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Du même auteur : Les poésies de Mirabel Les poésies de la vallée du vent Et le vent balaiera nos traces sur le sable Déserrements Passeurs La veine bleue Frissons d Ombrelle Cahiers de Cailloux Seul le vent se souviendra de nous Aurea Dora HaïKœurs 2
Minou Molinier-Parente Aurea dora Éditions EDILIVRE APARIS 93200 Saint-Denis 2012 2 3
www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 175, boulevard Anatole France 93200 Saint-Denis Tél. : 01 41 62 14 40 Fax : 01 41 62 14 50 mail : actualite@edilivre.com Tous droits de reproduction, d adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-332-47947-1 Dépôt légal : février 2012 Edilivre Éditions APARIS, 2012 24
A mon Petit-Loup 2 5
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Si nous ne dormons pas c est pour guetter l aurore Qui prouvera qu enfin nous vivons au présent. Robert Desnos 2 7
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Matin bonheur C est un lever de soleil-passerelle, Un ciel aux bras des arbres Où s allume un jardin d oiseaux, Un soleil à ras d herbes Que rasent les hirondelles, Un matin calme de ruisseau. Le soleil dit «Salut» au mur De l ombre chère En rubans de dentelles, Et ton dessin de muse, Petit bouquet de cœurs-fleurs Rend des couleurs de lune. Ce n est pas un matin Pour le malheur, Pourtant des ondes sèches Me disent d avoir peur. On frappe à ma chambre. Je n ouvrirai pas, Le téléphone sonne. Je ne réponds pas, J irai plutôt tout à l heure Monter la garde auprès des prunes. 2 9
Grigris Juste Deux petits carnets gris, Deux petits frôlements de nuit, Deux petites lumières qui me regardent, Deux petits grigris gris En offrande à qui sait ce que peuvent Peut-être les étoiles Avec des mots-bateaux, «Soleil bois et pluies et buis, Poisson feuille de cacatoès et de troène» Et puis clou gris qui tient ta porte. «Grigris bleu de toutes les couleurs Qui se fait violon dans ta paume Qui te protège de toutes ses pattes, De tous ses battements Comme gnafron dans ton chignon.» Oui, C est que qu ils disent mes petits grigris gris Comme des yeux de mère qui y voient même la nuit, Comme mes yeux de mère qui veillent sur sa vie. Justes 210
Je ne pleure plus, maman Je ne pleure pas maman, Je te porte en mon âme En mal que ne se ferme. Je ne pleure pas, Je ne replie pas les épaules Lorsque je vais à toi, Je ne frissonne plus de haut en bas Et mon cœur ne saigne plus à mort. Mais Quelques fois, encore, Je sens que je flotte, en aveugle Dans une nuit liquide, Un sommeil à flashes blancs, Et me vient à la bouche En même temps qu un trop plein de mystère Un étrange goût d air De sang, d amour et de lumière. Tu vois je ne pleure pas maman. 2 11
Goum Ton nom? Inconnu au bataillon! Déraciné, immolé, pétrifié sur place. Comment meurt un homme? Juste comme toi ami, Pour moi de la même mer! Pour des anges et leurs années d enfance, Pour un mot, appris, devoir ou liberté? Les deux sans aucun doute! Comment meurt un homme? Comme un héros sans tombeau ni médaille, Pour nous joindre ensemble Les vivants et les morts, Dans une même voix contre un mauvais horizon, Une croix, et là Ce poulpe rouge chaussé de bottes noires. Et qui sait ton nom? Personne puisque tu es personne! Harki? On sait un peu et quelquefois Mais toi? Mon père disait goumier, parfois, Mais je sais moi des ciels qui se souviennent 212
Et des cœurs qui n ont pas oublié Ta voix à leur côté, Je sais des arbres, fiers qui savent respirer, Protéger et bénir l obscur repos des morts, Je sais des terres, épaissies et légères Qui fabriquent en secrets les roses de Noël. Nous avons jeté loin les clefs des merci et Plus nombreuses encore toutes celles de l oubli, Aussi, merci à toi Goum, Merci et paix sur toi Aux tiens, S il en reste pour être fiers de toi Un, au moins! Je l espère avec toi. 2 13
Fleuves O beaux fleuves tranquilles Où vous en irez-vous Pour rêver et pour vous reposer Quand nos ruisseaux de larmes hypocrites Cesseront, un matin, plus vide de goutter? Vos rêves sont déjà pleins de rides, Vos rives pleines des lumières De mille villes apprivoisées! Après tous ces débordements inutiles, Après toutes ces boues indomptées, Et si ce matin-là, du cœur d une ultime colère Vous vous arrêtiez simplement de couler? 214
Porphyrine Ma chienne, Ma si jolie, Mon immortelle tendre Tu bats déjà des ailes. Devant, la montagne est abrupte, Le vent souffle vers un autre soleil. Rien ne presse, ma caresse, Tu peux encore te lever, Il y a encore un peu de chemin Dans le doux de mes mains Encore quelques matins Dans le flou de tes yeux enneigés. Bientôt, mon aimée, tu pourras t envoler, Relisse bien tes ailes, Il y des ciels clairs mais cruels, tu sais, Où l amour même ne peut entrer. 2 15
Complétude Tu me viens Enlacer Sans mais. Mêlés Sans besoin Sans déguisement. Juste toi, Juste nous Re-unir. Cœurs ouverts, Paumes offertes, Pas une sans autres. Ni l autre lui sans lune Je nous viens au port, A l ancre. Enserrés nous de nous Comme avant Emerveillants. Sangs pareils Et Dans les bras, «Nos ailes de géants» Dans le ciel incrustées, En encres remémorée 216