DYNAMIQUE DES PAYSAGES

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L E BILAN DES ACTIVITÉS

Transcription:

DYNAMIQUE DES PAYSAGES Partie: cadre général Albert Galy, Jérôme Gaillardet & Eric Lajeunesse Institut de Physique du Globe de Paris Etude des paysages Etude des mécanismes externes d évolution du relief Etude des processus d érosion/transport/dépôt de leur dynamique et des facteurs Qui les contrôlent

Paysages différents = Processus différents? Paysages différents Element commun: grains et du fluide Processus géologiques différents types de paysages différents - paysages de type fluviatile: rivière + pentes - paysage glaciaire - paysage Eolien 2

Même processus = Mêmes paysages? Vallée de Vieux-Habitants (Guadeloupe) 3

Kui-Tun Re (Tian-Shan, Chine) Vallée du Lot (France) 4

Gorges du Tarn (France) Même processus paysages différents. Différences de contexte (forçage): - climat et végétation - contexte tectonique - lithologie - anthropisation - durée 5

SEDIMENTS ET CYCLE EROSIF production de sédiment par l altération (climat + végétation) tectonique transport LE CYCLE DE DAVIS (850-934) Paysage immature Paysage mature Paysage evolué (péneplaine) 6

SEDIMENTS PHYSIQUES Grains (qui recouvrent 80% de la surface terrestre) Type D (mm) ψ φ Notes Argile < 0.002 < -9 > 9 cohésif Silt 0.002 ~ 0.0625-9 ~ -4 4 ~ 9 cohésif ~ non-cohésif Sable 0.0625 ~ 2-4 ~ - ~ 4 Non-cohésif Gravier 2 ~ 64 ~ 6-6 ~ - Galet 64 ~ 256 6 ~ 8-8 ~ -6 Bloc > 256 > 8 < -8 SEDIMENTS PHYSIQUES 7

SEDIMENTS PHYSIQUES SEDIMENTS PHYSIQUES 8

SEDIMENTS CHIMIQUES Echelles de temps et d espace de l érosion Surface Temps d évolution 9

Temps de résidence des sédiments en milieu continental 0

La perception que l on a des phénomènes dépend de l échelle d observation A chaque échelle d espace, son processus et son temps caractéristique La vitesse d évolution de la morphologie dépend de la taille de celle-ci Comment passer de l échelle du processus élémentaire à l échelle géologique?

DYNAMIQUE DES PAYSAGES Partie 2: Les outils d analyse de la morphologie Le bassin versant pluie ruisellement formation de drains Les drains forment un réseau hydrographique qui converge jusque vers un point bas de la topographie. 2

Le bassin versant Chaque réseau est séparé de ses voisins par une ligne de partage des eaux. Elle délimite une aire géographique que l on appelle bassin versant. Le point bas vers lequel converge l eau est appelé l exutoire du bassin versant. Définition Indépendante d une échelle de longueur Emboitement des bv Le bassin versant = unité morphologique de base pour: Etablir des bilans de masse (Convergence des flux vers l exutoire): d eau de matière (sédiments) Possibilité de définir des grandeur macroscopiques moyennes (Hauteur, Surface, Débits, Précipitations, ) 3

BV Topographique / Hydrographique BV Exoreïque / Endoreïque Lac Tchad 4

La courbe hypsométrique Quelle est la proportion en surface occupée par les points d altitude z < 500m? Quelle est la répartition des masses dans un BV? La courbe hypsométrique.0 (H-H min ) /(H max -H min ) Normalized Elevation 0.8 0.6 0.4 0.2 Intégrale Hypsométrique 0.0 0.0 0.2 0.4 0.6 Normalized Area A Z<H / A tot 0.8.0 5

BV non erodé BV peu erodé BV très erodé Pas de réseau de drainage Faible densité de drainage Forte densité de drainage 0 0 Intégrale Hyspo = Versant peu évolué ou immature 6

Versant à maturité Versant évolué ruiniforme ou «monadnock» 7

Hypsométrie et tectonique Siwaliks (Inde) Série de BV de mêmes lithologie et climat mais de vitesses de soulevement différentes 8

Hypsométrie et lithologie Sables Calcaire Marnes-argileuses Région de Soisson. La courbe hypso est controlée par la barre de Calcaire. Une meme courbe hypso peut etre controlée par tectonique, par la lithologie ou par le climat, -> ambiguité d interprétation de la courbe hypso qui traduit l ambiguité du signal topo. 9

Le réseau fluvial Beaver Creek (USA) Beaver Creek (USA) 20

Les Lois de Horton 2 2 2 2 3 Définition hiérarchique d un réseau hydrographique Beaver Creek (USA) Ordre Nbre de tributaires L (km) A (km 2 ) 474 0.7 0.059 2 024 0.95 0.33 3 220 4.56.62 4 46 2.08 7.35 5 7 67.90 59.57 6 2 84.87 295.32 7 2

Procédure:. Comptage systématique des chenaux N pour chaque ordre i 2. Calcul de l ordre maximum i max (=7) 3. Graphe semi-logarithmique N(i) en fonction de i 000 N(i) 00 0 2 3 4 Ordre(i) 5 6 7 22

00 L(km) 0 2 3 4 Ordre(i) 5 6 7 00 A(km2) 0 0. 2 3 4 Ordre(i) 5 6 7 23

En moyenne le taux de bifurcation Rb est remarquablement constant, sa valeur oscille entre 3 et 5. 24