COOPÉRATION TECHNIQUE BELGE RAPPORT ANNUEL 2007
Colophon Éditeur responsable : Coordination : Photos : Interviews : Traductions : Graphisme : REG.NO.BE-BXL- 000008
Répartition géographique des activités Asie 8,0% Belgique 2,5% Amérique latine 9,5% Afrique centrale, orientale et australe 51,0% Afrique du Nord et de l Ouest + Palestine 29,0% Répartition sectorielle des activités Multisectoriel 6% Agriculture & sécurité alimentaire 14% Santé 28% Infrastructure de base 17% Éducation 18% Gouvernance 17%
Coopération Technique Belge Chiffres-clés 2007 250 Évolution du chiffre d affaires 200 x 1.000.000 150 100 50 0 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 Personnel (janvier 2008) Collaborateurs à Bruxelles 166 Experts internationaux 178 Chiffre d affaires selon les activités (Millions ) Total 213 Volontaires à la coopération au développement 75 10 Déboursements 2007 par pays (Millions ) Viêt Nam Burundi Bolivie Bénin Pays partenaires de la coopération belge au développement Afrique: Territoires palestiniens Asie : Viêt-nam Amérique latine :
Contenu Chiffres-clés rabat Préface 2 Survol de l année 2007 4 Partie 1 Développement des capacités 7 Développement des capacités 9 Bourses d études et de stages 13 Services Internationaux 17 Partie 2 Activités par pays 19 En Belgique Fair Trade Centre 20 Cycle d information générale 20 Service volontaire à la coopération au développement 21 Annoncer la Couleur 22 Kleur Bekennen 23 A l étranger Afrique centrale, orientale et australe République Démocratique du Congo 24 Rwanda 26 Burundi 28 Mozambique 29 Tanzanie 30 Ouganda 31 Afrique du sud 32 Éthiopie 33 Afrique du Nord, de l Ouest et Territoires Palestiniens Mali 34 Cameroun 35 Sénégal 36 Bénin 37 Niger 38 Côte d Ivoire 39 Maroc 40 Tunisie 41 Burkina Faso 42 Algérie 43 Territoires Palestiniens 44 Asie Viêt Nam 45 Cambodge 46 Laos 47 Philippines 47 Amérique latine Pérou 48 Bolivie 49 Équateur 50 Microprojets 51 Partie 3 Finances 53 Rapport du Collège des commissaires 54 Comptes annuels 55 Organigramme 62 Publications 64 Carnet d adresses 65 CTB-1
Préface Deux importantes réunions internationales sont prévues pour 2008 : la première à Accra, où il sera procédé à une évaluation conjointe des avancées sur le plan de la Déclaration de Paris et la seconde à Doha, où sera dressé un bilan intermédiaire des accords pris il y a cinq ans à Monterrey en matière de financement du développement (financing for development). Les réalisations belges en la matière y feront également l objet d une analyse approfondie. Je me réjouis que le présent rapport annuel de la CTB se penche sur les réalisations belges concernant la Déclaration de Paris et je forme le vœu que cette analyse soit à l origine d efforts supplémentaires en vue d une amélioration de l harmonisation et de l alignement dans les années à venir. La mise en oeuvre de la Déclaration de Paris constitue en effet une priorité de la note d orientation politique et plusieurs mesures ont d ailleurs déjà été prises à cet égard : primo, au cours des huit Commissions mixtes qui seront organisées cette année, la coopération bilatérale directe belge se limitera strictement à deux secteurs. Une meilleure répartition des tâches entre les différents donateurs dans les pays fortement tributaires de l aide internationale devrait donc permettre de réduire les frais de transaction y afférents ; secundo, le budget 2008 libérera des moyens supplémentaires considérables affectés aux nouvelles formes d aide, en l occurrence, l aide budgétaire sectorielle et la coopération déléguée ; tertio, il faudra s atteler à renforcer la cohérence entre les programmes gouvernementaux de la Coopération belge et ceux des acteurs indirects. Dans le futur, je souhaite aussi inviter les acteurs indirects à s inscrire davantage dans nos Programmes indicatifs de Coopération. Par ailleurs, il nous faut éviter de tomber dans le piège consistant à faire des indicateurs de Paris un objectif en soi. L efficacité et les résultats de nos efforts d aide ne pourront jamais être mesurés uniquement à l aune de ce sous-ensemble d indicateurs. En effet, ce sont les résultats en matière de lutte contre la pauvreté, de renforcement des capacités et de croissance durable qui déterminent in fine l efficacité desdits efforts. Et ces résultats ne dépendent pas seulement de ce que font les donateurs, mais aussi de la qualité de la politique menée dans les pays partenaires. Force est de constater que les meilleurs résultats sont essentiellement engrangés dans les pays enregistrant des progrès en matière de bonne gouvernance et de démocratie. Un alignement sur les procédures nationales est d ailleurs plus facile dans les pays qui ont amélioré la gestion de leurs finances publiques. En comparaison avec certains pays voisins tels que l Allemagne, la France et le Royaume-Uni, la Coopération belge affecte relativement peu de moyens à la coopération bilatérale directe. C est pourquoi, dans le budget 2008, un premier mouvement de rattrapage a été amorcé en augmentant de 36,9% (par rapport aux réalisations de 2007) les montants alloués à la coopération bilatérale avec nos 18 pays partenaires. J ai par ailleurs l intention de poursuivre cette augmentation en faveur de la coopération bilatérale directe en 2009 et en 2010. Il va de soi que la CTB constitue à cet égard le partenaire privilégié, avec lequel il sera possible d honorer l engagement pris en faveur d un accroissement de l importance et l efficacité de l aide. Charles Michel Ministre de la Coopération au Développement CTB-2
Préface Le troisième contrat de gestion conclu entre l État belge et la CTB, qui a été signé en août 2006, entre en vigueur en 2007. Ledit contrat de gestion définit la répartition des tâches entre la CTB et l administration fédérale, tout en déterminant la manière dont notre agence doit justifier la gestion des deniers publics. La CTB jouit d une autonomie et d une responsabilité accrues sur le plan de l exécution des projets et programmes. Le 3e contrat de gestion inclut par ailleurs plusieurs nouveautés qui réduisent la durée du cycle de projet et, partant, accroissent l efficience de l aide belge. Afin de pouvoir assumer au mieux cette autonomie et cette responsabilité accrues, la CTB consolide en 2007 ses organes de contrôle interne et externe. Le 3e contrat de gestion exige aussi de la CTB qu elle fasse montre d une nouvelle expertise, notamment sur le plan de l évaluation des capacités et des nouvelles formes d aide (aide budgétaire, coopération déléguée ). Outre la CTB, les partenaires présents dans les pays bénéficiaires se voient eux aussi confier une plus grande responsabilité vis-à-vis des projets et programmes. Le renforcement des capacités est dès lors un maillon essentiel de notre mission en vue de garantir l impact durable des efforts que nous consentons. Le présent rapport annuel vous en apprendra davantage sur les différents volets liés au renforcement des capacités, parmi lesquels celui de la formation. Chaque année, la CTB encadre des milliers d étudiants en Belgique et à l étranger, certains d entre eux ayant d ailleurs pu s exprimer dans la présente publication. D année en année, le portefeuille de la CTB ne cesse de grandir; ainsi, en 2007, le volume d activités de la CTB progresse de plus de 28% par rapport à l année précédente. La CTB est particulièrement fière de la confiance dont elle jouit auprès de plusieurs donneurs d ordre ; par conséquent, elle entend mettre tout en oeuvre pour continuer à mériter cette confiance à l avenir. Depuis avril 2008, la CTB est autorisée à exécuter des tâches qui lui sont déléguées par la Commission européenne. Cette reconnaissance est la résultante d un audit externe (en 2007) ayant évalué la gestion financière, le respect du principe de non-discrimination et la réputation internationale de la CTB. Nous avons appris que nous pouvions faire de la coopération au développement dans le Nord aussi. Ce témoignage livré par l un des participants aux Cycles d Information générale prouve que les activités réalisées par la CTB en Belgique revêtent elles aussi une importance vitale. En 2007, quelque 1.000 personnes prennent part aux Cycles d Information ; quant aux activités de sensibilisation d Annoncer la Couleur et de Kleur Bekennen, elles contribuent au sentiment de citoyenneté mondiale chez plusieurs centaines de jeunes. Ce faisant, la CTB apporte sa contribution à la diffusion des connaissances relatives à la problématique du développement, tout en augmentant l appui à la coopération au développement. La CTB est devenue une valeur sûre dans le paysage belge de la coopération au développement ; en tant qu agence moderne de coopération, elle jouit par ailleurs d une reconnaissance à l échelon international. Et la CTB a bien entendu l ambition de poursuivre sur sa lancée. Carl Michiels Président du Comité de direction CTB-3
Février : &CO, nouveau magazine de la CTB Ce mois correspond au lancement de &CO, le magazine de la Coopération belge en RD du Congo. Ce magazine s adresse aux forces vives de la société congolaise ; les acteurs étatiques et la société civile, les journalistes, les associations, les ONG, les étudiants ou les citoyens désireux de s investir dans la reconstruction du pays. Le numéro 2 (Les forêts en RDC) paraît en juin 2007 et le numéro 3 (Numéro spécial sur la mobilité) en novembre 2007. Février : Conférence internationale sur la gestion durable des forêts en République démocratique du Congo Sur l initiative du Ministre de la Coopération au Développement et de S.A.R. le Prince Philippe, la CTB organise, les 26 et 27 février 2007, une conférence internationale sur la gestion durable des forêts en République démocratique du Congo. Plus de 200 personnes tant belges qu étrangères y prennent part, notamment des hommes politiques, des scientifiques, des représentants du secteur privé et des organisations non gouvernementales. Dans le prolongement de cette conférence, la CTB publie son troisième Discussion Paper intitulé: What does the future hold for the forests in the Democratic Republic of Congo? Innovative tools and mechanisms for sustainable forest management. Mars : Commission mixte Belgique Viêt Nam La Commission mixte Belgique - Viêt Nam se tient le vendredi 9 mars 2007. À cette occasion, le nouveau Programme indicatif de Coopération est signé pour la période 2007-2010. Ledit programme alloue au Viêt Nam un budget de 32 millions d euros, soit le montant le plus élevé jamais octroyé à ce pays d Asie. Les principaux secteurs visés dans ce programme sont, d une part, l eau et l environnement, et, d autre part, la bonne gouvernance. Avec un vivier de 83 millions de Vietnamiens et une croissance économique annuelle de 8% en moyenne, le Viêt Nam accédera bientôt au statut de pays à revenu moyen (MIC - Middle Income Country). C est pourquoi la signature de ce nouvel accord de coopération peut également être considérée comme une stratégie de sortie pour le pays. Mars : Délégation nigérienne en voyage d étude en Belgique Dans le cadre du projet Augmentation des revenus monétaires des femmes dans la région de Dosso, une délégation nigérienne effectue un voyage d étude de 18 jours en Belgique (du 5 au 23 mars). Ladite délégation se compose de 15 femmes, d élus, de représentants de la société civile et des autorités, tous partenaires du projet. L objectif du projet est de renforcer leurs capacités grâce aux échanges d expériences et à des formations, mais aussi de sensibiliser les institutions et le public belge aux projets de développement au Niger. Mars : Commission mixte Belgique RD du Congo La Commission mixte entre la Belgique et le Congo se tient à Kinshasa. À cette occasion, les deux pays ont signé un Programme indicatif de Coopération pour la période 2008-2010, pour un montant de l ordre de 195 millions d euros (soit 65 millions par an). La dernière Commission mixte en date remontait quant à elle à 1990. Les secteurs prioritaires sont: les soins de santé et l enseignement, l infrastructure de base (eau et assainissement, énergie, routes), l agriculture et la bonne gouvernance. Au moyen du Programme indicatif de Coopération, la Belgique ambitionne, en premier ressort, de contribuer à améliorer de manière durable les conditions de vie de la population congolaise. L atteinte de cet objectif passe plus spécifiquement par une reconstruction et une consolidation institutionnelle de l État, et ce, tant au niveau central, provincial que local. Un deuxième volet significatif consiste à veiller à ce que la population ait accès à une bonne prestation de services de base (enseignement, soins de santé, eau, etc.). Avril : Accord de coopération entre la CTB, le ministère de la Justice algérien et le Service public fédéral Justice Cet accord concerne l organisation de formations pour des magistrats algériens et la participation d experts belges à des séminaires en Algérie dans le cadre du projet «Renforcement de la formation et des connaissances des cadres de la justice algérienne». CTB-4
survol de l année 2007 Depuis le lancement du projet en septembre 2004, une trentaine de magistrats, de greffiers et de cadres ont déjà pu bénéficier d une formation organisée par le SPF Justice. En 2007 et en 2008, une quarantaine de cadres supplémentaires du ministère de la Justice algérien prendront part à diverses formations autour de thèmes spécifiques. Juillet : La CTB prend la Présidence d Eunida EUNIDA (European Network of Implementing Development Agencies) est un réseau regroupant diverses agences nationales de coopération au développement au sein des États membres européens. Ce réseau, dont la CTB est un membre fondateur, existe déjà depuis l an 2000, mais ce n est que depuis juin 2006 qu il a pris officiellement la forme d un Groupement européen d intérêt économique (GEIE), qui lui permet désormais d exécuter aussi des missions spécifiques pour le compte de la Commission européenne. En juillet 2007, la CTB prend la Présidence du réseau pour un an. > www.eunida.eu Août : Fin de la coopération bilatérale avec les Philippines Le 16 août 2007, le Programme BIARSP ( Belgian Integrated Agrarian Reform Support Programme ) organise un grand événement de deux jours qui se tient sur l île de Panglao dans la province de Bohol (Philippines). Celui-ci clôture non seulement la 3e et dernière phase du Programme BIARSP, mais met aussi un terme à des années de coopération bilatérale entre la Belgique et les Philippines. Novembre : Journées européennes du Développement 2007 La deuxième édition des Journées européennes du Développement se tient du 7 au 9 novembre 2007 à Lisbonne. Cette initiative de la Commission européenne s adresse à toute personne impliquée professionnellement dans la coopération au développement. En 2007, ces Journées ont pour thème central Le changement climatique et la coopération au développement. > www.eudevdays.eu Novembre : Jour du Roi Ce 15 novembre, le Jour du Roi est placé sous le signe de la Belgique et de la coopération internationale. Au cours de la séance académique qui se tient au Palais de la Nation, deux jeunes de la CTB, ayant participé au Service volontaire à la coopération au développement, prennent la parole. À l invitation des présidents de la Chambre et du Sénat, Alexia Sabbe et François Defourny partagent leur expérience avec les invités, après cette première année d activité au sein de la Coopération Technique Belge, respectivement au Rwanda et au Congo. Novembre : A quest for world citizenship (Q4W): congrès de Kleur Bekennen À l occasion de son 10e anniversaire, Kleur Bekennen organise le 29 novembre 2007 un congrès portant sur le concept de citoyenneté mondiale. Plus de 200 personnes s inscrivent aux conférences, à la table ronde internationale ainsi qu aux débats. Le Prof. Ervin Laszlo, philosophe et nominé pour le Prix Nobel de la Paix, donne un exposé portant sur la possibilité de créer un État mondial en guise de solution alternative à l actuel ordre mondial. Décembre : 4e séminaire international de la CTB: The Urban Factor Les 18 et 19 décembre 2007, la CTB organise son 4e séminaire international ayant trait au développement urbain. Les participants belges et étrangers y débattent du rôle que doit jouer la coopération internationale au développement dans la promotion du développement urbain durable. De quelle manière les agences de développement peuvent-elles améliorer leurs activités opérationnelles dans les contextes urbains en vue de susciter un glissement de projets mis en œuvre dans des environnements urbains vers de véritables projets urbains et un développement urbain durable? Dans le droit fil de ce séminaire, la CTB publie en janvier 2008 sa troisième brochure thématique intitulée : Villes, (f)acteur de développement. Trois projets de la CTB, mis en oeuvre à Kinshasa, Quito et Ho Chi Minh Ville, servent d exemples pour illustrer le rôle que la coopération au développement peut jouer pour faire face aux conséquences sociales, économiques, environnementales et culturelles de l urbanisation. CTB-5
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Partie 1 : Développement des capacités CTB-7
Efficacité de l aide : les grandes étapes L efficacité de l aide est au centre des préoccupations internationales depuis la fin des années 1990. Les donateurs et les organismes de développement ont commencé à réaliser que le choix d approches divergentes et d exigences différentes imposait un lourd tribut aux pays bénéficiaires. Les donateurs et les pays partenaires se sont donc mis autour de la table afin d accorder les différentes méthodes et exigences entre elles. Monterrey, 2002 Le mouvement s est accéléré avec la Conférence internationale sur le financement du développement organisée à Monterrey (Mexique) en 2002. La communauté internationale a reconnu la nécessité d augmenter le financement de la coopération au développement, mais pas seulement cela. Tant les donateurs que les pays partenaires ont souhaité s assurer d une affectation la plus efficace possible de l aide. Rome, 2003 En 2003, des représentants des grandes banques multilatérales de développement, des organisations internationales et bilatérales ainsi que des pays donateurs et partenaires se sont réunis à Rome pour le premier Forum de haut niveau sur l harmonisation (FHN Rome). Ils se sont engagés à améliorer la gestion et l efficacité de l aide et à mesurer ces progrès avant la réunion suivante en 2005. La Déclaration de Rome sur l harmonisation de l aide décrivait un programme d activités ambitieux : Veiller à ce que les efforts d harmonisation soient adaptés au contexte du pays et que l aide soit fournie conformément aux priorités du pays bénéficiaire. S efforcer de rationaliser les procédures et pratiques des pays donateurs. Identifier les moyens d adapter les choix politiques, les procédures et les pratiques des organisations d aide et des pays pris individuellement pour faciliter l harmonisation. Employer les meilleurs principes et les critères de bonne pratique de la communauté de développement comme base de l harmonisation. Paris, 2005 La communauté internationale s est de nouveau réunie en 2005, cette fois-ci à Paris. Plus d une centaine de gouvernements, d organisations bilatérales et multilatérales, de banques de développement régionales et d institutions internationales ont ratifié la Déclaration de Paris sur l efficacité de l aide à l occasion du Forum de haut niveau qui s est déroulé dans la capitale française. Ils se sont ainsi engagés à entreprendre des actions spécifiques en vue de renforcer l efficacité de l aide. Accra, 2008 Le troisième Forum de haut niveau prévu dans la capitale ghanéenne (septembre 2008) exploitera l héritage des réunions antérieures. Les représentants des gouvernements, des organismes et banques de développement, des institutions internationales et des nouveaux donateurs, des fondations privées et de la société civile examineront l état d avancement de l application de la Déclaration de Paris et les efforts restant à accomplir à l avenir. Source: www.accrahlf.net CTB-8
Partie 1 : Développement des capacités Développement des capacités Les récentes réflexions concernant la coopération au développement ont vu l accent se déplacer de la mise à disposition de biens et de services par les donateurs internationaux vers le renforcement des acteurs dans le pays partenaire, de manière à faciliter la fourniture des biens et services nécessaires à la population. Un consensus de plus en plus large se fait jour sur les raisons pour lesquelles le renforcement des capacités est un facteur essentiel à la réalisation de la coopération au développement. Le renforcement des capacités représente avant tout une condition du développement durable d un pays, et il est aussi essentiel pour accroître l efficacité de l aide. Mais malgré ce consensus, malgré la prise de conscience de l importance du renforcement des capacités et malgré l intensification des efforts financiers, le renforcement des capacités n a toujours pas remporté les succès escomptés. Bien évidemment, il n existe pas de formule magique universelle qui garantit des résultats durables à court terme. Mais il importe de s attarder sur les succès et les échecs et d en tirer les leçons. Qu est-ce que le renforcement des capacités? Selon l OCDE, la «capacité» est l aptitude des personnes, des organisations et de l ensemble de la société à gérer leurs affaires avec succès (OCDE, 2006). Cette définition ne porte aucun jugement sur les objectifs proprement dits, pas plus qu elle n explique le sens de «succès». Le renforcement des capacités est le processus qui vise à renforcer, créer, adapter et préserver les capacités d une société. Cela se passe à trois niveaux différents : institutionnel, organisationnel, individuel. Quelques leçons importantes Les trois niveaux de renforcement des capacités ne sont pas toujours exprimés de manière opérationnelle. Trop souvent encore, la création de capacités se place sur un plan individuel : l instruction et la formation de personnes. On se préoccupe trop peu du fait que les personnes travaillent dans le cadre d une organisation et que la mise en place des personnes les mieux formées n est pas automatiquement un gage de résultats positifs pour l organisation. En outre, les individus sont mobiles. La création durable de capacités au niveau organisationnel doit veiller à ce que les organisations - des institutions publiques par excellence - ne soient pas dépendantes d individus. L institutionnel doit être interprété au sens large. Des efforts réussis de renforcement des capacités ne doivent pas négliger que les individus comme les organisations s inscrivent dans un contexte institutionnel précis. Les partenaires de développement et les bénéficiaires doivent donc accorder une attention particulière à tous les facteurs qui jouent un rôle dans ce contexte (reconnaissance et incitation professionnelles, gestion de carrières, politique salariale, etc.). Il va de soi qu une bonne gouvernance est aussi importante. nementaux peuvent stimuler le processus, parmi lesquels la paix, la croissance économique, et des tendances politiques et sociales génératrices d une bonne gouvernance. Des facteurs entravant le renforcement des capacités sont par exemple les salaires des fonctionnaires, qui sont parfois si bas qu il est impossible d entretenir une famille. Quoi qu il en soit, le renforcement des capacités est un processus qui doit être conduit de l intérieur. L impulsion doit être donnée par le pays partenaire et non par la communauté des donateurs, bien que cette dernière puisse jouer un rôle stimulant. Les encouragements et l appui en faveur de changements, prodigués par l extérieur, ainsi qu une plus grande implication de la société civile favoriseront le processus. Le renforcement des capacités est un processus complexe et lent. Les partenaires de développement doivent être bien conscients de cette complexité et en tenir suffisamment compte. Il convient de placer la réflexion dans une perspective à long terme, mais les partenaires de développement ont souvent hâte de pouvoir exhiber des «quick wins». Le renforcement des capacités, surtout sur le plan organisationnel et institutionnel, est souvent associé trop facilement à des réformes. Les réformes sont absolument nécessaires et il est intéressant qu elles soient soutenues par la communauté internationale, mais une dose excessive de réformes simultanées peut se révéler contre-productive. En outre, des réformes progressives s avèrent souvent plus durables qu une approche faisant table rase du passé. Les partenaires de développement doivent s assurer que leurs interventions ne sont pas préjudiciables et ne produisent pas d effets contraires. C est ce qui se passe en effet quand les meilleurs travailleurs locaux entrent au service d organisations de développement internationales. Le but ne peut pas être de favoriser cet exode de cerveaux. L expertise internationale peut constituer un précieux atout pour renforcer les capacités, à condition de tenir compte de la complexité et du contexte d une situation donnée et de définir une stratégie adaptée. L expérience internationale est précieuse pour se forger une meilleure idée de la problématique d un pays partenaire, mais le danger est que cette expérience débouche sur une «attitude de copier/coller» transposant des solutions telles quelles dans d autres pays. Les divers aspects et niveaux sont liés entre eux, impliquant que le renforcement des capacités doit être appréhendé dans une perspective globale. Le cadre institutionnel conditionne le champ de manœuvre - les opportunités et les restrictions - et, par conséquent aussi, le résultat d une organisation, d individus. Quand la légitimité d une organisation est mise en cause, on ne peut pas attendre qu elle génère des résultats positifs durables - même si l organisation a été renforcée au niveau individuel et organisationnel. Quand l environnement est faible, le renforcement des capacités reste utile, mais son impact sera moindre. Pour amplifier cet impact, il convient de s attaquer parallèlement au cadre institutionnel. Un certain nombre de facteurs environ- > Relever le défi posé par le renforcement des capacités : évoluer vers de bonnes pratiques, OCDE 2006 CTB-9
Coopération belge au développement Ces dernières années, la Coopération belge au développement a tout mis en œuvre pour appliquer le nouveau paradigme de l aide. Le renforcement des capacités est une priorité qui est intégrée dans les projets et programmes de la CTB, au niveau tant individuel et organisationnel qu institutionnel. Voici quelques exemples. Dans certains programmes, le renforcement des capacités constitue même l objectif unique, comme dans le programme de bourses (p. 13). Laos et Cambodge : Training Facilities Depuis 2004, la CTB propose aux citoyens du Laos et du Cambodge l accès gratuit à un panel varié de formations, de bourses et de séminaires de qualité. Le plus souvent, les formations sont organisées dans le pays même ou dans la région environnante. Dans ces pays où le niveau d éducation reste très faible, l intérêt de programmes souples de courte durée est de répondre très rapidement aux demandes les plus diverses. Il s agit de toucher directement des individus ou des groupes (issus de la société civile ou des ministères) qui n ont habituellement pas, faute de moyens ou de connaissances de base, accès à d autres programmes. Les «Training Facilities» apparaissent dès lors comme un complément pertinent aux programmes de plus grande envergure. Ainsi, au Cambodge, plus de 3 000 personnes ont bénéficié du programme, tandis qu au Laos, presque 6 000 citoyens ont pu en profiter. Mozambique : transfert de connaissances En 2002, la CTB a lancé un projet en vue d aider les autorités mozambicaines à reconstruire les infrastructures de santé après les inondations dévastatrices de 2000. L aide belge parvient directement, via le budget de l État mozambicain, au département Investissements du ministère de la Santé publique, responsable de la reconstruction. Dans la foulée, la CTB envoie en 2005 un assistant technique (un architecte) au Mozambique en vue d aider le département compétent du ministère de la Santé publique à accélérer encore la reconstruction. L expert belge aide la direction du ministère à gérer les plans d investissement, à préparer des projets de construction et à assurer un suivi efficace des procédures d appels d offres. Concrètement, les tâches concernent la réalisation de plans directeurs pour des hôpitaux et des centres de santé, l organisation des équipes du projet, la normalisation de modèles et de méthodes. L architecte belge est entièrement intégré au ministère mozambicain ; il collabore étroitement avec le partenaire local, sous la supervision du chef de service mozambicain, et consolide le processus décisionnel mozambicain. Cette méthode représente une excellente manière de garantir un transfert de connaissances efficace, tout en laissant la structure locale suivre sa propre logique. Il n est donc nullement question de substitution pas plus que de structures de gestion parallèles. Les autorités mozambicaines trouvent cette approche si précieuse que le pays demande désormais aussi un surcroît d assistance technique de l Union européenne fondé précisément sur le même principe. Burkina Faso : appui à l éducation de base L appui financier direct à l éducation de base au Burkina Faso, entre 2005 et 2007, a permis de tirer des leçons importantes en matière d efficacité de l aide. Cet appui financier et la participation d un expert technique belge au dialogue sectoriel conjoint offrent un puissant levier pour encourager le développement d un secteur et des finances publiques d un État. Cette approche présente différents avantages. Contrairement à des projets dits «classiques», l aide est directement alignée sur les structures de l État. Quand plusieurs bailleurs apportent un appui financier direct et aligné, ils se retrouvent automatiquement dans une logique d harmonisation en visant les mêmes circuits d exécution. La mobilisation organisée de plusieurs bailleurs, avec la partie nationale autour de son programme sectoriel, agit comme un puissant levier en faveur du développement institutionnel et du renforcement de capacités nationales. Le dialogue sectoriel est une plate-forme stratégique réunissant la partie nationale et les principaux bailleurs autour du programme sectoriel national. Cette plate-forme devient la base de toute analyse de l évolution du programme sous l angle des apports extérieurs. Cela en fait donc un lieu d identification conjointe des appuis externes, y compris de l assistance technique. Les bailleurs doivent développer des mécanismes pour que l identification et la formulation de leurs appuis sectoriels se fassent dans le cadre du dialogue sectoriel conjoint, et non plus dans un contexte essentiellement bilatéral. RD Congo : appui institutionnel au ministère de l Agriculture Le développement de l agriculture est le moteur de la relance économique de la République démocratique du Congo et de la lutte contre la pauvreté, objectif numéro 1 du Millénaire pour le Développement. Mais la relance de l agriculture impose de restaurer un cadre institutionnel cohérent. La restructuration du ministère de l Agriculture en RDC est un préalable qui doit favoriser la mise en place d une politique agricole décentralisée et efficace. Les acteurs en sont l administration publique, les élus et la société civile. Cela passe aussi par la participation des communautés de base en capitalisant l éclosion des énergies de la gouvernance locale. Comme la constitution attribue aux provinces les compétences d aménagement de l espace, des programmes agricoles et forestiers, il faut appuyer les processus provinciaux de cette planification avec la place qui revient à l administration. L appui à la décentralisation est un enjeu essentiel. Il se fait par l installation de conseils agricoles en provinces, de véritables partenariats entre opérateurs publics, privés, organisations professionnelles agricoles, etc. Dans l organisation proprement dite du ministère, la décentralisation concerne le transfert de responsabilités aux organes représentatifs locaux et aux organisations professionnelles de base. Il est prévu de renforcer à tous les niveaux la capacité d analyse, de prévision, de suivi/évaluation des programmes, des filières, des projets. CTB-10
Partie 1 : Développement des capacités Renforcement des capacités: aussi en Belgique L objectif principal de la Déclaration de Paris est l amélioration de l efficacité de la coopération au développement. Un des grands principes de la déclaration est que l aide des partenaires de développement doit être adaptée aux priorités et stratégies des pays bénéficiaires. Cela signifie que les pays en développement sont eux-mêmes responsables de leurs progrès et que les partenaires de développement ne se substituent pas à eux. On parle alors d appropriation («ownership»). Cela signifie aussi que, quand un pays bénéficiaire ne dispose pas des capacités nécessaires à la conduite de projets, les partenaires de développement consacrent une part substantielle de l aide au renforcement des capacités. Le renforcement des capacités entend consolider les pays bénéficiaires afin qu ils puissent mieux assumer leur propre développement. À cet égard, il ne s agit pas seulement d individus bénéficiant de formations, mais aussi d institutions que l on aide à améliorer leur organisation et leur fonctionnement et, enfin aussi, de l environnement complet qui doit être modélisé en vue de devenir un environnement propice («enabling environment»). Cette modification stratégique requiert une compétence sectorielle spécifique qui doit pouvoir générer une plus-value technique. Pour ce faire, nous avons besoin non seulement de compétences particulières, mais aussi de qualités humaines en vue d amorcer le dialogue et de coordonner les activités. En d autres termes, l assistant technique doit être un habile communicateur; il est un facilitateur qui possède une vaste expérience internationale et qui doit pouvoir transmettre ses connaissances efficacement. À la lumière de cette réalité en pleine évolution, le CTB a commandé, en 2006, une étude 1 sur «l assistance technique». L étude est un instantané qui passe en revue les points forts et les points faibles et propose des pistes de réflexion en vue de faciliter des choix fondamentaux. La vision qui est mise en avant dans cette étude doit maintenant être mise en pratique. Comment la CTB peut-elle attirer et conserver les experts dont elle a besoin pour mener à bien correctement la nouvelle mission de renforcement des capacités? Et comment le renforcement des capacités au sein de la CTB proprement dite doit-il être organisé pour que les assistants techniques puissent apporter une réelle valeur ajoutée aux pays bénéficiaires? S appuyant sur une analyse détaillée des compétences que la CTB possède en interne, l agence concentre ses efforts sur une stratégie lui permettant d anticiper les nouveaux besoins à temps. Il est clair que la CTB y implique aussi les décideurs et l administration. En outre, la CTB doit étoffer son réseau de partenaires belges et étrangers de manière à faciliter la recherche d experts techniques et d identifier des possibilités de formation spécifiques. Parallèlement, il est essentiel de définir des instruments permettant de proposer les connaissances acquises aux collègues. Chaque année, la CTB organise un séminaire international sur un thème précis. Ces dernières années, les soins de santé, l enseignement, la Déclaration de Paris et le développement urbain 2 se sont succédé. Pour les travailleurs du développement, ces séminaires représentent des occasions idéales pour discuter des dernières évolutions et méthodes avec des collègues du monde entier et les confronter à la réalité. Chaque année, la CTB accueille aussi ses assistants techniques aux traditionnels séminaires d été, où les tendances internationales du secteur sont commentées dans le cadre du fonctionnement bilatéral de la CTB. Le fil rouge de ces événements est toujours le renforcement des capacités, de sorte que le personnel technique dispose du bagage nécessaire pour favoriser le renforcement des capacités dans les pays bénéficiaires. 1. Faire évoluer les mentalités et les attitudes. Vers une amélioration de l assistance technique belge. BTC. Reflection and Discussion Paper, 2006/01, 95 p. 2. Le facteur urbain, défis à relever pour soutenir le développement urbain durable. Les actes du séminaire sont disponibles sur www.btcctb.org. La publication contient entre autres les présentations des orateurs, des questions et réponses et des lectures conseillées. Des synergies pour communiquer sur l efficacité de l aide Une stratégie de communication commune pour Accra 2008 Les 6 et 7 novembre 2007 à Lisbonne, la réunion annuelle du réseau des communicateurs Devcom de l OCDE était doublement placée sous le signe de l efficacité de l aide. C est Richard Manning* luimême qui a ouvert la séance en proposant à tous les membres une réflexion sur une stratégie de communication commune pour le troisième sommet dédié à l efficacité de l aide. L idée est de parler d une seule voix dans tous les pays partenaires au développement. Comment les membres du réseau peuvent-ils contribuer aux objectifs du forum? Comment établir un plan d action commun? La sensibilisation de l opinion publique, une leçon pour les communicateurs Dans son rapport sur la coopération pour le développement 2007, l OCDE envisage de mettre l expérience accumulée au service de l apprentissage en tirant douze leçons des Examens par les Pairs réalisés par le Comité d Aide au Développement. Parmi celles-ci, en matière stratégique, la Leçon 4 concerne la Sensibilisation de l opinion publique. Il est indispensable que l opinion publique soit informée sur la coopération pour le développement et qu elle lui apporte son soutien. Les examens par les pairs montrent qu une forte adhésion de la population aux efforts déployés dans ce domaine est le meilleur moyen de garantir l obtention d un appui au niveau politique et législatif pour la mise en place de programmes de développement solides et dynamiques. Mobiliser la population et obtenir son soutien est toujours une gageure, et nécessite des efforts volontaires et ciblés d information et de sensibilisation. L opinion publique est habituellement consciente que la pauvreté et les inégalités, par exemple, atteignent dans le monde des degrés qui en font à la fois un problème humanitaire et une menace pour l avenir de tous. Cependant, nombreux sont ceux qui doutent que l aide publique contribue efficacement à y remédier, et qu il y ait lieu de consacrer une part plus que symbolique des fonds publics, déjà peu abondants, à des objectifs qui débordent les frontières nationales. Encourager un débat public sur l efficacité de l aide et mettre en évidence les effets positifs de cette dernière sur les conditions de vie des pauvres, peuvent être des moyens de rallier des soutiens. * Richard Manning était à cette date Président du Comité d aide au développement (CAD) de l OCDE CTB-11
Visites d études Les visites d études, généralement d une durée d une semaine, sont réservées aux bénéficiaires des projets. Une telle visite implique un voyage en Belgique afin d apprendre à connaître un secteur d activités déterminé ou un service public belge et d en tirer les leçons. En 2007, la CTB a mis sur pied une dizaine de visites d études pour un total de 60 participants. Rwanda - Appui au secteur de la Justice. Dans le cadre de ce projet cogéré par la CTB et le ministère de la Justice au Rwanda, une visite d inspiration d une durée d une semaine a été organisée pour 3 membres du Parquet général du Rwanda auprès du ministère belge de la Justice à Bruxelles. Le Parquet général a demandé l organisation de cette visite en vue, d une part, de pouvoir moderniser ses services de gestion des dossiers judiciaires, de protection et d assistance aux victimes et témoins et, d autre part, d améliorer les services à la population. Sénégal - Appui à l assainissement de la ville de Saint-Louis. La CTB a préparé une visite d étude en Belgique pour 7 cadres sénégalais de la ville de Saint-Louis dans le domaine de la gestion des déchets urbains et d un centre d enfouissement technique (CET). L objectif de cette visite était de présenter de la manière la plus exhaustive possible l ensemble des dispositifs opérationnels mis en place à différents niveaux (régional, provincial, communal) pour garantir une gestion des déchets ménagers solides efficace et respectueuse de l environnement. Cette visite d étude a aussi servi à nouer des liens durables entre les autorités sénégalaises et les acteurs belges compétents en matière de gestion des déchets. CTB-12
Partie 1 : Développement des capacités Bourses d études et de stages En plus des projets et des programmes, la coopération au développement bilatérale belge propose aussi un vaste éventail de possibilités d études et de formation : masters, bourses de doctorats, bourses de stages et bourses d études, etc. La formation, le transfert de connaissances et l acquisition d aptitudes sont en effet des activités cruciales pour permettre aux pays bénéficiaires d assumer leur propre développement. Politique/social 9% Éducation/psycho 5% Autres 6% Agriculture/ vétérinaire 11% Médecine/pharmacie 13% 1 498 bourses ont été octroyées en 2007 pour des formations en Belgique. Énergie 7% Formations en Belgique Nombre % Bourses d études et de stages en Belgique 1 249 84 % Bourses octroyées dans le cadre d un projet 140 9 % de la CTB Bourses gérées par la CTB pour le compte d autres donneurs d ordre 109 7 % Total 1 498 100 % En outre, quelque 3 000 bourses locales ont encore été accordées (voir ci-dessous). Bourses d études et de stages en Belgique Les bourses de la coopération bilatérale sont octroyées dans le cadre d études de master, de master complémentaire, de doctorats ou de stage de perfectionnement. Elles correspondent aux priorités géographiques, sectorielles et thématiques de la coopération belge. Géographiquement, les boursiers proviennent pour 59 % d Afrique subsaharienne, principalement de la République démocratique du Congo, du Rwanda et du Burundi, 16 % du Maghreb/de la Palestine, 11 % d Asie et 7 % d Amérique latine. Afrique subsaharienne 59% Autres (tiers) 7% Maghreb + PZA 16% Asie 11% Amérique latine 7% La répartition des boursiers selon les domaines de formation montre un pourcentage important en sciences (15 %), en médecine (13 %), avec un intérêt particulier pour la santé publique, ainsi que l économie (13 %). Viennent ensuite l agriculture/la médecine vétérinaire (11 %) et l infrastructure (11 %), la politique sociale (9 %), l énergie (7 %) et, enfin, les sciences psychopédagogiques (5 %), les sciences de l environnement (5 %) et le droit (5 %) avec une prédilection pour la problématique des droits de l homme. Environnement 5% Droit 5% Infrastructure 11% Bourses pour des tiers Sciences 15% Économie 13% Depuis 2001, la CTB gère le programme boursier belge de l Agence internationale de l énergie atomique (AIEA). Cela n est pas seulement le fruit de l excellente réputation dont les formations belges jouissent à l étranger, mais aussi de la coopération impeccable entre la CTB et différents instituts belges, des hôpitaux, des universités, le centre d étude de l énergie nucléaire de Mol, des entreprises, des ministères et des écoles supérieures. La CTB a géré 109 bourses pour l agence atomique en 2007. Les bénéficiaires provenaient d Algérie, d Égypte, de Jordanie, d Arabie saoudite, du Brésil, d Argentine, de Bosnie, de Roumanie, de République démocratique du Congo et de Syrie. Les principaux domaines de formation étaient la médecine nucléaire, l agriculture et l environnement. Bourses locales De plus en plus d étudiants profitent des possibilités offertes par les bourses locales. Une bourse d études locale est accordée pour une formation suivie dans le pays d origine ou dans un pays voisin. Il peut aussi s agir d une formation de courte durée, comme des stages professionnels, une participation à des séminaires et colloques, etc. Les bourses locales ont rencontré un succès croissant dans les quatre dernières années ; en 2007, environ 3 000 bourses locales ont été accordées. Elles représentent déjà aujourd hui un peu plus de 30 % du programme des bourses complet. Issiaka Dembele (Mali) Issiaka Dembele est malien. Il est le coordinateur du programme de lutte contre la traite des enfants de l ONG Mali - Enjeu. Déjà titulaire d une Maîtrise en droit, il souhaitait activement se spécialiser dans le droit de l enfant. Sa demande de bourse locale à la coopération belge a été retenue et octroyée, lui permettant ainsi de suivre un master d une durée de 2 années académiques, dispensé dans une université de Dakar au Sénégal, la formation sollicitée étant inexistante au Mali. Les connaissances qu il acquerra lui permettront de mieux défendre les droits des enfants, dans des domaines tels que l accueil des enfants victimes de trafic et de violences, l accès à l hébergement, à la nourriture, aux soins en santé, la formation ou l aide à la réinsertion. CTB-13
Témoignages Haleama Al Sabbah, boursière, Palestine Haleama Al Sabbah, 40 ans, est nutritionniste. Elle poursuit ses recherches au sein du département de Santé publique de l Université de Gand, en vue de la présentation d une thèse de doctorat. Celle-ci portera sur les comportements alimentaires des adolescents palestiniens. Ibrahim Hannanou Katinka, boursier, Niger Ibrahim, 26 ans, est ingénieur en contrôle qualité auprès du ministère du Commerce du Niger. Il suit un Master complémentaire en sciences et technologies des aliments à l université de Gembloux, grâce à une bourse de la CTB. En quoi, selon vous, votre travail de recherche peut-il aider la Palestine? Je serai la première doctorante palestinienne dans le domaine de la nutrition. J espère que cela pourra encourager les universités palestiniennes à ouvrir des cours et des recherches spécifiques dans ce domaine. Il y a une demande de professeurs pour enseigner ces matières aux étudiants. Et je souhaite pouvoir poursuivre dans la recherche. Pensez-vous travailler sur des projets liés à l alimentation ou vous concentrer sur le travail académique? Je souhaite travailler avec des organisations qui œuvrent sur le terrain auprès des adolescents, des femmes et des enfants, dans le domaine de la nutrition. Car, dans mes études, j ai déjà acquis une vision, j ai engrangé des idées et j ai les compétences pour aider ces groupes de population. Par ailleurs, chaque recherche approfondie sur ces populations permet de mieux identifier les problèmes, et donc de mettre en place des programmes d intervention et de prévention, par exemple dans le domaine des maladies chroniques comme le diabète ou l hypertension. Pourquoi travailler auprès des adolescents? La plupart des projets qui concernent l alimentation dans mon pays se concentrent sur les femmes et sur les enfants. En fait, les adolescents ne forment pas la priorité, à cause peut-être du manque de moyens, mais aussi du peu d intérêt pour cette catégorie d âge en Palestine. Quels sont les problèmes spécifiques de ces adolescents? Nous avons étudié les problèmes de troubles du comportement alimentaire des adolescents, pas seulement liés à la nutrition, mais également à des troubles psychologiques. Parfois, d ailleurs, les deux sont liés. Nous avons observé une prévalence de ces troubles dans la région de Gaza. Pouvez-vous nous parler de l aide que vous avez reçue de la CTB pendant votre séjour ici? Déjà, la CTB me donne un salaire mensuel! Il n est pas très élevé (1 000 euros), mais il me permet de poursuivre mes recherches. Mon regret concerne mes conditions de logement. Je vis dans une chambre. Et vivre dans une chambre pendant quatre ans, ce n est ni facile ni confortable. Pour un doctorant, le logement, c est un lieu de travail, un lieu de vie, de vie sociale aussi. Comptez-vous rentrer en Palestine? Tout dépend de la situation là-bas. Je ne sais pas comment les choses vont évoluer sur place. Il y a de fortes chances que je rentre, en effet. Mais je ne sais pas. Parfois, je pense continuer un postdoctorat et poursuivre mes études en nutrition. Vous aimez votre vie ici, en Belgique? Oui. Personnellement, j aime l Europe. C est confortable, je me sens en sécurité, il n y a pas de postes de contrôle. Je peux aller où je veux sans qu on me demande ce que je pense. En quoi cette formation va-t-elle compléter vos compétences? Le Master appréhende tous les aspects de la technologie alimentaire. Nous étudions les modes de production et de conservation des aliments, leurs constituants nutritionnels et, surtout, nous apprenons à connaître les critères de qualité d un produit. Ce type de bourses permet la formation continue des cadres, aujourd hui indispensable pour faire évoluer les pays du sud. Ici, en Europe, nous pouvons apprendre beaucoup. Nous nouons des contacts avec des personnes compétentes qui sont conscientes des défis que connaissent nos pays. Cette formation me permettra, une fois rentré au Niger, d exploiter ces nouvelles connaissances et de les transmettre à d autres. Je pense que, en termes de développement, c est bien d apporter un soutien logistique et financier aux pays du sud, mais il est fondamental d apporter également des capacités à leurs acteurs. Avec ces bourses, la CTB agit sur ces deux pôles, c est très important. Dans le domaine des capacités, de quoi le Niger a-t-il avant tout besoin? Le plus important, c est le développement des connaissances et de la recherche en agronomie. Ça, c est vital pour les Nigériens. Le pays connaît des crises alimentaires à répétition et nous manquons d apports scientifiques pour bénéficier d un meilleur rendement de notre production, que ce soit dans le domaine de l agriculture ou de l élevage. Par ailleurs, nous subissons de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique. De quelle manière le contrôle qualité, votre spécialité, peut-il contribuer au développement économique du Niger? L oignon constitue la deuxième source d exportation la plus importante au Niger. À titre indicatif, nous produisons 400 mille tonnes d oignons par an. Ils sont exportés dans la sous-région. Nous souhaitons labelliser notre oignon le plus connu: l oignon de Galmi. Sans norme qualité, nous ne pouvons pas percer sur les marchés européen et américain. Notre oignon est de très bonne qualité, mais il ne présente pas assez bien pour être vendu sur les marchés européen et américain. Les producteurs doivent pouvoir améliorer les conditions de stockage, de transport et de conditionnement. Cette formation complémentaire pourra contribuer de manière significative au projet de labellisation de l oignon de Galmi. Comment se passe votre vie à Gembloux? C est bien de vivre dans un coin tranquille afin de se concentrer sur ses études! À Gembloux, les gens sont ouverts et accueillants, car ils sont habitués à voir des personnes des quatre coins de la planète venir étudier ici. Par ailleurs, dans le home universitaire où je vis, nous sommes 39 nationalités! Comme nous sommes tous de pays du sud, nous nous rendons compte que nous avons tous les mêmes problèmes et nous échangeons nos points de vue sur les manières de trouver des solutions. C est une expérience très enrichissante, tant d un point de vue scientifique que d un point de vue humain. CTB-14
Partie 1 : Développement des capacités Alicia Pabón, Chargée de bourses - Équateur Alicia Pabón est née à Quito, en Équateur, une ville perchée à plus de 2 800 mètres d altitude, dans la cordillère des Andes. Depuis quand travaillez-vous comme chargée de bourses pour la CTB? Je travaille à la CTB depuis 2002. Au départ, j ai été engagée pour mon profil administratif et, petit à petit, je me suis occupée des bourses et des microprojets. J ai un contact facile avec les gens, ce qui est appréciable pour travailler avec les jeunes boursiers. C est important d évaluer ce que les jeunes souhaitent et ce à quoi ils s attendent quand ils font une demande de bourse. En quoi, selon vous, les bourses de la CTB ont-elles une valeur ajoutée pour le développement de l Équateur? Les bourses ont une valeur ajoutée sur deux plans : en matière de savoir-faire et en termes d ouverture sur le monde. Les bourses d études à l étranger, et en particulier en Europe, sont essentielles, car elles permettent d améliorer le niveau de formation des diplômés équatoriens. L Europe nous donne accès à des formations universitaires d une qualité supérieure à celle des universités locales d Amérique du Sud. C est particulièrement le cas dans le domaine médical. Réaliser ses études à l étranger permet d élargir son horizon, de rencontrer d autres cultures et d autres manières de faire, qui sont aussi un enrichissement. Cela vaut-il la peine d envoyer des étudiants en Belgique? Ne vaudrait-il pas mieux renforcer les compétences des universités en Équateur? L un n empêche pas l autre : offrir des bourses peut également renforcer le monde académique équatorien. Et l ouverture sur le monde qu offrent ces bourses reste une réelle plus-value. La connaissance des langues étrangères est également prise en compte. Les gens ici ne peuvent apprendre les langues étrangères en dehors des grandes villes. C est un problème important. C est pourquoi nous proposons seulement entre 8 et 10 bourses dans notre programme international, et 158 dans nos programmes de bourses locales et régionales. Les bourses d études en Équateur forment des jeunes aux métiers de la comptabilité, de l informatique, aux professions d auxiliaire de santé ou d aide soignant. Pour les postgraduats, nous orientons nos boursiers dans toute la région sud-américaine. Comment percevez-vous les jeunes Équatoriens? Je les trouve très ambitieux et curieux de tout. Ils ne sont pas fatalistes comme a pu l être ma génération. Ils ont soif de connaissances, sont ouverts sur le monde, et ont confiance en leurs capacités. Et ça, c est merveilleux et nouveau, peut-être un des aspects positifs de la globalisation? De quelle manière réalisez-vous le suivi des bourses? J investis beaucoup de temps auprès des jeunes, je les contacte régulièrement pour évaluer comment se déroule leur adaptation et suivre leur travail. Je parle beaucoup avec eux. Si je ne faisais pas les choses avec passion, ça ne servirait à rien! Je suis peut-être une goutte d eau dans l amélioration des conditions de vie de mon pays, mais c est mon espoir d être malgré tout utile à son développement. Dans quels domaines de connaissances les bourses de la CTB se concentrent-elles? Les bourses se focalisent surtout dans les domaines de la santé et du développement rural, mais aussi sur l ensemble des thèmes transversaux comme les questions de genre, le sida, les droits des enfants, etc. Nous avons particulièrement besoin de médecins spécialistes en santé publique, d économistes et de pédagogues. Le gouvernement équatorien souhaite renforcer en priorité les domaines de l éducation et de la santé. Les actions de la CTB sont-elles en adéquation avec les besoins du pays? Il y a évidemment toujours des choses que l on peut améliorer. Je pense que l Équateur a aussi besoin du soutien de la coopération internationale pour renforcer ses capacités institutionnelles afin de développer les institutions publiques pour aider les personnes qui vivent dans l Équateur profond. Comment sélectionnez-vous les boursiers? Dans notre sélection, nous essayons de favoriser l accès des personnes qui vivent en province ainsi que des femmes qui demeurent largement discriminées dans leur accès à l éducation et à la formation. Nous prêtons également attention aux conditions économiques dans lesquelles vivent les demandeurs. CTB-15
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Partie 1 : Développement des capacités Services internationaux Dès la création de la CTB, le législateur belge a souhaité mettre son expertise à la disposition d autres organisations nationales et internationales contribuant à la lutte contre la pauvreté. C est précisément le rôle des Services internationaux (IS) de la CTB, créés en 2003. En 2007, IS renforce la coopération bilatérale directe et développe des synergies avec d autres bailleurs de fonds. IS contribue aussi à l application de la Déclaration de Paris et du Code de conduite européen, et met à la disposition des gouvernements partenaires une expertise, visant prioritairement le renforcement des capacités. En République démocratique du Congo, IS intervient surtout dans les secteurs de l eau, de la bonne gouvernance et de la santé. Fruit d un effort conjugué entre plusieurs donateurs (Belgique, Union européenne, Royaume-Uni, France), le programme Eau vise à assurer un accès durable à l eau potable à 2 millions de personnes. Le programme de restauration de la justice à l Est de la RDC, initié conjointement par la Belgique, l Union européenne, le Royaume-Uni et les Pays- Bas, renforce les capacités juridictionnelles de cette région la plus affectée par le conflit. Dans le secteur de la santé, la Banque mondiale confie à la CTB la gestion de deux nouveaux projets de modernisation des districts de santé de Mbandaka dans la Province de l Équateur et de la Mongala. Ces projets font partie d un programme de plus grande envergure destiné à appuyer les soins de santé dans cinq provinces (Projet d appui à la réhabilitation du secteur de la santé). IS représente la CTB au sein du réseau EUNIDA (European Network of Implementing development Agencies), qui regroupe des agences de coopération de 7 États membres de l Union européenne, auxquelles s ajoutent 4 observateurs. La CTB assure la présidence du réseau depuis juillet 2007. Après une collaboration fructueuse avec la Commission européenne dans des situations de crise et postconflit au Liban (amélioration de l investigation criminelle à tous les stades de la chaîne pénale - chef de file : FIIAPP, Espagne) et en Palestine (Temporary International Mechanism - chef de file: GTZ, Allemagne), EUNIDA développe un programme de renforcement institutionnel de l administration en Haïti (chef de file: FCI, France), cofinancé par la Commission européenne, l Espagne et la France. L objectif consiste à fournir rapidement un appui stratégique de haut niveau pour définir les priorités de l administration et l organisation requise pour les mettre en œuvre. Cette mission a mis en évidence la valeur ajoutée d EUNIDA, notamment sa capacité à mobiliser rapidement une expertise publique dans des situations complexes. www.eunida.eu Au Mali, la CTB poursuit, pour le compte de l Union européenne, son appui à la mise en œuvre de la réforme de la décentralisation. L objectif du programme d appui au Développement régional du Nord (ADERE-Nord) est d impulser une nouvelle dynamique de développement territorial dans les régions de Kidal, Tombouctou et Gao. Il s attache à renforcer les capacités des acteurs de ces trois régions dans la réflexion stratégique et la mise en œuvre d un développement régional et local. La CTB mobilise également, par le biais de IS, des fonds européens dans le cadre de la Facilité pour l eau, en Tanzanie, au Rwanda et en RDC. En Équateur, la CTB collabore étroitement avec Lux-Development dans le cadre de la construction et l équipement de l hôpital général de Macas dans la Province de Morona Santiago et appuie le processus de réforme du secteur de la santé, dans le cadre du programme PASSE (Programa de Apoyo al Sector Salud en Ecuador), financé par la Commission européenne. CTB-17
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