Le Tableau, JF Des références picturales Analyse, citations et commentaires issus du dossier du Centre culturel Les Grignoux, complétés par quelques autres propositions d œuvres. «Le tableau renvoie de façon évidente au monde de la peinture : les principaux personnages sont censés appartenir à l un ou l autre tableau, et leur périple les conduira à découvrir d abord l atelier avec ses différentes toiles, puis le peintre lui-même Ce film est donc une invitation à découvrir cet univers, celui du peintre mis en scène mais plus largement celui de l histoire de la peinture ici et ailleurs ( ) On suggère de comparer quelques images du film avec une, deux ou trois œuvres plus ou moins anciennes, plus ou moins célèbres. On demandera alors aux participants d estimer quelles sont les ressemblances et les différences entre les images proposées. ( )»
Entrée dans la forêt, Route de montagne, André Derain Falaise, Félix Vallotton L image du dessin animé peut facilement être rapprochée du tableau de Derain qui recourt aux mêmes couleurs en aplat avec de grandes zones homogènes. Le tableau de Vallotton utilise une technique similaire, mais on y trouve de forts contrastes, comme dans Le tableau. Van Ruisdael utilise une technique totalement différente, mais le contraste de lumière avec les nuages menaçants donne à ce paysage tranquille une apparence très sombre, presqu aussi inquiétante que l image de. Paysage, Jacob van Ruisdael
Portrait de Garance, Nu couché, Modigliani Nu couché, Matisse La Danse, Matisse La Grande Odalisque, JB Ingres La série de nus révèle assez facilement la parenté entre le style graphique de et un peintre comme Matisse avec le même dessin stylisé privilégiant les courbes dynamiques. L Odalisque de Ingres tout en modelé avec son jeu subtil d ombres dégradées est très éloigné de ce style de tableau, mais l on y reconnait le même goût pour un dessin tout en courbes qui malgré l immobilité du modèle donne un grand dynamisme à l ensemble.
Autoportrait du peintre, Autoportrait, Monet Autoportrait, Gauguin Autoportrait, Picasso Autoportrait, Picasso
Personnage de Claire, Modigliani Modigliani
Arlequin, Orange de Mars, Arlequin, Cézanne Arlequin, Rosina Watchmeister
Coucher de soleil à Venise, Port de mer avec la Villa Medicis, Claude Lorrain Venice, La Dogana à la Giudecca, Francesco Guardi Cette série montre différentes illustrations de soleils couchants ou relativement bas sur l horizon. La manière de Claude Lorrain est très différente de celle du tableau qui procède par grandes zones colorées, même si la disposition générale est similaire : le soleil dans le dessin animé est cependant vu de façon rapproché comme à travers des jumelles qui écrasent un peu la perspective. Dans les deux cas, on remarque l effet de contre-jour(avec les personnages à l avant-plan chez Lorrain, avec l église à droite dans le Tableau). Chez Guardi, ces effets sont également présents mais d une façon beaucoup plus fine ou détaillée, par exemple sur les personnages en chemise blanche, dont une moitié du corps est violemment éclairée et l autre pratiquement noire.
Le tableau de bataille, La bataille d Austerlitz, Baron Gérard Partie de cartes, Fernand Léger Cette série montre deux scènes de bataille à l époque napoléonienne mais traitées de façon différente : outre la technique picturale, on remarque que travaille sur la répétition des postures (tous les soldats sont identiques) alors que le baron Gérard diversifie au maximum les attitudes de ses cavaliers. Le tableau de Fernand Léger, qui illustre en fait une partie de cartes entre soldats des tranchées, traite quant à lui ses personnages comme des volumes géométriques, ce qui n est pas sans rappeler les soldats du dessin animé, eux aussi réduits à une apparence simplifiée.
Les fleurs de la forêt, Nature morte, Jacob Van Ostayen Les Iris, Vincent Van Gogh Cette série montre des façons très différentes de représenter des fleurs. L image du Tableau peut sembler assez proche des Iris de Van Gogh par l utilisation de la couleur en aplat, mais le peintre hollandais déforme de façon «torturée» ses fleurs alors que privilégie au contraire une élégance générale du dessin. On retrouve également dans cette image du Tableau de forts contrastes de lumière absents des Iris. Ces deux caractéristiques déformations élégantes et contrastes de lumière se retrouvent en revanche dans le tableau du peintre Jacob Van Ostayen, à la facture très différente.
Ramo et le Grand Chandelier, Les deux saltimbanques, Picasso Femme au manteau violet, Matisse Cette série est constituée de portraits. Dans le Tableau, comme chez Matisse et Picasso, les couleurs sont peu naturelles, traitées par grands aplats. Mais chez Picasso, elles sont peu saturées alors qu elles sont très «pures», saturées (sans mélange de gris) chez Matisse et dans le dessin animé. Le tableau de Vélasquez montre, quant à lui, comment un peintre «classique» parvient à jouer sur des couleurs dominantes à la limite du réalisme (le bleu de la robe) tout en produisant de forts contrastes (le bleu/le jaune). L infante Marguerite-Thérèse en bleu, Vélasquez