Un Signal particulier : l Univers

Documents pareils
Pourquoi la nuit est-elle noire? Le paradoxe d Olbers et ses solutions

Comment dit-on qu'une étoile est plus vieille qu'une autre ou plus jeune qu'une autre?

MOND avec ou sans matière noire

Quelques liens entre. l'infiniment petit et l'infiniment grand

Panorama de l astronomie. 7. Spectroscopie et applications astrophysiques

Comprendre l Univers grâce aux messages de la lumière

Les objets très lointains

Chapitre 6 : les groupements d'étoiles et l'espace interstellaire

La Relativité Générale et ses Applications

Une application de méthodes inverses en astrophysique : l'analyse de l'histoire de la formation d'étoiles dans les galaxies

Notre galaxie, la Voie lactée

Le pâle écho lumineux du Big Bang vu par le satellite Planck

TP 2: LES SPECTRES, MESSAGES DE LA LUMIERE

Étude et modélisation des étoiles

Seconde Sciences Physiques et Chimiques Activité ère Partie : L Univers Chapitre 1 Correction. Où sommes-nous?

Ondes gravitationnelles de basses fréquences et relativité

Rayonnements dans l univers

TP 03 B : Mesure d une vitesse par effet Doppler

Parcours Astronomie. Cher Terrien, bienvenue à la Cité des sciences et de l industrie! Voici tes missions :

Le monde fascinant des galaxies

Gaz moléculaire et formation stellaire dans les galaxies proches : maintenant et à l'époque ALMA Jonathan Braine

Vie et mort des étoiles. Céline Reylé Observatoire de Besançon

Chapitre 02. La lumière des étoiles. Exercices :

Le satellite Gaia en mission d exploration

MESURE DE LA MASSE DE LA TERRE

La place de l homme dans l univers. par Trinh Xuan Thuan *

Les galaxies et leur évolution

Correction ex feuille Etoiles-Spectres.

Chapitre 6 La lumière des étoiles Physique

Les moyens d observations en astronomie & astrophysique

TSTI 2D CH X : Exemples de lois à densité 1

Le Soleil. Structure, données astronomiques, insolation.

livret-guide des séances année scolaire

DIFFRACTion des ondes

PHOTO PLAISIRS. La Lumière Température de couleur & Balance des blancs. Mars 2011 Textes et Photos de Bruno TARDY 1

Atelier : L énergie nucléaire en Astrophysique

Exo-planètes, étoiles et galaxies : progrès de l'observation

LE CATALOGUE MESSIER

Le temps Par Laure Abeille Debray et Robin Klajzyngier

Explorons la Voie Lactée pour initier les élèves à une démarche scientifique

Application à l astrophysique ACTIVITE

Le nouveau programme en quelques mots :

Panorama de l astronomie

La physique aujourd hui : objet, énigmes et défis

Energie Nucléaire. Principes, Applications & Enjeux. 6 ème /2015

SYSTEME DE PARTICULES. DYNAMIQUE DU SOLIDE (suite) Table des matières

GAIA Dossier d information. Arpenteur de la Galaxie

L histoire de la Physique, d Aristote à nos jours: Evolution, Révolutions

La physique quantique couvre plus de 60 ordres de grandeur!

INTRODUCTION À LA SPECTROSCOPIE

Lycée français La Pérouse TS. L énergie nucléaire CH P6. Exos BAC

La vie des étoiles. La vie des étoiles. Mardi 7 août

a. Fusion et énergie de liaison des noyaux b. La barrière Coulombienne c. Effet tunnel & pic de Gamov

Notes sur le temps en physique (classique)

Détection en environnement non-gaussien Cas du fouillis de mer et extension aux milieux

FORMATION DES PERSONNES-RESSOURCES EN SCIENCE ET TECHNOLOGIE LE CYCLE DU JOUR ET DE LA NUIT (CYCLE DIURNE)

Par Richard Beauregard. Novembre 2011

Voyage autour (et a l inte rieur) d un trou noir

Simulations hydrodynamiques relativistes de la phase émission rémanente dans les GRB. Séminaire au L.U.Th, Observatoire de Paris

LA TERRE TOURNE-T-ELLE VRAIMENT? Ernst Mach, le pendule de Foucault et l origine des forces d inertie

Professeur Nébil BEN NESSIB

On ne peut pas entendre la forme d un tambour

Radio sources: données utiles pour la mesure et l'optimisation des équipements EME

a. La masse de Jeans b. Le support des nuages moléculaires -Séquence Principale (PMS)

Éclairage naturel L5C 2009/2010. Aurore BONNET

Lancement de la mission GAIA, jeudi 19 décembre 2013 au LUPM à partir de 9h15

THEME 3. L UNIVERS CHAP 2. LES SPECTRES MESSAGES DE LA LUMIERE DES ETOILES.

Un spectromètre à fibre plus précis, plus résistant, plus pratique Concept et logiciel innovants

ASTROPHYSIQUE. Aurélien Barrau et Gaëlle Boudoul sont chercheurs à l Institut des sciences nucléaires de Grenoble (CNRS/université Joseph-Fourier).

nucléaire 11 > L astrophysique w Science des étoiles et du cosmos

LE LIVRE DES KINS L épopée Galactique du libre-arbitre.

FORMATION ET FONCTIONNEMENT D'UNE ETOILE

Les mathématiques du XXe siècle

POLY-PREPAS Centre de Préparation aux Concours Paramédicaux. - Section Audioprothésiste / stage i-prépa intensif -

Principes généraux de la modélisation de la dispersion atmosphérique

Le second nuage : questions autour de la lumière

L'astrophotographie au Cercle

Chapitre 9 : Applications des lois de Newton et Kepler à l'étude du mouvement des planètes et des satellites

Introduction à la relativité générale

Reconstruction de bâtiments en 3D à partir de nuages de points LIDAR

COTTAZ Céline DESVIGNES Emilie ANTHONIOZ-BLANC Clément VUILLERMET DIT DAVIGNON Nicolas. Quelle est la trajectoire de la Lune autour de la Terre?

Découvrir la voûte céleste c est avant tout une balade dans le ciel qui nous entoure. Mais pour se promener d une étoile ou d une galaxie à une

OBJECTIF PORTES DU SOLEIL, A la découverte d une galaxie étrange

Niveau 2 nde THEME : L UNIVERS. Programme : BO spécial n 4 du 29/04/10 L UNIVERS

TABLE DES MATIERES. C Exercices complémentaires 42

«Les Variabilistes II» Mission T60

La magnitude des étoiles

Qu est-ce qu un ordinateur quantique et à quoi pourrait-il servir?

Magnitudes des étoiles

Les rayons cosmiques primaires chargés

Utilisation du Cloud StratusLab dans le cadre d application astroparticule à l APC

DYNAMIQUE DE FORMATION DES ÉTOILES

Activité 1 : Rayonnements et absorption par l'atmosphère - Correction

Michel Le Bellac. HAL Id: cel

Les équations n ont pas de préjugés

TOUT CE QUE VOUS AVEZ VOULU SAVOIR SUR MERCURE

La base de données régionale sur les sols. d Alsace. La base de données régionale sur les sols d Alsace

1S9 Balances des blancs

Transcription:

Un Signal particulier : l Univers Albert Bijaoui Observatoire de la Côte d'azur 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 1

Plan de l exposé n Les Comptages de Galaxies n L Univers & la Cosmologie n L Univers est-il fractal? n La cartographie actuelle de l Univers nles rides de l Univers n La composition de l Univers nformation des structures & texture de l Univers 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 2/54

Les Comptages de Galaxies 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 3/54

L inventaire du ciel à partir du XVIII ème siècle n Herschel et son télescope n Catalogue de Messier n Nature des nébuleuses? 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 4/54

L Identification des Galaxies n Céphéïdes de la galaxie d Andromède (M31) n Distance de celle-ci Hubble 1923 n Galaxies briques de l Univers 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 5/54

Le Comptage de Shapley-Ames n Existence de groupes de galaxies n Existe-t-il des groupes de groupes? 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 6/54

Le comptage de Shane-Wirtanen n Il existe d autres éléments texturaux: Des filaments Des vides n Comment décrire la texture de l Univers? 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 7/54

Processus de Neymann nneymann & Scott interprètent cette distribution en introduisant un processus statistique hiérarchique Les centres d amas sont distribués au hasard Les galaxies sont distribuées dans les amas selon une loi de densité fixée n Modèle très imparfait 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 8/54

L Univers comme Signal n Champ aléatoire > Matière interstellaire nles galaxies marqueurs d un champ de de densité npropriétés statistiques de la densité des galaxies > Fonction de corrélation n Polémique Berkeley / Chicago Mesurabilité de la fonction de corrélation n Peebles > corrélation des galaxies 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 9/54

Homogénéité & Fluctuations nrésultat de Peebles : ξ ( r) = nla Cosmologie est basée sur le principe suivant : L Univers est homogène et isotrope nl observation d une telle corrélation met-elle en cause ce principe? 1 r γ 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 10/54

L Univers & la Cosmologie 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 11/54

L Univers des anciens n L astronomie mythique La Terre et les Cieux sont faits pour l Homme n La Sphère des Fixes: Platon La Terre est immobile Les étoiles sont sur la sphère des fixes Le Soleil, la Lune et les planètes se déplacent sur cette sphère n L Almageste (Ptolémée) Théorie Géocentrique du mouvement du Soleil, de la Lune et des planètes 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 12/54

La révolution Copernicienne(1543) n L héliocentrisme conduit à modifier la place de l homme dans l Univers n Bruno professe la pluralité des mondes n Suite à l énoncé par Kepler des lois du mouvement des planètes, Newton introduit la Gravitation Universelle 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 13/54

La Pluralité des Mondes n Entretiens sur la Pluralité des Mondes Fontenelle (1686) n Concept moderne d Univers n Les Univers-Iles de Kant (1754) n Refus d un Centre de l Univers n Il n y pas de point privilégié n Homogénéité et Isotropie n Le Paradoxe d Olbers (1823) Homogénéité & isotropie > l intensité lumineuse dans toute direction est celle de la surface solaire 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 14/54

n La Relativité Générale Les Masses courbent l espace n La Courbure de l Univers n Le Modèle d Einstein (1917) L Univers est homogène et isotrope La Constante Cosmologique n Le Modèle de Friedmann (1922) Modéliser l Univers 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 15/54

Expansion et Vitesse n L abbé Lemaître déduit que Les variations de la courbure conduisent à une vitesse apparente des galaxies Valeur de la constante de Hubble Détermination de l âge de l Univers Singularité initiale 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 16/54

La loi de Hubble (1929) 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 17/54

n Alpher - Bethe - Gamov (1948) n La remontée dans le Temps n Le fond cosmologique (Penzias, Wilson 1965) n L Horizon cosmologique n L Origine des éléments Le Modèle du Big-Bang 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 18/54

L Univers est-il Fractal? 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 19/54

Hiérarchie des structures 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 20/54

Le superamas de VIRGO 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 21/54

Le Grand Mur dans Coma 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 22/54

Le Modèle de Charlier n Le modèle hiérarchique de Fournier d Albe n Généralisation à une hiérarchie plus aléatoire n L existence d une hiérarchie de structures entraîne la limitation du fond de ciel 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 23/54

Spectre de la distribution des galaxies n Corrélation des galaxies > loi de puissance n Alternative au Big- Bang : non n Turbulence cosmique 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 24/54

Vision actuelle de la structuration de l Univers Richard Gott et al. A map of the Universe (2003) 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 25

La Terre et son environnement 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 26/54

Le Système Solaire 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 27/54

Le Nuage de Oort 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 28/54

La voie lactéee 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 29/54

L amas local 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 30/54

L Univers lointain 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 31/54

Les Rides de l Univers 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 32/54

Le Fond Cosmologique nrayonnement à 3 K norigine ndipôle dû au mouvement 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 33/54

Les émissions d avant plan 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 34/54

Fluctuations COBE / WMAP 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 35/54

Spectre du fond cosmologique 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 36/54

La composition de l Univers 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 37/54

La Matière Baryonique n Son taux est déterminé par la nucléosynthèse primordiale n Il serait autour de 0.05 n La matière visible est de 0.01 n Le reste de la matière serait la forme De gaz très froid (hydrogène) D objets massifs non lumineux 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 38/54

La Matière Noire n Le paradoxe de Zwicky La masse des amas de galaxies est bien plus grande que la somme des masses de toutes ses galaxies. n La Rotation des bords des galaxies La rotation des galaxies spirales induit la présence d une importante masse cachée n Les lentilles gravitationnelles 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 39/54

Le taux de matière noire nla distribution actuelle des galaxies et la fluctuation du fond cosmologique conduit à une densité de l ordre de 0.25 de matière massive, dite froide ncette matière aurait très peu d interaction avec la matière baryonique non se perd en conjectures sur la nature de cette matière 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 40/54

L Énergie noire n La Constante cosmologique Λ serait de 0.7 nles physiciens des particules ont parfois interprété cette constante comme l énergie du vide naujourd hui on la désigne sous le terme d énergie noire non se perd en conjectures sur sa nature Cela complèterait à 1 la densité de l Univers: l Univers serait plat 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 41/54

Formation des structures Texture de l Univers 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 42/54

Formation et évolution des structures de l Univers: nl ordinateur permet de réaliser des films montrant comment se forment et évoluent toutes les structures de l Univers nle scénario dépend de paramètres ajustables nil y a un aller-retour entre les résultats de simulation et les données observables n Nécéssité de bons indicateurs statistiques 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 43/54

La simulation d Univers 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 44/54

Les structures simulées 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 45/54

Quelques indicateurs n Statistiques de comptage Probabilité de vide n Corrélation & Analyse spectrale Fonctions de corrélation à n-points Densité spectrale Bi-spectre n Non-Gaussiannité Asymétrie Aplatissement Néguentropie n Fractalité Dimension fractale Spectre des singularités n Morphologie Percolation Les fonctionnelles de Minkowski Le Génus n Décomposition sur différentes bases Ondelettes orthogonales Ondelettes isotropes Ridgelets, Curvelets, Beamlets Karhunen-Loève 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 46/54

L algorithme à trous n On effectue des lissages avec un pas proportionnel à l échelle n Filtre binômial 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 47/54

Exemple Galaxie NGC2997 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 48/54

13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 49/54

Décomposition en ondelettes d un comptage de galaxies 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 50/54

Décomposition sur la sphère 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 51/54

Exemples de simulation ncdm / HDM 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 52/54

Indicateur Morphologie/Ondelette n Il s agit de tester l existence de structures filamentaires n La transformée en ondelettes permet de décomposer en structures à différentes échelles n Calcul d un indice morphologique Surface / Volume 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 53/54

Conclusion nle modèle du Big-Bang reste la base de la Cosmologie actuelle nla formation des structures peut être simulée numériquement nla texture résultante est d une très grande richesse : amas, superamas, filaments, murs, grands vides nles astronomes sont intéressés par tout nouvel indicateur statistique afin d évaluer les paramètres du scénario 13 janvier 2005 INRIA - Colloquium Morgenstern 54/54