Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images



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N d ordre 04ISAL0042 Année 2004 Thèse Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images présentée devant L Institut National des Sciences Appliquées de Lyon Pour obtenir le grade de Docteur Ecole doctorale : Electronique, Electrotechnique, Automatique Spécialité : Images et Systèmes par Tari ZOUAGUI Soutenue le 08/10/04 devant la Commission d examen Jury Examinateur Olivier Basset Professeur (UCBL) Examinateur Hugues Benoit-Cattin Maître de Conférences (Insa de Lyon) Rapporteur Patrice Dalle Professeur (UPS) Directeur de thèse Christophe Odet Professeur (Insa de Lyon) Examinateur Jac-Gérard Postaire Professeur (USTL) Rapporteur Marinette Revenu Professeur (ENSICAEN) CREATIS

Résumé La segmentation d image est une opération de traitement d images de bas niveau qui consiste à localiser dans une image les régions (ensembles de pixels) appartenant à une même structure (objets ou scène imagés). Cette opération est à la base de nombreuses applications tant en vision industrielle, qu en imagerie médicale. De nombreuses recherches ont eu lieu dans le passé sur les méthodes de segmentation. Il en résulte un très grand nombre de méthodes dont la comparaison, soit en terme de structure soit en terme de performance, est très difficile. L objectif de cette thèse est de proposer une nouvelle vision de la segmentation d images basée sur un modèle fonctionnel (MF) original. Ce modèle qui décrit la segmentation en termes de fonctions, se présente sous la forme d un opérateur de segmentation (OS). L OS est composé de cinq blocs élémentaires enchaînés au cours d un processus itératif qui correspond au processus de segmentation. Ce modèle fonctionnel unifie les méthodes de segmentation sous un formalisme commun et permet une meilleure compréhension de ces méthodes. En effet, la modélisation avec la même logique de techniques de segmentation (simple ou complexe) a priori totalement différentes a été obtenue et implantée. Cela a permis de montrer la généricité du modèle proposé et son utilité pour la structuration et l implantation logicielle de nombreuses méthodes de segmentation. Nous avons également proposé un modèle multi-opérateurs permettant la représentation de méthodes complexes telles que les méthodes multirésolution ou les méthodes multiagents. Les modélisations qui ont conduit à un certain nombre de blocs fonctionnels indépendants, ont servi à la réalisation d un logiciel modulaire dénommé GenSeg. Ce logiciel peut aider à terme à construire de nouvelles techniques de segmentation. 2

Abstract Image segmentation is a low-level image processing operation, which consists in recognizing homogeneous regions within an image as distinct and belonging to different objects. A wide range of wors has been undertaen to achieve this aim and segmentation has been used in applications ranging from industrial to medical uses. One of the results, is a very great number of segmentation methods, which maes the tas of comparing them a very difficult challenge. We propose a new approach of the image segmentation methods based on a functional model (FM). The core of the functional model is a segmentation operator (SO) composed of five elementary blocs called in an iterative process. The functional model unifies segmentation methods under the same framewor and allows a better understanding of these methods. Indeed, the decomposition with the same logical way of various segmentation techniques has been obtained and implemented. This showed the genericity of the model and its usefulness in structuring and implementing segmentation methods. We propose also a multioperator model which represents complex segmentation methods lie multiresolution or agent-based methods. The decompositions led to independent functional blocs which have been used to realize a modular software called GenSeg. This software can help in implementing segmentation techniques and in building new methods as well. 3

Ecoles Doctorales CHIMIE DE LYON Responsable : M. Denis SINOU Université Claude Bernard Lyon 1 Lab Synthèse Asymétrique UMR UCB/CNRS 5622 Bât 308, 2 ème étage 43 bd du 11 novembre 1918 69622 VILLEURBANNE Cedex Tél : 04.72.44.81.83 sinou@univ-lyon1.fr ECONOMIE, ESPACE ET MODELISATION DES COMPORTEMENTS (E2MC) Responsable : M. Alain BONNAFOUS Université Lyon 2, 14 avenue Berthelot, MRASH Laboratoire d Economie des Transports 69363 LYON Cedex 07 Tél : 04.78.69.72.76 Alain.Bonnafous@mrash.fr ELECTRONIQUE, ELECTROTECHNIQUE, AUTOMATIQUE (EEA) Responsable : M. Daniel BARBIER INSA DE LYON Laboratoire Physique de la Matière, Bât. Blaise Pascal 69621 VILLEURBANNE Cedex Tél : 04.72.43.64.43 http://www.insa-lyon.fr/eea Daniel.Barbier@insa-lyon.fr EVOLUTION, ECOSYSTEME, MICROBIOLOGIE, MODELISATION (E2M2) Responsable : M. Jean-Pierre FLANDROIS UMR 5558 Biométrie et Biologie Evolutive Equipe Dynamique des Populations Bactériennes Faculté de Médecine Lyon-Sud Laboratoire de Bactériologie BP 1269600 OULLINS Tél : 04.78.86.31.50 Jean-Pierre.Flandrois@biomserv.univ-lyon1.fr http://biomserv.univ-lyon1.fr/e2m2 INFORMATIQUE ET INFORMATION POUR LA SOCIETE (EDIIS) Responsable : M. Lionel BRUNIE INSA DE LYON EDIIS, Bât. Blaise Pascal 69621 VILLEURBANNE Cedex Tél : 04.72.43.60.55 4

lbrunie@if.insa-lyon.fr http://www.insa-lyon.fr/ediis INTERDISCIPLINAIRE SCIENCES-SANTE (EDISS) Responsable : M. Alain Jean COZZONE IBCP (UCBL1) 7 passage du Vercors 69367 LYON Cedex 07 Tél : 04.72.72.26.75 cozzone@ibcp.fr http://www.ibcp.fr/ediss MATERIAUX DE LYON Responsable : M. Jacques JOSEPH Ecole Centrale de Lyon Bât F7 Lab. Sciences et Techniques des Matériaux et des Surfaces 36 Avenue Guy de Collongue BP 163 69131 ECULLY Cedex Tél : 04.72.18.62.51 Jacques.Joseph@ec-lyon.fr http://www.ec-lyon.fr/sites/edml MATHEMATIQUES ET INFORMATIQUE FONDAMENTALE (Math IF) Responsable : M. Franc WAGNER Université Claude Bernard Lyon1 Institut Girard Desargues UMR 5028 MATHEMATIQUES, Bât. Doyen Jean Braconnier Bureau 101 Bis, 1 er étage 69622 VILLEURBANNE Cedex Tél : 04.72.43.27.86 wagner@desargues.univ-lyon1.fr http://www.ens-lyon.fr/mathis MECANIQUE, ENERGETIQUE, GENIE CIVIL, ACOUSTIQUE (MEGA) Responsable : M. François SIDOROFF Ecole Centrale de Lyon Lab. Tribologie et Dynamique des Systèmes, Bât G8 36 avenue Guy de Collongue BP 163 69131 ECULLY Cedex Tél :04.72.18.62.14 Francois.Sidoroff@ec-lyon.fr http://www.lmfa.ec-lyon.fr/autres/mega/index.html 5

Juin 2004 INSTITUT NATIONAL DES SCIENCES APPLIQUEES DE LYON Directeur : STORCK A. Professeurs : AMGHAR Y. AUDISIO S. BABOT D. BABOUX J.C. BALLAND B. BAPTISTE P. BARBIER D. BASKURT A. BASTIDE J.P. BAYADA G. BENADDA B. BETEMPS M. BIENNIER F. BLANCHARD J.M. BOISSE P. BOISSON C. BOIVIN M. (Prof. émérite) BOTTA H. BOTTA-ZIMMERMANN M. (Mme) BOULAYE G. (Prof. émérite) BOYER J.C. BRAU J. BREMOND G. BRISSAUD M. BRUNET M. BRUNIE L. BUFFIERE J-Y. BUREAU J.C. CAMPAGNE J-P. CAVAILLE J.Y. CHAMPAGNE J-Y. CHANTE J.P. CHOCAT B. COMBESCURE A. COURBON COUSIN M. DAUMAS F. (Mme) DJERAN-MAIGRE I. DOUTHEAU A. DUBUY-MASSARD N. DUFOUR R. DUPUY J.C. EMPTOZ H. ESNOUF C. EYRAUD L. (Prof. émérite) FANTOZZI G. FAVREL J. FAYARD J.M. FAYET M. (Prof. émérite) FAZEKAS A. FERRARIS-BESSO G. FLAMAND L. FLEURY E. FLORY A. FOUGERES R. FOUQUET F. FRECON L. (Prof. émérite) GERARD J.F. GERMAIN P. GIMENEZ G. GOBIN P.F. (Prof. émérite) GONNARD P. GONTRAND M. LIRIS PHYSICOCHIMIE INDUSTRIELLE CONT. NON DESTR. PAR RAYONNEMENTS IONISANTS GEMPPM*** PHYSIQUE DE LA MATIERE PRODUCTIQUE ET INFORMATIQUE DES SYSTEMES MANUFACTURIERS PHYSIQUE DE LA MATIERE LIRIS LAEPSI**** MECANIQUE DES CONTACTS LAEPSI**** AUTOMATIQUE INDUSTRIELLE PRODUCTIQUE ET INFORMATIQUE DES SYSTEMES MANUFACTURIERS LAEPSI**** LAMCOS VIBRATIONS-ACOUSTIQUE MECANIQUE DES SOLIDES UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Développement Urbain UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Développement Urbain INFORMATIQUE MECANIQUE DES SOLIDES CENTRE DE THERMIQUE DE LYON - Thermique du bâtiment PHYSIQUE DE LA MATIERE GENIE ELECTRIQUE ET FERROELECTRICITE MECANIQUE DES SOLIDES INGENIERIE DES SYSTEMES D INFORMATION GEMPPM*** CEGELY* PRISMA GEMPPM*** LMFA CEGELY*- Composants de puissance et applications UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Hydrologie urbaine MECANIQUE DES CONTACTS GEMPPM UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Structures CENTRE DE THERMIQUE DE LYON - Energétique et Thermique UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL CHIMIE ORGANIQUE ESCHIL MECANIQUE DES STRUCTURES PHYSIQUE DE LA MATIERE RECONNAISSANCE DE FORMES ET VISION GEMPPM*** GENIE ELECTRIQUE ET FERROELECTRICITE GEMPPM*** PRODUCTIQUE ET INFORMATIQUE DES SYSTEMES MANUFACTURIERS BIOLOGIE FONCTIONNELLE, INSECTES ET INTERACTIONS MECANIQUE DES SOLIDES GEMPPM MECANIQUE DES STRUCTURES MECANIQUE DES CONTACTS CITI INGENIERIE DES SYSTEMES D INFORMATIONS GEMPPM*** GEMPPM*** REGROUPEMENT DES ENSEIGNANTS CHERCHEURS ISOLES INGENIERIE DES MATERIAUX POLYMERES LAEPSI**** CREATIS** GEMPPM*** GENIE ELECTRIQUE ET FERROELECTRICITE PHYSIQUE DE LA MATIERE 6

GOUTTE R. (Prof. émérite) CREATIS** GOUJON L. GEMPPM*** GOURDON R. LAEPSI****. GRANGE G. (Prof. émérite) GENIE ELECTRIQUE ET FERROELECTRICITE GUENIN G. GEMPPM*** GUICHARDANT M. BIOCHIMIE ET PHARMACOLOGIE GUILLOT G. PHYSIQUE DE LA MATIERE GUINET A. PRODUCTIQUE ET INFORMATIQUE DES SYSTEMES MANUFACTURIERS GUYADER J.L. VIBRATIONS-ACOUSTIQUE GUYOMAR D. GENIE ELECTRIQUE ET FERROELECTRICITE HEIBIG A. MATHEMATIQUE APPLIQUEES DE LYON JACQUET-RICHARDET G. MECANIQUE DES STRUCTURES JAYET Y. GEMPPM*** JOLION J.M. RECONNAISSANCE DE FORMES ET VISION JULLIEN J.F. UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Structures JUTARD A. (Prof. émérite) AUTOMATIQUE INDUSTRIELLE KASTNER R. UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Géotechnique KOULOUMDJIAN J. (Prof. émérite) INGENIERIE DES SYSTEMES D INFORMATION LAGARDE M. BIOCHIMIE ET PHARMACOLOGIE LALANNE M. (Prof. émérite) MECANIQUE DES STRUCTURES LALLEMAND A. CENTRE DE THERMIQUE DE LYON - Energétique et thermique LALLEMAND M. (Mme) CENTRE DE THERMIQUE DE LYON - Energétique et thermique LAREAL P (Prof. émérite) UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Géotechnique LAUGIER A. (Prof. émérite) PHYSIQUE DE LA MATIERE LAUGIER C. BIOCHIMIE ET PHARMACOLOGIE LAURINI R. INFORMATIQUE EN IMAGE ET SYSTEMES D INFORMATION LEJEUNE P. UNITE MICROBIOLOGIE ET GENETIQUE LUBRECHT A. MECANIQUE DES CONTACTS MASSARD N. INTERACTION COLLABORATIVE TELEFORMATION TELEACTIVITE MAZILLE H. (Prof. émérite) PHYSICOCHIMIE INDUSTRIELLE MERLE P. GEMPPM*** MERLIN J. GEMPPM*** MIGNOTTE A. (Mle) INGENIERIE, INFORMATIQUE INDUSTRIELLE MILLET J.P. PHYSICOCHIMIE INDUSTRIELLE MIRAMOND M. UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Hydrologie urbaine MOREL R. (Prof. émérite) MECANIQUE DES FLUIDES ET D ACOUSTIQUES MOSZKOWICZ P. LAEPSI**** NARDON P. (Prof. émérite) BIOLOGIE FONCTIONNELLE, INSECTES ET INTERACTIONS NAVARRO Alain (Prof. émérite) LAEPSI**** NELIAS D. LAMCOS NIEL E. AUTOMATIQUE INDUSTRIELLE NORMAND B. GEMPPM NORTIER P. DREP ODET C. CREATIS** OTTERBEIN M. (Prof. émérite) LAEPSI**** PARIZET E. VIBRATIONS-ACOUSTIQUE PASCAULT J.P. INGENIERIE DES MATERIAUX POLYMERES PAVIC G. VIBRATIONS-ACOUSTIQUE PECORARO S. GEMPPM PELLETIER J.M. GEMPPM*** PERA J. UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Matériaux PERRIAT P. GEMPPM*** PERRIN J. INTERACTION COLLABORATIVE TELEFORMATION TELEACTIVITE PINARD P. (Prof. émérite) PHYSIQUE DE LA MATIERE PINON J.M. INGENIERIE DES SYSTEMES D INFORMATION PONCET A. PHYSIQUE DE LA MATIERE POUSIN J. MODELISATION MATHEMATIQUE ET CALCUL SCIENTIFIQUE PREVOT P. INTERACTION COLLABORATIVE TELEFORMATION TELEACTIVITE PROST R. CREATIS** RAYNAUD M. CENTRE DE THERMIQUE DE LYON - Transferts Interfaces et Matériaux REDARCE H. AUTOMATIQUE INDUSTRIELLE RETIF J-M. CEGELY* REYNOUARD J.M. UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Structures RICHARD C. LGEF RIGAL J.F. MECANIQUE DES SOLIDES RIEUTORD E. (Prof. émérite) MECANIQUE DES FLUIDES ROBERT-BAUDOUY J. (Mme) (Prof. émérite) GENETIQUE MOLECULAIRE DES MICROORGANISMES ROUBY D. GEMPPM*** ROUX J.J. CENTRE DE THERMIQUE DE LYON Thermique de l Habitat RUBEL P. INGENIERIE DES SYSTEMES D INFORMATION SACADURA J.F. CENTRE DE THERMIQUE DE LYON - Transferts Interfaces et Matériaux SAUTEREAU H. INGENIERIE DES MATERIAUX POLYMERES SCAVARDA S. (Prof. émérite) AUTOMATIQUE INDUSTRIELLE SOUIFI A. PHYSIQUE DE LA MATIERE SOUROUILLE J.L. INGENIERIE INFORMATIQUE INDUSTRIELLE THOMASSET D. AUTOMATIQUE INDUSTRIELLE 7

THUDEROZ C. UBEDA S. VELEX P. VERMANDE P. (Prof émérite) VIGIER G. VINCENT A. VRAY D. VUILLERMOZ P.L. (Prof. émérite) ESCHIL Equipe Sciences Humaines de l Insa de Lyon CENTRE D INNOV. EN TELECOM ET INTEGRATION DE SERVICES MECANIQUE DES CONTACTS LAEPSI GEMPPM*** GEMPPM*** CREATIS** PHYSIQUE DE LA MATIERE Directeurs de recherche C.N.R.S. : BERTHIER Y. CONDEMINE G. COTTE-PATAT N. (Mme) ESCUDIE D. (Mme) FRANCIOSI P. MANDRAND M.A. (Mme) POUSIN G. ROCHE A. SEGUELA A. VERGNE P. Directeurs de recherche I.N.R.A. : FEBVAY G. GRENIER S. RAHBE Y. Directeurs de recherche I.N.S.E.R.M. : KOBAYASHI T. PRIGENT A.F. (Mme) MAGNIN I. (Mme) MECANIQUE DES CONTACTS UNITE MICROBIOLOGIE ET GENETIQUE UNITE MICROBIOLOGIE ET GENETIQUE CENTRE DE THERMIQUE DE LYON GEMPPM*** UNITE MICROBIOLOGIE ET GENETIQUE BIOLOGIE ET PHARMACOLOGIE INGENIERIE DES MATERIAUX POLYMERES GEMPPM*** LaMcos BIOLOGIE FONCTIONNELLE, INSECTES ET INTERACTIONS BIOLOGIE FONCTIONNELLE, INSECTES ET INTERACTIONS BIOLOGIE FONCTIONNELLE, INSECTES ET INTERACTIONS PLM BIOLOGIE ET PHARMACOLOGIE CREATIS** * CEGELY CENTRE DE GENIE ELECTRIQUE DE LYON ** CREATIS CENTRE DE RECHERCHE ET D APPLICATIONS EN TRAITEMENT DE L IMAGE ET DU SIGNAL ***GEMPPM GROUPE D'ETUDE METALLURGIE PHYSIQUE ET PHYSIQUE DES MATERIAUX ****LAEPSI LABORATOIRE D ANALYSE ENVIRONNEMENTALE DES PROCEDES ET SYSTEMES INDUSTRIELS 8

Remerciements Je tiens tout d abord à remercier chaleureusement mon directeur de thèse M. Christophe Odet pour sa rigueur scientifique, son esprit d ouverture et sa disponibilité. Il a su m encourager et me guider dans la bonne direction tout au long de ces trois ans et demi de thèse. Je remercie aussi M. Hugues Benoit-Cattin pour avoir co-dirigé ce travail, de m avoir fait profiter de son expérience. Il m a fournit de nombreux et précieux conseils, notre collaboration a été des plus agréables. J adresse mes remerciements à Madame Marinette Revenu, Professeur à l université de Caen, pour avoir accepté d être rapporteur de cette thèse et pour le temps qu elle a consacré à la lecture de ce manuscrit ainsi qu aux remarques judicieuses qu elle a prodiguée pour préciser certains aspects de ce travail. Je remercie également, Monsieur Patrice Dalle, Professeur à l université Paul Sabatier, pour avoir bien voulu rapporté mon travail de thèse. Je lui suis reconnaissant pour le temps qu il a consacré à la lecture, à l évaluation de ce travail et à son point de vue très enrichissant. Mes remerciements vont également à Monsieur Jac-Gérard Postaire, Professeur à l université des sciences et de la technologie de Lille qui m a fait l honneur de présider le jury de thèse, ainsi qu a Monsieur Olivier Basset, Professeur à l université Claude Bernard de Lyon, pour avoir accepté le rôle d examinateur critique dans ce jury. Ce travail de thèse a pu être mené à son terme grâce à la contribution de nombreuses personnes, je tiens à toutes les remercier ici. Mes remerciements vont aussi à tous mes collègues de CREATIS que j ai côtoyé au quotidien pour la bonne ambiance. 9

Merci enfin à mes parents qui m ont aidé, soutenu et pour m avoir offert la chance de faire toutes mes études. 10

Table des matières 1 Introduction...15 1.1 CONTEXTE ET PROBLÉMATIQUE... 15 1.2 OBJECTIF ET PLAN DE LA THÈSE... 16 2 Etat de l art...18 2.1 NOTIONS DE BASE... 18 2.2 APPROCHES MATHÉMATIQUES... 21 2.3 APPROCHES ORIENTÉES SYSTÈMES COMPLEXES... 23 2.4 APPROCHES ORIENTÉES SYSTÈMES À BASE DE CONNAISSANCES... 25 2.5 CONCLUSIONS... 27 3 Modèle fonctionnel...29 3.1 INTRODUCTION... 29 3.2 VUE D ENSEMBLE... 29 3.3 ARCHITECTURE DU MODÈLE... 30 3.3.1 Bloc Mesures... 30 3.3.2 Bloc Critère... 32 3.3.3 Bloc Contrôle... 34 3.3.4 Bloc Modification... 35 3.3.5 Bloc Arrêt... 36 3.4 STRATÉGIE DE DÉCOMPOSITION... 37 3.5 CONCLUSION... 40 4 Décomposition de méthodes de segmentation dans un modèle mono-opérateur...41 4.1 INTRODUCTION... 41 4.2 MÉTHODE PAR ARBRE QUATERNAIRE... 42 4.3 MÉTHODE MARKOVIENNE... 45 4.4 MÉTHODE DE CONTOUR ACTIF... 51 4.5 MÉTHODE PAR AGENTS... 58 4.6 BILAN DES DÉCOMPOSITIONS MONO-OPÉRATEURS... 66 11

5 Modèle générique multi-opérateurs...68 5.1 INTRODUCTION... 68 5.2 ANALYSE ET DÉCOMPOSITION D APPROCHES COOPÉRATIVES... 69 5.2.1 Vue d ensemble... 69 5.2.2 Décomposition fonctionnelle d une approche séquentielle... 71 5.2.3 Décomposition fonctionnelle d une approche hybride... 75 5.2.4 Coopération dans les méthodes par agents et modèle fonctionnel... 77 5.3 ANALYSE ET DÉCOMPOSITION D APPROCHES MULTIRÉSOLUTION... 81 5.3.1 Vue d ensemble des méthodes de segmentation multirésolution... 81 5.3.2 Modèle multirésolution... 82 5.3.3 Décomposition d une méthode multirésolution... 86 5.4 BILAN... 92 6 Implantation du modèle fonctionnel...94 6.1 INTRODUCTION... 94 6.2 PARADIGME DE PROGRAMMATION... 94 6.3 STRUCTURE DE DONNÉES ET MODÈLE GÉNÉRIQUE... 95 6.4 LOGICIEL GENSEG... 97 6.5 GÉNÉRICITÉ LOGICIELLE... 102 6.6 CONCLUSION... 103 7 Conclusion et perspectives...105 Annexes...108 Bibliographie...119 12

Table des figures Figure 1 : Modèle fonctionnel de segmentation d images... 30 Figure 2 : Représentation graphique du contrôle linéaire par seuillage... 35 Figure 3 : (a) Découpage d une image par arbre quaternaire. (b) Représentation arborescente... 42 Figure 4 : Décomposition fonctionnelle d une segmentation par arbre quaternaire.. 44 Figure 5 : Résultat obtenu pour l arbre quaternaire sur l image Lena.... 44 Figure 6 : Evolution du critère global de l arbre quaternaire pour l image Lena... 45 Figure 7 : Systèmes de voisinage en 8-connexité et cliques d ordre 2 correspondantes... 48 Figure 8 : Décomposition fonctionnelle d une segmentation par approche Marovienne.... 50 Figure 9 : Résultat obtenu pour l approche Marovienne sur une image synthétique carrés... 51 Figure 10 : Evolution du critère global pour une segmentation Marovienne sur l image carrés... 51 Figure 11 : Décomposition fonctionnelle d une segmentation par contour actif... 55 Figure 12 : Résultat obtenu pour la méthode de contour actif.... 57 Figure 13 : Evolution du critère global pour une segmentation par contour actif.... 58 Figure 14 : Comportement d un agent situé sur un segment homogène.... 61 Figure 15 : Comportement de diffusion d un agent... 61 Figure 16 : Voisinage circulaire d un agent à la position (i,j)... 62 Figure 17 : Comportements et règles d évolution d un agent autonome... 63 Figure 18 : Blocs fonctionnels obtenus pour la segmentation par agents de Liu... 64 Figure 19 : Segmentation par agents d une image synthétique... 65 Figure 20 : Schéma général du modèle fonctionnel complexe.... 68 Figure 21 : Stratégie de coopération de méthodes par initialisation (séquentielle)... 69 Figure 22 : Stratégie de coopération hybride de méthodes de segmentation... 70 Figure 23 : Stratégie de coopération de méthodes par fusion d information (parallèle).... 71 Figure 24 : Décomposition fonctionnelle d une méthode de fusion de régions... 73 Figure 25 : Décomposition fonctionnelle d une segmentation par split&merge... 74 Figure 26 : Résultats obtenus de la division-fusion sur l image bruit.... 74 Figure 27 : Modèle fonctionnel pour l opérateur de dilatation.... 75 Figure 28 : Modèle fonctionnel pour l opérateur de contraction d histogramme.... 76 Figure 29 : Décomposition fonctionnelle d une segmentation par croissance de régions... 76 Figure 30 : Résultats obtenus avec la croissance de régions sur une image synthétique.... 77 13

Figure 31 : Segmentation issue de la décomposition fonctionnelle d un agent contour.... 80 Figure 32 : Pyramide Gaussienne.... 81 Figure 33 : Schéma bloc du modèle fonctionnel générique multirésolution... 83 Figure 34 : Schéma du macro bloc générique Construction Pyramide... 84 Figure 35 : Schéma général du macro bloc Segmentation... 85 Figure 36 : Schéma général du macro bloc Projection.... 86 Figure 37 : Représentation d une pyramide reliée avec P=2 et F=4... 87 Figure 38 : Macro bloc Construction Pyramide de la méthode de Burt... 88 Figure 39 : Macro bloc Segmentation pour la méthode de Burt... 89 Figure 40 : Opérateur de segmentation Redéfinition des liaisons parent-enfants identique à l OS de la méthode Marovienne (figure 8). Les éléments supprimés sont barrés sur le schéma dans les blocs Mesures et Critère.... 91 Figure 41 : Construction d une pyramide : Image Lena (0), résolutions inférieures (1-5).... 91 Figure 42 : Résultat de la segmentation multirésolution par la méthode de Burt... 92 Figure 43 : Liste des classes Process pour le bloc Mesures... 96 Figure 44 : Structure interne de la classe vtgensegdata... 97 Figure 45 : Interface graphique de segmentation basée sur le modèle fonctionnel.. 99 Figure 46 : Interface pour la gestion des mesures dans GenSeg... 100 Figure 47 : Interface pour le bloc Critère.... 101 Figure 48 : Interfaces pour les blocs Contrôle et Modification.... 101 Figure 49 : Résultat (c ) obtenu avec l opérateur de segmentation composé par des blocs fonctionnels issus de décompositions précédentes. Mesures (Variance, Moyenne) + Critère (Combinaison binaire) + Contrôle (Adaptatif) + Modification (Division quaternaire)... 103 Figure 50 : Décomposition fonctionnelle de la méthode d Isodata... 109 Figure 51 : Segmentation fonctionnelle par la méthode Isodata de l image bruit... 109 Figure 52 : Modélisation fonctionnelle de la méthode de la bulle discrète... 110 Figure 53 : Sélection de pixels candidats selon la direction du contour courant... 111 Figure 54 : Modèle fonctionnel pour une croissance de contour.... 112 Figure 55 : Résultat de l opérateur de segmentation contour sur une image synthétique.... 113 Figure 56 : Schéma du contenu des macro blocs de la méthode de Spann... 114 Figure 57 : Schéma bloc de la méthode de la pyramide reliée à seuillage dynamique.... 116 14

Introduction 1 Introduction 1.1 Contexte et problématique Cette thèse aborde l un des principaux problèmes de la vision par ordinateur : la segmentation d images. Celle-ci consiste à localiser dans une image les régions (ensembles de pixels) appartenant à une même structure (objet ou scène imagée). Aujourd'hui, vue la simplicité de la définition de l'objectif de la segmentation d'images et la richesse des travaux effectués dans ce domaine, on pourrait penser que la segmentation d'images est un problème en grande partie résolu. Il n'en est rien, probablement à cause de la très grande diversité des besoins et des applications mais également parce que des approches mathématiques (analyse multirésolution, champs de Marov, réseaux de neurones, géométrie différentielle,...) permettent de nouveaux développements. L'augmentation de la puissance des ordinateurs autorise également l'exploration de nouvelles approches et la mise en œuvre de techniques d'optimisation autrefois trop coûteuses en temps de calcul. Par conséquent, on se trouve devant un nombre considérable de méthodes [PAL93] qu'il est difficile de classer en dehors du schéma régions versus frontières qui tend à disparaître avec les approches coopératives. Sans approche synthétique des techniques de segmentation d'images, il est difficile de comparer des méthodes de plus en plus complexes et de juger de façon pertinente de l'originalité et de l'apport d'une méthode par rapport à l'existant. La recherche d une méthode performante, pour une application donnée, passe la plupart du temps par la comparaison de quelques méthodes disponibles et bien maîtrisées et par la modification d une méthode existante afin de l adapter. La recherche d une méthode optimale parmi un très grand nombre de méthodes existantes (et leurs nombreuses variations proposées) nécessiterait actuellement de disposer d une bibliothèque logicielle énorme et certainement très redondante. Cette redondance entraîne un surcoût de calcul qui limite l élargissement du champ de recherche d une méthode adaptée. Le traitement et l analyse d images est un domaine en pleine expansion et certains travaux s orientent actuellement vers la conception de systèmes d aide au développement d applications de traitement d images [CLOU02, FICE99] et de systèmes d aide à l interprétation [CREV97, DEJE96, MATS89]. La première 15

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images catégorie de systèmes, qui est celle qui nous intéresse ici, est constituée d une bibliothèque d opérateurs de traitement d images. Ces opérateurs sont enchaînés au cours d un processus qui permet de générer un programme exécutable correspondant à une application particulière de traitement d images. L utilisation de la programmation graphique permet de créer des chaînes de traitement avec un minimum de temps de programmation. Ces systèmes procurent ainsi une aide précieuse à certains utilisateurs (non-spécialistes) qui ont à leur disposition tous les éléments pour créer des applications de traitement d images. Mais, il est nécessaire actuellement de disposer d'une très large bibliothèque de fonction de segmentation si l'on souhaite offrir à l'utilisateur de nombreux choix de méthodes. Une approche plus fonctionnelle de la segmentation devrait contribuer à réduire le champ des possibilités et la taille de ces bibliothèques d'opérateurs de segmentation. Malgré des avancées significatives, les solutions actuelles évoquées dans le chapitre 2 ne permettent pas de résoudre le problème de l unification de la segmentation sous un formalisme mathématique commun de manière satisfaisante. Dans ce contexte, où la littérature est très prolifique, nous proposons d étudier la segmentation d images d un point de vue fonctionnel. Cette nouvelle approche intégrative propose une autre vision du processus de segmentation en incorporant les formalismes mathématiques dans des blocs fonctionnels. 1.2 Objectif et plan de la thèse L objectif principal de cette thèse est de proposer un modèle générique des opérations de segmentation d images. Le modèle fonctionnel est décrit sous forme de blocs réalisant des fonctions partagées par l ensemble des méthodes de segmentation comme la définition d un critère d homogénéité ou encore la modification d une carte de segmentation. La validation de notre approche passe par une représentation par notre modèle (que nous appellerons décomposition) d un grand nombre de méthodes de segmentation ainsi que par l implantation expérimentale de cette décomposition. Ceci nous conduit à produire un logiciel modulaire qui constituera à terme un outil de construction de méthodes de segmentation. 16

Introduction Ce manuscrit est organisé de la manière suivante. Nous décrivons dans le chapitre 2 l état de l art des principaux travaux qui ont pour but l unification de méthodes de segmentation sous le même formalisme mathématique. Nous abordons la structuration des méthodes coopératives sous forme de systèmes complexes ainsi que les systèmes d aide à la conception d applications de traitement d images. Le chapitre 3 présente notre proposition de modèle fonctionnel (MF) pour la segmentation d images. Nous détaillons l opérateur de segmentation (OS) qui est composé de cinq blocs élémentaires que nous dénommons Mesures, Critère, Contrôle, Modification et Arrêt. Ces blocs enchaînés itérativement forment le processus de segmentation. Dans le chapitre 4, nous présentons les résultats de la décomposition de méthodes de segmentation connues selon le modèle fonctionnel générique. Ces résultats concernent des méthodes a priori très différentes comme l arbre quaternaire, les contours actifs, une méthode Marovienne ou encore les systèmes multi-agents. Ces derniers systèmes nous intéressent particulièrement car ils utilisent fortement des procédures de coopération et de communication avec leur environnement. Le chapitre 5 est dédié aux méthodes de segmentation que nous qualifions de "complexes". Nous entendons par le terme complexe des méthodes qui nécessitent plus d un opérateur de segmentation (OS) tel que nous l avons défini. Celles-ci concernent en premier lieu les méthodes coopératives. Nous abordons ensuite les méthodes de segmentation multirésolution et la façon de les intégrer dans notre modèle. Le chapitre 6 présente la mise en œuvre informatique du MF proposé, dans le cadre du logiciel GenSeg que nous avons développé. Ce logiciel est basé sur une approche orienté objet du modèle fonctionnel générique de segmentation. Il contient les classes correspondants aux blocs de base de toutes les méthodes de segmentation que nous avons implémentées. Finalement, dans le chapitre 7, les conclusions et les perspectives de ce travail sont exposées. 17

Etat de l art 2 Etat de l art Dans ce chapitre, nous proposons une analyse de l existant en matière de segmentation d images pour pouvoir situer notre travail dans ce domaine très actif. Nous commençons d abord par présenter un bref aperçu de ce qu est la segmentation d images suivie par une description des principales classes de méthodes de segmentation. Nous abordons ensuite les trois approches essentielles proposées dans la littérature qui tentent d unifier l approche de la segmentation. 2.1 Notions de base L usage des images numériques est actuellement très répandu dans le monde. En effet, des quantités énormes d images sont produites chaque année dans différents domaines, particulièrement dans les domaines médical, spatial ou industriel. Ces images ne sont pas exclusivement utilisées visuellement à l état brut mais entrent souvent dans un processus d analyse qui nécessite généralement un traitement de bas niveau, appelé segmentation d images, destiné à extraire les objets d intérêt présents dans l image. La segmentation [COCQ95] est définie comme un processus qui consiste à partitionner une image I en sous-ensembles disjoints et connexes R i, appelés régions tels que : i I = R U i i i, j R R = pour i j Eq. 1 R i i j Pour être significative, dans le cadre d une application donnée, une région doit être un ensemble connexe de points (pixels) de l image ayant des "propriétés communes" qui les différencient des pixels des autres régions. L équation 1 exprime le fait que chaque pixel de l image doit appartenir à une région R i, que les régions doivent être disjointes et que l union de ces régions constitue l image entière. 18

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images Idéalement, on cherche en particulier à obtenir une et une seule zone pour chaque objet de l image, ainsi qu une localisation des zones la plus précise possible géométriquement. Un objet peut être défini comme une partie sémantiquement cohérente dans une image. En pratique, les objets sont souvent connexes, ont une couleur cohérente et sont délimités par des contours nets. Le résultat de la segmentation est un ensemble de régions qui est représenté par une carte, dans laquelle une étiquette ou label, est attribuée à chaque pixel. L étiquette correspond au numéro de la région à laquelle le pixel appartient. La segmentation d images dépend fortement de l application et c est pour cette raison qu il n existe pas de solution générale à ce problème mais plutôt un ensemble d outils mathématiques et algorithmiques que l on peut combiner pour résoudre des problèmes spécifiques. Ces outils ou méthodes de segmentation sont actuellement classés en deux catégories principales [CHAK99] : les approches frontières et les approches régions. De nombreux travaux ont été consacrés à ces techniques. Pour plus de détails, le lecteur peut consulter les papiers de Haralic [HARA85] et de Pal [PAL93], ou le site (http://iris.usc.edu/vision-notes/bibliography/contents segment.html) qui résument amplement les techniques de segmentation existantes et leur classification. Les approches frontières détectent les zones de fortes discontinuités de l image. C est la frontière des objets qui permet de définir les objets. Les contours des objets dans les images sont localisés par les maxima locaux du gradient ou les zéros du Laplacien de la fonction de niveaux de gris. Les deux approches fournissent des contours sensiblement équivalents bien qu elles ne localisent pas tout à fait les mêmes discontinuités. Les difficultés de la détection de contours proviennent du bruit présent dans les images, car il perturbe fortement le gradient. Les approches contours n aboutissent pas directement à une segmentation, car les contours obtenus ne sont généralement pas connexes et fermés. On utilise alors des techniques de fermeture de contours [COCQ95] qui sont utilisés en aval de la détection de contours. Pour éviter ce type d inconvénients, d autres approches plus sophistiquées [CHEU02, MONT01] ont été développées et regroupées sous le nom de modèles déformables. Le principe général consiste à déformer une courbe ou une surface afin de l adapter au contour de l objet à segmenter. 19

Etat de l art Les approches régions (duales des approches frontières) ont pour but de mettre en évidence les régions homogènes de l image. Il s agit de rechercher des ensembles de pixels partageant des propriétés communes. Les régions sont différenciées entre elles par des propriétés élémentaires basées sur des critères locaux tels que le niveau de gris de chaque pixel, ou bien sur un attribut estimé dans le voisinage du pixel tel que la valeur moyenne, la variance ou des paramètres de texture. L ensemble des regroupements de pixels constitue une segmentation de l image. Ce schéma de classification régions versus frontières tend actuellement à disparaître au profit des méthodes coopératives [CUFI02]. Cette coopération des approches régions et frontières est menée dans le but de combiner les avantages de ces deux techniques. Nous distinguons trois principes de coopération [GER00a] [KERM02]: la coopération séquentielle (ou par initialisation), la coopération parallèle (ou par fusion) et la coopération hybride (ou par rétroaction). L approche séquentielle consiste à utiliser le résultat d une première segmentation comme point de départ à la suivante. L approche parallèle fusionne les résultats issus de deux ou plusieurs segmentation. L approche hybride combine les deux approches précédentes et permet un retour sur le processus global de segmentation dans un but d affinement de la solution. La segmentation d images est l un des domaines les plus actifs en analyse d images et en vision par ordinateur. Nous dénombrons actuellement plus de 10000 références bibliographiques 1 (de 1999 à 2004), présentant des centaines de méthodes. Chaque méthode dispose de son propre développement théorique et utilise différentes techniques algorithmiques. Ces techniques sont en plein essor du fait de la puissance des ordinateurs. Cependant, la plupart des algorithmes de segmentation ont été développés pour un usage ou un cadre spécifique. Jusqu à 20

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images présent, il n existe pas un algorithme unique qui puisse être utilisé dans toutes les applications ou pour toutes les catégories d images. D un autre côté, le choix d un algorithme de segmentation, pour une application particulière, est un problème difficile à aborder car il n existe pas de théorie établie pour cela. La procédure qui est envisagée généralement dans ce cas est de prendre une méthode existante, de l améliorer quelque peu et de la comparer à des méthodes assez proches selon des critères difficiles à définir. On parle alors de méthodes ad hoc dont l originalité, la pertinence et les performances réelles sont difficilement évaluables en dehors du contexte spécifique où elles ont été élaborées. A partir de là, des chercheurs issus de communautés différentes ont essayé de développer des approches fédératives en segmentation d images, que nous regroupons en trois catégories : approches mathématiques, approches orientées systèmes complexes (avec en particulier la structuration des méthodes coopératives) et approches orientées systèmes à base de connaissances. 2.2 Approches mathématiques Nous qualifions d approches mathématiques les travaux dont l objectif est de présenter sous un même formalisme mathématique plusieurs méthodes de segmentation. Parmi les nombreuses techniques de segmentation [FU81, HARA85, PAL93, SAHO88], nous présentons quelques références importantes représentatives des approches mathématiques. Geiger et Yuille [GEIG91] ont utilisé la théorie du Mean Field Anneanling (MFA) [COCQ95] pour montrer que différentes approches déterministes (Graduated Non Convexity, Minimum Description Length, ) sont équivalentes et sont très proches des approches statistiques (champs de Marov). Ce travail représente une tentative d unification sous un même formalisme commun de plusieurs méthodes présentées comme a priori différentes dans la littérature. 1 Bases de données INSPEC et Compendex via l interface Engineering Village 2 avec une recherche sur image segmentation. 21

Etat de l art Beaucoup d algorithmes de segmentation, par exemple [CASS97, GEMA84, KASS88], essayent de minimiser par différents moyens une certaine énergie. Dans ces approches, l énergie est définie par une fonctionnelle sur l ensemble des segmentations possibles. Cette fonctionnelle se décompose en deux termes distincts : un premier terme mesurant la qualité de l approximation par rapport à l image initiale et un second terme régularisant la solution recherchée. Parmi ces travaux, la fonctionnelle de Mumford et Shah [MUMF85] peut être considérée comme un travail assez général et les travaux suivants [SHAH96] dérivent de cette formulation. L avantage de cette fonctionnelle est sa définition mathématique concise du problème de la segmentation d images. Dans le même cadre, nous pouvons citer le travail de Zhu et Yuille [ZHU96] qui ont développé un algorithme appelé Compétition de régions en utilisant une approche statistique et variationnelle (snaes). Cet algorithme est obtenu en minimisant un critère généralisé Bayes/MDL (Minimun Description Length) [LECL89] en utilisant le principe variationnel. Cet algorithme combine alors les différents aspects des contours actifs [KASS88] ou des ballons (caractéristiques géométriques) et ceux de la croissance de régions [ADAM94]. Cet algorithme a été testé avec succès sur des images de niveaux de gris, couleur et de texture. Cet algorithme présente une perspective d unification de plusieurs méthodes et de modèles (modèles d énergie, modèle de Bayes). Charaborty [CHAK99] propose une méthode qui permet d intégrer les approches régions et les approches frontières en se basant sur la théorie du jeu (game theory) [OWEN95]. Un jeu est essentiellement un ensemble de règles et de conventions pour pouvoir jouer et une partie est une réalisation possible de ces règles. Pour la segmentation d images, deux modules de segmentation (régions et contours) sont assimilés à deux joueurs essayant d optimiser une fonction coût basée sur la théorie Bayésienne qui maximise la probabilité a posteriori. L innovation majeure de cette méthode réside dans le fait que les deux modules améliorent leurs résultats grâce à un partage de l information. De plus, cette méthode est robuste vis à vis du bruit et de l initialisation. Ces différentes approches n ont finalement pas abouti à unifier la segmentation du fait de la difficulté de la tâche et de la quasi impossibilité de développer une théorie mathématique unique. Cependant, la segmentation apparaît la plupart du temps comme la minimisation d un critère représenté par une fonctionnelle. En fait la 22

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images segmentation d images dépend fortement des mesures combinées dans un critère, de la modélisation de l image, de la carte des régions et de la stratégie mise en œuvre pour modifier cette carte. Ces différents aspects n apparaissent cependant pas toujours de façon claire dans les présentations de la littérature des nombreuses techniques de segmentation où une approche globale de la méthode proposée est souvent retenue. 2.3 Approches orientées systèmes complexes Cette partie de l état de l art concerne les systèmes dits complexes au sens de la multiplicité de leur composantes et de leurs interactions mais aussi de la diversité de leurs comportements. Nous nous intéressons particulièrement aux solutions apportées au problème de la segmentation en exploitant divers paradigmes empruntés à ces systèmes tels que les différentes façons de faire coopérer des méthodes de segmentation. Le système proposé par Bellet [BELL98] est destiné à la segmentation d images par coopération d opérateurs contours et régions. Son travail suggère de construire simultanément les contours et les régions en se basant sur une approche incrémentale utilisant un système à bases de tâches. Cette approche incrémentale permet de construire la solution progressivement. Une gestion efficace de l information peut être mise en œuvre ce qui se traduit par des prises de décisions motivées par l information existante, l utilisation au maximum de l information disponible et la création de l information manquante si le besoin se fait sentir. Un système de segmentation a été construit qui permet de segmenter des images en utilisant un mécanisme de croissance de régions et un mécanisme de croissance de contours. Une autre procédure est suivie par Germond et al. [GER00b] pour segmenter des images IRM cérébrales. Cette procédure consiste à décomposer ce problème assez complexe du point de vue de la variabilité du cerveau et des images acquises, en tâches élémentaires moins complexes. Cela est possible en utilisant la coopération. La caractéristique principale de cette technique est d intégrer plusieurs modules réalisant des objectifs différents et cependant complémentaires. Le système de segmentation obtenu est un système multi-agents avec un modèle statistique déformable et un détecteur de contours. Le module Agents est le module central de 23

Etat de l art ce système. Il y définit deux classes d agents : agents de type régions et agents de type contours. Les agents adoptent un comportement d agrégation de pixels pour segmenter la matière grise et la matière blanche. Le module qui représente le modèle déformable est utilisé dans le but de repérer automatiquement l enveloppe du cerveau. Le dernier module qui est le détecteur de contours a été choisi pour sa capacité à localiser de façon précise et robuste l ensemble des contours présents dans une image. Dans le même cadre des systèmes par agents, Pithon [PITH01] propose un travail coopératif et concurrent pour la segmentation d images. Cette approche intègre plusieurs méthodes basées régions et basées contours en utilisant un système multi-agents. L approche proposée est caractérisée par une coopération multi-directionnelle qui a pour conséquence une amélioration globale des résultats. Dans un autre registre, Chaurroux [CHAU96] présente un système de vision dédié à la segmentation d images en régions, par coopération d opérateurs, et guidé par l interprétation. Ce système de vision, par une comparaison locale entre plusieurs segmentations/interprétations, détermine la meilleure segmentation d une image. Les deux points importants sont la construction d'un arbre qui contient les segmentations possibles d'une image et la comparaison des résultats de segmentation, à partir de l'interprétation des régions. Des données symboliques (dédiées à une application, ici les images aériennes) et numériques sont utilisées conjointement. La capacité d'apprentissage des objets d'une scène par des techniques de reconnaissances des formes, ainsi que la capacité de généraliser l'apprentissage à des objets non appris sont étudiées. Enfin, Spinu [SPIN97] s intéresse particulièrement à la segmentation d images par adaptation d opérateurs. Ces opérateurs, regroupés au sein d une bibliothèque, sont des opérateurs de détection de contours et de filtrage d images. Les caractéristiques de l'image sont d'abord estimées (en termes de bruit, texture, contraste, etc.) et un chaînage d'opérateurs approprié est sélectionné. Les paramètres des opérateurs sont ajustés en fonction d'une évaluation de la qualité du résultat (par des méthodes heuristiques ou par optimisation). Cette méthode est implantée par un système multi-agents. Cette implantation permet une meilleure flexibilité et une parallélisation des traitements sur les régions de l image. Les agents traitant des régions adjacentes peuvent coopérer entre eux. 24

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images 2.4 Approches orientées systèmes à base de connaissances Ce que nous appelons approches orientées systèmes à base de connaissances concernent toutes les approches qui visent à développer des systèmes experts ou de nouvelles méthodologies de conception et d analyse d images. Ces approches traitent particulièrement du mode opératoire pour sélectionner et enchaîner des opérateurs, et exploitent des systèmes de pilotage ou de planification de bibliothèques d opérateurs. Notons que ces systèmes qui représentent des solutions généralistes, ne sont pas particulièrement dédiés à la segmentation d images. Nazif et Levine [NAZI84] proposent la conception d un système expert à base de règles comme solution au problème de la segmentation. Des règles de connaissances sont utilisées pour segmenter l image en régions homogènes et en contours. Une première étape de pré-segmentation en régions est réalisée. Dans une seconde étape, un ensemble de règles, qui prend en compte localement la connaissance des régions et des contours, permet de fusionner des régions, de joindre ou de supprimer des contours. D autre part, des règles de contrôle régissent l ordre dans lequel les règles sur les connaissances sont appliquées. Enfin, des règles de plus haut niveau modifient de manière dynamique la stratégie de traitement. Matsuyama [MATS89] est un des premiers chercheurs à présenter un système pour faciliter le développement de processus d analyse d images. Son travail concerne différents systèmes experts pour le traitement d images. Ces systèmes, qui composent des processus d analyse d images à partir de primitives ou d opérateurs stocés sous forme de librairies, ne génèrent pas de nouveaux algorithmes mais permettent de sélectionner et combiner des algorithmes existants. Ceci permet de franchir un pas important dans le développement d environnements de programmation flexibles pour l analyse d images et dans l élargissement des domaines d application du traitement d images. Malgré cela, plusieurs problèmes n ont pas encore trouvé de solutions. Ces problèmes concernent la description de la qualité d image et de la connaissance, la généralisation de la composition de processus d analyse d images et enfin l évaluation du résultat. 25

Etat de l art Avec le même objectif de faciliter la réutilisation de composants de traitements d images, Ficet-Cauchard [FICE99] propose un système d aide à la conception d applications de traitement d images utilisant une approche basée sur le raisonnement à partir de cas. Son principe est de résoudre un nouveau problème en retrouvant et en adaptant des solutions ou des éléments de solution d un problème précédemment résolu. D autres chercheurs proposent une méthodologie de développement d applications de traitement d images [CLOU02]. Cette approche se fonde d une part sur le paradigme du pilotage d une bibliothèque de tâches de traitement [THON00], dans lequel la conception d une solution est vue comme un processus d agglomération de tâches ponctuelles et indépendantes, et d autre part sur le paradigme de la programmation visuelle par flot de données tels que Khoros [KONS94] ou AVS [VROO95]. Une autre approche développée par Dejean [DEJE96] concerne la modélisation des entités de traitement d images. Le formalisme développé fournit une description orientée concepts et entités du traitement d images dans une perspective de planification de chaînes d opérateurs et de description d objectifs de traitement d images. Il permet de décrire de façon rigoureuse le traitement d images en tant que manipulation de données mais aussi en tant que manipulation de concepts d un domaine spécifique. Ce formalisme est constitué de trois parties essentielles qui sont un modèle unifié de données, des modèles d opérateurs de traitement d images et d un langage de description de données. Ce modèle permet de décrire précisément des données en termes de transformations subies ou en termes de spécifications à faire subir aux données. Le modèle d opérateurs associé a pour but de faire apparaître les transformations que la donnée subit. Il fournit aussi des informations sur les types d entités admises en entrée et en sortie d un opérateur. L objectif de ce travail est d aider à la conception d une chaîne de traitement en fournissant les éléments nécessaires à la construction itérative d un graphe d opérateurs. Dans le même cadre et se basant sur les travaux de Dejean [DEJE96], Nouvel [NOU02b] propose une approche interactive pour la réalisation d applications de traitement d images. Dans cette approche, l utilisateur associe les résultats d enchaînements d opérateurs à des concepts du modèle de la scène, au lieu de procéder par des cycles essai-erreur d opérateurs. L outil ainsi proposé permet de masquer les fonctionnalités du traitement d images à l utilisateur, de raisonner en termes de concepts du domaine d application et de se placer dans une logique 26

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images d interprétation. Notons que le modèle d opérateurs décrit par Dejean [DEJE96, NOU02a] ne modélise pas spécifiquement les opérations de segmentation, qui reste un opérateur parmi d autres dans la chaîne de traitement. Ropert [ROPE01] propose un nouveau paradigme de vision où le contrôle n est plus appliqué aux capteurs mais aux opérateurs de traitement d images. L objectif est de dégager l utilisateur final d un système de vision des prises de décision relatives aux choix d opérateurs et à leur paramétrage car sans connaissance en traitement d images, la tâche de segmentation peut s avérer rapidement complexe. La modélisation proposée est analogue à celle d un robot mobile autonome. L environnement du robot devient l image, les données acquises par les capteurs du robot deviennent des mesures sur l image et les effecteurs, les opérateurs du système. Le système est alors plongé dans un environnement évolutif, incertain et incomplet. Une notion de perception empruntée au domaine de la robotique, est introduite. Celle-ci traduit un état de l image (environnement) à partir de mesures extraites de l image. Une architecture de contrôle permet de prendre une décision selon deux axes : l évaluation des pré-traitements et la caractérisation du résultat de segmentation à l aide de mesures. Ce travail souligne la difficulté d obtenir une modélisation analytique du comportement d un opérateur de traitement d images. Plusieurs points restent à améliorer surtout l évaluation et l introduction d aspects plus sémantiques dans ce type d architecture. 2.5 Conclusions Les approches décrites précédemment ( 2.2, 2.3, 2.4) permettent de dégager quelques remarques très importantes. Les systèmes de vision avec plus ou moins de connaissance intégrée, constituent une autre manière d aborder la segmentation. En effet, celle-ci fait partie d une chaîne globale qui permet : De planifier les opérations de traitement d images. De contrôler le processus de traitement et particulièrement la segmentation. De convertir les résultats numériques en symboles. De représenter et utiliser la connaissance en traitement d images. 27

Etat de l art D implanter des mécanismes d évaluation de la qualité du traitement d images. De reconnaître finalement des objets. Ces différentes étapes sont souvent abordées par le biais de systèmes experts ou de systèmes d aide à la conception d applications de traitement d images. En effet, la composition de processus de traitement à travers une sélection appropriée d opérateurs ainsi que leur enchaînement, et l utilisation de bibliothèques d opérateurs de traitement d images constituent les traits dominants de ces systèmes. L utilisation de la connaissance dans ces systèmes concerne tout aussi bien le type de caractéristiques à extraire d une image, le type d opérateurs à utiliser et la manière effective de combiner ces opérateurs. Dans ce contexte, l étape de segmentation est bien sûr cruciale pour l étape suivante d interprétation. Les systèmes complexes soulignent quant à eux l importance de la notion d échanges entre le système et son environnement ainsi que l interaction entre les différents éléments du système. Pour cela, diverses stratégies de coopération ont été mises en œuvre pour résoudre le problème de la segmentation. Les outils utilisés dans ce cadre concernent surtout les systèmes multi-agents. Toutes ces approches sont des tentatives de voir la segmentation d une manière intégrative et sémantiquement plus élevée que les approches purement algorithmiques. Ces dernières présentent une grande diversité dans les formalismes utilisés. Il n existe que très peu de travaux théoriques sur l unification de la segmentation et ceux mis en œuvre pour fédérer les algorithmes de segmentation, n ont pas résolu ce problème ouvert et difficile qu est le développement d un formalisme commun pour la segmentation. A partir de là, il nous est apparu important de rechercher une méthodologie complémentaire des approches précédentes pour développer un modèle original qui s appuie sur les fonctions que réalise tout algorithme de segmentation. Ce modèle fonctionnel de segmentation d images est décrit ci-après. 28

Modèle fonctionnel 3 Modèle fonctionnel 3.1 Introduction Ce chapitre détaille l élément fondateur du modèle fonctionnel qui est un opérateur de segmentation. Il précise également la stratégie que nous qualifions de décomposition permettant de modéliser une méthode de segmentation existante. 3.2 Vue d ensemble Après avoir étudié les principales méthodes de segmentation classiques, nous avons élaboré un modèle fonctionnel (MF) générique [ZOUA04]. Nous avons extrait les propriétés communes aux différentes méthodes, qu elles soient de type frontières, régions, Maroviennes ou autres. Cela a permis d identifier des étapes déterminantes dans la progression du processus de segmentation. Ces étapes seront modélisées par des blocs fonctionnels qui décrivent chacun une fonction essentielle qui existe dans toute méthode de segmentation. Le MF générique de segmentation d images se présente sous la forme d un opérateur de segmentation (OS), représenté sur la figure 1. Cet OS est composé de cinq blocs élémentaires dénommés : Mesures, Critère, Contrôle, Modification et Arrêt. Ces blocs sont enchaînés au cours d un processus éventuellement itératif qui correspond au processus de segmentation. La carte initiale sur la figure 1 correspond à la carte des régions initiale que l on 0 retrouve dans toute méthode de segmentation d images. Cette carte initiale ( RM ) peut être triviale (une région couvrant toute l image par exemple) ou peut être obtenue par tout algorithme de segmentation. 29

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images Image Carte initiale 0 ( RM ) Mesures Critère F, ( i n) C ( n) RM s Contrôle E ( n) Modification RM Arrêt Carte des ( ) s régions RM Opérateur de Segmentation (OS) Figure 1 : Modèle fonctionnel de segmentation d images 3.3 Architecture du modèle Nous décrivons dans cette section les différents blocs élémentaires et présentons les règles qui doivent être appliquées pour respecter le modèle. Le rôle de chaque bloc sera détaillé ainsi que les contraintes posées sur les entrées/sorties pour garantir leur généricité. A titre d illustration, quelques exemples de blocs fonctionnels génériques sont donnés en fin de chaque paragraphe. 3.3.1 Bloc Mesures Une mesure est le résultat d un calcul sur une image et/ou sur une carte de segmentation. Les mesures servent à estimer l homogénéité ou la non-homogénéité entre deux régions, les propriétés d un contour, Le rôle de ce bloc est de créer un ensemble de M mesures scalaires à chaque itération, notées : { F ( i, n), i 1.. M, n = 1.. N} = Eq. 2 où N est le nombre de régions dans l image. 30

Modèle fonctionnel Le bloc Mesures s occupe uniquement du calcul des mesures, qu il transmet sous forme de vecteurs (tableau de mesures par région) au bloc Critère. En entrée, le bloc Mesures a besoin de l image originale et de la carte de segmentation à l itération courante. Le bloc Mesures possède deux modes de fonctionnement : Mode global : Les mesures sont faites sur tous les pixels et sur toutes les régions de l image. Mode local : Les mesures sont évaluées à une position ou site s. Ces mesures sont calculées généralement autour d un voisinage du site s. En mode local, la position de ce site est précisée au bloc Mesures par le bloc Modification (figure 1). Nous appelons «cycle» le balayage de l ensemble des sites de l image. Ce bloc a aussi la possibilité de recalculer des mesures systématiquement à chaque itération ou à la demande du bloc Modification ( 3.3.4) à la fin de chaque cycle. Une mesure de moyenne par exemple en mode global se traduit par un vecteur de taille N (nombre de régions) et dont le contenu est la moyenne des pixels de chaque région. Pour une mesure de moyenne en mode local, ce calcul ne prend en compte que les pixels appartenant à un voisinage (par exemple une fenêtre carrée centrée) centré sur le site s. Les mesures usuelles dans les méthodes de segmentation sont essentiellement des mesures intra-régions basées sur des niveaux de gris ou de couleur, des attributs géométriques ou surfaciques. Nous citons dans ce cas la variance, la moyenne, la surface ou le périmètre. D autres types de mesures font, quant à elles, intervenir deux régions (mesures inter-régions) telles que l adjacence, l écart de niveaux de gris ou l écart de moyennes de niveaux de gris entre deux régions voisines. 31

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images 3.3.2 Bloc Critère Le rôle du bloc Critère est d évaluer la qualité de la segmentation en transformant les mesures en une fonction mathématique dénommée critère. Ce critère peut être un critère d homogénéité, de similarité, ou un critère statistique quelconque. Selon les techniques de segmentation, on peut parler d énergie ou de fonctionnelle. Le critère est représenté à chaque itération pour une région donnée n, par l équation générale suivante : C ( ) ( n) f F ( i, n) = Eq. 3 Dans notre modèle fonctionnel, le critère sert à identifier les changements significatifs dans les résultats de segmentation entre une itération et la suivante. Nous avons choisi de manière arbitraire une convention pour notre critère. Celui-ci doit diminuer quand la carte de segmentation approche un bon résultat en allant dans le sens d une bonne segmentation. Le bloc Critère prend en entrée les MxN mesures et fournit en sortie un critère par région, soit un total de N valeurs. Parmi les exemples significatifs de blocs Critère, correspondant à des critères de segmentation souvent rencontrés, le critère linéaire égal à une somme pondérée de mesures est donné par l équation suivante: C M ( n) = w ( i n) F ( i, n) i= 1, Eq. 4 Les w ( i, n) sont des paramètres du critère C ( n) et sont nommés hyper paramètres. Nous utilisons ce terme emprunté au domaine de l optimisation car ceux-ci ne peuvent être déterminés en fonction de la minimisation de C ( n). Ils peuvent être fixes ou suivre une loi d évolution au cours des itérations. Si c est le cas, cette loi est précisée au bloc Critère. 32

Modèle fonctionnel Un autre exemple de critère peut être représenté par l équation ci-dessous : 1 C ( n) = Eq. 5 D n ( ) ( ) ( ) = F ( i, n) w ( i, n) D n EVAL < Eq. 6 avec D ( n) qui est une combinaison logique des différentes mesures ( i n) F,. Dans ce cas, le critère est conditionné par des seuils liés aux mesures seuillées binairement. Ces seuils peuvent être assimilés à des hyper paramètres car ils influencent directement le résultat final d une segmentation. Comme pour l exemple précédent, les valeurs des seuils peuvent varier au fur et à mesure que se déroule le processus de segmentation. L expression mathématique du critère est souvent complexe et représenté par une fonction non-linéaire. Nous y retrouvons des opérations arithmétiques, des opérations logiques et d autres opérateurs tels que le minimum ou le maximum. Le bloc Critère peut être vu comme un bloc programmable, capable de créer des critères emboîtés [MONG87] à partir de plusieurs mesures. L évolution globale de la qualité de la segmentation peut être observée en calculant à chaque itération la valeur du critère global CG qui est donné par l équation suivante : CG = 1 N N n= 1 C ( n) Eq. 7 où N représente le nombre total de régions dans l image et C ( n) la valeur du critère pour la région n. L évolution du critère global permet de suivre le processus de segmentation et sa progression vers une bonne segmentation. A noter que ce n est pas ce critère qui est minimisé par le processus de segmentation. 33

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images 3.3.3 Bloc Contrôle Le bloc Contrôle a pour objectif d évaluer le besoin d évolution d une carte de segmentation. En entrée, le bloc Contrôle dispose des critères associés à chacune des régions et en sortie il fournit le besoin d évolution, noté E ( n), de ces mêmes régions. E ( n) est un nombre réel, normalisée entre -1 et +1, qui permet de préciser ce besoin. Quand la valeur de contrôle E ( n) est positive, ceci signifie que la région n doit être modifiée car elle n a pas encore atteint la qualité requise. Si cette valeur est égale à zéro, alors la région n a atteint la qualité requise et si E ( n) la région n a été modifiée au delà de la qualité requise. est négatif, Nous présentons ci-dessous deux exemples de blocs Contrôle. Ceux-ci sont dénommés contrôle dérivatif et contrôle linéaire par seuillage. Dans le contrôle dérivatif, l évolution est construite par rapport à la variation du critère entre deux itérations. La sortie du bloc Contrôle pour une région n est alors donnée par : E ( n) 1 ( n) C ( n) 1 ( n) + C ( n) C = Eq. 8 C où C ( n) est le critère associé à la région n pour l itération courante et C 1 ( n) celui obtenu lors de l itération précédente. Ce contrôle peut mémoriser des valeurs de critères antérieurs, cela peut être utile pour définir des blocs Contrôle particuliers ou pour le suivi temporel de l évolution du critère. Pour le contrôle linéaire par seuillage, représenté sur la figure 2, E ( n) est donné par l expression suivante : E ( n) ( n) ( n) C T = Eq. 9 max n ( C ) T 34

Modèle fonctionnel où T représente un seuil. E ( n) 1 max T ( C ( n) ) T 0 ( ) T max C ( n) C ( n) Figure 2 : Représentation graphique du contrôle linéaire par seuillage. 3.3.4 Bloc Modification La fonction principale de ce bloc est de modifier la carte de segmentation. Il existe trois grandes catégories de modifications possibles : 1) Modification avec nombre de régions constant : ce type de modification peut être rencontré dans une approche Marovienne, en croissance de régions ou dans une approche déformation de maillage. 2) Modification avec création de régions : on trouve cela dans les techniques de division de régions ou dans les approches par introduction de germe. 3) Modification avec suppression de régions : principalement présent en fusion de régions. Ce bloc constitue le cœur du processus de segmentation. Il est bâti sur une représentation (modèle) explicite ou implicite de la carte des régions qui influence directement le processus de modification. Il peut être très simple (déplacement d un 35

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images seuil) ou très complexe (contour actif). Mais dans tous les cas, il doit faire évoluer la carte de segmentation en respectant les consignes d évolution E ( n) lui sont données par le bloc Contrôle. telles qu elles En sortie, ce bloc génère une nouvelle carte de segmentation construite à partir d une stratégie de modification. Le bloc Modification est capable de produire deux types de représentation de cartes de régions. Une carte d étiquettes ou chaque pixel possède l étiquette correspondant à sa région d appartenance et une carte des régions définies par les points de leur contour et le mode d interpolation entre les points. Notez que cette représentation ne correspond pas obligatoirement à la modélisation des régions interne au bloc Modification mais est nécessaire pour le fonctionnement du bloc Mesures. Ces deux cartes permettent de faire fonctionner indépendamment des blocs précédents les approches régions et les approches basées sur les contours actifs ou sur les maillages actifs. Ce bloc peut aussi fournir une information au bloc Mesures sur le voisinage (site s) à utiliser en mode local. La position du site suivant dépend du type de balayage effectué par l algorithme initial. Ce bloc peut réaliser toute action nécessaire pour modifier la carte de segmentation comme réaliser ses propres mesures sur l image et/ou sur la carte de segmentation indépendamment du bloc Mesures. De plus, il peut mémoriser des cartes et gérer des cycles (itérations du modèle) en ne modifiant la carte qu en fin de cycle. Un cycle correspond au traitement de tous les pixels de l image ou de tous les points de contrôle d un contour. 3.3.5 Bloc Arrêt Le bloc Arrêt permet d arrêter le processus de segmentation lorsque la carte des régions n évolue plus. i.e. d( RM RM ) S 1, où d représente la variation entre, + < deux cartes de régions entre deux itérations successives et S un seuil. Ce bloc peut aussi interrompre la segmentation lorsqu on atteint un nombre d itérations maximum voulu ou un nombre suffisant de régions. Il peut participer à l évaluation de la segmentation obtenue et à la détection de la stabilité de la carte des régions entre deux itérations. 36

Modèle fonctionnel 3.4 Stratégie de décomposition Le formalisme proposé par notre modèle fonctionnel définit rigoureusement le rôle des blocs, leur entrée/sortie mais laisse évidemment une grande souplesse quant à leur contenu, ce qui est nécessaire pour pouvoir représenter un grand nombre de méthodes de segmentation. Néanmoins, la décomposition en MF d une méthode de segmentation donnée n est pas pour autant toujours évidente. Si le modèle peut sembler assez trivial pour représenter certaines méthodes, d autres nécessiteront une analyse détaillée de l algorithme sous-jacent. Pour conduire cette analyse, nous proposons la stratégie suivante. Recherche des mesures Cette étape consiste à repérer dans l algorithme initial les différents calculs effectués soit sur l image, soit sur la carte des régions ou sur les deux. Si ces calculs sont effectués sur l ensemble des pixels des régions, le modèle fonctionnel (MF) fonctionnera en mode global. Si ces mesures sont effectuées dans le voisinage d un pixel ou d un élément d un contour alors le MF sera en mode local. Si la méthode fait apparaître des mesures à la fois globales et locales, le MF sera en mode local. Tri des mesures Cette étape revient à classer les mesures en deux catégories : La première catégorie rassemble les mesures effectuées pour quantifier la qualité de segmentation. Par exemple, une mesure de variance de niveau de gris réalisée à partir de l image et de la carte des régions ( 4.2), est une mesure de qualité utilisée par le bloc Critère. La deuxième catégorie concerne des calculs effectués pour modifier la carte de segmentation sans intégrer explicitement un objectif de qualité. Ces calculs seront dans le bloc Modification. Règles d association des mesures de la première catégorie On cherche à identifier le critère de qualité qui guide le processus de segmentation dans l algorithme initial. Ce critère doit faire intervenir les mesures de la première catégorie. Les formules de combinaison de ce critère seront implantées dans le bloc Critère de notre modèle, en le modifiant éventuellement pour respecter la contrainte de décroissance imposée par le MF ( 3.3.2) 37

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images Optimisation de la segmentation Le but ici est d identifier la stratégie d optimisation du critère de qualité qui guide la segmentation en répondant à la question «comment décide-t-on de faire évoluer la carte de segmentation?». La réponse définira le contenu du bloc Contrôle. On rencontre des approches basées sur le seuillage du critère, de sa dérivée ou encore des algorithmes d optimisation classiques ( 4.2). Recherche de la stratégie de modification Cette étape nécessite d abord l identification de la nature de la carte des régions qui peut être par exemple une carte d étiquettes ou un ensemble de contours. La phase suivante consiste à isoler l étape élémentaire qui réalise la transformation de la carte des régions. Ceci peut correspondre à un simple changement de label ou à un déplacement d un point d un contour actif. Recherche des paramètres de la méthode Cette étape consiste à identifier tous les paramètres qui interviennent dans la méthode de segmentation analysée et à les associer à des blocs fonctionnels préalablement définis. On peut trouver Des paramètres liés aux mesures comme la taille d un voisinage ( 4.2). Des paramètres intervenant dans le critère pour pondérer les mesures. Ils portent généralement le nom d hyper paramètres. Des paramètres liés au bloc Contrôle comme la valeur d un seuil. Des paramètres liés au bloc Modification comme le sens d un balayage. Notons également qu un nombre d itérations ou le choix d une carte initiale peuvent être vus comme des paramètres de la méthode. Cette analyse et la décomposition qui en découle, peuvent aboutir à une restructuration profonde de l algorithme initial. Néanmoins pour une image donnée, dans les mêmes conditions d application, on doit obtenir les mêmes résultats de segmentation. 38

Modèle fonctionnel En respectant les interfaces entre les différents blocs et la philosophie liée à la décomposition fonctionnelle, nous avons pu constater qu il n existe pas de décomposition unique pour une méthode de segmentation donnée. Nous en avons cependant identifié le plus souvent deux que nous avons dénommées, décomposition canonique (triviale) et décomposition maximale. 1) Décomposition canonique Cette décomposition est la plus triviale car elle représente le modèle fonctionnel dans sa version simplifiée. Dans ce cas, tout le processus de segmentation se situe au niveau du bloc Modification. Le prédicat d homogénéité et la stratégie de modification sont implantés dans ce bloc unique. C est lui qui décide de faire évoluer la carte de segmentation. Les blocs Critère et Contrôle ne remplissent alors aucune fonction. Les itérations sont alors inutiles. Toute implantation informatique existante d une méthode donnée peut rentrer dans ce cadre. Cette décomposition n a cependant aucun intérêt en terme d analyse et de lisibilité d une méthode. C est le niveau zéro de la décomposition fonctionnelle. 2) Décomposition maximale Cette décomposition est strictement conforme à notre modèle générique et suit évidemment sa philosophie pour tous les blocs. Aucune fonctionnalité de l un des blocs ne relève ostensiblement de l un des autres blocs. C est la décomposition qui permet la meilleure lisibilité de la méthode de segmentation considérée. En particulier, on pense que dans ce cas, les hyper paramètres ne doivent apparaître qu au niveau du bloc Critère qui évalue la qualité de la segmentation. Dans ce cas, chaque bloc remplit sa fonction de manière indépendante. Le bloc Modification ne fait alors qu appliquer la stratégie qui lui est transmise par le bloc Contrôle. Il n y a pas de choix à faire et aucun calcul supplémentaire ne peut être autorisé. Entre ces deux décompositions, pour une méthode donnée, d'autres sont parfois possibles. C'est en particulier ce qui se produit lorsque on choisit de laisser dans le bloc Modification un certain nombre de mesures qui serviront à guider partiellement l'évolution de la carte des régions, éventuellement en contradiction avec les sorties du bloc Contrôle. Ceci n'est évidemment pas cohérent et peut rapidement conduire à 39

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images des algorithmes de segmentation qui ne convergeront pas vers un bon résultat. La recherche de la décomposition maximale nous semble donc indispensable, même si elle est peut-être difficile à obtenir à partir de la description initiale de la méthode. 3.5 Conclusion L étude de plusieurs méthodes classiques de segmentation d images [COCQ95, HARI98, HUNT79, REVO97, VELA80], nous a permis de mettre en évidence des structures fonctionnelles communes à ces méthodes. Nous en avons déduit un modèle fonctionnel (MF) de segmentation qui se présente sous la forme d un opérateur de segmentation (OS). Cet OS est constitué de blocs fonctionnels enchaînés au cours d un processus itératif. Ces blocs dénommés Mesures, Critère, Contrôle, Modification et Arrêt, remplissent chacun une fonction essentielle en segmentation d images. Ce modèle fonctionnel doit offrir une vision unifiée des méthodes de segmentation qui peuvent être représentées par un opérateur de segmentation (OS) et permet une meilleure compréhension fonctionnelle des méthodes. La validation de ce modèle passe par la décomposition de méthodes de segmentation a priori très différentes et par l obtention après une réimplantation selon cette décomposition, de résultats identiques à ceux obtenus avec les méthodes initiales. Si une implantation de l algorithme initial n est pas disponible, l observation visuelle du résultat ainsi que le comportement de l algorithme décomposé suivant le MF, doivent être cohérents avec la description de l algorithme initial et des résultats associés. La validation du modèle fonctionnel proposé, par la décomposition maximale de techniques de segmentation très différentes a priori, est l objet du prochain chapitre. 40

Décomposition de méthodes de segmentation dans un modèle mono-opérateur 4 Décomposition de méthodes de segmentation dans un modèle monoopérateur 4.1 Introduction Pour valider notre vision fonctionnelle de la segmentation, nous avons mené divers tests de décomposition selon le MF de méthodes de segmentation appartenant à différentes classes ou catégories. Il est important de préciser que notre objectif n est pas de décomposer l ensemble des techniques mais plutôt différentes approches couramment employées pour segmenter une image. Pour la segmentation région, nous avons choisi l arbre quaternaire [HUNT79], la fusion de régions [HARI98] et la croissance de régions [REVO97, REVO02]. En ce qui concerne la classification, le choix s est porté sur l algorithme Isodata [VELA80] et sur une technique Marovienne [PAPP92]. La segmentation des contours est représentée ici par un contour actif [ANWA01] et par le modèle de la bulle discrète [COCQ95]. Pour la segmentation par agents, nous avons sélectionné la technique développée par Liu [LIU99]. Les méthodes de segmentation choisies, sont des méthodes citées régulièrement dans la littérature. Elles sont représentatives ou à la base des méthodes ou des classes de méthodes auxquelles elles appartiennent et ne font pas partie des méthodes ad hoc. Nous présentons dans ce qui suit les décompositions détaillées de quatre méthodes : une méthode d arbre quaternaire, une méthode Marovienne, une méthode de contour actif et une méthode de segmentation par agents. Pour chacune de ces méthodes, nous rappellerons brièvement les théories sous-jacentes afin d expliciter la décomposition fonctionnelle proposée. Enfin, nous illustrons ces décompositions par des résultats obtenus par des implantations conformes au MF qui seront détaillées dans le chapitre 6. Les autres résultats concernant la méthode Isodata et l approche contour par agent sont donnés respectivement en annexes ((a), et (c)). La comparaison de ces résultats avec l implantation initiale concerne 41

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images uniquement la méthode de contour actif. Les implantations originales des autres méthodes de segmentation n étant pas disponibles, les résultats sont appréciés visuellement. Notons que des imprécisions dans les algorithmes initiaux ne permettent pas toujours de connaître les détails de leurs implantations. Par conséquent, l implantation de la décomposition maximale de ces méthodes peut produire des résultats qui ne sont pas strictement identiques à ceux obtenus avec l original. 4.2 Méthode par arbre quaternaire La méthode par arbre quaternaire [HUNT79] utilisée en segmentation d images, consiste à découper récursivement une image en un ensemble de quatre régions disjointes jusqu'à ce que les régions deviennent homogènes. Le critère d homogénéité utilisé peut être un niveau de gris constant, une variance minimale ou tout autre attribut de région. Le schéma de la figure 3 présente le principe de découpage récursif utilisé. (a) (b) Figure 3 : (a) Découpage d une image par arbre quaternaire. (b) Représentation arborescente. 42

Décomposition de méthodes de segmentation dans un modèle mono-opérateur Lorsque l image originale est de type carré, de taille NxN où N est une n puissance de 2 ( N= 2 ), toutes les régions produites par le processus de division sont carrées de taille MxM où M = 2m avec m n. Puisque la procédure est récursive, la segmentation résultante peut être représentée par un arbre (figure 3 (b)) dont les nœuds ont chacun quatre fils et chaque fils possède un seul père. La décomposition fonctionnelle de la méthode par arbre quaternaire produit les blocs suivants (figure 4). Le bloc Mesures réalise en mode global une seule mesure qui est par exemple la variance de niveaux de gris. Le bloc Critère est élémentaire puisqu il correspond à la mesure faite. La variance d une région devant diminuer conformément au modèle. Le bloc Contrôle effectue un contrôle par seuil. Si la variance d une région est supérieure à un seuil prédéfini, alors la région est considérée comme non homogène. La valeur de contrôle pour cette région est mise à un. Le bloc Modification applique la stratégie de modification des arbres quaternaires qui est de découper une région non homogène en quatre sous-régions. Ce processus est répété jusqu'à ce que toutes les régions créées soient homogènes. Un exemple de segmentation obtenu sur l image Lena est montré sur la figure 5. En analysant les résultats, on observe le bon comportement de l algorithme avec des découpages visuellement fins au voisinage des contours et grossiers dans les régions homogènes. 43

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images MESURES, mode global F ( 1, n) : Variance CRITERE C ( n) = F ( 1, n) CONTRÔLE, par seuillage Si C ( n ) > ε, E ( n ) = 1 Sinon E ( n ) = 0 MODIFICATION ( ), Si E n =1 Découper la région n en 4 sous-régions ARRÊT Non variation de la carte des régions entre deux itérations Figure 4 : Décomposition fonctionnelle d une segmentation par arbre quaternaire. (a) Image originale (b) Structure résultante Figure 5 : Résultat obtenu pour l arbre quaternaire sur l image Lena. 44

Décomposition de méthodes de segmentation dans un modèle mono-opérateur 60 50 Critère global 40 30 20 10 0 0 2 4 6 8 Itérations Figure 6 : Evolution du critère global de l arbre quaternaire pour l image Lena L évolution du critère global fourni par le bloc Critère et qui est égale à la moyenne des variances dans ce cas, est présenté sur la figure 6. Cette courbe illustre la règle concernant l évolution du critère au cours du processus de segmentation qui doit diminuer au fur et à mesure que la carte de segmentation évolue. 4.3 Méthode Marovienne Nous avons choisi d aborder les méthodes Maroviennes à travers la méthode proposée par Pappas [PAPP92]. Cette méthode réalise une séparation des pixels dans une image en classes (typiquement 2 à 4) en se basant à la fois sur leurs intensités et sur leurs voisinages. L utilisation des champs de Marov en segmentation d images s est généralisée à la suite des travaux de Geman [GEMA84]. Cette approche consiste à construire un modèle a priori portant sur le processus à estimer et un modèle de déformation ayant conduit à l observation faite. Ces modèles sont ensuite combinés dans le cadre Marovien. Le formalisme des champs de Marov permet de prendre en considération les relations de voisinage entre les pixels et ne se limite donc pas à la prise en compte individuelle des pixels. Ainsi la probabilité qu un pixel appartienne à une classe dépend non seulement de son niveau de gris mais aussi de ceux de ses 45

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images voisins. Nous rappelons brièvement dans ce qui suit les concepts qui ont conduit à l élaboration de cette théorie. En segmentation d images, le champ de données est noté X ( x s ) s S = où S représente l ensemble des sites (image) et les xs sont des valeurs dans l ensemble L des valeurs de niveaux de gris. L image segmentée est notée Y ( y s ) s S =, les différentes valeurs y s prennent des valeurs dans l ensemble des labels Λ. La modélisation Marovienne permet de définir une loi a priori sur l espace des configurations S Λ, notée P ( Y ). D autre part, une modélisation des données permet de définir une loi d attache aux données sur l espace des configurations L S, notée ( X Y ) P /. L inconnue dans ce cas est Y, nous cherchons alors à minimiser la loi a posteriori exprimée par la formule de Bayes suivante : ( X ) ( X / Y ) P( Y ) P( X ) P P Y / = Eq. 10 Ce qui revient à minimiser la quantité : P ( X / Y ) P( Y ) L algorithme d optimisation le plus couramment utilisé est le MAP (Maximum A Posteriori). Celui-ci revient à choisir un estimateur MAP avons alors l expression suivante de Y MAP : Y qui maximise ( Y X ) P /. Nous Y MAP Y { P( Y / X )} = arg max { P( X/Y ) P( Y )} = arg min{ log P( X / Y ) log P( Y )} = argmax Eq. 11 Y Y La recherche du minimum est ensuite un problème classique d optimisation. Une solution approchée peut être obtenue soit par des algorithmes déterministes, dont l algorithme ICM (Iterated conditional Mode) est un exemple, soit par des algorithmes stochastiques comme le RS (Ricuit Simulé). 46

Décomposition de méthodes de segmentation dans un modèle mono-opérateur La méthode de segmentation développée par Pappas modélise l image comme une collection de régions dont l intensité est uniforme ou à faible variation. Le modèle a priori utilisé pour caractériser l image segmentée ( P ( Y ) ) suit une distribution de Gibbs. Un bruit blanc Gaussien est choisi pour la probabilité conditionnelle modélisant le bruit ( ( X Y ) P / ). D après le théorème d Hammersley-Clifford, P ( Y ) est une distribution de Gibbs et est complètement définie par sa fonction d énergie U ( Y ). Cette fonction peut être réécrite comme une somme de fonctions de potentiels de cliques V C ( Y ) tel que : ( Y ) = V C ( Y ) U Eq. 12 C CQ Une clique C est un ensemble de pixels (un ou plusieurs) qui sont tous voisins les uns des autres (figure 7). Plusieurs fonctions de potentiels de cliques ont été proposées dans la littérature. Dans son article Pappas [PAPP92] propose une fonction d énergie dont les contributions non nulles, sont issues de cliques d ordre 2. Le potentiel de cliques V C ( Y ) associé aux différentes paires horizontales, verticales ou diagonales de pixels adjacents est donné par l expression suivante : ( i, j) = Y (, l) ( i, j) Y ( l) V β, if Y ( Y ) = C + β, if Y, Eq. 13 où ( i j),(, l) C,. Notons qu un faible potentiel ou énergie correspond à une probabilité élevée et vice versa. Par conséquent, en choisissant une valeur positive pour β, deux pixels voisins ( i, j) et ( l), auront une plus grande probabilité s ils appartiennent à la même région (Pappas choisit une valeur de β égale à 0.5). 47

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images s Figure 7 : Systèmes de voisinage en 8-connexité et cliques d ordre 2 correspondantes. La probabilité conditionnelle ( X Y ) P / modélisant le bruit est dans le cas Gaussien donnée par une fonction d énergie notée ( ) ( ) ( ys µ s ) V X, Y 2 où s est le pixel courant, µ la moyenne et σ la variance. = log 2π σ s + 2σ 2 s 2 La probabilité ( Y X ) P / a posteriori est alors donné par l équation suivante : 2 ( X ) Exp [ y ] ( ) s µ s VC x 2 P Y s 1 2σ C. Un MAP optimisé par ICM est utilisé pour maximiser cette probabilité conditionnelle. Le processus de maximisation est effectué sur chaque point de l image et ce cycle est répété jusqu'à convergence. Une configuration (segmentation) initiale aussi proche que possible de la configuration optimale est nécessaire. Après analyse de l algorithme de Pappas, nous proposons la décomposition fonctionnelle représentée figure 8. Le bloc Mesures réalise deux mesures. La première notée F ( 1,n) est une mesure de déviation par rapport à une moyenne locale m s n (moyenne locale des niveaux de gris des pixels voisins du site s ayant le label n). Elle est donnée par l équation suivante : 48

Décomposition de méthodes de segmentation dans un modèle mono-opérateur F n ( 1, n) ( y m ) 2 = Eq. 14 s s où ys est le niveau de gris du site s. La deuxième mesure F (, n) cliques Vc () s est exprimée par : 2 associée au modèle a priori et au potentiel de (, n) = F Vc ( s) c CQ 2 Eq. 15 La sommation porte sur toutes les cliques CQ et le potentiel de cliques Vc ( s) dépend uniquement des pixels qui appartiennent à la clique c, de label n dans la carte de régions RM. Notons que le bloc Mesures effectue deux mesures pour chaque label (région) présent dans la carte des régions. Le site courant s est indiqué au bloc Mesures par le bloc Modification (figure 8), ce qui correspond au mode local. Le balayage des pixels s effectue de gauche à droite en commençant par le pixel 0 situé sur le coin haut gauche (type raster scan). Le bloc Critère réalise une combinaison additive des deux mesures. Le paramètre w (, n) 2 est un hyper paramètre qui sert à contrôler le poids à donner à chaque mesure. Le bloc Contrôle implante la méthode d optimisation ICM. Dans ce cas, on cherche le label n = n0 pour lequel C ( n) e est maximum pour tout n. La sortie du bloc Contrôle E ( n 0 ) est mise à 1 alors que les autres valeurs E ( n) 49 sont mis à 0. Cela peut être interprété comme une indication au bloc Modification pour agrandir la région n 0 en récupérant un pixel. Ce pixel est le site courant s de label n 0. Le bloc Modification est un bloc qui fait de l étiquetage ou du pixel labeling à chaque cycle. Il donne au site s le label n pour lequel E ( n) est égale à un. Ensuite, ce bloc choisit le nouveau site à traiter (suivant son propre balayage interne) et

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images transmet ses coordonnées au bloc Mesures. A la fin de chaque balayage (qui correspond à un cycle), la carte des régions RM est mise à jour par le bloc Modification. Le bloc Arrêt examine à chaque fin de cycle de balayage le nombre de pixels modifiés et arrête le processus quand celui-ci est au-dessous d un certain seuil. MESURES, mode local F F ( 1, n) : ( 2, : Energie des cliques Déviation moyenne locale s CRITERE C ( n) = F ( 1, n) + w ( 2, n) F ( 2, n) CONTRÔLE n 0 = argmax e n ( n) = 1 si n n0, sinon 0 E = -C ( n) ( ) MODIFICATION Etiquetage avec n tel que E Coordonnées du site s suivant indiqué à Mesures ( n ) = 1 s ARRÊT Non variation de la carte des régions entre deux itérations Figure 8 : Décomposition fonctionnelle d une segmentation par approche Marovienne. Un exemple de résultat obtenu après l implantation de cette méthode Marovienne est donné sur la figure 9. Avec la prise en compte des étiquettes du voisinage par l énergie de cliques, on observe bien (figure 9(b) - figure 9(c)) la disparition des labels isolés. La carte initiale est générée par un seuillage arbitraire des niveaux de gris de l image en 4 classes. 50

Décomposition de méthodes de segmentation dans un modèle mono-opérateur (a) Image originale (b) Carte de segmentation initiale (c) Carte de segmentation finale Figure 9 : Résultat obtenu pour l approche Marovienne sur une image synthétique carrés. La courbe montrant l évolution du critère global pour la méthode Marovienne est représenté sur la figure 10. Elle illustre bien la diminution du critère global avec l amélioration de la carte de segmentation. -2900-3000 -3100 Critère global -3200-3300 -3400-3500 -3600-3700 0 5 10 15 20 Nombre d'iterations Figure 10 : Evolution du critère global pour une segmentation Marovienne sur l image carrés. 4.4 Méthode de contour actif La troisième méthode, dont nous présentons les résultats, est une méthode de contour actif [ANWA01]. Nous rappelons que les contours actifs ou snaes [KASS88, 51

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images XU98] sont des courbes définies dans l image et qui sont capables de se mouvoir sous l influence de forces internes issues de la courbe elle-même et de forces externes calculées à partir des données de l image. Nous démarrons généralement d une courbe initiale proche du contour recherché et l évolution se fait à travers un processus itératif qui déforme la courbe à chaque itération jusqu'à sa position finale. Nous présentons dans ce qui suit un bref rappel sur le modèle classique [KASS88] des contours actifs. Mathématiquement, un contour actif est une courbe paramétrée C représentée par la notation suivante : C : [ a, b] s v R () s 2 () s x () = y s Eq. 16 où s désigne l abscisse curviligne le long du contour, a et b sont les extrémités (confondues ou non) du contour et v ( s) le point courant de coordonnées () s y() s x,. Cette courbe se déplace dans le domaine de l image dans le but de minimiser la fonctionnelle d énergie suivante : E ( C) E ( C) E ( C) = nterne Eq. 17 i + externe Le premier terme, qui est le terme d énergie interne de la fonctionnelle, est défini par : E i nterne 1 2 1 2 C C α Eq. 18 2 s s ( C) = () s + β () s ds 0 2 2 La dérivée première par rapport à l abscisse curviligne s, C s 2 agit sur la longueur de la courbe en l empêchant d être trop élastique et le paramètre α () s, qui 52

Décomposition de méthodes de segmentation dans un modèle mono-opérateur influence sa tension, est appelé paramètre d élasticité. La dérivée seconde 2 C 2 s quant à elle sur la courbure du contour et β ( s) est appelé paramètre de rigidité. En pratique, les deux paramètres α, β ont souvent des valeurs constantes. 2 agit Le deuxième terme de la fonctionnelle est un terme d énergie potentielle et il est calculé en intégrant une fonction d énergie potentielle P(C(s)) définie en tout point de l image par : 1 ( ) P( C( s) ) Ρ C = ds Eq. 19 0 Cette fonction d énergie potentielle dépend des données image. Etant donné une image de niveau de gris I(x,y), la fonction d énergie potentielle qui permet de mettre en valeur les zones de l image de fort contraste peut être exprimée par l équation suivante : ( x, y) ω [ G ( x, y) * I ( x, y) ] 2 P e σ = Eq. 20 où ω est un paramètre de pondération, G ( x, y) e σ est une fonction Gaussienne d écart-type σ, est l opérateur gradient, et * est l opérateur de convolution 2D. Le problème qui consiste à chercher une courbe qui minimise la fonctionnelle d énergie E(C) est un problème variationnel [COUR53]. Il a été démontré que la courbe qui minimise E(C) doit satisfaire l équation d Euler-Lagrange [COHE91] suivante : 2 2 C C α ( ) = 0 2 β 2 P C Eq. 21 s s s s 53

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images Cette équation aux dérivées partielles exprime l équilibre entre les forces externes et les forces internes. ( C) + F ( C) 0 Fi nt ext = Eq. 22 L équation 21 qui n a pas de solution explicite, est résolue dynamiquement par l ajout d un terme de variation temporelle. Ce qui revient à résoudre : 2 2 C C C γ = α P( C) t s s s β s Eq. 23 2 2 C γ = F ( C) F ( C) i nt + ext Eq. 24 t où γ est un paramètre de viscosité du milieu où se déplace le contour. Pour une résolution numérique de l équation ci-dessus, nous passons par une étape de discrétisation du problème qui se ramène à la résolution d une équation linéaire de type : AX = b. Différentes implantations numériques ont été proposés dans la littérature, parmi elles la méthode des différences finies [KASS88]. En approximant les dérivées dans l équation 23 par des différences finies, on aboutit à l équation suivante : C n = 1 n 1 n 1 ( I A) [ C + γf ( C )] γ Eq. 25 ext où n C, n 1 n 1 C et ext ( C ) F sont des matrices de taille Nx 2, A est une matrice de taille NxN, N étant le nombre de points définissant le contour. La matrice A, appelée matrice de rigidité, contient les opérateurs de dérivation partielle le long de la courbe (Eq. 23). L inversion de la matrice A est calculée seulement lorsque le contour actif est rééchantillonné. 54

Décomposition de méthodes de segmentation dans un modèle mono-opérateur Après ce bref aperçu du modèle classique de contour actif, nous avons décomposé selon le MF la méthode développée dans [ANWA01]. Les blocs obtenus sont représentés sur la figure 11. F F MESURES, mode local ( 1, n) ( 2, Ux = Uy ( s, n) ( ) s, n s CRITERE C 2 2 ( n) = Ux + Uy n n CONTRÔLE, par seuillage Si C ( n ) > ε, E ( n ) = 1 sinon E ( n ) = 0 MODIFICATION U 1 ( s, n) = U ( s, n) + V ( s, n) s ARRÊT Non variation de la carte des régions entre deux itérations Figure 11 : Décomposition fonctionnelle d une segmentation par contour actif. Le bloc Mesures est un bloc qui calcule deux mesures correspondant aux déplacements en x et en y ( Ux ( s, n), Uy ( s, n) ) d un point de contrôle du snae à la position s. Le bloc Mesures fonctionne en mode local. Les deux mesures sont exprimées par l équation suivante : F F ( 1, n) ( 2, n) Ux = Uy ( s, n) ( s, n) Eq. 26 Le vecteur de déformation du point de contrôle s à chaque itération, est noté ( ) U ( s, n) = Ux ( s, n), Uy ( s, n). Il est obtenu à partir de la matrice U ( n) de taille 55

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images P 2 qui contient les P points de contrôle de la région n (snae). Celui-ci peut être obtenu par l équation suivante [ANWA01] : U 1 ( n) = [ I + A] wf U ( n) 1 [ ( ) + γu ( n) ] U ( n) 1 1 ext γ Eq. 27 U est la matrice P 2 de coordonnées du point s à chaque itération. F ext où ( n) sont les forces externes et w est un paramètre de pondération. γ est un coefficient de viscosité. A est une matrice de taille P P et I la matrice identité. La matrice A est recalculée uniquement lorsque le nombre de points de contrôle du snae a changé, c est à dire après une opération de ré-échantillonnage du snae. Le bloc Critère calcule le module de la déformation (Eq. 28). Il reçoit les déformations en x et en y, et crée un critère pour chaque point de contrôle du contour. Quand la valeur du critère C ( n) diminue au cours des itérations, cela signifie que nous sommes proches d une position stable du snae par rapport à l équilibre des forces. C ( ) 2 1 + ( F ( 2, n) ) 2 ( n) F (, n) = Eq. 28 Le bloc Contrôle est un bloc de contrôle par seuillage. C est à dire que quand la déformation est supérieure à un seuil ( ε = 0, résultat figure 12), alors la valeur de contrôle E ( n) est mise à 1, sinon elle est mise à zéro pour signifier la convergence du contour vers sa position idéale. Le bloc Modification a pour fonction de faire bouger le snae vers sa nouvelle position en déplaçant les points du contour. En effet, ce bloc calcule les nouvelles coordonnées du contour. Celles-ci sont données par : U 1 ( s, n) = U ( s, n) + V ( s, n) Eq. 29 56

Décomposition de méthodes de segmentation dans un modèle mono-opérateur où V ( s, n) est un déplacement qui doit être calculé dans le bloc Modification. Dans ce cas précis, le déplacement V ( s, n) est égal 2 à U ( s, n) donné par l équation 27. Le bloc Modification travaille en mode local et un cycle correspond ici au traitement de tous les points du contour. Le bloc Arrêt peut stopper le processus de segmentation de deux manières différentes. La première correspond à un nombre suffisant d itérations. La seconde permet d arrêter l évolution du contour quand les coordonnées des points ne changent pas (à un seuil près) entre deux cycles de modification. Nous avons testé cette décomposition selon le MF sur des images différentes. La figure 12 montre un exemple de résultat obtenu sur une image synthétique à partir de cette décomposition. (a) Image originale (b) Contour initial (c) Contour final Figure 12 : Résultat obtenu pour la méthode de contour actif. L algorithme initial testé sur la même image aboutit au même contour final mais avec un nombre d itérations très différent. En effet, le temps d exécution de l implantation originale est beaucoup plus rapide que l implantation selon le modèle fonctionnel (rapport de 1 à 10). Cela est dû au fait que l implantation selon le modèle 2 Notons que si des mesures calculées dans le bloc Modification sont similaires à celles calculées dans le bloc Mesures, alors notre stratégie de programmation ( 6) nous permet de les utiliser directement dans le bloc Modification dans le souci évident de réduire le temps de calcul. 57

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images fonctionnel utilise un mode local et qu une itération correspond au traitement d un point de contrôle du contour actif. Nous avons calculé aussi l évolution du critère global au cours des itérations. Celui-ci est représenté sur la figure 13. Ce critère global correspond ici à la somme des modules des déformations de tous les points de contrôle du contour. Il tend globalement à diminuer jusqu à la stabilisation du snae. On remarque entre la 7 ème et la 15 ème itération une remontée du critère global qui correspond à des mouvements importants du contour après le passage du goulot d étranglement au centre de l objet à segmenter. L arrêt de la segmentation à l itération 8 (minimum local du critère) correspond à un résultat de segmentation relativement cohérent (contour stoppé par l étranglement) 3,5 3 Critère global 2,5 2 1,5 1 0,5 0 0 5 10 15 20 25 Nombre d'iterations Figure 13 : Evolution du critère global pour une segmentation par contour actif. 4.5 Méthode par agents Pour terminer cette partie, nous abordons les méthodes de segmentation par agents. La notion d agent, en intelligence artificielle distribuée, propose de distribuer l expertise sur un groupe d agents qui doivent être capable de travailler et d agir dans un environnement commun et de résoudre les éventuels conflits. Selon Ferber [FERB95], un agent est une entité physique ou virtuelle agissant dans un environnement, communiquant directement avec d autres agents, possédant des 58

Décomposition de méthodes de segmentation dans un modèle mono-opérateur ressources propres, capable de percevoir partiellement son environnement, disposant d une représentation partielle de l environnement, et possédant des compétences. Son comportement tend à satisfaire ses objectifs, en tenant compte des ressources et des compétences dont il dispose, et en fonction de sa perception, de ses représentations et des communications qu il reçoit. Les systèmes par agents ont été d abord utilisés en vision par ordinateur [BOIS94, LEFE93, YANA98] et étendus par la suite à la segmentation d images [BOUC98, LIU98, LIU99]. En segmentation d images, un agent peut-être représenté et agir de diverses façons, et à divers niveaux d abstraction. Au niveau le plus bas, on trouve les agents de segmentation à proprement parler. Ceux-ci sont localisés dans l image même et leur comportement est directement observable. A chaque instant un agent est rattaché à un pixel. Partant de pixels germes, les agents sont alors chargés d explorer l image dans le but de réunir sous un même label les pixels possédant des caractéristiques photométriques similaires, laissant à penser qu ils appartiennent à une même région. C est notamment le cas dans [LIU99]. Nous retrouvons le même type d agents, sans pour autant que le terme agent soit explicitement employé dans le travail de Bellet [BELL98]. Bellet parle, lui, de processus incrémentaux de croissance de régions ou de contours. Guillaud [GUIL00] s intéresse particulièrement à un type d agents (contours) qui permet de détecter et de suivre des contours. Kagawa [KAGA99] a recourt aussi à des agents autonomes pour segmenter diverses images naturelles. A un niveau un peu plus élevé, on trouve des agents correspondant aux régions d une image [DUCH03] [PORQ03]. Ici, les agents ne sont pas chargés de construire les régions, car celles-ci existent déjà. Elles peuvent avoir été obtenues par une segmentation préliminaire quelconque. Les agents sont alors chargés d affiner cette segmentation par fusion ou division de régions, en tirant profit d informations échangées avec leurs voisins. Enfin, à des niveaux encore plus élevés apparaissent les agents de contrôle. Dans les systèmes très complexes, ces agents sont chargés d organiser la répartition des tâches entre les agents de plus bas niveaux et de gérer leurs comportements. Nous retrouvons ce genre d agents dans les travaux de Boucher [BOUC98], de Germond [GER00b] et de Abchiche [ABCH01]. 59

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images Pour montrer que ce type de méthodes s intègre dans notre modèle, nous avons choisi de décomposer la méthode de Liu [LIU99] selon notre MF. Le système de segmentation par agents autonomes de Liu entre dans le cadre des processus incrémentaux de croissance de régions ou de contours. Partant d un pixel germe, un agent dans un processus incrémental de segmentation, est défini par sa position dans l image, un ensemble de paramètres caractéristiques et par un ensemble de règles permettant de fixer son évolution. Dans son approche, Liu utilise des agents autonomes distribués aléatoirement dans l image. Suivant le type d images à segmenter, il définit un certain nombre de classes d agents. Par exemple, pour segmenter une image IRM du cerveau, quatre classes sont répertoriées, la matière blanche, la matière grise, les contours et la tumeur. Les agents disposés dans l image ont pour objectif de labelliser ou d étiqueter une zone homogène. Pour cela, des mesures sont effectuées dans un voisinage défini autour de chaque agent. Si le pixel visité est situé dans une zone homogène alors l agent l étiquette et il devient inactif. Ensuite, des agents fils sont créés (comportement de reproduction) aux alentours immédiats de l agent père suivant des directions héritées de leurs prédécesseurs (voir figure 14). Si l agent échoue dans sa tentative de trouver une zone homogène alors il diffuse suivant des directions de diffusion. Ce comportement de diffusion peut être vu comme un déplacement de l agent vers un autre site de son voisinage dans une direction héritée de ses parents (voir figure 15). Au cours de ces tentatives, l agent vieillit et meurt si le nombre de cycles de recherche excède sa durée de vie. 60

Décomposition de méthodes de segmentation dans un modèle mono-opérateur Agent (Pixel Courant) Label Segment Homogène Agents Fils Figure 14 : Comportement d un agent situé sur un segment homogène. Agent (pixel courant) Agent (pixel courant) Segment homogène Segment homogène Figure 15 : Comportement de diffusion d un agent. Les mesures effectuées par un agent dans l image sont au nombre de trois : mesure de contraste G ( i, j ), mesure locale de niveau de gris moyen µ ( i, j ) et mesure locale de la variance σ ( i, j ). Toutes ces mesures sont réalisées dans un voisinage circulaire de l agent (figure 16). Celles-ci sont données par les équations suivantes : 61

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images Agent (i,j) Figure 16 : Voisinage circulaire d un agent à la position (i,j). G ( i, j ) = ( i, j,, l) ( i, j ) (, l ) < R( i, j ) ρ Eq. 30 avec ( i, j) I(, l) 1 if I δ ρ( i, j,, l) = Eq. 31 0 sinon R, est le rayon de la région de mesure, centrée sur la position ( i, j). ( i j) où ( i j ) I, est le niveau de gris du pixel ( i, j), N est le nombre de pixels contenu dans la région de mesure et δ est un seuil de valeur positive. 1 µ Eq. 32 ( i, j ) = I(, l) N, ( i, j ) (, l ) < R( i j ) ( I l µ ) 1 2 σ, =, Eq. 33 ( i j ) ( ) ( i, j ) N, ( i, j ) (, l ) R( i j ) 62

Décomposition de méthodes de segmentation dans un modèle mono-opérateur Nous pouvons résumer le comportement d un agent et ses règles d évolution par le schéma de la figure 17. Chaque agent possède un certain nombre de paramètres caractéristiques qui régissent son comportement, parmi eux un âge limite (LifeSpan) et une fonction appelée Fitness Value qui intervient dans le calcul des directions de reproduction et de diffusion [LIU99]. La figure 19 donne la décomposition selon notre MF de la méthode par agents de Liu. Pixel Courant Mesure dans le voisinage circulaire Homogénéité non oui Diffusion + Vieillissement Reproduction + Etiquetage Figure 17 : Comportements et règles d évolution d un agent autonome. 63

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images MESURES, mode local F F F ( 1, n) : ( 2, n) : ( 3, n) : Contraste local Moyenne locale Variance locale s C CRITERE ( n) = w ( 1, n) F ( 1, n) + w ( 2, n) F ( 2, n) + w ( 3, n) F ( 3, n) CONTRÔLE, par seuillage Si C sinon ( n ) > ε, E ( n ) E ( n ) = 0 = 1 MODIFICATION ( n) Si E =1, étiquetage dupixel courant et création d' agents fils sinon diffusion puis vieillissement de l' agent Site s (agent) suivant indiqué à Mesures s ARRÊT Le processus est arrêté lorsque la carte des régions n évolue plus Figure 18 : Blocs fonctionnels obtenus pour la segmentation par agents de Liu. Les mesures sont effectuées en mode local et les coordonnées de l agent sont transmises par le bloc Modification au bloc Mesures. Le bloc Critère combine de façon linéaire les mesures préalablement binarisées. C est à dire que la mesure est transformée en une donnée binaire qui vaut un si le résultat de la mesure se situe dans l intervalle d homogénéité de l agent et zéro s il est en dehors. A partir de là, une somme est réalisée et le résultat est affecté au critère. Le bloc Contrôle est un contrôle par seuillage. Le seuillage est réalisé sur la valeur transmise par le bloc Critère. Si cette valeur vaut trois alors nous pouvons dire que les trois mesures ont donné des résultats probants. Le pixel est situé donc dans une zone homogène et la valeur de contrôle sera alors égale à un. Si au contraire la valeur du critère est inférieure à trois alors nous sommes en présence d un pixel non 64

Décomposition de méthodes de segmentation dans un modèle mono-opérateur homogène. La valeur de contrôle sera zéro. D autres stratégies sont bien sûr envisageables. Si la valeur de contrôle transmise au bloc Modification vaut un, celui-ci étiquettera le pixel courant puis créera de nouveaux agents (comportement de reproduction). Si la valeur est nulle, alors il déplacera l agent dans l image et augmentera son âge (comportement de diffusion). Le résultat de segmentation que nous présentons figure 19, a été obtenu sur une image synthétique. L objectif est de segmenter par exemple le serpentin et le cercle. Les agents, au nombre de 10, sont placés aléatoirement sur chaque ligne de l image de taille 128x128. (a) Image originale (b) Image segmentée après quelques itérations (c) Image segmentée finale Figure 19 : Segmentation par agents d une image synthétique. La segmentation du cercle et du serpentin a été obtenue et constatée visuellement. Le fond est ici représenté en blanc et les agents qui ont diffusé sont en gris sur l image finale (19 (c)). Le nombre d agents actifs présents dans l image peut être visualisé en temps réel. Par exemple sur la figure 19 (b), il atteint le nombre de 2904 agents et diminue jusqu à devenir nul. Ce qui signifie que le processus de segmentation est fini. 65

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images 4.6 Bilan des décompositions mono-opérateurs Nous avons souligné avec quatre exemples pris parmi les dix méthodes décomposées et implantées [ANWA01, BELL98, BURT81, COCQ95, HARI98, HUNT79, LIU99, PAPP92, REVO02, VELA80], que le modèle fonctionnel proposé permet de décomposer avec la même logique des méthodes de segmentation a priori très différentes. Ces décompositions de méthodes, nous conduisent à avancer le terme générique pour notre modèle bien qu il ne soit pas démontrable que toutes les méthodes de segmentation d images soient décomposables selon ce modèle. Le caractère générique du modèle est porté par la définition des fonctions des blocs du modèle et des données d entrée/sortie de ces blocs. Le MF donne ainsi un cadre unifié à la segmentation d images et améliore de fait la lisibilité et la compréhension fonctionnelle des méthodes. Il offre également, de par sa généricité, un cadre efficace pour l intégration de méthodes de segmentation dans un système de vision. En effet, l ensemble des blocs issus de la décomposition de méthodes de segmentation, deviennent indépendants des méthodes et sont utilisables pour tester diverses combinaisons de blocs. Ces combinaisons permettent d asseoir la généricité logicielle du modèle fonctionnel que nous aborderons à travers un exemple dans le chapitre 6. Le MF peut aider à comparer les méthodes de segmentation en proposant une comparaison structurelle bloc à bloc. On entend par comparer deux méthodes, le dénombrement des blocs communs et différents issus d une décomposition maximale. Nous avons effectué dans ce sens une première analyse des méthodes de fusion de régions [HARI98, PARK98, SAND89]. Après décomposition, nous avons constaté que seuls les blocs Mesures et Modification diffèrent. En effet, les mesures correspondent généralement à des mesures inter régions telles que l écart de moyenne de niveaux de gris ou la dynamique entre deux régions adjacentes. D autres mesures peuvent intervenir pour discriminer les nombreuses régions à fusionner. Par exemple, une mesure de surface peut être utilisée pour favoriser la fusion des grandes régions par rapport aux petites régions ou inversement. Concernant le bloc Modification, différentes stratégies sont mises en œuvre bien qu elles conduisent toutes à une diminution du nombre de régions. La décomposition 66

Décomposition de méthodes de segmentation dans un modèle mono-opérateur fonctionnelle de ces méthodes de fusion permet ainsi d affirmer que celles-ci ont la même stratégie d évaluation de la qualité de la segmentation (blocs Contrôle et Critère). Le développement de méthodes de segmentation s oriente actuellement vers les méthodes coopératives ou les méthodes multirésolution. C est pour cette raison qu il est nécessaire de valider notre modèle fonctionnel générique dans ce cadre avec l enchaînement de plusieurs OS. Ce modèle dit multi-opérateurs est l objet du prochain chapitre. 67

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images 5 Modèle générique multi-opérateurs 5.1 Introduction La seule vision binaire de la segmentation qui propose des méthodes de segmentation soit de type contour, soit de type région, présente des limites. Afin de cumuler les avantages de ces deux types d approches sans avoir leurs inconvénients, de nouvelles approches basées sur la coopération de plusieurs méthodes ont été introduites [MUNO03] [KERM02]. La confrontation de ces approches de segmentation coopératives avec notre MF, nous a conduit à définir un modèle multi-opérateurs schématiquement illustré figure 20. Ce modèle doit représenter des méthodes de segmentation complexe par un enchaînement d opérateurs de segmentation génériques. La mise en cascade des opérateurs de segmentation est facilitée par la normalisation des interfaces des OS et est naturellement adaptée aux approches coopératives exploitant la dualité contour/région. Dans ce chapitre, après avoir rappelé les grands principes des approches coopératives, nous décomposerons plusieurs méthodes de segmentation de ce type (cas des méthodes de division/fusion ou des méthodes par agents) selon notre modèle. Nous abordons également dans ce chapitre les méthodes de segmentation multirésolution qui sont décomposables selon le MF générique multiopérateurs associé à un bloc Adaptation permettant la prise en compte des différents niveaux de résolution aussi bien pour les images que pour les cartes de segmentation. Opérateur Opérateur Opérateur Figure 20 : Schéma général du modèle fonctionnel complexe. 68

Modèle générique multi-opérateurs 5.2 Analyse et décomposition d approches coopératives 5.2.1 Vue d ensemble Dans cette section, nous aborderons les méthodes coopératives et les principales stratégies mises en œuvre pour faire coopérer des méthodes de segmentation à savoir l approche séquentielle, l approche parallèle et l approche hybride. Approche séquentielle : cette approche, une des premières mise en œuvre [GAMB93] [KARA94], est également appelée coopération par initialisation. Le principe est simple. Il s agit de démarrer une segmentation par une première méthode et le résultat obtenu est utilisé comme initialisation d une deuxième méthode. Les méthodes de segmentation associées à cette stratégie sont généralement des méthodes de détection de contours, de division-fusion et de croissance de régions. Le but est alors d incorporer l information contours dans les techniques de segmentation régions. Image Carte OS 1 OS 2 Figure 21 : Stratégie de coopération de méthodes par initialisation (séquentielle). La figure 21 présente le principe de coopération séquentielle. Nous avons délibérément remplacé les méthodes de segmentation classiques par notre opérateur de segmentation (OS). 69

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images Approche hybride : ce processus itératif complète la coopération par initialisation en introduisant une boucle de retour sur le processus global de segmentation dans le but d affiner les résultats (figure 22). Différents travaux appartiennent à cette approche, nous citerons [BAJC88] [ZHU96]. Cette approche est bien représentée par le travail de Germond [GER00a] qui essaye d exploiter la complémentarité d un modèle déformable, d un détecteur de contours et enfin d un système multi-agents. Image OS 1 OS 2 Carte Figure 22 : Stratégie de coopération hybride de méthodes de segmentation. Approche parallèle : cette approche utilise un bloc de fusion d informations pour fusionner les résultats issus de plusieurs méthodes de segmentation (figure 23). En effet, ces méthodes de segmentation s exécutent en parallèle sur la même image et leur fonctionnement est indépendant l un de l autre. Cette approche coopérative fait souvent appel à la théorie de fusion de données [BLOC96, BLOC03]. Nous citerons dans ce cas les travaux de Chu et Aggarwal [CHU93] ou Spann et Wilson [SPAN85]. En général, on retrouve dans ce contexte des méthodes de segmentation de type croissance de régions ou multirésolution. 70

Modèle générique multi-opérateurs Image Carte2 Fusion Carte finale OS 1 OS 2 Carte1 Figure 23 : Stratégie de coopération de méthodes par fusion d information (parallèle). 5.2.2 Décomposition fonctionnelle d une approche séquentielle Nous illustrons cette approche coopérative par une méthode de division - fusion (split and merge). Avec ce type d approches, l image est divisée en régions homogènes qui respectent des critères globaux, puis les régions adjacentes qui répondent à des critères locaux sont fusionnées. La méthode de division que nous avons sélectionnée correspond à la méthode de l arbre quaternaire présentée précédemment ( 4.2). Après avoir analysé quelques méthodes de fusion de régions [CHAN95, HARI98, HERN00, MONG87, PARK98, SAND89], nous avons retenu et implanté selon le MF celle de Haris [HARI98]. Nous n allons pas revenir sur la décomposition fonctionnelle de la méthode de l arbre quaternaire ( 4.2), nous nous contentons de détailler la décomposition concernant la méthode de fusion de régions qui a pour objectif d améliorer la segmentation d une image en regroupant des régions suivant un prédicat fixé. Le bloc Mesures fonctionne ici en mode global et pour chaque région n, nous calculons une seule mesure notée F (, n) 1, qui est le minimum de l écart quadratique de la valeur moyenne de niveaux de gris entre la région considérée et ses voisines. La mesure F (, n) 1 est un vecteur exprimé par : 71

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images N n N m 2 F ( 1, n) = arg min [ µ ] n µ m Eq. 34 n N n + N m avec N n qui est le nombre de pixels de la région n et µ n sa valeur moyenne de niveaux de gris. N m et représente l itération courante. µ m représente les attributs de la région voisine m. Le bloc Critère calcule une valeur de critère à partir de la valeur de mesure qu il reçoit. Ce bloc calcule l inverse de la mesure. Il est donné par l équation suivante : C ( n) = F 1 ( 1, n) m n Eq. 35 Un critère trop grand signifie que la segmentation est mauvaise, c est à dire que l on doit fusionner des régions et donc faire bouger la carte de segmentation. Les besoins d évolution de la carte de segmentation sont calculés par le bloc Contrôle. Dans notre cas, ce bloc effectue un contrôle linéaire par seuillage dont la sortie, exprimée par E ( n), est : E ( n) ( n) ( n) C T = Eq. 36 max n ( C ) T où T est un seuil global de valeur positive. Le bloc Modification qui implante la stratégie de modification d une fusion de région correspond à un bloc de suppression de régions. Si la valeur E ( n) supérieure à zéro, alors, la région n doit grossir. Le processus de fusion est le suivant : les deux régions ayant le besoin d évolution E ( n) 72 est le plus grand sont fusionnées en premier. Si on se trouve en présence de deux valeurs maximales de E ( n), alors, on fusionne les deux régions correspondantes. Dans le cas où deux

Modèle générique multi-opérateurs valeurs E ( n) ou plus seraient égales, on vérifie d abord l adjacence et ensuite on élabore une stratégie d ordre de fusion qui sera basée par exemple sur la taille des régions, la moyenne de niveaux de gris ou sur un choix aléatoire. Dans notre cas, c est cette dernière stratégie qui est mise en œuvre. Notons que nous n utilisons pas l algorithme de partage des eaux pour obtenir une sur-segmentation comme dans l algorithme originel de Haris [HARI98]. La décomposition fonctionnelle pour cette méthode de fusion de régions est représentée sur la figure 24. MESURES, mode global N nnm 2 (, n) = argmin [ µ ] F 1 n µ m n Nn + Nm CRITERE C ( ) ( n) = F ( 1, n) n m 1 CONTRÔLE C E ( n) = max n ( n) ( n) T ( C ) T MODIFICATION ( n) Si E est maximum, la région n doit fusionner ARRÊT Non variation de la carte des régions entre deux itérations Figure 24 : Décomposition fonctionnelle d une méthode de fusion de régions. 73

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images Ce type de coopération illustre bien l enchaînement d opérateurs de segmentation dans le cas des méthodes complexes. Le premier opérateur exécute son processus de découpage jusqu'à ce que toutes les régions soient homogènes. Il transmet ensuite sa carte de régions à l opérateur de fusion qui doit fusionner certaines régions voisines (figure 25). Split Merge Figure 25 : Décomposition fonctionnelle d une segmentation par split&merge. Un exemple de résultat de segmentation obtenu avec la méthode de divisionfusion, est présenté sur la figure 26. Après la segmentation par arbre quaternaire (figure 27-b), on obtient 605 régions, qui seront regroupées par l opérateur de fusion en 61 régions (figure 27-c). La valeur du seuil global T est égale ici à 0.001. (a) Image originale (b) Image segmentée par arbre quaternaire (c) Image segmentée finale après fusion Figure 26 : Résultats obtenus de la division-fusion sur l image bruit. 74

Modèle générique multi-opérateurs 5.2.3 Décomposition fonctionnelle d une approche hybride La méthode que nous avons décidé d étudier dans le cadre d une stratégie de coopération hybride, est une méthode de croissance de régions [REVO97, REVO02]. Le processus de décomposition fonctionnelle de cette méthode est passé par deux phases. Une première phase de décomposition, fidèle à l algorithme original, a engendré quatre opérateurs de segmentation : dilatation d histogramme, érosion réduite, contraction d histogramme et dilatation réduite. La deuxième phase de relecture de cet algorithme, à travers les opérateurs de segmentation que nous avons définis, a abouti à une décomposition plus simple. Au final, elle comporte deux opérateurs de segmentation, un opérateur de dilatation d histogramme et un opérateur de contraction d histogramme représentés respectivement figure 27 et 28. La décomposition fonctionnelle en deux opérateurs a donné le résultat suivant : trois blocs sont communs aux deux opérateurs. Ces blocs sont les blocs Mesures, Critère et Contrôle. Le bloc Modification du premier opérateur implante une stratégie de modification par dilatation des régions. Le bloc Modification du second opérateur effectue une contraction d histogramme des régions présentes dans l image. MESURES, mode global ( 1, n) Variance F : CRITERE C ( n) = F ( 1, n) CONTRÔLE, par seuillage Si C ( n ) ε, E ( n ) = 1 Sinon E ( n ) = 0 MODIFICATION Si E ( n) > 0 Dilatation de la région n ARRÊT Non variation de la carte des régions entre deux itérations Figure 27 : Modèle fonctionnel pour l opérateur de dilatation. 75

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images MESURES, mode global ( 1, n) Variance F : CRITERE C ( n) = F ( 1, n) CONTRÔLE, par seuillage Si C ( n ) ε, E ( n ) = 1 Sinon E ( n ) = 0 MODIFICATION Si E ( n) > 0 Contraction de la région n ARRÊT Non variation de la carte des régions entre deux itérations Figure 28 : Modèle fonctionnel pour l opérateur de contraction d histogramme. Cette approche, replacée dans notre modèle fonctionnel, nous permet de représenter la méthode de croissance de régions par l enchaînement d OS donné sur la figure 29. Un exemple de résultat obtenu après implantation de l algorithme initial est illustré figure 30. Dilatation Contraction Figure 29 : Décomposition fonctionnelle d une segmentation par croissance de régions. 76

Modèle générique multi-opérateurs (a) Image Originale (b) Image segmentée initiale (c) résultat final Figure 30 : Résultats obtenus avec la croissance de régions sur une image synthétique. 5.2.4 Coopération dans les méthodes par agents et modèle fonctionnel Les systèmes multi-agents fournissent un cadre naturel pour l expression de la coopération. Cette coopération exploite la dualité entre contours et régions, ce qui permet d améliorer la segmentation lorsque les régions et les contours échangent des informations. Les mécanismes de coopération dans les méthodes de segmentation par agents s expriment généralement par des règles de fusion ou de division de régions, de prolongement ou de raccordement de contours. Bellet [BELL98] décrit un système de segmentation faisant intervenir une coopération entre des opérateurs incrémentaux de type contours et des opérateurs incrémentaux de type régions. La coopération intervient lorsqu un opérateur éprouve des difficultés à segmenter une zone de l image. Il peut alors faire appel à un ou plusieurs autres opérateurs, en demandant leur création ou en utilisant ceux déjà présents dans l image, afin d obtenir des informations supplémentaires qui lui permettront de poursuivre sa progression de manière plus sûre. Le mécanisme permettant à un agent contour de tirer profit d une remontée d information provenant d agents régions correspond à une adaptation locale du seuil du gradient de l agent contour, en tenant compte de l homogénéité des régions voisines. Le seuil du gradient pourra être d autant plus faible que les régions voisines seront peu texturées ou bruitées. Si ces régions ont déjà été segmentées, l agent contour pourra directement profiter des informations concernant ces régions. Dans le cas contraire, il pourra se mettre en attente et demander la création, de part et d autre de son extrémité, de nouveaux agents régions chargés de faire remonter 77

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images l information qui lui manque. Dans le même temps, il propose la création d un agent de type contour dans le prolongement du contour existant, permettant ainsi d espérer un éventuel raccordement. Si les contours peuvent faire appel aux régions pour mieux progresser, l inverse est également envisagé. L idée est cette fois-ci de borner l expansion d une région par l initialisation tout autour d elle de germes contours. Si ces germes détectent effectivement la présence de contours, alors la progression de la région pourra être stoppée aux abords de ces contours. Dans [PORQ03] les agents correspondent aux régions de l image. La fusion des régions se fait sur la base d un critère mesurant le désir mutuel de fusion des deux régions. Ce critère se base sur les caractéristiques photométriques des deux régions concernées ainsi que sur le nombre de pixels frontières communs aux deux régions. Il apparaît également un critère de survie, permettant au système de décider lequel des deux agents région survivra à la fusion. Nous retrouvons le même type de coopération Région-Région dans [DUCH03], qui s appuie sur une structure de pyramide irrégulière pour gérer le processus d agrégation de régions et assurer la convergence de la segmentation. Nous avons vu que les mécanismes de coopération mis en jeu dans les systèmes multi-agents sont essentiellement basés sur l exploitation de la dualité régions/contours. L idée générale est de faire un usage judicieux et opportun des informations apportées par chacun des deux types de processus, pour autoriser ou non la fusion ou la division des primitives et pour adapter localement les paramètres des méthodes. Après une étude approfondie des méthodes de segmentation par agents, nous avons confronté notre modèle fonctionnel à la coopération dans les systèmes multiagents. Nous avons décidé de décomposer la méthode développée par Bellet [BELL98] dans le cadre de notre modèle fonctionnel de segmentation d images. Pour faire coopérer deux opérateurs de segmentation de type contour et de type régions, qui représentent respectivement des agents régions et contours, nous avons envisagé deux solutions : 78

Modèle générique multi-opérateurs 1) Ne considérer qu un seul et unique opérateur de segmentation, mêlant les deux types de processus. La coopération est alors gérée en interne dans le bloc Modification. 2) Considérer deux opérateurs de segmentation différents, l un pour les régions, l autre pour les contours. Dans ce cas, la gestion de la coopération est confiée à un superviseur ou à un mécanisme coopératif par émergence. La première solution est tout à fait envisageable. Cependant elle présente l inconvénient de ne pas être très souple. En revanche, le fait de considérer deux OS distincts dont la coopération est réalisée par le biais d un superviseur se justifie pleinement : Du point de vue de la généricité du modèle : le système multi-agents coopératif dont nous voulons réaliser la mise en œuvre met en jeu deux types de processus distincts, qui pris individuellement peuvent être assimilés à des méthodes de segmentation à part entière. Au sens du modèle fonctionnel, il est donc logique de considérer que chacun d eux sera représenté par un OS différent. Du point de vue des recherches actuellement menées concernant les systèmes multi agents coopératifs : celles-ci concernent les moyens de gérer l organisation et la coopération de la population d agents et souvent, le choix est porté sur un superviseur. Pour l implantation selon le modèle fonctionnel de ce type de méthodes avec un mécanisme de coopération du type de celui présenté dans [BELL98], nous avons décidé d utiliser pour l opérateur région, l opérateur développé précédemment qui concernait la méthode de Liu ( 4.5). L opérateur contour choisi est celui qui est décrit dans Bellet [BELL98]. La mise en œuvre d un tel opérateur suivant le modèle fonctionnel a été réalisée et elle est présentée en annexes de ce document (annexes (c)). Le résultat obtenu sur une image synthétique est montré sur la figure 31 cidessous. 79

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images (a) Image Originale (b) Image segmentée finale Figure 31 : Segmentation issue de la décomposition fonctionnelle d un agent contour. Le rôle d un superviseur est de gérer le fonctionnement parallèle des deux opérateurs de segmentation et de diriger les opérations lorsqu il y a une demande de coopération de la part du processus contour par exemple. Les deux opérateurs de segmentation région et contour effectuent leurs processus de segmentation normalement jusqu'à ce que l un ou l autre se bloque. Ceci signifie que l un des opérateurs est dans l incapacité de continuer sa segmentation. Le superviseur intervient alors en créant d autres processus qui permettront de lever l ambiguïté et de terminer la segmentation. Cette partie concernant l utilisation d un superviseur n a pu être achevée et testée. En effet, nous pensons introduire dans ce cadre des procédures de communications basées sur la notion de médiateur [GAMM95]. Ces procédures peuvent permettre une meilleure gestion de plusieurs OS ainsi que les communications inter OS. C est une des perspectives envisagées à notre travail. 80

Modèle générique multi-opérateurs 5.3 Analyse et décomposition d approches multirésolution 5.3.1 Vue d ensemble des méthodes de segmentation multirésolution L approche multirésolution conduit à analyser l image à une échelle correspondant aux structures spatiale présentes dans l image. Selon cette approche, il existe pour chaque structure une résolution à laquelle la recherche, l extraction et la description de cette structure sont les meilleures [BERT95]. Les méthodes de segmentation multirésolution reposent principalement sur la construction de pyramides d images [JOLI94] obtenues généralement par filtrage puis par sous échantillonnages successifs à partir de l image originale. L idée donc consiste à empiler les différentes représentations de la même image. Cette structure forme alors une pyramide où chaque niveau peut se calculer à partir du niveau précédent et de règles de simplification. Les pyramides les plus connues sont les pyramides Gaussienne et Laplacienne [BURT83]. Dans le cas de la pyramide Gaussienne, le filtrage de type passe-bas, est obtenu en utilisant un noyau de convolution dont les coefficients approximent les valeurs d une courbe Gaussienne. La figure 32 présente une suite d images obtenues en utilisant une pyramide Gaussienne. Une représentation pyramidale similaire peut être obtenue avec des bancs de filtres ondelettes [MALL89]. Dans ce cas, on trouve également à chaque niveau de résolution les images de détails perdues lors du changement de niveau. Figure 32 : Pyramide Gaussienne. Le modèle pyramidal est à la fois une représentation hiérarchique d images et un modèle d analyse d images pour la segmentation d images. 81

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images Les approches pyramidales utilisées en segmentation sont représentées par trois grandes familles : les pyramides rigides, les pyramides souples et les pyramides de graphes [BERT95]. Dans les approches rigides ou géométriques, la même approche par division récursive est utilisée pour créer les images à différentes résolutions mais avec différentes techniques. L arbre quaternaire [COCQ95] est un exemple représentatif de ce type de pyramide. La relation parent-enfant est fixe, chaque parent a quatre pixels enfants et tous les pixels possèdent un parent. Les pyramides souples constituent une première étape vers des structures non régulières. La relation parent-enfant est variable. Des enfants peuvent avoir plusieurs parents potentiels. Chaque enfant doit alors être relié à son père le plus ressemblant (en terme de propriété). La pyramide liée [BURT81, PREW01] est un exemple concret de ce type de pyramides. Dans les pyramides de graphes (ou pyramides irrégulières) [BERT96, MONT91], le niveau 0 de la pyramide est représenté par un graphe. Chaque pixel est associé à un sommet et l arête entre deux sommets (pixels) est crée si et seulement si les deux pixels sont voisins. La dimension et la résolution de l image sont constantes quel que soit le niveau. Par contre, le graphe se simplifie en diminuant le nombre de sommets lorsque l on passe d un niveau au niveau immédiatement supérieur [COCQ95]. 5.3.2 Modèle multirésolution L étude de plusieurs méthodes de segmentation pyramidales [BERT96, BURT81, HONG84, MONT91, PREW01, SPAN89, SPAN85] a abouti à l élaboration d un modèle fonctionnel générique multirésolution dont la structure est présentée sur la figure 33. Le modèle fonctionnel multirésolution est constitué de trois macro blocs principaux : Construction Pyramide, Segmentation et Projection. Le macro bloc Construction Pyramide crée des images à différentes résolutions en allant de bas en haut (Images Multirésolution IM). Le macro bloc Segmentation correspond ici à un processus de segmentation (représenté par un ou plusieurs OS). Ces deux macro blocs sont itérés selon différents schémas, dépendant des méthodes de segmentation. Par exemple, on réalise un simple enchaînement comme dans [SPAN89, SPAN85], ou des itérations multiples jusqu'à convergence des cartes de segmentation comme dans [BURT81, PREW01]. Le troisième macro bloc Projection 82

Modèle générique multi-opérateurs effectue une projection de la basse vers la haute résolution des différentes cartes de segmentation jusqu à la carte de segmentation finale ( CS ). L Image Initiale I L Cartes Segmentation Initiales CSI 1 Construction Pyramide Images Multirésolution IM 2 Segmentation Cartes Segmentation Hiérarchiques CSH non Arrêt oui Cartes Segmentation Hiérarchiques CSH Carte Segmentation Finale 3 Projection CS L Figure 33 : Schéma bloc du modèle fonctionnel générique multirésolution. Les abréviations utilisées dans le schéma ci-dessus sont définies de la manière suivante : CSI l : carte de segmentation initiale au niveau de résolution l. Dans ce cas, chaque pixel est associé à un label qui définit une région. Ce type de carte peut provenir de n importe quelle méthode de segmentation (seuillage par exemple). CSH l : carte de segmentation hiérarchique au niveau de résolution l. Dans le cas multirésolution, les labels peuvent avoir un sens complémentaire et on parlera de carte de segmentation hiérarchique. Celle-ci contient les liens géométriques entre les pixels dits enfants (niveau l ) et les pixels parents (au niveau l 1). La notation CSH inclue toutes les CSH l pour L l l0. CS l : carte de segmentation finale au niveau de résolution l. 83

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images Nous détaillons dans ce qui suit le contenu de chaque macro bloc ainsi que son rôle. a) Macro bloc Construction Pyramide Le macro bloc générique Construction Pyramide est montré sur la figure 34. Son rôle est de générer des images de résolutions décroissantes (du bas de la pyramide à son sommet) ( I L 1, I L 2, L, I l ). Ce macro bloc qui comporte un bloc de base pour 0 chaque résolution, est constitué d un bloc Adaptation Montante et d un bloc Opérateur Segmentation qui est identique à l OS défini chapitre 3. Le bloc Adaptation Montante prend en entrée une image et une carte de segmentation hiérarchique ( l CSH ) à une résolution l et fournit en sortie une image ( I 1 ) à une résolution l 1. Le rôle du bloc Opérateur Segmentation est de présenter une carte de segmentation hiérarchique ( CSH ) au bloc Adaptation Montante à partir d une carte de l segmentation hiérarchique initiale. La présence et le type des blocs Opérateur Segmentation dépend de la méthode multirésolution considérée. Par exemple pour la méthode de segmentation multirésolution développée par Spann [SPAN85] (pyramide rigide), les blocs Opérateur Segmentation ne sont pas nécessaires. Les cartes de segmentation hiérarchiques ( CSH ) passent alors directement dans les blocs Adaptation Montante. Dans ce cas, le bloc Adaptation Montante est un bloc de moyennage où le niveau de gris d un pixel parent est égal à la moyenne du niveau de gris de ses quatre pixels enfants. l CSH L CSH L 1 CSH l I L Adaptation Montante Adaptation Montante Adaptation Montante I l0 Opérateur Segmentation Opérateur Segmentation Opérateur Segmentation CSH L CSH L 1 1 Construction Pyramide CSH l I L 1 I l Figure 34 : Schéma du macro bloc générique Construction Pyramide. 84

Modèle générique multi-opérateurs b) Macro bloc Segmentation Le macro bloc Segmentation du modèle fonctionnel générique multirésolution dont le rôle est de mettre à jour les cartes de segmentation hiérarchiques ( CSH ) pour chaque niveau de la pyramide, est représenté sur la figure 35. Ce bloc est constitué de plusieurs Opérateur Segmentation, un pour chaque niveau, qui fonctionnent indépendamment les uns des autres sur les différentes cartes de segmentation hiérarchiques. On peut noter le cas particulier du niveau de résolution l 0 où il n'y a pas de carte de segmentation hiérarchique. Un opérateur de segmentation est prévu pour réaliser le calcul de la carte de régions à ce niveau final l 0 nécessaire pour débuter la phase de projection. CSH L CSH l CSH l 1 I L Il I I l 1 l 0 Opérateur Segmentation Opérateur Segmentation Opérateur Segmentation Opérateur Segmentation 2 Segmentation CSH L CSH l CSH l 1 CS l0 Figure 35 : Schéma général du macro bloc Segmentation. c) Macro bloc Projection Le dernier macro bloc du modèle générique multirésolution est le bloc Projection. Il est donné sur la figure 36. Il est constitué d'une cascade de blocs Adaptation Descendante et Opérateurs Segmentation. Les blocs Adaptation Descendante réalisent la projection de la carte de segmentation sur le niveau de résolution immédiatement supérieur. Ces blocs ont besoin en entrée des cartes de 85

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images segmentation hiérarchiques ( CSH ) et des cartes de segmentation ( CS ). Les blocs Opérateur Segmentation qui sont prévus pour chaque niveau de résolution, modifient la carte de segmentation en effectuant par exemple un raffinement de frontières [SPAN85]. I L CSH L I l 0 +1 CSH l 0 +1 CS L Adaptation Descendante CS l 0 +1 Adaptation Descendante CS l0 Opérateur Segmentation Opérateur Segmentation CS L 3 Projection CS l 0 +1 Figure 36 : Schéma général du macro bloc Projection. Le modèle générique multirésolution (multi-opérateurs) que nous avons développé comporte des opérateurs de segmentation qui sont conformes au modèle fonctionnel du chapitre 3. Ceux-ci sont toujours constitués des mêmes blocs élémentaires ( 3.3). Une analyse de la méthode choisie est nécessaire pour déterminer le contenu de chaque macro bloc. La structure du modèle fonctionnel multi-opérateurs s est enrichie de blocs Adaptation Montante qui crée la pyramide d images et Adaptation Descendante qui propage les étiquettes de niveau en niveau jusqu'à la carte de segmentation finale. Un exemple de décomposition de méthodes multirésolution basé sur la pyramide reliée [BURT81] est décrit dans le paragraphe suivant. 5.3.3 Décomposition d une méthode multirésolution Comme exemple de décomposition de méthodes de segmentation multirésolution selon le modèle fonctionnel générique multi-opérateurs, nous avons 86

Modèle générique multi-opérateurs choisi la méthode basée sur la pyramide reliée proposée par Burt [BURT81]. Cette méthode est représentative des méthodes de segmentation multirésolution dans le sens où elle intègre l aspect itération entre les macro blocs Construction Pyramide et Segmentation du modèle. Nous rappelons brièvement le principe de la pyramide reliée. Celle-ci est caractérisée par une relation parent-enfants qui n est pas fixe et qui peut être remise en cause au cours des itérations. Chaque élément d un niveau de résolution l possède P pères potentiels au niveau l 1 et chaque père du niveau l +1 a F fils au niveau l. Par contre, chaque père partage ses fils avec ses voisins du niveau l + 1 (figure 37). C est pour cette raison que la pyramide reliée est aussi appelée pyramide à recouvrements. La segmentation d images est obtenue dans le cas de la pyramide reliée par le processus qui permet de sélectionner un père parmi les P pères potentiels. Cela conduit généralement à définir un critère de ressemblance entre le père et son fils. Les parents voisins peuvent avoir des enfants potentiels communs en fonction du voisinage choisi. Plusieurs variantes de la pyramide reliée sont possibles, symétriques ou non, avec un nombre d enfants potentiels plus ou moins grand. Enfant potentiel Enfant Figure 37 : Représentation d une pyramide reliée avec P=2 et F=4. Nous détaillons dans ce qui suit la méthode de la pyramide relié décrite dans [BURT81] qui définit quatre parents potentiels par enfant ( P = 4 ) et seize enfants potentiels ( F = 16) par parent. Le niveau le plus bas de la pyramide L contient l image à traiter. L algorithme se déroule en itérant deux étapes. La première étape vise à construire la pyramide d images multirésolution. Les différentes résolutions de 87

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images l image sont calculées de bas (niveau L ) en haut jusqu à un niveau prédéfini l 0 en moyennant les niveaux de gris des enfants (niveau l ) de chaque parent pour calculer le niveau de gris des parents (niveau l 1). La deuxième étape consiste à redéfinir les liaisons parents enfants en affectant à chaque enfant le père potentiel qui possède le niveau de gris le plus proche. Ce procédé itératif Construction Pyramide suivi par Segmentation (redéfinition liaisons parents-enfants) s arrête lorsqu il n y a plus de changements dans les liaisons parents enfants. Pour terminer, on procède à l étiquetage des pixels. Au niveau l 0, on assigne à chaque nœud une étiquette. En descendant dans la pyramide, les étiquettes des nœuds de résolution supérieure sont simplement celles des parents sélectionnés. Le schéma bloc de la partie Construction Pyramide pour la méthode de la pyramide reliée de Burt, est donné sur la figure 38. CSH L CSH l l 1 CSH CSH l 0 + 1 I L Adaptation Pyramide reliée Adaptation Pyramide reliée Adaptation Pyramide reliée Adaptation Pyramide reliée I l0 I L 1 Il I l 1 Figure 38 : Macro bloc Construction Pyramide de la méthode de Burt. Ce macro bloc est constitué d un enchaînement de blocs Adaptation Pyramide reliée qui est spécifique à la méthode de Burt. Chaque bloc prend en entrée l image ( l I ) à la résolution l ainsi que des cartes de segmentation hiérarchiques ( CSH ) et fournit une image à chaque résolution ( I l ). l 88

Modèle générique multi-opérateurs Le macro bloc Segmentation est montré sur la figure 39. Ce bloc contient des OS Redéfinition liaisons parent-enfant qui sont conformes au modèle fonctionnel. A chaque résolution, chaque opérateur de segmentation effectue un changement dans les relations parents-enfants. Ces opérateurs de segmentation qui ne sont pas itératifs (un cycle de traitement est effectué), délivrent une carte de segmentation hiérarchique à chaque résolution. CSH L CSH l CSH l 1 I L I l I l 1 I l0 OS OS OS OS Redéfinition liaisons Parent-enfants Redéfinition liaisons Parent-enfants Redéfinition liaisons Parent-enfants Redéfinition liaisons Parent-enfants 2 Segmentation CSH L CSH l CSH l 1 CS l0 Figure 39 : Macro bloc Segmentation pour la méthode de Burt. Le macro bloc Projection est ici très simple, les blocs dénommés Adaptation Projection Carte de Régions réalisent une propagation d étiquettes d un niveau de résolution vers le niveau suivant jusqu à la carte de segmentation finale recherchée. Le contenu d un OS qui réalise la redéfinition des liaisons parent-enfants est décrit ci-après. Le bloc Mesures fonctionne en mode local. A chaque résolution l, il calcule l écart de niveau de gris v ( i, j, l) d un pixel site ( j) moyen ( ( n l) i, par rapport au niveau de gris v, ) de chaque région n (l est le niveau de résolution courant). Ce niveau de gris moyen est associé à la propriété du parent n dans la terminologie de la méthode de Burt. La mesure est donnée par l équation ci-dessous. 89

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images F 2 ( 1, n) [ v( i, j, l) v( n, l)] = Eq. 37 Le bloc Critère est élémentaire. Le critère est égale à la mesure. Le bloc Contrôle calcule les consignes d évolution E ( n) suivante : n E 0 = argmin( C ( n) ) n ( n) = pour n = n et 0 ailleurs 1 0 qui sont données par l équation Eq. 38 Pour chaque enfant, ce bloc choisit la région n 0 (c est à dire son père pour Burt) dont le critère est minimum. Le bloc Modification implante une stratégie d évolution de la carte de segmentation qui correspond à de l étiquetage de pixels. Le bloc Modification ne commande qu un cycle de balayage de tous les pixels. La structure fonctionnelle de l opérateur de segmentation issue de la décomposition de la méthode de Burt est présentée sur la figure 40. Il est intéressant de remarquer que cette décomposition est identique à celle obtenue en décomposant la méthode Marovienne (figure 8) à l exception du bloc Mesures qui n intègre pas le calcul de l énergie de cliques. Nous présentons sur la figure 41, le résultat de l application du bloc Construction Pyramide avec ses blocs Adaptation montante sur l image Lena. Nous partons de l image originale et nous descendons jusqu à la résolution la plus faible. 90

Modèle générique multi-opérateurs MESURES, mode local F F ( 1, n) : ( 2, n) : Energie des cliques Déviation moyenne locale s CRITERE C ( n) = F ( 1, n) + w ( 2, n) F ( 2, n) 1 cycle CONTRÔLE E n0 = argmin ( C ( n) ) n ( n) = 1 pour n = n, 0 0 ailleurs MODIFICATION Etiquetage avec n tel que Coordonnées du site s suivant indiquées à Mesures E ( n) = 1 s ARRÊT Fin du balayage de tous les sites Figure 40 : Opérateur de segmentation Redéfinition des liaisons parent-enfants identique à l OS de la méthode Marovienne (figure 8). Les éléments supprimés sont barrés sur le schéma dans les blocs Mesures et Critère. 0 1 2 3 4 5 Figure 41 : Construction d une pyramide : Image Lena (0), résolutions inférieures (1-5). 91

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images Nous avons testé notre modèle générique multirésolution (méthode de Burt) sur une image synthétique, et nous avons obtenu la segmentation suivante montrée sur la figure 42. (a) Image originale (b) Image segmentée Figure 42 : Résultat de la segmentation multirésolution par la méthode de Burt. Nous avons effectué la même procédure d analyse pour trois autres méthodes de segmentation multirésolution : l arbre quaternaire [SPAN85], la pyramide reliée à seuillage dynamique [SPAN89] et la pyramide irrégulière [BERT95]. Les modèles fonctionnels multirésolution que nous avons obtenus pour ces méthodes sont présentés en annexes (d) et (e). 5.4 Bilan Ce chapitre a abordé le développement d un modèle fonctionnel (MF) générique multi-opérateurs. Cela a nécessité d étudier deux aspects importants de la segmentation d images à savoir les méthodes coopératives et la multirésolution. Nous avons montré qu il était très possible de décomposer ces méthodes selon le MF. Cependant, l enchaînement des OS dépend des stratégies mises en œuvre pour faire coopérer les méthodes de segmentation, stratégies que nous n avons pas cherché à intégrer dans le modèle fonctionnel générique. Pour la segmentation multirésolution, le MF générique a été structuré pour faire apparaître 3 macro blocs 92

Modèle générique multi-opérateurs (Construction Pyramide, Segmentation, Projection) dans lesquels on trouve des OS génériques ainsi que deux nouveaux blocs dénommés Adaptation Montante et Adaptation Descendante, l un créant une pyramide d images et l autre réalisant une projection des labels. Le MF multi-opérateurs générique issu de l étude des méthodes multirésolution est capable maintenant de modéliser des méthodes de segmentation complexes différentes. Les possibilités offertes par notre MF en terme de réutilisation de blocs ont été vérifiées lors des différentes décompositions fonctionnelles de méthodes de segmentation complexes. En effet, des fonctions (blocs) mises en évidence lors de ces décompositions correspondent à des blocs issus de décompositions précédentes( 4). Cette caractéristique devrait induire une implantation logicielle rapide en factorisant les sous-structures communes à plusieurs méthodes ( 6). Par ailleurs, la structuration apportée par le modèle générique et la standardisation des blocs qui le composent doit conduire à une implantation informatique cohérente avec le modèle. Le chapitre suivant présente le résultat de cette implantation informatique que nous avons baptisé GenSeg. 93

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images 6 Implantation du modèle fonctionnel 6.1 Introduction Ce chapitre aborde l aspect implantation informatique du modèle fonctionnel générique. Nous présentons le paradigme de programmation qui nous a permis de développer le logiciel de segmentation GenSeg. Nous détaillons l architecture interne de ce logiciel et particulièrement sa structure de données. Nous présentons ensuite un exemple d implantation d une des méthodes de segmentation modélisée dans le chapitre 4. Nous abordons en fin de chapitre la généricité du logiciel proposé. 6.2 Paradigme de programmation La philosophie du modèle fonctionnel nous a amené à adopter une implantation informatique basée sur la programmation orienté objet où chaque bloc fonctionnel est représenté par une classe de base qui contient les contraintes théoriques du modèle. L interface entre les blocs est définie dans ces classes de base. Celles-ci font respecter l enchaînement des blocs qui correspond à un pipeline. La notion de pipelining où la sortie d un bloc est redirigée vers l entrée du bloc suivant, a été popularisée par les environnements de programmation tels que Khoros [KONS94], AVS [VROO95] ou VTK 3 [SCHR98]. Le modèle fonctionnel est générique et cette généricité s exprime à travers les classes de base qui sont dérivées dans le but d implanter les fonctions spécifiques (blocs fonctionnels) à une méthode de segmentation donnée. Le paradigme de programmation défini par le modèle fonctionnel utilise quatre classes de bases associées aux quatre blocs fonctionnels Mesures, Critère, Contrôle et Modification, ainsi qu une classe représentant le flot d information (données) circulant entre ces blocs. Le bloc Arrêt est incorporé dans une classe qui sert à piloter l opérateur de segmentation et à enchaîner le processus de segmentation. 3 Visualization ToolKit. http://www.vt.org 94

Implantation du modèle fonctionnel Les blocs Adaptation Montante et Descendante issus du modèle fonctionnel multi-opérateurs sont eux aussi représentés par une classe de base. Le logiciel résultant, appelé GenSeg, est bâti sur la librairie VTK (qui gère l enchaînement des blocs dans un pipeline). Il n est dédié à aucune méthode de segmentation particulière. Il représente un opérateur de segmentation (OS). 6.3 Structure de données et modèle générique GenSeg est organisé en classes de type Data et de type Process. Les classes Data correspondent aux données qui circulent à travers le pipeline de blocs fonctionnels représentés par les classes Process. Nous détaillons dans ce qui suit les aspects de la structure interne du logiciel GenSeg liés au modèle fonctionnel. Les classes Process sont toutes des classes de type Filter (terminologie VTK), c est à dire qu elles possèdent une ou plusieurs entrées et une ou plusieurs sorties. Les classes de base contiennent l interface (API) entre les blocs. Nous les avons dénommées : vtgensegmeasures : classe de base du bloc Mesures. vtgensegcriterion : classe de base du bloc Critère. vtgensegcontrol : classe de base du bloc Contrôle. vtgensegmodification : classe de base du bloc Modification. vtgensegadapt : classe de base du bloc Adaptation (Montante ou Descendante). Pour une méthode de segmentation donnée, ces classes spécifiques sont dérivées et enrichies par des fonctions de traitement propres à la méthode. Par exemple, les classes qui héritent de vtgensegcontrol, sont des classes qui calculent les besoins d évolution E ( n) pour chaque région n. 95

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images Figure 43 : Liste des classes Process pour le bloc Mesures. La classe Data (figure 44) est appelée vtgensegdata. Elle contient l image originale, la carte de régions sous forme d étiquettes (RegionMapImage) et sous forme de points de contours (ContourMapPoly) ainsi que d autres objets liés à la structure de données du modèle générique. Ces objets sont des vecteurs de mesures (MEAS 1,, MEAS M) associé aux mesures ( i n) (CRIT) qui représente les valeurs de critère C ( n) correspondant aux consignes d évolution E ( n). F,, un vecteur Critère et un vecteur Contrôle (CONT) Les autres paramètres correspondent aux modes de fonctionnement spécifique du modèle fonctionnel. LocalPoint : contient les coordonnées du point (ou site) étudié en mode local. LocalModeFlag : permet de préciser le mode (local ou global) dans lequel sont faites les mesures. RefreshMeasureFlag : permet de recalculer des mesures. Le contenu de la classe vtgensegdata est représentée sur la figure 44. 96

Implantation du modèle fonctionnel GenSegData C ( n) ( ) CRIT Image originale RegionMapImage LocalPoint LocalModeFlag E n CONT ContourMapPoly RefreshMeasureFlag F, ( i n) MEAS 1 MEAS 2 MEAS M Figure 44 : Structure interne de la classe vtgensegdata. 6.4 Logiciel GenSeg Nous avons d abord construit les classes de base et ensuite les classes spécifiques aux différentes méthodes de segmentation décomposées selon le modèle fonctionnel dans les chapitres 4 et 5. Par exemple, pour la méthode de l arbre quaternaire ( 4.2, figure 4), les classes suivantes ont été implantées : vtgensegmessigma : classe spécifique au bloc Mesures, calcule en mode global la variance des régions de l image. vtgensegcritaddcombination : cette classe crée un critère par combinaison additive de mesures. vtgensegctrlthreshold : représente un bloc Contrôle par seuillage. vtgensegmodsplit : stratégie de modification d une carte de segmentation par découpage en quatre régions. L étude et l implantation de 10 méthodes de segmentation [ANWA01, BELL98, BURT81, COCQ95, HARI98, HUNT79, LIU99, PAPP92, REVO02, VELA80] a conduit à l implantation des classes énumérées dans le tableau 1 ci-dessous. Il est 97

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images intéressant de noter que finalement toutes ces classes sont indépendantes des méthodes. Type de blocs Mesures Critère Contrôle Modification Fonctions 1. Variance 2. Moyenne 3. Surface 4. Ecart local de moyennes 5. Energie de cliques 6. Erreur quadratique moyenne 7. Distance local 8. Déformation d un point de snae 9. Contraste local 10. Moyenne local 11. Gradient local 12. Moyenne d une région (locale) 13. Variance d une région (locale) 14. Coalescence d histogramme 1. Combinaison additive 2. Combinaison binaire 3. Critère inverse 4. Critère emboîté 5. Critère module 1. Seuillage 2. Dérivatif 3. Critère maximum 4. Critère minimum 5. Linéaire min 6. Linéaire max 1. Division de régions 2. Déplacement d un point de contour 3. Etiquetage de pixels 4. Seuillage d histogramme 5. Fusion de régions 6. Dilatation d histogramme 7. Contraction d histogramme 8. Déplacement du snae 9. Redéfinition relation parent-enfants 10. Suivi de contours 11. Etiquetage/reproduction de pixels Tableau 1 : Liste de blocs obtenus après l implantation de 10 méthodes de segmentation. 98

Implantation du modèle fonctionnel Le modèle fonctionnel est accessible à travers une interface (figure 45) qui permet de configurer l opérateur de segmentation (OS) de manière interactive. Cette interface est utilisée pour n importe quelle technique de segmentation décomposée suivant le modèle fonctionnel générique mono-opérateur. Cette interface peut servir à tester des méthodes de segmentation et à combiner les différents blocs présentés dans le Tableau 1. Figure 45 : Interface graphique de segmentation basée sur le modèle fonctionnel. Chaque bouton Mesures, Critère, Contrôle et Modification, permet à l utilisateur de choisir et de configurer un des blocs présentés dans le tableau 1. Le processus de segmentation est activé par le bouton Exécution. Le bouton Itérateur permet de contrôler l arrêt du processus de segmentation avec un nombre maximum d itérations ou lorsque la carte de segmentation est stable entre deux itérations successives. La fenêtre de gauche contient l image originale et celle de droite l image segmentée qui évolue au cours des itérations. 99

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images Le bouton Mesures de l interface (figure 45), permet de sélectionner parmi les mesures existantes celles qui seront utilisées. La figure 46 présente le cas d une segmentation par arbre quaternaire où nous utilisons deux mesures à savoir la variance et la moyenne. Il n y a pas de contrainte concernant l utilisation des blocs Mesures. En effet, nous avons prévu un mécanisme qui permet de rajouter des mesures même si celles-ci n interviennent pas directement dans la méthode de segmentation décomposée. Figure 46 : Interface pour la gestion des mesures dans GenSeg. De la même manière, nous avons la possibilité d interagir avec les autres blocs. Cela se fait avec les interfaces spécifiques données sur les figures 47 et 48. Le bouton Configure (figure 46, 47 et 48) sert à modifier les paramètres du bloc considéré ( 3.4). 100

Implantation du modèle fonctionnel Figure 47 : Interface pour le bloc Critère. Figure 48 : Interfaces pour les blocs Contrôle et Modification. 101

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images 6.5 Généricité logicielle La généricité logicielle est décrite par le processus qui permet de combiner et d enchaîner des blocs fonctionnels existants. Ceci représente une étape importante pour la validation du modèle fonctionnel proposé. En effet, si les contraintes théoriques imposées par le modèle ont bien été respectées par l implantation logicielle, il doit être possible d enchaîner n importe lesquels des dérivés des cinq blocs de base pour synthétiser un opérateur de segmentation. Nous avons testé en ce sens différentes combinaisons de blocs fonctionnels. Nous avons sélectionné parmi les blocs Mesures, Critère, Contrôle et Modification donnés dans le tableau 1, un bloc spécifique et avons créer un opérateur de segmentation. Le pipeline ainsi formé s exécute sans erreur, ce qui permet de vérifier la généricité du logiciel GenSeg. Néanmoins, la carte de segmentation finale obtenue n a pas toujours un sens en segmentation d images. Nous présentons également dans ce qui suit un exemple de synthèse d opérateur de segmentation à partir de blocs issus de la modélisation et de l implantation des différentes méthodes faites aux chapitres 4 et 5. Dans cet exemple, nous avons retenu les mesures de variance et de moyenne que nous avons associées aux blocs ci-dessous pour former un opérateur de segmentation. Ainsi nous avons pu mixer des blocs fonctionnels issus de deux méthodes de segmentation différentes. Bloc Critère : combinaison binaire Bloc Contrôle : contrôle par seuillage Bloc Modification : division quaternaire Le bloc Critère a été développé lors de la décomposition de la méthode par agents ( 4.5). Les blocs Contrôle et Modification sont issus de l implantation de l arbre quaternaire ( 4.2). Un exemple de résultat est présenté sur la figure 49. La prise en compte de la moyenne dans un critère par combinaison binaire, permet de guider la segmentation 102

Implantation du modèle fonctionnel par arbre quaternaire pour obtenir des régions homogènes mais dont la moyenne de niveaux de gris est comprise entre 100 et 170. (a) Image originale (b) Segmentation issue du modèle implanté au chapitre 4.2 (c) Segmentation obtenue avec composition de blocs fonctionnels Figure 49 : Résultat (c ) obtenu avec l opérateur de segmentation composé par des blocs fonctionnels issus de décompositions précédentes. Mesures (Variance, Moyenne) + Critère (Combinaison binaire) + Contrôle (Adaptatif) + Modification (Division quaternaire) La composition d un opérateur de segmentation par combinaison de blocs fonctionnels déjà implantés est bien fonctionnelle et confirme la généricité de notre logiciel. Elle est très simple à mettre en œuvre via l interface de GenSeg mais l opérateur de segmentation ainsi obtenu ne conduit pas nécessairement à une bonne segmentation. En effet, si notre logiciel facilite la réalisation d un opérateur de segmentation, il ne remplace pas l expertise en traitement d images qui demeure indispensable pour faire un choix de blocs pertinents pour un type donné d images. 6.6 Conclusion Nous avons présenté l implantation du modèle fonctionnel ainsi que le logiciel qui en découle. Nous avons utilisé un paradigme de programmation associant notre modèle théorique, la programmation orienté objet et la notion de pipelining. Ce paradigme permet d implanter et de tester à travers une interface logicielle unique des opérateurs de segmentation en chaînant de blocs fonctionnels indépendamment des méthodes segmentation les utilisant initialement. 103

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images Nous avons expérimenté la généricité du logiciel proposé en associant librement des blocs fonctionnels issus de méthodes différentes pour construire des opérateurs de segmentation. Cette généricité logicielle offrira une grande facilité pour implanter et tester des méthodes de segmentation mais ne supprimera pas la réflexion à faire sur la cohérence des blocs fonctionnels avec l objectif de la segmentation. La conception du logiciel GenSeg a nécessité le développement de 60 classes qui vont des classes de base du modèle à des classes spécifiques aux méthodes de segmentation décomposées dans les chapitres 4 et 5. La généricité du modèle a permis une factorisation des blocs fonctionnels qui a été confirmée lors de la phase d implantation par une économie de développement de classes. Nous ne nous sommes pas préoccupés de la rapidité d exécution des méthodes de segmentation d images décomposées suivant le modèle fonctionnel et implantées dans le logiciel GenSeg. Nous avons cependant constaté que les méthodes qui utilisent le mode global du modèle fonctionnel s exécutaient dans des temps équivalents à ceux obtenus pour une implantation directe de l algorithme initial. Par contre, les méthodes utilisant le mode local sont beaucoup plus lentes à cause de l itération du modèle fonctionnel sur les sites (pixels) de l image. 104

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images 7 Conclusion et perspectives Nous avons proposé une nouvelle vision de la segmentation d images basée sur un modèle fonctionnel original [BEN01b, ZOUA04]. Le modèle proposé est basé sur cinq blocs associés à des fonctions essentielles de la segmentation d images : les blocs Mesures, Critère, Contrôle, Modification et Arrêt. Ces blocs sont enchaînés au cours d un processus itératif et forment ce que nous appelons un opérateur de segmentation (OS). Nous avons montré que de nombreuses méthodes de segmentation peuvent être modélisées par un seul OS. Nous pouvons citer des approches régions (division, fusion, croissance de régions), des approches de type contours actifs, de type seuillage, des approches Maroviennes, de classification ou encore des méthodes par agents. L opérateur de segmentation est prévu pour être mis en cascade et itéré formant ainsi un modèle multi-opérateurs. Ce modèle permet alors de modéliser des méthodes de segmentation plus complexes impliquant notamment la coopération entre approches régions et contour. Le modèle multi-opérateurs a été étendu pour modéliser les méthodes de segmentation qui s appuient sur la multirésolution. Ce modèle définit trois Macros blocs qui encapsulent des OS. Le macro bloc Construction pyramide dont la fonction est de construire la pyramide d images multirésolution ; le macro bloc Segmentation qui met en œuvre la segmentation à chaque niveau de résolution et le macro bloc Projection qui adapte les cartes de segmentation jusqu à la résolution initiale. Manifestement, il n est pas démontrable que toutes les méthodes de segmentation soient modélisables selon le modèle fonctionnel proposé. Néanmoins, comme le modèle mono-opérateur, le modèle multi-opérateurs et sa version multirésolution ont été utilisés pour modéliser une grande variété de méthodes de complexités variables. L ensemble des modélisations réalisées a permis de valider ce modèle et nous conduit à qualifier notre modèle de «générique» compte tenu de la grande diversité des méthodes représentées sous un formalisme unique. Ce modèle permet également de renforcer la lisibilité des méthodes de segmentation en les représentant dans un cadre unifié. Il offre également un cadre fonctionnel pour la 105

Conclusion et perspectives comparaison des méthodes qui peut être conduite en comparant le nombre d OS utilisés et le type de blocs fonctionnels utilisés par chaque OS. Ce modèle générique de représentation des méthodes de segmentation a également permis des développements originaux pour l implantation des algorithmes de segmentation. Nous avons ainsi utilisé notre modèle fonctionnel comme paradigme de programmation [BEN01a] et développé un logiciel baptisé Genseg. Ce logiciel propose une interface interactive unique permettant de construire, de configurer et de contrôler n importe quel OS. L implantation de nombreuses méthodes de segmentation a produit un certain nombre de blocs fonctionnels représentés par des classes de base. Ces blocs ainsi obtenus deviennent indépendants des méthodes et peuvent constituer une bibliothèque de blocs qui peut servir à terme à construire efficacement des méthodes de segmentation. Les développements logiciels pourront être poursuivis par l intégration de nouvelles méthodes de segmentation mais également par la réalisation d une interface pour le modèle multi-opérateurs et sa version multirésolution. D un point de vue modélisation, l analyse des liens entre les méthodes d optimisation qui se généralisent dans les méthodes de segmentation et le modèle fonctionnel (en particulier avec le bloc Contrôle) nous semble intéressante à approfondir. Par ailleurs, les réflexions concernant la construction automatique et le choix d opérateurs de segmentation ainsi que la modélisation de la supervision de ces opérateurs devront être poursuivies. En effet, de multiples stratégies sont développées pour guider l enchaînement de plusieurs OS via l utilisation de boucles de retour, l évaluation des résultats des opérateurs avec une notion de priorité ou de fusion de cartes de segmentation. Nous pensons que ces différentes stratégies, les données qu elles manipulent et les fonctions qu elles réalisent, peuvent être modélisées. Dans ce contexte, la supervision intra-opérateur pourra être également étudiée, en particulier les modes d évolution des hyper paramètres au cours du temps. De même, la construction et le choix d un opérateur pourraient être guidés par des stratégies de type systèmes experts. 106

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images Enfin, il nous parait intéressant de placer notre modèle fonctionnel de segmentation dans un cadre plus général en l associant en particulier à des modèles d évaluation des résultats de la segmentation et d évaluation des traitements réalisés après la segmentation. En effet, la recherche efficace d une méthode de segmentation adaptée à une application donnée demeure l objectif à atteindre dans lequel s est inscrit notre travail. 107

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images Annexes La validation du modèle fonctionnel s est faite en deux phases : premièrement, la décomposition (modélisation) de méthodes de segmentation existantes selon le modèle proposé comme illustré chapitre 4 et 5 ; Deuxièmement l implantation et le test de méthodes avec le paradigme de programmation proposé dans le chapitre 6. Ces annexes donnent le résultat de la décomposition et de l implantation des méthodes non présentées dans le corps de cette thèse. a) La méthode de classification Isodata : La méthode de classification Isodata [VELA80] a été modélisée selon le schéma de la figure 50. Cette méthode réalise un seuillage global en classifiant les pixels en fonction de leur niveau de gris. Chaque classe est définie par son seuil haut T n et son seuil bas T n 1 qui est le seuil haut de la classe n 1. Le seuil T n est défini par : T n µ n + µ 2 n+1 = où µ n est la moyenne de niveaux de gris des pixels de la classe n. Une carte de segmentation initiale est nécessaire pour cette méthode de segmentation. Nous fixons de façon arbitraire des seuils linéairement répartis sur la dynamique de l image et un nombre de classes a priori. Le bloc Mesures effectue deux mesures de type variance et moyenne en mode global. Le critère correspond à la variance. Les besoins d évolution des régions sont obtenus par un bloc Contrôle linéaire. Le bloc Modification modifie la carte des régions en déplaçant les seuils définissant chaque classe. On étiquette alors tous les pixels en utilisant les nouveaux seuils. 108

Annexes MESURES, mode global ( 1, ): Variance ( 2 n) : Moyenne F F,n CRITERE C ( n) = F ( 1, n) CONTRÔLE, Linéaire E () n C = max n () n () n T ( ) C T MODIFICATION Calcul des seuils et étiquetage de tous les pixels ARRÊT Non variation de la carte des régions entre deux itérations Figure 50 : Décomposition fonctionnelle de la méthode d Isodata. La méthode Isodata a été implantée et la figure ci-dessous (figure 51) illustre un des résultats obtenus. (a) Image originale (b) segmentation initiale (c) Image segmentée Figure 51 : Segmentation fonctionnelle par la méthode Isodata de l image bruit. 109

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images b) Méthode de la bulle discrète : Dans cette approche [COCQ95], chaque région autre que le fond est définie par son contour formé par un polygone constitué d une liste chaînée de points. La segmentation est conduite en minimisant itérativement pour chacune des régions une fonction d énergie. L énergie en un point du contour est composée de deux termes : un terme d énergie interne lié à la courbure du contour en ce point et un terme d énergie externe lié à la mesure du gradient au voisinage du point. Ainsi à chaque itération, on déplace le point dont l énergie est maximale d une distance fixe dans une direction orthogonale au segment défini par les deux points voisins. Le modèle d opérateur pour cette méthode de la bulle discrète est donné sur la figure 52. F F MESURES, mode global ( 1,n) : Energie interne (courbure) ( 2,n) : Energie externe (gradient) C CRITERE ( n) = F ( 1, n) + w ( 2, n) F ( 2, n) CONTRÔLE, par dérivée E ( n) C = C 1 ( n) C ( n) 1 ( n) + C ( n) MODIFICATION Déplacement du point de contour dont E ( n) est maximum ARRÊT Non variation de la carte des régions entre deux itérations Figure 52 : Modélisation fonctionnelle de la méthode de la bulle discrète. 110

Annexes c) Croissance incrémentale de contour selon le modèle fonctionnel : Nous présentons dans cet annexe (c) l implantation suivant le MF d un processus incrémental de croissance de contours inspiré des principes décrits par Fabrice Bellet dans sa thèse [BELL98]. La construction du contour se fait selon le schéma suivant : Sélection de pixels candidats. Evaluation des pixels candidats : mesure pour chacun des pixels candidats de la norme du gradient. Le gradient est calculé dans la direction donnée par l extrémité du contour courant et du pixel candidat. Etiquetage du pixel candidat possédant la meilleure évaluation. Deux cas de figures sont possibles pour la sélection des pixels candidats. 1. Lorsque la direction formée par l extrémité du contour courant est horizontale ou verticale, on sélectionne trois pixels candidats comme indiqué sur la figure 53 (a). 2. Lorsque la direction formée par l extrémité du contour est oblique, on en sélectionne cinq, comme indiqué sur la figure 53 (b). (a) (b) Figure 53 : Sélection de pixels candidats selon la direction du contour courant. La stratégie d implantation d une méthode de segmentation par agents contours requiert un opérateur de segmentation pour l ensemble des processus contours. Il est donné figure 54. Les mesures en mode local, sont des mesures de gradient moyenné sur des points situés de part et d autre de l extrémité du contour. Les blocs Critère et Contrôle sont exactement les mêmes que ceux que nous avons 111

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images développés pour la décomposition de la méthode de Liu. Le bloc Modification gère une liste chaînée de pixels candidats et pose un label sur l emplacement du pixel dont l évaluation est la meilleure. MESURES, mode local F ( 1, n) : Gradient CRITERE C ( n) = F ( 1, n) CONTRÔLE, par seuillage Si C sinon ( n ) > ε, E ( n ) E ( n ) = 0 = 1 MODIFICATION ( n) Si E =1, étiquetage du pixelcourant Site s (agent) suivant indiqué à Mesures ARRÊT Non variation de la carte des régions entre deux itérations Figure 54 : Modèle fonctionnel pour une croissance de contour. Nous avons testé l implantation du processus de croissance de contours suivant le modèle générique et le résultat obtenu sur une image synthétique est donné sur la figure ci-dessous (figure 55). 112

Annexes (a) Image Originale (b) Image segmentée finale Figure 55 : Résultat de l opérateur de segmentation contour sur une image synthétique. Le même seuil de gradient a été appliqué sur toute l image. Les agents contours sont placés aléatoirement sur l image. La qualité de la segmentation peut être améliorée en utilisant un estimateur de gradient plus précis. Le but ici était de montrer que le modèle fonctionnel pouvait servir à implanter un opérateur régions et un opérateur contours avec un minimum de changements dans les blocs fonctionnels. Ici seul le bloc Mesures a été modifié entre l opérateur contours (figure 54) et l opérateur régions (figure 18). 113

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images d) Décomposition fonctionnelle de la méthode multirésolution de l arbre quaternaire C est une structure basée sur la décomposition récursive d une image divisée en régions carrées de tailles différentes. Les pixels de la pyramide ont chacun 4 pixels enfants, sauf ceux du niveau l = L, qui est le niveau à la résolution maximale. De même tous les pixels possèdent un parent sauf celui pour lequel l = l0. Si l on considère une structure de données en arbre quaternaire du bas vers le haut, un simple moyennage peut être défini pour calculer les résolutions correspondant à tous les niveaux de la pyramide. La méthode développée par Spann et Wilson consiste en trois étapes principales [SPAN85] : Adoucissement quaternaire, classification (coalescence de centroïde local) et estimation de frontières. Ces trois étapes correspondent aux trois macro blocs définis par le modèle fonctionnel multirésolution ( 5.3.2). L étude de cette méthode, nous a permis de la modéliser comme montrée sur la figure 56. 1 Construction Pyramide I L Adaptation Adoucissement Quaternaire I l0 +1 Adaptation Adoucissement Quaternaire I l0 2 Segmentation OS Coalescence centroïde local 3 Projection OS CS L CS l0 +1 Estimation de frontières Adaptation Projection CS l0 Figure 56 : Schéma du contenu des macro blocs de la méthode de Spann. 114

Annexes La construction de la pyramide d images est obtenue à l aide d un arbre quaternaire. Chaque bloc Adoucissement quaternaire réalise un moyennage quaternaire. Il prend en entrée une image à une résolution donnée et sort l image à une résolution inférieure. Le macro bloc Segmentation comporte ici un seul opérateur de segmentation qui fait de la classification basée sur l histogramme de niveau de gris. Le macro bloc Projection est représenté par la mise en cascade de blocs Adaptation Descendante qui projettent la carte de segmentation au niveau de résolution supérieur, et d opérateurs de segmentation qui estiment les frontières à partir des cartes de segmentation successives. Dans le cadre des pyramides reliées, nous avons étudié une deuxième technique de segmentation multirésolution. Cette technique [SPAN89] est basée sur une pyramide dite à seuillage dynamique. Cette étude nous a permis de modéliser cette méthode à travers un schéma fonctionnel général qui est donné sur la figure 57. Nous retrouvons les trois macro blocs du modèle fonctionnel multirésolution ( 5.3.2). Le macro bloc Construction Pyramide est similaire à celui de la méthode de Burt ( 5.3.3). il contient une cascade d opérateurs de segmentation et de bloc Adaptation Moyennage. Le macro bloc Segmentation correspond à des opérateurs de segmentation de fusion de régions. Le nombre de nœuds (régions) est réduit de résolution en résolution en utilisant diverses stratégies de rassemblement de nœuds (vertical, horizontal et oblique). Le macro bloc Projection contient des blocs Adaptation qui appliquent un étiquetage du haut vers le bas de la pyramide pour donner finalement la carte de segmentation CS L. 115

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images I L Adaptation Moyennage I L 1 I l0 +1 Adaptation Moyennage I l0 OS Définition liaisons parent-enfant 1 Construction Pyramide OS Définition liaisons parent-enfant CSH L CSH l0 + 1 OS Fusion CSH L 2 Segmentation OS Fusion CSH l0 +1 Adaptation Projection CS L 1 Adaptation Projection CS L 3 Projection Figure 57 : Schéma bloc de la méthode de la pyramide reliée à seuillage dynamique. 116

Annexes e) Décomposition fonctionnelle d une méthode basée sur la pyramide irrégulière La pyramide irrégulière [BERT95] doit son nom au type de voisinage particulier de cellules qui la composent. Dans cette pyramide le nombre de voisins n est pas fixe, il dépend de chaque cellule. C est une représentation par graphe qui est totalement adaptée aux relations d adjacence qui unissent les régions. Chaque région est modélisée par un sommet du graphe. Chaque niveau de résolution correspond à une phase de réduction du nombre de régions, donc de sommets. Ce processus est appelé processus de décimation. Cela permet de choisir les sommets qui seront gardés au niveau supérieur. Dans la pyramide irrégulière développée dans [BERT95], une procédure de construction d un graphe d adjacence est chargée d initialiser la structure pyramidale. On crée le niveau L à partir de l image en utilisant une connexité 4 ou 8. Il s ensuit une procédure de création d un graphe de similarité. Celui-ci permet de déterminer les sommets voisins susceptibles de fusionner avec chaque sommet selon un seuil prédéfini. Le traitement qui suit la sélection des voisins similaires est un processus itératif de décimation des sommets du graphe de similarité. Après chaque décimation partielle du graphe de niveau l, le nombre de survivants pour le niveau l 1 est calculé. Lorsque ce nombre ne diminue pas, la décimation est terminée. Chaque sommet non retenu pour former le graphe du niveau supérieur est rattaché à un sommet survivant voisin. Dés lors que les survivants connaissent les sommets non survivants dont ils ont hérité, leurs attributs peuvent être calculés en prenant en compte leurs propres attributs et ceux de chacun des sommets non survivants associés. La dernière phase reconstruit le nouveau voisinage du niveau l + 1 à l aide du graphe d adjacence du niveau l. Voici les principaux points que nous avons retenus de cette étude. Au cours des traitements, la méthode utilise l image originale et la carte des régions à un seul niveau de résolution. Initialement chaque pixel est représenté par une région et au fur et à mesure des calculs le nombre de régions diminue. La multirésolution est présente au niveau du nombre variable de régions qui constituent les nœuds d un graphe. 117

Approche fonctionnelle générique des méthodes de segmentation d images La méthode peut être modélisée par un macro bloc Segmentation qui contient un seul opérateur de segmentation. Celui-ci réalise une fusion de régions voisines selon des critères de proximité et de ressemblance en termes de propriétés. Les macro blocs Construction Pyramide et Projection n ont pas de fonction dans ce cas précis puisqu il n y a pas d images multirésolution. Le schéma fonctionnel de cette méthode est identique à la structure fonctionnelle de la méthode de fusion de régions décrite dans le paragraphe 5.2.2 à l exception du blocs Mesures. Notons que nous n avons pas testé l implantation des méthodes décrites dans les annexes (d) et (e). 118

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