Gustave Caillebotte Rue de Paris, temps de pluie
Biographie Gustave Caillebotte (1848-1894) Peintre français, collectionneur et organisateur d'exposition. École des Beaux-Arts1873. Héritier d'une importante fortune, il se consacre à sa passion pour la peinture. Lié au mouvement impressionniste, il vient en aide à ses amis peintres (Cézanne, Manet, Pissarro, Renoir, Degas ou Monet) en achetant leurs œuvres et en organisant des expositions. Son oeuvre est originale par ses thèmes (l'ennui, la solitude des personnages) par son style qui se rapproche de la photographie réaliste Il expose régulièrement aux Etats-Unis. Régatier, il se passionne pour la vitesse et cherche à perfectionner ses bateaux. Architecte naval, il construisit des prototypes de voiliers, aux multiples innovations (voile en soie, lest extérieur, coques hydrodynamiques,...), qui lui permettent de remporter des titres internationaux. Dans son testament rédigé en 1876, il fait don de sa collection : «Je donne à l'etat les tableaux que je possède ; seulement, comme je veux que ce don soit accepté et le soit de telle façon que les tableaux n'aillent ni dans un grenier ni dans un musée de province, mais bien au Luxembourg et plus tard au Louvre, il est nécessaire que s'écoule un certain temps avant l'exécution de cette clause jusqu'à ce que le public, je ne dis pas comprenne, mais admette cette peinture. Ce temps peut-être de vingt ans au plus. En attendant mon frère Martial, et à son défaut un autre de mes héritiers, les conservera. Je prie Renoir d'être mon exécuteur testamentaire...» Articles d Emile Zola concernant les œuvres de Gustave Caillebotte : «Caillebotte a exposé «Les Raboteurs de parquet» et «Un jeune homme à sa fenêtre», d'un relief étonnant. Seulement c'est une peinture tout à fait antiartistique, une peinture claire comme le verre, bourgeoise, à force d'exactitude. La photographie de la réalité, lorsqu'elle n'est pas rehaussée par l'empreinte originale du talent artistique, est une chose pitoyable.» «Enfin, je nommerai M. Caillebotte, un jeune peintre du plus beau courage et qui ne recule pas devant les sujets modernes grandeur nature. Sa «Rue de Paris par un temps de pluie» montre des passants, surtout un monsieur et une dame au premier plan qui sont d'une belle vérité. Lorsque son talent se sera un peu assoupli encore, M. Caillebotte sera certainement un des plus hardis du groupe.» «M. Caillebotte est un artiste très consciencieux, dont la facture est un peu sèche, mais qui a le courage des grands efforts et qui cherche avec la résolution la plus virile.»
Rue de Paris, temps de pluie Peinture à l'huile sur toile de 1877. Conservée à l'institut d'art de Chicago, aux États-Unis. Historique Réalisée pour la troisième exposition impressionniste. Description Peinture réaliste d une scène de rue dans le Paris haussmannien du 19e siècle et dans une atmosphère pluvieuse Un couple principal au premier plan et de nombreux passants tenant un parapluie et traversant la rue. Format / Taille Grande taille : 2m12 x 2m76 Taille réelle des personnages du premier plan. Formes Personnages à différents échelles selon leur éloignement. Architectures haussmanniennes, régulières et géométriques. Formes semi-circulaires des parapluies. Couleurs Tons sobres, teintes discrètes. Jaune orangé pâle du ciel / Beige rosé du sol Noirs et gris travaillés pour le rendu des matières. Matières Travail de rendu des différentes matières : tissus des vêtements, toile des parapluies, pavés. Travail de rendu de l effet mouillé des trottoirs et des pavés. Lumière / Temps de pluie Réalisme de l'ambiance pluvieuse. Le temps y est parfaitement représenté grâce à la palette de tons blanc, argent, bleu et gris pâles. Reflets et brillances sur le trottoir, les pavés et les parapluies. Réalisme / Netteté et détails Un dessin, très réaliste : netteté du trait des différents éléments du tableau. Une peinture qui donne l'illusion d une photographie. Un soin particulier apporté aux détails. Personnages Bourgeois, personnes aisées aux visages soignés et aux tenues élégantes à la mode bourgeoise de l époque.
Architecture et urbanisme Immeubles construits lors des grands travaux par le baron Haussmann. Il s'agit alors de quartiers neufs et résidentiels. Les caractéristiques du Paris haussmannien sont présentes : Rangées d'immeubles alignés le long des nouveaux axes de communication, carrefour en étoile, chaussées spacieuses, pavage régulier, trottoirs bitumés, en élévation par rapport aux caniveaux, éclairage public Carte postale Paris Rue de Turin
Composition Distribution harmonieuse et équilibrée de l'espace. Deux axes divisent la toile en quatre parties : La médiane verticale Le réverbère et son reflet partagent le tableau en deux parties égales. L espace du trottoir à gauche, la rue à droite. La ligne horizontale Elle se trouve légèrement au dessus de la médiane géométrique. Elle passe par la base des immeubles et à travers la tête des personnages mis en scène au premier et au second plan. En dessous, le sol et les vêtements des personnages. Au dessus, l architecture et les parapluies. Point de vue La ligne d'horizon, se situe au niveau du regard des personnages mis en scène au premier et au deuxième plan. Elle est également au même niveau que notre propre regard, ainsi le spectateur, adoptant un point de vue de la hauteur normale des yeux, est mis à la place d un passant parmi ceux du tableau. La taille réelle des personnages du premier plan accentue encore cet effet et projette le spectateur dans le tableau. La réalité quasi photographique renforce cet effet, le spectateur a l illusion d être dans la scène.
Unité / Echos plastiques De nombreux échos plastiques renforcent l'uniformité et la structure très organisée du tableau. Ils apportent à l œuvre un rythme régulier : Façades haussmanniennes identiques Promeneurs habillés de manière similaire à la mode bourgeoise de l époque. Leurs parapluies sont identiques Le damier de la chaussé forme un espace très structuré. Perspective Interprétations L œuvre rend compte de la modernité de l époque, le style Haussmannien, habillement bourgeois. Malgré la propreté, l'organisation harmonieuse de la ville et son élégance sécurisante Caillebotte peint une vision triste, monotone, grise de Paris. Les personnages semblent enfermés dans leur solitude, comme si le nouveau Paris urbanistique engendrait un enfermement psychologique.
Dessins préparatoires Gustave Caillebotte, Homme sous un parapluie, de face 1877, Crayon Gustave Caillebotte, Femme à l ombrelle, vue de dos, petite ombrelle 1877, Mine de plomb et fusain sur papier
Œuvres de Gustave Caillebotte Gustave Caillebotte Les raboteurs de parquets 1875 Gustave Caillebotte Le pont de l Europe 1876
Gustave Caillebotte Rue Halévy vue du sixième étage 1878 Gustave Caillebotte Vue de toits (effet neige) 1978