Connaissance des Métiers d Art 2014-2015 vendredi 7 novembre Parc de VERSAILLES Métier : Fontainier En ce lieu, 13 fontainiers entretiennent donc, assurent la maintenance et restaurent l'ensemble des fontaines selon des techniques traditionnelles issues essentiellement du XVIIème siècle et transmises sur le terrain. Le fontainier est plombier de formation. Nous suivons notre guide pour nous poster au-dessus du Bassin de Latone avec la perspective du Char d'apollon et du Grand Canal. Nous écoutons très attentivement l'historique du réseau hydraulique qui devait résoudre les problèmes de : collecte développement des fontaines fonctionnement Louis XIV, installé à Versailles, n'a qu'un désir, surpasser Vaux-le-Vicomte donc il souhaite transformer le parc en un théâtre de verdure agrémenté de fontaines et jets d'eau. Pour l'aménagement de ce vaste espace, on continue d'utiliser l'étang de Clagny tout proche qui alimente un premier système à l'aide d'une pompe en bois actionnée par un cheval pour un débit de 600 m3/j mais ceci s'avère rapidement insuffisant. On fait alors appel à la dynastie Francini, fontainiers originaires de Florence et, à l'époque, maître dans l'art de l'hydraulique. Elle améliore le système et résout le double problème de la ressource en eau et du fonctionnement des fontaines en optimisant l'utilisation de l'étang de Clagny puis en
exploitant : d'abord les eaux des étangs de la vallée de la Bièvre, des moulins à vent et à godets remontent l'eau sur le plateau de Satory pour être ensuite acheminée par aqueduc en créant des étangs et rigoles artificiels sur le plateau de Saclay et dans la région de Rambouillet au sol marécageux ainsi qu'un réseau d'aqueducs et bassins souterrains et extérieurs autour de Versailles alimentant les réservoirs de Montbauron. puis c'est l'exploitation de l'eau de la Seine, un charpentier belge imagine et réalise la machine de Marly chargée de pomper l'eau du fleuve pour l'élever de 180m environ à l'aide de grandes roues à aubes en bois de 12m de diamètre, il aménage 3 paliers et réservoirs intermédiaires d'une capacité totale de 400 millions de l et un aqueduc achemine cette eau. Le problème de la quantité d'eau persistant pour l'alimentation des nombreuses fontaines, on tente d' exploiter les eaux de l'eure ; des travaux commencent mais s'achèvent rapidement au niveau de l'aqueduc de Maintenon en raison de la guerre donc faute d'argent. Ce manque d'eau oblige à faire jouer en alternance les bassins au rythme de coups de sifflet annonçant le passage du roi. L'ensemble des travaux colossaux entraîne une dépense représentant 35% du budget d'investissement sur tout ce qui a été fait à Versailles. Actuellement la circulation d'eau se fait en circuit fermé, l'eau du réservoir de Montbauron, par gravitation, alimente les bassins des Terrasses, de Latone, du char d'apollon pour se déverser dans le Grand Canal, là, une installation de pompage renvoie l'eau vers le réservoir. Bassin de l'ovale sous Louis XIII, il s'agrémente de jeu d'eau avec bouillons et jets au début du règne de Louis XIV puis il se pare d'un décor en plomb représentant une scène de la mythologie : Latone, mère d'apollon et de Diane protègeant ses 2 enfants contre les outrages des paysans de Lycie et demandant à Jupiter de la venger, les paysans sont alors transformés en grenouilles et lézards. Cette scène est un message du roi adressé aux courtisans au même titre que le Char d'apollon surgissant des flots. Actuellement le bassin de Latone est en restauration jusqu'au Printemps prochain en raison d'une altération importante affectant son étanchéité, l'état des marbres, des sculptures et dorures ainsi que le réseau général des fontaines l'alimentant. Les travaux effectués respectent les techniques anciennes ce qui fait donc appel à de nombreux métiers d'art. Ces travaux en cours nécessitent l'utilisation de 30 T de plomb consacré essentiellement à la statuaire et au réseau de canalisations dont le diamètre varie entre 50 et 350 mm. Les soudures sont réalisées à l'ancienne avec notamment l'utilisation de la soudure à la louche côtelée consistant à verser du plomb et étain liquides à la jointure de 2 de parties à souder qui tournent lentement. RESERVOIR sous les TERRASSES Nous y accédons en pénétrant dans un bosquet interdit au public et gagnons une porte bien cachée dans la verdure. Nous pénétrons dans un tunnel, longeons une canalisation en fonte, puis l'espace s'évase laissant place à un carrefour de conduites et face à nous une échelle. Page 2 sur 6
Quelques un(e)s d'entre nous l'empruntent pour apercevoir un immense réservoir sous voûte, les dimensions sont assez impressionnantes : 66 m x 17 m avec un stockage de 2,5 millions de l, l'étanchéité est assuré par un cordon de glaise enchâssé entre 2 murs de pierre. Les canalisations droites sont essentiellement réalisées en fonte alors que les courbes sont en plomb, matériau plus facile à travailler pour donner des formes souples. Un réservoir identique est situé symétriquement sur l'esplanade des Terrasses. Page 3 sur 6
Nous sortons des entrailles du parc et nous dirigeons vers une vanne surplombant la fontaine de la Salle de Bal. Petite démonstration de l'utilisation d'une clé lyre pour actionner la vanne ; afin de maîtriser le débit d'eau, de nombreux tours «à vide» sont nécessaires. Fini le sifflet d'antan pour avertir d'une mise en fonctionnement et synchronisation des jets on utilise le talky-walky. Puis direction la Salle de Bal qui, initialement, servait à la danse en présence du roi dans un décor de fontaines et rocailles alors que les spectateurs s'installaient sur les gradins Nous avons droit à une vue plongeante sur une cascade en gradins couronnée de torchères. Les bassins du parc sont peuplés de poissons notamment des carpes qui s'attaquent aux algues évitant ainsi leur prolifération dangereuse pour le réseau hydraulique. Page 4 sur 6
RESERVOIR SUPERIEUR Situé côté nord à l'extrémité de l'opéra, on y accède par un escalier en colimaçon. Il se compose de 2 bassins essentiellement utilisés pour les fontaines dont les jets exigent un grand volume d'eau ou culminent très haut comme les bassins de Neptune et de l'obélisque. Une canalisation ancienne en plomb est exposée portant les marques de son enfouissement entre murs de pierre et cordon de glaise. Des soudures apparaissent nettement indiquant que la technique employée est celle de la soudure à la louche côtelée. Page 5 sur 6
En conclusion, nous avons eu droit à une visite insolite et très enrichissante qui modifiera notre vision du spectacle des Grandes Eaux dans le futur. Page 6 sur 6