UNIVERSITE SORBONNE - NOUVELLE PARIS 3 TELE 3 MASTER PROFESSIONNEL AIGEME Applications Informatiques : Gestion, Etudes, Multimédia, E-formation Ingénierie de la Formation à Distance Ma biographie langagière www.kaboreparfait.netne.net/ Dimkêeg Sompassaté Parfait KABORE E-mail : kaboreparfait@yahoo.fr ou dimkeegsompassate.kabore@etud.sorbonne-nouvelle.fr KABORE Dimkêeg Sompassaté Parfait 1
Ma situation sociolinguistique I. Le contexte sociolinguistique du Burkina Faso Le Burkina Faso, pays des hommes intègres évolue dans un contexte sociolinguistique assez complexe et très fourni. En effet, il faut noter que le Burkina Faso, pays francophone situé au cœur de l Afrique de l Ouest, compte au moins une soixantaine de langues nationales. Les plus utilisées par la majorité de la population sont le «mooré», le «jula», et le «fulfuldé» (on estime que 70% de la population burkinabè est à mesure de comprendre au moins l une de ces trois langues) que les autorités tentent depuis 1979 d introduire dans le système d enseignement. C est ainsi qu en plus du français ces trois langues font office de langues d'enseignement. Mais la situation a évolué de nos jours, car dans le souci de ne marginaliser aucune communauté linguistique dans la dynamique d utilisation des langues nationales dans le système éducatif, les autorités ont pris le soin de préciser à l article 10 de la loi N 13-2007/AN portant loi d orientation de l éducation que: «Les langues d enseignement utilisées au Burkina Faso sont le français et les langues nationales aussi bien dans la pratique pédagogique que dans les évaluations. D autres langues peuvent intervenir comme véhicules et disciplines d enseignement dans les établissements d enseignement conformément aux textes en vigueur.» En somme, en plus du français et des langues nationales, il y a la possibilité d utilisation d autres langues comme l anglais, l espagnol dans le système éducatif burkinabè. Le français au Burkina Faso comme dans toutes les ex-colonies françaises est la langue d enseignement, des institutions et de communication avec le monde extérieur. Les langues nationales, malgré la volonté manifeste des autorités de les promouvoir, sont toujours marginalisées et infériorisées par le fait qu elles ne sont ni utilisées dans les communications officielles ni dans les échanges avec le monde extérieur. On constate donc que la politique linguistique ne s'accompagne pas dans les faits d'une mise en application des directives. En dépit de cet état de fait, il existe une réelle volonté politique de promouvoir les langues nationales dont la manifestation s observe à travers la loi 13 précédemment citée et les écoles bilingues en phase d expérimentation à travers le pays. KABORE Dimkêeg Sompassaté Parfait 2
Il ressort de cette analyse que les Burkinabés qui sont allés à l école et même ceux qui n y sont pas allés, utilisent au minimum deux langues dans la vie courante ou plus exactement, sont plurilingues. Ne faisant pas l exception, en plus du français, la première langue que j ai apprise est le «mooré» qui est d ailleurs ma langue maternelle et parlée par plus de 60% de la population burkinabè. En plus de ces deux langues j ai été en contact avec le nuni qui est une langue nationale et l anglais. II. Les langues de mon répertoire verbal 1) Ma langue maternelle Le mooré, parmi une soixantaine de langues parlées au Burkina Faso est ma langue maternelle. La notion de langue maternelle est assez complexe. Pour Louise Dabène : la langue maternelle est une véritable «constellation de notions» et qu il est fondamental de considérer un vaste ensemble de réalités langagières dès lors qu on s attache à rendre compte de la langue maternelle d un sujet. En effet, le mooré est pour moi la langue vernaculaire en ce sens que je l ai acquis naturellement au sein de l'environnement familial. D autre part c est ma langue de référence en ce sens qu'elle me permet de m'identifier et de m'intégrer à un groupe social linguistiquement homogène. En somme, la langue permet à des personnes de se retrouver et de se rapprocher quelque soit le lieu de leur résidence. Elle est le premier élément d'identification sociale, culturelle et de partages d'autres valeurs communes. 2) Le français Le français est la deuxième langue à laquelle j'ai été exposé. C'est à partir de 7 ans que je suis entré en contact avec cette langue à l'école primaire. Le français a été et est de nos l'une des principales langues de scolarisation au Burkina Faso. 3) L'anglais Dès l'âge de 13 ans je suis entré en contact avec l'anglai à partir de la classe de sixième du second cycle de l'enseignement secondaire. L'anglais est l'une des secondes langues d'enseignement de notre système éducatif inscrite au KABORE Dimkêeg Sompassaté Parfait 3
programme. Cette langue constitue ma première langue vivante en référence aux dispositions du système éducatif de mon pays. 4) Le nuni Je suis entré en contact avec cette langue lors des multiples déplacements avec mes parents au sud du pays où elle est parlée. Par ailleurs j'ai été plus en contact avec cette langue lors de mon séjour dans cette région comme enseignant. En somme mon champ linguistique comprend donc quatre langues ayant des statuts différents selon qu on se situe au plan national où à l échelle locale. Le mooré est ma langue maternelle tandis que l anglais, le nuni sont des langues étrangères en plus du français qui constitue également ma seconde langue. III. Mes pratiques langagières En linguistique, les pratiques langagières sont celles qui rendent mieux compte du rôle que joue les différentes langues dans notre vie de tous les jours. Ces langues à savoir le mooré, le français, le nuni et l'anglais, de toute évidence, sont utilisées en fonction de l interlocuteur, du milieu, du message que l'on véhicule et des résultats auxquels on escompte. 1) Le mooré Le mooré qui est ma langue maternelle, est tout à fait utilisée dans un environnement familial pour traduire parfaitement certaines réalités de la vie quotidienne et surtout pour me faire comprendre sans équivoque par mon entourage. Cette langue est aussi utilisée de façon spontanée dans ma vie professionnelle pour échanger avec certains collègues et surtout pour comprendre les usagers et se faire. Elle est particulièrement privilégiée dans les différentes rencontres familiales en ville ainsi qu au village. 2) Le français Le français est utilisé dans la vie professionnelle presque systématiquement car il est la langue officielle de l administration publique burkinabè et accessoirement à la maison lorsque la situation de communication le permet. Mon expérience professionnelle m'a permis d avoir un contact particulier avec cette langue, car j ai eu le privilège de l utiliser comme langue d enseignement à l école primaire trois ans (de KABORE Dimkêeg Sompassaté Parfait 4
2000 à 2003) en milieu rural où aucun enfant n avait jamais été en contact avec la langue de Molière. 3) Le nuni Le nuni est une des langues nationales du Burkina Faso. J ai appris cette langue lors de mon séjour d'abord avec mes parents au sud du pays et ensuite avec les élèves de ma classe. L utilisation informelle de cette langue avait pour but de pouvoir non seulement comprendre les élèves mais aussi de comprendre les parents dans leur vie de tous les jours et de se faire accepter afin de mener à bien ma mission. 4) L anglais Cette langue est utilisée de façon occasionnelle pour me faire comprendre et échanger avec les étrangers qui ne comprennent ni le français, ni une des langues nationales. C est une langue relais. Je l utilise également dans certaines conférences et dans ma vie professionnelle pour l échange de certains écrits avec des administrations n'utilisant pas le français. IV. Mes pratiques d'une langue à l'autre 1) Le mooré Cette langue a été apprise dans un cadre informel. C est la langue de mes parents dont la transmission s est faite de façon orale dès le plus jeune âge. C'est la plus utilisé dans les échanges de tous les jours avec l'entourage. 2) Le français J ai été en contact avec le français dans un cadre formel dès l'âge de 7 ans, en 1982 à l'école primaire. L apprentissage de cette langue s est opéré par la méthode dite de l IPB (Institut pédagogique du Burkina) qui est une méthode fortement orientée vers celle syllabique. Elle se traduit d abord par l apprentissage des sons et des lettres, ensuite les syllabes, les mots et enfin la phrase. Cette méthode a permis à des centaines de milliers d écoliers burkinabé n ayant jamais eu aucun rapport avec la langue française de la maîtriser de nos jours. KABORE Dimkêeg Sompassaté Parfait 5
3) Le nuni J ai appris cette langue dans un cadre informel, lors de mon séjour avec mes parents au sud de mon pays. J'utilise cette langue lorsque la situation de communication se présente. 4) L anglais Mon expérience avec la langue anglaise a commencé en 1989, année d entrée au collège. L apprentissage de cette langue repose sur la méthode directe qui précise que pour apprendre une langue étrangère, il faut la pratiquer en s adressant aux élèves dans cette langue pour leur donner ainsi l occasion de répondre, de s exprimer dans cette langue. Cette méthode permet d acquérir des compétences à l écrit et à l oral. Mais dans notre contexte, à part les quelques heures de pratique avec le professeur, cette langue est peu parlée entre les élèves et entre eux et leur entourage. Cette situation est l une des explications possibles de la non maîtrise de la langue anglaise. A l Université également, j ai eu la chance d être en contact avec la langue anglaise mais c est la même méthode pédagogique qui est appliquée. Il y a peu de temps accordé à l oral, ce qui rend difficile l utilisation quotidienne de cette langue. V. Mes compétences en langues 1) le mooré Utilisateur expérimenté, niveau C2 : je n ai aucune difficulté à comprendre le langage oral, je peux lire sans effort tout type de texte, je peux participer sans effort à toute conversation ou discussion et je suis très à l aise avec les expressions idiomatique, je peux présenter une description ou une argumentation claire dans un style adapté au contexte. 2) le français Utilisateur expérimenté, niveau C2 : je n ai aucune difficulté à comprendre le langage KABORE Dimkêeg Sompassaté Parfait 6
oral, je peux lire sans effort tout type de texte, je peux participer sans effort à toute conversation ou discussion et je suis très à l aise avec les expressions idiomatiques, je peux présenter une description ou une argumentation claire dans un style adapté au contexte et enfin je peux produire un texte clair et stylistiquement adapté aux circonstances. 3) le nuni Utilisateur intermédiaire, niveau A1 : je peux comprendre et utiliser des expressions familières et quotidiennes ainsi que des énoncés très simples qui visent à satisfaire des besoins concrets. Je peux me présenter ou présenter quelqu un et poser à une personne des questions la concernant par exemple, sur son lieu d habitation, ses relations, ce qui lui appartient, etc. et je peux répondre au même type de questions. Je peux communiquer de façon simple si l interlocuteur parle lentement et distinctement et se montre coopératif. 4) l'anglais Utilisateur indépendant, niveau B1 : avec un niveau A2 pour l oral : je peux comprendre les points essentiels quand un langage clair et standard est utilisé et s il s agit de choses familières dans le travail, à l école, dans les loisirs, etc. Je peux me débrouiller dans la plupart des situations rencontrées en voyage dans une région où la langue cible est parlée. Je peux produire un discours simple et cohérent sur des sujets familiers et dans ses domaines d intérêt. Je peux raconter un événement, une expérience ou un rêve, décrire un espoir ou un but et exposer brièvement des raisons ou explications pour un projet ou une idée. KABORE Dimkêeg Sompassaté Parfait 7