LE BAPTÊME : APPROCHE THÉOLOGIQUE Il ne s agit pas ici de rédiger un nouveau traité théologique du baptême : il existe déjà de très nombreux ouvrages! Il s agit plutôt de présenter un certain nombre d éléments concernant la théologie du baptême et d inviter chacun à poursuivre sa recherche. Pour ce faire, nous vous proposons trois entrées possibles : Le baptême, à la lumière du Nouveau Testament. Le baptême, à la lumière du Concile Vatican II. Le baptême, à la lumière du Rituel des petits enfants. LE BAPTÊME, À LA LUMIÈRE DU NOUVEAU TESTAMENT C'est le Nouveau Testament qui nous dit le sens du baptême chrétien. Le baptême, tel qu'il se faisait à l'époque, était un rite de plongée dans l'eau, rite riche de signification. 1) Le baptême purifie les péchés Le fruit du baptême de Jean Baptiste était la rémission des péchés : «Jean le Baptiste fut dans le désert, proclamant un baptême de repentir pour la rémission des péchés» (Mc 1, 4). Le fruit du baptême chrétien est aussi le pardon des péchés : «Le Christ purifie par le bain de l eau» (Ep 5, 26), «il pardonne toutes nos fautes» (Col 2, 13). 2) Le baptême plonge dans l'esprit Saint Le baptême, cette plongée dans l'eau, plonge le baptisé dans l'esprit Saint. «Je vous baptise dans l'eau», dit Jean Baptiste, «lui vous baptisera (plongera) dans l'esprit Saint et le feu» (Mt 3, 11 ; Jn 1, 33) «Jean a baptisé dans l'eau, vous c'est dans l'esprit Saint que vous serez baptisés (plongés)» (Ac 1, 5). «Que chacun se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de ses péchés et vous recevrez alors le don du Saint Esprit» (Ac 2, 38 ; Ac 10, 44-48). Pour saint Jean, aussi, l'eau vive est le symbole de l'esprit : «À moins de naître d'eau et d'esprit, nul ne peut entrer au Royaume de Dieu» (Jn 3, 5 ; Jn 7, 37-39). 3) Le baptême plonge dans la mort du Christ Pour saint Paul, le baptême - plongée dans l'eau - plonge le baptisé dans la mort du Christ, car l'eau peut donner la mort. Par le baptême, «c'est dans sa mort que nous avons été plongés, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle» (Rm 6, 3-4). «Ensevelis avec lui lors du baptême, vous êtes aussi ressuscités avec lui» (Col 2, 11-13). «Baptisés (plongés) dans le Christ, vous avez revêtu le Christ» (Gal 3, 27). Ces différentes présentations du baptême sont complémentaires : le baptême opère à la fois le pardon des péchés, le don de l'esprit et l'union au Christ mort et ressuscité. 4) Le rite du baptême Le rite du baptême est une plongée dans l'eau : «Ils descendirent tous deux dans l'eau» et Philippe baptisa l'eunuque (Ac 8, 37). Mais le rite du baptême n'est pas seulement la plongée dans l'eau : c'est «un bain d'eau qu'une parole accompagne» (Ep 5, 26). La parole consiste à «baptiser au nom du Seigneur Jésus» (Ac 2, 38 ; 8, 16 ; 10, 48 ; 19, 5) ou, selon un texte plus tardif, à «baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit» (Mt 28, 19). 22
LE BAPTÊME, À LA LUMIÈRE DU CONCILE VATICAN II La présentation ci-dessous est une synthèse des notes prises lors de l exposé de soeur Odette SARDA (CNPL), à l occasion de la session sur le baptême organisée à Dax, le 7 février 2004, par le SDPLS. 1. Le baptême : don de Dieu a) le baptême est une nouvelle naissance Nous entrons dans l Église par une naissance. Celui qui est baptisé reçoit une vie nouvelle, jaillie de l eau et de l Esprit Saint. C est le Saint Esprit qui nous fait renaître (le baptême n est pas une inscription à un club). L eau reçue parle de naissance, la parole dit de quelle naissance il s agit. Dans la communauté Église, on ne naît pas seul : il faut la médiation de l Église ; l Esprit nous fait entrer dans la famille de Dieu. Par la grâce du baptême, nous naissons sans cesse à Dieu, c est une grâce sans cesse à l œuvre : je suis baptisé et cet état m oblige à accueillir sans cesse cette vie de Dieu. b) Le baptême nous fait enfant de Dieu C est dans la foi constante de l Église que le Seigneur réalise ce qu il nous a promis : nous faire renaître. Être baptisé c est faire un acte de foi, c est accueillir le don de Dieu, l amour de Dieu, la vie de Dieu, c est naître à la vie d enfant de Dieu. Mais, l enfant avant son baptême n est-il pas aimé de Dieu? Dieu aime tous les hommes : baptisés, non baptisés, croyants, non croyants. Le baptême ne change donc rien! Pourtant, Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. Or, l homme, livré à ses seules forces, n est plus que l ombre de la créature que Dieu a voulu et il ne peut être fils comme le Fils. Par le Christ, Dieu vient restaurer sa créature ; par le baptême Dieu vient donner à l homme l occasion de le rejoindre dans sa vie sur la terre, la possibilité de participer dès cette vie à l amour qui unit le Père et le Fils dans l Esprit. C est pour cela que le Verbe s est fait chair. Par le baptême, nous sommes unis au Christ par la mort et la résurrection qui fait jaillir en nous la vie du Christ. Le baptême nous rend donc capables d aimer comme Dieu. C est un acte fort, ce n est pas un acte magique. Il est donné dans la foi ; il est appelé à être vécu dans la foi pour atteindre sa pleine vérité (Ga 3, 26). Baptême et foi vont ensemble. Et tous ceux qui ne sont pas «illuminés» par le baptême? Le chemin reste ouvert vers ce Père qui ne cesse de les aimer. Ce chemin c est le Christ. C est à tous les baptisés de révéler cet amour du Père dans leurs actes. L amour de Dieu est donné à tous, mais pour pouvoir répondre à l amour de Dieu il faut être baptisé. Les chrétiens ont comme mission de manifester dans le monde l amour de Jésus. Pour résumer : dans l ordre de la création, tout le monde est enfant de Dieu, tout le monde est aimé de Dieu. Mais, pour répondre consciemment à cet amour de Dieu, il faut être baptisé. Par le baptême, Jésus nous introduit dans la vie divine. 2) Le baptême fait de nous un être nouveau a) Le baptême : sacrement de foi C est le premier sacrement de la Loi nouvelle. Il nous ouvre les portes de la vie, nous fait entrer dans le Royaume de Dieu, il nous confie à toute l Église (Mt 28, 18-19 ; Jn 3, 5). Saint Jean Chrysostome : «Vous allez être élevés non à une charge ordinaire, mais à la dignité de roi ; non à un royaume ordinaire, mais au Royaume des cieux». Les hommes répondent à l évangile du Christ en demandant le baptême. Le baptême est la réponse à un don quand on croit au Christ. Le sacrement de la foi c est la foi. La foi est donnée (en germe) dans l acte du sacrement : il restera à vivre de cette foi, à l entretenir. 23
En ce qui concerne le baptême des petits enfants, l enfant est baptisé dans la foi de l Église et non dans celle de ses parents. Leurs motifs peuvent être ambiguës. La foi des parents n est pas décisive, pas plus que la vie "problématique" du ministre qui baptise. Saint Augustin à Boniface : «Ne t émeus pas (quand les parents n ont pas trop la foi) L Esprit Saint accomplit son œuvre quels que soient les parents et le ministre (car) l enfant est présenté par l Église». Qu est-ce que la foi de l Église? C est la foi des personnes qui font corps avec le Christ. C est la rencontre de la foi des croyants avec le message venu de Dieu. L Église est un lieu où l on croit avec d autres (pastorale de la communauté de foi). b) Le baptême plonge le chrétien dans la Pâque du Christ Saint Paul Romains (6, 3-11) : en Jésus Christ la mort devient lieu de vie. Le baptême marque l être humain d une espérance indestructible ; le baptême : c est aussi s engager à en vivre. Par le baptême c est le mystère pascal qui s accomplit, d où le fait que l on baptise la nuit de Pâques et les dimanches de Pâques. Dans le baptême je me donne avec mon péché : en opposition à la phase de lutte contre le péché que nous menons pour suivre le Christ ressuscité, il y a la phase de joie dans la résurrection de Pâques (Carême-Pâques). Le baptême c est le mystère des noces du Christ avec l homme (Ep 5, 25ss), le mystère de communion du Fils de Dieu avec l humanité c) Un seul baptême pour le pardon des péchés ou la conversion pour la liberté qui sauve Dans le rite : prière d exorcisme et imposition des mains sont des rites de purification (cf. la note sur la prière d exorcisme). Chez celui qu on incorpore au Christ, il n y a plus de place pour le péché. "Notre Père, délivre-nous du mal" : tout au long de notre vie nous avons à lutter contre le mal. Que cet enfant resplendisse de ta présence : comment comprendre cela pour un petit bébé? Au moment où on incorpore un être au Christ, il n y a plus de place pour le péché L eau lave du péché : par le baptême nous sommes purifiés Le péché originel est un fait, il n est ni une tare, ni une injustice : le monde est marqué par le mal ; l être humain est fragile. Le bébé arrive dans un monde blessé qu il n a pas choisi. Notre liberté est aliénée par nos faiblesses, nos péchés. Pour nous arracher à cette condition de faiblesse et retrouver la ressemblance avec Dieu, il faut tout l amour du Fils de Dieu fait homme qui nous communique sa grâce, et il faut toute la communion de l homme avec cet amour. La Genèse a une façon mythique de dire "mort", "limite", "souffrance" Mal, malédiction, souffrance ont un rapport avec la mort. Nous portons les conséquences de choses dont nous ne sommes pas directement responsables. Mais nous participons à ce mal par nos péchés, nous sommes solidaires du mal existant. Par le baptême, Dieu nous donne, de devenir des hommes libres par son Fils et l Esprit. Nous acquérons notre vraie stature, notre pleine liberté (Mt 17, 26). Pourquoi la doctrine du péché originel? Elle permet d innocenter Dieu du mal qui est dans le monde, d éviter le manichéisme en signifiant que le bien a existé avant le mal. Dieu est pour la vie et il n y a que ce Dieu. L homme a été fait pour l éternité et il est mortel. Or le Christ nous a donné la promesse que la racine du péché est vaincue, le pardon reçu dans le baptême est toujours à l œuvre en nous et il s appuie sur la grâce du baptême. Le baptême va libérer du péché, mais il reste notre tendance à faire le mal. C est le Christ qui éclaire le mystère de l homme (Rm 5) et non le péché originel. Dieu me fait avancer et me guérit chaque jour. d) Le baptême comme illumination Dans l Église orientale, sont utilisés deux mots à propos du baptême : - baptisé qui signifie plongé dans l eau ; - illumination qui signifie éclat. Grégoire de Nazianze : «le jour de la fête des lumières (Épiphanie), cette illumination est éclat fulgurant des âmes transformation de la vie Elle fait entrer en communion avec le Verbe fait monter vers Dieu (donne) la perfection de l intelligence supprime la servitude ; de tous les dons de Dieu, c est le plus beau, c est l illumination par excellence». «La grâce du baptême n ajoute pas quelque chose à l homme mais illumine tout» (Jean Haran, prêtre de Paris au XX s). 24
3) Le baptême ouvre à la vie en Église C est le Christ qui baptise. C est dans l Église que se célèbrent les baptêmes. Par le baptême, j entre dans l Église, et je reçois l Église. L état de baptisé est acquis une fois pour toutes. a) le baptême signe de l Église Le baptême dit ce qu est l Église dans son identité propre : Il désigne la source de l Église : le Christ. Nous sommes baptisés dans le Christ au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. L Église n est pas un club où l on se choisirait! Le baptême, comme l Église, vient d une initiative de Dieu. Ma foi ne fait pas le baptême, elle le reçoit. Le baptême exprime le mystère de l Église. - le baptême naît du Christ sur la croix : la lance dans le côté du Christ fait jaillir du sang et de l eau, l eau du baptême et le sang de l Eucharistie (Mc 10, 38s). - Le baptême fait de nous un seul corps : l Église. Le baptême crée un peuple réconcilié dont les membres sont en paix avec Dieu, parce qu ils ont reçu le signe efficace d un amour gratuit, et, par là, ils sont en paix avec eux-mêmes et avec leurs frères. Le baptême manifeste la différence ecclésiale. - Le baptême nous fait entrer dans le Royaume de Dieu (Jean 3, 5), il rend l Église signe du Royaume. - Quand saint Paul parle de la morale chrétienne c est toujours à partir du baptême. - Le baptême crée un peuple de l espérance, un peuple conscient de sa pauvreté mais confiant, dynamique, à cause du Christ qui construit le royaume malgré tous les aléas. Le baptême est signe de salut. b) Le baptême, sacrement confié à l Église Le baptême est un acte du Christ, aujourd hui, par l intermédiaire de l Église. Quel que soit le ministre, c est toujours le Christ qui baptise. Le Christ est à l œuvre dans tous les sacrements. Le Christ s associe toujours à son épouse bien-aimée, l Église. L Église n est pas propriétaire du baptême, mais elle le reçoit du Christ. Elle est engagée tout entière dans le baptême. L Église est engagée dans chaque célébration concrète de baptême, c est pourquoi il est important de baptiser pendant l eucharistie dominicale (au moins de temps en temps). On est baptisé dans la foi de l Église. C est donc à l Église d aider les parents pour que leur enfant devienne chrétien. Parrains et marraines sont les témoins privilégiés de l Église au nom de la communauté. c) Le baptême construit l Église Le baptême communique l Esprit Saint, qui fait que l Église est une. Le baptême situe chacun au sein de l Église avec son don propre dans la construction. Chaque pierre est nécessaire même si toutes sont différentes (ou parce qu elles sont différentes, précisément) L Église n est pas le but de l évangélisation : ensemble allons vers le Christ! L Église donne une figure visible au peuple de Dieu. C est pourquoi il ne faut pas additionner plusieurs baptêmes les uns après les autres le même jour mais les faire ensemble. 25
LE BAPTÊME, À LA LUMIÈRE DU RITUEL DES PETITS ENFANTS La présentation ci-dessous est une synthèse des notes prises lors de l exposé de soeur Odette SARDA (CNPL), à l occasion de la session sur le baptême organisée à Dax, le 7 février 2004, par le SDPLS. Une liturgie en quatre temps! Le baptême des petits enfants est une théologie en actes. Nous sommes invités à un itinéraire qui structure le chrétien (baptême, eucharistie, confirmation). Il y a quatre moments dans la célébration et quatre lieux différents 1) Le temps de l accueil L accueil doit avoir lieu hors de l église, dans une salle paroissiale s il pleut. L accueil c est déjà une réalité de l évangile : Jésus accueille toute personne! Nous sommes assemblés en Église Il y a le prêtre, la famille d autres chrétiens : tout sacrement se célèbre en Église. C est l Église qui baptise. Le nom Chacun de nous est appelé, connu, aimé de Dieu. Nous sommes uniques ; d où l importance de proclamer ce nom. Il faut que l Église entende ce prénom, On est au cœur de la vie chrétienne. Le baptême est célébré le dimanche Nous faisons mémoire de la résurrection, c est Pâques tous les dimanches, c est jour de fête (rituel n 44). La signation C est le sommet de l accueil : le petit d homme commence à être configuré au Christ et à la Trinité, marqué par la croix du Christ. Le baptême est l'entrée dans la communauté chrétienne. L entrée dans l église : la porte de l église est un lieu très important qu on évite d "agrémenter" d affiches! C est le lieu du passage (psaume 99 : Allez vers le Seigneur ). Elle évoque Jésus, la porte par laquelle on doit passer pour aller au Père (Jn 10, 7 ; 14, 6). 2) Le temps de la Parole Liturgie de la Parole Comme dans tous les sacrements, Dieu nous parle aujourd hui. Nous avons à accueillir cette Parole. Nous avons reçu une religion révélée. Dieu nous a parlé. Sa Parole vivante est une Parole d amour pour son peuple et elle nous éveille à la foi. «Ouvre l Écriture, quelle que soit la page, tu entends l Amour de Dieu pour toi» (saint Augustin). La liturgie de la Parole nous introduit au mystère de la foi. L homélie va faire le lien entre la Parole et le sacrement de baptême. La prière commune : la Parole nous invite à la prière. La Prière Universelle ou prière commune rend présente la Parole de Dieu. Nous prions Dieu d agir aujourd hui pour l Église et pour le monde. La prière d exorcisme et de délivrance : elle permet de faire sortir, d extraire le mal. Nous avons confiance dans le Christ, il est vainqueur du mal pour que nous soyons plus libres. L imposition des mains : nous disons par des gestes ce que les mots sont impuissants à dire. Les gestes nous disent que ce qui va se célébrer est plus grand que ce qui peut s en dire. Nous sommes soumis au péché tant que nous n appartenons pas au Christ. L exorcisme parle de notre condition humaine. Au jour de leur baptême, les enfants passent dans le royaume du Christ (cf. Dt 1, 29-30). 26
3) Vers le baptistère Les "fonts baptismaux" : le mot vient de fontaine, c'est-à-dire à la source de la vie (le psaume 22 est le psaume de l initiation chrétienne). On chante la litanie des saints : démarche symbolique extraordinaire. On va donner aux parents de vivre la communion de l Église avec les trépassés, de s ouvrir à l universel, à la communion des saints, à l Église. Au baptistère La bénédiction de l eau La plus belle bénédiction de l eau, c est celle de la veillée pascale : on fait mémoire des actions de Dieu, on rappelle la vie du peuple de Dieu La renonciation au mal et profession de foi Il y a passage : on renonce au mal pour se tourner vers Dieu. La contrepartie est évidente : on ne peut servir deux maîtres à la fois. C est vrai qu on va pécher et qu il faudra passer sa vie en combat spirituel. Le jour du sacrement on s engage, ensuite on met en œuvre le sacrement ; il en est de même pour le mariage. La profession de foi se fait en exprimant la foi de l Église, en faisant confiance à l Église. Le geste baptismal Depuis l origine du monde, l eau est la source de la vie et de la fécondité. L Église a vu dans l Arche de Noé une préfiguration du salut par le Baptême. Mais c est surtout la traversée de la Mer Rouge, véritable libération d Israël de l esclavage d Égypte, qui annonce la libération opérée par le baptême. Le baptême par immersion est extraordinaire : c est le passage de la mort à la vie ; il n y a pas besoin de grands discours, on fait ce que l on dit. On déshabille l enfant, il est confié au prêtre, qui le plonge, tout entier, dans l eau, le redonne ensuite à ses parents. Ils le reçoivent de l Église, baptisé. On ressent le changement entre l avant et l après (Jn 3, 5 ; Col 2, 12 ; Rm 6). Vivre son baptême c est respecter la vie, faire une croix sur tout ce qui est contre la vie, se révolter contre tout ce qui abîme la vie ; c est apprendre à se dessaisir de sa propre vie, ne pas mettre sa foi en soi-même mais dans un autre ; c est apprendre à vivre sa propre mort (Rm 6.13) tout en restant vivant. La mort est derrière nous. C est ne plus avoir foi en soi mais en un autre qui rend libre. On s enrichit de ce qu on donne. Plusieurs gestes sont nécessaires pour l exprimer. Ce qui se vit dans le baptême est tellement riche qu un seul geste ne pourrait y suffire L onction avec le Saint-Chrême (baptême, confirmation, ordination) Somptueuse dignité des enfants de Dieu. C est l huile parfumée du peuple de Dieu, l huile d allégresse avec laquelle les prophètes, les prêtres et les rois étaient oints. Nous sommes enracinés dans le peuple juif. L onction élève chacun à cette dignité. Symboliquement, l huile se diffuse, pénètre, donne de la force. Parfumée : elle symbolise la bonne odeur du Christ. Elle rappelle la somptueuse dignité des enfants de Dieu : - Peuple de prêtres : Nous avons la mission sacerdotale de porter le monde devant Dieu (prière des fidèles = des baptisés, dite universelle), d où le renvoi des catéchumènes avant le Credo et la prière des fidèles. - Peuple de prophètes : nous essayons de témoigner de l amour de Dieu pour le monde dans nos vies et autour de nous. - Peuple de rois : fils et filles de rois, nous participons à la construction du Royaume de Dieu, fils de Dieu, qui que nous soyons. La remise du vêtement blanc Signe de vie nouvelle, signe de résurrection : c est l éclat du Seigneur à la transfiguration qui annonce sa gloire à venir. Le changement de vêtement symbolise pour l'adulte le changement de vie. La robe blanche ou le vêtement blanc du bébé est le signe de la grâce du Christ ressuscité qui resplendit. La remise du cierge allumé Illumination, nous sommes illuminés par la foi qui nous est donnée en germe ; nous sommes promis à la vie éternelle (tout reste à construire). 27
4) À l autel Rassemblés autour de l autel, le prêtre annonce la suite de l initiation chrétienne : On va prier le Notre Père : nous sommes enfants de Dieu. La bénédiction des parents : le regard de Dieu est humain, il nous aime tous et nous bénit. (attention aux formules employées selon que les parents sont mariés ou non.) L envoi : c est le sens missionnaire du baptême : nous sommes envoyés pour porter la foi, la Parole. La prière à Marie. La signature des registres : le baptême est un acte officiel de l Église. Dieu s est engagé pour toujours : rien ne peut défaire un baptême. Conclusion Incorporé au Christ par le baptême, le chrétien scelle d une marque indélébile son appartenance au Christ. Cette marque n est effacée par aucun péché, même si le péché empêche le baptême de porter des fruits de salut. 28