DEATH ROW Une création du Mobile Homme Théâtre
Contexte Deux tiers des pays du monde ont désormais aboli la peine de mort ou cessé de l appliquer, et le nombre d exécutions diminue chaque année. Pourtant, en 2007, un tiers des Etats de la planète pratique toujours la peine capitale combien de condamnés encore dans les couloirs de la mort? Sur les cinquante Etats que comptent les Etats-Unis, douze ont aboli la peine de mort ; deux appliquent un moratoire ; quatre appliquent l abolition de fait (aucune exécution depuis 1976) ; huit les ont suspendues ; vingt quatre procèdent à des exécutions (en particulier les états du sud) à l instar du Texas, tristement célèbre pour son taux d exécutions : 395 en trente ans (données de juin 2007). Sensibilisée par un tel constat et par le peu d intérêt que beaucoup de personnes portent à la journée Mondiale Contre la Peine de Mort, la Compagnie crée en septembre 2007 «Death Row». Cette soirée a été organisée en collaboration avec Amnesty International et Ensemble Contre la Peine de Mort.. Cette pièce a été représentée au Festival Off 2008 d Avignon.
La création Death Row Métissage entre un comédien, une chorégraphe et une plasticienne. Sarah Sarah Dorp : plasticienne Lisa Gimenez : chorégraphe Rémy Leboucq : comédien Céline Joly : costume Nicolas Ferrari : créa lumière «Un homme dans le couloir de la mort»
Propos artistique Sarah Dorp (plasticienne) «Cette pièce est une représentation du parcours pénitentiaire, du procès à la salle d exécution en passant par la cellule et le parloir. L accusé est pris dans la spirale du couloir de la mort où les frontières, réelles ou symboliques, se dressent progressivement. Il est question ici des rapports entre le monde extérieur, libre et le monde intérieur d un homme ou d une femme pris dans un système hermétique et verrouillé dont l issue est inéluctable. Les murs peuvent tomber, c est juste une question de volonté politique. En attendant, peut-être pouvons nous tenter de regarder, d écouter et de nous faire entendre à travers ces murailles afin de briser les chaînes déshumanisantes de l isolement» Lisa Gimenez (chorégraphe) «Dans ma recherche, telle que je la mène depuis une dizaine d années, je me préoccupe de plus en plus de l être humain, dans sa complexité. Je crois qu un être danseur prend une réalité dés lors qu il reste relié avec son environnement ; différentes rencontres avec différents artistes ont nourri ce questionnement sur notre relation au monde, considérant les artistes comme des êtres particulièrement vivants, sensibles et réceptifs à leur environnement. La rencontre avec Rémy Leboucq a pu me permettre d approfondir cette démarche, en me proposant de le faire vivre dans la cage construite par la plasticienne Sarah Dorp. En tant que comédien, son intérêt pour travailler avant tout sur une présence de corps m a séduite. Nous avons travaillé ensemble à éliminer tout jeu dramatique pour ne garder qu une quintessence d être en prise avec la matière du monde. Avec Rémy, nous sommes entrés dans la sculpture, pour vivre, sentir et ressentir la forme, l espace, les limites. La présence de Rémy cherchant son rapport à la sculpture a permis par contrecoup de révéler l existence d un couloir en spirale, allant inexorablement vers une fin, celle d un condamné, à la peine de mort» Rémy Leboucq (comédien) «L acteur ne prend pas la parole, il donne l écoute» Daniel Mesguich
La sculpture Réalisée par Sarah Dorp et dans lequel évolue ce personnage prisonnier, n est pas un décor. Cette sculpture modulable symbolise l enfermement physique mais surtout psychologique. Elle limite l espace de jeu en lui donnant tout son sens : «C est bien la cage elle-même, l univers créé par Sarah, qui nous a mené dans la composition, nous donnant toute la conduite, la mise en scène, le rythme» (Lisa Gimenez).
REVUE DE PRESSE
Death Row L'obscurité. Le silence. Une voix le brise, égrène le nombre de détenus dans les couloirs de la mort américains (3309 actuellement), leurs origines ethniques et rappelle que si le nombre d'exécutions est en baisse, un tiers des Etats de la planète pratique toujours cette peine inhumaine... La lumière se fait sur une sculpture d'acier (réalisée par la plasticienne Sarah Dorp), point central de toute la mise en scène, le comédien s'y déplaçant au grès de son parcours pénitentiaire. Une allégorie (réussie!) de la condition physique et psychologique de l'etre humain en captivité. Pas d'artifices, pas de mots, juste les émotions du condamné devenu actant par son corps et ses gestes. Un spectacle qui bouleverse la conscience de tout un chacun, un sujet universel invitant au débat avec les comédiens après spectacle, dans une ambiance somme toute conviviale! Milka KAHN, l'hebdo le Comtadin Pendant le Festival d Avignon