Assimilation de données pour la prévision numérique du temps

Documents pareils
L inégale répartition de l énergie solaire est à l origine des courants atmosphériques

Colloque des arbitres et des commissaires aux résultats Moulin mer

Mathématique et Automatique : de la boucle ouverte à la boucle fermée. Maïtine bergounioux Laboratoire MAPMO - UMR 6628 Université d'orléans

ITIL Gestion de la capacité

Résolution d équations non linéaires

Validation probabiliste d un Système de Prévision d Ensemble

Développement et Evaluation PHYsiques des modèles atmosphériques

Real-time Monitoring and forecast of IntraSeasonal Variability over Africa (MISVA)

Programmation linéaire

Contrôle de la convection profonde par les processus sous-nuageux dans LMDZ5B

Chapitre 2 : Systèmes radio mobiles et concepts cellulaires

Vidéo Haute définition pour Station Service

The Tropical Warm Pool-International Cloud Experiment TWP-ICE

TP N 57. Déploiement et renouvellement d une constellation de satellites

" Gestion des données issues du réseau de mesures limnimétriques des cours d eau non navigables "

Master IMA - UMPC Paris 6 RDMM - Année Fiche de TP

Réunion de lancement du projet LEFE DEPHY2

Capacité d un canal Second Théorème de Shannon. Théorie de l information 1/34

I Stabilité, Commandabilité et Observabilité Introduction Un exemple emprunté à la robotique Le plan Problème...

Optimisation Combinatoire (Méthodes approchées) II. Recherche Locale simple (Les bases)

Programmation Linéaire - Cours 1

Agrégation des portefeuilles de contrats d assurance vie

Modélisation couplée des processus de surface et souterrains pour prédire la distribution spatiale de l'évapotranspiration.

FICHE PRODUIT COREYE CACHE Architecture technique En bref Plateforme Clients Web Coreye Cache applicative Références Principe de fonctionnement

IFT3245. Simulation et modèles

Monitoring de surface de sites de stockage de CO 2 SENTINELLE. (Pilote CO2 de TOTAL Lacq-Rousse, France) Réf. : ANR-07-PCO2-007

ANALYSE NUMERIQUE ET OPTIMISATION. Une introduction à la modélisation mathématique et à la simulation numérique

Dan Istrate. Directeur de thèse : Eric Castelli Co-Directeur : Laurent Besacier

Formation à la C F D Computational Fluid Dynamics. Formation à la CFD, Ph Parnaudeau

Souad EL Bernoussi. Groupe d Analyse Numérique et Optimisation Rabat http ://

La gestion opérationnelle de la météosensibilité. La prévision météorologique et hydrologique au cœur de l Économie et de la Société

Capacité étendue d utilisation en réseau

Caractéristiques des ondes

ENCADRÉS SCIENTIFIQUES. du laboratoire CNRM/GAME, URA 1357

Méthodes de Simulation

Prospective: Champ de gravité, méthodes spatiales

Trinergy de 200 à 1200 kw

L accès aux données spatiales au profit des applications satellitaires

Hit-Office Entrepreneur. Documentation. Hit-Office, Votre ERP

Une application de méthodes inverses en astrophysique : l'analyse de l'histoire de la formation d'étoiles dans les galaxies

Principes généraux de la modélisation de la dispersion atmosphérique

Notes du cours MTH1101 Calcul I Partie II: fonctions de plusieurs variables

WinBooks Logistics 5.0

MAIDESC - KO 21 Novembre 2013 Etienne Wey Alexandre Boilley

DTUs & Documents d'aide à la maintenance et à la conception des installations intérieur de distribution d eau

LA NOTATION STATISTIQUE DES EMPRUNTEURS OU «SCORING»

QU EST-CE QU UN CHAUFFE-EAU THERMODYNAMIQUE?

Projet SENTINELLE Appel àprojets «CO 2»Déc. 2007

Optimisation multi-critère pour l allocation de ressources sur Clouds distribués avec prise en compte de l énergie

SPOT4 (Take 5) : Sentinel-2 avec deux ans d avance

Durée de L épreuve : 2 heures. Barème : Exercice n 4 : 1 ) 1 point 2 ) 2 points 3 ) 1 point

«Cours Statistique et logiciel R»

La programmation linéaire : une introduction. Qu est-ce qu un programme linéaire? Terminologie. Écriture mathématique

Projet de Traitement du Signal Segmentation d images SAR

Rapport Annuel 2012 SURVEILLER LE TEMPS ET LE CLIMAT DEPUIS L ESPACE. Lancement de Metop-B 18:28 CEST 17 septembre 2012

Calcul Haute Performance & Données

Optimisation non linéaire Irène Charon, Olivier Hudry École nationale supérieure des télécommunications

L image satellite : simple effet de mode ou. apport réel?

Simulation de variables aléatoires

de calibration Master 2: Calibration de modèles: présentation et simulation d

Le projet DRIAS : premières études et documents

Le programme brésilien. Cláudio Almeida Chef du Centre Régional de l'amazonie CRA/INPE

Batterie Li-ion Evolion. La solution éprouvée ultracompacte de Saft pour les applications télécoms

Mesures d antennes en TNT

Développements actuels dans le positionnement satellites GNSS - RTCM - RTK. Moritz Lauwiner / Dr. Werner Lienhart

Problèmes d ordonnancement dans les systèmes de production. Journée Automatique et Optimisation Université de Paris Mars 2003

Expertise : lancement de satellite depuis une plate-forme en mer - septembre 2011

INFORMATIQUE : LOGICIELS TABLEUR ET GESTIONNAIRE DE BASES DE DONNEES

MEMOIRE DE MAGISTER. Conception de métaheuristiques d optimisation pour la segmentation des images de télédétection

L observation et le contrôle des sites de stockage de CO 2

Analyse stochastique de la CRM à ordre partiel dans le cadre des essais cliniques de phase I

Chapitre 3. Mesures stationnaires. et théorèmes de convergence

Proposition de valeur pour la réduction des émissions de CO 2. Petit déjeuner Supply Chain Verte 17 juin 2008

METEOROLOGIE CAEA 1990

1 Introduction et modèle mathématique

Rapport. sur l incident survenu le 18 mars 2007 en croisière entre Lyon et Montpellier à l ATR immatriculé F-GVZY exploité par Airlinair

Grille de planification Expédition météo. Spécialiste de la cartographie Graffiti de ce que l équipe sait de la météorologie (10 minutes).

PROBABILITES ET STATISTIQUE I&II

Scanner laser HDS7000 Ultra rapide, à portée étendue

CAPTEURS - CHAINES DE MESURES

Supervision & Maintenance des centrales photovoltaïques en toiture GARANTIR LA PERFORMANCE DE VOS INVESTISSEMENTS DANS LE TEMPS

Charte d installation des réseaux sans-fils à l INSA de Lyon

Profils verticaux de la couverture nuageuse, de ses propriétés et des aérosols: données du lidar CALIOP et du radar CLOUDSAT (DARDAR) de 2006 à 2012

XXVII e Colloque de l Association Internationale de Climatologie 2-5 juillet 2014 Dijon (France)

Catalogue - Formation en «électropneumatique et systèmes automatisés process control system»

WN/CMGC/08/98. Enjeu et problématique du portage d'arpege-nemo sur calculateurs super-scalaires. Eric Maisonnave

Production électrique : la place de l énergie éolienne

Personnes physiques fiscalement domiciliées en France, PME * de moins de 3 ans.

Performances énergétiques de capteurs solaires hybrides PV-T pour la production d eau chaude sanitaire.

Intelligence précoce

SEO Campus 2009 : Pagerank et optimisation

Newsletter Septembre 2013

Intérêt du découpage en sous-bandes pour l analyse spectrale

GUIDE DE REDACTION D'UN MANUEL D'EXPLOITATION PARTIE D

Cours de méthodes de scoring

La prévention des intoxications dans les silos à fourrage

possibilités et limites des logiciels existants

Cours d analyse numérique SMI-S4

la climatisation automobile

Transcription:

Assimilation de données pour la prévision numérique du temps Cliquez pour modifier le style du titre Jean-François Mahfouf Cliquez pour Météo-France/CNRS modifier le style des Centre sous-titres National du de masque Recherches Météorologiques (UMR 3589) Toulouse 1

Plan de l exposé La prévision numérique du temps Le principe de l assimilation de données L importance des observations satellitaires Quelques illustrations dans un contexte opérationnel Les évolutions planifiées 2

La prévision numérique du temps Résolution numérique des équations de la mécanique des fluides (code informatique) pour prévoir l évolution de l atmosphère à partir de la connaissance d un état initial Etat Initial Modèle numérique Etat Prévu 3 50 000 processeurs 1 Pflops

Estimation d un état initial pour les modèles Les observations Δx Δt irréguliers vs. Δx Δt réguliers Une prévision numérique à courte échéance Système d assimilation Un état initial ou Analyse 4

Assimilation de données : généralités Assimilation de données : techniques permettant une combinaison optimale (statistique) entre les observations et une prévision à courte échéance (ébauche) Optimalité => connaissance des erreurs aléatoires et systématiques (biais) Importance des contrôles de qualité et de la capacité du modèle à simuler l observations (opérateur d observation) => savoir rejeter les observations «inutiles» Paramètres atmosphériques d intérêt : le champ de masse (Ps), de température (T), de vent (U,V) et de vapeur d eau (q,rh) A l avenir intérêt pour les autres phases de l eau (nuages, pluie, eau du sol) et les constituants mineurs (CO2, O3, ) 5

Le formalisme mathématique Estimation probabiliste : probabilité qu un état x a (analyse) soit l état vrai connaissant des observations y o, ainsi qu une information a priori x b Théorème de Bayes : P(x = x t y = y o ) P(y = y o x = x b )P(x = x b ) Opérateur d observations : y = H(x ) Lois de probabilités gaussiennes : P(y = y o x = x b ) exp( 0.5(y o H(x )) T R 1 (y o H(x ))) P(x = x b ) exp( 0.5(x x b ) T B 1 (x x b )) Maximum de vraisemblance : x a = min( log(p(x )) 6

L assimilation variationnelle Fonction coût à minimiser : J(x ) = 1 2 (x x b )T B 1 (x x b ) + 1 [ 2 y H(x ) ] T R 1 [ y H(x )] x = état à analyser (température, composantes du vent, pression de surface, contenu en vapeur d eau) x b = ébauche (prévision courte échéance) y = observations disponibles H = operateur d observations B = matrice de covariances d erreurs de l ébauche R = matrice de covariances d erreurs d observations

D un point de vue pratique Contraintes temps réel obligent à produire très rapidement l analyse pour réaliser les prévisions numériques (35 min temps elapse) Minimisation d une fonction coût quadratique dans un espace de dimension réduite (approche incrémentale) - dim(δx) =100 x10 6 Utilisation des versions linéarisées du modèle de prévision et des opérateurs d observation pour une estimation efficace du gradient de la fonction coût : 8 J = B 1 δx +H T R 1 (y o H(x b ) Hδx ) Algorithmes de minimisation classiques : gradient conjugué avec préconditionnement par la matrice B 1/2 ou B Modélisation de la matrice B (approche spectrale ou en ondelettes) et utilisation d ensembles de prévisions Matrice R supposée diagonale : écrémage des observations pour éviter les corrélations d erreurs Autres approches : filtres de Kalman

9 Le système global d observations

10 La constellation des satellites météorologiques

Les observations Volume journalier utilisé à Météo-France : 6.5 Go pour le modèle global ARPEGE Canaux de diffusion : Coordination par l OMM, définition des formats d encodage (BUFR) et de transmission des données (entêtes) sur le système mondial de télécommunications (GTS) Coordination par EUMETSAT pour retransmission des données des satellites européens et autres (USA, Chine, Inde) Antennes de réception locale EUMETCAST Coordination européenne par EUMETNET pour la diffusion des données autres que satellites (GPS-Sol, profileurs, avions, données océaniques, radars) Réseaux nationaux (radars, stations automatiques de surface) 11

Contraintes sur les observations Le modèle doit être capable de simuler assez précisément l observation : observation trop loin du modèle => problème avec l observation ou le modèle Les observations doivent être suffisamment précises et suffisamment nombreuses (dans le temps et/ou dans l espace) Les observations doivent être complémentaires d autres systèmes d observation (mais la redondance reste utile) Les observations doivent être disponibles en temps quasi-réel (< 2h après la mesure) Les observations ne doivent pas être biaisées, ou doivent être débiaisées avant assimilation Les erreurs d observations sont supposées décorrélées

Les systèmes d assimilation à Météo-France ARPEGE : 4D-Var 6 heures (domaine global) + assimilation d ensemble 4D-Var «basse résolution» (25 membres) Observations : satellites (radiances MW + IR, vents, angle de réfraction GNSS-RO) + conventionnelles (surface, radiosondages, profileurs, avions) + GPS-Sol AROME : 3D-Var 1 heure (domaine Europe) Observations = observations ARPEGE - données GPS-RO + données RADAR (Z+Vr) + radiances brutes SEVIRI/MSG (5 canaux) ALADIN-OM : 3D-Var 6 heures (domaines Outre-Mer) Observations = observations ARPEGE + données de bogus de vent pour les cyclones 13

Evolution du nb d observations dans ARPEGE Nombre d obs --- Données satellite disponibles Données satellite utilisées --- Données conv. disponibles Données conv. utilisées Sat. / Toutes obs. Sat. utilisées / Satellite dispo. ---- Conv utilisées / Conv dispo. Sat. utilisées / obs. utilisées Pourcentages 14 Besoin de codes de transfert radiatif rapides et précis (MW +IR)

Répartition des observations par types Nombre total d observations assimilées (4 analyses sur une journée) : 17.6 millions Sondeurs imageurs MW : 14 % Sondeurs IR -> IASI 49 % + AIRS 11 % + CrIS 12 % => 72 % GPS- RO : 6 % Vents SCAT : 5 % Vents SATOB : 5 % Modèle ARPEGE Données d avions : 16 % TEMP+PILOT : 10 % 15

Contenu en information : DFS DFS : fonction du nombre d observations, de la précision des observations et de leur «projection» sur les variables à analyser (T,q,U,V,Ps) Sondeurs imageurs MW : 27 % Sondeur IR IASI : 22 % Données d avions : 16 % TEMP+PILOT : 10 % GPS- RO : 6 % Vents SCAT : 5 % Vents SATOB : 5 % 16 DFS (Degree of Freedom for Signal) : capacité d un système d observation à réduire l erreur a priori

17 Le cyclage des prévisions - analyses

Forecast error anomaly correlation in percent, w.r.t. own analysis Northern Hemisphere SouthernHemisphere Evolution des scores de prévision Correlation d anomalie du géopotentiel à 500 hpa au CEPMMT 4DVAR A. Simmons

Capacité des observations à réduire une erreur de prévision (24h) Pourcentage de réduction d erreur par type d observation Importance du sondeur micro-ondes de température AMSU-A

Evolutions envisagées en PNT à Météo-France Les modèles : augmentation des résolutions horizontale et verticale prévisions déterministes -> prévisions probabilistes Les systèmes d assimilation : utilisation d une approche de type «En-Var» combinant le 4D-Var (minimisation d une fonction coût) et les ensembles (covariances d erreurs de l ébauche dynamiques) Les observations : davantage d instruments infra-rouges hyperspectraux => compression d information (composantes principales) prise en comptes des corrélations d erreurs introduction des effets d échelle dans les opérateurs d observations; davantage de mesures d opportunité (e.g. GNSS) Vers des modélisations et assimilations couplées : couplages envisagés avec les surfaces continentales, océaniques et la chimie atmosphérique => nouvelles variables à initialiser 20

Cliquez pour modifier le style du titre Merci de votre attention! Cliquez pour modifier le style des sous-titres du masque 21