Etudiants en PACES : Profil, Vécu, Vision.

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "Etudiants en PACES : Profil, Vécu, Vision."

Transcription

1 Etudiants en PACES : Profil, Vécu, Vision. Contribution de l ANEMF. ASSOCIATION NATIONALE DES ETUDIANTS EN MEDECINE DE FRANCE (ANEMF) c/o FAGE, 5 Rue Frédérick Lemaitre Paris Tel : Fax :

2 2 Contribution de l ANEMF Etudiants en PACES : Profil, Vécu, Vision. INTRODUCTION En cette fin d année universitaire , alors que la troisième promotion d étudiants en Première Année Commune aux Etudes de Santé (PACES) achève tout juste la course effrénée qu est la préparation aux concours, l ANEMF a donné la parole à ces étudiants anonymes trop souvent résumés à une ombre dans un amphithéâtre bondé, à un classement ou à un numéro de table. Qui sont les PACES d aujourd hui, comment vivent ils cette année décisive et quel regard posent t ils sur la façon dont ils sont formés et sélectionnés? Ce sont les questions auxquelles notre enquête a tenté de répondre. A cet effet, 8108 étudiants en PACES et 4374 étudiants en diplôme de formation générale en sciences médicales (DFGSM) ont été sondés. ETUDIANTS EN PACES : PROFIL PROFIL TYPE Premier constat, la féminisation des professions de santé poursuit sa progression. En effet, 71% des étudiants en PACES sont des femmes. Contrairement à certaines idées reçues, la majorité (64%) des étudiants en PACES est primante. Globalement, les étudiants en PACES ont un profil très homogène et peu diversifié puisque 90% de ces derniers ont entre 18 et 20 ans, qu il s agit de la première expérience dans l enseignement supérieur pour 94% d entre eux, et que 98% de ceux ci sont issus d un baccalauréat scientifique. La majorité des PACES, soit 77%, prépare le concours de médecine, 23% celui de pharmacie, 20% celui de dentaire, 21% celui de maïeutique et 12% briguent une place dans d autres filières de santé accessibles via la PACES. ENQUETE SOCIALE Les PACES ont, pour leur majorité, des parents issus de la catégorie socio professionnelle des «cadres et professions intellectuelles supérieures» (41% des pères et 26% des mères). C est davantage que dans la population étudiante générale, où, d après l enquête «Conditions de vie» 2010 de l Observatoire de la Vie Etudiante 1 (OVE), 34% des étudiants ont un parent de référence (père ou à défaut mère) appartenant à cette catégorie. En PACES, les fils et filles d ouvriers restent minoritaires (9% des pères et 2% des mères), contre 16% des parents de référence dans la population étudiante générale, selon la même enquête de l OVE. La PACES étant ouverte à tous les bacheliers, il semble donc exister un phénomène d auto inhibition, partiellement liée à la longueur

3 Contribution de l ANEMF Etudiants en PACES : Profil, Vécu, Vision. 3 des études de santé qui sont de surcroit difficilement cumulables avec un job étudiant, et donc à l impossibilité d être rapidement autonome. D autres critères sociaux rentrent probablement en compte, notamment le poids des mythes concernant les critères de réussite en PACES. Figure 1 Catégorie socio professionnelle des parents Contrairement aux idées reçues, les PACES ne descendent pas tous de lignées de soignants. Seulement 15% de ces derniers ont un parent médecin, pharmacien, dentiste ou sage femme, et 72% d entre eux n ont aucun parent exerçant une profession de santé. Figure 2 Réponse à la question «Vos parents sont ils médecins, pharmaciens, dentistes ou maïeuticiens?»

4 Les PACES, à l instar de l ensemble des étudiants, subissent souvent des conditions sociales difficiles. En effet, 74% d entre eux déclarent avoir des revenus inférieurs à 803 par mois (soit le seuil de pauvreté à 50% pour une personne seule défini par l INSEE en ), ce qui est à mettre en relief avec le fait que 60% d entre eux ont quitté le domicile familial et se voient donc dans l obligation de payer un loyer. Figure 3 Revenus des PACES Pour comparaison, d après l enquête «Conditions de vie» 2010 de l OVE 1, l étudiant moyen reçoit 619 /mois de rémunération d activité, reçoit des versements parentaux de 275 /mois et 339 /mois d aides de la collectivité, soit un total de 1233 de revenus par mois. Cette différence entre population générale et PACES s explique notamment par la quasi impossibilité de cumuler PACES et job étudiant du fait de l exigence du cursus. Les PACES sont donc tributaires de l aide financière de leurs parents ou des aides sociales, notamment de la bourse sur critères sociaux du CROUS dont ils sont 47% à bénéficier (contre 31,2% dans la population générale des étudiants d après l enquête «Conditions de Vie» 2010 de l OVE 1. Ces sources de revenus ne permettent toutefois pas à la majorité de ces étudiants de bénéficier de conditions d étude optimales puisqu ils sont 75% à déclarer devoir vivre avec 250 euros par mois ou moins une fois ôtés les frais fixes (logement, charges, téléphonie/internet, frais d inscription). ETUDIANTS EN PACES : VECU LA PACES AU QUOTIDIEN Figure 4 Temps hebdomadaire de travail par semaine (en heures) La PACES est une année exigeante qui requiert un investissement important. 89% des PACES consacrent plus de 30h à leur travail personnel, 46% y consacrent plus de 60 heures. Ce temps est largement inférieur dans la population étudiante générale puisque d après l enquête «Repères» 2011 de l OVE 3, il s élève en tout et pour tout à 15 heures hebdomadaires.

5 Les PACES trouvent souvent ces heures de travail aux dépends de leurs heures de sommeil. En effet, 69% d entre eux dorment 7h ou moins par nuit, 27% 6h ou moins par nuit, et 11% de ces derniers font au moins une nuit blanche par mois à cause de leurs études. Dans la population générale étudiante, d après une enquête de l USEM/CSA de sur la santé des étudiants, 77,4% des étudiants dorment entre 6 et 8h, et 11,3% moins de 6 heures. Figure 5 Temps de sommeil Quant aux loisirs, ils sont largement mis de côté puisque 67% des PACES y consacrent moins de 5h par semaine et que seulement 25% des PACES pratiquent un sport de manière régulière. En comparaison, d après l enquête «Conditions de vie» 2010 de l OVE 1, ils sont 34,6 dans la population générale. La vie relationnelle n est pas non plus épargnée puisque 91% des PACES estiment avoir sacrifié leur familiale, et 97% leur vie sociale (amis, amours), tous degrés confondus. En comparaison, d après l enquête «Conditions de vie» 2010 de l OVE 1, 62,6% des étudiants de la population générale sont satisfaits ou plutôt satisfaits de leur vie sociale. La vie familiale des PACES semble toutefois davantage préservée puisque ces derniers sont 42% à ne l avoir qu un peu sacrifiée, alors qu ils sont 17% à n avoir que peu sacrifié leur vie sociale. Figure 6.a Réponses à la question «Estimez vous avoir sacrifié votre vie familiale à cause de la PACES?» Figure 6.b Réponses à la question «Estimez vous avoir sacrifié votre vie sociale à cause de la PACES?»

6 6 Contribution de l ANEMF Etudiants en PACES : Profil, Vécu, Vision. La PACES impose donc un rythme intensif tranchant largement avec celui auquel ces jeunes étudiants avaient été habitués dans l enseignement secondaire, imposé par une quantité de travail que la majorité d entre eux (54%) avait sous estimée, et nécessitant de nombreux sacrifices. Les étudiants en PACES sont confrontés à un univers totalement nouveau et contraints à prendre le pli et à trouver rapidement une méthode de travail efficace sous peine d accumuler un retard irrattrapable. Or, ils se sentent bien souvent abandonnés par l institution universitaire qui ne met pas en œuvre les dispositifs permettant d adoucir la rude transition entre lycée et université, a fortiori entre lycée et PACES, notamment en terme d encadrement. En effet, la majorité des tutorats PACES est gérée par des associatifs étudiants en deuxième ou troisième année et seulement quelques unes de ces structures d accompagnement et de préparation au concours sont à l initiative des universités. C est un des facteurs qui pousse la majorité des étudiants à considérer une préparation parallèle comme une nécessité. 56% d entre eux se sont octroyés les services d une préparation privée au moins une fois dans le cadre de leur PACES, et 48% ont suivi une préparation à l année de ce genre d officines. Par ailleurs, 88% des PACES sont inscrits au tutorat, très majoritairement soutenu par les enseignants et proposé gratuitement ou à prix dérisoire dans la quasi totalité des UFR françaises proposant une PACES. UN POTENTIEL DESTRUCTEUR 39% des PACES avouent mal vivre leur année et 58% d entre eux ont envisagé d abandonner au moins une fois. De manière directement liée à leurs études, 53% des PACES estiment souffrir de troubles du sommeil, 36% de troubles du comportement alimentaire et 67% de troubles de l humeur. Pour tenir le coup, 31% prennent des stimulants à rythme supra hebdomadaire. En comparaison, d après l enquête «Conditions de vie» 2010 de l OVE, 38,5% des étudiants de la population générale déclarent avoir des problèmes de sommeil. De ces chiffres et des nombreux commentaires des PACES transparaît un mal être profond dont on peine à croire que les racines se cantonnent à la seule quantité de travail requise. L AMBIANCE CONCOURS : LE NERF DE LA GUERRE? Il est commun d attribuer la difficulté psychologique de la PACES à l atmosphère régnant entre les différents concurrents. Toutefois, cette analyse semble quelque peu simpliste. En effet, 77% des PACES ne considèrent pas que l ambiance dans leur promotion leur pèse sur le plan psychologique.

7 Contribution de l ANEMF Etudiants en PACES : Profil, Vécu, Vision. 7 Les conditions concrètes dans lesquelles les cours se déroulent gênent certes certains étudiants, 9% d entre eux se déclarant souvent ou constamment gênés par l ambiance dans l amphithéâtre pour suivre les cours, toutefois, cette population reste minoritaire. On attribue parfois le mal être des PACES aux dérives du «folklore carabin» ou de l esprit concours ainsi qu aux humiliations et outrages répétés auxquelles les étudiants seraient confrontés. A ce propos, 2% des PACES déclarent avoir été victime de bizutage et 3% déclarent avoir subi des vols ou dégradations de matériel. Ces événements, aussi marginaux soient ils, sont bien évidemment insupportables et condamnables, toutefois on ne peut considérer qu il s agit d une généralité en PACES, ni que cela suffise à expliquer la souffrance de ces étudiants. On ne peut nier que l existence du concours a un impact sur le vécu de la PACES. Toutefois, l origine de ce mal être semble être davantage individuel que lié aux interactions entre les différents concurrents. UNE PRESSION OMNIPRESENTE La pression est au cœur du système. 98% des PACES se sont déjà sentis sous pression, et 30% d entre eux la ressentent constamment. 59% d entre eux déclarent avoir sous estimé cette pression psychologique avant leur entrée en PACES. Figure 7 Réponses à la question «Vous sentez vous sous pression?» Cette pression est très certainement liée à l importance que les étudiants confèrent à la réussite à ce concours et à la perspective d exercer un de ces métiers qu ils ne connaissent pourtant souvent qu à travers les médias, les séries télévisées et l imaginaire collectif et dont ils ignorent pour la plupart le quotidien. Sans aller jusqu à dire que la majorité des étudiants se lance en PACES pour faire fortune et disposer d un rang élevé, ce qui est globalement erroné, il est clair que la sécurité socio économique que confère ces professions ainsi que leur fort potentiel pourvoyeur d identité représentent des réponses rapides à certains grands questionnements de la jeunesse, qu ils soient éternels comme le besoin de se trouver, de construire son identité, de trouver sa voie, ou plus conjoncturels, notamment dans la situation actuelle de crise où la perspective de pratiquer un métier à l abri du chômage est très rassurante, aussi bien pour les jeunes que pour leurs parents. Cette pression est d autre part corrélée à l irrémédiabilité de la décision du concours. En effet, même si deux chances, voire trois sont offertes aux candidats, le cursus médical reste très rigide, ce

8 8 Contribution de l ANEMF Etudiants en PACES : Profil, Vécu, Vision. qui a pour conséquence une dramatisation importante du concours. La condensation de tels enjeux sur quelques uniques heures d épreuves et l incertitude de voir son travail payer jusqu à la dernière minute ne font que potentialiser le phénomène. UNE ANNEE DESHUMANISANTE Le caractère déshumanisant de la PACES ressort de manière importante des commentaires des sondés. La recherche d un idéal d objectivité et de parfaite égalité dans la sélection et les difficultés d organisation dues aux effectifs importants d étudiants aboutit à des méthodes pédagogiques et docimologiques effaçant totalement la subjectivité, l identité de chacun, les PACES se sentent souvent réduits à un numéro d anonymat ou à un code barre. La richesse, la culture, les différences de chacun doivent rapidement être mises de côté afin de rentrer dans le moule du candidat dont le principal objectif est trop souvent de se plier à des exercices types et d apprendre par cœur sans faire appel à son esprit critique. De nombreux PACES regrettent cette absence de valorisation de la motivation, des qualités personnelles, du projet professionnel, d autant plus que la sélection apparaît aux yeux de beaucoup d entre eux comme parfois arbitraire, laissant une trop grande place à la chance. Ces derniers, notamment ceux qui se retrouvent en situation d échec malgré une vocation de longue date et une motivation importante, vivent cette situation comme une injustice. Ils ne comprennent pas en quoi les personnes sélectionnées feront de meilleures professionnels de santé qu eux. Cela a bien évidemment des conséquences quand il faut accepter l échec et la réorientation. D autres, au contraire, considèrent que l organisation actuelle du concours est nécessaire à une sélection juste. Quoi qu il en soit, qu on la cautionne ou qu on la condamne, cette déshumanisation est au cœur du mal être des PACES. DES ETUDIANTS PRETS A DE NOMBREUX SACRIFICES POUR LEUR AVENIR Face à ces difficultés qui sont globalement les mêmes pour tous, chaque étudiant réagit de manière différente et, même si l organisation du concours confronte les étudiants à de nombreux écueils, ils sont tout de même 61% à déclarer bien vivre leur PACES. Certains d entre eux mettent en avant les bénéfices de cette année, notamment le fait qu elle leur a permis de développer une capacité et une méthode de travail impressionnantes. Figure 8 Réponses à la question «Comment vivez vous votre PACES?»

9 La constante est la motivation de la plupart des candidats qui, malgré les difficultés, seraient 82% à se réinscrire si c était à refaire. De même, 89% des primants seraient prêts à redoubler en cas d échec. Toutefois, la crainte de se retrouver sans avenir n est jamais loin. 51% des PACES seraient prêts à s orienter vers une autre filière s ils n obtiennent pas leur premier choix au concours. Par ailleurs, parmi les PACES, 48% ont déjà envisagé une réorientation. La majorité de ceux ci souhaiterait, dans l éventualité d une réorientation, se diriger vers d autres formations de santé (38%) ou vers le domaine de la biologie (23%). Figure 9 Domaines de réorientation envisagés par les PACES Au total, la PACES est effectivement une année difficile qui demande énormément de travail, de sacrifices, et expose à un mal être reposant sur la pression entourant le concours, la déshumanisation intrinsèque à l organisation de l année et le sentiment d injustice qui peut entourer la sélection. Ce mal être touche un nombre non négligeable d étudiants. Le niveau d atteinte des objectifs premiers de la PACES, à savoir l alliance d une formation efficace sur le plan pédagogique posant les bases de cursus exigeants et d une sélection adéquate garante de la qualité du système de santé de demain, permet elle de contrebalancer les points négatifs de ce mode d entrée dans les études de santé? ETUDIANTS EN PACES : VISION L EFFICIENCE DE LA PEDAGOGIE EN PACES Concernant l efficacité des méthodes pédagogiques employées en PACES, les étudiants sont globalement très sévères. Seulement 5% des PACES et 4% des DFGSM sont tout à fait d accord avec l affirmation selon laquelle la PACES serait une année de formation, et seulement 15% des PACES et 15% des DFGSM sont plutôt d accord avec celle ci.

10 10 Contribution de l ANEMF Etudiants en PACES : Profil, Vécu, Vision. Figure 10 Réponses à la question «Etes vous d accord avec l affirmation selon laquelle la PACES est une année de formation?» Le lien avec la suite du cursus est également remis en cause. 62% des DFGSM déclarent ne se rappeler que de certaines notions apprises en PACES, et 11% de quasiment aucune. Par ailleurs, 59% des DFGSM déclarent que seulement quelques unes des notions apprises en PACES les aident en DFGSM, pour 9% d entre eux, quasiment aucune de ces notions ne leur sert. Figure 11 Proportion des notions acquises en PACES qui aident les DFGSM. Lorsqu on demande aux DFGSM quelle serait pour eux l issue du concours s ils le repassaient aujourd hui, 94% d entre eux estiment qu ils obtiendraient un résultat inférieur à celui obtenu en PACES, et 41% un résultat catastrophique. Le DFGSM estiment donc que dans les matières choisies pour sélectionner les bons futurs professionnels de santé, censées constituer le socle de connaissances essentiel à la suite de leur cursus, ils ont désormais un niveau inférieur à celui qu ils avaient un an auparavant, ce qui est certes rentré dans les mœurs des étudiants en médecine mais qui est objectivement, pédagogiquement, aberrant. Le constat est donc très négatif. A travers les commentaires, on note que ce n est en général pas tant le contenu des cours en lui même qui pose problème, mais plutôt la manière dont les connaissances sont présentées et évaluées. En effet, la docimologie conditionne étroitement la façon d apprendre. Or, l évaluation par questions à compléments multiples (QCM) et mots clés favorise le bachotage, les automatismes et la mémoire à court terme au détriment de la réflexion, de

11 Contribution de l ANEMF Etudiants en PACES : Profil, Vécu, Vision. 11 la compréhension et de l appropriation et donc de la mémorisation à long terme des concepts. En conséquence, les notions sont globalement retenues de manière superficielle, sans être totalement assimilées, et oubliées au lendemain du concours. Force est de constater que les bases nécessaires sont en général revues en DFGSM. Le manque d investissement des professeurs et de lien avec ces derniers est de surcroit souvent regretté. Il est toutefois difficile d enseigner de manière performante dans le cadre prévu par la PACES et les professeurs eux mêmes ne sont pas rares à déplorer cette situation. La PACES actuelle semble représenter une impasse et il paraît impossible dans l état actuel des choses de faire cohabiter sélection objective par QCM et mots clés et formation performante sur le plan pédagogique. Or, les modalités actuelles d entrée dans les études de santé sont elles assez performantes pour pouvoir se permettre de sacrifier la pertinence pédagogique du cursus présélection? Les étudiants ne semblent pas être de cet avis. LA PERTINENCE DES MODALITES DE SELECTION Le but du concours devrait être de sélectionner les étudiants qui présentent le meilleur potentiel à devenir médecin, pharmacien, dentiste, sage femme, potentiel qui sera exploité, façonné, sublimé tout au long du cursus. Or, seulement 3% des PACES et 2% des DFGSM sont tout à fait d accord avec le fait que la PACES sélectionne les personnes les plus aptes à devenir de bons professionnels de santé, et seulement 15% des PACES et 21% des DFGSM sont plutôt d accord avec cette affirmation. On juge la valeur d un test à ses performances. Si la PACES est un test, ce dernier n est d après les étudiants pas adapté à ses objectifs. Figure 12 Réponses à la question «Etes vous d accord avec l affirmation selon laquelle la PACES sélectionne les personnes les plus aptes à devenir de bons professionnels de santé?»

12 12 Contribution de l ANEMF Etudiants en PACES : Profil, Vécu, Vision. Ces chiffres nous amènent à nous poser la question de l objet réel de cette sélection à l heure actuelle. A ce propos, 33% des PACES et 27% des DFGSM considèrent que la PACES ne sélectionne pas du tout sur l intelligence, 36% des PACES et 41% des DFGSM qu elle ne sélectionne qu un peu sur l intelligence. Par ailleurs, 66% des PACES et 50% des DFGSM sont tout à fait d accord avec l affirmation selon laquelle la PACES sélectionne des bêtes à concours. De plus, de nombreux étudiants regrettent, à travers leurs commentaires, l absence d entretien permettant de juger la juste motivation et les qualités personnelles dans le processus de sélection. Les étudiants regrettent également que la PACES soit très éloignée des métiers auxquelles elle donne accès. 62% des PACES et 69% des DFGSM considèrent que la PACES devrait sélectionner davantage qu actuellement sur les matières dirigées directement vers les métiers de la santé. Introduction d un entretien ou d épreuves orales au concours, mise en place de réelles épreuves rédactionnelles, contrôle continu, sélection à l entrée, suppression du concours, sélection en fin de licence, passerelles ; à travers leurs commentaires, les étudiants sont loin d être unanimes quant aux solutions à apporter aux limites des modalités actuelles d entrée dans les études de santé. En revanche, une constante ressort : il est impératif et urgent de replacer l humain au cœur des modalités de sélection. SOURCES 1 : national.education.fr/enquete/ : 3: national.education.fr/medias/reperes2011.pdf 4 :

Surqualification et sentiment de déclassement : public-privé, des profils et des opinions proches

Surqualification et sentiment de déclassement : public-privé, des profils et des opinions proches MINISTÈRE DE LA DÉCENTRALISATION ET DE LA FONCTION PUBLIQUE études, recherche et débats Janvier 2015 Surqualification et sentiment de déclassement : public-privé, des profils et des opinions proches Magali

Plus en détail

RECRUTER UN CADRE : ENTRE SÉLECTION ET RISQUE DE DISCRIMINATION

RECRUTER UN CADRE : ENTRE SÉLECTION ET RISQUE DE DISCRIMINATION LES ÉTUDES DE L EMPLOI CADRE N 2013-01 JANVIER 2013 Pratiques et critères de sélection dans les entreprises et chez les intermédiaires du recrutement La sélection lors des recrutements : perceptions et

Plus en détail

L É D U C AT I O N : UN TRÉSOR EST CACHÉ D E D A N S. Jacques Delors

L É D U C AT I O N : UN TRÉSOR EST CACHÉ D E D A N S. Jacques Delors Jacques Delors In am Al Mufti Isao Amagi Roberto Carneiro Fay Chung L É D U C AT I O N : Bronislaw Geremek William Gorham UN TRÉSOR Aleksandra Kornhauser Michael Manley EST CACHÉ Marisela Padrón Quero

Plus en détail

LE DEVENIR PROFESSIONNEL DES JEUNES DOCTEURS

LE DEVENIR PROFESSIONNEL DES JEUNES DOCTEURS LES ÉTUDES DE L EMPLOI CADRE N 2014-57 OCTOBRE 2014 Représentation de la problématique de l insertion professionnelle, avant et pendant la thèse. Les docteurs et la recherche d emploi. Parcours de jeunes

Plus en détail

Le constat du stress au travail et du mal-être des salariés en entreprise : les méthodes de gestion de ce «nouveau mal du siècle».

Le constat du stress au travail et du mal-être des salariés en entreprise : les méthodes de gestion de ce «nouveau mal du siècle». Le constat du stress au travail et du mal-être des salariés en entreprise : les méthodes de gestion de ce «nouveau mal du siècle». Quel rôle peut jouer l organisation du travail et la communication interne

Plus en détail

«Chaque enfant qu on enseigne est un homme qu on gagne». Victor Hugo, Sénateur de la République. A Tom et Hugo.

«Chaque enfant qu on enseigne est un homme qu on gagne». Victor Hugo, Sénateur de la République. A Tom et Hugo. «Chaque enfant qu on enseigne est un homme qu on gagne». Victor Hugo, Sénateur de la République A Tom et Hugo. 1 Si le thème de l éducation s est invité lors de la campagne présidentielle de 2012, c est

Plus en détail

Net.Doc.85. Évaluation du non-recours au tutorat à l université. Isabelle Borras. Nina Lendrin et Evelyne Janeau. Simon Macaire. Philippe Warin.

Net.Doc.85. Évaluation du non-recours au tutorat à l université. Isabelle Borras. Nina Lendrin et Evelyne Janeau. Simon Macaire. Philippe Warin. Net.Doc.85 Évaluation du non-recours au tutorat à l université Isabelle Borras CREG (centre de recherches en économie de Grenoble), université Pierre Mendès France, centre associé régional au Cereq pour

Plus en détail

REFONDONS L ÉCOLE DE LA RÉPUBLIQUE

REFONDONS L ÉCOLE DE LA RÉPUBLIQUE REFONDONS L ÉCOLE DE LA RÉPUBLIQUE Rapport de la concertation Membres du comité de pilotage François BONNEAU Marie-Françoise COLOMBANI Christian FORESTIER Nathalie MONS Rapporteur général Alain DULOT PAGE

Plus en détail

L évaluation des étudiants à l Université : point aveugle ou point d appui?

L évaluation des étudiants à l Université : point aveugle ou point d appui? Rapport - n 2007-072 juillet 2007 Inspection générale de l administration de l Éducation nationale et de la Recherche L évaluation des étudiants à l Université : point aveugle ou point d appui? Rapport

Plus en détail

Quel est le futur de l apprentissage au Canada?

Quel est le futur de l apprentissage au Canada? Quel est le futur de l apprentissage au Canada? Octobre 2011 Cette publication est seulement disponible en version électronique sur le site du au www.ccl-cca.ca. 2011 Tous droits réservés. Cette publication

Plus en détail

État des savoirs sur les relations entre les étudiants, les enseignants et les IATOSS dans les établissements d enseignement supérieur

État des savoirs sur les relations entre les étudiants, les enseignants et les IATOSS dans les établissements d enseignement supérieur 1 État des savoirs sur les relations entre les étudiants, les enseignants et les IATOSS dans les établissements d enseignement supérieur Rapport pour L Observatoire national de la vie étudiante A. Coulon,

Plus en détail

La refondation de l École fait sa rentrée. Année scolaire 2013-2014

La refondation de l École fait sa rentrée. Année scolaire 2013-2014 La refondation de l École fait sa rentrée Année scolaire 2013-2014 Dossier de présentation août 2013 Sommaire Édito des ministres Les moyens nouveaux à la rentrée scolaire 2013-2014 (infographie) Les nouveautés

Plus en détail

25 ANS DE POLITIQUES D'INSERTION DES JEUNES : QUEL BILAN?

25 ANS DE POLITIQUES D'INSERTION DES JEUNES : QUEL BILAN? RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AVIS ET RAPPORTS DU CONSEIL ÉCONOMIQUE, SOCIAL ET ENVIRONNEMENTAL 25 ANS DE POLITIQUES D'INSERTION DES JEUNES : QUEL BILAN? 2008 Avis présenté par Mme Catherine Dumont Année 2008

Plus en détail

CÔTÉ ENTREPRISES (P. 7 À 12) Métallurgie Reclassement : faire valoir les acquis. Tous secteurs Des entreprises face à leurs seniors

CÔTÉ ENTREPRISES (P. 7 À 12) Métallurgie Reclassement : faire valoir les acquis. Tous secteurs Des entreprises face à leurs seniors N 302/MAI-JUIN 2005-5 Revue de la qualité de vie au travail ravail & CHANGEMENT Gérer les âges : quel avenir pour les quinquas? ENJEUX (P. 2,3) Redonner une place aux quinquas dans l entreprise ARGUMENTS

Plus en détail

Écoutons ce que les enfants ont à nous dire. Adolescents en France : le grand malaise

Écoutons ce que les enfants ont à nous dire. Adolescents en France : le grand malaise Écoutons ce que les enfants ont à nous dire Adolescents en France : le grand malaise Consultation nationale des 6-18 ans 2014 sommaire AVANT-PROPOS DE MICHÈLE BARZACH, PRÉSIDENTE DE L UNICEF FRANCE...

Plus en détail

Travail de Fin d Etudes Diplôme d Etat d infirmier. «Parce que nous avons tous été stagiaire»

Travail de Fin d Etudes Diplôme d Etat d infirmier. «Parce que nous avons tous été stagiaire» Travail de Fin d Etudes Diplôme d Etat d infirmier «Parce que nous avons tous été stagiaire» GARÇON Adrien Instititut de Formation en Soins Infirmiers Croix Rouge Française de Tours Promotion 2007-2010

Plus en détail

écoutons ce que les enfants ont à nous dire L intégration sociale des enfants : de fortes inégalités

écoutons ce que les enfants ont à nous dire L intégration sociale des enfants : de fortes inégalités écoutons ce que les enfants ont à nous dire L intégration sociale des enfants : de fortes inégalités Consultation nationale des 6-18 ans 2013 Rapport de la consultation nationale des 6/18 ans réalisée

Plus en détail

nous Comment initier et mettre en œuvre une démarche d éducation pour la santé avec un adolescent? entre

nous Comment initier et mettre en œuvre une démarche d éducation pour la santé avec un adolescent? entre Guide d intervention pour les professionnels de santé entre nous Comment initier et mettre en œuvre une démarche d éducation pour la santé avec un adolescent? Sommaire Présentation générale de l outil...

Plus en détail

Une école adaptée à tous ses élèves

Une école adaptée à tous ses élèves PRENDRE LE VIRAGE DU SUCCÈS Une école adaptée à tous ses élèves POLITIQUE DE L'ADAPTATION SCOLAIRE Québec Ministère de l'éducation Une école adaptée à tous ses élèves PRENDRE LE VIRAGE DU SUCCÈS POLITIQUE

Plus en détail

CommEnt lutter contre le DÉCROCHage scolaire?

CommEnt lutter contre le DÉCROCHage scolaire? CommEnt lutter contre le DÉCROCHage scolaire? Le dossier de www.laligue.org octobre-novembre-décembre 2012 sommaire ÉDITO Points de vue Repères Quizz Edito... 3 Points de vue... 4-39 (Réalisés par Ariane

Plus en détail

La transition du secondaire au cégep

La transition du secondaire au cégep La transition du secondaire au cégep Recherche préparatoire à la production du scénario d un document audiovisuel de la série «L aide à l apprentissage», portant sur le thème de la transition du secondaire

Plus en détail

UN TOIT, DEUX GENERATIONS PROJET COLLECTIF SCIENCES PO

UN TOIT, DEUX GENERATIONS PROJET COLLECTIF SCIENCES PO UN TOIT, DEUX GENERATIONS PROJET COLLECTIF SCIENCES PO MELISSENDE ASFOUR ADRIENNE BOCHE SARAH CUSSAC DELPHINE LEBRUN ANNE-SOPHIE MACH JEANNE PAVOT LESLIE PIQUEMAL SOUS LE TUTORAT DE MARIE-PIERRE AUVRAY

Plus en détail

UN PAS DEHORS. juillet 2012. www.credoc.fr N 283. Audrey Capron Anne Loonès

UN PAS DEHORS. juillet 2012. www.credoc.fr N 283. Audrey Capron Anne Loonès UN PAS DEHORS Dispositif expérimental d insertion des jeunes sous main de justice Mission locale de l agglomération mancelle Service pénitentiaire d insertion et de probation de la Sarthe Audrey Capron

Plus en détail

Mal-être à l école, une fatalité?

Mal-être à l école, une fatalité? l e j o u r n a l d e l e n g a g e m e n t s o l i d a i r e N 2 4 s e p t. / O c t. 2 0 1 0 > Un dossier de 4 pages spécial Journée du refus de l échec scolaire > rencontre Stéphane Gatignon les combats

Plus en détail

L ABSENTÉISME OUTILS ET MÉTHODES POUR AGIR. EDITIONS réseau

L ABSENTÉISME OUTILS ET MÉTHODES POUR AGIR. EDITIONS réseau L ABSENTÉISME OUTILS ET MÉTHODES POUR AGIR EDITIONS réseau AVANT-PROPOS Depuis quelques années, le réseau ANACT, à la demande d entreprises confrontées à un absentéisme croissant, s est attelé à la compréhension

Plus en détail

Les bénévoles d associations en France : Qui sont-ils? Quelles sont leurs motivations? Comment les manager?

Les bénévoles d associations en France : Qui sont-ils? Quelles sont leurs motivations? Comment les manager? HEC Paris Les bénévoles d associations en France : Qui sont-ils? Quelles sont leurs motivations? Comment les manager? Projet Type A Pierre MAURICE Table des Matières Introduction... 4 1. Définitions et

Plus en détail

PREMIER MINISTRE SECRÉTARIAT D ÉTAT CHARGÉ DE LA PROSPECTIVE, DE L ÉVALUATION DES POLITIQUES PUBLIQUES ET DU DÉVELOPPEMENT DE L ÉCONOMIE NUMÉRIQUE

PREMIER MINISTRE SECRÉTARIAT D ÉTAT CHARGÉ DE LA PROSPECTIVE, DE L ÉVALUATION DES POLITIQUES PUBLIQUES ET DU DÉVELOPPEMENT DE L ÉCONOMIE NUMÉRIQUE PREMIER MINISTRE SECRÉTARIAT D ÉTAT CHARGÉ DE LA PROSPECTIVE, DE L ÉVALUATION DES POLITIQUES PUBLIQUES ET DU DÉVELOPPEMENT DE L ÉCONOMIE NUMÉRIQUE ÉRIC BESSON SEPTEMBRE 2008 VALORISER L ACQUIS DE L EXPÉRIENCE

Plus en détail

FONDATION NATIONALE DE GÉRONTOLOGIE

FONDATION NATIONALE DE GÉRONTOLOGIE FONDATION NATIONALE DE GÉRONTOLOGIE Juillet-Septembre 2006 Geneviève ARFEUX-VAUCHER Directeure de recherche Martine DORANGE Chargée de recherche Jacqueline GAUSSENS Chargée de mission Isabelle BESSON Assistante

Plus en détail

Rapport de la Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social

Rapport de la Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social Rapport de la Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social Professeur Joseph E. STIGLITZ, Président de la Commission, Columbia University Professeur Amartya SEN, Conseiller

Plus en détail

Pourquoi les petites entreprises ont-elles tant de mal à se développer? Et, comment y remédier?

Pourquoi les petites entreprises ont-elles tant de mal à se développer? Et, comment y remédier? 41, Av Auguste Ferret 33110 Le Bouscat SARL au capital de 7.622,45 RCS Bordeaux B399 564 046 Siret 39956404600049 Livre 1 Pourquoi les petites entreprises ont-elles tant de mal à se développer? Et, comment

Plus en détail