Basilique Saint-François de Ravenne
L'actuelle basilique Saint-François est bâtie sur les restes d'une église plus ancienne construite vers l'an 450 par Neone, évêque de Ravenne. L'église est dédiée aux apôtres Pierre et Paul. Entre le IXe et XIe siècle, l'édifice du Ve siècle est remplacé par une église plus grande flanquée d'un campanile. En 1261, la nouvelle église appelée San Pietro Maggiore, passe à l'ordre franciscain et dédiée à saint François d'assise. En 1321, les funérailles de Dante Alighieri y sont célébrées. Entre les XVIIe et XXVIIIe siècles l'église est restaurée à diverses reprises et enrichie de décorations et autels d'architecture baroque. En 1810, le couvent franciscain contigu à l'église est exproprié par les autorités napoléoniennes, obligeant les moines à partir, néanmoins l'église reste ouverte au culte sous l'autorité du clergé séculaire. Entre 1918 et 1921, pour le VIe centenaire de la mort de Dante, l'église est radicalement restaurée, éliminant tous les ajouts baroques et lui rendant un aspect plus proche de l'original. Sur la droite de la façade se trouve le campanile du ixe siècle, fortement modifié 1921. À cette occasion, les trois ordres des galeries sont réorganisés : l'ordre inférieur à deux baies séparées par une colonne de marbre, trois à deux colonnes dans l'ordre médian et quatre à trois colonnes dans l'ordre supérieur.
Le jardin attenant à gauche contient quelques vestiges romains et un tumulus ayant servi à protéger des pillages les ossements du poète pendant la Seconde Guerre mondiale ; une stèle en rappelle l'historique. Dans le coin gauche du parvis de la basilique, dans l'angle du cloître au-delà du jardin (dit «zone dantesque»), se tient, depuis 1780, le tombeau de Dante. La basilique comporte trois nefs de deux séries d'arcs à plein cintre soutenus de chaque côté par douze colonnes nues. Le pavement actuel est rehaussé de 3,5 m. Sur les deux côtés de la base du campanile qui donnent sur l'intérieur de l'église se trouvent diverses pièces archéologiques, parmi lesquels deux fragments de sarcophage ou d'un autel «à caisson» ; à côté se trouvent un fragment de la fresque d'une Crucifixion de Pietro da Rimini ainsi que ceux d'une mosaïque du VIIIe siècle provenant probablement de la basilique Sant'Agata Maggiore. Le long de la nef de droite se trouvent trois chapelles latérales : la première construite en 1525, présente une entrée de style Renaissance soutenue par deux colonnes dont les chapiteaux sont finement sculptés et elle conserve sur sa paroi de droite les restes d'une fresque du xive siècle ; la troisième chapelle, qui date de 1532, a été plusieurs fois remaniée ; elle comporte une coupole décorée à fresque par Andrea Barbiani et sur l'autel se trouve le retable de la Madonna col Bambino fra i santi Sebastiano, Rocco, Francesca e Camilla Dal Corno, œuvre de Gaspare Sacchi.
Sur le côté opposé, la chapelle San Liberio conservait le gisant du jeune condottière Guidarello Guidarelli, œuvre de Tullio Lombardo, désormais conservée à L Accademia di Belle Arti di Ravenna : «Giace la statua del defunto, chiusa nell'involucro rigido dell'armatura, le mani congiunte sulla spada, volta di tre quarti allo spettatore la testa, come tronco d'albero abbattuto.» A. Venturi, Storia dell'arte italiana «Là se trouve la statue du mort, pris dans son armure rigide, les mains jointes sur son épée, la tête tournée aux trois-quarts vers le spectateur, comme un tronc d'arbre tombé.» Au fond de la nef centrale se trouve l'abside en demi- cercle, dont le chevet est heptagonal. Elle est complètement occupée par le presbytère, dont le pavement est plus haut par rapport à celui des nefs. À son centre se trouve le maître-autel constitué par le sarcophage de Liberio III, datant du début du ve siècle, qui comporte sur ses flancs cinq figures entre arcs soutenus par des colonnes torsadées.
Au pied de l autel un escalier mène à la crypte (Xe siècle) Son entrée est constituée par une fenêtre à arc qui se trouve sous le «sarcophage de Neone». La crypte comporte trois nefs et est couverte par une voûte d'arête soutenue par quatre petites colonnes à chapiteaux géométriques. Le pavement conserve d anciennes mosaïques qui ont été restaurés en 1977 ; une inscription rappelle sa destination originale en tant que salle de sépulcre de l'évêque Neone. La crypte, qui est située en dessous du niveau de la mer, est envahie par l'eau de la nappe phréatique, lui donnant l'aspect d'un bassin ; dedans évoluent des poissons rouges.