POUR QUE LES JEUNES aient une perception positive de leur corps
1 Augmenter la satisfaction à l égard de l image corporelle L image corporelle est l idée qu une personne se fait de son apparence. Elle renvoie à la perception cognitive, affective, consciente et inconsciente qu un individu a de son corps. Le corps sera donc perçu différemment selon l individu, en fonction de sa personnalité et de son environnement socioculturel. L image que se fait un jeune de lui-même sera inévitablement influencée par la norme de beauté qui prévaut dans sa société. Les comportements de son entourage immédiat et les messages véhiculés par ces derniers et les médias contribuent au modelage progressif de la perception de son image, la qualifiant tantôt de positive ou de négative, selon qu elle respecte ou non les critères de beauté en vigueur. Il est désolant de constater que, malgré le fait que 80 % des jeunes aient un poids normal, une grande proportion de ceux-ci désirent tout de même modifier leur poids 1. Au Québec, plus de 60 % des jeunes sont insatisfaits de leur image corporelle. Plus de 50 % des filles désirent être plus minces et plus du quart des garçons aimeraient avoir une image plus imposante 2. Cette insatisfaction de l image corporelle n est pas sans conséquences. Elle fait obstacle à l adoption de saines habitudes de vie et nuit à l estime de soi et, de ce fait, à la réussite éducative et au plein développement du jeune 3. 1 Selon l enquête sociale et de santé auprès des jeunes Québécois en 1999, 45 % des jeunes de 9 ans, 60 % des jeunes de 13 ans et 60 % des jeunes de 16 ans sont insatisfaits de leur image corporelle, alors que la majorité d entre eux, soit 80 %, ont un poids normal ou inférieur à la normale (Ledoux, Mongeau et Rivard 2002, p. 311). 2 Données du temps zéro recueilli par Québec en Forme en 2011 : - Seulement 38,7 % des jeunes Québécois sont satisfaits de leur image corporelle; - 26,9 % des garçons aspirent davantage à avoir un corps plus musclé alors que 53,5 % des filles désirent être plus minces; - Au secondaire, 56,2 % des filles désirent être plus minces, comparativement à 46,1 % au primaire; - Au secondaire, 45,7 % des garçons se disent satisfaits de leur schéma corporel silhouette contre 37,2 % au primaire; - 50 % des filles du secondaire ont déclaré avoir déjà essayé de perdre du poids dans la dernière année, contre 18,1 % de garçons; - 46,2 % des filles ont dit vouloir perdre du poids pour avoir une plus belle apparence, alors que 31,6 % des garçons le font pour être plus musclés. 3 Rapporté par ÉquiLibre (Planification stratégique 2012) et selon les références : C. Huang (2001) -Self-concept and academic achievement: a meta-analysis of longitudinal relations. Journal of School Psychology 49:505-528; P.A. van den Berg, J. Mond et coll. (2010)- The link between body dissatisfaction and self-esteem in adolescents: similarities across gender, age, weight status, race/ethnicity, and socioeconomic status. Journal of Adolescent Health 47:290-296.
2 Pourquoi agir? la santé physique L insatisfaction à l égard de l image corporelle a des conséquences. Cette insatisfaction entraîne des comportements nuisibles à la santé, tels que : saut de repas, jeûne, diète restrictive, entraînement excessif ou obsessif, sédentarité, abandon de la pratique d activités physiques, consommation de produits amaigrissants et de suppléments alimentaires pour la musculation et la performance physique. Manger et bouger prennent alors une dimension malsaine, car les notions de plaisir, de bien-être et de respect des signaux du corps (faim, satiété, soif, fatigue, douleur) sont exclues de ces actes quotidiens. C est plutôt le désir de maigrir ou de se muscler qui prime. Ainsi, pour environ 40 % des jeunes Québécois, être actif pendant les moments de loisir est motivé par l apparence physique 4. Malheureusement, ces comportements sont trop souvent observés chez les adolescents qui souhaitent modifier leur image corporelle 5. De tels agissements peuvent conduire à des problèmes de santé physique comme : des carences en vitamines et minéraux, de la déshydratation, des blessures dues à un entraînement obsessif, des perturbations hormonales, des retards de croissance et de puberté, des problèmes de poids à long terme liés aux restrictions alimentaires et à la sédentarité et même des problèmes d ostéoporose à l âge adulte 6. De bonnes raisons pour informer les jeunes des dangers des diètes restrictives Elles font grossir à long terme Nous savons maintenant que les personnes qui jeûnent après avoir suivi des régimes amaigrissants, ou qui utilisent d autres méthodes de contrôle du poids, risquent davantage de souffrir de surpoids en vieillissant, comparativement à celles qui n ont pas restreint leur alimentation dans le but de maigrir 7. Le fait de réduire de façon importante la quantité d aliments sans tenir compte des signaux de faim, provoque un déséquilibre dans le corps. Ce dernier se met alors en mode économie d énergie (diminution du métabolisme de base) et, lorsque la personne mettra fin à ses restrictions alimentaires, la reprise de poids sera inévitable puisque le corps aura appris à économiser et à entreposer l énergie en cas de disette (syndrome du yoyo). Elles nuisent à l acquisition de saines habitudes de vie Nous savons aussi que les régimes et la consommation de produits spéciaux pour maigrir donnent des résultats à court terme, et que cela se fait au détriment d un changement durable des habitudes de vie et de l acceptation de son corps 8. Elles nuisent au bien-être psychologique Nous savons également que des régimes amaigrissants à répétition peuvent représenter un facteur de risque important de souffrir problèmes psychologiques et physiques 9. À l adolescence, les régimes amaigrissants sont associés à l anxiété, à la dépression, à une faible estime ou même à une dévalorisation de soi et à l insatisfaction personnelle 10. Elles peuvent nuire à la réussite scolaire Enfin, plusieurs études ont montré que [ ] le jeune qui suit des diètes est plus vulnérable à la fatigue, à l insomnie et aux difficultés de concentration. L acceptation de soi et de son corps favorise une alimentation et un niveau d activité physique normal. En revanche, on observe des modifications comportementales nuisibles à la santé dès l apparition des premiers signes d insatisfaction de l image corporelle, laquelle peut rapidement devenir une obsession, puis une peur extrême incontrôlée focalisée sur certaines composantes du corps (gras, muscle, poids, taille). En alimentation, cela commence par des restrictions qui peuvent être suivies de diètes restrictives chroniques et de compulsion alimentaire pouvant aller jusqu à des troubles graves comme l anorexie et la boulimie 11. Un autre trouble comportemental grave connu depuis peu est la «bigorexie», ou dysmorphie musculaire. Elle se manifeste surtout chez les garçons qui éprouvent alors une détresse attribuable à une perception erronée d une musculature et d une stature trop frêles. Cette préoccupation maladive de l image corporelle incite ceux qui en souffrent à se soumettre à des entrainements excessifs, à consommer des suppléments nutritifs et à avoir recours à des drogues anabolisantes 12. Ce qui a, bien entendu, de graves conséquences sur leur santé. notes, voir page suivante
3 la santé mentale L insatisfaction à l égard de l image corporelle a des conséquences. Dans une société où la minceur est à la fois désirée et associée à la valeur d une personne, un jeune en vient à juger sa propre valeur en fonction de son poids et de son apparence. La préoccupation excessive à l égard du poids 13 peut alors devenir envahissante et provoquer une perte de bien-être général due à des appréhensions liées, par exemple : à l importance excessive apportée, avant chaque sortie, à l habillement, au maquillage et à la coiffure; à la peur de dévoiler certaines parties du corps lors d activités sportives; à la perte du plaisir de manger et à une relation ambiguë avec la nourriture. Il y a donc de plus en plus d indices que ce type d insatisfaction à l égard de l image corporelle puisse être associé à une baisse du bien-être psychologique et de l estime de soi 14,15 et causer des dépressions, du stress et de l anxiété. les résultats scolaires L insatisfaction à l égard de l image corporelle a des conséquences. Une étude québécoise récente 16 montre que des enfants de 8 à 12 ans, qui considèrent qu ils sont maigres ou qu ils ont un surplus de poids peu importe leur IMC, sont plus susceptibles d obtenir de moins bons résultats en français, en mathématiques et en sciences que ceux qui estiment avoir un poids «correct». Par ailleurs, des préoccupations excessives par rapport à l alimentation, au poids et à la silhouette sont souvent associées à de faibles résultats en sciences et en éducation physique. De plus, les enfants qui s estiment trop gros sont nettement moins susceptibles d obtenir de très bons résultats en éducation physique. Terminons en disant que d autres études révèlent aussi qu il y a de plus en plus d évidences que l estime de soi d un jeune a une influence sur sa réussite éducative 17. 4 Données du temps zéro recueilli par Québec en Forme en 2011 : - Près de la moitié des filles (48 %) et une proportion moindre de garçons, soit 39 %, ont déclaré que leur apparence physique est un élément de motivation à être actif dans leurs moments de loisir. 5 Environ la moitié des adolescents sautent des repas pour maigrir ou contrôler leur poids, et environ le quart jeûne toute une journée (Ledoux et col. 2002, Brassard et Mongeau, 1999). Selon l enquête sociale et de santé auprès des jeunes québécois en 1999, 15 % des jeunes de 13 et de 16 ans (davantage des filles) ont souvent sauté des repas dans le but de perdre du poids ou de le contrôler Ledoux, Mongeau et Rivard 2002). 6 Selon ÉquiLibre, Planification stratégique 2012, p. 8. 7 - Field AE, Austin SB, Taylor CB, et al. Relation between dieting and weight change among preadolescents and adolescents. Pediatrics. 2003;112:900 6. - Stice E, Cameron RP, Killen JD, Hayward C, Taylor CB. Naturalistic weight-reduction efforts prospectively predict growth in relative weight and onset of obesity among female adolescents. J Consult Clin Psychol. 1999;67:967 74. 8 Brownell, DIETING AND A PERFECT BODY, Behavior therapy, 22, 1-12, 1991. 9 - Barbara Palla and Iris F. Litt, Medical Complications of Eating Disorders in Adolescents. Pediatrics 1988;81;613. - Pugliese et autres, A cause of short stature ans delayed puberty. The New England journal of medicine, vol. 309, number 9, 1983. 10 Pesa, Psychological factors associated with dieting behavior among female adolescents, J Sch Health, 1999 : 69(5) :196-201. 11 Selon le continuum des problèmes liés à l image corporelle et au comportement alimentaire, CAAO 2002 (ÉquiLibre). 12 JACQUELINE A. PESA, THOMAS R. SYRE, ELIZABETH JONES, 2000, Psychosocial Differences Associated with Body Weight Among Female Adolescents: The Importance of Body Image, JOURNAL OF ADOLESCENT HEALTH 2000; 26:330 337. 13 La préoccupation excessive à l égard du poids est : «l état d une personne qui, ayant ou non un surplus de poids, est à ce point préoccupée par son poids que cela porte atteinte à sa santé physique ou mentale» (Schaefer et Mongeau, 2000, p. 45). 14 Selon le Bulletin de santé publique, Association pour la santé publique du Québec, mai 2010, volume 32, numéro 2, p. 3. Références : - Pesa, J.A., Syre, T.R., & Jones, E. (2000 ). Psychosocial differences associated with body weight among female adolescents : the importance of body image. Journal of Adolescent Health, 26, p. 330-337. - Cohen, J. H., Kristal, A. R., Neumark Sztainer, D., Rock, C. L., & Neuhouser, M. L. ( 2002 ). Psychological distress is associated with unhealthful dietary practices. Journal of the American Dietetic Association, 102, (p.?) 699-703. - Neighbors, L.A. & Sobal, J. ( 2007 ). Prevalence and magnitude of body weight and shape dissatisfaction among university students. Eating Behaviors, 8, p. 429-439. 15 Selon ÉquiLibre, Planification stratégique 2012 p. 8. Références : J. Pesa (1999). Psychological factors associated with dieting behaviors among female adolescents, Journal of School Health, 69(5):196 201.). 16 Rapporté par Annie Aimé auteure de la recherche, dans Le monde de l éducation, mars 2012, sous le titre : Quand l obésité impose un régime minceur aux résultats scolaires. 17 C. Huang (2011) -Self-concept and academic achievement: a meta-analysis of longitudinal relations. Journal of School Psychology 49:505-528.
4 Pourquoi les jeunes développent-ils une image corporelle négative? Au Québec, 45 % des filles et des garçons de neuf ans sont insatisfaits de leur silhouette, et une fillette de neuf ans sur trois a déjà tenté de perdre du poids 18. Un contexte de vulnérabilité Chez les jeunes, la croissance se déroule de façon inégale. Certains ont un rebond d adiposité à la préadolescence, sans savoir que ce sera probablement transitoire. Vient ensuite l adolescence, période de grands changements et de vulnérabilité pendant laquelle ils sont très sensibles aux pressions sociales. Il s agit d une période charnière du développement de l estime de soi. N ayant pas encore développé leur sens critique, les modèles de beauté unique peuvent donc avoir une grande influence sur eux. Une pression sociale Nous vivons dans un monde où la beauté stéréotypée, incarnée par l image d un corps jeune et mince chez la femme et musclé chez l homme, est omniprésente et acceptée socialement 19. Il est donc considéré comme normal et souhaitable de viser ce standard de beauté unique, et de discuter diète restrictive, amaigrissement et musculation pour y arriver. Dès l adolescence, les jeunes auront peur de grossir et essaieront de modifier leur silhouette. Et bien des adultes y seront même favorables dans plusieurs cas. Par exemple, un entraîneur poussera un jeune à perdre ou à gagner du poids pour avoir du succès dans un sport; une éducatrice en service de garde parlera devant les enfants de sa diète restrictive comme d une chose vitale, et elle surveillera la portion de dessert des enfants; un parent fera des commentaires sur le petit voisin qui a grossi et qui est donc goinfre ou paresseux; une mère angoissera à l idée de se peser et d avoir pris quelques kilos et même quelques grammes; dans certaines écoles, on pèsera et on mesurera les enfants afin de déterminer leur IMC (indice de masse corporelle). Ces quelques exemples démontrent que les messages et les actions des personnes qui composent l entourage des jeunes pairs, parents, éducateurs, enseignants, entraineurs, etc. ont une influence déterminante sur leurs perceptions et leurs choix 20. 18 ÉquiLibre, Fannie Dagenais, Changer les normes de beauté à l ère du plus que parfait, 2012, LE MONDE DE L ÉDUCATION. 19 Texte tiré du Bulletin de santé publique, Association pour la santé publique du Québec, mai 2010, volume 32, numéro 2, p. 2. 20 - Selon ÉquiLibre, 2012. - Selon Québec en Forme, Planification stratégique 2011-2014. Le saviez-vous? La pression sociale constitue un déterminant fondamental de l insatisfaction corporelle chez les jeunes. Voici quelques exemples pouvant être à l origine de cette insatisfaction : moqueries des camarades sur les rondeurs naissantes d une jeune fille; commentaires désobligeants d un parent sur le poids ou la silhouette de son enfant; valorisation d une norme irréaliste de beauté dans un magazine pour jeunes; exclusion par les pairs des jeunes souffrant d embonpoint, à l école ou ailleurs.
5 Le saviez-vous? Les jeunes athlètes qui font de la compétition sont plus à risque d avoir des comportements néfastes par rapport à la nourriture, au poids et à l image corporelle. Les facteurs de risque sont davantage répandus dans les sports où la performance peut être influencée par le poids, la taille et la forme du corps (ex. : la danse, la gymnastique et le patin artistique). Des industries qui agissent sur la norme En toile de fond, les industries de l amaigrissement, de la mode, de la publicité et des médias (télévision, cinéma, magazines) prônent des normes sociales axées sur un modèle de beauté unique, le culte du corps et l obsession de la minceur. Dans la majorité des magazines, les photos sont retouchées pour gommer défauts, inégalités, rides, ventres, bourrelets, etc. Au cinéma, les héros sont personnifiés par des acteurs grands, jeunes, minces et musclés. Dans la publicité de produits amaigrissants, on montre des personnes enfin heureuses, car elles correspondent aux normes de la beauté. Or, il est reconnu que ces normes jouent un rôle crucial dans le développement d une image corporelle positive ou négative 21. 21 Selon ÉquiLibre, référence : K. Homan, E. McHugh et coll. (2011, in press). The effect of viewing ultra-fit images on college women dissatisfaction. Body Image.
6 Comment peut-on changer la situation? Puisque tous participent à forger la norme de beauté, tous ont donc le pouvoir de l influencer et de se mobiliser pour faire contrepoids aux pressions sociales de minceur ou de musculation excessive. En agissant simultanément avec les jeunes, leur entourage et les médias, il sera possible de renverser la tendance.
7 Agir avec et pour les jeunes Comment? Par l éducation, la promotion, le soutien à la réalisation de projets et à l engagement public en faveur de modèles de beauté diversifiés et de l acceptation de soi. Les thèmes importants 1. La connaissance : porter un jugement critique sur les modèles de beauté unique, les pratiques de l industrie, les méthodes d amaigrissement, les retouches apportées aux images, etc. 2. Les croyances et les valeurs : accepter et respecter la diversité des silhouettes; combattre les préjugés. 3. La croissance personnelle : prendre conscience des effets des images présentées dans les médias; accepter son corps; centrer la valorisation personnelle sur autre chose que l apparence. 4. L expérimentation d habitudes saines : faire des choses bonnes pour soi; modifier certaines habitudes de vie; retrouver le plaisir de manger et de bouger. 5. L engagement : se questionner, se positionner et réagir en petit groupe, à l école, à la radio ou à la télévision communautaire; adopter la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée, etc. Exemples d actions Dans les écoles, les services de garde en milieu scolaire et les milieux communautaires Implanter des programmes éducatifs comme Bien dans sa tête, bien dans sa peau, d ÉquiLibre, et Leader Académie, les 3 e cycles se prononcent (Producteurs laitiers du Canada). Participer à la campagne Ton influence a du poids, et utiliser les divers outils offerts dans le site Derrière le miroir (ÉquiLibre). Faire participer les jeunes à des projets spéciaux comme Estime-toi, de la photographe Véronique Côté, et le projet de Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine. Participation d étudiants en design de mode et de commercialisation de la mode à des ateliers de sensibilisation comme Image de la femme en publicité mode (du RQASF, Réseau québécois d action pour la santé des femmes). Agir sur l industrie de l image (mode, médias, publicité) Comment? Par la sensibilisation et la promotion. Quelques thèmes importants 22 1. Encourager le changement des façons de faire : communiquer avec les médias et les entreprises dans le but de les sensibiliser et de les mobiliser autour de l image corporelle, et de leur faire réaliser l importance et les conséquences de leur influence. 2. Souligner les bons coups : mettre en évidence certaines entreprises qui ne retouchent plus leurs photos, celles qui embauchent des mannequins aux silhouettes diversifiées ou plus conformes à la réalité, etc. Exemples d actions Dans les écoles, les services de garde en milieu scolaire Participer à la campagne Ton influence a du poids pour inviter les jeunes à prendre part activement au changement des normes sociales de beauté en participant, notamment, au vote pour le Prix IMAGE/in et au concours Défilez sans cliché (ÉquiLibre). Dans les municipalités Reconnaître publiquement les bonnes initiatives en participant, par exemple, au vote pour le Prix IMAGE/in (ÉquiLibre) et en présentant les finalistes et les gagnants de ce prix comme des entreprises porteuses de changement. 23 22 Inspiré, entre autres, du texte d Anouck Sénécal dans Le monde de l éducation, 2012, sous le titre : Évolution des normes sociales de beauté : des initiatives québécoises porteuses de changements. 23 Décerné par les jeunes, le Prix IMAGE/in félicite des entreprises québécoises qui mettent de l avant des initiatives en faveur d une représentation saine, réaliste et diversifiée du corps dans le monde de la mode, des médias et de la publicité.
8 Agir sur les acteurs-clés qui influent sur l image corporelle des jeunes (parents, éducateurs physiques, intervenants en sport et en loisir, etc.) Comment? Par la sensibilisation et la formation. Les thèmes importants 24 1. Prise de conscience : devenir de plus en plus conscient de sa relation à son corps et à son apparence; apprendre à connaître et à découvrir les aliments, sans pour autant discriminer les aliments plus énergétiques ou les interdire. 2. Comportements à adopter : être à l écoute de son corps; bannir les commentaires désobligeants sur l apparence; cesser d être centré sur la consommation alimentaire; protéger les jeunes contre la discrimination par rapport au poids et les aider à y faire face. 3. Stratégies d intervention en santé : viser le bien-être et la santé globale (physique et mentale); viser l amélioration graduelle des habitudes de vie et l expérimentation du bien-être ressenti (physique et mental); mettre l accent sur la vitalité; valoriser la diversité des silhouettes et l unicité de la personne; amener les jeunes à croire en leurs talents et en leur potentiel; encourager la pratique d activités physiques agréables et faire découvrir le plaisir de manger; prévenir les problèmes d image corporelle dès le primaire. Exemples d actions Dans les services de garde à la petite enfance Informer et sensibiliser parents, éducatrices et autres intervenants par des activités de promotion, en collaboration avec le Centre local de santé et de services sociaux et en utilisant des outils faits par ÉquiLibre, l ASPQ ou la RQASF. Soutenir les éducatrices dans leur propre relation au corps (services d analyse d Extenso, de soutien d ÉquiLibre). Organiser des conférences pour les parents et les éducatrices sur les attitudes et les pratiques alimentaires déterminantes pendant la petite enfance (services d Extenso). Dans les écoles, les services de garde en milieu scolaire, les milieux communautaires et les associations sportives Informer et sensibiliser parents, intervenants et entraîneurs par des activités de promotion, en collaboration avec le Centre local de santé et de services sociaux et en utilisant des outils faits par ÉquiLibre, l ASPQ ou la RQASF. Offrir aux enseignants, aux éducateurs, aux intervenants jeunesse et à ceux engagés dans les activités de sport et de loisir, des formations sur l image corporelle, comme Intervenir sur le poids et l image corporelle à l adolescence (ÉquiLibre) 25. Dans les municipalités Offrir aux intervenants engagés dans les activités de sport et de loisir des formations sur l image corporelle, comme Intervenir sur le poids et l image corporelle à l adolescence (ÉquiLibre) 26. Intégrer des campagnes de communication lors des rassemblements (ex. : Ton influence a du poids (ÉquiLibre), qui invite les jeunes à remettre en question le modèle unique de beauté et à participer activement au changement des normes sociales de beauté). Offrir aux enseignants du secondaire la formation de démarrage du programme Bien dans sa tête, bien dans sa peau (ÉquiLibre). Offrir aux enseignants du 3 e cycle du primaire la formation Leader Académie, les 3 e cycles se prononcent (Producteurs laitiers du Canada). Offrir aux enseignants en éducation physique et à la santé du primaire la formation Leader Académie, les 3 e cycles mènent la course (Producteurs laitiers du Canada). Dans les centres de santé Former et informer les professionnels de la santé qui travaillent en lien avec les écoles avec, par exemple, les outils de l ASPQ. Sensibiliser la population par des activités de promotion en utilisant, par exemple, les outils de l ASPQ et d ÉquiLibre. Informer ses partenaires sur les risques d une image corporelle négative chez les jeunes en relayant l information pertinente (ex. : argumentaire de l ASPQ, bulletins de veille et documents de Québec en Forme et du Conseil québécois sur le poids et la santé, etc.). 24 Inspiré des divers travaux du groupe ÉquiLibre. 25 La formation Intervenir sur le poids et l image corporelle à l adolescence vise à optimiser ses interventions reliées à la prévention des problèmes de poids et à la promotion de comportements sains à l égard de l image corporelle, de l alimentation et de l activité physique chez les jeunes de 12 à 17 ans. Cette formation s adresse aux intervenants jeunesse des milieux scolaire, communautaire, municipal et de la santé.
9 Quelles sont les ressources? Afin de vous aider et d éviter de réinventer la roue, voici des exemples de programmes éducatifs, de campagnes, d outils de promotion et de sensibilisation que vous pouvez utiliser ou dont vous pouvez vous inspirer pour agir. Vous trouverez également des sites Internet pertinents auxquels vous pouvez vous référer.
10 www.equilibre.ca ÉquiLibre Campagne de marketing social Ton influence a du poids; thème de l édition 2011-2012 : Derrière le miroir, complété dans le site du même nom) 26,27. Programme pour les jeunes Bien dans sa tête, bien dans sa peau (trousse d intervention, informations pour les intervenants et formation de démarrage sur Internet) 28,29. Plusieurs brochures : Ton influence a du poids! L image corporelle à l adolescence (pour les parents) 30 ; Place à la diversité corporelle; Finis les régimes! Retrouvez l équilibre; Le régime miracle n existe pas. S il existait, on le saurait! Conférences grand public 31. Formation Intervenir sur le poids et l image corporelle à l adolescence. Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) www.aspq.org Dépliants d information, dont : Ça va Sabine? destiné aux adolescents; Maigrir ou être comme je suis?; Maigrir, pour le meilleur et non le pire guide destiné aux professionnels de la santé; Être au régime : ce que vous devez savoir. Formations pour professionnels de la santé (ex. de sujets : recension des produits, services et moyens amaigrissants (PSMA) offerts sur le marché, marketing de l industrie PSMA; règlementation encadrant les PSMA; promotion d une image corporelle saine et diversifiée; impact de la norme sociale au regard de l image corporelle pouvant exacerber la stigmatisation à l égard du poids). Conférences publiques et dans des congrès scientifiques, chroniques mensuelles sur le site Protégez-vous.ca et Infolettre mensuelle sur la problématique du poids (incluant l image corporelle). Bulletin de santé publique À la Une. Quand l image vaut mille maux, mai 2010, volume 32, numéro 2. Anorexie Boulimie Québec (ANEB) www.anebquebec.com Conférences sur les thèmes suivants : l image corporelle, l obsession du corps et l estime de soi. Stands d information, de sensibilisation et de prévention des troubles alimentaires dans les écoles et autres milieux jeunesse. Formation afin de sensibiliser les professionnels aux troubles alimentaires et à ce que vivent les personnes qui en sont atteintes. Extenso www.nospetitsmangeurs.org Service d évaluation du comportement alimentaire dans les services de garde (petite enfance). Services de conférence sur les attitudes et les habitudes alimentaires déterminantes pendant la petite enfance. Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine www.scf.gouv.qc.ca/index.php?id=363 www.jesigneenligne.com Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée. Le Réseau québécois d action pour la santé des femmes (RQASF) rqasf.qc.ca/information/image-corporelle Magazine Le défi d être soi. Bulletin électronique Audacieuses. (http://rqasf.qc.ca/formulaire_bulletin.) Outils de sensibilisation (ex. : dépliants et cartes postales Et alors! Y a-t-il du mal à vendre du rêve!. Stands d information lors d événements. Producteurs laitiers du Canada www.educationnutrition.org/ programmes-education.aspx Leader Académie, les 3 e cycles se prononcent, programme d éducation sur la nutrition conçu en collaboration avec ÉquiLibre et destiné aux enseignants du 3 e cycle du primaire et à leurs élèves. Leader Académie, les 3 e cycles mènent la course, programme d éducation sur la nutrition élaboré en collaboration avec ÉquiLibre et destiné aux enseignants en éducation physique et à la santé pour les cours du 3 e cycle du primaire. Véronique Côté, photographe photonikplus.com/apropos.html Projet Estime-toi 26 La campagne Derrière le miroir invite les jeunes à remettre en question le modèle unique de beauté et à participer activement au changement de normes sociales en ce qui a trait aux modèles de beauté, au culte du corps et aux préjugés entourant l obésité. 27 Site Internet Derrière le miroir : ce site, hautement interactif, cible spécifiquement les jeunes en leur offrant des jeux, un blogue, des concours, des projets de mobilisation et des ressources pour les informer sur les questions du poids, des modèles de beauté et des saines habitudes de vie. De plus, il contient une section réservée aux intervenants jeunesse qui renferme plusieurs outils, dont des ateliers pédagogiques clés en main gratuits, et plusieurs ressources et renseignements sur le poids et l image corporelle à l adolescence. 28 Le programme Bien dans sa tête, bien dans sa peau (BTBP) vise à promouvoir une image corporelle positive et de saines habitudes de vie chez les jeunes en abordant de manière unique et préventive deux problèmes à la hausse dans la société : l obésité et la préoccupation excessive à l égard du poids. 29 Les intervenants du programme Bien dans sa tête, bien dans sa peau (BTBP) ont accès à une plateforme d information et d échange réservée à leur intention. Elle renferme une panoplie d informations complémentaires à la trousse d intervention BTBP pour les outiller davantage sur les thèmes de l image corporelle et de la préoccupation excessive à l égard du poids à l adolescence. De plus, elle offre la possibilité aux intervenants de partager leurs outils et leurs bons coups avec l ensemble des utilisateurs, et ce, au bénéfice des jeunes! 30 La brochure Votre influence a du poids! L image corporelle à l adolescence a pour but de guider les parents d adolescents et de leur donner des trucs pratiques pour mieux comprendre leurs jeunes, les aider à acquérir une bonne estime de soi et de saines habitudes. 31 Ces conférences seront offertes à Montréal au cours de l automne 2012. De façon interactive, elles aborderont plusieurs thèmes d actualité, tels que les signaux corporels de faim et de satiété, l image corporelle, les produits amaigrissants, la saine gestion du poids et bien plus encore!
Conclusion Pour terminer ce court document sur l image corporelle, rappelons-nous qu il n est pas nécessaire d être mince pour être en santé! Et, comme le mentionne si bien le groupe ÉquiLibre : «À force d être exposés à un modèle unique de beauté, nous oublions qu il est normal de rencontrer une diversité de silhouettes dans la population. L objectif n est donc pas de rendre tous les enfants minces, mais bien de permettre à chacun d eux, peu importe son format [sic], d atteindre son plein potentiel de santé et de bien-être.» Pour en savoir plus sur cette thématique, quebecenforme.org Pour échanger avec nous sur le sujet