tunique (19,19-24). Tous ces détails jettent sur l événement un jour très différent. Jean laisse de côté ce qui est humiliant, douloureux et tragique, mettant l accent sur ce qui, dans la passion, laisse déjà transparaître la lumière de Pâque. 3 LES GRANDS TRAITS DE LA VISION JOHANNIQUE DE LA PASSION Chez Jean, la passion et la mort de Jésus ne sont pas tant considérées comme un sacrifice que comme une révélation du mystère du Christ. En d autres termes, la Passion n est pas le lieu de la souffrance, de l abaissement et de l abandon de Jésus. A la différence des Synoptiques, le Christ n est pas d abord le juste souffrant, ni le Serviteur broyé et humilié d Isaïe. Ce n est pas non plus le langage de l expiation ou du pardon des péchés qui occupe le devant la scène. En Saint Jean, le Christ qui entre dans sa Passion est un Christ qui garde l initiative et fait preuve de souveraineté aussi bien au niveau de l agir que de la connaissance. Il n est pas présenté comme celui qui souffre mais comme celui qui agit à chacun des moments clés du récit, que ce soit lors de son arrestation ou lors de ses entretiens avec Hanne ou avec Pilate. Pour Jean, la Passion est «l heure» de l accomplissement de la révélation et du retour au Père. Elle est l espace de la glorification et de l élévation du Fils. Le Christ johannique crucifié est un Christ victorieux. 31 La Passion comme élévation et retour au Père On ne retrouve pas chez Jean les trois annonces de la Passion des synoptiques où il est question du côté négatif des souffrances du Christ (Mc 8,31-33 ; 9,30-32 ; 10,32-34). Par contre, on relève dans l'évangile de Jean trois textes présentant la Passion comme élévation et comme glorification du Fils de l'homme et trois textes présentant l'annonce de son départ. 311 Les trois annonces de l'élévation Dans ces trois textes, on retrouve le même verbe, "être élevé" : 3,14-15 ; 8,28 ; 12,32-34 et dans deux d'entre eux, on parle, comme dans les Synoptiques de nécessité : "il faut" (3,14 et 12,34). > Jn 3,14 : Il faut que le Fils de l'homme soit élevé afin que quiconque croit, ait en lui la vie éternelle. Dans ce verset, le verbe "être élevé" est mis en relation avec la vie que Jésus vient nous donner. Le parallèle avec le serpent d'airain de Nb 21,8-9 montre que chez Jean, le verbe "élever" implique l'idée de vie et de salut par la croix du Christ. > Jn 8,28 : Quand le Fils de l'homme sera élevé, alors vous connaîtrez que moi, Je Suis. Dans ce verset, le verbe "être élevé" est mis en lien avec la connaissance de l'identité de Jésus. C'est bien la croix qui va achever la révélation du mystère de Dieu en Jésus-Christ. Ce verset souligne le paradoxe de la transcendance qui se révèle dans la singularité de la personne de Jésus mise en croix. > Jn 12,32 : Et moi lorsque je serai élevé de la terre j'attirerai tous à moi. > Jn 12,34 : Et comment dis-tu toi qu'il faut que le fils de l'homme soit élevé? Ces versets font pendant au verset 24 qui parle du blé tombé en terre. Ici, l'élévation du Christ est mise en lien avec le rassemblement de tous les enfants d'israël. Pour Jean, l'élévation du Christ en croix (12,33) est présentée comme un "lieu théologique" : - lieu de vie et de salut pour tous les hommes, - lieu de connaissance et d'achèvement de la révélation du mystère de Dieu, - lieu de rassemblement des enfants dispersés d'israël. 91
312 Les trois annonces de son départ Ces trois annonces de son départ et de son retour au Père soulignent son origine "d'en haut". Elles s'appuient les trois sur le procédé du malentendu : 7,33-36 8,21-22 13,33-38 affirmation de Jésus 33 Jésus dit : «Je suis encore avec vous pour un peu de temps et je vais vers celui qui m a envoyé. 34 Vous me chercherez et vous ne me trouverez pas ; car là où je suis, vous ne pouvez venir.» 21 Jésus leur dit encore : «Je m en vais ; vous me chercherez, mais vous mourrez dans votre péché. Là où je vais, vous ne pouvez aller.» 33 Mes petits enfants, je ne suis plus avec vous que pour peu de temps. Vous me chercherez et comme j ai dit aux autorités juives : Là où je vais, vous ne pouvez venir incompréhension des auditeurs 35 Les autorités juives dès lors se disaient entre elles : «Où faut-il donc qu il aille pour que nous ne le trouvions plus? Vat-il rejoindre ceux qui sont dispersés parmi les Grecs? Va-t-il enseigner aux Grecs? 22 Les autorités juives dirent alors : «Aurait-il l intention de se tuer? 36 Simon-Pierre lui dit : «Seigneur, où vas-tu?» Jésus lui répondit : «Là où je vais, tu ne peux me suivre maintenant, mais tu me suivras plus tard.» aveu de ne pas comprendre 36 Que signifie cette parole qu il a dite : Vous me chercherez et vous ne me trouverez pas, et là où je suis, vous, vous ne pouvez venir?» puisqu il dit : Là où je vais, vous ne pouvez aller?» 38 Jésus répondit : «Te dessaisir de ta vie pour moi! En vérité, en vérité, je te le dis, trois fois tu m auras renié avant qu un coq ne se mette à chanter.» Le retour de Jésus vers Celui qui l'a envoyé manifeste la distance d'une incommensurabilité absolue : "où je suis, là où je vais, vous ne pouvez aller, vous ne pouvez venir"! Mais le v. 33 est suivi du commandement de l'amour mutuel (13,34-35). C'est l'amour des disciples les uns pour les autres qui va donc dorénavant actualiser la présence en eux et au milieu d'eux de Celui qui est retourné vers le Père et qui semble désormais absent. 32 La Passion comme glorification On retrouve ce thème de la glorification dans la 1 ère partie de l'évangile : 7,39 ; 8,54 ; 11,4 ; 12,16.23.28 3. Toutes ces occurrences du verbe glorifier dans cette partie de l'évangile ont surtout pour effet d'anticiper chaque fois ce qui doit s'accomplir à travers la mort et la résurrection du Christ. Chez Jean, la Gloire de Jésus, c'est ce qui le révèle, le fait apparaître comme l'unique engendré du Père, comme l'envoyé du Père. Et cette gloire qu'il reçoit non des hommes mais du Père s'est manifestée tout au long de son ministère public (de 2,11 à 11,4). Pour Jean, le moment par excellence de cette glorification, c'est sa passion et sa mort. La Passion elle-même est irradiée de la gloire qui transparaissait en Jésus dès son ministère en Israël ; le crucifiement apparaît ainsi comme une élévation au-dessus de la terre. L évangéliste a intégré l événement dans le parcours de l Envoyé qui, étant descendu du ciel pour accomplir sa mission et l ayant exécuté fidèlement, retourne à Celui qui la lui a confiée. La dernière parole du Christ en croix n est pas un cri de déréliction, mais de victoire. Jean voit le Christ élevé en croix comme un roi qui trône au-dessus de son peuple. Déjà là, il est Seigneur et Roi des siens. 33 La Passion comme anticipation des événements eschatologiques Pour Jean, les événements décrits par les prophètes pour la fin des temps, sont situés comme déjà présents, concentrés autour de la croix. C est le cas pour deux événements eschatologiques : le jugement du monde et le rassemblement des enfants d Israël. 92
> Pour le jugement, les textes majeurs sont 12,31 et 16,7-11 ainsi que 3,18-21 : C est maintenant le jugement du monde, maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors. (12,31) Et lui, par sa venue, il confondra le monde en matière de péché, de justice et de jugement... en matière de jugement, en ce que le prince de ce monde a été jugé. (16,8.11) Et le jugement le voici : la lumière est venue dans le monde et les hommes ont préféré l'obscurité à la lumière. (3,19) > Pour le rassemblement des enfants d Israël, l événement est anticipé à la croix : le nouveau peuple naît là en la personne de Marie et du disciple bien-aimé. On retrouve cela annoncé en 12,32 : Pour moi, quand j aurai été élevé de terre, j attirerai à moi tous les hommes. (12,32) La mort du Christ en croix est le lieu où l Eglise se constitue, la référence qui fonde son unité et le moment de l effusion de l Esprit (19,23-30). 34 La Passion comme accomplissement des Écritures L événement tragique de la Passion fut très tôt mis en relation avec les annonces des psalmistes et des prophètes : Christ est mort... Selon les Écritures (1 Co 15,3). Les synoptiques insistent sur la conscience qu avait Jésus de les accomplir (Mt 26,54.56 ; Mc 14,49). Chez Jean, le Christ lui-même détermine un ultime accomplissement de ce qui était écrit à son sujet : Après quoi, sachant que tout était achevé, pour que l'écriture soit accomplie jusqu'au bout, Jésus dit "j'ai soif"... Dès qu'il eut pris le vinaigre, Jésus dit "tout est achevé" ; et inclinant la tête il remit l'esprit. (Jn 19,28-30) Mais les allusions scripturaires de Jean présentent une perspective différente de celle des Synoptiques : le but principal n est plus de justifier le scandale de la croix en le montrant prédit et préfiguré dans les Écritures, mais d évoquer l effet positif de l élévation de Jésus. Plutôt que de reprendre les prophéties de la souffrance présente, Jean se sert du donné scripturaire pour projeter le regard du lecteur au-delà de la Passion, vers le salut et la vie qui vont en résulter pour Jésus et pour tous les croyants. Le récit de la Passion contient quatre citations de l Écriture dont trois lui sont propres : 1- Jn 19,28 : Après quoi, sachant que dès lors tout était achevé pour que l'écriture soit accomplie jusqu'au bout, Jésus dit : j ai soif. En fait, cette parole de Jésus n'est pas une citation d'écriture. Elle évoque simplement le Psaume 22,16 (renvoi de l'édition critique du Greek New Testament) : Mon palais est sec comme un tesson et ma langue collée à la mâchoire. Le cri "j'ai soif" n'apparaît en fait jamais dans les psaumes ni dans l'écriture. 2 et 3- Jn 19,36-37 : 36 En effet, tout cela est arrivé pour que s'accomplisse l'écriture : pas un de ses os ne sera brisé. 37 Il y a aussi un autre passage de l'écriture qui dit : ils verront celui qu'ils ont transpercé. Chacun des deux textes cités par Jean ouvre une perspective de victoire. Le premier évoque d une part la résurrection et le rôle salvifique du Crucifié et d autre part l agneau pascal de l Exode : Le juste a beaucoup de malheurs, chaque fois le Seigneur le délivre. Il veille sur chacun de ses os, pas un ne sera brisé. (Ps 34,21) Voici le rituel de la Pâque Ses os, vous ne les briserez pas. (Ex 12,46) Dans cette perspective, Jésus est présenté comme le nouvel agneau pascal. 93
Le second évoque la communication de la vie aux croyants : Je répandrai sur la maison de David et sur l'habitant de Jérusalem un esprit de bonne volonté et de supplication. Alors, ils regarderont vers moi, vers celui qu'ils ont transpercé. Ce jour-là une source jaillira pour la maison de David et de Jérusalem en remède au péché et à la souillure. (Za 12,10 cité par Jn 19,37). 4- Jn 19,24 : 24 Les soldats se dirent entre eux : «Ne la déchirons pas, tirons plutôt au sort à qui elle ira», en sorte que soit accomplie l Ecriture : Ils se sont partagé mes vêtements, et ma tunique, ils l ont tirée au sort. Voilà donc ce que firent les soldats. En tirant au sort la tunique de Jésus, les soldats réalisent ainsi le projet de Dieu à l'œuvre dans le Christ et en eux-mêmes dont témoigne l'écriture (Ps 22,19). Ce projet dépasse les hommes mais ceux-ci y contribuent positivement en faisant ce qu'ils ont à faire. CONCLUSION Le récit de la Passion chez Jean est ainsi bien présenté sous un autre jour que chez les synoptiques. Pour Jean, la Passion est bien d une part le lieu de la révélation ultime de l identité de l Envoyé du Père, le Fils monogénès et, d autre part, elle est le lieu de l accomplissement de sa mission et de son retour au Père. La croix apparaît ainsi comme la parole ultime du Fils au monde. Dans l'evangile de Jean, le récit de la Passion est beaucoup plus qu'un récit de Passion. L'itinéraire qui mène Jésus sur la croix ressemble davantage aux étapes d'une intronisation qu'à un chemin de souffrance et la révélation de sa Gloire n'attend pas le troisième jour. Elle a lieu dès son arrestation, dans les dialogues qu'il conduit tant avec Hanne qu'avec Pilate et enfin dans sa montée au Golgotha et sur la croix. Plan : INTRODUCTION... 89 1 Structure du récit johannique de la passion... 89 2 Comparaison avec le récit des synoptiques... 89 21 Le contenu des récits de la Passion dans les Synoptiques... 89 211 Les préludes... 89 212 La Passion elle-même... 90 22 L'absence de certains éléments plus ou moins importants des Synoptiques... 90 23 Des éléments qui sont propres à Jean... 90 3 Les grands traits de la vision johannique de la passion... 91 31 La Passion comme élévation et retour au Père... 91 311 Les trois annonces de l'élévation... 91 312 Les trois annonces de son départ... 92 32 La Passion comme glorification... 92 33 La Passion comme anticipation des événements eschatologiques... 92 34 La Passion comme accomplissement des Écritures... 93 CONCLUSION... 94 94