SESSION 2006 BACCALAURÉAT GÉNÉRAL SÉRIE L DANSE ÉLÉMENTS DE CORRECTION ET BARÈME SUJET 1 : ANALYSE DE DOCUMENTS Mots clés : Corps : morphologie, physique, silhouette, gestuelle. Costumes : vêtement, nudité, accessoires, seconde peau, déguisements, maquillage Mise en relation : correspondance, complémentarité, interdépendance, influences, contraintes. Œuvre : pièce chorégraphique, production dansée, création. Problématique possible : Le choix du costume est-il lié à la mise en valeur d un corps et/ ou déterminé par le sens, le propos chorégraphique? I Mise en valeur du corps. Corps costumes en fonction de l interprétation du danseur. Notion de mouvement, notion d harmonie. Intériorité / extériorité. Influence du costume sur le corps : Exemple : Formes corporelles dévoilées dans «Summerspace». Sensualité et nudité dans «Near life experience». Silhouette féminine due au corset cintré dans «Petrouchka». II Renforcement d un propos. Comment les corps et les costumes vont-ils défendre une idée? Les costumes définissent, caractérisent un personnage (narration). Ex : «Petrouchka»: contextualiser une époque Ils définissent une forme, ou un corps précis. Ex : «Summerspace» : costume tacheté, animal, prolonge les lignes, 2de peau Le costume peut être utilisé pour appuyer une symbolique. Ex : «Near life experience» : les lanières attachent les 2 corps (femme homme) 1
III recherche d un esthétisme particulier Le costume participe à la création d un univers : le costume est un attribut du rôle. Ex : «Petrouchka» : costumes folkloriques Le costume induit une perception du public qui engage la relation corps-costume-décors-espace. Ex : les formes de corps et les couleurs des costumes engendrent une confusion corps-décors dans «Summer Space». Aspect pictural, lisibilité du mouvement. Conclusion : Différentes façons de concevoir la mise en relation corps-costumes peuvent être envisagées. Par le truchement des costumes, comme par l interprétation des danseurs, le chorégraphe crée une esthétique, crée un univers, met en valeur certains aspects des corps formels et émotionnels, renforce le sens. Perspectives : Les nouvelles technologies habillent le corps, l espace visuel et sonore. BAREME FOND (14 points) Traitement du sujet et réponse à la question. Connaissance et définition des mots clés du sujet. Confrontation et analyse des documents. Connaissances chorégraphiques (œuvres au programme) et artistiques en général au service de l argumentation. FORME (6 points) Logique et méthode : logique des raisonnements, plan et organisation du devoir ( y compris de l introduction et de la conclusion ) 4 points Expression 2 points 2
SUJET 2 : SUJET GÉNÉRAL Notions interrogées : Sens de l œuvre. Thématique de l œuvre. Traitement de la thématique (procédés de traitement : collage ) Fonction de l art, fonction de l œuvre. Illustration, narration, abstraction : symbolisation par la gestuelle et les procédés de composition. Place de l artiste, parti pris artistique, esthétique. Place du spectateur : réception de l œuvre. Définitions de «Art» «danse» «chorégraphie» : écriture du mouvement. Elle utilise différents langages du corps en représentation, elle est au centre du processus de création. «nécessairement dire quelque chose» : Est-ce illustrer un thème, est-ce «raconter une histoire», ou faire part d impressions, de sensations, ou donner une vision particulière du monde, une conception d un sujet, avoir un sujet, un propos à développer, ne pas en avoir, questionner, problématiser, porter un regard critique...? Ce que recouvrent les notions de : «illustratif» : le geste renvoie à une réalité, élément identifiable. «narratif» : l œuvre raconte une histoire (le livret, la pantomime). «abstrait» : les signes prêtent à interprétation, l œuvre a une dimension symbolique. Relier ces notions à la notion de «traitement» de l idée ou du propos du chorégraphe. Problématiques possibles : La danse doit elle nécessairement mettre en adéquation l intention du chorégraphe et la lecture du spectateur? Y a-t-il forcément intention du chorégraphe de donner du sens à sa création? A quoi reconnaît-on le langage de la danse en tant qu art? Axes de développement : I - Une chorégraphie dit quelque chose. 1) La danse, comme les autres arts, est le témoin d une société, de ses productions, d une époque, de sa culture C est un langage où le corps est porteur des valeurs de son temps. (Les pointes en relation avec la notion d élévation et avec un élan spiritualiste, le hip hop en relation avec les arts de la rue et la contestation sociopolitique). 2) Les ballets classiques, le plus souvent illustratifs, narratifs, figuratifs, se référent au livret dans son déroulement. Exemples : les œuvres traditionnelles classiques du répertoire étudié («Giselle», ou «Le lac des cygnes»). Certaines chorégraphies d aujourd hui s inscrivent dans une écriture narrative. Exemples : «Les fables à la Fontaine», «l affaire de la rue de Lourcine» de Denis Plassard. 3
II - la chorégraphie peut dire quelque chose au sens de «faire part». Aujourd hui la danse est un langage multiforme. 1) Les chorégraphies donnent à voir, à sentir, à éprouver au sens impressionniste. Exemples : Decouflé avec «Tricodex», Preljocaj avec «Liqueur de chair», Sidi Larbi Cherkahoui avec «Foi», Cunningham avec «Summer space». 2) Au sens expressionniste, elles donnent à partager une vision ou une conception du monde. Elles ont un propos, un sujet, une thématique. Exemples : Kurt Jooss avec «La table verte», nous parle du monde politique des années trente. Pina Bausch dans «Walzer», évoque la naissance et la mort, entre autres. 3) Elles proposent des univers oniriques et quotidiens. Exemples : Odile Duboc avec «Le projet de la matière». 4) Elles peuvent être abstraites par des modes de composition divers (techniques de collages ) et par une distanciation symbolique des formes gestuelles. Exemples : «So schnell» de Bagouet, ou «Walzer» de Pina Bausch, le Butô.. Dans cette optique le spectateur peut construire son propre sens, qui dépendra de sa perception de son histoire personnelle, de ses conceptions de l esthétique etc III - La chorégraphie doit elle dire quelque chose? 1) Elle peut radicalement décider que le propos est de ne pas avoir de propos, et mettre en avant le processus de création même de la danse. Ex : Cunningham avec «Changing step». 2) Actuellement on dépasse l acte de dire dans l intention de montrer, exprimer, expérimenter indépendamment du signifiant. Exemples : Trisha Brown et les post-modern américains, ainsi que le courant de la danse contact-improvisation, Cunningham 3) La non-danse actuelle remet en question la place du «dire» dans la danse référence au dadaisme. CONCLUSION -Quelles qu elles soient- les formes dansées par lesquelles s illustrent un sens, un thème, une idée chorégraphique ne sont-elles pas liées à la notion de liberté, de risque, de performance, de contexte social et historique d une époque, d un courant artistique? Une chorégraphie ne doit pas nécessairement dire quelque chose de manière univoque, elle nous fait toujours part de quelque chose. 4
BAREME Forme : Orthographe, clarté, présentation, paragraphes (2 points) Logique et méthode : l élève suit la problématique choisie jusqu au bout.le plan est précis et les propos donnent de façon progressive les éléments de réponse aux questions posées. (2 points) Traitement du sujet : Introduction présentant le plan et conclusion ouvrant vers de nouveaux questionnements ou donnant un point de vue personnel (2 points) Les raisonnements s appuient sur des exemples clairs et représentatifs de ce que l élève cherche à démontrer. (7 points) Connaissance des œuvres du programme et connaissance d autres œuvres chorégraphiques (7 points). Note moyenne : L élève a compris le sujet et a suivi sa logique jusqu au bout grâce à un plan clair et efficace (en relation avec la problématique posée). Les connaissances des œuvres du programme sont repérables et les articulations entre les différentes parties sont cohérentes. Valorisation Partis pris et originalité dans le choix de la problématique. Connaissances culturelles dépassant le cadre des œuvres étudiées. Capacité à établir des liens avec d autres formes de spectacles (cirque, théâtre, musique). Approfondissement dans les connaissances philosophiques, historiques montrant une connaissance réelle et non une simple allusion à des concepts ou notions. Véritable progression dans les réponses données avec des articulations maîtrisées entre les différentes parties du sujet sans caricature ni raccourcis simplistes. 5