Suivez le guide Le Musée Raymond Poincaré Le musée est aménagé depuis 1986 au sein du «Clos», l ancienne résidence secondaire de Raymond Poincaré léguée au département de la Meuse en 1933. Une exposition, organisée en 1984 à Bar-le-Duc à l occasion du cinquantième anniversaire du décès de Raymond Poincaré, favorisa la création d un musée au sein même de son ancienne résidence. Inauguré en 1986, ce musée entièrement consacré à la figure de Raymond Poincaré restitue les différentes facettes d un homme politique méconnu et participe à la compréhension d une période particulièrement importante de l Histoire. Les espaces d exposition sont situés au rez-de-chaussée du «Clos». La première section est consacrée à l enfance et à la formation de Raymond Poincaré, la seconde illustre son mandat présidentiel marqué par la Première Guerre Mondiale, la troisième évoque l univers des tranchées et la quatrième et dernière salle, est dédiée à la manière dont Raymond Poincaré fut perçu par les caricaturistes. Le «Clos» et les jardins ont été dessinés par l architecte nancéien Bourgon et la réalisation achevée en 1913, à la veille de la Première Guerre Mondiale. Le clos apres les bombardements de la 1 ère Guerre Mondiale. Carte postale. Le «Clos Poincaré» est une demeure typique des villégiatures du 19 ème siècle. Son architecture néo-louis XIII témoigne de l éclectisme qui a marqué le Second Empire et contraste très fortement avec le style Art Nouveau qui se développe au tournant du siècle dans la région. Le «Clos» fut en très grande partie détruit durant la Première Guerre Mondiale et reconstruit durant les années 1919-1920 par Raymond Poincaré.
Il fut occupé par les Allemands durant la Seconde Guerre Mondiale puis mis à la disposition des Américains. Après la mort de Madame Poincaré en 1943, et conformément au souhait de son époux, le «Clos» fut transformé en orphelinat de 1947 à 1981. La volière L installation du Musée Raymond Poincaré au sein du «Clos» permet d offrir une grande cohérence entre les objets présentés et le lieu qui les abrite. Le visiteur découvre ainsi les objets liés à la vie de l homme tout en parcourant les espaces dans lesquels ce dernier a vécu. Vue des parterres avant la tempête de 1999 La visite débute dans la pièce située à droite de l accueil. Section 1 : Enfance et formation Enfance Fils aîné de Nicolas-Antoine, dit Antoni Poincaré, ingénieur des Ponts et Chaussées, nancéien, et de Nanine Marie Ficatier, Raymond Poincaré nait le 20 Août 1860 à Bar-le-Duc. Comme le montre son arbre généalogique, il est issu d une famille bourgeoise aisée, fortement implantée en Lorraine depuis plusieurs siècles. Laure COUTAN- MONTORGUEIL Buste de Raymond Poincaré, bronze, 1912 La guerre de 1870 et l occupation prussienne contraignent la famille Poincaré à s exiler à Dieppe durant plusieurs mois. Ces évènements le marquèrent profondément et il les consigna dans le journal qu il tenait étant enfant. Il débute ses études au lycée de Bar-le-Duc avant de poursuivre sa formation au lycée Louis le Grand à Paris. Il s oriente dans un premier temps vers des études littéraires et obtient à 18 ans une licence de lettres. Après avoir effectué son service militaire à Nancy, il reprend des études et obtient un doctorat de droit en 1883. Georges BERTRAND Portrait d Henriette Poincaré (son épouse) Huile sur toile, 1913
Suivez le guide Le juriste En 1883, il entre au cabinet de Maître Dubuit. Il est rapidement surnommé «blanche hermine» en raison de son intégrité. Parallèlement à sa profession de juriste, Raymond Poincaré entame une carrière politique. L élu En janvier 1886, Jules Develle, Ministre de l Agriculture d origine meusienne, lui propose le poste de chef de cabinet de son ministère. Quelques mois plus tard, en mars 1886, il l incite à briguer le mandat de conseiller général de Pierrefite-sur-Aire. Raymond Poincaré remporte l élection et conserve son mandat jusqu à son décès en 1934. En 1893, il est nommé Ministre de l Instruction Publique, des Beaux-arts et des Cultes et devient, un an plus tard, Ministre des Finances. Aux périodes conflictuelles de l histoire de la III e République, notamment lors de l affaire Dreyfus, Raymond Poincaré se tient souvent en retrait, soucieux de son image d homme de consensus. En 1912, il est appelé à former un nouveau gouvernement et y occupe le poste de Ministre des Affaires Etrangères. L écrivain Raymond Poincaré est également un homme de lettres. Il devient membre de l Académie Française en 1909. Ses écrits peuvent être regroupés en deux grands ensembles. D une part, les oeuvres de jeunesse qui sont constituées de quelques romans publiés dans la presse locale sous le pseudonyme de Juliette Landry, de chroniques judiciaires et d articles de presse. D autre part, les oeuvres de la fin de sa vie dans lesquelles il mêle ses propres souvenirs à l Histoire. Il rédige notamment entre 1926 et 1933 Au service de la France, ses mémoires en 10 volumes. R. COUVEGNES Portrait de R.Poincaré de profil, médaille en bas-relief, argent,1950 Sampigny Le «Clos» de Sampigny était un lieu particulièrement important pour Raymond Poincaré. Des photographies du bâtiment témoignent notamment des destructions importantes subies durant la Première Guerre Mondiale. Les pièces emblématiques du mobilier de la maison ont été conservées. Ainsi, le bureau de Raymond Poincaré est présenté dans cette pièce. La visite se poursuit dans la pièce située à gauche de l accueil : il s agit de l ancienne salle à manger.
Section 2 : Président de la République (1913-1920) Pendant les deux premières années de son septennat, Raymond Poincaré effectue de nombreux voyages diplomatiques, notamment en Russie ou en Angleterre, durant lesquels il reçoit de nombreuses décorations honorifiques. La plupart d entre-elles sont présentées dans cette salle, accompagnées de la reproduction de nombreuses photographies. Par le biais de ces voyages, Raymond Poincaré, homme d action, essaye de compenser le peu de pouvoir que lui confère la Constitution de la III e République. Le déclenchement de la Première Guerre Mondiale marque un Poincaré Président tournant crucial dans son mandat présidentiel. Le 28 juin 1914 en 1913 l archiduc François-Ferdinand de Habsbourg, héritier de l Empire austro-hongrois, est assassiné à Sarajevo. Le jeu des alliances entraîne alors le début de la Première Guerre Mondiale. Raymond Poincaré est profondément touché par ces évènements. D une part en tant que chef de l Etat, c est à lui qu incombe la lourde responsabilité d engager son pays dans le conflit. D autre part, en tant que meusien, il n a pas oublié la guerre de 1870 et les conséquences qu elle eut sur sa région natale. Des reproductions de photographies illustrent la venue au front du Président Poincaré, dans sa tenue dite de «chauffeur», composée d une longue pèlerine et d une casquette. Section 3 : La 1ère Guerre Mondiale Cette salle, qui est l ancien petit salon du «Clos», est entièrement consacrée à la Première Guerre Mondiale. Les objets présentés évoquent à la fois le front, les tranchées et la propagande qui se développe à l arrière. Trois vitrines contiennent des objets illustrant la vie des soldats au front et dans les tranchées. L une d elle présente les différents éléments constituant l équipement d un soldat français : masque à gaz, quart en aluminium, bidon et pochette à tabac. Visite au Front Face à elle, une second vitrine renferme l équipement caractéristique d un soldat allemand : paire de bottes, fusil Mauser à baïonnette, casque à pointe, grenade à manche et cartouchière. La dernière vitrine contient, outre un képi d infanterie, un obus et un bidon, des objets réalisés par les soldats dans les tranchées.
Suivez le guide Désignée sous le terme «d artisanat de tranchée», cette production est particulièrement précieuse puisqu elle témoigne directement de la vie quotidienne des soldats. Les objets sont réalisés à partir des matériaux auxquels les soldats avaient accès, essentiellement du métal issu de l armement, et avaient une fonction essentiellement décorative comme en témoignent les pièces présentées : un vase en cuivre décoré d une couronne végétale et d une façade d église, un coupe-papier et des bagues en métal. Les conditions de vie extrêmement difficiles des soldats dans les tranchées sont également illustrées par différentes estampes présentées dans la salle. Durant la guerre, une propagande très importante se développe à l arrière, servie par la diffusion de nombreuses affiches. L une d elles, affichée dans cette salle, est particulièrement connue. Réalisée par Abel Faivre en 1915, elle a pour but d inciter la population française à contribuer au financement de la guerre. L image représente un soldat allemand en train d être attaqué par le coq figurant au centre d une immense pièce d un franc. Elle est accompagnée du slogan : «Pour la France versez votre or. L or combat pour la Victoire». Le coq n est pas le seul emblème de la France à être utilisé dans les affiches de propagande. Une seconde affiche, réalisée pour le «Deuxième emprunt de la Défense Nationale» représente Marianne, drapée d un drapeau tricolore et assise sous La Marseillaise, la sculpture de Rude figurant sur l Arc de Triomphe à Paris. A ses pieds viennent s entasser pièces et billets déposés par des femmes, des hommes âgés et des enfants. Une petite fille cassant sa tirelire est représentée au premier plan. Section 4 : Imagerie populaire et caricature La dernière salle du musée, l ancienne cuisine du Clos, est consacrée à la manière dont Raymond Poincaré fut perçu par les artistes et comment son image fut abondamment utilisée par la caricature et l imagerie populaire. Elle est conçue chronologiquement depuis l élection présidentielle de 1913, le déclenchement de la guerre, la victoire, la figure de Georges Clémenceau, jusqu à l après-guerre. L élection Les trois premières vitrines illustrent la victoire de Raymond Poincaré à l élection présidentielle de 1913 et le mouvement d enthousiasme qu elle provoqua. La multiplicité des images le représentant illustrent et confortent cette popularité. Raymond Poincaré est alors considéré par la presse comme l homme providentiel. A. ESSART Voyage touristique du président Poincaré, lithographie, 1913
Cette ferveur s exprime par la diffusion de son portrait sous des formes multiples : bustes, cartes postales, cendriers, pipes, silhouettes en bois découpé, médaillons et caricatures dans la presse. Il devint même un argument de vente comme le montre une affiche publicitaire réalisée en 1913 pour une automobile. Plat à l'effigie des chefs d'états alliés, Porcelaine de Limoges,1914 La guerre Les trois vitrines suivantes sont consacrées à la Première Guerre Mondiale. Durant la guerre, Raymond Poincaré incarna l unité de la Nation, appelant dès le mois d août 1914 à l «Union Sacrée» de tous les français. La première vitrine illustre les débuts de la guerre. Le Président de la République est alors l un des personnages les plus représentés, notamment en tant que symbole de la France victorieuse. Les artistes et caricaturistes abordent également la question de la liberté de la presse, entravée depuis le décret du 5 août 1914. Cette situation est illustrée par une assiette de 1917 représentant la Censure sous les traits d une femme aux yeux bandés, nommée Anastasie, attaquant les principaux journaux de l époque munie de ciseaux. Médaille Poincaré et Clemenceau, bronze, 1917-1919 Progressivement, la figure de Poincaré perd peu à peu de sa popularité auprès des dessinateurs. En effet, la population se rend peu à peu compte de son incapacité à jouer un rôle de premier plan dans le conflit, comme l y contraint la Constitution. Raymond Poincaré est alors généralement représenté en costume de «chauffeur», tenue qu il revêtait pour se rendre sur les champs de bataille. Les rapports entre Raymond Poincaré et les Allemands font également l objet de caricatures. Ainsi, le nom même du Président est utilisé dans des compositions où «l image est prise au mot», c est à dire qu il y est représenté inculquant une correction définitive, grâce à ses poings, à l armée allemande Grand-Croix de la Légion d'honneur du Président Poincaré Une vitrine est consacrée à la figure de Georges Clémenceau, rival politique de Raymond Poincaré mais néanmoins appelé par ce dernier à former un gouvernement. Un dessin de Raoul Dufy, représentant Georges Clémenceau à la tribune, illustre la grande énergie qui caractérisait le personnage.
Quelques dates 20 Août 1860 : naît à Bar-le-Duc. 1877 : obtient le baccalauréat. 1880 : licencié en droit et devient avocat le 20 décembre. juin 1883 : docteur en droit. 1886 : nommé chef de cabinet de Jules Develle et élu conseiller général du canton de Pierrefitte. juin 1887 : élu député de la Meuse. avril-novembre 1893 : nommé Ministre de l Instruction Publique, des Beaux-Arts et des cultes. 1894-1906 : nommé Ministre des Finances. janvier 1903 : élu sénateur de la Meuse. 1904 : épouse Henriette Benucci. 1903-1904 : achète la propriété du «Clos» à Sampigny. 1909 : élu académicien. 1912 : nommé Président du Conseil et Ministre des Affaires Etrangères 1913-1920 : élu Président de la République. 1922-1924 : nommé Président du Conseil et Ministre des Affaires Etrangères ; fait occuper la Ruhr 1926-1929 : nommé Président du Conseil et Ministre des Finances ; dévalue le franc le 25 juin 1928. 1929 : quitte le gouvernement. Juin 1931 : élu au Bâtonnat de l Ordre des Avocats de Paris. 15 octobre 1934 : meurt à Paris. La victoire L issue victorieuse de la Première Guerre Mondiale a bien évidemment inspiré de nombreux artistes. Certains objets sont caractéristiques de cette période. Parmi eux, on peut notamment citer une série d assiettes patriotiques. L une d entre-elles porte l inscription : «Oublier jamais!». La vitrine située au centre de la pièce illustre les lendemains de la guerre en Allemagne marqués notamment par l occupation de la Ruhr, l inflation du mark et la propagande qui dénonce l occupation française. Raymond Poincaré occupe, entre 1922 et 1924, les postes de Président du Conseil et de Ministre des Affaires Etrangères. En 1923, il décide l occupation de la Ruhr en raison du non-paiement des réparations dues par l Allemagne et décidées lors du traité de Versailles. En 1926, il est une dernière fois rappelé aux affaires par le Président Doumergue et occupe les postes de Ministre des Finances et de Président du Conseil jusqu en 1928. La France connaît alors de graves difficultés financières et Raymond Poincaré, qui bénéficie de la confiance des milieux financiers, est chargé d y remédier. Pour sauver la monnaie, stimuler les exportations et réduire la dette de l Etat, Raymond Poincaré stabilise le franc au cinquième de sa valeur par rapport à 1914. Le franc Germinal devient le franc Poincaré. En 1929, Raymond Poincaré quitte le gouvernement. Il se retire de la vie politique et se consacre à la rédaction de ses souvenirs. Il meurt à Paris dans la nuit du 14 au 15 octobre 1934. Un hommage national lui est rendu au Panthéon avant son inhumation dans le cimetière de Nubécourt. Des monuments commémoratifs sont érigés en sa mémoire à Bar-le-Duc et à Sampigny. Collection "Guide du visiteur des musées de la Meuse" sous la direction d'aurélie Jalouneix - Texte "Musée de Sampigny" Marion Stef - Traductions ABW traductions - Crédits photographiques Conservation des Musées de la Meuse, Patrick A Martin - Maquette Agence PLP. Musée Raymond Poincaré Chemin Rural Tuilerie - 55300 SAMPIGNY Tél. : 03 29 90 70 50 - Fax : 03 29 90 75 14 www.meuse.fr ISBN 978-2-36186-012-7