UNE CENTENAIRE LEGUE TOUS SES BIENS A LA COMMUNE L église SAINT BAUDELE offre depuis quelque temps l occasion de contempler à nouveau la beauté retrouvée de certaines de ses «pièces». En effet, suite à des travaux de rénovation une partie des dorures, boiseries, vitraux et tableaux a retrouvé un éclat de jeunesse ; cela permet à nouveau au visiteur d apprécier leur splendeur originelle. C est en fait grâce aux dons des «coopératives fruitières» de Plombières que ces travaux ont pu être réalisés. UNE COOPERATIVE FRUITIERE, REFLET DE LA CULTURE TRADITIONNELLE LOCALE La société coopérative des producteurs de fruits de Plombières a été créée le 20 décembre 1911. Elle avait pour but «de centraliser les produits naturels (fruits) pour les vendre aux conditions les plus avantageuses». Elle pouvait aussi «être centrale d achat d arbres fruitiers, engrais, instruments agricoles, insecticides».et «provoquer l organisation de cultures nouvelles». Ainsi, en 1912, la coopérative a vendu 10 646 kg de framboises, 402 de cerises, 922 de cassis et 787 de groseilles. Au fil des ans de grandes quantités de fruits seront ainsi récoltées régulièrement, avec de nouvelles productions (cerises aigres, mirabelles, quetsches).
Enfin, en 1985, les derniers petits producteurs livraient 272 kg de cassis, 567 de groseilles et 10 de framboises ; il n y avait plus de cerises depuis 1980. A la page de l année 1977 du livre de comptes, on peut lire «pas de fruits». Un deuxième syndicat fut créé le 5 septembre 1926, «l Union civile des producteurs de fruits». Elle avait pour objet «la distillation à Plombières de tous les fruits, marcs et vins». Le capital social de l époque, apporté par les sociétaires sous forme d actions de 100F s élevait à 20 000F.Cette somme fut utilisée à l achat d un alambic double. Celui-ci fonctionna dès 1926 avec une production de 709 litres. En 1931, elle atteint 1405 litres puis 2021 litres en 1935. L alambic, itinérant, était aussi installé à Daix, à Larrey et les non actionnaires pouvaient distiller moyennant le paiement de droits. L assemblée générale du 13 février 1942 décide le remboursement des 32 actions qui restaient à amortir et de procéder à la transformation de la société en coopérative. Le 21 janvier 1951 le conseil d administration décide d acheter en co- propriété et par moitié avec la coopérative des producteurs de fruits l immeuble de Monsieur DESVIGNES pour la somme de 300 000 francs. L Union paie la totalité de l achat. La coopérative remboursera sa part avec les intérêts. La dernière assemblée générale (1994) nomme Monsieur DEVILLEBICHOT président et Monsieur MORELOT secrétaire, P BARBIER, B DESVIGNES, B LAMBERT et P POMCARD, membres.
L alambic sera installé une dernière fois au «pâquier» communal pour 3 jours en 1995. Le président étant décédé (1996), les deux sociétés cessent leurs activités, le secrétaire-trésorier assurant la continuité des comptes. Le 17 mars 2008, à la demande de Monsieur MORELOT, M DUBOIS, B LAMBERT et AM MARTIN acceptent de constituer un bureau provisoire en vue de dissoudre les deux syndicats. IL leur est remis toutes les archives. Les descendants des coopérateurs sont convoqués en assemblée générale extraordinaire le 5 mai 2009 (16personnes sont présentes). Le quorum ayant été impossible à définir, une deuxième assemblée générale est convoquée le 9 juin 2009 avec l ordre du jour suivant : - 1- Vente d un local situé 114 rue de Velars, appartenant en indivis au Syndicat des producteurs de cassis et autres fruits et à l Union des producteurs de fruits de Plombières - 2- Vente d un terrain de 1a 8ca, situé également au 114 rue de Velars. Ces deux propriétés ont été acquises en 1988 par échange avec un entrepôt appartenant aux deux syndicats, situé 67 rue de Velars (cour du Perron, actuel parking du magasin Attac). - 3- Dissolution des syndicats - 4- emploi des fonds recueillis : restauration d un tableau et éventuellement des vitraux de l église St Baudèle. DES DONS POUR LA RESTAURATION DU PATRIMOINE Souhaitant utiliser l argent issu des ces ventes à la transmission patrimoniale, les représentants des deux syndicats demandèrent des devis (pour un total de 62 571 ) ; un contrat fut signé avec la municipalité le 7 mai 2010 pour que la collectivité assure : - La réfection de l aspect extérieur de l alambic en vue de son exposition dans un local aménagé par la municipalité - La conservation-restauration de peintures de l église (3 tableaux) - La restauration des vitraux du chœur (6) - La rénovation du plafond et des murs (ogive avant le chœur) - La restauration des boiseries du chœur et la rénovation de la dorure des moulures - La rénovation du marbre du maître-autel La municipalité, ayant accepté ces devis, prit l engagement de faire exécuter ces travaux par les entreprises choisies par les représentants des syndicats. La municipalité a reçu un chèque de 65 731 légèrement supérieur au montant total estimé des travaux, le solde pouvant être utilisé pour d éventuels travaux ou autres plus values.
Les travaux désormais terminés ont rendu tout leur lustre aux différentes pièces restaurées. Chacun peut les admirer à l église.
Education de la vierge et des anges gardiens-anonyme-1615 Saint en extase - anonyme - XVII ème siècle La vierge, l enfant jésus, saint Jean Baptiste et deux anges (anonyme du XVI ème siècle, classé monument historique en 1976). Le tableau atteste de la fascination exercée en Bourgogne par les créateurs d Outre-Monts. C est de Raphaël que s est inspiré le peintre en reprenant certains détails de la «Vierge à la rose» du Prado ainsi que du schéma de la «Madone Esterhazy» du Museum de Budapest. A ces influences semblent s ajouter des souvenirs florentins, notamment de la «Madone entourées de saintes et de saints» de Fra Bartolomeo de la Galerie des Offices (Florence). Ce tableau d une belle qualité d exécution est marqué par la complexité de sa culture et de ses sources et souligne une authentique puissance créatrice de la part de son mystérieux auteur.
De la même façon l alambic qui a retrouvé ses couleurs de jeunesse trouvera bientôt sa place pour être apprécier de tous.. ALAMBIC - Fourni par James LENOIR - CONSTRUCTEUR Rue du Montchapet à DIJON Cette aventure aura pu montrer comment les nourritures terrestres sinon leur valeur marchandeont montré leur complémentarité pour venir au secours des nourritures spirituelles. Remercions ici tous ceux qui ont contribué à la conservation et à la transmission de ce patrimoine qui témoigne du riche passé spirituel et culturel de notre commune. Une prochaine manifestation permettra de célébrer l évènement et de leur rendre hommage.