HYGIENE & SPA LES RISQUES DE CONTAMINATION 1
Un peu d histoire Thalassothérapie, SPA, Balnéothérapie, Thermalisme : quelles différences? Il y a 2000 ans les Romains avaient compris l importance de l eau dans la propreté et la santé. Sont alors nés les Thermes qui au fil des siècles ont été adaptés et développés sous plusieurs formes, Thalassothérapie, SPA, Balnéothérapie. Thalassothérapie, SPA (Sanita Per Aqua) et Balnéothérapie ont pour objectif commun le soin du corps par l eau, le bien-être et la santé. Le Thermalisme (Crénothérapie) a une vocation médicale et thérapeutique reconnue. Ces quatre activités utilisent une même méthode l Hydrothérapie, les soins par l eau. Le terme Aquathérapie est quelquefois utilisés par certains centres pour se démarquer de la concurrence, cette notion est vague et ne correspond à rien, sinon à de la Balnéothérapie. La Thalassothérapie utilise l eau de mer, la balnéothérapie de l eau de source ou de l eau de ville, et le Thermalisme de l eau de source minérale, le SPA de l eau de ville. La Balnéothérapie a pour origine la rééducation fonctionnelle en milieu aquatique, à l origine l activité revêtait une dimension thérapeutique. La Balnéothérapie a ensuite évolué vers une approche axée sur le bien-être et la remise en forme. Elle est globalement l équivalent de la Thalassothérapie sans l eau de mer, les soins sont quasiment identiques. L activité SPA est dérivée de la Balnéothérapie et a pour objectif la beauté par les soins esthétiques et la remise en forme par les massages et la relaxation, le SPA est un espace de luxe de calme et de volupté. La Thalassothérapie a une vocation détente, bien-être, paramédicale, santé et beauté. Elle utilise les bienfaits du milieu marin dans un but curatif et préventif sous surveillance médicale. Le Thermalisme utilise des eaux minérales déclarées bénéfiques pour la santé et les cures sont les seules reconnues thérapeutiques et prises en charge par la sécurité sociale. Il est difficile aujourd hui de faire un choix entre Thalasso, Balnéo et SPA, toutes ces activités ont les mêmes objectifs, la différence naît de leur implantation géographique (mer, montagne, ville) de la qualité des prestations et de l accueil et de la qualité de l hygiène et de la propreté des installations. Il n existe pas aujourd hui de réglementation particulière pour ces trois activités, seule la qualité des eaux utilisées doit être suivie, analysée et contrôlée. La thalasso possède sa charte qualité, les autres activités ont développé des référentiels qualité (Qualicert) afin de se démarquer de la concurrence, mais aucune n aborde clairement et de façon complète le thème essentiel de l hygiène, de la propreté des locaux et des installations, des équipements et des personnels. 2
Les risques liés au nettoyage des locaux, à la propreté, à la qualité des eaux utilisées, sans être du niveau d un établissement hospitalier, sont importants, pouvant aller de pathologies bénignes comme mycoses, verrues plantaires, dermatoses infectieuses et allergiques à des pathologies beaucoup plus graves comme otites, rhinites, gastroentérites, méningite et hépatites. Les risques liés au nettoyage des locaux, à la propreté, à la qualité des eaux utilisées, sans être du niveau d un établissement hospitalier, sont importants, pouvant aller de pathologies bénignes comme mycoses, verrues plantaires, dermatoses infectieuses et allergiques à des pathologies beaucoup plus graves comme otites, rhinites, gastroentérites, méningite et hépatites. Quelles sont les risques pour la santé en cas de mauvaise maîtrise de l hygiène? Les risques sont liés à la propreté des eaux, des sols et surfaces, de l air, du linge et des utilisateurs. Dans les lieux où la transmission des germes se fait plus facilement tels que les vestiaires, blocs sanitaires, plages et bassins, les microorganismes pathogènes (amibes, bactéries, virus ou champignons) peuvent être à l origine de maladies plus ou moins graves. Selon la nature du microorganisme et l état de santé du client, la pathologie peut aller d une simple gêne passagère et sans gravité à un risque plus sévère qui peut se révéler être une pathologie grave. Les pathologies liées à la qualité de l eau Amibes Virus Légionelles Salmonelles Parasites Staphylocoques Streptocoques Pseudomonas OTITES ANGINES RHINITES CONJONCTIVITES DERMATOSES PNEUMOPATHIES GASTROENTERITES MENINGITES HEPATITES 3
Les pathologies liées à la qualité des sols et des surfaces PAPILLOMAVIRUS CHAMPIGNONS VERRUES PLANTAIRES MYCOSES DERMATOSES INFECTIEUSES ET ALLERGIQUES Les agents infectieux Quelles sont les origines des agents infectieux? Les clients et le personnel, porteurs de maladies ou par mauvaise hygiène (salive, sécrétions nasales, matières fécales, sécrétions nasales...) Un traitement de l eau peu efficace, une désinfection insuffisante, un manque de suivi technique (changement de filtres, débit de recyclage, pannes, présence de col de cygnes). Un mauvais entretien des locaux, un nettoyage et une désinfection insuffisante des sols et des surfaces, des vestiaires, sanitaires et plages ou rebords de bassins, une utilisation de produits inadaptés aux surfaces traitées (bois, faïence, carrelage, verre..) et aux résultats attendus (détergence, désinfection). Un mauvais traitement de l air, vapeurs de produits chimiques stagnantes, présence de moisissures, rouille. Les produits cosmétiques (présence dans l eau, sur les surfaces ) 4
Les risques sanitaires sont au nombre de deux, nous n aborderons pas ici les risques physiques, tels chutes, glissades ou plus exceptionnellement noyades : Risques chimiques Risques microbiologiques Les risques chimiques : Il s agit d intoxication par inhalation de substances toxiques présentes en suspension dans l atmosphère (vapeurs de chlore, chloramine, désinfectant divers mal utilisés), irritations pulmonaires ou cutanées (contact avec produits mal utilisés) Les risques microbiologiques : Ils sont liés à la présence dans l eau, sur les sols, les surfaces ou les équipements de microorganismes pathogènes, ces infections sont bénignes mais dévastatrices en terme d image et de qualité (mycoses, verrues plantaires ) D autres pathologies peuvent survenir en raison de la présence de bactéries ou virus pathogènes pour lesquels les conséquences sont plus graves. Les microorganismes les plus souvent rencontrés sont : Staphylocoques : présents chez l homme (gorge, peau ) entrainant des irritations de type conjonctivites, otites ou angines, sinusites ou plaies avec pus Candida albicans : hôte normal du tube digestif, provoque des infections des muqueuses et des infections gynécologiques Pseudomonas aeruginosa : appelé également bacille pyocyanique, présente dans l eau douce et l eau de mer, à l origine d infections cutanées sévères Papillomavirus : responsables de verrues plantaires, condylomes, à l origine d IST, cancer du col de l utérus (contamination par contact) Légionella : bactérie se développant entre 25 C et 45 C dans l eau et les milieux humides, elle attaque les poumons par inhalation (microgouttelettes), se manifeste sous deux formes, une bénigne (fièvre de Pontiac), une seconde plus grave (pneumopathie) Amibes : bactéries se développant dans l eau douce ou salée, ils sont vecteurs d autres bactéries, les cas les plus graves mais exceptionnels sont des méningo-encéphalites) 5
La qualité de l eau, incontournable de l hygiène? Une bonne qualité bactériologique de l eau est indispensable, les risques sont nombreux, les moyens de maîtrise et de contrôle incontournables. La réglementation des eaux de Spas et bains à remous est identique à celle des piscines classiques malgré des caractéristiques différentes, faibles volumes et faibles profondeurs de bassins, température élevée de l eau (entre 30 C et 40 C), agitation de l eau peuvent poser des problèmes de maintien des concentrations en désinfectant et modifier la qualité microbiologique de l eau. Des règles de vidange fréquente sont à mettre en œuvre en fonction de la fréquentation. De plus, la production intense d aérosols en surface des bains à remous impose de veiller particulièrement au risque de développement de bactéries de type Légionella. En espace clos, les circuits de chauffage ou de climatisation en cas d utilisation d air pulsé, doivent être régulièrement contrôlés afin de parer l apparition d affections cutanées à Pseudomonas aeruginosa. Cette bactérie est plus connue sous le nom de bacille pyocyanique ; pathogène, on la retrouve parmi les causes d infections nosocomiales. Elle infecte les yeux, les poumons, les plaies, cette bactérie est véhiculée par l eau, l air et les poussières. 6